Pansy se retourne surprise. Et Cho rentre dans la pièce.
Elles se fixent dans la pénombre. La Serpentard se sent confuse, perdue. Elle fait signe à la jeune fille de la rejoindre que le lit où elle est assise. L'atmosphère est tendue, électrique. Afin de la détendre, la Chinoise commence à poser quelques questions anodines. Leur conversation est lancée. Elles parlent de tout, de rien ,de leurs futures études, de leurs maisons... A la demande de la Vert et Argent, Cho lui fait un rapide résumé des événements de l'année précédente. De comment elles se comportaient à l'époque où elles sortaient ensembles. La mémoire difficilement enlevée revient petit à petit, toujours avec la même douleur... Mais Pansy la cache, ne voulant pas faire fuir la ravissante apparition, si attirante... Elle en a presque oublié sa petite amie. Elles rient ensembles, même si la Chinoise ne regarde jamais dans la yeux celle qui lui fait face. Et que cette dernière se rapproche petit à petit... La Serdaigle en arrive à parler de la deuxième déclaration. Celle où, bien que Pansy soit avec Hermione, elle avait décidé d'avouer à Cho qu'elle l'aimait toujours... Celle ci n'avait su que répondre. La conversation redevient tendue.
Pendant ce temps, toujours accompagnée du chat, Hermione lit. Sa voix résonne dans la pièce quasiment vide, claire et pourtant entrecoupée de sanglots. Ses larmes ont cessé de couler mais les mots de Baudelaire trouvent parfois un écho déchirant dans son âme. Puis elle finit par prendre la décision de pardonner. De pardonner encore une fois la douleur que Pansy lui a causé, car elle sait que si elle ne pardonne pas, il n'y a qu'une toute petite chance pour que sa petite amie fasse un pas vers elle. Alors elle enferme sa peine et monte à l'étage, dans la chambre où se trouve la Serpentard. Elle monte. Elle voit que la porte est fermée alors qu'elle l'avait laissée entrouverte. Le mauvais pressentiment revient, comme une vague. Elle toque et rentre.
Dans la pénombre légèrement bleutée, elle voit Pansy, à moins d'un mètre de Cho, sur le lit. Mais surtout elle voit son regard. Un regard sensuel envers la Chinoise, un regard qui dit je vais t'avoir et tu n'y pourras rien. Un regard de prédateur. Le mauvais pressentiment est vérifié. Le cœur pourtant déjà bien abîmé de la Gryffondor s'effrite pour ne devenir plus qu'une boule compressée de douleur et de chagrin. La haine n'y a pas encore fait son trou, comment Hermione pourrait-elle les haïr ? L'une est son amour et l'autre est son amie... Elle ressort, la porte claque. Il vaut mieux les laisser. Elle ne peut pas supporter de les voir si... Proches. Et de voir Cho aussi vulnérable, petit oiseau perdu et envoûté par le serpent.
Dans la chambre, Cho ne comprend pas ce qu'il vient de se passer. Un cœur qui se brise ne fait pas de bruit... Elle se retient cependant de regarder l'autre fille dans les yeux, redoutant peut être ce qu'elle va y trouver... Elle aperçoit Pansy écrire une missive et l'accrocher à la chouette bleutée qui la suit partout. « Je lui ai dit que je lui dirait quand c'est bon, que j'avais besoin d'explications »La Serdaigle commence à redouter le sujet qu'elles vont aborder. Elles parlent, Pansy se rapproche. Elle est à 20 cm de la Chinoise qui n'ose toujours pas la regarder dans les yeux. La Serpentard se tait. Cho sent son souffle sur son visage, son odeur qui lui rappelle tant de souvenirs... Elle se plonge dans les iris uniques de la Vert et Argent. Qui l'embrasse doucement... Presque timidement.
Elle se déconnecte de la réalité... Mais quand elle se rappelle les lèvres de Padma, le regard blessé d'Hermione elle recule, rompant le baiser. Et Pansy lui sort, tranquille, comme s'il ne s'était rien passé et pourtant en détournant le regard « Toi tu m'aimes toujours. »
Hermione est descendue. Il ne reste que quelques personnes : Lavande, Blaise, Ron et Seamus. Elle se blottit sur une chaise et écoute. Elle rit parfois. On lui propose de l'alcool elle refuse. Son esprit est déjà suffisamment embrumé... Tous finissent par monter sauf Lavande. Elles parlent un peu puis Hermione, comme ivre, allume son Ipod enlève les écouteurs et mets une chanson de dessin animé connu par Lavande. Et elle danse.
Elle danse, encore et encore, pour oublier l'étau qui broie son cœur. Pour oublier les deux filles là haut, qui ne vont certainement pas rester chastes elle le sent. Pour oublier qu'elle n'est rien... Ses pas sont précis. Ils mélangent danse classique, danse rock acrobatique et dans orientale. Tout ce qu'elle pratiquait enfant. Son souffle se fait court mais elle n'arrête pas. Elle laisse tomber une à une toutes ses barrières, tous ses masques. Elle tourne, bondit, ondule des hanches pendant que ses mains semblent dotées d'une vie propre. Lavande, déjà bien éméchée continue de boire et ne peux s'empêcher de fixer la brune qui se révèle diablement... Sensuelle. Elle se lève et la rejoint. Hermione conduit les pas, la blonde a l'impression de s'envoler et elle adore ça. Si elle faisait plus attention à sa compagne, elle verrait les yeux bruns emplis de larmes, les gestes qui tremblent parfois la poitrine qui halète... Mais elle n'y fait pas attention. La brune tourne sur elle même, tourne, tourne, comme une fillette qui joue. Elle ne s'arrête que lorsque ses jambes se dérobent sous elle. Elle tombe toute en langueur, cygne blessé, et glisse à terre où elle s'allonge et ne bouge plus. Une larme s'échappe. La sentant perler elle se relève vivement et sort sur la terrasse enneigée. Elle dans sous les étoiles, pour ne pas éclater en sanglots. Le froid s'infiltre en elle en une cruelle et purificatrice morsure. Elle lève les yeux sur le ciel noir, sur la fenêtre où, elle le sait, se trouvent son amour et son amie sur le même lit. Peut même dans le même lit... Elle secoue la tête. Non elles ne feraient pas ça.
Elle rentre. La musique chante toujours. Alors elle continue de danser et de tourner jusqu'à sentir son âme aussi trouble que si elle avait bu l'alcool proposé. Elle danse avec Lavande une chanson d'amour. Et... La bonde tente de l'embrasser. En un mouvement de pied, elle se détourne et reprend ses pas où elle en était. En apparence elle ne s'est aperçue de rien. Mais elle sait. Et est perdue.
Pansy et Cho parlent toujours. La Serdaigle prend alors la parole :
« -Pourquoi tu m'as embrassée ? Si ce n'est pour me torturer...
-Je voulais savoir.
-Savoir quoi ?
-Si... Tu m'aimais encore. Tu m'aimes ?
-... Il faut croire que les sentiments que j'éprouvai pour toi n'ont pas disparu. On n'oublie jamais quelqu'un qu'on a aimé...
-Je... Je suis perdue. J'ai mal au crâne je n'arrive plus à réfléchir... »
La Vert et Argent embrasse alors à nouveau la Chinoise. Quelques secondes. Une éternité... Vaincue la Serdaigle laisse tomber sa tête sur l'épaule de Pansy...
« -Tu as déjà eu ta réponse... »
Elle se relève tandis que l'autre répond
« -Je... Je ne sait pas . Je suis perdue, tellement perdue... J'ai... J'ai juste eu envie de le faire c'est tout. »
Padma et Hermione reviennent violemment à l'esprit de Cho, qui commence à déprimer en fixant le ciel par la fenêtre. Et c'est la Serpentard qui vient poser sa tête sur son épaule en lui murmurant qu'elle ne savait pas, qu'elle ne savait plus, qu'elle était perdue... Les deux jeunes filles ne résistent pas. Elles s'embrassent encore.
