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Terry lisait sur son lit lorsque Candy frappa et ramena sa valise ainsi que le sac de linge de la blanchisserie. Il voulut se lever pour l'aider mais elle le rabroua gentiment.
- Pas question que tu fasses autre chose que discuter, lire, enfin ce que tu veux mais qui n'est pas fatiguant, ces deux jours au moins ! C'est l'infirmière qui te le dit Terry ! N'oublie pas mon métier !
- Oh ! Je n'ai pas oublié ce détail Candy ! Et je veux bien que tu m'examines comme cette nuit aussi souvent que tu le désires ! je suis ravi d'être entre tes mains mademoiselle l'infirmière aux taches de son !
- Je vois que tu as déjà retrouvé ton sens de l'humour douteux mon cher ! Mais je te préfère ainsi quand même ! Bon, voyons ce qu'il y a dans cette valise.
- Rien que mes vêtements.
Elle déballa d'abord le sac en papier et rangea dans l'armoire ses chemises, deux pantalons et du linge de corps qui la fit rougir alors elle lui tourna le dos.
Terry sourit en se sentant heureux. Elle inondait la pièce de son parfum de rose, elle irradiait de vie dans le moindre de ses gestes, elle lui parut encore plus belle avec son tablier blanc pour protéger sa robe. Il posa son livre et l'admira encore.
Elle s'attaquait maintenant à la valise, accrocha son manteau dans l'armoire, posa ses deux paires de chaussures sur l'étagère du bas puis les quelques vêtements restants. Au fond de la valise il y avait juste encore deux livres et un cahier qu'elle vint lui remettre en mains propres en souriant.
Il posa les deux seuls exemplaires de Shakespeare que Suzanne n'avait pas pu détruire sur le chevet puis regarda le cahier des poèmes écrits ce mois de septembre à Chicago pour passer le temps en se disant qu'aujourd'hui, il ne les écrirait plus vu qu'il était heureux. Il le posa alors aussi et prit la main de Candy en la faisant s'asseoir sur le lit puis la baisa encore tendrement. Elle rosit en sentant sa peau s'hérisser sous la caresse de ses lèvres douces et baissa les yeux joliment.
- Hier, tu m'as dit que tu t'étais trompé sur tes sentiments pour Philip, tu m'avais dit que tu en étais sûre à Chicago, tu as été prise entre deux feux si brutalement, c'est normal d'avoir douté vu les circonstances et c'est aussi dû à ces promesses idiotes. Je te demande pardon de t'avoir fait promettre d'être heureuse à tout prix, ça ne mène qu'à des choix parfois irréparables.
- Oui, j'ai voulu respecter cette promesse pour toi surtout. Philip m'a semblé capable de me rendre assez heureuse mais même si je ne t'aimais pas plus que tout et pour toujours, je me suis trompé aussi sur lui, il n'est pas fait pour moi et je ne suis pas faite pour lui.
- Que lui as-tu dit avant de partir ?
Elle pâlit un peu, il serra plus sa main. Alors elle releva les yeux et lui dit franchement :
- Je n'ai pas encore pu rompre avec lui Terry. Quand j'ai reçu la lettre de Suzanne, je n'ai d'abord pensé qu'à venir te voir pour te dire que je te croyais toi et t'aider à faire jaillir la vérité. Alors je suis allée voir Philip et je lui ai dit que je devais aller à New York aider un ami dans les ennuis, c'est tout. Il ne voulait pas que je parte seule sans savoir qui était cet ami et comment je comptais l'aider mais comme je lui ai dit qu'Albert te connaissait très bien, il a choisi d'aller lui demander son avis. Albert a alors compris que c'était toi, il lui a dit qu'il m'accompagnerait à New York donc Philip a accepté que j'y aille. Mais… il va falloir que je retourne à Chicago bientôt Terry car officiellement je dois me marier dans quinze jours et… je ne peux pas juste annuler le mariage par lettre, télégramme ou téléphone. Il faut que je lui dise en face. Tu comprends ?
- Bien sûr ! dit-il d'une voix blanche mais en comprenant qu'elle était bien aussi droite que lui et incapable de ne pas faire les choses avec franchise et honnêteté.
Mais la peur l'envahit à nouveau à l'idée qu'elle reparte et le laisse encore, il trembla. Elle le vit et le serra dans ses bras très fort.
- Mon amour ! Ce ne sera qu'un aller et retour ! Je te jure que je reviendrai, je n'épouserai jamais personne d'autre que toi, je t'aime !
- Mais le destin risque de s'acharner encore sur nous si tu es loin de moi ! Je dois y aller aussi !
- Tu ne peux pas quitter New York, tu es obligé de rester ici mais Albert sera avec toi et moi j'attend Georges qui fera le voyage aller et retour avec moi pour me protéger de tout. Ne crains rien, nous sommes plus fort que le destin maintenant !
- J'espère ! Mais si je te perd… cette fois je ne veux plus y survivre !
- Ça n'arrivera pas mon amour, je t'aime plus que jamais !
Il sentit les larmes jaillir et enfouit son visage dans ses cheveux dorés qui sentaient si bon la rose. Elle le serra plus puis pensa à son cadeau dans sa poche. Elle le lâcha alors doucement et lui mit dans la main un petit écrin. Il le contempla puis souleva le couvercle. A l'intérieur il y avait un harmonica, il ressemblait comme deux gouttes d'eau à l'autre.
- Oui, c'est le même modèle Terry. Je l'ai acheté avant de partir de Chicago et tu ne peux pas le refuser car… avec ceci, il va devenir… unique.
Et elle le mit contre ses lèvres et souffla un peu dedans pour y laisser son empreinte. Puis elle lui donna. Il y posa alors aussi ses lèvres et joua son air fétiche : « Auld lang syne (Ce n'est qu'un au revoir) ». Il joua ensuite d'autres airs longtemps, Candy l'écoutait avec bonheur, la tête sur son épaule. Elle réalisa alors comme lui seul savait la rendre si en paix et heureuse. Il était si complexe mais si merveilleux quand on savait gagner sa confiance. Quand la musique se tut, il mit sa bouche contre son oreille et récita de mémoire :
« Il est de ceux qui rêvent
« Sur un air de guitare
« Et quand la nuit s'achève
« La musique s'égare
« Le long des fleuves noirs,
« Parmi les amours mortes
« Que peuplent nos mémoires
« Et qu'un refrain emporte.
« Oublierons-nous un jour
« Le chant des violons
« Qui berce mon cœur lourd
« D'un parfum de saison.
« Telle la harpe sous le vent
« Sa chevelure tremblait,
« Ombres d'or et d'argent
« Où mes doigts s'égaraient.
« La chanson s'est éteinte
« Et s'est noyée dans l'onde,
« Adieu, douce complainte
« De mes nuits vagabondes.
« La corde s'est cassée
« Pour celle que j'ai perdue,
« Longtemps je l'ai cherchée
« Parmi les brouillards nus.
« Elle ne reviendra pas
« La tendre mélodie
« Qui un jour partagea
« Les chemins de ma vie.
Elle se sentit charmée par son poème, sa voix rauque et sensuelle lui donna le frisson, les mots étaient beaux, troublants mais si tristes.
- C'est magnifique ! De qui est-ce ?
- D'un impossible et irrésistible idiot qui t'aime comme un fou pour l'éternité ma chérie si belle aux divines taches de son.
- Oh ! Terry ! Tu es si doué pour exprimer l'amour et la souffrance sur scène mais tu sais aussi l'écrire ! Il faut que tu continues, que tu publies, c'est trop beau !
- Je n'aime écrire que pour toi ma muse adorée !
- Alors continue mais fais-en partager tous ceux qui aiment aussi ressentir la belle poésie. Tu es un artiste de grand talent et je suis fière que tu m'aies choisie pour muse mon impossible et irrésistible Terry.
Il sourit et essaya de se souvenir d'autres vers écrits pour elle. Puis il éclata de rire et se dit :
« Tu as perdu Suzanne ! Tu as cru détruire mon amour en déchirant mes poèmes mais tout est dans ma tête et mon cœur ! Elle est trop merveilleuse, tu fais bien pâle figure à côté de ce soleil, cette beauté rare et ce cœur pur et généreux. Va au diable Suzanne, je suis riche comme personne, elle m'aime vraiment autant que je l'aime ! »
- Peux-tu m'expliquer ce que j'ai dit de drôle ? fit alors Candy en soulevant son sourcil droit de façon si charmante.
- Rien, je suis juste très heureux mon amour et je voudrais tant t'embrasser encore !
- Depuis quand as-tu besoin de ma permission ? Vole-le donc !
Il rit encore puis l'enferma dans ses bras et lui montra toute sa passion pour la première fois sans crainte. Elle trembla de partout et sentit en elle un torrent de plaisir et d'émotions dont elle ne savait même pas que ça existait. Elle sentit encore un fourmillement dans son ventre et comprit qu'elle le désirait de toutes ses forces. Elle se plongea dans ses yeux lorsqu'il se détacha de sa bouche, il vit aussi son désir et se sentit fier qu'elle lui montre, elle lui faisait maintenant si confiance.
- Tu es la seule femme au monde que j'ai aimé et je n'en aimerai jamais une autre Candy. Car tu es si faite pour moi, aucune autre ne m'a jamais fait ressentir ça. Tu es si belle et si merveilleuse, je brûle de désir pour toi mais je te respecte plus que tout. Je vais me battre pour regagner ma liberté et mon honneur pour avoir le droit d'être ton époux, pas moins.
- Tu le seras Terry. Moi aussi je brûlerai en enfer plutôt que de me passer de toi désormais ! Mon amour ! Ma vie ! Mon Terry ! Je t'aime !
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A suivre...
Nota Bene: Le poème que récite Terry s'intitule "Chanson" et m'appartient en tant qu'auteure, Diogène
