Corrigée par Auro75, merci à elle

Chapitre 11 - Un « nous » qui commence

En fin de matinée - Appartement de Thomas

Newt était assis sur un bout du canapé, son téléphone en main, échangeant quantité de messages avec Gally et Harriet. Il avait un petit sourire aux lèvres, car malgré l'angoisse de la veille, la nouvelle de la future naissance au sein du couple le rendait heureux et euphorique. C'était le signe que quoi qu'il arrive, la vie continue et peut être belle. Il avait mis Fry au courant et ce dernier avait sauté de joie, l'entrainant dans une courte valse. Vraiment courte, sa jambe se rappelait à lui de façon douloureuse.

Le black passa à côté de lui en fredonnant, puis se laissa tomber sur le canapé avant de demander :

- Tu veux manger quoi ?

- Ce que tu pourras nous faire me paraît être la bonne réponse. Répondit l'écrivain en posant son portable et souriant coquinement à son ami.

- Hey, pas faux, le blondinet. Continua taquin Fry. Puis il se releva, regagna le coin cuisine et ouvrit le frigo du brun. Hum, voyons voir... Spaghettis aux petits légumes avec un filet de poisson au curry ?

- Parfait ! S'exclama Newt en se léchant les lèvres d'anticipation.

Fry tapa sur le bord de la table avec sa main. Il se mit au travail de suite.

- Dommage que Jorge ait dû repartir, il aurait adoré manger avec nous je pense. Commenta Newt en se levant pour se poser sur le tabouret face au plan de travail investi par le cuisinier.

- Oui, c'est certain. Il a bien parlé avec toi ? Tu te sens mieux ?

- Oui, beaucoup mieux. J'ai juste hâte d'avoir des nouvelles de Minho et Thomas.

- Thomas... il semble beaucoup t'apprécier ce beau brun. Souffla Fry en découpant des légumes en petits cubes pour son accompagnement. Et puis, il est séduisant, c'est certain.

- T'es attiré par les mecs toi maintenant ? Se moqua gentiment le blond en piquant un cube de carotte qu'il fit craquer sous ses dents avec un soupir de délice.

- Non, bien sûr que non, mais je sais reconnaître une belle personne quand j'en vois une. Lui, c'est aussi intérieur je dirais. Et la façon dont je l'ai vu se soucier de toi, je dirais que tu lui plais vraiment.

- Je ne sais pas... On a failli s'embrasser avant tout ce bazar hier soir dans mon appart. Se confia sans détour Newt. Il ferma un instant les yeux se remémorant les sensations de ce moment qui aurait pu être magique. Mais j'aurais peut-être fait une belle gaffe, tu ne penses pas ?

- Non, même si la rapidité est en général pas ton style. Il évita avec habileté la petite claque de Newt sur ses mains avant de continuer. Quand Minho nous a présenté Thomas il y a environ 4 mois, j'ai su de suite qu'il ferait battre ton cœur et qu'il serait important pour le Bloc.

- Ouep, j'avoue qu'il m'a tapé dans l'œil direct quand je l'ai vu. Il est charismatique. Pouffa le blond en se rappelant des échanges de la veille avec Thomas.

Fry le regarda intensément et d'un geste de son couteau l'invita à continuer. Mais la sonnette de l'appartement retentit avant de s'ouvrir sur l'occupant légitime du loft. Thomas entra, referma à clé derrière lui et s'avança en souriant vers eux. Newt relâcha un souffle tremblant, le bruit de la sonnette l'avait figé. Fry grimaça, baissant son couteau qu'il avait inconsciemment pointé devant lui et le blond.

- Préviens la prochaine fois que tu arrives, man. On a eu une belle frayeur. Rouspéta Fry en lui claquant une tape derrière la tête quand il passa à sa portée.

Thomas pouffa, et son regard se posa sur le blond. Il le trouva de suite plus détendu, plus souriant et que ce sourire lui avait manqué depuis le milieu de la nuit. Il le connaissait depuis même pas 24h et déjà il aimait sa façon d'étirer ses lèvres et faire pétiller ses yeux. Il lui adressa un franc sourire en retour et se posa sur un de ses tabourets en soupirant de soulagement.

- Tu as l'air épuisé, Thomas. Commenta l'écrivain en voyant les cernes sous les yeux noisettes.

- Oui, un peu. La fin de la nuit fut dure. Mais on a bien avancé je dirais.

- Raconte. Le pressa Fry en posant ses pates dans l'eau bouillante.

- Je prends d'abord une douche. Et je vous raconte tout devant le succulent plat que tu mitonnes avec mes légumes. Rigola-t-il doucement, puis il tendit un sac à Newt. C'est pour toi, Aris est passé chercher des affaires pour que tu te changes à ton appart.

- Dans quel état est mon appart ? Demanda le blond avec une grimace.

- Juste en bazar. Janson a retourné toute ta chambre et ouvert tous tes tiroirs et placards. Il a embarqué ton ordi aussi. Il se tourna vers Fry, et rajouta : Tu penses pouvoir le détruire à distance ?

- Tu as bloqué ta sécurité Newt ? Demanda le jeune homme en touillant son plat.

- Oui, bien sûr comme tu m'as fait voir. Il jeta un regard à sa montre et soupira. Il est mort d'ailleurs, ça fait plus de 8 heures que j'ai bloqué mon mot de passe.

- Parfait. Un souci de moins. Il adressa un sourire contrit au jeune blond et se leva. Je me lave et je reviens tout vous dire. Tu peux te changer dans ma chambre Newt.

Le blond hocha la tête, prit le sac et suivit Thomas dans le couloir, entrant dans la chambre. Le brun ouvrit son dressing et en sortit quelques habits propres ainsi que du linge de toilette. Newt se posa sur le lit et regarda Thomas soudain timide de le voir évoluer dans son espace personnel. Sa place n'était pas vraiment là, en tous cas pas si tôt dans leur relation pas vraiment définie. Il souffla imperceptiblement, sentant une belle bouffée d'angoisse le prendre à la gorge.

Thomas se figea dans son dressing et se tourna vers son invité, le regardant sans comprendre ce qui pouvait lui arriver. Il avait entendu le petit déchirement dans le souffle du jeune blond assis sur son lit. Il posa tout ce que tenaient ses bras et s'approcha avant de se poser doucement à côté de Newt.

- Il t'arrive quoi ? Demanda-t-il tranquillement, la voix neutre.

- Je ne sais même pas... Commença Newt en fixant la moquette crème sous ses pieds. Je suis un peu déboussolé. Tout ce qui se passe ? Toi... ? Enfin je veux dire nous ?

Thomas le poussa gentiment au niveau de l'épaule en pouffant adorablement. Lui non plus n'avait pas oublié leur presque baiser. Il se rappelait encore de la chaleur de la main de Newt sur sa cuisse, de la couleur de ses joues et de son regard qui le happait complètement. Il eut soudain envie de retrouver tout ça.

- Nous ? Souffla-t-il, rêveur. Oui, je veux que ce « nous » existe. Appuya-t-il en poussant Newt en travers du lit.

Il ignora son cri et se rapprocha de lui, se plaçant au-dessus de lui, plongeant dans son regard noir. Il passa un doigt cajoleur sur sa joue et sourit de la voir s'empourprer doucement. Il replaça une mèche rebelle, dessinant le contour de son visage, s'attardant sur les courbes délicates de sa tempe et de son front. Il descendit son doigt, retraçant la courbe de son nez mutin, s'aventurant sur les lèvres fines du blond, les taquinant du pouce et quand Newt lâcha un souffle tiède, son sourire s'agrandit. Adorable et désirable, deux adjectifs pour qualifier le blond sous lui. Il se pencha et posa délicatement ses lèvres sur celles de son vis-à-vis.

Newt eu un sursaut dans le cœur au contact, un sentiment d'une rare puissance prenait naissance en lui. Un sentiment qu'il n'avait que peu ressenti au cours de sa vie, un sentiment de désir, d'urgence, de plaisir et d'amour naissant. Il était tôt, il se connaissait à peine, mais le blond aimait ce que son cœur lui soufflait. Il répondit au contact, passant sa main dans la nuque du brun, prolongeant ce chaste effleurement.

Thomas s'écarta un peu et posa sa main sur sa hanche découverte, son pouce taquinant sa peau blanche. Il avait un sourire tellement espiègle que Newt rougit joliment et ferma les yeux. Un frisson le secoua entièrement à la chaleur diffuse qui entourait les doigts tendres du brun. Thomas reprit ses lèvres entre les siennes et appuya un peu plus le baiser. Newt y répondit de suite, entrouvrant les lèvres pour gouter la langue qui venait à sa rencontre.

Un tendre ballet de muscles commença, lent, envoutant. Ils se découvraient doucement, apprivoisant les sensations de leurs cœurs et de leurs corps. Newt était sur un nuage, flottant lentement aux rythmes de la bouche de Thomas sur la sienne, buvant son souffle, emprisonnant dans son esprit les fourmillements de sa peau au contact des mains du brun, et rêvant déjà de plus.

A bout de souffle, Thomas s'écarta et le regarda en souriant franchement.

- J'aime ce « nous » qui commence Newt, vraiment beaucoup.

Les yeux pétillants, Newt hocha la tête. Oh oui, lui aussi aimait ce qui commençait entre eux, ce « nous » qui se concrétisait par un premier baiser tendre et parfait. Il était encore trop tôt pour parler d'amour et de passion, mais déjà, l'écrivain le ressentait sa vie avait croisé celle de Thomas pour un long chemin. Il avait hâte de faire ce chemin avec le beau brun.

- Moi aussi. Merci.

Thomas le smacka tendrement, l'aida à se relever et déclara taquin :

- Trop tôt pour une douche commune ?

Newt éclata de rire et le poussa hors de son champ de vison. Thomas fit semblant d'être outré et rouspéta pour la forme à la question de Fry depuis la cuisine. Newt, pouffant tout bas, entreprit de se changer avant de faire honneur au repas de son ami.

Un bon quart d'heure plus tard, Thomas quitta sa chambre, lavé et vêtu de propre. Il arriva dans la pièce à vivre et sourit franchement devant la belle table de mise. Il passa derrière Newt, posa sa main sur son épaule et se pencha pour poser ses lèvres dans sa masse de cheveux. Le blond rougit spontanément, n'ayant pas anticipé le geste tendre de son désormais petit-ami. Mais, il était bon et parfait de se sentir ainsi important aux yeux du brun. Fry, un sourire taquin, siffla d'amusement.

- Yes ! J'avais raison, Alby me doit 10 billets... Et je parie que je suis le premier au courant ? Demanda-t-il.

Thomas rigola franchement tandis que Newt se renfrognait, il détestait être l'objet des paris de ses amis.

- Ppff, encore une fois vous avez parié... Vous êtes pénibles avec cette manie. Ronchonna-t-il en fusillant du regard son ami. Et toi, ne l'encourage pas sinon on sera pas longtemps ensemble. Lança-t-il vers Thomas en le menaçant du doigt.

Le susnommé leva les mains en signe de reddition et s'assit à sa place. Il posa sa main sur celle du blond et souffla tout bas.

- Tu es adorable quand tu te fâches. Il lui adressa un grand sourire et se délecta de la langue que lui tira son petit copain. Malgré la gravité des événements, Thomas se sentait léger, et il lui tardait de se retrouver seul avec son blondinet préféré.

Fry, un sourire malicieux sur les lèvres, les yeux pétillants, amena les plats sur la table et le repas commença doucement dans un silence tranquille et apaisant, comme pour retarder les mauvaises nouvelles du brun.

Mais Thomas y mit fin en commençant doucement le récit de sa fin de nuit.

- Mais malheureusement, j'ai pas que des bonnes nouvelles. Vous voulez lesquelles d'abord ?

- Envoie les mauvaises. Demanda Fry en soufflant d'exaspération. Il adressa un tendre regard d'encouragement à l'écrivain qui avait suspendu le mouvement de sa fourchette.

- Bien, première chose, Janson nous a échappé en sautant dans le canal. Newt grogna fortement de contrariété à la nouvelle. Nos équipes cynophiles le cherchent mais je ne pense pas qu'on puisse espérer un résultat positif.

- C'est la merde ça. Tant que ce taré est dehors, Newt n'est en sécurité nulle part.

- Exact Fry. C'est pour ça que je le garde auprès de moi. Donc cet après-midi, direction le poste de police et ce soir on prend des affaires, avant de passer la nuit en dehors de la ville dans une planque du FBI. Il se tourna vers le blond et lui précisa tendrement. On a mis aussi tes parents, ta sœur et sa famille et tes frères sous surveillance pour éviter un souci. Newt lui adressa un sourire reconnaissant. Thomas commençait à bien le cerner, sachant déjà où étaient ses priorités. Minho a contacté la bande pour que chacun soit prudent. Du coup, Sonya qui vit encore chez ses parents réunit tout le monde pour la nuit. On t'y posera en partant, Fry. Et Alby a envoyé Judith chez ses parents.

- Si je comprends bien, on est tous en danger. Conclut Fry avec une lueur colérique dans les yeux.

- Pard... Commença Newt en baissant la tête s'en voulant de mettre ses amis dans la panade.

- Non. Le coupa Fry en tapant sur la table de sa main. Tu n'es pas le responsable de tout ce bazar. On a toujours soutenu tout le monde dans le bloc, et on continuera encore de longues années Newty, tu le sais. Tu es dans les ennuis et nous on est là pour toi.

- Merci Fry. Souffla le blond ému aux larmes par les mots de son cuisinier préféré.

Le black se leva, fit le tour de la table et se pencha en entourant affectueusement les épaules du plus jeune en signe de soutien. Puis, d'humeur taquine, pour détendre l'atmosphère, il tira la langue à Thomas, soufflant avec amusement :

- Mon précieux !

Newt éclata de rire, envolées les secondes de contrariété. Il était habitué à cette blague que les autres lui faisaient souvent et comme à chaque fois, il riait, son cœur se réchauffant de tendresse et de cet amour que le bloc partageait sans demi-mesure. Thomas pouffa, clairement amusé par la private joke de la bande. Oui, Newt était précieux, c'est certain.

- Il a raison, tu n'es pas responsable de toute cette galère, Newt. Confirma-t-il en lui prenant la main.

- Merci, Tommy. Répondit Newt en rendant la pression sur ses doigts. Puis, semblant réalisé ce qu'il avait dit, il rougit joliment, un peu troublé de son audace.

Thomas lui adressa un tendre sourire et se pencha vers lui. Il déposa un smack sur sa joue et murmura comme un secret.

- J'aime ce surnom. Tu es bien le seul à me l'avoir jamais donné, en général, c'est Tom.

Newt se tourna vers lui, passa sa main libre sur la joue douce du brun et posa tendrement ses lèvres sur celles de son vis-à-vis. Un délicat contact, un doux effleurement, un baiser suave.

- Tommy... Je crois bien que tu n'as pas fini de l'entendre.

Thomas lui sourit et se perdit dans les yeux sombres et pétillant de joie. Il était sous le charme de cet ange écrivain.

- Euh ! Les mecs, je suis là ! S'exclama Fry en grommelant, n'aimant que peu tenir la chandelle.

- Jaloux ! Ricana Newt.

- Ben, un peu quand même. Vous êtes trop kawaii et je suis seul depuis des mois. C'est pas juste !

- On est quoi ? Grogna Thomas en grimaçant.

- Kawaii ! Répéta le black avec un sourire moqueur.

- Oh pétard, on dirait ma cousine quand elle matait des gays en plein échange buccale dans la rue.

- Tu as la plus bizarre des cousines, mec. Se moqua Fry en fronçant les sourcils tandis que Newt pouffait sans retenue dans ses mains.

Thomas secoua la tête de dépit et se racla la gorge pour reprendre son court exposé de l'avancée de l'enquête.

- Trêve de bêtises, je reprends. Il inspira un bon coup. Comme vous le savez, Grant a fait appel à un avocat, un type du barreau totalement corrompu et qui défend bec et ongle les malfrats de la ville. On a fait tracer le coup de fil de Grant et on est arrivés sur un téléphone sécurisé. Cependant, tous les appels sont enregistrés et en écoutant la bande, on a réussi à isoler des sons. Celui du jingle de nuit du Space Needle. La personne que nous recherchons était dans ce coin-là au moment de l'appel. Et grâce aux caméras de surveillance de la ville, on a remarqué une limousine blanche qui emprunte le passage de façon plus que régulière, à toute heure du jour et de la nuit. Minho et Aris sont en planque dans le secteur pour essayer d'avoir une plaque. Grant, bien sûr aidé par son avocat, a été muet comme une tombe.

- Vous avez bien avancé, je dirais. Mais je peux peut-être vous épargner des heures de planque, je connais bien le gars du parking du Space Needle. Il sera content de me rendre service. Expliqua Fry en débarrassant la table, les trois amis ayant fini de manger.

- Génial, appelle-le et dis-lui que pour lui, mon nouveau roman est gratuit avec une belle dédicace. Continua Newt, soudain plein d'énergie d'avoir enfin un nom à mettre sur le commanditaire du Bloody School Day.

- Ça marche, Newt.

Fry se leva et s'éloigna de quelques pas, sortant son téléphone de sa poche pour contacter sa connaissance. Il revient quelques secondes plus tard et lâcha avec hargne un nom :

- Ava Paige.