Chapitre 12 : Elle court, elle court…

Le souffle court, le cœur battant la chamade, la sueur perlant à son front et la douleur se propageant lentement mais sûrement le long de ses membres, Felicity courrait à en perdre haleine. Elle ne pouvait pas ralentir. Ne le voulait pas.

Elle trébucha, et, dans un cris, s'affala de tout son long sur le sol dur. Elle geignit piteusement et vomi un peu lorsqu'elle vit la petite pierre enfoncée loin dans sa paume. Tremblante, elle se releva et reprit sa course folle. Elle s'arrêterait plus tard. Elle se soignerait plus tard. Quand elle retrouverait les autres.

Un sanglot lui échappa.

Si elle les retrouvaient.

Tout s'était passé tellement, tellement vite.

Ils étaient arrivés au point d'infection hypothétique mais, bien sûr, les zombies ne s'étaient pas contentés de les attendre. Ils avaient bougés. Laurel avait proposé qu'ils se séparent, oubliant totalement le plan précédemment mis en place. Sara voulait que Barry les localisent et les élimines à lui seul. Diggle ne voulait pas toucher au plan initiale. Oliver était furieux alors il ne réfléchissait plus clairement et voulait seulement foncer dans le tas, Roy partageait son avis. Thea, elle, ne voulait pas quitter l'avion. Waller n'avait pas tenue parole, elle ne voyait pas pourquoi elle devrait le faire, ce qui avait menés à une dispute épique. Lyla l'accusait de vouloir tuer son bébé, Thea levait les yeux en l'air, Laurel chialait, Barry était de plus en plus nerveux, et, dans tout ça, ils perdaient un temps précieux. Alors, comme la fois précédente, l'informaticienne eut l'impression de se noyer, de se perdre. Elle s'était éloignée et avait profiter du paysage, des plaines à pertes de vue, avec un magnifique, splendide dégradé. Du vert de l'herbe verte et tendre sous ses pieds au marron chaud du sable, plus loin, au pied d'une montagne dont elle ignorait le nom. Elle se demanda brièvement si elle se trouvait en plein désert de Gobi. Elle haussa négligemment les épaules et s'imprégna du calme ambiant, toujours en faisant abstraction du bruit qui grouillait autour d'elle. Elle se fit très rapidement la réflexion qu'ils devraient profiter du paysage apaisant plutôt que se disputer sur la meilleure façon de mourir.

De toutes façons ils allaient crever. Si ce n'était pas là, se serait avec le prochain groupe de zombies. Après tout, les membres de la Suicid Squad y avaient laisser leurs peaux, pourquoi eux s'en sortiraient-ils mieux ? Une heure après leur arrivés, ils décidèrent donc de garder le plan initial – pertes de temps parfaitement inutile donc – et, après une rapide reconnaissance de la zone, retournèrent en direction de la frontière chinoise puisque Barry les y avaient localisés. Encore une fois ils étaient très nombreux mais leur comportement était différent. Il semblait plus alerte, légèrement organisés. Les prémices de l'intelligence selon Flash, mais c'était déjà ça de plus.

Felicity revint au moment présent lorsqu'un grognement puissant et très, très proche attira son attention. Elle stoppa sa course effrénée et tourna la tête dans toutes les directions. Elle savait que ce genre de sons gutturaux n'était ni humains, ni animal et, c'est dernières trente-six heures, elle en avait entendu plus qu'elle ne pouvait en supporter. A sa gauche.

Malgré les blessures, le visage à moitié arraché, les entrailles à l'air et le bras manquant, la jeune femme n'eut aucune difficulté à reconnaitre Captain Boomerang.

Elle déglutit et recula lentement. Elle n'avait rien sur elle qui lui permettrait de le tuer. Une bonne fois pour toute s'entend.

Pas après pas, elle s'éloigna du zombi, terrifiée à l'idée qu'il ne se rende compte de sa présence. Mais les rapports disaient vrais et, malgré quelques pas hasardeux, il semblait statique. Comme en transe.

Normalement elle devrait reprendre sa course et s'éloigner le plus possible. A vrai dire elle devrait quitter ce fichu pays, trouver une île déserte, l'acheter pour disparaître une bonne fois pour toute. Mais elle s'imagina alors un gamin qui viendrait jouer dans ce coin paumé, qui, d'abord horrifié par cette chose, serait finalement intrigué et s'approcherait, assez près, vraiment trop proche, jusqu'à ce qu'il le morde. Au mieux il le tuerait, au pire il l'infecterait et deux, c'était suffisant pour qu'ils avancent, non ? Ensuite ils se dirigeraient lentement mais sûrement vers le village le plus proche, puis la ville et ils seraient alors instoppable.

Elle ne pouvait pas.

Elle souffla longuement, cherchant à vider tout l'air de ses poumons, comme si cela la « nettoyait » de l'intérieur et remplaçait sa peur paralysante par le plus flamboyant des courage.

A pas de loup elle recula, cherchant des yeux une arme potentiel. Il était immobile, seulement secoué de spams sporadiques, elle devrait être capable de le tuer, non ? Les autres parvenaient à descendre ses monstres tandis qu'ils étaient en mouvement.

- Et dire que je devrais être sur une plage, à me dorer la pilule, les seins à l'air, suivant des yeux les jolis garçons mouillés. Franchement, qu'est-ce que j'ai bien pu faire pour en arriver là ?

Parler l'aidait. De cette façon elle ne pensait pas à ce qu'elle s'apprêtait à faire. L'informaticienne allait tuer quelqu'un. Bon, il n'était plus vraiment humain et même alors, le type n'était pas franchement quelqu'un de bien mais tuer…

Elle localisa finalement une grosse pierre blanche, très irrégulière, avec des bords pointus.

Pile ce dont elle avait besoin.

- Quand j'en aurais fini avec tout ça je vais changer de nom. Hop ! Disparue Felicity Smoak ! Fini ! Je vais trouver un autre prénom, devenir prof de maths dans une ville paumée de l'Utah ou mieux encore de l'Ohio, me couper les cheveux et les teindre en brun, trouver un comptable, l'épouser et ne jamais, jamais plus quitter l'Amérique. Qui a besoin de vacances ou de voyage ? je pourrais bien me joindre à la communauté Amish ? J'adore les chevaux. Je suis certaine que je parviendrais très bien à vivre sans la moindre technologie. Et je suppose que, tant que j'ai la foi, j'ai une place au paradis. Waller ne viendra jamais me chercher en Pennsylvanie, ni Oliver d'ailleurs.

Toujours en marmonnant, Felicity attrapa la pierre, adressa une rapide prière à tous les Dieux qu'elle connaissait et s'approcha du zombi. Un sanglot lui échappa et, la voix chevrotante, elle s'excusa :

- Je suis désolée, désolée. Mais c'est mieux. C'est mieux. Vous allez pouvoir partir en paix et rejoindre le grand Paradis des voleurs. C'est bien, ça, non ? Vous allez vous retrouver face à la banque la mieux fournis de l'univers, un vrai festin pour voleur !

Elle s'approcha toujours plus près, tremblante, sanglotant comme une enfant. Elle était épuisée, traumatisée, blessée et elle marmonnait. Et elle allait tuer un homme.

- Aller Felicity. Tu peux le faire. Tu dois le faire. Penses au mômes que tu sauvent.

Elle leva le bras bien haut, ferma les yeux très fort. Le zombi s'agita, montra les dents et grogna. Il tentait de l'attraper de la mordre. Son cœur s'emballa, partit au triple galops et, lorsqu'elle abattit le premier coup, il s'arrêta purement et simplement. Dans un hurlement déchirant qui fit fuir les animaux à plusieurs kilomètres à la ronde elle frappa encore, encore et encore jusqu'à ce que feu Captain Boomerang s'effondre au sol, inerte.

- Au mon dieu, pleura-t-elle en tombant à son tour. Mon dieu, mon dieu, je suis désolée, désolée.

Elle resta là, immobile, pleurant tout ce qu'elle pouvait. Elle était tellement fatiguée ! et voilà qu'elle était contrainte de tuer, et elle savait qu'il ne s'agissait que de la partie immergée de l'iceberg.

Ils avaient continués d'avancés dans un silence pesant, l'épuisement générale du groupe rendant l'ambiance encore plus électrique qu'elle ne l'avait été. Ils avancés sans vraiment savoir où ils allaient et ce qui les attendaient, tous absolument conscient de la trahison et de l'abandon de Waller. Finalement, ils arrivèrent à proximité d'habitations – si tant est qu'ils puissent donner ce nom aux cabane très minimaliste – et ce qu'ils restaient des habitants, soit, pas grands choses. L'horreur les avaient encore une fois frappés mais d'une façon plus… moins brutale. Felicity avait frémit lorsqu'elle s'était rendue compte qu'elle s'y habituait.

C'est à cet instant que la situation avait gravement dégénéré.

Oliver avait trouvé la bat de baseball d'Harley Quinn et il n'avait pas eu le temps d'expliquer ce qu'il en pensait qu'on leur tira dessus.

Pas juste de trois coups de feux pour les contraindre à reculer, de véritables rafales d'armes automatiques qui les contraignit a se jeter à terre et ramper jusqu'à un endroit sûr :

- C'est quoi se bordel, putain, avait hurlé Roy.

- J'en sais rien !

- Depuis quand les zombis ont des flingues, avait craché Sara en tirant sur leurs assaillants.

- Parce que ce ne sont pas des putains de zombis !

Avant qu'ils ne comprenne ce que cela signifiait, avant que Felicity ne demande s'ils n'étaient pas tombés sur un repère de dealers ou truc du genre Lyla leur hurla qu'ils portaient les uniformes de l'A.R.G.U.S.. C'était à n'y rien comprendre. A ce stade, leur seul chance reposait en Barry. Felicity s'était tournée vers lui en lui hurlant de se bouger pour le trouver au sol, pâle et inerte.

Les évènements furent flous ensuite. Oliver se jeta sur elle et l'immobilisa tandis qu'une violente déflagration les jeta à terre. Les grognements gutturaux se joignirent aux hurlements et aux échanges de tirs, ils tentèrent de se rabattre, Diggle fut touché à la cuisse. Roy s'interposa pour protéger Thea. Laurel rampait en pleurant et suppliant et Felicity était là, statique, immobile, le regard rivé sur Oliver.

Lui aussi ne bougeait pas.

Lui aussi était pâle, couché au sol. Le visage maculé de sang et de tant de blessures qu'elle ne savait plus où regarder.

Alors elle était partit.

Elle avait courue plus vite et plus loin que jamais, sans ralentir le rythme, sans penser à rien d'autre.

Il fallait qu'elle parte loin, qu'elle sauve sa vie.

Les autres était fichus. Tous. Mort.

Oliver était mort…