EPISODE 12

Pour être tout à fait honnête, je commence à ramer grave question inspiration, c'est pour cela que mes posts sont si espacés… désolée. J'espère tout de même que vous aimerez, même si les chap 12 et 13 ne sont pas géniaux… ENJOY xx

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Point de vue de Jasper :

Je cessai de respirer dés qu'elle entra dans la voiture. Quand la porte claqua derrière elle, je passai la première et démarrai, regardant dans le rétroviseur l'agent de sécurité et son chien. Je prenais énormément sur moi. Si je m'écoutais : je sortirais de la voiture, étriperais ce sale clebs, tuerais le gardien pour avoir osé terroriser Alice et finirais en vidant le corps de mon amour de tout son sang…

« Non ! » pensai-je.

Mes mains se crispèrent sur le volant. Heureusement qu'il s'agissait d'une vieille Cadillac : ça, c'était de la voiture construite pour durer !

Pendant au moins un quart d'heure, aucun bruit dans la cabine de l'auto ne se fit entendre. Je sentais tout ce qu'elle ressentait : absolument toutes les émotions possibles et imaginables… toute sauf la peur. Etre dans une voiture avec un inconnu qui t'emmène Dieu sait où, tout humain normalement constitué aurait peur. Elle, non. Cela pouvait être dangereux… Rectification : c'était dangereux !

« Alice, je te croyais plus clairvoyante que ça… » cogitai-je.

-Jasper… murmura-t-elle alors.

Je me surpris à frémir quand j'entendis la façon dont mon prénom semblait caresser entre ses lèvres.

Je ne me retournai pas, me concentrant sur la route et tentant de faire abstraction de cette proie si alléchante qui se trouvait sur ma banquette arrière…

-…J'ai l'impression de… de te connaître… continua-t-elle

J'hésitais à répondre. Mes poumons étaient assez remplis d'air pour avoir une conversation normale. Le problème n'était pas là… Si je parlais, elle ne parlerait pas pendant que moi je le ferais… Hors de question de me passer une seconde de plus de cette voix suave !

Mais pour l'entendre, une conversation devait tout de même s'installer… Je répliquai.

-On s'est croisé à la bibliothèque hier…

-C'est autre chose… continua-t-elle.

-J'ai un visage banal.

-Ça non… chuchota-t-elle en souriant.

Je ne pouvais m'en empêcher… je jetai un coup d'œil rapide dans le rétroviseur et la regardai. Elle avait les yeux perdus dans l'obscurité, observant le paysage sombre défiler devant elle. Elle souriait… ce que ça m'avait manqué…

-Alors… c'est ce qu'on appelle une impression de déjà-vu. finis-je par répondre

-Oh oui… je sais ce que c'est…

Elle finit avec un rire doux et sucré, sonnant à mes oreilles et qui me faisait un bien fou… Heureusement (pour elle) que je me trouvais encore en apnée…

-… j'ai des visions, tu sais… continua-t-elle.

« Oui, je sais… »

Puis elle se crispa, voire même, se mit sur la défensive. Son regard se posa d'un coup sur le rétroviseur et croisa mes yeux. Je les détournai immédiatement, cherchant à éviter qu'elle voit la couleur de mes pupilles…

-C'est stupide ! lança-t-elle d'un coup.

-Les visions ?

-Non… de t'en parler. Tu vas me prendre pour une cinglée… Soupira-t-elle, comme si elle connaissait cela. Tu es juste … un inconnu.

-Tu ne viens pas juste de dire que tu me connaissais ?

-Tu es toujours aussi contrariant ? me rétorqua-t-elle, sa voix un brin amusé.

-Ca dépend avec qui… ajoutai-je sans quitter la route des yeux.

Je la sentais se calmer et s'amuser de ma désinvolture.

« Tu m'as manqué si fort…

Je t'aime…

J'en tellement envie de toi… de ta voix, de ton corps de tes mains, de … de … de ton sang ! »

Oh non… et me voilà reparti dans mes fantasmes d'hémoglobine. Je devais sortir de cette voiture. Qui plus est, je commençai à manquer d'air pour avoir une conversation correcte.

Je garai la voiture sur le bas côté de la route et coupai le contact.

-Qu'est-ce que tu fais ? me demanda Alice, anxieuse.

D'un coup, je me retournai vers elle, et l'image de moi la vidant de son sang me traversa de nouveau l'esprit…

-…Alice… murmurai-je

Mince !

J'ouvris la porte et me précipitai dehors en la refermant.

A quelques centimètres de la voiture, fermant les yeux, j'inspirai à plein poumon l'air frais ambiant, me faisant oublier juste quelques secondes mon éventuelle proie. Mais celle-ci était toujours derrière moi, me hantant, me torturant…

-Qu'est-ce que tu fais !?

Je rouvris les yeux et me retournai. Elle était sortie de l'autre coté de la voiture, juste couverte d'un manteau pas assez épais à mon goût et, tremblante, se demandait pourquoi j'agissais de façon aussi étrange. Rapidement, je me débarrassai de ma veste pour la lui donner et lui envoyai par-dessus le toit de la Cadillac.

Je n'étais pas fier de ce geste si peu élégant… mais l'approcher serait bien trop dangereux… bien trop tentant…

-Je te donne ma veste, tu as froid.

-Et toi ? Tu vas avoir froid…

Elle s'inquiétait ? Pour moi ?

Une sensation indescriptible me prit : de la jubilation, de la fierté… Je comptais pour elle.

C'était insensé…

-Je suis un gentleman, répondis-je en souriant. Et puis…on est en août, tu sais…

-On est à Forks, tu sais… dit-elle, amusée.

Oui… Forks avait son propre microclimat. Alice mit ma veste sur ses épaules

-Plus maintenant. lançai-je.

Ses yeux m'interrogèrent du regard. Elle dirigea son visage vers l'obscure forêt qui nous entourait et ne reconnaissait plus rien : nous avions quitté Forks depuis 5 bons kilomètres et déjà la végétation avait changé. Alice semblait perdue… Elle reposa son regard sur moi, comme pour se rattacher à la seule image familière qui l'entourait.

-Où est-ce qu'on va ? me demanda-t-elle tout en murmure.

-C'est toi qui à la carte…

Elle me sourit, agrippant avec ses petits poings le col de ma veste bien trop grande pour elle.

-Le sud…

Aie ! Sud signifiait soleil, et soleil signifiait problèmes…

-… j'en ai marre de cette pluie et de ce brouillard permanent, expliqua-t-elle. J'aimerais… le sud. Et puis… tu viens de là, non ? Tu as un léger accent sudiste…

Elle l'avait remarqué. Elle remarquait toujours tout…

-Ça fait un moment que je n'y ai pas mis les pieds…

-Tu as ta famille là-bas ?

-Une famille ? Là bas ?, j'en riais presque… Non… Elle est morte depuis bien longtemps.

-Oh… je suis désolée… et… et ça te fait rire ? demanda-t-elle, plus que perplexe de ma réaction.

-Je ne vais pas pleurer… mais, tentai-je de la faire changer d'idée, toi ? Ta famille ? sachant pertinemment la réponse.

-Si j'en ai une, je ne m'en rappelle pas…

-Et cette bague ? dis-je en pointant son annulaire. Un fiancé ?

Elle baissa ses yeux et les posa sur le bijou en souriant.

-J'aimerais, mais… je suis seule. murmura-t-elle. C'est juste une bague que je trouvai jolie alors… je la porte. Et elle sourit de son magnifique sourire entouré d'adorables fossettes… Et toi ? Toi aussi tu as une bague ?

-Oui…

-Marié ?

-…non. menti-je. Ce mensonge me brula presque les lèvres. 'comme toi : pour faire joli…

Le silence s'installa entre nous, mais cela ne nous gêna pas le moins du monde… Nous n'avions jamais eu besoin de long discours pour nous comprendre.

-Bon… finis-je par dire, avant le Sud, nous devons faire les choses dans l'ordre : Seattle !

Elle pencha la tête pour mieux réfléchir, comme à son habitude…

-D'accord ! lança-t-elle, pleine d'excitation.

Puis un frisson la traversa. Elle avait… froid. Je mis beaucoup de temps à accepter une idée pareille…

-On remonte dans la voiture. lançai-je.

-Oui…

Elle ouvrit sa porte arrière et s'installa sur la banquette en cuir. Je respirai une dernière fois l'air de cette forêt, vide de sa séduisante odeur et la suivit dans le véhicule.

Question self-control, cela allait être une longue nuit…

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Presque trois heures que je conduisais

Elle finit par s'endormir. Tant mieux… je n'allais plus avoir de problème d'air pour discuter.

Seattle… La seule fois où j'y étais allé avec elle était pour l'achat d'une nouvelle voiture : une magnifique Ferrari orange vif. J'imaginais que ce souvenir comme tous les autres, disparut de sa mémoire… C'était de la folie que de la prendre avec moi, dans cette voiture : autant jeter une souris dans une pièce remplie de chats affamés. L'idée que je sois masochiste faisait petit à petit son chemin…

Mais la savoir là ne dissipait pas mes interrogations : comment était-elle arrivée ici ? Où était-elle passée pendant plus de quatre mois ? Et surtout, SURTOUT : comment pouvait-elle être humaine ?

Un gémissement me tira de mon introspection.

-hmmm… non…

Elle rêvait : un rêve agitée au vue des mouvements qu'elle faisait sur la banquette. Je détestais cela : être impuissant face aux cauchemars la hantant, ne pouvant rien faire pour arrêter ses tourments nocturnes.

-…non… pas la…

Il s'y passait quelque chose de désagréable aux bruits de ses plaintes.

-… pas la voiture…. ma voiture…

J'éclatai de rire. Sa voiture !

Oh oui, j'avais retrouvé mon Alice…