12.
- Commandant Zéro, ma leader vous prie de la rejoindre, informa Styver en entrant dans le complexe de soins de l'Arche des Carsinômes.
- Je demeure un non-initié. Je n'ai donc pas accès à l'une des cryptes, remarqua Warius. Et je n'ai aucune autorité ou raison qu'on me prête de l'importance à ce bord… Il n'y a que mon ami qui pourrait… Mais voilà des jours, avec l'accord de son Doc, que votre guérisseuse Fursgarolle le gave de tranquillisants. Et au vu de la situation, je ne peux donner tort à votre guérisseuse… Le cœur déchiré, Albator est incontrôlable, meurtri et même anéanti au plus profond de lui… Styver, je ne peux rendre compte de quoi que ce soit à votre leader Galahane, je ne suis pas habilité à parler de quoi que ce soit… Et mon ami est hors d'état de toute réaction !
Le garde du corps Carsinôme eut un sourire.
- C'est de vous dont nous avons besoin, commandant Zéro, maintenant ! Venez !
- Mais, Albator… ?
- Il sera sous sédatifs autant de temps que de nécessaire, qu'il ne se fasse aucun mal, ou ne provoque la destruction de son cuirassé ou de son Grand Ordinateur au cerveau génial ! Venez, commandant Zéro, insista encore Styver.
Warius se leva, quittant le chevet de son ami.
- Clio ?
La Jurassienne inclina positivement la tête.
- Je ne le quitterai jamais !
Warius eut alors un regard pour Khell qui pianotait sur son ordinateur afin de tenir autant l'Arcadia que le Deathbird en état d'alerte en faisant suivre les nouvelles de mise en alerte aux deux Ordinateurs.
- Khell ?
- Je vous accompagne, commandant ! Cette requête de Styver, ça concerne Algie, n'est-ce pas ?
- Oui.
Arrivés dans la crypte où Alguérande avait reposé, Warius et Khell tressaillirent violemment.
- Vous l'avez sorti du caisson ! En reposant sur cet autel de verre dans cette crypte, il n'a plus aucune protection, préservation de son corps… Tout comme un cercueil de verre pour un être privé de son âme. Mais, là, ça dépasse toute imagination !
Warius fit face à Galahane et à Styver son garde du corps, sur ses gardes, bien que doutant de pouvoir leur opposer la moindre opposition !
- Oui, et maintenant ?
- Serrez très fort le gosse, intima Galahane en indiquant le corps du jeune homme.
- Pourquoi ?
- Faites-le ! aboya Styver. Il faut de la chaleur, de votre chaleur humaine, expliqua-t-il encore. Finissez de ramener Alguérande à son monde, son papa l'attend depuis trop longtemps pour enfin lui donner le meilleur de la vie et qu'il en profite, comme l'enfant qu'il n'a pas pu être jusque-là.
- S'il vous plaît, insista Galahane. Commandant Zéro ! ?
- Bien, céda Warius. Je le fais pour le meilleur ami qu'il m'ait été donné d'avoir et pour l'enfant qu'il chérit le plus au cœur !
Warius s'approcha de l'autel, soulevant délicatement Alguérande au creux de son bras pour que son visage et ses épaules reposent contre sa poitrine, son cœur.
- Algie ? murmura-t-il contre toute espérance.
Alguérande eut un sursaut, aspirant l'air à plein poumons, sous le soulagement et la douleur qui le parcouraient alors que l'oxygène ranimait toutes ses cellules.
- Algie, souffla Warius en l'étreignant plus encore, afin de lui transmettre toute sa chaleur.
Alguérande eut un sourire, mais sans pour autant rouvrir les yeux, ayant néanmoins retrouvé le contact avec son monde.
