BONNE ANNEE, MEILLEURS VOEUX, et Bonne lecture. ;o)
Chapitre 12 : Convalescences et rencontres
Lorsque Bernardo arriva, quelle ne fut pas la surprise pour Diego de le voir accompagné du médecin.
'Bon, je pense que je ne pourrais pas interroger Bernardo avant un bon moment.'
_ Buenas días Diego. Vous nous revenez de loin.
_ Buenas días, dit-il se redressant.
_ Comment te sens-tu ?
_ Affamé, ironisa Diego.
_ Vous avez toujours le sens de l'humour c'est bien. Sourit le médecin sortant ses instruments.
Après une consultation complète, il s'avéra que tout allait bien, hormis une douleur normale. Diego pouvait reprendre ses activités avec précaution. Toutefois hors de question de chevaucher par lui-même. Dans une voiture oui, sur un cheval non. Le médecin souhaita un bon rétablissement à Diego et le salua. Diego le remercia, et sitôt le médecin partit, se leva non sans mal.
' Il faut que je mange un peu.' Songe-t-il se déplaçant lourdement. 'J'ai besoin d'exercices… Être resté allongé toute une semaine sans bouger ne m'a pas fait que du bien.'
Tandis qu'il fit un premier pas, la porte de la chambre s'ouvrit sur Bernardo.
_ Bernardo tu tombes bien…
Ce dernier s'empressa de tendre l'oreille, l'avertissant ainsi qu'une autre personne était à proximité. Souriant, Diego lui fit signe d'approcher et Bernardo s'exécuta tandis que Don Alejandro entrait à son tour.
_ Diego ? Que fais-tu debout ?
_ Père, le médecin a dit que je pouvais reprendre mes activités.
_ Certes, mais je trouve que c'est encore un peu tôt.
_ Plus je reste alité, moins je serais en forme, argumenta Diego.
_ Mais plus tu en fais, moins vite tu récupéreras.
_ J'aimerai prendre un peu l'air dans la cour. Et puisque le médecin n'avait rien contre, je mangerai bien un morceau.
Don Alejandro sourit et se plaça de l'autre côté de son fils et ensemble ils descendirent dans la tour. Le soleil était sur le déclin lorsqu'Isabella retrouva Diego.
_ Vous avez pu vous lever ? Interrogea-t-elle souriante.
_ Oui. Et je dois admettre que les doux rayons du soleil m'ont fait un grand bien, tout comme votre présence.
_ Vous êtes incorrigible Diego… Dites-moi.
_ Quoi donc ?
Isabella regarda alentour, s'assurant que personne n'écouterait.
_ Pourquoi avoir menti de la sorte ?
_ Comme je vous l'ai dit, mon père ne connaît rien de mon habileté et il serait sage que cela reste entre nous.
_ Certes, mais votre histoire fait de vous un meurtrier, ce que vous n'êtes pas.
_ Je comprends votre point de vue Isabella, mais mon père ne me juge pas comme tel. Soyez-en assurée.
_ Diego… Si je ne vous connaissez pas, je dirai que vous cachez un terrible secret.
_ Isabella, ne vous en faites pas… Sans doute entendrez-vous une autre histoire à l'écoute de votre oncle la prochaine fois que vous le verrez.
_ Savez-vous où il se trouve ?
_ Non… Pourquoi cette question ?
_ Je suis retournée au pueblo en fin de matinée, pour récupérer d'autres affaires que j'avais laissée à l'auberge. Des personnes discutaient à son propos… Les soldats disent que c'est lui qui vous a tiré dessus.
_ … En effet Isabella, mais disons que c'est en parti ma faute, sourit Diego.
_ Dites moi s'il vous plaît
_ Pour faire court, je me suis retrouvé dans sa ligne de mire au moment où il tirait sur Zorro… D'un certain point de vue, c'est un accident.
_ Vous me rassurez Diego, l'Oncle Enrique ne peut pas être si cruel qu'on le dit.
'Ca…'
_ Enrique… C'est aussi le deuxième prénom du petit Diego n'est ce pas ?
_ Oui, rougit-elle. L'oncle Enrique a toujours été très présent dans mon enfance.
_ Je vais rendre visite au padre Felipe à la mission. Cela vous tente-t-il de venir avec moi ? Vous visiterez un peu la région ainsi.
_ Ce serait avec plaisir Diego, mais n'est ce pas un peu tard ?
_ Si… J'irai demain matin, j'espère avoir retrouvé un peu plus de force d'ici là.
_ Diego ? Appela son père.
_ Si padre ?
_ Comment vas-tu ?
_ Je suis plus réveillé… J'envisage d'aller faire un tour à la mission demain matin, vous n'y voyez pas d'inconvénients ?
_ Bien sur que non.
_ Voudriez-vous vous joindre à nous ?
_ Je ne peux pas Diego, j'ai à faire en ville. Le dîner va être servi.
_ Nous arrivons. Gracias, dit-il ensuite prenant appui sur son père qui l'aida à se relever.
Beaucoup plus tard, et de nouveau dans sa chambre, Diego fit enfin un petit point avec Bernardo à propos du Sergent et de l'intervention de Zorro contre El Diablo. Bernardo était d'ailleurs gêné à l'idée d'avoir donné des coups de fouet au diable.
_ Oui, Zorro s'est ainsi fait un nouvel ennemi. Ne t'en fais pas Bernardo, Zorro sera capable de se défendre en temps voulut. Donc El Diablo porte lui aussi une barbiche et il avait le même masque que Monastorio… Ceci dit les loups noirs sont d'un commun en ce moment tu ne trouves pas ? Rigole Diego.
Le lendemain matin, lorsque Diego s'éveilla, la première chose qu'il constata fut qu'il se trouvait plus vivace que la veille. Sur il ne pourrait pas encore se battre tranquillement, ni courir la plaine avec Tornado, mais dans l'ensemble il se sentait beaucoup mieux et récupéré facilement. Il descendit au salon en prenant son temps, croisant Bernardo en arrivant en bas des marches.
_ Buenas días Bernardo, comment me trouves-tu?
Il lui fit signe que tout était ok.
_ Tu peux m'aider à joindre le salon ? Gracias. Le remercia-t-il.
_ Buenas días Diego, sourit Isabella radieuse.
_ Buenas días Isabella. Êtes-vous prête à partir ?
_ Si Diego, on ne peut plus prête… Pourquoi avez-vous mis votre bras en écharpe ?
_ Un conseil du médecin pour soulager la douleur. Rien d'alarmant. Je dois admettre que c'est plutôt efficace. Señora, lui offrit-il ensuite son bras libre.
Et ce fut tout doucettement qu'ils gagnèrent la calèche où Bernardo les attendait.
Le chemin jusqu'à la mission fur paisible. Diego s'amusa à jouer les guides et présenta la faune et la flore locale à Isabella. Lorsqu'ils arrivèrent, le padre Felipe était dehors, en train de jardiner. Un large sourire inonda son visage à la vue de Diego.
_ Diego, on enfant, comment allez-vous ?
_ Bien padre, gracias. Répondit-il tandis que Bernardo l'aidé à descendre avant d'aller aider Isabella.
_ Gracias.
_ Buenas días señora.
_ Buenas días padre.
_ Padre Felipe, je vous présente Isabella Maria De la Cruz. Isabella voici le padre Felipe avec qui je partage beaucoup d'intérêts littéraire.
_ Ne restons pas ici, entrons. Les invite-t-il à l'intérieur de la mission.
_ Gracias.
A l'intérieur, un serviteur apporta rafraîchissement et panier de fruits.
_ J'ai su ce qu'il vous était arrivé, commença le padre.
_ C'est un malheureux concours de circonstances padre… Mon père m'a dit que vous étiez passé.
_ Oui. Il y avait un sujet de discussion assez important que je voulais aborder avec vous.
_ Oh… Allons marcher, j'ai besoin d'un peu d'exercices. Isabella, pourquoi ne pas aller faire un tour dans le jardin. Bernardo vous accompagne.
_ C'est une bonne idée. Bernardo, appela-t-elle.
Mais celui-ci demeura impassible jusqu'aux signes de Diego, intriguant Isabella. Bernardo n'était pas si loin d'elle pourtant. Ce dernier, voulant faire bonne figure, lui proposa son bras et l'entraîna à l'extérieur faisant sourire Diego et le padre. Puis Diego se leva à son tour, imitant le padre.
_ Suivez-moi Diego. Il y a deux soirs, Zorro est venu déposer un 'colis'. Un homme blessé. Je ne sais pas quelles ont été les motivations du renard pour ce faire, mais il lui a été d'une aide précieuse. Sans lui, cet homme aurait fini par succomber.
_ Qui est-ce ?
_ Je dirais bien que suite à ce qu'il vous a fait endurer il y a une justice divine, mais ce ne serait pas bien placé de ma part… La fièvre l'a fait délirer hier et il ressassait trois noms…
_ Trois noms ?
_ Oui… De la Vega, Zorro, et… El Diablo, se signa le padre.
Diego eut un air choqué un court instant qui n'échappa pas au padre.
_ Vous ne l'avez pas dit, mais il s'agit bien de Monastorio n'est-ce pas ?
_ Oui Diego.
_ Quelle était la sévérité de ses blessures ?
_ Une jambe droite abîmée.
_ Autre chose ?
_ Une blessure à l'arme blanche. Zorro ne l'aurait pas emmené, il…
_ Vous croyez que Zorro ?
_ Non. Quelle raison aurait-il eu de m'amener un blessé dans cette condition. Il est derrière cette porte, lui dit le padre tandis qu'ils arrivaient au bout d'un couloir.
_ Puis-je ?
_ Il a besoin de calme. Il est revenu à lui ce matin et a eu du mal à admettre le lieu où il se trouvait… Je ne lui ai pas dit qui l'avait mené ici.
_ Il est sage de le taire padre. Monastorio ne porte pas Zorro dans son cœur.
_ Tout comme vous Diego, j'en ai bien peur.
_ Je ne resterai pas longtemps, je vous le promets, rajouta-t-il en ouvrant la porte.
_ Buenas días señor, le salut Diego poliment.
_ De la Vega! Vous venez contemplez une épave ? Se redressa le blessé avec fierté.
_ Allons señor, ne parlez pas de vous de la sorte, dit Diego prenant place sur une chaise et soupirant de soulagement.
Monastorio l'observa, incrédule. De la Vega était visiblement et encore bien fatigué.
_ Comment… Comment êtes-vous passé devant moi sans que je ne m'en rende compte ? Questionna finalement Monastorio après un bon silence.
_ Si ma mémoire ne me fait pas défaut, lorsque Zorro est apparu, je me défendais contre un certain M. J'ai trop reculé et sui tombé là où vous vous trouviez. J'étais désorienté en me relevant et c'est en titubant que j'ai dû apparaître devant vous… Du reste, avec le masque que vous portiez alors, il était difficile de voir convenablement.
_ Vous me donnez raison ?
_ Non ! Je vous donne l'explication.
_ De la Vega, je reste convaincu que vous et le renard ne faites qu'un. C'est encore une de vos ruses.
_ Señores, un peu de sérieux je vous prie, intervint le padre voulant calmer les choses.
_ Padre Felipe… Sans vous l'ordonner, pouvez-vous allez chercher la señora ?
_ Diego ?
_ Ne vous inquiétez pas, nous serons bien sage, ironisa Diego faisant râler Monastorio.
_ Gracias, rajouta-t-il tandis que le padre s'éloignait.
_ Qu'avez-vous en tête Zorro ?
_ Vous persistez malgré le fait que nous étions distincts tous deux ? Le padre m'a dit que la fièvre vous avait fait délirer.
_ Le padre parle trop.
_ Le padre est un grand confident et ami quand on le connaît bien… Quant à ce que j'ai en tête… Nous avons un ennemi commun señor Monastorio.
_ Vous… Avoir un ennemi ?
_ Si. Mais à ma défense, c'est la faute à pas de chance… Disons que je me trouvais au mauvais endroit, au mauvais moment, mais ce pour le plus grand bien d'une señora.
_ Arrêtez de me prendre pour un benêt De la Vega… Du reste de quelle…
_ Oncle Enrique ! Jaillit une voix mélodieuse les interrompant.
