Coucou tout le monde !

D'abord, je suis vraiment désolée pour tous ceux (ou plutôt toutes celles) à qui j'avais promis cette suite jeudi, mais, en bonne pestiférée, pour une fois que j'avais de l'avance dans l'écriture de mes chapitres, ma connexion internet avait décidé de partir en vrille, et je me voyais mal passer par mon portable pour charger mon document sur le site et vous répondre individuellement... Donc, sorry pour le retard, surtout que pour couronner le tout, je ne suis pas franchement satisfaite de ce chapitre qui rendait mieux dans ma tête que sur le papier :/

Bref, tout ça pour vous remercier encore une fois pour toutes ces reviews (d'ailleurs un peu plus nombreuses :), et toujours aussi agréables à lire ! Bonne lecture à tous !


PBG : malheureusement, faire des chapitres plus courts ne me permet pas de poster plus vite... Mais si tu préfères le format, je peux aussi songer à découper ces chapitres-pavés en deux parties ! :) Pour le TBC, je ne peux pas me spoiler, mais je t'en promets un peu tôt ou tard ;)

Gwen : non, ne tirez pas, je suis innocente (enfin presque) ! Jiminy est de retour, et frappe plus fort que jamais ^^ Et quelques indices supplémentaires rien que pour toi sur les grands méchants de l'histoire.

La lectrice fantôme : une nouvelle tête ! Ca me fait plaisir ! L'histoire débouche effectivement sur du Tiva, mais au bout de leurs longues mésaventures, donc la romance n'est pas au programme dans l'immédiat ^^

furieuse : je pense que la dispute de Ziva et ses parents a un petit côté universel, après, elle est simplement tombée à pic ^^ Quant aux réflexes du Mossad... Je te laisse juge dans ce chapitre !

Rachel.c : tu sais bien que tu es tout ce qu'il y a de plus utile, alors arrête de croire le contraire ! Pour tes parents, c'est normal, et n'oublie pas qu'il ne faut pas croire aux coïncidences ;) J'en profite pour te souhaiter de bonnes vacs, poulette, profite bien !

Skye Marcus : tu es pardonnée (d'autant que tu l'as dit, ce n'est pas comme si j'avais vraiment le choix ^^). J'ai dit qu'il y aurait du Tiva, pas que l'histoire serait une romance, nuance, et il y en a quand même par petites touches. Côté action, ça devrait effectivement démarrer... Je te laisse découvrir ça ;)


Liat savait qu'elle aurait dû être terrorisée lorsque l'homme avait passé son bras autour de sa gorge et posé sa lame glaciale contre sa gorge, tout en affermissant la prise de sa main gauche sur son épaule.

Pourtant, elle n'avait rien éprouvé d'autre qu'une vague décharge d'adrénaline, non pas liée à la peur ou à l'angoisse, mais à une exaspération sans bornes.

Elle avait horreur qu'on la menace. Et elle haïssait plus que tout au monde qu'on la considère comme une petite chose fragile, susceptible d'apitoyer son coéquipier si on la prenait en otage.

Un grand nombre de personnes avait fait l'erreur de la sous-estimer. Ils l'avaient payé très cher.

Et elle avait bien l'intention que le type dont la main tremblait nerveusement sur son épaule ne fasse pas exception à la règle.

Alors qu'elle aurait dû, éperdue, tenter d'appeler à l'aide Tony DiNozzo, d'ailleurs en grande conversation avec son agresseur pour le convaincre de la laisser partir, elle se sentait étrangement calme et détachée, l'attitude parfaite pour analyser rapidement la situation et essaye d'y trouver les réponses adéquates.

La première étape était de se rappeler comment elle en était arrivée là.

Elle jeta aussitôt un coup d'oeil en direction du jeune homme d'environ 18 ans qui la fixait, un peu plus terrorisé chaque fois que leurs regards se croisaient, mais incapable de détacher ses deux prunelles écarquillées d'elle.

Dès que Tony avait commencé à s'adresser à l'imam et à évoquer le lieutenant Bowen, le garçon avait montré des signes d'anxiété qui n'avaient pas échappé à son œil expert. Elle avait alors choisi de se mettre en retrait pour l'observer avec discrétion.

Elle en était rapidement arrivée à la conclusion qu'il n'avait pas peur de l'agent du NCIS et de ses menaces, mais d'un homme bien plus dangereux, qui devait lui promettre pire que la prison si jamais il ouvrait la bouche. Preuve s'il en était qu'il n'était pas étranger à la mort de Bowen.

Elle avait alors choisi de s'approcher lentement pour l'aborder, et tenter d'utiliser son inquiétude pour le faire parler rapidement.

Il avait tressailli d'une telle manière lorsqu'elle avait posé sa main sur son épaule en un signe se voulant à l'origine rassurant qu'elle n'avait pu étouffer un rictus félin.

Le gamin était à point, restait à trouver les bons mots pour le faire parler.

Seulement, elle n'avait pas eu tellement le temps de réfléchir à la phrase percutante qu'elle allait lui lancer au visage, étant donné que juste derrière elle, l'un des deux hommes qu'elle soupçonnait être la source de la peur panique de l'adolescent avait bondi sur elle, manquant de l'étrangler en enserrant son cou de son bras droit.

Elle avait d'abord pensé se dégager de manière traditionnelle, mais avait aussitôt aperçu la lame noir striée de rainures anthracites, et s'était décidée à prendre un peu plus de temps avant d'établir de manière définitive une stratégie offensive.

Maintenant que la succession des évènements qui l'avaient amenée à se retrouver dans cette position délicate était redevenue limpide dans son cerveau embrumé par la tension, et tandis que Tony exhortait le barbu à la relâcher et que ce dernier lui répondait sur un ton à la fois agressif et nerveux, mélangeant un mauvais arabe à un anglais peu clair, visiblement peu décidé à lui obéir, elle fit un point sur sa situation actuelle.

Le type sentait le tabac.

C'est un bon point, tu t'entends toujours super bien avec les fumeurs, se fit-elle silencieusement la remarque à la fois vraie et complètement décalée par rapport à la situation critique dans laquelle elle se trouvait, alors que les tractations se poursuivaient.

Peut être que si elle sortait discrètement une cigarette de sa poche et la lançait...

En fait, non.

Son plan présentait déjà deux failles, la première étant que le barbu avait beau l'air un brin limité, il n'allait peut être pas se conduire non plus comme un chien en allant rattraper la cigarette. Et la deuxième se révélant être finalement la plus grave : elle ne fumait pas, et n'avait donc pas de cigarettes sur elle.

Une option de moins, ma poule. Si tu pouvais te mettre à en chercher des vraiment intelligentes, ça serait plutôt sympa, songea-t-elle alors qu'elle sentait la nervosité de son agresseur s'accroître encore alors que sa grosse main se refermait plus fermement sur son épaule et qu'elle sentait la lame trembler, se rapprochant et s'éloignant de sa gorge au gré de la respiration de l'homme.

Au final, il ne lui restait plus que deux options sérieuses à envisager.

La première consistait à faire confiance à Anthony DiNozzo pour négocier et convaincre le barbu que mieux valait pour lui qu'il la laisse partir. Elle-même pourrait avancer des arguments : elle n'avait rien de particulier contre la cellule dont devait probablement faire partie ce débile profond, elle se limitait à traquer ses commanditaires.

Et elle pourrait peut être même lui proposer un arrangement : la liberté pour lui et ses petits copains des cavaliers du prophète en échange du nom de ceux, ou d'ailleurs très probablement celles, qui avaient eu l'immense gentillesse de les financer.

Seulement, le marché tournait cours, d'abord parce qu'elle n'avait pas l'intention de dire tout cela à voix haute dans une mosquée où les murs avaient des oreilles et ses ennemi(e)s probablement des envoyés, et dans laquelle se trouvait un agent du NCIS qui s'empresserait de vouloir en savoir plus. Ensuite parce qu'on ne négociait pas avec des terroristes.

Parce que même si ce sympathique bonhomme qui la menaçait depuis tout à l'heure avec son foutu poignard fumait, qu'elle appréciait souvent les gens qui fumaient et que la réciproque se révélait souvent vraie, il restait un brave terroriste travaillant indirectement pour l'une des seules agences moyen-orientales que le Mossad avait réellement en horreur, et qu'elle était forcée d'avouer qu'au vu de son attitude peu coopérative, elle aurait eu bien plus envie de le torturer jusqu'à ce qu'il parle plutôt que de lui proposer un deal autour d'une tasse de thé à la menthe.

Lui restait donc la deuxième option. Qui lui fit avaler sa salive avec difficulté, tandis que le ton montait entre les deux hommes.

Le krav maga, en sport de combat intelligent et rationnel, n'avait pas oublié ce cas de figure précis où la victime de l'agression se retrouvait attaquée par derrière, un couteau plaqué contre sa gorge.

Simplement, il était bien connu dans les milieux autorisés que cette prise, en plus d'être particulièrement difficile à réaliser, était à la limite du suicidaire tant sa réussite était peu assurée lorsque le déséquilibre de force était aussi grand que dans le cas de ses petits bras face aux muscles monstrueux du barbu qui la retenait en otage.

Elle respira lentement.

Cette situation, elle l'avait simulée des dizaines de fois avec son officier de contrôle. Simplement, l'enjeu n'était pas le même lorsque son équipier faisait semblant de la prendre en otage et mimait la scène mort de rire en utilisant ses clés de voiture ou sa montre hors de prix comme arme blanche, que lorsqu'un véritable malade mental ponctuant chacune de ses phrases par « Allahou akbar » plaquait une lame de poignard aussi coupante que celle d'un bistouri contre sa gorge.

D'autant que cette fois, elle n'était pas en compagnie de son partenaire habituel, avec lequel langage codé et signaux divers avaient été clairement établis s'il leur fallait communiquer sans l'aide de la parole, et sur lequel elle savait qu'elle pouvait compter quoiqu'il puisse arriver.

Non bien sûr qu'elle n'avait pas confiance en Tony DiNozzo, mais elle trouvait tout de même qu'il avait tendance à gigoter un peu trop pour un homme dont on menaçait de tuer la coéquipière s'il bougeait d'un centimètre.

Alors qu'elle hésitait toujours à risquer le tout pour le tout, elle sentit son agresseur reculer d'un pas sans relâcher sa prise. Tandis qu'elle retrouvait son équilibre, elle sentit le porte bonheur qu'elle gardait toujours dans la poche intérieure de sa veste en cuir battre contre ses côtes et la chaîne qu'elle portait autour du cou tinter délicatement contre ses deux petites médailles en or qui s'étaient décollées de sa poitrine.

Elle ne put s'empêcher d'esquisser un sourire en retrouvant son équilibre et son assurance après ce léger mouvement.

Elle savait ce qui lui restait à faire.


« … En fait, quand j'y suis allé, j'ai dit clairement à mon boss que j'étais en congé, avec ma petite amie, et qu'il était hors de question que je fasse une mission pour lui. Et aussi que s'il continuait à me harceler, il n'aurait qu'à régler ses comptes avec toi ! A propos de ça, j'ai un truc à te raconter... »

Ziva David haussa un sourcil faussement intéressé en se forçant à sourire, avant de baisser à nouveau la tête sur son plat de cannellonis tandis que Ray commençait à débiter son anecdote sur la femme d'un de ses collègues ayant tenté d'emplâtrer le supérieur de ce dernier parce qu'il l'avait fait travailler un jour de Noël.

Captivant, songea-t-elle en buvant une nouvelle gorgée de son deuxième verre de vin blanc de la soirée, riant amèrement tout au fond d'elle-même à défaut de pouvoir le faire ouvertement. Et tu connais l'anecdote sur un ancien officier du Mossad qui avait renversé du vin blanc sur le pantalon de son petit ami qui bossait à la CIA parce qu'elle commençait à se lasser qu'il la mène en bateau comme il le faisait depuis déjà trop longtemps ?

Dieu que cette petite remarque assassine qui avait traversé son esprit était difficile à contenir, alors qu'elle avalait une bouchée de cannelloni en faisant semblant de rire à une remarque qu'elle trouvait étrangement peu amusante étant donné qu'elle jaillissait de la bouche d'un homme qui lui avait menti, et continuait à le faire.

Elle ouvrit la bouche, avant de se raviser aussitôt et d'acquiescer en feignant l'enthousiasme.

Elle avait pris la décision avant qu'il ne la rejoigne pour l'emmener dans ce restaurant italien particulièrement huppé de ne pas le confronter immédiatement sur les récentes découvertes qu'elle avait pu faire.

Peut être parce qu'elle était naïve, et qu'elle gardait un semblant d'espoir et de foi en l'être humain en croyant qu'il allait tout lui avouer, peut être parce qu'elle préférait laisser la colère et la rage de le voir continuer à mentir monter davantage monter en elle pour que les règlements de compte n'en soient que plus explosifs.

Elle n'était pas encore sûre des raisons qui l'avaient poussée à agir de la sorte, mais elle avait choisi de lui laisser une chance, une dernière chance de se confier ce soir. Et le moment butoir serait le dessert.

Qu'elle ne prendrait pas au sirop d'érable, injonction radicale de sa (bonne) conscience alors qu'elle s'était laissée aller à fantasmer sur le beau serveur italien qui était venu prendre leur commande en début de soirée.

Beau serveur italien qui présentait d'ailleurs d'étranges similarités avec un autre bel Italien de son entourage, surprenante ressemblance qui n'était d'ailleurs peut être pas complètement étrangère à son étrange attirance pour le garçon qui leur avait apporté les deux derniers plats.

Pas de sirop, et surtout pas de cheese-cake, Ziva ! Et t'es pas un peu malade d'imaginer Tony entièrement nu, à l'exception de ce petit nœud papillon ridicule, sortir d'un gâteau géant ? lui glissa une petite voix réprobatrice à son oreille qui la fit soupirer discrètement, comme si un petit ange s'était posé sur son épaule pour la faire rentrer dans le droit chemin. Faut absolument que tu fasses une psychanalyse, toi, tu as de gros problèmes avec ton père !

La jeune femme sentit un discret sourire étirer ses lèvres, imaginant à quel point sa bonne conscience pouvait être désespérée par le cas incurable qu'elle constituait.

A moins bien sûr que le gros problème soit Tony ? suggéra soudain son petit ange gardien, qui s'efforçait visiblement de lui faire comprendre quelque chose qu'elle ne voulait pas saisir.

Casse-toi, mini-moi avec des ailes blanches et une auréole, grogna-t-elle en s'abritant derrière sa serviette pour empêcher son petit ami de détecter le moindre signe sortant de l'ordinaire provenant d'elle, afin que son coup d'éclat n'en soit que plus brillant.

Rappel, tu ne peux pas me virer de ton cerveau, je suis ta conscience, alors tu vas bien être obligée d'entendre ce que je veux te dire, entendit-elle la petite voix répliquer sur un ton sarcastique alors qu'elle ne pouvait s'empêcher de sourire vaguement en constatant que son compagnon était un sérieux moulin à paroles lorsqu'elle ne le coupait pas. D'autant que ce que je veux te dire est ce que tu veux entendre, mais que tu ne peux pas te dire à toi-même parce que tu as peur, raison pour laquelle tu as fait appel à moi, ton subconscient. C'est clair ?

Limpide, ironisa-t-elle, poursuivant son dialogue intérieur. Maintenant que j'ai compris, tu veux bien dégager le plancher ?

Ce n'est pas avec Ray que tu aurais dû partir en week-end en amoureux, c'est avec Tony, mais ça, tu le sais déjà. Parce que... Je suis toi.

« Chérie, ça va ? »

Ziva essaya tant bien que mal d'acquiescer alors qu'elle toussait de toutes ses forces, ayant le sentiment qu'elle allait mourir étouffée par la gorgée de vin blanc qu'elle avait avalée de travers.

« Ca... ça va, bredouilla-t-elle. Ne t'en fais pas, j'ai juste avalé de travers. Tu disais ?

- Je te parlais de Dan, le type que j'ai rencontré aux Caraïbes, justement... »

Elle avait de nouveau décroché.

Baissant les yeux sur son plat de cannellonis, elle hésita.

Prendre en compte sa petite voix intérieure, et crier haut et fort ce qu'elle venait de lui dire, au visage de Ray qui l'avait trahi, de tout ce restaurant indifférent au drame qui se tramait à sa table, à son coéquipier dans le micro de son smartphone, au risque de tout perdre, même le peu qu'elle avait ?

Ou fuir, comme d'habitude, comme elle s'était efforcée de le faire depuis 5 ans, parce qu'elle était persuadée que c'était la meilleure solution, pour elle comme pour son coéquipier ?

Tu n'as pas envie de te poser une nouvelle fois cette question, surtout ce soir, alors il est temps de faire le mur et de t'évader d'ici, pensa-t-elle sans pouvoir s'empêcher de sourire, nostalgique, alors qu'elle laissait ses pensées vagabonder loin de Tony, loin de ses sentiments, loin de Ray et de ses anecdotes et trahisons, loin, loin de Miami, loin du présent.

.

Juin 2000, Tel Aviv, villa des David

« Ziva ? Qu'est-ce que tu fais dans une tenue pareille ? Oh, mais bien sûr, tu fais le mur pour rejoindre ton amoureux secret !

- Chuuuut ! intima l'intéressée à sa petite sœur Tali qui venait de se glisser avec sa discrétion habituelle dans sa chambre, alors qu'elle était en train de se choisir une paire de boucles d'oreilles dans sa boîte à bijoux. Tu veux me faire coincer, ou quoi ?

- Non, pas du tout, je voulais simplement que tu me racontes un peu, mais puisque c'est comme ça, je repars... » commenta la petite, en affichant une mine de chien battue.

Ziva leva les yeux au ciel en la voyant s'éloigner lentement et le plus pitoyablement possible vers la porte, et poussa un discret soupir.

Même à 13 ans, elle réussissait encore à être aussi adorable qu'une enfant de 7 ans, dont elle avait d'ailleurs la maturité, et à la faire craquer à tous les coups.

« C'est bon, Tali, viens, capitula-t-elle, tandis que la petite brune se retournait, son grand sourire enjoué retrouvé, et se précipitait sur le lit de sa grande sœur pour y rebondir bruyamment et s'y allonger de tout son long, apparemment en attente de confidences. Qu'est-ce que tu veux savoir ?

- Il ressemble à quoi ? demanda-t-elle, les yeux brillants de curiosité. Est-ce qu'il est aussi beau que Logan Cale dans la promo de la nouvelle série américaine qui commence en septembre dont je ne me souviens plus du nom... Ah si, Dark Angel ! »

La jeune officier du Mossad éclata de rire, réalisant que quelles que soient les conditions dans lesquelles elle se trouvait, sa petite sœur réussirait toujours à lui communiquer sa bonne humeur.

« Non, moins beau, quand même ! lâcha-t-elle, hilare. Tu sais à quel point je craque pour les châtains aux yeux noisettes ! Mais pas mal quand même...

- Ouuuh ! souffla l'adolescente, moqueuse. Il te plaît beaucoup-beaucoup, non, pour que tu oses défier papa et maman comme ça ?

- De nous deux, tu sais bien que ce n'est pas moi la petite fille modèle ! rétorqua-t-elle, peut être légèrement plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu au vu de la moue de sa jeune sœur. Bon, allez, Tali, je n'ai pas l'éternité, qu'est-ce que tu veux vraiment ? »

Ziva la vit hésiter, avant qu'elle ne lâche :

« Il y a un garçon au collège...

- Ca a l'air super croustillant, seulement, je suis vraiment juste, alors est-ce que ça te dérangerait qu'on en reparle plus tard ? ne put-elle s'empêcher de la couper en jetant un rapide coup d'oeil à sa montre. Il faut que je me dépêche pour que mon plan fonctionne, mais on en reparle dès demain si tu veux !

- Laisse tomber, soupira l'adolescente en lui jetant un regard blessé avant de se diriger à nouveau vers la porte de la chambre. De toute façon, je n'ai plus envie de parler. »

L'officier du Mossad se mordilla la lèvre, hésitante.

Il était clair que sa petite sœur avait quelque chose sur le cœur dont elle devait lui parler, mais si elle voulait pouvoir espérer rejoindre Malachi et les amis qu'il avait prévu de lui présenter, il lui fallait quitter la maison au plus vite, et surtout avant que son père ne rentre et ne branche le système de sécurité qui l'empêcherait de s'enfuir par la fenêtre comme elle l'avait prévu...

En levant les yeux au ciel pour la deuxième fois en moins de dix minutes, elle lança, tout en sachant pertinemment qu'elle le regretterait toute sa vie :

« Tali, parle-moi. Pourquoi est-ce que tu ne veux pas qu'on discute de toute ça demain à tête reposée ?

- Parce que demain, tu seras occupée ! répliqua la jeune fille, sur un ton si agressif et empli de colère qu'elle se demanda si elle l'avait déjà vue dans un tel état, elle toujours si calme, si adorable et si parfaite. Tu seras peut être au Mossad, ou en train de réviser ton bac, ou en train de te disputer avec papa, ou à traîner avec un type que tu auras croisé dans la rue ! Partout, sauf avec moi ! Sauf à faire des trucs de grande sœur, comme discuter des garçons sur lesquels on flashe ! J'en ai marre que tu me laisses tomber comme ça ! »

Ziva la fixa un instant, sentant son cœur se déchirer.

Ce sentiment d'abandon, elle l'avait déjà ressenti des milliers de fois, en particulier à cause de l'attitude de son père à son égard.

Mais jamais, au grand jamais, elle n'aurait pu croire que Tali, la fille préférée des David, l'enfant du miracle, choyé et chéri, couvé et aimé, aurait pu avoir le sentiment d'être ''laissée tomber'' par quiconque.

Alors qu'elle s'apprêtait à lui répondre avec douceur, presque à s'excuser de ne pas avoir été assez présente pour elle, elle pinça les lèvres, exaspérée.

Si elle se sentait abandonnée, que devait-elle ressentir, elle, l'aînée, que sa cadette pouvait parfois ignorer pendant de longs jours parce qu'elle n'était pas assez branchée pour être présentée à ses camarades de classe ou parce qu'elle était si égocentrique qu'elle était capable d'oublier jusqu'à son existence ?

Que son père réprimandait systématiquement, et dont la reconnaissance était pour elle impossible à obtenir, alors qu'il suffisait à Tali de faire un hideux collier de coquillages pour être félicitée plus que de raison ?

Que sa mère même reléguait au second rang lorsqu'il lui fallait présenter ses enfants aux dîners qu'elle organisait, parce qu'elle n'était visiblement pas assez féminine ou bien élevée, tandis que sa petite sœur était systématiquement la vedette et le centre de toutes les attentions, parfois au point que les amis de ses parents ne ramènent qu'un seul cadeau qui ne lui était jamais destiné ?

Tali comprenait-elle au moins le sens de « laisser tomber » ?

« Va parler de tout ça avec maman, lâcha finalement la jeune officier du Mossad avec froideur, plantant ses prunelles faussement indifférentes dans celles de sa petite sœur qui étaient étrangement humides. Ou attends demain. Mais ce soir, j'ai autre chose à faire. »

Elle avait conscience qu'elle s'était montrée dure au point d'être injuste. Tali n'était pas parfaite, parfois capricieuse, mais elle ne méritait pas d'être traitée de la sorte. Ses parents auraient bien plus mérité qu'on leur oppose cette attitude.

Seulement, l'adolescente était la plus proche géographiquement parlant, et elle devait l'admettre, beaucoup plus facile à attaquer.

Celle-ci renifla discrètement, ravalant ses larmes de colère, et répliqua finalement, maîtrisant du mieux qu'elle le pouvait les tremblements de sa voix :

« Ce n'était pas avec maman que je voulais parler. Mais laisse tomber. Et ne t'en fais pas, je ne dirai rien. Je m'en fous.

- Parfait, continue à t'en foutre comme tu te fous de tout ! siffla Ziva, hors d'elle. Reste la petite dernière pourrie gâtée qui récupèrera l'empire de papa sans rien faire, et ''laisse tomber'' !

- Tu veux que je te dise, Zee ? cria la petite Israélienne en se retournant vivement, piquée au vif. Toi, tu regrettes de ne pas avoir hérité de tout, moi, je regrette qu'on ne me laisse jamais la chance de faire quelque chose par moi-même ! Je sais très bien ce que tu penses, tu voudrais être la préférée ? Je te laisse la place ! Parce que ça m'a coûté un petit ami potentiel, et que ça me pourrit chaque jour un peu plus la vie ! »

La jeune fille s'interrompit, haletante, attendant une nouvelle attaque de son aînée.

Qui ne vint pas.

Ziva s'était sentie pâlir soudainement, sous l'effet d'un mélange de honte et de culpabilité.

Sa sœur savait visiblement ce qu'elle ressentait. Et elle s'en voulait.

Aussi bien de s'être montrée odieuse que jalouse durant toutes ces années.

Parce qu'il lui apparaissait maintenant clair que derrière toute la gentillesse et la douceur de Tali se cachait une tentative de rachat de l'amour de sa grande sœur, que ses parents, par un amour beaucoup plus marquée pour elle que son aînée, lui avaient arraché sans lui demander son avis. Et que ses caprices de petite fille gâtée n'étaient que des moyens de montrer son mal être face à l'affection parfois étouffante des David, qui la coupait du reste du monde sans qu'elle puisse rien y faire.

« Je... Je suis désolée, Tali, qu'est-ce qu'il s'est passé ? lâcha l'officier du Mossad d'une voix blanche.

- Rien, rétorqua-t-elle en haussant les épaules comme si rien ne s'était passé, avant de céder à la tentation de laisser sa rancœur de côté pour tout avouer. Quand j'ai abordé le garçon qui me plaisait, il m'a dit qu'il ne sortait pas avec les filles à papa. Mais c'est pas grave. Je laisse tomber. Il fait ce qu'il veut.

- Tu lui diras de la part de ta grande sœur qu'il est un chnun, parce qu'il n'a aucun droit de dire ça sans te connaître, et qu'il a complètement tort, affirma-t-elle avec douceur, son calme retrouvé.

- Ce n'est pas ce que tu disais il y a cinq minutes, releva l'adolescente en lui jetant un regard sarcastique.

- Je n'ai pas dit que je n'étais pas une idiote, commenta-t-elle simplement. Mais je vais essayer de me rattraper... Starbucks demain, et on discute comme une grande sœur se doit de le faire avec sa petite soeur, qu'est-ce que tu en dis ? »

Tali esquissa un grand sourire, avant de commenter en faisant un clin d'oeil à son aînée :

« J'en dis que ces boucles d'oreilles iront très bien avec ta robe et que ton copain Malachi ne va pas oser se séparer de toi pendant plus de deux secondes tellement tu vas être belle, ma grande sœur chérie ! »

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Miami, mars 2012

« Je pense que je vais prendre le cheese-cake, et toi, Ziva, tu en penses quoi ?

- J'en pense que... »

Ziva marqua un mouvement d'hésitation alors que les yeux de son petit ami croisaient les siens.

Alors qu'il esquissait un sourire apaisé, elle sentit une vague de colère monter en elle. Ce sourire n'était pas apaisé, mais hypocrite, et les mensonges avaient tendance à la faire sortir de ses gonds.

Elle avait assez souffert à cause d'eux, à ceux qui les proféraient d'en pâtir.

« J'en pense que je me demandais quand tu allais arrêter de te foutre de moi, siffla-t-elle finalement, sa voix devenue glacée.

- Moi, me foutre de toi ? s'étonna Ray en scrutant ses yeux, interrogateur. Qu'est-ce qu'il te prend, tout d'un coup ? Je croyais que tu passais une bonne soirée...

- Tu avais tort, rétorqua-t-elle, croisant les bras. Tu n'aurais pas quelque chose à me dire ? A propos de ce week end, de cet hôtel... Peut être même de ce restaurant ?

- Ils ne sont pas à ton goût ? poursuivit-il, ne voyant visiblement pas où elle voulait en venir. Il s'est passé quelque chose en mon absence ? La suite est trop petite ?

- Je vais me faire plus précise, alors, ironisa-t-elle en faisant la moue, agacée par ce petit jeu. Tu n'aurais pas quelque chose à me dire sur la personne qui l'a payée, cette fichue suite ?

- Je ne comprends pas, Ziva. »

Il lui avait menti. Avec tellement d'aplomb qu'elle avait senti son sang cesser sur l'instant de circuler dans son corps paralysé sous le coup qu'il venait de lui asséner.

Un coup de poignard en plein cœur.

« Alors laisse-moi t'expliquer, cracha-t-elle en se reprenant aussitôt et sortant de son sac la facture de la chambre d'hôtel, avant de la planter sous le nez de Ray. A moins que tu ne t'appelles Trent Kort et que ton chirurgien esthétique n'ait effectué un très gros travail de lifting et d'implants capillaires, ou que tu n'aies détourné le compte d'une agence fédérale appelée la CIA, il semblerait que tu te sois très vastement foutu de moi en me disant que tu avais payé toi-même ce petit week-end, et que le choix de Miami n'avait rien à voir avec une quelconque mission. Quelque chose que tu n'aies pas compris, peut être ? »

La mine décomposée de son compagnon et sa bouche restée ouverte sans qu'aucun son n'en sorte lui sembla une réponse satisfaisante alors qu'elle s'enfonçait dans sa chaise, jambes et bras croisés, en attente de la suite de ce règlement de comptes dont elle retirait, à sa plus grande surprise, un certain plaisir.

Comme au bon vieux temps, songea-t-elle en esquissant un sourire prédateur face à l'agent de la CIA toujours silencieux, et désormais très pâle, alors qu'il réfléchissait à toute allure à comment se sortir de cette situation tendue...


« Si vous bougez, je la tue ! »

Ca arrangerait mon patron, mais j'ai fini par plus ou moins m'attacher à cette petite chose blonde, alors si vous pouviez la laisser partir, ça serait sympa de votre part, songea Tony DiNozzo, figé sur place, et observant complètement désemparé l'homme d'un bon mètre 80 menacer sa nouvelle coéquipière d'une lame qui lui semblait anormalement longue comparée au cou de l'Israélienne.

« Ecoutez, lança-t-il, recouvrant ses esprits. Je vais mettre les mains en l'air, très lentement, et vous n'allez pas lui faire de mal, d'accord ?

- Mains en l'air ! répéta-t-il avec un accent arabe à couper au couteau, alors que l'agent du NCIS le voyait trembler sous l'effet de l'anxiété.

- Voilà, c'est bon, c'est fait, commenta-t-il en levant très lentement les bras et en ouvrant ses poings pour bien montrer qu'en plus de se sentir complètement psychologiquement désarmé, il l'était aussi physiquement. Maintenant, soyez gentil, relâchez-la, d'accord ?

- Jamais ! hurla-t-il. Et puis, si je la lâche, vous allez me capturer ! Et pour révéler la vérité aux yeux de tous, il faut que je sois libre de mes mouvements ! C'est ce qu'Allah veut !

- Ecoutez, je n'ai pas la prétention de lire dans les pensées d'Allah, mais à mon avis, il ne doit pas trop apprécier que vous gardiez une demoiselle qui ne vous a rien fait en otage, lâcha l'Italien, cherchant tant bien que mal une solution pour permettre à Liat de sortir vivante de cette mosquée.

- Taisez-vous ! aboya-t-il, alors que Tony jetait un coup d'oeil rapide à l'imam, figé sur place sous l'effet du choc, tout comme la foule de fidèles complètement immobile malgré la terreur palpable qui se dégageait d'elle. Un infidèle qui foule le sol d'une mosquée ne devrait même pas prononcer le nom d'Allah ! »

L'agent très spécial prit une grande inspiration et tenta d'analyser la situation aussi vite que possible. Comme on le lui avait appris à Baltimore, il fallait qu'il détermine les objectifs du preneur d'otage et réussisse à humaniser son rapport avec lui, faire appel à ses sentiments sans le pousser à bout, de peur qu'il commette l'impardonnable.

Quant à l'importance de rassurer le ou les otages, elle allait passer au second rang de ses priorités vu l'attitude étrangement calme de l'officier du Mossad qui lui apparaissait comme pensive et détachée, comme si elle n'était pas concernée et préférait penser à autre chose.

Cette fille était peut être encore plus déconcertante que son agresseur.

Toujours était-il que si humaniser son rapport avec le colosse et tenter de l'émouvoir restait dans le domaine du possible, comprendre son but était bien plus compliqué, étant donné qu'il lui semblait tout de même un brin déséquilibré.

En menaçant la jeune femme comme il le faisait, il avait sans doute voulu l'empêcher de parler avec Ali, ou elle de discuter et d'interroger l'un des fidèles.

Balayant la foule du regard à toute vitesse, il ne put apercevoir qu'une seule silhouette se détachant de l'ensemble étrangement immobile. Un garçon d'une vingtaine d'années qui tremblait comme une feuille, et sur les joues duquel quelques larmes d'angoisse coulaient.

Reportant ensuite son regard sur Liat, il vit celle-ci lui adresser un imperceptible signe de la tête, probablement destiné à lui confirmer que c'était bien cet adolescent à qui elle avait voulu parler pour provoquer la colère de l'homme à la longue barbe noire.

« Ecoutez, nous voulons vous aider, monsieur... commença-t-il sur un ton aussi doux que possible alors qu'il voyait que sa coéquipière, loin d'être détachée comme il avait pu le croire, réfléchissait à toute vitesse, cherchant visiblement elle aussi la meilleure issue de secours pour échapper à ce cauchemar. Quel est votre nom ?

- Mon nom ne vous intéresse pas ! » affirma-t-il, soudain moins sûr de lui.

Tony étouffa un soupir.

Ce type, en plus de formuler des phrases sibyllines et relativement ridicules lorsqu'elles ne constituaient pas des répliques du Retour de la momie, était loin d'être un homme expérimenté, et se retrouver face à un adversaire entièrement soumis à ses émotions pouvait être particulièrement dangereux pour Liat.

Il fallait qu'il réussisse à obtenir son nom, de cette manière, il en était certain, il récupèrerait la main.

« Si, sayid, il nous intéresse ! répliqua l'Italien, souriant intérieurement en voyant que le seul mot d'arabe que l'officier du Mossad lui avait appris allait enfin trouver son utilité. Parce que, comme je le disais, nous voulons vous aider. Vous aider à répandre la parole d'Allah, à expliquer tout le bien que fait votre groupe au monde, et à faire prendre conscience de la vérité à tous...

- Vous mentez ! Vous n'êtes qu'un chien d'infidèle ! siffla son interlocuteur, en faisant mine de cracher au sol.

- C'est faux, je ne suis pas comme Alan, moi, je ne suis pas un marine, commenta-t-il, rentrant dans le jeu, et voyant la première lueur de doute apparaître dans le regard de l'homme alors qu'il prononçait le nom du lieutenant décédé. Je ne sers pas les Etats-Unis qui tuent nos frères croyants en Irak. Je suis ici pour vous aider, vous savez... »

Il vit le barbu hésiter, alors qu'il se maudissait d'avoir prononcé cette phrase.

Ou l'homme était assez fou et perturbé pour le croire alors qu'il était rentré dans une mosquée avec des chaussures italiennes hors de prix, ou il avait déjà remarqué le pot aux roses et risquait alors de commettre un geste irréparable...

« Je m'appelle Imad At-Tabari, lâcha-t-il finalement, surprenant presque l'Italien tant il avait renoncé vite. Et quelle preuve est-ce que j'ai que tu dis la vérité ?

- Je t'en fournirai une si tu lâches la fille, affirma-t-il sans se démonter, malgré la lueur étrange qu'il avait vu passer dans le regard vert de Liat lorsque son agresseur avait prononcé son nom de famille. Mais pas avant.

- NON ! hurla-t-il en reculant d'un pas alors que Tony retenait sa respiration en voyant l'Israélienne trébucher légèrement et le couteau éviter de justesse sa gorge. Tu mens ! Je le vois ! Tu mens ! Tes chaussures ! La fille va être punie pour ça ! »

Alors que l'agent très spécial blêmissait en l'entendant prononcer cette phrase et hésitait sérieusement à abandonner la méthode douce pour sortir son arme et viser l'homme en espérant être plus rapide que lui, il vit la kidonim articuler silencieusement et très distinctement : « qu'il ne bouge pas »

« Attends ! l'interpella-t-il en criant, forçant le barbu à redresser la tête sous le coup de la surprise et à s'immobiliser en le fixant d'un regard à la fois effrayé et décidé à aller jusqu'au bout.

- Trop... » le coupa-t-il aussitôt en ricanant, avant d'être à son tour interrompu par une Liat décidée à passer à l'action.

Tony, tout comme une grande partie des hommes présents dans la mosquée, ne put s'empêcher de sentir sa mâchoire se décrocher en voyant un éclair blond attraper à deux mains l'avant-bras d'At-Tabari, et se plier en deux pour utiliser toute la force et le poids de son corps frêle pour faire pression sur le poignet de l'homme, et ainsi écarter la lame loin de sa gorge.

Celle-ci vint se glisser sous sa veste en cuir, ripant contre la peau de son épaule, ce qui ne sembla pas la préoccuper plus que de raison, maintenant que son cou était en sécurité.

Profitant de la surprise de l'homme qui tardait encore à réagir, elle enchaîna à toute vitesse avec un coup de talon bien ajusté dans le tibia du barbu.

Lorsqu'il s'affaissa légèrement sous l'effet de la douleur, elle se glissa sous son bras pour se décaler sur sa droite et se libérer de son emprise. Du plat de la main, elle le frappa immédiatement au visage, l'empêchant de la regarder et d'anticiper ses prochains coups.

Il poussa un gémissement de douleur au moment où, son bras armé désormais plié selon un angle improbable, la jeune femme lui asséna un grand coup de pied dans le genou, le forçant à s'agenouiller vraiment.

Elle tordit alors son poignet pour l'obliger à lâcher le couteau, et projeta au loin l'arme avec une fluidité déconcertante. Cette dernière vint se planter à l'horizontale dans le mur plus proche sous les yeux ébahis de l'assistance, qui avait désormais le sentiment d'assister davantage à un combat de gladiateurs qu'à une prière collective.

Achevant son travail sans se formaliser de son public sidéré par la précision du lancer alors qu'elle n'avait même pas daigné regarder la direction dans laquelle elle avait l'intention d'envoyer le poignard, l'Israélienne enfonça son pied dans l'estomac d'At-Tabari encore à genoux, qui cette fois vint rouler au sol, avant de recevoir une nouvelle série de coups de pieds dans les côtes, les jambes et même un dans le visage.

Lorsqu'elle s'écarta légèrement du corps presque inanimé, Tony commençait à peine à réaliser que la scène surréaliste à laquelle il avait assisté n'était pas tout droit tirée d'un rêve, et, apogée de sa stupéfaction, n'avait pas duré plus de deux minutes.

Ce ne fut que lorsqu'il croisa le regard vert électrique et exprimant toute la joie que la kidonim avait éprouvé à transformer sa rage et son adrénaline en force destructrice qu'il prit pleinement conscience de ce qui venait de se dérouler dans la mosquée.

« Ecartez-vous, s'il-vous-plaît, écartez-vous ! ordonna-t-il en voyant les premiers curieux faire un pas en direction du corps de l'homme qui, quelques instants plus tôt, se trouvait encore en position de force. Liat, vous allez bien ? »

Elle acquiesça vaguement, prenant soudain conscience qu'un peu de sang coulait sur son épaule, sans que la blessure ne semble cependant l'émouvoir plus que de raison.

« Très bien, commenta-t-elle avec froideur, en toisant d'un air hautain At-Tabari, allongé en position fœtale et émettant par moment quelques grognements de douleur. Et je serais vous, j'embarquerais ce gamin en plus de récupérer l'arme du crime, il cache quelque chose... »

Tony releva aussitôt la tête, jusque là occupé à passer ses menottes aux poignets du colosse allongé, et aperçut le garçon tremblotant que l'officier du Mossad désignait d'un signe de tête. Cette dernière s'avança ensuite de quelque pas pour se planter devant l'adolescent, qui semblait hésiter à prendre la fuite, mais s'était aussitôt résigné en croisant le regard menaçant et sans appel qui s'était posé sur lui.

« Attrapez ! cria l'agent très spécial en lançant une seconde paire de menottes à l'Israélienne qui s'efforça de masquer sa grimace de douleur lorsqu'elle leva son épaule gauche meurtrie pour réceptionner l'objet. Vous êtes sûre que ça va ?

- Vous n'imaginez même pas à quel point ! rétorqua-t-elle en esquissant un sourire moqueur et en liant les mains du jeune homme tétanisé, avant de le forcer à la suivre jusqu'au mur où s'était plantée la lame, et à rejoindre son coéquipier, qui avait relevé à grand peine At-Tabari, et le traînait plus ou moins devant lui pour avancer hors de la mosquée en direction de leur voiture.

- Salam, tout le monde, vous aurez le grand plaisir de retrouver nos équipes cet après-midi pour de nouvelles aventures, bon spectacle ! lança Tony, un grand sourire aux lèvres, alors qu'un murmure parcourait l'assemblée et que l'imam les suivait des yeux, peinant toujours à se remettre de ses émotions.

- Vous savez que vous n'êtes pas drôle ? plaisanta Liat sans pouvoir s'empêcher un sourire alors qu'il lui adressait un clin d'oeil charmeur la faisant lever les yeux au ciel.

- Et vous, vous savez que vous ne savez pas repérer les qualités d'humoristes des gens, mademoiselle la guerrière ? répliqua-t-il, joueur, tandis qu'elle sortait son téléphone portable de sa poche et consultait ses messages de sa main libre alors que l'autre retenait toujours l'adolescent effrayé à l'idée de se retrouver dans un commissariat, probablement pour la première fois de sa vie.

- Je sais surtout que je ne sais rien. Mais vous avez sûrement raison. » lui accorda-t-elle en esquissant un sourire, tandis qu'elle tapotait un texto à l'intention de sa hiérarchie et du département informatique de son agence, leur ordonnant de lancer immédiatement une recherche de grande ampleur sur At-Tabiri et toutes les connexions qu'il pouvait avoir accumulées au fil des années, bien que l'étymologie de son nom de famille soit déjà pour elle un indice suffisant sur les chances qu'il ait déjà été en relation avec ceux qu'elle souhaitait atteindre à tout prix.


Alors ? Maintenant que le bouton review a changé de design et a doublé de volume, vous n'avez plus d'excuse pour ne pas reviewer, alors j'attends vos avis :)

Lexique

Chnun (hébreu) : idiot (argot)


Titre

Pour insérer une référence supplémentaire à Dark Angel, une série dans laquelle jouait Michael Weatherly, j'ai voulu emprunter le nom d'un des épisodes, mais n'ai rien trouvé de bien adapté, alors j'ai détourné le nom d'un des épisodes de la série qui s'appelait "heat" (chaleur) pour en faire "hit", et qui correspond plutôt bien à ce chapitre où Liat et Ziva sortent leurs gants de boxe ^^