Juin 2003
Blaise prit quelques secondes par rassembler son courage à deux mains avant d'entrer dans le manoir Malefoy. Il était déterminé, mais il ne pouvait s'empêcher d'avoir envie de s'enfuir à toutes jambes. Il n'était pas dans sa nature de faire face directement au problème. Mais cette fois-ci, il n'avait pas le choix. Il devait parler à Narcissa. Il en relevait de sa santé mentale. S'il devait encore passer une nuit blanche à s'inquiéter de ce qu'elle pourrait faire, il allait devenir dingue.
Lorsqu'il passa devant le salon des visiteurs pour se rendre dans celui privé des Malefoy, il vit du coin de l'œil Sykes et Avery, qui discutaient à voix basse avec Travers. Il accéléra le pas, peu désireux de leur adresser la parole. Depuis la promesse d'Avery de se venger trois semaines plus tôt, c'était le calme plat. Ils se croisaient de temps en temps, mais à part des regards noirs, ils n'échangeaient rien, pas une parole. Blaise devait avouer que cela l'inquiétait. Le Mangemort préparait quelque chose, et cela faisait des semaines qu'il était sur le qui-vive, à l'affut du moindre coup fourré. Mais cette attente était frustrante.
Lorsqu'il poussa la porte du petit salon, Blaise sentit la boule dans son ventre grossir encore plus si cela était possible. Il se sentit néanmoins soulagé lorsqu'il vit que Narcissa était seule, sa tasse de thé dans la main droite, un parchemin recouvert d'une écriture fine dans la main gauche.
— Drago n'est pas ici, lui annonça-t-elle d'une voix calme sans même lever la tête vers lui.
— Je sais, répondit-il d'un ton assuré en refermant la porte derrière lui. C'est à vous que je souhaitais parler.
Narcissa fixa enfin ses prunelles glacées dans les siennes. Impassible, les traits de son visage inexpressifs, elle lui désigna le fauteuil qui lui faisait face. Tandis qu'il s'asseyait, raide et les dents serrées, elle roula son parchemin avec soin, qu'elle posa sur la table basse, près de la théière. Une fois prête, elle leva un sourcil interrogatif dans sa direction.
— Puis-je savoir que me vaut l'honneur de cette visite ? demanda-t-elle face à son silence, d'une voix légèrement ironique.
Blaise prit son temps avant de répondre. Autant pour rassembler ses esprits que pour l'ennuyer. Elle ne montra cependant aucun signe d'agacement, se contentant de le fixer d'un air poli. Comme si leur précédente discussion n'avait jamais eu lieu.
— Je dois avouer ne pas comprendre vos motifs, finit-il par dire d'une voix calme, comme s'il ne faisait que parler de la pluie et du beau temps.
Narcissa eut un rire amusé mais bref. Elle reprit rapidement son sérieux, une lueur d'amusement luisant dans ses prunelles froides.
— La seule raison pour laquelle j'ai poussé Avery à dénoncer ta mère au Seigneur est bien simple. Elle était coupable.
Elle but tranquillement une gorgée de thé, insensible à la colère qui émanait de Blaise d'une manière évidente. Celui-ci dû faire de gros efforts pour répondre de façon civilisée.
— Coupable d'avoir tenté de séduire votre mari ? la provoqua-t-il d'un ton tranquille.
Narcissa se figea, la tasse à quelques centimètres de sa bouche. Elle la reposa calmement avant de le fixer, plus amusée du tout.
— Je ne sais pas comment tu peux être au courant de cet évènement, mais je vois que tu es bien informé, répliqua-t-elle d'un sec.
Elle ne daigna même pas réfuter l'accusation. Les doigts de Blaise se crispèrent sur les accoudoirs de son fauteuil.
— Pourquoi ne m'avez-vous pas dénoncé au Seigneur des Ténèbres ? demanda-t-il soudain, la colère le faisant parler sans réfléchir.
Un sourire revint éclairer le visage fermé de Narcissa. Elle le jaugea du regard un instant avant de répondre.
— Ne crois pas un seul instant qu'il s'agissait de toi, fit-elle avec désinvolture. Si je ne t'ai pas dénoncé, c'est uniquement pour Drago. Exceptée sa femme, tu es la seule personne à présent grâce à laquelle il tient debout.
Elle eut une légère grimace, comme si l'idée même lui donnait la nausée.
— Malheureusement pour moi, s'il t'arrivait quoi que ce soit, mon fils deviendrait une épave, d'un état plus aggravé encore que maintenant. Mais ne te leurre pas. Je n'hésiterais pas une seule seconde à te dénoncer si tu tentais quoi que ce soit contre moi.
Empreint d'un profond dégoût, Blaise se leva brusquement. Il avait la réponse qu'il était venu chercher, il n'était pas utile qu'il reste un seul instant supplémentaire.
— Soyez sûre que je ne tenterais rien personnellement contre vous Mrs Malefoy, lui dit-il d'un ton déférent qui la fit sourire. Vous devriez cependant surveiller vos arrières au cas où le pouvoir viendrait à changer de mains.
Le sourire de Narcissa disparut. Blaise se maudissait déjà pour avoir proféré cette menace lorsque la porte s'ouvrit brusquement sur une Bellatrix maussade et un Lucius nerveux.
— Dehors, Zabini, lui dit la tante de son ami sans ménagement.
Il s'exécuta sans répliquer, sentant le regard pesant de Narcissa tout le long du chemin jusqu'à la porte, qu'il laissa entrouverte. Il n'hésita que quelques secondes avant de coller son oreille sur l'ouverture, décidé à ne pas en perdre une miette. Le couloir où il se trouvait était plutôt isolé. C'était une bonne occasion de récolter des informations juteuses pour l'Ordre.
— Je vous assure que tout concorde, fulminait Bellatrix. Zabini est le responsable de l'attaque le soir de la fête anniversaire de la Victoire ! Il est très malin, je n'ai aucune preuve concrète, mais je sais que c'est lui ! Ce traître à son sang, cette vermine, est devenu la taupe de l'Ordre du Phénix !
— Et moi je peux t'assurer que le coupable n'est pas Blaise Zabini, répliqua calmement sa sœur.
— Comment peux-tu en être si sûre ?
— Il était avec moi au moment de l'attaque.
Blaise s'aperçut qu'il s'était retenu de respirer ces dernières minutes. Il inspira brusquement, le cœur au bord des lèvres. Il avait beaucoup de chance. Heureusement que l'amour de Narcissa pour son fils confinait à l'adoration et qu'elle était prête à tout pour lui.
— Que faisait-il avec toi ? s'étonna Lucius.
— Cela ne vous concerne pas, répliqua Narcissa d'un ton hautain. Nous avions des affaires à régler tous les deux.
— Cissy, tu es bien sûre de toi ? l'interrogea Bellatrix, dubitative. Il était face à toi lorsque…
— Certaine, la coupa sa cadette. Nous avons tous les deux entendus l'explosion au même moment. Désolée Bella, mais tu vas devoir chercher ton coupable ailleurs.
A l'intérieur, Bellatrix jura, tandis qu'à l'extérieur, Blaise se détendait.
— Cela ne change rien aux faits, intervint Lucius. Peu importe qui est la taupe. L'important est qu'il y a quelqu'un dans nos rangs qui œuvre pour l'Ordre du Phénix. Nous nous devons de répliquer. Et notre contre-attaque doit avoir un impact important. Ils doivent comprendre qu'il ne faut pas nous attaquer, et encore moins au cœur de notre territoire.
Tandis que Bellatrix approuvait, Blaise rapprocha encore davantage son oreille de l'ouverture, avide d'en savoir plus. Enfin, il allait pouvoir apporter des informations de premier ordre à Théo.
— Il demeure cependant un léger problème, fit remarquer Narcissa. Comment les frapper de manière conséquente sans savoir où ils se trouvent ?
— C'est bien simple, répondit calmement Bellatrix. Il suffit d'attaquer un quartier Moldu. En masse. De préférence le quartier où a grandi la petite Miss Je-sais-tout. Je pense que l'impact n'en sera que plus grand. Potter comprendra le message.
Une porte claqua au bout du couloir, faisant sursauter Blaise. Le silence se fit à l'intérieur du petit salon. Il jugea plus prudent de se retirer et partit donc sur la pointe des pieds, satisfait de pouvoir enfin se rendre utile. Il ne parvenait à rien avec Nagini, mais il aurait au moins quelque chose à dire à Théo lors de leur prochain rendez-vous.
Il s'apprêtait à sortir lorsqu'il entendit Bellatrix l'apostropher dans son dos. Il se raidit, faisant de son mieux pour se persuader qu'elle ne savait pas qu'il venait de les écouter. Son visage était froid et poli lorsqu'il se retourna vers elle.
— Va à la Tête du Sanglier et ramène-moi Rodolphus, lui ordonna-t-elle. C'est urgent.
Blaise serra les dents sans répliquer. Il était fatigué de jouer au laquais de service. Pourtant, il s'exécuta. Comme d'habitude. Ce n'était pas comme s'il avait le choix.
Entrer dans la taverne lui rappela ce qu'il s'y était produit plusieurs mois plus tôt. Et de ce fait, il ne put s'empêcher de penser de nouveau à Avery et à sa menace. Ne pas savoir quand cela allait lui tomber dessus était sûrement ce qui l'inquiétait le plus.
Il trouva Rodolphus, passablement ivre, avec une bande d'autres Mangemorts. Il lui fut très difficile de l'arracher à sa choppe, et plus encore de le mettre sur pied. Les autres protestèrent bruyamment lorsqu'il le tira de force hors du coin sombre où ils s'étaient rassemblés. Ce fut avec un certain dégoût qu'il le soutint jusqu'à l'extérieur de l'établissement, où il transplana sans attendre.
Ils eurent à peine posé les pieds devant le manoir Malefoy que Lestrange régurgita la quantité impressionnante de boisson qu'il venait d'avaler. Sur les pieds de Blaise. Celui-ci jura haut et fort en repoussant vivement le Mangemort loin de lui. Il se nettoya d'un coup de baguette, grimaçant d'écœurement.
— Toujours aussi rabat-joie, Zabini, marmonna Rodolphus en essuyant son menton du revers de sa main.
— Bellatrix veut te voir le plus vite possible, répliqua Blaise. Elle va être furieuse de te voir comme ça, et je ne tiens pas à ce qu'elle laisse retomber sa colère sur moi.
Lestrange eut un rire saccadé. Il tenta de se remettre sur pied, avec plus ou moins de succès. Lorsqu'il put enfin se redresser, il tituba sur quelques mètres, avant de s'accrocher à la rampe du porche.
— Pathétique, siffla Blaise en levant les yeux au ciel.
— Faut te détendre Zabini, répliqua Rodolphus, qui avait étonnement de réparti pour un homme ivre. Il faut savoir fêter les bonnes choses quand on en a l'occasion !
Il tenta de monter sur la première marche, sans succès.
— Les bonnes choses ? releva Blaise avec curiosité.
— C'est pas tous les jours qu'on apprend une nouvelle aussi réjouissante, approuva Rodolphus.
— Quelle nouvelle ? le pressa-t-il.
— Le plan établi par le Maître pour éradiquer la résistance. Potter ne s'en relèvera jamais !
Il rit bêtement, tandis que Blaise sentait son cœur s'arrêter. De quoi parlait-il ? Pourquoi n'était-il pas au courant ? Il n'eut cependant pas le temps de poursuivre l'interrogatoire. La porte s'ouvrit brusquement sur Bellatrix, qui émit un bruit dégoûté en voyant l'état dans lequel était son mari. Elle appela sèchement les Elfes pour s'occuper de lui, jaugea Blaise du regard, puis ferma la porte d'un claquement sourd sans un mot. Celui-ci resta immobile de longues secondes, hébété. Il ne réagit qu'à l'appel de son nom, lorsque la voix de Drago retentit dans son dos.
— Que fais-tu seul ici ? lui demanda-t-il en levant un sourcil interrogateur.
— Je réfléchissais, répondit-il avec un sourire forcé.
Drago fronça les sourcils mais ne dit rien. Astoria, à ses côtés, semblait fatiguée. Elle arborait déjà les jolies courbes des femmes enceintes, mais son épuisement était apparent.
— Je vais aller me reposer, dit-elle avec un pâle sourire.
— Je ne vous retiens pas plus longtemps, sourit Blaise. Je dois y aller, Daphné m'attend.
Il serra la main de son ami, souhaita un prompt rétablissement à sa belle-sœur, puis quitta sans plus attendre la demeure des Malefoy, la tête remplie de questions. Quel était donc le fameux plan de Voldemort ? Avait-il été mis de côté délibérément ? Son air préoccupé n'avait toujours pas quitté son visage lorsqu'il retrouva Daphné dans son petit salon favori.
— Tout va bien ? s'inquiéta-t-elle en se levant pour l'accueillir.
— Rien de grave, tenta-t-il de la rassurer. Je viens de croiser Drago et ta sœur. Astoria semble vraiment fatiguée.
— Oui, ses nausées ne lui donnent aucun répit, elle ne dort pas beaucoup. Sans compter qu'elle se soucie beaucoup de… l'avenir.
— Ce qui est parfaitement compréhensible, soupira Blaise avec un pâle sourire.
Daphné resta un instant silencieuse, le sondant de ses yeux si bleus. D'un geste léger, aérien, elle effleura du bout des doigts la ride d'anxiété maintenant presque perpétuelle entre ses yeux.
— Tu restes à la maison aujourd'hui ? demanda-t-elle d'un ton absent.
— A moins que je ne sois appelé en urgence, oui. Je vais juste devoir m'absenter une petite heure dans mon bureau, et ensuite nous ferons ce que tu voudras.
Le regard de Daphné, perdu dans le vague, revint se fixer dans le sien.
— Restons ici, suggéra-t-elle. Cela fait longtemps que nous n'avons pas passé un moment juste tous le deux. Au calme.
Blaise sourit doucement. Il acquiesça sans un mot, la moindre fibre de son corps se sentant déjà relaxée par ce programme. Du bout des doigts, il repoussa une mèche de cheveux blonde derrière l'épaule de sa femme, effleurant sa pommette au passage. Il glissa sa main derrière sa nuque et se rapprocha lentement, savourant l'instant. Lorsqu'il posa ses lèvres sur celles de Daphné, ce fut la première fois depuis longtemps qu'il se sentit aussi serein.
Il fut brutalement ramené à la réalité par le Gallion de l'Ordre qui chauffa dans sa poche. Il se détacha de Daphné, trop brusquement pour que cela semble naturel. Celle-ci fronça les sourcils, prête le questionner, mais il la coupa dans son élan.
— Je dois m'enfermer une petite heure, je reviens dès que je peux.
Il l'embrassa brièvement une dernière fois avant de quitter la pièce, se sentant comme le dernier des imbéciles. Mais il n'avait pas le temps de s'appesantir sur sa culpabilité. Il n'avait pas beaucoup de temps. Il monta au premier étage, se dirigea vers l'aile ouest et pénétra dans son bureau, dont il referma soigneusement la porte derrière lui. D'un geste rapide de sa baguette, il alluma un feu ronflant dans la cheminée, puis attendit impatiemment.
Il n'eut pas à patienter bien longtemps. Quelques minutes, la tête de Théo apparaissait dans les flammes, toussant et l'air un peu étourdi. Il lui avait assuré la dernière fois que l'Ordre serait capable de sécuriser le réseau quelques temps. Pendant un laps de temps très court, mais bien assez suffisant pour eux. Ils n'avaient que trente minutes, mais cela était tout à fait convenable.
— Blaise, le salua son ami avec un sourire joyeux. Tout va bien ?
L'intéressé souleva un sourcil ironique, marquant à quel point cette question était stupide. Théo leva les yeux au ciel.
— Ne sois pas si pointilleux, nous n'avons pas beaucoup de temps. Que se passe-t-il ?
— Beaucoup de choses, depuis la dernière fois, soupira Blaise.
Il tenta de lui exposer les faits brièvement. Bellatrix et ses soupçons, Narcissa et son chantage, Avery et sa menace.
— J'ai essayé de tuer le serpent, Théo, mais ça a été un lamentable échec. Mon sortilège d'explosion a rebondi sur ses écailles !
Son ami ne sembla pas surpris outre mesure par la nouvelle, ce qui le fit froncer des sourcils.
— Tu as entendu ce que je viens de dire ?
— Oui, soupira Théo. Mais je ne suis pas étonné. Potter m'a enfin révélé ce qu'il comptait faire.
Blaise en resta muet de stupeur.
— D'après ce que j'ai compris, poursuivit Théo, les objets dont je t'ai parlé l'autre fois sont en réalité des réceptacles contenant un morceau de l'âme de Tu-sais-qui. Potter les a tous récupéré et détruit. Le dernier restant est le serpent. Nagini. Mais il ne peut pas être tué de manière traditionnelle. Il faut, je cite, le détruire par une substance tellement destructrice qu'il ne peut se soigner lui-même.
— Et je peux savoir où je trouve une telle substance ? siffla Blaise, qui sentait la colère monter.
— Je te la confierais la prochaine fois que nous nous croiserons.
— Et je peux savoir quand est-ce que tu comptes me rencontrer ? Théo, je te rappelle que je suis entouré de personnes qui veulent ma peau ! Et qu'à cause de la demande inconsidérée de Potter je me suis mis en danger !
— Je sais bien, tu n'es pas obligé de me crier dessus, répliqua calmement son ami. L'Ordre a besoin de temps pour peaufiner son plan. Nagini ne devra être tuée qu'au dernier moment.
Frustré, Blaise serra les poings. Il avait la désagréable sensation d'être de la chair à canon, et il détestait cela. Il ferma un instant les yeux pour reprendre son calme.
— Et bien en attendant, il va falloir faire face aux répercussions, dit-il froidement. Bellatrix prévoit d'attaquer le quartier où a grandi Granger en signe de représailles.
Le visage de Théo se fit grave.
— Quand ?
— Je n'ai aucune précision de date, juste le lieu.
— Nous surveillerons les environs, dans ce cas, soupira Théo, soudain fatigué. Autre chose ?
Blaise hésita un instant avant de parler. Il allait peut-être les alarmer pour rien, mais il se devait de tout reporter. Et ainsi il ne serait plus le seul à se casser la tête sur le problème.
— Rodolphus était ivre, et il m'a révélé que Tu-sais-qui prévoit quelque chose. Quelque chose de gros apparemment. Qui mettrait fin de façon définitive à la résistance. Mais je n'en sais pas plus.
Préoccupé, Théo acquiesça en silence. Il ouvrit la bouche, quand soudain la porte du bureau s'ouvrit brusquement dans le dos de Blaise. Celui-ci se retourna vivement, pour se retrouver nez-à-nez avec Daphné, qui semblait particulièrement énervée. Un bref coup d'œil vers la cheminée lui indiqua que Théo avait disparu, ce qui le soulagea. Mais pas pour longtemps.
— Rabastan Lestrange est en bas et te demande, lança Daphné d'une voix coupante. Je lui ai dit que tu t'occupais de ta correspondance et que tu le rejoindrais bientôt.
Ne sachant comment réagir, Blaise la remercia avec un sourire hésitant, un peu paniqué à l'idée qu'un Mangemort se trouvait dans sa maison au moment où il avait été en contact avec un membre de la résistance.
— N'aie pas l'air si satisfait, rétorqua sèchement Daphné. J'ai bien vu qu'il ne me croyait pas. Il te soupçonne déjà, Blaise. Pourquoi agis-tu de manière encore plus suspecte ?
Elle plissa les yeux et se rapprocha, laissant sortir cette colère rentrée qu'elle ressentait depuis le départ de Pansy, depuis qu'elle n'avait plus personne à qui se confier.
— Ne compte pas sur moi pour cautionner tes actions. Tu joues avec le feu, Blaise, et tu vas finir par te faire tuer pour conspiration si tu ne fais pas plus attention ! Sois un peu plus malin, par Merlin ! Cette idée stupide de révolution dure depuis des mois, si Potter était réellement capable de renverser Tu-sais-qui, ce serait fait depuis longtemps ! Il est temps de reconnaître que cette entreprise est une cause perdue.
Elle voulut tourner les talons, mais Blaise la retint par le coude. Il n'eut pas besoin de parler. La façade de Daphné se fissura, et elle s'écroula en sanglots dans ses bras. Il l'enlaça étroitement, sans un mot, la gorge serrée, se contentant de caresser ses longs cheveux blonds d'une main rassurante.
Tandis que son regard se perdait dans les flammes, il ne put s'empêcher de se dire qu'il y avait une part de vérité dans ce qu'elle venait de dire.
Il jouait avec le feu, et viendrait un moment où ce jeu allait lui coûter sa vie. Il n'était plus si sûr que cela en vaille la chandelle.
