Salut à tous et bienvenue à Florelle qui vient de rejoindre le groupe de la revue !
Pour votre grande patience, voici tout frais servi un nouveau chapitre. Bonne lecture (et n'oubliez pas le petit bouton en bas une fois que vous aurez fini...)
Chapitre 12 : le Polynectar
McGonagall frappa à la porte, qui s'ouvrit silencieusement. Ils entrèrent tous les trois et la co-directrice leur ordonna d'attendre. Puis elle les laissa seuls.
Harry jeta un coup d'œil autour de lui. Le bureau de Dumbledore était plus intéressant que celui de Lockhart, et plus chaleureux que celui de Rogue. S'il n'avait pas eu si peur d'être renvoyé, Harry aurait beaucoup apprécié de se trouver là.
Le bureau était une grande pièce circulaire, bien éclairée, pleine de petits bruits bizarres. Posés sur des tables élégantes, d'étranges instruments d'argent bourdonnaient, sifflaient, émettaient de la vapeur... Les murs étaient couverts de portraits d'anciens directeurs et directrices qui somnolaient dans leurs cadres. Harry se surprit à chercher un Serpentard parmi cette assemblée. Il reconnut uniquement le vieux choixpeau, posé sur une étagère au-dessus du large bureau à pieds en serres d'oiseau. Harry s'avança vers l'artefact. Celui-ci haussa un « sourcil » de vieux cuir bruni.
- Tu te fais des cheveux blancs, Potter ? demanda la voix nasillarde.
- J'ai de quoi, non ? Tu es sûr que c'était une bonne idée de m'envoyer à Serpentard ? Tout le monde pense que je suis le fameux héritier.
- Ben... Je persiste à penser que Gryffondor ne t'aurait pas permis de développer tes talents. Je trouve que tu te débrouilles très bien, pour le moment. Tu sais choisir tes amis et tu réfléchis souvent avant d'agir. Que demander de mieux ?
- C'est vrai. Désolé de t'avoir dérangé.
- Non, non... Je n'ai pas souvent de la visite...
Harry retourna vers Hagrid.
- Il ne parle pas beaucoup en dehors des répartitions, fit remarquer le garde-chasse. Sûr qu'il doit s'ennuyer un peu.
Un caquètement rauque se fit entendre. Harry et Hagrid virent alors un oiseau d'aspect misérable, à l'allure de dinde à moitié plumée, installé sur un perchoir près de la porte. Le volatile avait l'air bien malade et ses yeux étaient vitreux.
- Pauvre Fumseck, dit Hagrid. Il n'en a plus pour très longtemps.
A ces mots, l'oiseau s'embrasa d'un coup dans une gerbe de flammes. Harry laissa échapper un cri horrifié et chercha des yeux un peu d'eau. Mais Hagrid fit non de la tête. L'oiseau émit un cri perçant et bientôt, il ne resta plus qu'un tas de cendres fumantes sur le sol.
- Mais...
- Fumseck est un phénix, Harry, expliqua Hagrid. Quand il devient trop faible, il s'enflamme et renaît. Tiens, regarde !
Une minuscule tête fripée émergea du tas de cendres en piaillant.
- Ah ! Il était temps qu'il fasse quelque chose, dit Dumbledore en entrant. C'est dommage que vous l'ayez vu le jour de sa combustion. La plupart du temps, il est très joli, avec son plumage rouge et or. Fascinantes créatures que ces phénix... Ils peuvent porter de très lourdes charges, leurs larmes ont de grands pouvoirs de guérison et ils sont très fidèles, expliqua le directeur à un Harry passionné.
Puis le garçon se rappela pourquoi il avait été amené dans ce bureau.
- Ce n'est pas lui qui a fait ça ! s'exclama Hagrid en voyant les yeux perçants de Dumbledore se poser sur Harry. J'étais entrain de parler avec lui quand Justin est passé à côté de nous. C'est seulement après que nous l'avons trouvé !
Dumbledore voulait dire quelque chose, mais les moulinets de Hagrid, répandant des plumes de coq sur le bureau, et ses protestations, l'empêchaient de parler.
- Je suis prêt à jurer devant le ministre que ce n'est pas lui !
- Hagrid...
- Ce n'est pas lui le coupable et...
- Hagrid ! Je ne crois pas non plus que Harry soit l'auteur de ces agressions. La simple évidence le prouve, puisqu'il était toujours accompagné lorsqu'elles ont eu lieu.
Aux oreilles de Harry, le directeur n'avait pas l'air si convaincu que ça. De son côté, Hagrid, un peu embarrassée par son emportement, sortit du bureau en silence.
- Vous ne me croyez pas coupable ? voulut vérifier Harry.
- Si c'était le cas, tu ne serais déjà plus dans cette école, trancha sèchement le directeur. Néanmoins, je voudrais savoir si quoi que ce soit te tracasse à ce sujet...
Harry songea à la voix désincarnée qui avait résonné dans les couloirs. Il pensa aussi à la crainte qu'il avait d'être malgré tout un héritier de Salazar. Aussi répondit-il sans sourciller :
- Non, monsieur. Il n'y a rien.
- Alors, bravo pour le héros charismatique et populaire ! Je profite de la faible importance du programme de Défense de seconde année pour lui envoyer le meilleur professeur de charisme et popularité qui existe, et à présent tous les élèves pensent que tu l'as envoyé à Serpentard pour raisons familiales !
- Allons, professeur, ne dramatisez pas… Il est à présent aux abois, mais cela ne va qu'accentuer sa rage de découvrir qui est l'héritier caché de Salazar… Il pourrait être intéressant de mettre la main sur cette seconde descendance dont parlent certains des écrits de l'époque…
- Oui, c'est le meilleur moyen de le perdre ! Il est quand même le seul à pouvoir L'écarter définitivement… Que crois-tu qu'il va tenter de faire s'il le trouve, ce fameux second héritier ?
- S'il était à Gryff, il essaierait sans doute de l'arrêter lui-même en effet… Mais les Serpentard apprennent à ne pas se jeter en avant tête baissée… Il préviendra forcément quelqu'un : il suffira simplement d'être plus à l'écoute que l'année dernière…
- Tu joues avec l'esprit humain, choixpeau : et l'esprit d'un enfant est plus chaotique que jamais…
- Oui, mais moi, je m'y connais en esprits d'enfants, car je suis là pour ça.
Sur ce, le choixpeau magique se tourna de lui-même sur son étagère, laissant le directeur à ses pensées.
La double agression contre Nick et Justin transforma le malaise qui régnait dans l'école en véritable paranoïa. De façon surprenante, voire choquante, c'était le sort du fantôme qui inquiétait le plus les élèves. Comment pouvait-on faire subir un tel traitement à quelqu'un qui était déjà mort ? Il y eut une ruée pour réserver des places dans le Poudlard Express qui devait ramener les étudiants chez eux pour Noël.
- C'est pas joyeux, commenta Théodore en apprenant la nouvelle. Il ne restera plus que nous, Malefoy et ses deux abrutis, plus les Gryffondor qui veulent utiliser leur potion pourrie !
De son côté, Harry était plutôt content que les autres s'en aillent. Il en avait assez de voir tout le monde l'éviter dans les couloirs, comme s'il allait mordre. Il ne supportait plus les murmures et les doigts pointés sur lui.
Fred et George semblaient bien les seuls à tirer parti de la situation, et à la retourner à son avantage. Souvent, ils s'amusaient à faire des courbettes devant Harry en saluant le « noble héritier de Serpentard » ou lui ouvraient la marche avec des airs de gardes royaux. Cette mise en scène faisait bien rire les autres Serpentard, mais ne plaisait pas du tout à Percy Weasley, ni à sa jeune sœur. Celle-ci piquait une crise à chaque fois qu'un des jumeaux brandissait une tête d'ail sur le passage de Harry, soi-disant pour le faire fuir.
-Attention, attention, Percy ! Laisse passer Harry, il doit aller prendre le thé avec son serpent préféré.
- Je me demande comment le serpent peut boire, d'ailleurs. Qu'il prenne l'anse de la tasse avec sa queue, passe encore. Mais avec quoi tient-il la soucoupe ?
Cette dernière sortie avait bien fait rire. Harry ne s'offensait pas de ces facéties. Si les jumeaux trouvaient ridicule qu'on le soupçonne, tout n'était pas perdu. Même si Fred et George étaient bien isolés au sein des Gryffondor.
A présent, c'était eux qu'on regardait de travers.
Un matin, après le petit déjeuner, Sarah entraîna ses amis à part, agitant une lettre qu'un hibou avait déposée devant elle quelques minutes plus tôt.
- Ça y est, j'ai une réponse ! Papa m'avait prévu que ce serait long, mais ils ont fini d'éplucher les documents familiaux !
- Tu veux dire… à propos de Salazar ? demanda Harry.
- Oui. Mes parents ont passé le grand arbre généalogique de la famille Cobbyte au peigne fin, même les livrets détaillants les branches qui dépassaient de la toile. Ils ont tout vérifié, depuis nos plus lointains ancêtres jusqu'à maintenant, en passant par notre fondateur, Aspex'Cobra le Barbare, dit « pleureur » ; et ils n'ont rien trouvé.
- Attends, dit Théo. Un barbare, et ils l'appelaient « pleureur » ?
- Ben tu te souviens que moi-même, je suis très sensible à la lumière ? C'est un défaut héréditaire, qui s'est atténué au fil des générations. Aspex pleurait toutes les larmes de son corps dès qu'il voyait le soleil. Il a dû apprendre à se battre les yeux bandés, ne découvrant ses yeux qu'en intérieur.
- OK, je vois ça d'ici, lâcha Harry. Donc, tu disais qu'ils n'ont rien trouvé ?
- Exact : il n'y a personne dans la famille qui soit lié, de près ou de loin, à Salazar Serpentard. Ils ont aussi tenté deux ou trois recherches sur lui, mais n'ont pas pu faire grand-chose : je pense que toutes les infos le concernant sont en la possession de sorciers.
- Ça se comprendrait, répondit Théo. Oups ! Vous avez vu l'heure ? Si on ne se dépêche pas, on va être en retard !
- Oui, allons-y !
Le trimestre se termina enfin, au grand soulagement de ceux qui restaient au château. Quelques rares Poufsouffle et Serdaigle traînaient encore dans les couloirs. De Gryffondor, en seconde année, restaient Granger, cinq Weasley et Londubat. A Serpentard, la bande de Drago et celle de Harry. Les deux groupes affectaient de s'ignorer totalement.
Le matin de Noël, Harry et Théodore décidèrent de paresser un peu avant d'aller ouvrir leurs cadeaux, si toutefois il y en avait. Mais leurs projets furent réduits à néant pas l'arrivée de Sarah.
- Debout, là-d'dans ! cria-t-elle en tirant leurs rideaux.
- Saraaaah... C'est un dortoir de garçons, ici. Qu'est-ce que tu fais là ?
- Regarde ça.
Elle éleva devant leurs yeux une fiole remplie d'une potion brunâtre, et une odeur de chou trop cuit envahit la pièce.
- Pouah ! C'est quoi, ça ?
- Polynectar, mon ami. Granger l'a terminé ce matin. J'ai profité de son retour aux quartiers de Gryffondor pour lui en emprunter un peu.
- Et en qui comptes-tu te déguiser ?
- Tu verras bien. C'est juste histoire de semer un peu le trouble dans les esprits...
- Te fais entièrement confiance pour ça, murmura Théodore en se levant, grognon.
Les garçons allèrent déballer leurs présents. Théodore mit de côté le livre sur la généalogie sorcière envoyé par son père en disant qu'il le revendrait à la première occasion. En revanche, il apprécia au plus haut point les douceurs et les photos expédiées par ses oncles et ses cousins de Nouvelle-Zélande.
Harry reçut un cure-dents de la part des Dursley, qui lui fut aussitôt confisqué par Hedwige, qui trouvait que cela faisait un jouet très amusant. Hagrid avait envoyé des caramels qui furent mis à ramollir devant le feu. Sarah et Théodore lui avaient déniché un livre de quidditch et un sac de gâteaux en provenance des jumeaux se mit à sauter autour de la salle commune en sifflant un air guilleret.
- Ils ne se referont pas... soupira Harry entre deux rires.
En dépit des Gryffondor et de leur infâme mixture, et aussi de la réputation non moins déplaisante qu'il traînait derrière lui, Harry parvint à passer un excellent réveillon.
La grande salle avait été magnifiquement décorée par les bons soins de Flitwick : en plus des sapins couverts de givres, des guirlandes de houx et des boules de gui, une neige magique, tiède et sèche, tombait doucement du plafond. Dumbledore donna de la voix pour chanter quelques cantiques et Hagrid les reprit, sa voix devenant de plus en plus tonitruante au fur et à mesure que baissait le niveau de son pichet de vin. Rogue avait l'air de s'ennuyer profondément. Harry aurait cru que son directeur ferait une exception pour Noël et se montrerait un brin moins asocial à cette période, mais il s'était trompé.
De l'autre côté de la salle, Fred et George ricanaient en se désignant l'insigne de préfet de Percy, qui affichait désormais la mention « Benêt », à l'insu de leur frère, bien sur. Harry et Sarah grignotaient des gâteaux quand Théodore les tira par la manche et leur montra Granger, Londubat et Weasley qui sortaient de table.
- D'accord... fit Sarah. Vous deux, rentrez dans la salle commune et faites comme si tout allait bien. Moi, je vais aller musarder un peu.
Les deux garçons repartirent donc vers leurs quartiers tandis que Sarah suivait discrètement les trois Gryffondor. Malefoy prit la direction des appartements des Serpentard, mais ses deux gorilles restèrent à table. Les pâtisseries avaient sur eux un attrait considérable.
- Alors, elle n'est pas avec vous, votre Sang-de-bourbe ? hargna Malefoy en voyant Harry et Théodore paisiblement assis devant la cheminée.
- Elle a dû aller potasser à la bibliothèque, fit négligemment Théodore, avant de se replonger dans la contemplation des flammes.
Pendant ce temps-là... Sarah observait attentivement le manège de Londubat et Weasley. Ils avaient disposé des gâteaux sur le chemin des quartiers Serpentard. Crabbe et Goyle les avaient mangés. Et ils étaient aussitôt tombés dans un profond sommeil. Somnifère, songea Sarah. Heureusement que Granger a de la cervelle pour trois.
Puis les deux gorilles furent enfermés dans un placard à balais après que les Gryffondor leur eurent pris quelques cheveux et leurs chaussures. Sarah savait qu'ils allaient rejoindre Hermione dans l'antre de Mimi. Elle les suivit donc sans se presser. Elle entendit Granger expliquer la dernière phase du plan. Elle avait même pensé à prendre des robes à la blanchisserie. Cela voulait dire que les garçons allaient laisser les leurs derrière eux... Tapie dans une cabine, Sarah attendit que Ronald et Neville avalent leur potion. Elle les entendit se plaindre. La transformation n'était sûrement pas agréable. Au bout de quelques minutes, la voix d'Hermione dit qu'elle n'allait pas les accompagner, finalement. Sarah fronça les sourcils. La Je-sais-tout aurait-elle commis une erreur ? En tout cas, une fois les deux garçons dehors, Sarah se glissa vers leurs affaires et y subtilisa la robe de Londubat, dont la taille équivalait à peu près à la sienne. Elle ôta sa propre robe et son pull à bordure vert et argent, puis enfila la robe du Gryffondor. Elle quitta silencieusement les toilettes et se réfugia dans une salle de classe vide. Elle prit alors le cheveu châtain et frisotté qu'elle avait récupéré sur la robe de Harry le jour du club de duel. Un cheveu d'Hermione. Et elle le mit dans la potion. Celle-ci fuma et prit une teinte glauque. Prenant son courage et la fiole à deux mains, Sarah avala son contenu. Elle étouffa un cri rauque quand la transformation commença. Elle sentit des démangeaisons sous la peau de son crane et ses mains et ses pieds changèrent de forme. Elle eut l'impression que toutes ses articulations craquaient.
Sarah se retrouva par terre, à quatre pattes, la tête sonnant comme une cloche et l'estomac en déroute. Elle se releva péniblement, s'observa dans un miroir de poche et sortit. Elle savait qu'il fallait monter pour gagner les quartiers des Gryffondor. En fait, grâce aux jumeaux Weasley, elle en connaissait assez bien le chemin. Parfois, ils étaient un peu trop bavards...
Mais une fois devant la Grosse Dame, elle fut bien ennuyée.
- Que fais-tu là, Granger ?
(Ah, parfait. Premier essai…)
- Bonsoir, Percy. Je voulais aller prendre des notes dans le dortoir mais... J'ai oublié le mot de passe... gémit Sarah.
- Antochère, clama Percy.
- Merci beaucoup, dit Sarah avant de grimper les marches quatre à quatre. (C'est drôlement facile, dis donc ! S'il ne m'avait pas appelé Granger, j'aurai vérifié à nouveau que je n'avais pas piqué un cheveu de Londubat…) Dans le dortoir des filles, elle n'eut aucun mal à repérer la valise de Granger.
Perdant patience, Drago se leva brusquement et partit en quête de ses deux acolytes. Harry et Théodore restèrent paisiblement assis au coin du feu, tandis que Marcus Flint leur expliquait ses projets, tant pour l'équipe de quidditch de la maison que pour son avenir professionnel.
Le retour de Malefoy, suivi de ses chiens de garde, interrompit la conversation.
- Ils ont l'air bizarre, remarqua Flint en se grattant l'occiput. Ils doivent avoir du mal à digérer tout ce qu'ils ont mangé pendant le repas, sans doute.
- Tu penses la même chose que moi ? murmura Harry à l'oreille de Théodore.
- Question superflue, répondit Nott. Je crois que nous avons trouvé nos polynectarisés…
- La peste de ce Weasley ! disait Malefoy. Attendez-moi ici, tous les deux. Je vais vous chercher ça. Mon père vient de me l'envoyer.
Les deux faux Serpentard avaient l'air franchement mal à l'aise. Marcus cessa de parler vif et balais pour s'intéresser au phénomène. En fait, la plupart des quelques étudiants en vert prêtaient une attention particulière à ce que Drago allait ramener.
Il revint quelques minutes plus tard en brandissant une coupure de journal.
- Ca va vous faire rire, dit-il en entamant la lecture avec délectation.
Enquête au Ministère de la Magie
Arthur Weasley, directeur du Service des Détournements de l'Artisanat moldu, s'est vu infliger une amende cinquante gallions pour avoir ensorcelé une voiture moldue. Mr Lucius Malefoy, membre du conseil d'administration de l'école Poudlard, où la voiture ensorcelée a été accidentée il y a quelques mois, a demandé la démission de MrWeasley. « Weasley a terni la réputation du ministère », a déclaré Mr Malefoy à notre reporter. « Il n'a aucune compétence pour rédiger des projets de lois et son ridicule Acte de Protection des Moldus devrait être immédiatement abandonné. »
- Il abuse, fit négligemment remarquer un Serpentard de sixième année en faisant mine de se polir les ongles. A la moindre querelle de services, le voilà qui ressaute sur son dada… Drago, il va falloir que ton père consulte. Un pareil rabâchage, c'est signe de sénilité précoce.
Drago devint rouge de fureur.
- Et puis, ajouta Harry non sans plaisir, c'est drôle que ton père ne parle pas de l'esclandre qu'il a créé chez Fleury et Bott en attaquant une élève d'origine moldue et deux parents moldus qui accompagnaient leur fille. Quand on voit ce type de comportement, on se dit que la protection des Moldus est plus que jamais à l'ordre du jour…
Crabbe – hem, hem ! – émit un grognement.
- Qu'est-ce que tu as ? aboya Drago.
- Mal à l'estomac…
- Alors va à l'infirmerie et donne un coup de pied à ces Sang-de-bourbe de ma part. Ça m'étonne que le journal n'en ait pas encore parlé. Sans doute que Dumbledore fait tout pour étouffer l'affaire. Il va se faire renvoyer, s'il continue comme ça.
- Lucius adorerait devenir directeur, susurra Marcus à l'oreille de Harry. Même par personne interposée.
- Sa nomination a été la pire chose qui soit jamais arrivé à cette école, poursuivit Drago. Dumbledore aime les Moldus. Un directeur digne de ce nom n'aurait jamais admis ce rogaton de Colin Crivey. Je regrette vraiment de ne pas avoir été envoyé à Durmstrang. Cette école a une autre réputation !
- Laquelle ? interrogea Harry à voix basse.
- De pratiquer la magie noire. Mais de toute façon, eux aussi ont des enfants de Moldus dans leurs classes. Pas idiots au point de se priver d'une telle force. Sans ces élèves, Poudlard serait saigné à blanc, grogna Théodore.
- Mais il y a d'autres personnes douteuses, par ici, reprit Malefoy en regardant Harry. Qui ne se conduisent pas comme de vrais sorciers et qui traînent avec des parvenues Sang-de-bourbe.
- Varie ton vocabulaire, Malefoy, ça devient lassant, ton manque d'imagination, fit Harry depuis le fond de son fauteuil.
- Si seulement je savais qui est l'héritier ! soupira Drago. Je pourrais l'aider.
- Tu dois bien avoir une idée, fit Goyle.
- Tu sais bien que non, combien de fois faudra-t-il que je te le répète ? répondit sèchement Malefoy. Et mon père ne veut rien me dire sur ce qui s'est passé la dernière fois que la chambre a été ouverte. Bon, c'était il y a cinquante ans, donc avant qu'il soit élève ici, mais il connaît toute l'histoire. Seulement, il a trop peur que j'aie des ennuis si je sais trop de chose. Tout ce dont je suis sûr, c'est qu'un Sang-de-bourbe est mort, la dernière fois. J'aimerais bien que ce soit Granger, cette fois.
Un des deux colosses parut prêt à frapper. Malefoy ne fit pas attention et expliqua que celui qui avait ouvert la Chambre cinquante ans auparavant avait sans doute été envoyé à Azkaban.
- Quoi ça ? murmura Harry.
- Prison des sorciers, répondit Théodore sur le même ton.
Malefoy méritait sa réputation de personne peu discrète, car il raconta que le ministère avait fait procéder à une perquisition chez lui. Cela ne tomba pas dans l'oreille d'un sourd et tout le monde à dix mètres à la ronde en prit bonne note. Plus encore quand il annonça fièrement que la famille disposait d'une cache sous le parquet du salon. (Ce sera évidemment répété, amplifié, déf… Non, pas besoin en fait : répéter aux jumeaux suffira…)
Les cheveux de Crabbe se mirent à rougir progressivement, tandis que Goyle devenait moins trapu. Les deux garçons se sauvèrent brusquement, sous le nez d'un Drago perplexe. Théodore se frotta les mains.
- On ne sait pas qui est l'héritier, mais on a quand même appris pas mal de trucs intéressants.
Près des toilettes, Sarah se disait la même chose. En une demi-heure de fouilles dans les affaires de Granger, elle avait récupéré une dizaine de recettes de potions puissantes, des annotations sur plusieurs sortilèges de métamorphose et tout plein de potins de la part des filles de Gryffondor des années supérieures. Harry était toujours considéré comme l'héritier. Bande d'andouilles ! se dit Sarah, tout en songeant que Ginny Weasley n'était pas si disserte.
Elle entra dans les toilettes, changea de robe et s'apprêtait à partir quand elle entendit quelqu'un pleurer, qui n'était pas Mimi. Apparemment, Granger avait de gros soucis. Haussant les épaules, Sarah repartit vers les quartiers de Serpentard avec son butin.
Chemin faisant, elle croisa Ronald et Neville, qui semblaient particulièrement pressés. Mais elle ne prit pas la peine de libérer Crabbe et Goyle, dont les voix se faisaient entendre à travers la porte du placard à balais.
Ce ne fut que le lendemain matin qu'on apprit que Granger avait été admise à l'infirmerie avec d'étranges symptômes.
