Salut à tous.
Aye, ce chapitre aura pris son temps pour s'écrire ! Je pourrais vous résumer les raisons de ce LONG moment d'absence : page blanche, problèmes d'anxiété, aide à des amis qui n'allaient pas bien, et surtout ma reprise des cours. Mais je n'en ferais rien, car je suis contente de pouvoir écrire de nouveau !
(Petit message aux fans de l'animé Osomatsu-san : attendez-vous à voir des histoires sur cette série de ma part, héhé... Mais shh)
Sur ce, bonne lecture.
Sa tête était lourde. Le noir était la seule chose qui l'entourait. Et puis, une odeur aseptisée entra lentement dans ses narines. Sa conscience se réveilla alors et le contrôle de son corps lui revint petit à petit.
Après plusieurs minutes de transe, le Prof ouvrit doucement les yeux... Des lumières blanches l'aveuglèrent pendant un court instant. Une fois sa vision adaptée, le scientifique observa la pièce. Le pauvre homme, n'ayant pas ses lunettes sur le nez, ne pouvait clairement distinguer les formes mais il comprit bien vite qu'il était dans une chambre d'hôpital. En tournant la tête vers la gauche, il aperçut la fenêtre. Le temps maussade alternait entre l'assombrissement et quelques éclaircies. L'horloge posée à droite du cadran indiquait trois heures.
Le Prof se souvint alors de ce qu'il s'était passé la veille. Le sauvetage de sa famille et de son ami Vincent, sa bataille contre Elvis et ses robots, ainsi que l'incendie du laboratoire de son ennemi... Ce fut une très longue nuit pour le scientifique, probablement l'une des plus longues qu'il n'ait jamais vécu. Il peinait encore à réaliser ce qu'il venait de vivre en une soirée... Si un jour on lui avait dit qu'il irait sauver le Geek au point de se déguiser en Patron, de se battre contre des criminels et de détruire une armée d'androïdes à lui seul avec un Winchester, des grenades et un poignard, il aurait sincèrement cru entendre un scénario de film d'action. Mais aussi improbable soit-il, c'était bel et bien la réalité...
Le Prof avait retrouvé son petit frère ainsi que ses collègues de SLG et son colocataire disparu, et tous en étaient ressortis sains et saufs. Il avait sauvé la vie de ses êtres chers. Son cœur était passé par pleins de sentiments : le regret, le chagrin, la colère, la peur, la détermination, mais aussi la joie qu'il avait autrefois étouffée en lui par vanité, la capacité de sourire... Et l'amour. Un amour fraternel sincère envers son benjamin, et un lien familial fort avec Mathieu et ses homologues. Autant de choses ressenties en si peu de temps... Comme s'il avait rattrapé le temps perdu à se mentir à lui-même. Cette simple pensée lui fit tout drôle...
L'homme de science se redressa doucement et adossa son dos sur son oreiller avant de souffler. Par réflexe, il regarda ses mains : elles étaient recouvertes de bandages. Il en ressentait également au niveau de son ventre. Surpris, le Prof toucha son thorax et remarqua qu'il avait été touché au niveau de la côte droite. Pourtant, il a continué à bouger, courir, tirer de nombreux coups de fusil et à se battre sans jamais ressentir de la fatigue ou de la douleur.
"Serait-ce le SEI qui ait produit cet effet ?" Pensa-t-il. Plus il y réfléchit, plus cette hypothèse était plausible. Il aurait été impossible pour lui de survivre aussi longtemps avec une balle plantée dans la côte, même s'il s'agissait d'un tir manqué. N'importe qui se serait effondré au sol avec une blessure pareille, et la douleur en aurait été insupportable. Le Prof soupira de soulagement d'être encore en vie.
Soudain, la porte de sa chambre s'ouvrit pour laisser entrer Jean-Baptiste Roche, un médecin. L'homme d'une quarantaine d'années s'approcha du blessé.
"Oh, vous vous êtes réveillé, Mr. Sommet. Comment vous sentez-vous ?
- J'ai encore la tête un peu lourde, mais je vais bien... Que s'est-il passé ?
- Les urgences vous ont emmené à l'hôpital. La police nous a expliqué la situation dans laquelle vous étiez, et nous vous avons soigné. Fort heureusement, ce ne sont que des blessures légères. Elles cicatriseront vite et ne laisseront aucune trace sur votre corps. C'est un vrai miracle que vous ayez survécu à cet incendie !"
Un miracle... Oui, il y croyait, à présent. Les miracles existaient. Cette jeune fille qui l'avait aidé alors qu'il était au bord du désespoir, la détective Carroll, lui avait prouvé que ce qu'il considérait comme "une chose illogique et irrationnelle" pouvait se produire.
"On peut dire que j'ai eu de la chance. Un petit sourire se dessina sur les lèvres du Prof. Mais... Est-ce que je suis le seul ici ? Où sont mes frères et mon ami ? Est-ce qu'ils vont bien ?
- Rassurez-vous, Mr. Sommet. Votre famille se porte bien. Ceux qui ont été plongé dans un long sommeil se sont réveillés et n'ont aucune séquelle physique ou mentale. Quant à votre collègue de travail, il a dû passer par quelques soins mais il est sain et sauf.
- Oh, quel soulagement ! J'étais vraiment inquiet..."
Le docteur sourit.
"Il y a quelqu'un qui souhaite vous voir.
- Quelqu'un ?" Répéta le Prof, curieux.
Le Geek entra timidement dans la chambre. En voyant son aîné éveillé, son regard s'illumina et le jeune gamer se jeta sur lui par surprise. Il se blottit le plus possible contre son corps.
"Peter !"
Malgré le fait qu'il se retenait de gémir de douleur à cause de sa blessure à la côte, le Prof était trop heureux de revoir son petit frère pour y prêter attention. Il enlaça tendrement son cadet dans ses bras, lui caressant la tête et lui murmurant des paroles réconfortantes. Jean-Baptiste décida de les laisser seuls et sortit de la pièce.
"Tout va bien, mon petit frère. Je suis là.
- ... Dieu merci, tu n'as rien… J'ai cru qu'il t'était arrivé quelque chose de grave.
- Non, ne t'en fait pas. J'ai juste perdu connaissance. J'ai dû te faire peur, je suis désolé... Le scientifique arborait une mine triste.
- Ce n'est pas grave. Tu vas bien, et c'est tout ce qui compte pour moi !" Le Geek fit un câlin à son aîné, en faisant bien attention à sa blessure. Après un petit moment de silence, il reprit. "Merci de m'avoir sauvé."
L'adulte, attendri, eut de nouveau le sourire et câlina le petit garçon. "De rien. C'est le rôle d'un grand frère de protéger son cadet, après tout."
Les deux frères restèrent ainsi, l'un contre l'autre, pendant de longues minutes. L'homme de science se souvint alors des paroles qu'il avait prononcées avant de combattre Elvis : "Je sortirais d'ici et je serais de nouveau réuni avec ma famille". Oui… Ce futur s'était réalisé, par la seule force de son courage. Il n'avait pas fui, il n'avait pas pris ses jambes à son cou pour sauver sa vie. Non, il s'était battu jusqu'au bout pour obtenir sa bonne fin. Et ses efforts avaient payé.
La porte de la chambre toqua de nouveau. Pris au dépourvu, les deux Sommet se séparèrent. Un policier entra alors.
"Pardonnez-moi pour cette entrée soudaine. Êtes-vous Mr. Peter Sommet ? Demanda le gardien de la paix au scientifique.
- Oui, c'est moi. Lui répondit le blessé.
- Je suis Edouard Klauss, le chef de la brigade policière en charge de l'enquête des mystérieuses disparitions en France, orchestré par Mr. Elvis Fallsnow. Mes collègues m'ont rapporté les évènements de la nuit passée. Je suis heureux de voir que vous vous portez bien.
- Je vous remercie. Le Prof se prêta à un léger sourire.
- Je voudrais tout d'abord m'excuser d'avoir traîné à débusquer cet homme. Nous étions entre temps occupés par l'enquête d'un vol de produits chimiques dans un laboratoire de la capitale."
Le fameux vol de produits chimiques dont avait été victime le laboratoire où il travaillait... Pour le Prof, il n'y avait plus aucun doute. C'était Elvis le coupable. Il en avait besoin pour perfectionner ses androïdes.
"Hum..." Murmura le Geek, un peu hésitant. Il comprenait que ce qui allait suivre serait une discussion d'adultes et qu'il valait mieux pour lui de ne pas les déranger. "Est-ce que je devrais m'en aller ?
- Non, vous pouvez rester. Rassura le policier. Je voulais simplement savoir comment se portaient les blessés avant de faire notre rapport d'enquête.
- ... Mr. Klauss. Qu'est-il advenu du complexe incendié ? Demanda le scientifique, ayant entre temps remis ses lunettes.
- Les pompiers ont réussi à maîtriser le feu et à l'arrêter aux environs de sept heures du matin, après une longue nuit de lutte. Lorsque nous sommes revenus sur le lieu sinistré, nous avons pu constater l'ampleur des dégâts. Les trois quarts du laboratoire sont partis en fumée. Seul le rez-de-chaussée et quelques bunkers externes sont restés debout. Des métaux carbonisés ont été retrouvés dans les décombres, complètement déformés.
- Il n'y avait pas de corps à l'intérieur ?
- Le seul "corps" que nous ayons trouvé était trop endommagé pour être identifié, mais après une autopsie nous nous sommes aperçu qu'il s'agissait d'un robot humanoïde et non d'un être humain. Des analyses plus approfondies des environs vont avoir lieu dans les jours à venir. Nous recherchons toujours Elvis Fallsnow dans les cendres, mais cela s'annonce difficile aux vues des risques d'intoxication de la zone."
Il y eut un silence. Le Geek et le Prof s'échangèrent un regard, ayant la même pensée en tête : Si aucun corps humain n'avait été découvert, cela signifiait qu'Elvis n'était pas mort. Il avait probablement échappé aux flammes d'une manière ou d'une autre, et était désormais en fuite. Comment a-t-il pu s'enfuir alors que l'incendie était devenu incontrôlable en l'espace de quelques minutes ? Où se terrait-il en ce moment ? Autant de questions demeurant sans réponses...
L'homme de science et son cadet se regardèrent de nouveau après un court flottement et, sans même se parler, ils comprirent ce qu'ils devaient faire : raconter leur mésaventure à Mr. Klauss. Tous deux ont été des témoins directs du plan terrifiant d'Elvis, l'un en tant que cible et l'autre en tant qu'adversaire l'ayant affronté en volte-face. Ce criminel avait fait trop de mal pour rester impuni, alors il était important pour eux d'aider, même partiellement, les autorités pour l'empêcher de nuire. C'est donc après une profonde inspiration que le Prof s'exprima, son regard vers le chef de police :
"Mr. Klauss. Je sais quelles étaient les intentions d'Elvis Fallsnow. Mon frère et moi avons été témoins de ses agissements."
Ainsi, le Prof décrivit en détail tout ce qu'il avait vu et entendu de cette nuit cauchemardesque à Mr. Klauss. L'ambition d'une lobotomie générale de la population, la vision d'un monde "sans esprit fermé" (du moins, selon les dires de cet homme), mais également comment s'était passé l'enlèvement de son frère sous ses yeux. Par chance, il avait gardé une des notes des "employés" du laboratoire dans une poche intérieure de sa blouse pour confirmer ses dires, bien qu'elle fût froissée et quelque peu endommagée.
Ce fut bien évidemment un choc pour le gardien de la paix d'entendre pareilles horreurs sorti de l'esprit dérangé d'un homme tout aussi tordu. Qui ne le serait pas ? Après une rapide série de questions, Edouard finit par s'en aller. Le Prof soupira, tandis que le Geek le regardait du coin de l'œil, étonnamment calme.
"Prof.
- Hm ?
- Tu penses que la presse sera au courant de cette affaire ?
- Je me le demande aussi… Cependant, comme les mystérieuses disparitions dans le pays n'ont pas été médiatisées, je suppose qu'ils vont laisser toute cette affaire sous silence. D'une certaine façon tant mieux, je n'ai guère envie de m'attirer les caméras des journalistes en sortant d'ici.
- C'est vrai." Le Geek rigola doucement, ce qui fit sourire le scientifique alité.
Cependant, l'adulte n'avait pas l'esprit tout à fait tranquille. Ce n'était pas la douleur ressenti par ses blessures ou le fait d'avoir été interrogé par la police qui le tracassait… C'était le moment où il devait revoir Mathieu. Le Prof savait qu'il devait tôt ou tard lui adresser la parole, mais rien ne le prédisait à ce que cela se passe après de telles circonstances. Bien-sûr, il appréhendait sa réaction en voyant le Geek subitement rajeuni (mais il s'attendait tout aussi bien à ce qu'il s'en fiche), mais surtout… Qu'est-ce qu'il allait faire lorsqu'il reviendra dans son ancienne maison ? Comment ses homologues accueilleront son retour ?
Pour la première fois depuis son départ, le Prof était perdu.
