Ch'alut ! Avant de vous souhaiter la Bonne Lecture, laissez-moi vous expliquer vite fait le mot "austèrique". Non, non, mon français est plutôt bon, et oui, oui, ce mot n'existe absolument pas. Il s'agit d'un mauvais néologisme du mot "austère" (sans dec' ?). Le suffixe -ique donnerait l'idée que Severus se "rend austère", "s'oblige" à le devenir... Vous voyez ma pensée ? ... heu... Z'avez raison, j'ai les oreilles qui fument, sorry, passons à autre chose... :-/

Bonne Lecture ! ;-p


Chapitre 12 : Teatime

Quand elle trouvait sa «cohabitation» avec Lucius surréaliste, Hermione ne se serait pas doutée qu'elle s'y serait habituée. Et même qu'elle apprécierait la présence du pauvre homme, en tant tout simplement qu'être humain. Elle avait en outre deviné que le sentiment était réciproque.

Par contre, si héberger Lucius Malefoy était encore impensable y avait à peine un mois, héberger en même temps, sous le même toit qu'elle, Severus Rogue tenait, non pas du miracle, mais d'un facteur mathématique indémontrable : il s'agissait de l'impossibilité absolue, un tout dans un néant, le chat de Chester mis en orbite… Hermione se soulageait en voyant que Rogue ne semblait pas plus goûter la situation qu'elle : attitude paradoxale de la part de la jeune fille, qui eut dû chercher à établir une entente cordiale… Disons à ce sujet que le sombre professeur faisait encore moins d'efforts en ce sens.

Hermione craqua donc au bout de cinq jours. Elle allait prouver à cette chauve-souris mal embouchée que le courage n'avait pas été attribué aux Gryffondors pour des prunes ! Elle possédait en plus un prétexte tout fait : durant ces cinq jours, Rogue avait refusé catégoriquement qu'elle le remplace, ou l'aide, se tuant à la tâche et se fatiguant de plus en plus vite. Même lui allait devoir admettre qu'il n'était pas invulnérable…

Elle prit donc l'initiative, à cinq heures de l'après-midi, d'apporter sur un plateau du thé et une assiette de biscuits pour deux : elle sacrifiait rarement à ce rituel purement anglais du teatime, le professeur Rogue non plus apparemment, mais l'un et l'autre allaient devoir faire un effort.

Elle découvrit Rogue assis sur le bord du lit, passant un linge humide sur le visage de Lucius : elle fut étonnée par sa tendresse manifeste. A terre, autour de sa boîte d'apothicaire, il avait disposé plusieurs onguents destinés à préparer le prochain cataplasme. Il n'entendit pas la jeune femme approcher et sursauta en la constatant juste à ses côtés : «Miss Granger ? … On peut savoir ce que vous faites là ? Je ne vous ai pas appelée, il me semble. Et vous pouvez remporter votre plateau : je mange à 19 heures, vous le savez bien.

«- Il s'agit de thé et de petits gâteaux…

«- Je n'aime pas le sucre.

«- Mais vous n'avez peut-être rien contre une tasse de thé ? Je l'ai fait fort, comme vous l'aimez je crois…»

Il soupira d'exaspération et se laissa battre cette fois-ci. Triomphante, elle déposa son fardeau sur le chevet, rapprocha une chaise de son vis-à-vis pour s'y asseoir, puis prit la tasse jaune pour elle-même (où était dessinée une Alice en robe bleue) et tendit la rose à Severus (qui détailla avec un mépris non dissimulé le dessin d'un lapin blanc hystérique courant après sa montre). Il burent en silence quelques instants, enfin Hermione se décida à prendre la parole : «Comment va-t-il aujourd'hui ?

«- J'ai bon espoir de casser sa fièvre cette nuit, annonça-t-il avec une légère suffisance.

«- Et vous même, professeur ?

«- Ravalez votre langue, répondit-il, acerbe.»

En contrepartie, elle se mordit la lèvre et partit sur un autre sujet : «Pourquoi Harry est-il venu prendre du sang à Lucius ?»

A «Lucius» ? Jetant un coup d'œil oblique à Malefoy, Severus se demanda jusqu'à quel niveau ces deux-là avaient sympathisé. Malgré lui, il ressentit une infime mais douloureuse amertume : «Je me devais de l'analyser, expliqua-t-il sombrement. Contrairement à ce que vous et Mr Potter pensiez, il ne s'agissait pas d'un sortilège, mais d'un poison… Une fois cette certitude établie, j'ai aussitôt deviné de quel poison il s'agissait… la Veloxia Mortis.

«- Mort rapide ?

«- Oui… C'est moi qui l'ai «inventée», du temps de mon enrôlement dans les rangs du Seigneur des Ténèbres… J'avais le sens de la formule à l'époque ! plaisanta-il, sardonique… Mais en réalité, le nom est trompeur… Car ce poison agit en deux temps et est… «relativement» virulent. La victime est d'abord affaiblie considérablement : si elle est blessée, ses blessures refuseront de guérir ; elle s'alimentera de moins en moins ; elle sera prise d'une fièvre tenace… Enfin, elle tombera dans une sorte de coma, pour ne pas s'en réveiller… La mort emporte la victime généralement en moins de deux semaines… ce qui est rapide, si on considère que les Mangemorts aiment faire durer les tortures pendant des mois…

«- Heureusement qu'il y avait un antidote ! siffla Hermione avec ressentiment.

«- Miss, … sachez que j'ai toujours pris soin de créer des poisons pourvus d'antidotes.»

Le teint ayant pris une couleur coléreuse, Rogue, agacé, voulut porter vivement sa tasse à ses lèvres, lorsqu'il la lâcha avec une plainte étouffée : ses mains, toujours gantées, tremblotaient sans qu'il ne puisse rien y faire. Hermione ramassa la tasse et voulut l'aider : «Voulez-vous que je regarde ?»

Il se déroba, croisant fermement ses bras autour de sa taille : «Mêlez-vous de vos affaires, Miss Granger !». Il se força à se lever, mais chancela en avant : «J'ai… j'ai la tête qui tourne… Merlin ! Miss Granger, qu'avez-vous mis dans ce thé !

«- Rien ! affirma-t-elle. Je vous le jure ! Peut-être êtes-vous plus fatigué que vous ne le supposiez ? Vous feriez mieux de vous étendre un instant : je vais vous conduire dans la chambre d'ami que je vous réservais !»

A sa grande stupéfaction, il se laissa conduire et ne s'écarta pas lorsqu'elle le soutint par le coude. Dans la chambre à l'étage, elle s'empressa d'écarter les draps, tandis qu'il se débarrassait de sa robe trempée par le thé renversé. Gardant son pantalon et sa chemise, il se glissa dans le lit sans plus tarder et s'endormit aussitôt profondément. Elle sourit de satisfaction en voyant sa figure détendue par le sommeil et sa poitrine se soulever avec régularité. Redescendant en cuisine, elle rangea, en se félicitant elle-même, le tube de cachets soporifiques.

(à suivre...)


Ch'est que ch'est une coquine ch'ette Hermione ! La suite, dimanche, tournera autour de Lucius, et plus précisèment de son enfance, sa mère, son père, sans oublier Severus et Narcissa... (pour les détails, il faudra lire !) A+