Disclaimer: Rien de tout ceci ne m'appartient, l'univers et les personnages -sauf les miens bien sûr- appartiennent à J.K .Rowling
Chapitre XII - Défense contre les forces du bien.
It's beginning to look a lot like fuck this.
Il faisait un temps superbe, le soleil profitait de la fin de l'été et du début d'un automne très doux pour réchauffer le cœur de la France de ses derniers rayons. Aucun nuage ne pouvait être aperçu à l'horizon, seul un ciel d'un bleu brillant accompagnait les élèves de l'école de magie de BeauxBâtons pour leur cours sur les créatures magiques, qui se tenait en extérieur.
"Pourquoi il ne fait jamais beau quand on peut en profiter ?" murmura la sorcière à la chevelure d'argent en lançant un regard autour d'elle.
L'école disposait d'un immense terrain, vierge de toute structure. Seul quelques arbres plantés ci et là parsemaient cette étendue d'herbe. Elle aimait se prélasser au soleil, couchée par terre, à ne rien faire. Si on lui avait donné le choix, elle aurait passé la majeure partie de sa scolarité ici à bronzer et paresser dans un coin.
Fleur poussa un long, mais néanmoins discret, soupir en suivant le groupe de son année, un peu en retrait. Elle avait toujours eu quelques difficultés avec ce domaine en particulier, bien que leur enseignant soit un passionné particulièrement ouvert sur toutes les créatures, ce n'était pas le cas de ses camarades qui avaient une mentalité très fermée et très rétrograde. Pour eux, tout ce qui n'était pas sorcier était animal. Du fait de son héritage de veela, la jeune femme s'était vu rétrogradée dans la seconde catégorie bien vite.
Depuis, les autres élèves se contentaient de la laisser seule, tout en continuant de lui jeter régulièrement des regards dégoûtés ou affamés. Elle ne se plaignait pas de ce traitement, sa mère et sa grand-mère lui avaient expliquées que -étant de veela pures- elles avaient été contraintes de vivre dans un de leurs couvents jusqu'à leur majorité à cause de l'effet de leur allure et du comportement des sorciers. Même maintenant, si sa mère se complaisait avec son père dans quelques dîners mondains et quelques rencontres, elle passait le plus clair de son temps chez eux. Sa grand-mère ayant quant à elle retrouvée le confort et la sécurité du couvent après le décès de son mari.
Fleur avait beau être ostracisée, elle faisait tout de même partie du monde sorcier, donc elle ne se plaignait pas outre mesure de ce sort.
Mais elle n'était pas heureuse pour autant. Non seulement elle était toujours en tête de toutes leurs classe, mais en plus elle avait sur elle l'attention de toute la gente masculine de l'école. Ces deux éléments avaient suffit à retourner contre elle toutes les autres sorcières -les sorciers étant trop occupés à baver sur son passage pour lui en vouloir- et certains membre du personnel enseignant. Seules deux personnes étaient restées avec elle à travers toutes ces épreuves jusqu'à maintenant, les deux seules femmes qu'elle considérait comme de réelles amies et qui avaient su passer outre la créature magique qu'elle était.
Aurélie Deaucourt et Amélie Jean étaient deux sorcières extravagantes -si les cheveux et les yeux d'une même couleur bleue éclatante d'Aurélie étaient un indicateur- au possible, pleines de joie de vivre qui n'accordaient aucune attention à ce que tout le reste de l'école pouvait dire sur elles. Le fait qu'à elles trois elles occupait le podium des duellistes de l'école aidait à ne pas avoir à craindre autre chose que les rumeurs et les mauvaises langues, ce qui rendait tout ceci nettement plus simple quand elle y pensait.
"La terre appelle Fleur, nous aimerions vous voir revenir parmi nous avant qu'un de ces maudits lézards n'essaie encore de me dévorer." appela une voix à ses côtés, lui enfonçant un doigt dans les côtes pour la faire réagir.
La veela retint un couinement de surprise pour ne pas attirer l'attention, mais ne pu s'empêcher de sauter sous le coup et de bousculer la fille qui était de l'autre côté.
"Je ne serais pas contre le fait de te laisser en tête à tête avec une des salamandres Aurélie." grommela la sorcière blonde en poussant Fleur qui s'était écrasée sur elle.
"Je ne suis pas une balle que vous pouvez vous renvoyer." s'indigna la française à la chevelure d'argent en croisant les bras sur sa poitrine, lançant un regard menaçant à celle qui l'avait attaquée un peu plus tôt.
"Tais-toi Fleur." répondirent les deux autres filles de manière synchrone en levant les yeux au ciel, avant de la traîner à leur suite sans faire attention à son expression choquée.
La veela se contenta de soupirer avec dédain et de se laisser faire. Elle avait appris à ne pas contredire ses deux amies, soit elle arriverait à sa classe par ses propres moyens, soit elles la ferait voler jusque là-bas. Autant garder un peu de dignité et y aller par la voie commune et naturelle, en suivant les chemins et en restant correctement plantée au sol.
Ils ne fallut qu'une dizaine de minutes au groupe de sorciers pour s'éloigner de l'école d'une centaine de mètres pour faire face à la lisière d'un bois magique qui bordait les protections. Leur enseignant faisait toujours ses classes au plus proche de cet environnement dangereux, même pour une veela, car il était un passionné un rien trop enjoué par son sujet et appréciait bien plus la compagnie directes des créatures qu'ils étudiaient plutôt que leurs descriptions et représentations dans des livres.
Fleur n'avait eu qu'à attendre son troisième cours pour comprendre pourquoi peu de personnes gardaient cette classe dans leurs dernières années, quand il avait fait venir une dizaine d'acromentules adultes pour les «habituer» à leur présence, «en cas de pépin» selon lui. Pourquoi avait-elle tout de même continué de suivre cet enseignement avec les années lui échappait totalement.
"Bonjour à tous, content de vous voir à l'heure pour une fois." l'interrompit dans ses pensées une voix bourrue et dure. Un petit homme trapu se tenait devant le groupe, presque aussi haut que large, des épais gants en peau de dragon remontant jusqu'à ses coudes et un tablier de forgeron sali et abîmé fait de la même matière le recouvrait presque entièrement. "Pour ce cours on va devoir s'enfoncer dans la forêt, je vais vous présenter une espèce que peu d'entre vous devraient connaître. Pour ceux qui seront dans la délégation pour Poudlard, vous aurez l'occasion d'en croiser de nombreuses fois sur le terrain autour de l'école si vous avez de la chance. Enfin, de la chance..." termina l'homme dans un sourire amusé, avant de leur indiquer de les suivre
"Ça veut dire qu'il y a aussi des créatures étranges là-bas ?" couina Aurélie, qui était prévue dans le voyage comme ses deux amies.
"De ce que j'ai lu, la population de la Forêt Interdite -les bois magiques qui entourent leur école- est bien plus exotique que celle-ci." commenta distraitement Amélie.
"Donc plus mortelle." grogna Fleur.
"Tout dépend." répondit la blonde en haussant les épaules. "Tu prévois d'avoir un duel avec un dragon une fois arrivée ?" ricana-t-elle en suivant ses deux amies qui partaient avec le reste du groupe, clairement dépitées d'apprendre qu'elles auraient -très certainement- à suivre à nouveau ce cours dans des conditions bien pire une fois arrivé en Angleterre.
Bien vite cependant, la curiosité l'emporta pour Amélie et Aurélie qui n'avaient jamais eu l'occasion d'aller si loin dans les bois, du fait des nombreuses restrictions de l'école et de la menace qui pesait sur ceux qui y entraient -elles avaient vu de nombreuses créatures bien trop dangereuses avec les années pour prendre un quelconque risque-. Aucune de deux ne remarqua l'inquiétude grandissante chez la veela, qui semblait vouloir être partout sauf ici.
Et Fleur avait une excellente raison à cette angoisse, la dernière fois qu'elle avait mit les pieds dans une forêt, elle avait presque perdu le sauveur du monde sorcier -ce qui n'était pas un mince exploit en soit- et des dizaines de personnes avaient tenté de s'entretuer. Sur le coup, l'adrénaline et la présence du garçon avaient eu une fonction inhibitrice sur tous ses sentiments, et elle ne gardait pas un souvenir particulièrement traumatisant de cette soirée. En fait, maintenant qu'elle y pensait, elle n'avait eu que le survivant à l'esprit durant tout le temps des événements. Et c'était certainement ce fait qui avait permis à la veela de garder son sang froid tout du long.
La française à la chevelure d'argent secoua la tête pour chasser ces pensées, et continua de suivre ses amies en resserrant ses bras autour d'elle. Si elle n'était pas traumatisée par ces événements de la coupe du monde, elle n'était pas sereine du tout de se retrouver dans un lieu qui lui rappelait beaucoup trop tout ceci. D'autant plus entourée de personnes qui étaient loin de ne se préoccuper que de son bonheur et son bien-être.
Après quelques minutes de marche supplémentaire, visiblement à tourner en rond à la recherche de quelque chose, ils finirent par s'arrêter bien loin de l'orée du bois. Elle entendit leur enseignant commencer à parler en désignant l'espace vide devant lui d'un geste de bras, sans que ça ne semble surprendre personne, mais un mouvement à sa gauche attira son attention.
Entre les arbres, une dizaine de chevaux noirs comme la nuit avançaient paisiblement dans leur direction, attiré par cette intrusion dans leur territoire. Ils s'arrêtèrent à quelques mètres, et se contentèrent de fixer le groupe qui était complètement inconscient de leur présence.
Une partie du petit troupeau semblait intrigué par la veela -à cause de sa nature ou parce qu'elle était la seule à faire attention à eux-, et elle du retenir un glapissement de surprise en voyant le regard blanc et vide de l'un d'eux se poser sur elle. Fleur décrocha difficilement ses yeux des deux organes morts, pour s'intéresser au reste de son corps. La bête était un peu plus grande qu'un cheval normal, mais nettement plus petit et fin que les Abraxans qui vivaient sur le terrain de l'école. Comme les chevaux géants ailés, ils étaient tous dotés d'une paire d'aile fine et aussi sombres que le reste de leur corps, elles avaient une apparence similaire à celles des chauve-souris. Mais ce qui dérangeait le plus la veela, c'était l'apparence squelettique des créatures, dont tous les os étaient saillants sous une couche de muscles fins.
Mais bien qu'ils aient globalement une apparence peu attrayante -autant qu'un cadavre de cheval debout finalement-, elle se sentait attirée par le groupe. Et sans écouter son instinct qui lui hurlait de rester à sa place, elle s'avança vers eux doucement, une main tendue devant elle quand elle arriva à leur hauteur. Il ne fallut que quelques secondes pour que la créature la plus proche vienne poser son museau dans sa paume, lâchant un souffle chaud qui arracha, cette fois-ci, un cri de surprise à Fleur.
"Ah, on dirait bien qu'un de vous n'est pas inutile aujourd'hui." intervint la voix bourrue de son enseignant, bien qu'elle vit un immense sourire fendre son visage dur. C'était la première fois depuis qu'elle suivait ses classes qu'elle le voyait sourire, et elle devait admettre que l'émotion était parfaitement étrange sur ses traits. "Quelqu'un d'autre voit-il ce qu'il y a face à mademoiselle Delacour ?"
Fleur haussa un sourcil surpris à la demande de l'homme. Comment quiconque pourrait rater une demie douzaine de chevaux ailés alors qu'ils étaient à moins de dix mètres d'eux ?
Pourtant elle dû revoir son point de vue quand le silence continua de s'étendre sans que personne n'intervienne. Elle se retourna vers le chevaux pour vérifier qu'elle n'était pas en pleine hallucination, mais quand une des créatures colla son crâne -ressemblant étrangement à celui d'un dragon- contre son torse, la veela n'eut aucun doute qu'elle était bien en présence d'un être vivant qui existait. Elle pouvait donc supprimer la folie de ses nouvelles capacités.
"Je vais prendre ça pour un non." soupira l'homme en secouant la tête, marmonnant quelque chose d'incompréhensible. "Quelqu'un pour m'expliquer pourquoi personne ne semble pouvoir voir ces créatures à part mademoiselle Delacour ici présente ?" demanda l'enseignant en la désignant d'un vague mouvement de main.
"Parce que nous on est normaux ?" répondit une voix moqueuse dans le fond du groupe, déclenchant plusieurs ricanements.
Fleur baissa les yeux vers ses chaussures en entendant le commentaires. Elle détestait plus que tout ce genre de remarques.
"Tu vas la boucler Travis ou je te fais récurer les écuries jusqu'à ton départ en Angleterre." menaça l'homme, faisant taire l'élève sur le coup. "Aucun d'entre vous n'est capable de me fournir une explication bande d'incapables ? Mademoiselle Delacour ?" grogna-t-il en la regardant, plus amusé qu'autre chose par cette situation. Pourtant elle pu voir, brièvement, une émotion surprenante dans ses yeux. De la tristesse.
Pourquoi son enseignant habituellement plus dur que tous les autres ferait soudainement preuve d'une once d'humanité, surtout envers elle qu'il voyait bien souvent plus comme un spécimen à étudier qu'autre chose. La réponse à la question lui vint aussi simplement que l'explication de cette tristesse qu'elle avait vu.
"Des sombrals..." murmura-t-elle en plongeant son regard azuré dans celui blanchâtre et vitreux de l'animal. Voilà pourquoi elle pouvait les voir, personne d'autre dans cette classe n'avait eu à voir la mort.
Pourtant elle non plus n'avait jamais eu à voir la mort jusqu'à maintenant. A l'instant où cette pensée effleura son esprit, le souvenir d'Harry Potter au sol en train de convulser après une explosion de magie lui revint en mémoire. Elle savait qu'il avait été très près de mourir ce soir là, elle avait dû relancer plusieurs fois ses sortilèges avant de réussir à obtenir des résultats qui indiquaient que le garçon ne les avait pas quitté. Mais il avait survécu, et personne d'autre n'était mort le soir-là. Même les sorciers que les avaient attaqués, elle et l'amie du survivant, s'en étaient sortit presque indemne malgré la colère de la veela.
Pourtant, les chevaux ailés étaient bien devant elle. Et elle savait que la magie ne pouvait pas être dupée par la simple impression d'avoir perdu quelqu'un. Elle devait être confrontée à la mort pour être capable de les voir.
"Effectivement, il s'agit d'un petit groupe de sombrals." acquiesça-t-il avec un sourire, satisfait de la réponse de la veela. "Habituellement ils ne vivent pas ici, mais je les ai vu s'installer hier. Vu la saison je pense qu'ils sont en transitions vers une colonie plus grande pour l'hiver." commença a expliquer l'enseignant, auquel elle devint totalement sourde, à nouveau perdue dans ses pensées.
Fleur revoyait sa vie entière défiler devant ses yeux à la recherche d'un événement qui pourrait expliquer sa situation actuelle, mais rien ne venait. Le seul moment qui correspondait était l'accident avec le survivant. Mais elle l'avait vu reprendre conscience malgré son état déplorable, et il était reparti au camp avec elle. Elle savait qu'il ne s'agissait que d'un accident. Rien d'autre n'était arrivé.
Ils s'étaient tous battus ce soir-là.
Ils auraient tous pu y rester.
Mais elle n'avait côtoyé que blessés et traumatisés. Elle n'avait vu, et même simplement aperçu, personne n'avait rien eu de plus grave que l'accident du survivant. Même elle malgré son statut de veela qui aurait sans aucun doute attiré sur elle bien trop d'attention, du fait de ses connaissances et de ses compétences, n'avait pas pensé un seul instant qu'elle était en danger grave, encore moins qu'elle allait mourir.
Le regard blanc de la créature face à elle se planta dans le sien, et elle cru voir une lueur d'amusement passer dans les yeux vitreux du sombral. Elle fronça les sourcils en direction de l'animal, ses pensées tournant en boucle dans son crâne sans pour autant trouver de réponses.
Harry Potter n'était pas mort ce soir-là.
N'est-ce pas ?
oOoOoOo
"Alors il parait que tu as encore réussi à te faire remarquer, l'année commence à peine et tout le monde parle déjà de toi." s'amusa une petite voix, avant de crier son indignation sous le coup qu'elle reçu.
"Tais-toi Gabrielle, et qu'est-ce que tu fais là d'ailleurs, tu ne devrais pas être en classe comme tous les autres ?" demanda Fleur en regardant sa sœur d'un air suspect. Elle n'avait pas encore reçue son héritage, mais toute l'école savait que la jeune sorcière finirait comme sa sœur et la traitait donc en conséquence. Mais la petite veela en devenir s'en moquait complètement.
"Je dirais à maman que tu me frappes encore." la menaça la petite sorcière en lui tirant la langue. "Et je n'ai pas de classe, c'est l'étude des moldus." expliqua-t-elle en haussant les épaules.
Fleur acquiesça à la raison, elle aussi n'avait jamais eu à suivre cet enseignement depuis son arrivé à l'école. Leur père, Jean Delacour, était investi tant dans la vie politique du monde sorcier autant que dans celle des moldus. De ce fait, elle en connaissait bien plus sur le monde de ces personnes dénuées de magie que la majorité des autres élèves, et pouvait ne pas assister à des classes consistant à l'éduquer là-dessus. Elle avait essayée un fois, mais la stupidité de ses camarades et leur vision rétrograde l'avaient convaincu de ne jamais retenter l'expérience.
Jusqu'à ce jour là, elle avait cru que leur vision des créatures magiques était la chose la plus horrible qui soit. Depuis qu'elle savait ce qu'ils pensaient des moldus, elle avait revu son point de vue.
"Et donc tu as considéré que c'était une bonne idée de venir te moquer de ta sœur ? Tu devrais aller travailler plutôt." indiqua la veela à la plus jeune, avec un sourire amusé. Elle appréciait grandement sa présence, c'était quelque chose de rafraîchissant dans cette école, mais elle savait aussi que les enseignants étaient très exigeants envers les premières années.
"Je suis venu pour te donner des informations utiles -d'après maman- mais si tu veux que je m'en aille..." répondit Gabrielle en laissant volontairement traîner la fin de sa phrase, tout en arborant un sourire narquois qui donnait envie à sa sœur de lui retirer à grand renfort de sortilèges.
"N'écoute pas ta sœur." sourit Aurélie à la jeune fille en s'installant à ses côtés.
"Elle fait toujours la tête parce que le bourreau lui a sourit tout à l'heure." continua Amélie en s'asseyant en face des trois filles, envoyant un sourire moqueur à la veela.
"Monsieur Brood t'as sourit ?" s'exclama Gabrielle en écarquillant les yeux devant l'information. "Papa nous avait dit que dans toute sa scolarité ici il n'avait jamais vu son visage bouger d'un pouce à part pour parler."
"C'est parce que ta sœur était, pour une fois, la seule à pouvoir être utile pour sa classe." sourit Aurélie en glissant un regard interrogateur à la sorcière aux cheveux d'argent.
"Sombrals, j'étais la seule à les voir." grommela Fleur, guère heureuse d'aborder encore une fois ce sujet. Depuis leur sortie des bois elle avait subit un interrogatoire en règle par ses deux amies, auxquelles elle n'avait pas répondu, mais si Gabrielle s'y rajoutait elle ne donnait pas cher de sa patience. La petite veela en devenir était très convaincante quand il s'agissait d'obtenir des informations.
"Des sombrals..." murmura-t-elle pour elle-même en fixant sa sœur avec une touche de surprise, avant de se frapper le front avec force. "On s'en fiche !" balaya-t-elle brusquement en se frottant la tête où une marque rouge commençait à apparaître.
"Moi je trouve que c'est intéressant." commenta Aurélie en haussant un sourcil surpris devant l'agitation de la première année.
"D'autant plus que la demoiselle refuse de nous donner les raisons de ceci." compléta Amélie avec un sourire complice.
"C'est pas important, vous pourrez la torturer plus tard, maman va me tuer si elle apprends que je ne t'ai pas prévenu." grommela Gabrielle devant les manigances des deux amies de sa sœur.
"Prévenue ?" demanda Aurélie avec sa répartie habituelle, se demandant ce qui pouvait être si important si tôt dans l'année.
"Le ministère de la magie anglais a contacté notre oncle pour qu'il vienne travailler sur la première tâche du Tournoi." expliqua Gabrielle en chuchotant.
"Je croyais que c'était interdit de communiquer des informations sur le Tournoi ?" demanda Amélie en fronçant les sourcils, en cherchant où elle avait déjà entendu parler de l'oncle des deux veela.
"J'ai déjà vu leur oncle gifler un griffon parce qu'il n'arrêtait pas de le pousser, je doute que quelques grattes papiers du ministère réussissent réellement à l'effrayer." sourit Aurélie au souvenir de cette journée étrange où elle avait cru que sa vie se terminerait sous des griffes, des plumes et cinq tonnes de muscles.
"Ah Ah !" s'exclama soudainement Amélie en se redressant d'un bond. "Ernest Delacour ! Je savais que je connaissais ton oncle ! Il a travaillé avec Newton Scamander il y a plusieurs années en Roumanie ! On dit qu'il est un des meilleurs dans son domaine, malheureusement personne ne précise jamais quel est le domaine en question. Si ce n'est que ça concerne des créatures dangereuses."
Les trois autres filles lui lancèrent un regard interrogateur parfaitement similaire qui la fit rougir jusqu'à la plante des cheveux.
"Je voudrais devenir magizoologiste..." murmura la blonde en cachant son visage derrière ses cheveux, bien qu'elle soit certaine que tout le monde dans la pièce pouvait sentir la chaleur qui se dégageait de ses joues.
"Eh bien...on en apprend tous les jours." commenta Fleur en souriant avec douceur à son amie, elle ne leur avait jamais parlé de ses choix d'avenir, mais elles savaient toutes l'attirance que la blonde avait pour le monde des créatures. "Mais oui tu as raison, mon oncle a beaucoup travaillé avec Scamander quand j'étais enfant, mais il a prit sa retraite depuis presque dix ans maintenant. Je ne vois pas pourquoi ils auraient fait appel à lui en particulier, et surtout pourquoi il aurait accepté."
Sa sœur se contenta de hausser les épaules à la question de Fleur, en signe d'ignorance.
"D'après maman, il lui aurait dit que c'était parce que le ministère avait besoin de créer des zones extrêmement bien protégées." Elle ne connaissait pas son oncle comme sa sœur, du fait d'être bien plus jeune, et ne comprenait donc pas les implications de tout ceci. Mais elle savait que Fleur allait essayer de participer au Tournoi, donc elle avait besoin de toutes les informations possibles.
"Il travaillait sur quoi en Roumanie ?" demanda Aurélie en fronçant les sourcils. Elle aussi souhaitait tenter sa chance, et tout était bon à prendre à ce stade.
"Je ne sais pas vraiment, je crois qu'il était dans une réserve ou quelque chose comme ça, mais je n'ai jamais vraiment cherché." grimaça la veela. "Maman ne t'as rien d'autre ?" demanda-t-elle à la petite sorcière qui se contente de secouer la tête.
Amélie écarquilla les yeux en poussant un soupir lourd. "Si c'est en Roumanie, alors il n'y a qu'un seul type de réserve là-bas qui a besoin des services d'un magizoologiste..."
"Comment tu sais ça ?" demanda Aurélie à son amie, avant de lever les yeux au ciel en se rappelant sa confession. "Et quelles genre de créatures sympathiques gambadent dans les prairies là-bas ?"
"Gambadent ?" souleva Gabrielle en haussant un sourcil sceptique.
"Je ne suis pas sûre pour l'aspect «prairie» non plus." ajouta Fleur en hochant la tête.
"Des dragons." murmura la blonde en lançant un regard inquiet aux deux filles face à elle sans se soucier de leurs remarques, Gabrielle n'ayant pas dans l'idée de participer au Tournoi. Elle-même ferait partie de la délégation, mais elle n'avait aucune intention de s'inscrire dans cette folie, d'autant plus maintenant qu'elle savait ça.
"Ils ne vont quand même pas nous faire affronter des dragons ?" demanda Aurélie en pâlissant brutalement.
"La première tâche a souvent à voir avec des créatures mortelles." soupira Fleur en se mordant la lèvre inférieure avec inquiétude. Elle n'était pas à l'aise avec l'idée de faire face à un dragon, mais c'était une bête de feu, ils auraient pu faire pire.
"Mais...mais des dragons ! Bon sang ça serait stupide, dangereux et...et..."
"Et digne de ce Tournoi qui a été annulé à cause de la quantité de morts ?" finit la veela avec un semblant de sourire.
"Ce qui m'inquiète c'est qu'ils aient fait appel à quelqu'un d'extérieur." marmonna Amélie, attirant les regards interrogateurs des trois filles sur elle. "Normalement dans une réserve, il y a seulement des dresseurs, qui gèrent aussi tout ce qui touche aux protections et de manière générale à la gestion des dragons. Le reste du personnel est plus du bureaucrate qu'autre chose. Il me semble avoir lu à l'époque qu'ils avaient fait appel à des spécialistes parce qu'ils avaient accueilli trois Magyar à pointes, et comme il s'agit d'une espèce particulièrement violente ils avaient eu besoin de créer un espace spécial pour eux. Mais normalement les dresseurs sont parfaitement formés pour s'occuper de tout, même l'aménagement d'espaces sécurisés comme ceux-là." expliqua-t-elle, sans se départir de la mauvaise impression que lui donnait cette situation.
"Tu veux dire qu'ils auraient fait venir un de...de ces monstres ? Bon sang même Brood ne veut pas approcher ce genre de bestioles, et il serait du genre à vouloir embrasser un détraqueur." gémit Aurélie en voyant ses espoirs de participer à la compétition s'envoler. Elle aimait les défis, mais elle savait tracer une ligne entre ce qui était possible et ce qui relevait de la folie.
"Je ne sais pas..." soupira la blonde. "A l'époque l'aide avait demandé parce qu'il s'agissait d'un mâle et de deux femelles, et les harems de Magyar sont réputés pour la destruction qu'ils apportent sur leur territoire. Ils n'auraient aucun intérêt à emporter les trois spécimens, ça serait inutilement compliqué et dangereux. Et bien plus pour eux que pour les participants en l'occurrence."
"Tu crois qu'ils auraient quand même pu le faire ?"
"Je ne sais pas, ce n'est même pas sûr qu'il s'agisse de dragon. Mon oncle a travaillé avec pas mal de créatures magiques." soupira Fleur en se massant les tempes.
"Le véritable problème, c'est qu'il y a eu des rumeurs sur une réserve spéciale ouverte il y a quelques années à cause de Scamander." reprit Amélie après quelques secondes de silence.
"A cause de lui ?"
"Eh bien, il est connu pour avoir rencontré pas mal de créatures dangereuses, après tout c'est lui qui a écrit Les Animaux Fantastiques; et où les trouver. Je sais aussi, par exemple, qu'il a essayé de trouver un moyen de domestiquer une race de dragon ukrainien qui a fini par être chassée jusqu'à l'extinction du fait de son potentiel destructeur." expliqua la blonde avec un sourire rêveur à l'idée de rencontrer de telles créatures, arrachant un grognement à ses deux amies. "Une rumeur a circulé il y a longtemps, comme quoi il aurait découvert une espèce que tout le monde croyait éteinte en Égypte. Quelques semaines après on apprenait qu'il prenait sa retraite officiellement et les ministères magiques roumain et ukrainien allouaient des millions de galions au service de réserves magiques de haute sécurité, là où a été embauché ton oncle de toute évidence puisque c'est le seul de toute l'Europe de l'Est."
Aurélie et Fleur échangèrent une grimace à l'idée d'affronter quelque chose qui serait possiblement pire qu'un dragon.
"Et tu ne sais pas quelle créature ça serait ?" demanda la fille aux cheveux bleus avec une petite voix.
"Non, certains parlent de basilic, d'autres d'une authentique chimère de Lycie. Plusieurs autres créatures reviennent, mais moins souvent que ces deux là. Mais il parait que des basilics existent encore à l'état sauvage dans le nord de la Russie, là où personne ne s'aventure jamais, donc je doute qu'il s'agisse de ça." répondit Amélie en frissonnant à la mention du roi des serpents. Elle avait beaucoup lu à son sujet, elle détestait les serpents mais du fait de sa passion elle savait qu'elle serait amenée à en voir. Donc elle s'était renseignée. Quand elle avait appris qu'il existait -probablement- encore de ces spécimens dans le cercle polaire, elle s'était juré sur tout ce qui comptait pour elle de ne jamais aller là-bas. "Certains parlaient aussi du Béhémoth..."
"Le quoi ?" demanda Aurélie en fronçant les sourcils à la mention de la créature. Elle n'avait pas les connaissances de son amie, indéniablement, mais elle avait quand même suivi la même classe qu'elle depuis leur première année.
"Le Béhémoth est une créature biblique -un livre de religion moldu-, personne ne sait vraiment à quoi il ressemble. Tout ce qui est dit à son propos c'est qu'il s'agit d'un animal titanesque qui serait apparu en même temps que les léviathans, mais il n'y aurait qu'un seul représentant de cette espèce. D'aucuns disent qu'il ressemblerait à un immense taureau, un hippopotame ou encore un rhinocéros." expliqua Gabrielle. "Catéchisme." répondit-elle aux regards interrogateur en haussant les épaules. "Tout ce qu'on sait pour notre part sur cette créature, c'est qu'il est l'unique représentant de son espèce. Les seuls témoignages qu'on a ont été retrouvés par des pilleurs de tombe au milieu du siècle dernier, et sur les parchemins ils en parlaient comme d'une divinité destructrice qu'ils n'avaient vu que deux fois à l'oeuvre. Pour le reste...ce n'est que de spéculations."
"Et pour...pour la chimère ? Tu crois que c'est possible ?" questionna Fleur, bien plus pâle que ses deux amis, ses yeux bleus n'exprimant que de la terreur à l'idée de faire face un jour à une telle créature. Même la simple pensée qu'il existe de ces monstre la glaçait jusqu'au sang. Les veelas étaient des créatures du feu, et dans l'ordre naturel des choses elles faisaient partie de ce qu'il y avait de plus dangereux dans cet arbre. Mais une chimère, d'autant plus une de leur lieu originel de naissance -la Lycie-, était d'une tout autre catégorie.
"J'en sais rien." soupira Amélie en secouant la tête. "Au cours des deux derniers millénaires il y a eu plein de témoignages à propos des chimères, mais rien n'a pu être vérifié. Tout le monde pensait qu'elles avaient complètement disparu. Et puis ce n'est qu'une rumeur Fleur, c'est probablement faux. Même l'existence de chimère en Lycie n'est que spéculation sur d'anciens textes retrouvés là-bas..."
"Oh mais elles ont bel et bien existées..." murmura la veela pour elle-même. Il s'agissait d'un des secrets les mieux gardés de celles de sa race, mais les chimères de Lycie étaient -malheureusement- loin d'être un mythe. Il s'agissait d'un prédateur naturel, apex des créatures de flammes, créé par la nature et fortifiées par les sorciers pour lutter contre les veelas.
"Je sais pas ce que je préférerais entre des dragons, des basilics ou une chimère à ce stade..." grommela Aurélie en secouant la tête.
"Tu oublies le Béhémoth, imagine un taureau gigantesque." rappela gaiement Gabrielle, avec un sourire innocent.
Fleur frappa l'arrière du crâne de sa sœur dans un grognement, arrachant un cri indigné à la jeune fille qui tenta de la chatouiller en vengeance. Des éclats de rires résonnaient à travers la salle maintenant vide, le comportement des deux Delacour réussissant à détendre un peu l'atmosphère suite à ces révélations.
oOoOoOo
"Potter !"
"Greengrass ?" répliqua Harry, amusé.
"Tu m'expliques pourquoi je suis ici à te surveiller alors qu'il ne s'est même pas passé un mois de cours encore ?" demanda la jeune fille en croisant les bras sur sa poitrine, un air sévère plaqué sur le visage digne de la directrice de Gryffondor.
"Tu ne me surveilles pas." précisa le survivant.
"Oh si monsieur Potter, mademoiselle Greengrass est ici pour vous surveiller. J'aimerais ne pas vous voir disparaître d'ici avant ce soir et, même si j'apprécie beaucoup votre présence et les efforts que vous faites pour me tenir compagnie aussi souvent que possible, j'ai d'autres choses à faire aujourd'hui." déclara Pomfresh en revenant vers le lit dans lequel il était étendu. "Et ne pensez même pas à tenter une quelconque fuite malgré la présence de votre gardienne temporaire, sinon je vous donne une potion de sommeil-sans-rêve pour être tranquille." le menaça-t-elle en secouant un flacon devant lui avant de le reposer sur le plateau au bout du lit, où une dizaine d'autres -de couleurs diverses- attendaient déjà.
"Et si je vous dit que je ne vais pas bouger d'ici, vous pouvez me débarrasser d'elle ?" demanda inutilement le survivant en désignant la Serpentard d'un mouvement du pouce.
"Potter." le menaça Daphné de sa baguette, qui brillait d'une lumière inquiétante.
"Mademoiselle Greengrass, même si j'ai admis apprécier la présence de ce jeune homme, je préfère quand il est hors de cette pièce." la sermonna gentiment la matrone en secouant son index en direction de l'engin mortel que le survivant fixait avec une terreur certaine.
"Tu ne perds rien pour attendre." grommela la jeune fille en rangeant sa baguette dans sa poche.
"Tu es effrayante." constata simplement Harry en haussant les sourcils.
"Je suis une horrible Serpentard tu te souviens ?" répondit-elle avec un sourire moqueur, observant avec attention l'infirmière finir les soins qu'elle apportait au garçon. "Bon, tu vas me répondre maintenant ? Qu'est-ce que tu fais là ?"
"Monsieur Potter semble affecté par une sorte d'épuisement magique que je n'ai encore jamais vu auparavant." répondit la soignante en fronçant les sourcils. "Habituellement ce genre de situation est caractérisée par un noyau magique presque vidé, où la magie revient progressivement. Il est assez simple d'appliquer ce diagnostic car il n'existe rien d'autre avec des effets similaires sur la magie."
"Mais c'est autre chose ?"
"En partie. Il s'agit bien d'un épuisement magique, le noyau de monsieur Potter ici présent est quasiment vide, ce qui est très dangereux pour la santé si vous n'avez pas dans l'idée de mourir rapidement." l'infirmière lui lança un regard menaçant, mais Harry se contenta de hausser les épaules. De toute manière il venait toujours ici aux portes de la mort presque, donc qu'il s'y mette volontairement ou qu'il attende l'aide de quelqu'un ne changeait pas grand chose. "Le problème c'est que l'énergie qui rempli à nouveau son noyau semble provenir de lui-même."
"Et c'est un problème parce que ..." demanda le survivant qui ne comprenait pas les implications de ce qui était dit. Un rapide regard en direction de Daphné lui indiqua qu'elle semblait aussi perdue que lui. Ça avait au moins le mérite de le rassurer un peu, il n'était pas si ignorant que ça.
"Le corps humain ne contient qu'une quantité donnée de magie, elle ne peut pas se renouveler au contraire de la magie qui circule à travers le noyau magique des sorciers. Même les moldus ont une certaine part de magie dans leur corps, mais ils n'ont pas de noyau, c'est lui qui fait transiter la magie extérieure, la magie ambiante, à travers le sorcier et lui permet de faire de la magie." expliqua l'infirmière à la surprise des deux plus jeunes, essayant de simplifier au possible la théorie qu'elle avait apprise durant sa formation. "Normalement, lors d'un cas d'épuisement magique le noyau se remplit lentement grâce à la magie ambiante qui le traverse. Plutôt que de l'allouer au sorcier, il recommence à la stocker. C'est pour cela que, en temps normal, il est impossible de faire de la magie pendant les quelques jours qui suivent l'incident."
"Mais...si sa magie provient de son corps alors c'est..." commença Daphné en écarquillant les yeux sous le choc de l'information. Le survivant, lui, écoutait la conversation avec intérêt -pour les nouvelles connaissances qu'il acquérait sur la magie- mais avec une nette part d'ennui aussi. Il se savait condamné sur ce point, et il avait abandonné depuis le début de l'année de pouvoir finir celle-ci en étant toujours considéré comme un sorcier. Cela étant, le fait qu'ils puisent tous dans la magie ambiante l'intéressait énormément. Peut-être pourrait-il trouver une alternative si son noyau magique persistait d'une manière ou d'une autre.
"Dramatique sur le long terme." conclut gravement Poppy en hochant la tête en direction de la Serpentard. "Personne ne sait vraiment ce qui peut arriver à un corps privé de sa magie naturelle, c'est une première dans l'histoire, mais je doute que le noyau magique survive à l'expérience."
Harry grimaça en sentant les ongles de Daphné s'enfoncer profondément dans sa main sous le sursaut de terreur à l'idée de ce qui pouvait lui arriver. Un sentiment de chaleur bienheureuse se répandit dans son torse à l'idée que quelqu'un soit autant concerné par sa santé, et lui dut faire tous les efforts possibles pour empêcher un sourire idiot de fleurir sur ses lèvres.
Il aurait aimé pouvoir rassurer la Serpentard, lui expliquer qu'il n'avait pas la moindre idée de comment les choses allaient se dérouler mais qu'il allait perdre sa magie dans tous les cas, que depuis son passage chez elle et dans les bois autour de la propriété il était destiné à abandonner son statut de sorcier. Il aurait aimé lui dire qu'il était habitué aux caprices du destin, et qu'il pourrait y faire face, peu importe ce qui allait arriver. Il n'avait aucun doute sur le fait que le processus qui allait conduire à la perte de sa magie allait être particulièrement désagréable -bien que l'infirmière n'ait rien dit il l'a connaissait suffisamment pour comprendre le sens de son expression sombre quand elle avait expliquée ce qui pouvait arriver-, mais il aurait voulu expliquer à la jeune fille à la chevelure d'ébène si similaire à la sienne qu'il arriverait à faire avec, comme pour tout jusqu'à maintenant.
Il ne tenait pas à mourir dans l'immédiat, tout du moins pas de manière définitive cette fois, alors il ferait avec ces épreuves à venir. D'autant plus que, plus il en apprenait sur sa condition et sur les mythes autour -ce qui n'était pas grand chose jusqu'à maintenant-, plus il avait l'impression que quelque chose d'énorme était caché sous tout ça.
Mais il ne pouvait rien lui dire de tout ça. Pas encore. Pas pour l'instant. Il devait garder pour lui le destin funeste de sa condition magique. Il ne pourrait pas tout lui expliquer d'un coup, et il commençait à suffisamment la connaître pour savoir qu'elle remuerait ciel et terre pour trouver une solution à ce problème.
Mais, est-ce que l'inquiétude constante pour sa santé n'était-elle pas pire que la connaissance de l'aspect irrémédiable de ceci ?
"Une première dans l'histoire, c'était spécialement fait pour moi ça." soupira le garçon avec un sourire las, sous le regard interrogateur et interloqué des deux femmes. "Quoi ? J'ai bien combattu un basilic à l'épée, été mordu et guéris, le tout en moins de deux heures. Et à douze ans. Probablement une première. Comme le fait de survivre au sortilège de mort. Je commence à me dire qu'une puissance supérieure m'utilise pour faire des expériences techniques sur le corps humain et la magie." expliqua-t-il, en haussant les épaules avec fatalisme.
"Espèce de...de..." marmonna Daphné en hésitant à le frapper, les yeux embués de larmes.
"Stupide Gryffondor ?" tenta-t-il avec un sourire moqueur, notant du coin de l'oeil le départ de l'infirmière.
"Est-ce que tu peux seulement arrêter d'être stupide pendant une seconde ? Je...je..." s'énerva l'héritière Greengrass, des larmes commençant à couler le long de ses joues.
Harry sentit son cœur s'effondrer dans sa poitrine à la vue de la jeune fille, habituellement maître de ses émotions, totalement ouverte au désespoir et à la panique de la situation. Il s'évada de son lit -et il lui avait fallu cinq secondes sans Poppy pour en arriver là- et l'enferma dans une embrassade chaude et familière. Il la serra contre lui, aussi fort que possible sans lui faire mal, et la laissa pleurer sa peine un moment, lui chuchotant le peu de mots de réconfort qui lui venaient. Personne n'avait jamais fait ça pour lui jusqu'à maintenant, alors il improvisait en majeure partie. Mais s'il en jugeait par le rythme paisible qui revenait dans la respiration de sa sœur, il faisait un bon travail.
Même si les conditions étaient déplorables, il trouvait bon d'avoir une famille.
"Je crois que tu es condamnée à avoir quelqu'un de stupide dans tes proches." sourit Harry une fois qu'il fut sûr qu'elle était à nouveau capable de lui répondre sans fondre en larmes.
"Je crois que je vais te tuer." grommela Daphné sans bouger de contre lui, ses bras ramenés contre sa poitrine et son visage posé sur le torse du survivant.
"Laisse donc ça aux Seigneurs des Ténèbres, ils se battent pour m'avoir, tu fais pas le poids."
"Tu fais moins le malin quand je t'ai au bout de ma baguette Potter." grogna la Serpentard, souriant aux souvenirs du regard émeraude terrorisé qu'elle recevait à chaque fois.
"Certes, mais c'est simplement parce que tu es folle. Et un maudit serpent. J'ai de quoi être effrayé il faut admettre." soupira Harry.
"En effet, et tu ferais mieux de t'en rappeler la prochaine fois que tu fais l'imbécile comme ça." s'exclama la fille aux yeux d'azur en se décollant de lui et en lui enfonçant un index accusateur dans le torse. "Maintenant tu vas m'expliquer pourquoi tu es dans un état d'épuisement magique qui pourrait te coûter la vie !" lui ordonna-t-elle en ravalant ses larmes sur la fin de la phrase.
"Ma magie, pas ma vie." la corrigea-t-il instinctivement. Sa vie, il y tenait quand même un peu.
"Et tu es un sorcier, tu crois qu'il va se passer quoi si ton noyau magique vient à lâcher ? On ne peut pas devenir cracmol Potter, c'est seulement à la naissance que ça arrive. Un sorcier adulte...tu as entendu madame Pomfresh..." grommela Daphné en se massant les tempes devant la masse de stupidité qui lui faisait face et qui lui servait d'ami et de frère.
"Excellente remarque, je n'y avait pas pensé figure toi." acquiesça le survivant. Et effectivement, il n'avait pas pensé à la possibilité de son corps ne supportant pas le changement. La Tarasque lui avait indiqué que le changement viendrait avec son entrée dans le monde des Anciens, mais si jamais il épuisait totalement sa magie avant de rencontrer l'une de ces créatures, comment son corps réagirait-il ? Parce que, au rythme où il semblait se vider d'elle, il devait lui rester trois mois grand maximum pour mettre la main sur la Tarasque originelle. Et il avait quelques doutes sur le fait que ça soit aussi simple et rapide.
"Est-ce qu'il t'arrive seulement de penser Potter ?" soupira-t-elle en lui lançant un regard furieux. "Pourquoi est-ce que la perspective de ta mort semble tellement te...te désintéresser bon sang ?"
"Je suis confronté à la «perspective de ma mort» tous les ans, et au moins deux ou trois fois durant chaque année. Le seul sport que je pratique pourrait me tuer à la première erreur. Mon professeur de potion menace de me faire boire ce que je fais en cours une fois sur deux, et ça serait une mort bien moins agréable que la perte de ma magie vu ce qui arrive à mes chaudrons de temps à autre." tenta d'expliquer le garçon pour calmer la Serpentard avant qu'elle ne décide de résoudre le problème elle-même. Il n'avait jamais réussi à faire comprendre aux autres qu'après tout ce qui lui arrivait, l'idée d'avoir encore quelque chose qui voulait le tuer ne l'affolait pas plus que ça. Il s'était fait à sa situation d'une certaine manière. Évidemment il était toujours terrifié lorsque les choses arrivaient, mais il avait appris à relativiser en attendant. "En fait quand j'y pense, je trouve que tout le monde manque de tact vis-à-vis de ce sujet. Le traumatisme psychologique ils doivent pas connaître."
"Je vais t'en faire voir des traumatismes moi..." le menaça la jeune fille en plissant les yeux à ses explications.
"Monsieur Potter, je vous ai laissé moins de deux minutes et vous êtes déjà en dehors de votre lit." nota avec amusement l'infirmière en revenant vers eux. "Je pense que je vais finir par être obligée de vous y attacher."
Harry se retourna avec un sourire amusé, une réplique sarcastique sur le bout des lèvres, quand il vit qui accompagnait la matrone. Toute émotion un tant soit peu positive s'effaça brusquement de son visage.
"Professeur." salua-t-il d'un mouvement de tête aussi respectueux que possible le directeur qui se tenait au bout de son lit. Il s'était attendu à devoir avoir une discussion avec lui à un moment donné, mais il aurait préféré être dans de meilleurs dispositions. L'absence du pétillement habituel dans son regard présageait un mauvais moment.
"Monsieur Potter." le salua en retour le vieil homme avec un fin sourire, avant de tourner son attention vers la Serpentard. "Je pense pouvoir veiller à ce que votre ami ne bouge pas de son lit mademoiselle Greengrass."
Harry tiqua à la mention du mot ami, mais ne laissa rien transparaître. Il hocha la tête en direction de la jeune fille, qui ne semblait pas du tout d'avis à quitter la pièce et à les laisser ensemble. Elle ne savait pas ce qui s'était passé entre les deux sorciers, mais son père avait fait nombre d'efforts pour qu'une rencontre entre eux ne se produisent pas avant leur rentrée en septembre, ce qui n'avait fait qu'éveiller ses soupçons mais ni son père ni le survivant n'avaient voulu lui expliquer la raison de ces mesures.
A contrecœur elle se leva de sa chaise, non sans lancer un dernier regard au garçon lui promettant mille et une souffrance si jamais il lui arrivait encore quelque chose, et les laissa seuls dans l'infirmerie -Poppy étant déjà retournée dans son bureau-.
"Harry, je ne m'attendais pas à te revoir en ces lieux de sitôt." soupira Dumbledore en s'asseyant sur la chaise vide.
Le garçon se contenta de hausser un sourcil surpris à la soudaine proximité et familiarité du directeur. Il s'était attendu à une colère froide, voire même des menaces. Bien sûr il savait que son point de vue envers le vieil homme était particulièrement biaisé, mais il n'avait pas dans l'idée de remédier à ce problème sur l'instant.
"Moi non plus monsieur." se contenta-t-il de répondre, décidant de tenter l'honnêteté.
Le vieux sorcier le fixa un long moment, avec ce qui ressemblait à s'y méprendre à de l'indécision dans le regard, avant de reprendre avec le même calme qu'auparavant.
"Puis-je m'enquérir sur la raison qui t'a poussé à cet épuisement magique ? Poppy n'est guère enclin à partager des informations sur son patient le plus fréquent et je ne tiens pas à faire pression sur elle pour en obtenir. Mais je ne peux pas non plus laisser cette situation sans en savoir plus." expliqua-t-il en plaçant ce qu'Harry supposait être un sortilège de silence autour d'eux.
Le survivant retint difficilement une grimace.
"Je me suis entraîné, je n'ai pas senti ma magie partir." répondit simplement le Gryffondor au plus près de la vérité, se contentant simplement d'omettre les quelques éléments essentiels à la bonne compréhension de ses dires.
"J'ai entendu parler des méthodes d'Alastor dans ses cours, plus particulièrement de celui qu'il faisait aux quatrième années, j'ose espérer que ce n'est pas la crainte de ce à quoi il vous a exposé qui t'a poussé à de tels...recours" demanda Dumbledore en fronçant légèrement les sourcils, son regard se faisant plus lourd.
Un sourire moqueur effleura les lèvres du garçon en comprenant les implications de ce que venait de lui dire le directeur.
"Vous comptez me faire croire que vous n'auriez pas été au courant, d'une manière ou d'une autre, si des élèves se lançaient des impardonnables ?" demanda-t-il, une expression plaquée sur le visage montrant clairement ses doutes sur le sujet.
"Je ne pensais pas spécifiquement à cet exercice, j'ai cru comprendre que tu n'avais pas à craindre quoi que ce soit." répondit-t-il en fronçant les sourcils au souvenir des techniques d'enseignement de son vieil ami. Mais il lui avait promis de le laisser faire ce qu'il pensait nécessaire. De plus, savoir que le survivant était -pour l'instant partiellement- immunisé à l'imperium avait quelque chose de rassurant.
"L'histoire a montré que ces sortilèges ne sont pas particulièrement efficaces contre moi." conclut simplement Harry en haussant les épaules. Il ne lui manquait que le sortilège de torture pour parfaire sa collection, mais il n'était pas très pressé de l'essayer. Pour les deux autres, il était capable de se débarrasser de l'imperium presque à chaque fois depuis son premier cours avec Maugrey, et pour le sortilège mort il avait déjà plus d'expérience que n'importe qui d'autre. "Pour autant, j'aimerai ne plus avoir à y être confronté. Mais j'ai cru comprendre que monsieur Maugrey était très déterminé à aborder le sujet des mangemorts et de leurs méthodes cette année."
"Un souhait des plus raisonnable." répondit simplement le directeur en hochant la tête, son sourire gâché par un mince froncement de sourcils à la réponse du garçon. "Je pense ne pas avoir besoin de te demander de faire plus attention à toi à l'avenir."
L'entraînement qui avait amené le garçon à l'infirmerie n'était plus qu'un moindre souci à ses yeux. Il n'avait sentit aucun dérangement dans les nombreux sorts qui surveillaient le château, ce qui signifiait que, quoi qu'il ait bien pu faire pour s'épuiser autant, ça n'avait pas dépassé le niveau de ce que des septièmes années étaient capable de réaliser. Pas qu'il ait eut une quelconque crainte à ce niveau, le survivant semblait même bien plus faible maintenant qu'à son départ quelques mois plus tôt, mais il préférait vérifier toutes les possibilités.
De plus, il n'avait pas envie de savoir que le garçon se mettait volontairement en danger à cause des enseignements de l'ancien auror. Son cas d'épuisement était déjà bien assez inquiétant à ses yeux sans qu'il n'ait à rajouter celui des sortilèges mortel que pourrait s'entraîner à lancer le Gryffondor.
"Non en effet professeur, et je pense que ni Poppy ni Daphné seraient très heureuses à l'idée de me revoir ici pour cette même raison." répondit-t-il avec une légère grimace, imaginant sans peine la quantité de sortilèges douloureux qu'il recevrait de la part de la Serpentard. "Et je ne suis pas très adepte de l'idée d'être vidé de ma magie au point de ne même plus pouvoir bouger sans que tous mes muscles aient l'impression de brûler."
Il ne pensait pas pouvoir échapper aux futurs entraînements de Maugrey, mais au moins maintenant il savait quand s'arrêter.
"Potter !"
"Professeur ?" répondit le garçon dans un grognement en se relevant, massant ses côtes endolories par le sortilèges cuisant que venait de lui envoyer l'ancien auror.
"Qu'est-ce que tu faisais par terre ?" aboya l'homme, arrachant un soupir d'exaspération à son élève.
"Je faisais une sieste tiens."
Un glapissement de surprise fut la seule réponse alors que le survivant recevait un nouveau sort dans l'estomac, lui donnant l'impression d'avoir été frappé par un cognard.
"Pourquoi je dois subir ça déjà ?" grommela le garçon, à genou le front contre le sol, se maintenant le ventre pour apaiser la douleur.
Maugrey avait décidé de l'entraîner, et avait commencé sans prendre la peine de le prévenir. Alors qu'ils échangeaient encore sur sa famille, un l'avait frôlé pour aller s'écraser dans une chaise derrière lui. Depuis il sautait dans tous les sens pour ne pas finir encastré dans un des murs.
"Parce que ça t'apprendras à bouger plus vite !" expliqua vaguement le tortionnaire du garçon en croisant les bras sur sa poitrine, un air amusé plaqué sur son visage bourru.
"Je suis presque sûr que des entraînements physiques seraient plus sain, plus efficace et sans aucun doute plus douloureux." tenta Harry en s'appuyant sur un bureau pour reprendre son souffle.
"Aye gamin, mais tu dois développer tes réflexes."
"Pourquoi ? Enfin, je comprends que c'est utile, mais pourquoi commencer par ça ?" compléta-t-il devant le regard las de son enseignant.
"Parce que tu n'es pas vraiment du genre puissant Potter. Oh bien sûr j'ai entendu parler de tes prouesses des années précédentes, par Albus et Minerva, et certaines d'entre elles nécessitaient sans aucun doute une certaine puissance. Mais ce n'est pas quelque chose sur lequel tu peux te reposer gamin."
Harry soupira mais ne put qu'acquiescer aux dires de son bourreau. Il fut un temps où il était très certainement au dessus de la moyenne des élèves de son année en terme de puissance magique brute, mais il savait qu'elle avait commencée à diminuer drastiquement et que, un jour où l'autre, il se retrouverait dans une situation où il en serait dénué.
Et travailler sa vitesse et ses réflexes était une bonne idée, non seulement par rapport à cette situation, mais surtout quant au sang de la jeune Tarasque qu'il avait absorbé. Il avait rapidement compris que tout semblait ralentir de moitié quand il avait une montée d'adrénaline, et que c'était le sang de la créature qui avait amené à ça. Il n'avait pas su trouver grand chose sur ces immenses grenouilles préhistoriques, mais de ce qu'il avait appris elles étaient un mal terrible pour deux raison. Leur apparente immortalité et leur vitesse hors du commun.
Pour un animal de l'envergure d'une maison, on aurait pu les penser lentes, mais loin s'en faut.
Ainsi, travailler sur sa vitesse et ses réflexes lui permettrait, peut-être, d'appréhender mieux cette possible capacité. Il savait qu'il allait en avoir besoin sur le long terme s'il devait un jour se confronter au premier Ancien qui l'attendait.
"Ça fait sens." soupira-t-il à contrecœur.
"Bien sûr gamin !" s'esclaffa l'auror. "Maintenant fini de bailler et on reprend !" grogna-t-il avec un amusement malsain en lui lançant un sortilège au niveau des cuisses.
Dumbledore hocha la tête avec un léger pétillement à la remarque du garçon, bien heureux de le voir partager son avis sur la question. Le silence s'étira quelques secondes de plus avant qu'il ne reprenne la parole.
"Je dois t'avouer que je ne pensais pas que tu serais capable de passer si vite au delà de la vision que tu avais de la maison de ton...amie." sourit le vieil homme en hochant la tête, un air content étrangement sincère sur le visage.
"Vous avez passé trois années à m'expliquer que je devais être ouvert, même envers eux. Ça m'aura simplement prit longtemps à réaliser." répondit le survivant avec un sourire clairement moqueur. Il était surpris que le directeur n'essaie pas de discréditer la jeune fille ou encore son choix concernant tout ceci, surtout après la débâcle qu'avait été la lecture des testaments et son choix au moment là. Cependant il ne croyait pas pour autant que Dumbledore avait brutalement changé son point de vue sur lui et toute cette situation. Pas après ce qu'il avait découvert sur l'homme.
"Et je suis ravi de voir que tu as su prendre ceci en considération." acquiesça-t-il, son air de grand-père bienveillant de retour sur ses traits. "Cela étant, je dois émettre une réserve quant à la reproduction de ton comportement de cet été."
"J'ai décidé d'essayer de ne plus frapper Ron, si tant est qu'il arrête de fomenter des complots à mon propos." répondit immédiatement le garçon en levant les yeux au ciel au souvenir du nombre de fois, en quelques jours, où Maugrey et Poppy avaient été sollicité par ses deux amis pour des prétextes toujours aussi improbables -l'imperium et la potion d'amour restant leur explication favorite selon lui-. "Concernant la coupe du monde de Quidditch, je ne sais pas ce que vous avez lu, mais je suis innocent."
"Je pensais plutôt à l'endroit où tu vas résider Harry. Tu dois comprendre que les protections autour de chez ta tante sont les seules, en dehors de celles de Poudlard, qui peuvent te protéger quand tu n'es pas ici." lui expliqua calmement, mais fermement, le vieil homme.
"Vous voulez dire que, concernant toutes les personnes qui me veulent du mal, je suis autant à l'abri chez les Dursley qu'ici ?" demanda le survivant en écarquillant les yeux de surprise.
"En effet." acquiesça-t-il en fronçant légèrement les sourcils au ton du garçon.
"Alors dans les cas là il n'y a aucune chance que je remette les pieds là-bas. Je serais plus en sécurité sur le chemin de Traverse avec une pancarte dans le dos avec mon nom dessus..." grommela Harry en levant les yeux au ciel devant l'inconscience du sorcier face à lui. L'école était une vraie passoire, et entre les élèves comme Malefoy et les professeurs qui lui en voulaient constamment, il ne pouvait pas réellement considérer l'endroit comme sûr pour lui. Alors si la maison de sa tante était du même niveau, il commençait à se demander comment il avait pu survivre si longtemps. L'événement avec le mangemort quelques mois plus tôt lui revint brusquement en mémoire. "Attendez...si je suis censé être protégé, comment est-ce que j'ai pu me faire attaquer cet été ? Des sortilèges ont été lancé dans ma chambre et l'intrus était dans le jardin, donc dans les protection techniquement."
"Ah, je crains qu'il ne s'agisse d'une limitation que je n'avais pas prise en compte avant. Je ne pensais pas que quelqu'un portant la marque de Tom tenterait de s'en prendre à toi." soupira Dumbledore en secouant la tête avec dépit.
"Attendez...vous vous attendiez à ce que qui m'attaque si ce n'est pas des serviteurs de Voldemort ?"
"Oh, non, j'avais l'espoir que personne ne t'attaque Harry. D'autant plus chez ta tante, très peu de personnes connaissaient l'existence de la famille de Lily, à part ses amis proches.." se rattrapa-t-il un peu trop rapidement.
"Des amis comme Pettigrow." marmonna le garçon trop bas pour qu'il puisse l'entendre. Il avait de gros doutes quant au fait que personne dans le groupuscule de face-de-serpent ne connaissait l'existence de son lieu de résidence secondaire depuis la chute de leur patron.
Mais il y avait quelque chose dans le discours de Dumbledore qui contrariait le survivant. Il savait pertinemment que creuser la question n'amènerait qu'à une situation où ils tourneraient en rond jusqu'à ce que l'un d'eux décide de clore la discussion. Il ne pouvait pas compter sur lui pour obtenir des informations. Une conclusion qui attrista le garçon qui avait compté sur le vénérable sorcier depuis sa première année, il sentait comme un vide se créer alors qu'il se rendait compte qu'il était maintenant plus seul que jamais.
Pourtant il aurait souhaité comprendre quelle menace pesait sur sa vie dont il n'était pas au courant. Voldemort et les Anciens étaient déjà suffisant pour plusieurs vies, s'il pouvait éviter de rajouter un troisième élément à cette liste il n'était pas contre. Mais pourtant il savait que Dumbledore n'aurait pas négligé à ce point les protections chez lui volontairement, il avait du se concentrer sur quelque chose d'autre. Mais qu'est-ce qui pouvait être plus important aux yeux du vieux sorciers que des Mangemorts qui viendraient prendre leur revanche ?
Sauf s'il avait eu, à un moment, une raison de laisser cette faille.
"Vous m'avez fait surveiller ?" demanda Harry en fronçant les sourcils en voyant les pièces se mettre en place d'elles-même, peignant quelque chose de très dérangeant.
"Surveiller ?" répondit simplement le vieil homme, bien qu'il vit le pétillement disparaître brusque de son regard.
"Toutes ces années, vous ne m'avez pas laisser sans surveillance n'est-ce pas ? Ça aurait été inutilement risqué tout en sachant que Tom était toujours vivant. Pourquoi ne pas m'avoir mieux protégé alors si..."
Il écarquilla les yeux de stupeur et de terreur à la seule idée qui lui venait à l'esprit.
"Vous m'avez fait surveiller par un Mangemort ?" murmura-t-il, maintenant aussi blanc que les draps dans lesquels il était.
"Je ne vois pas de quoi tu parles mon garçon, je t'assure que personne n'a jamais surveillé la maison de ta tante, je pensais sincèrement que les protections seraient bien suffisantes pour te garder en sécurité." tenta-t-il de le rassurer d'un ton calme et posé.
Mais Harry n'arrivait pas à complètement adhérer aux explications qu'il recevait. Il avait appris rapidement à remettre en question tout ce que les adultes lui disaient, et cette remise en question avait rapidement laissée place à une version plus extrême avec ses première années ici. Il n'avait plus aucune confiance en ce qui pouvait lui être servit comme excuses et comme raisons à ce qui arrivait.
Et si personne ne pouvait l'aider ici, il pouvait toujours compter sur son parrain. Bientôt il reverrait Sirius, et lui saurait très certainement s'il y avait quelqu'un qui pourrait correspondre à ce qu'il craignait dans l'entourage du directeur. Au pire il avait vu l'homme sous sa forme animagus avant sa troisième année non loin de chez son oncle, il aurait probablement sentit s'il y avait eu d'autres personnes chez lui. Peut-être le fugitif pourrait-il aussi l'aider à trouver d'autres explications. Il aimerait de tout cœur n'importe quelle autre raison sur le pourquoi de cette faille monumentale dans les protections.
"Soit. Savez-vous quand je pourrais sortir professeur ? J'ai encore beaucoup de travail à finir, puisque j'ai dans l'idée de profiter de mon samedi." demanda rapidement Harry pour finir cette discussion, qui se passait relativement bien, avant qu'elle ne dégénère.
"Ah pour ça il faudra voir avec Poppy mon garçon, je n'oserais me prononcer quant à ses patients. Mais je pense que tu seras à nouveau libre pour la sortie à Pré-au-Lard, pour faire ce que tu as prévu." commenta le directeur avec son habituel pétillement amusé de retour, une légère hésitation sur la fin de sa phrase qui n'échappa pas au Gryffondor.
Harry lui renvoya simplement un sourire amusé.
Le survivant était persuadé qu'il savait ce qu'il avait de prévu pour samedi, dont sa rencontre avec Sirius.
Il allait devoir prendre plus de sécurité pour voir son parrain.
oOoOoOo
Samedi arriva bien trop vite au goût du survivant, qui -bien qu'il n'ait mis qu'une journée pour récupérer de son épuisement magique- était encore terriblement endoloris par l'expérience. D'autant plus que le psychopathe qui lui servait d'enseignant pour le cours de Défense contre les forces du mal semblait prendre un malin plaisir à les faire travailler sur les sortilèges offensifs à chaque cours.
Il en avait été partiellement exempt du fait de sa condition, mais avait eu le malheur de se retrouver avec Daphné en partenaire -à croire que Maugrey prenait un malin plaisir à voir Ron s'énerver- qui n'avait fait que peu de cas de son problème, et avait donc passé près d'une heure à l'attaquer.
"Harry." le coupa dans ses pensées une voix étouffée.
Le survivant haussa un sourcil surpris en tournant sur lui même, ne voyant personne d'autre que lui dans le couloir dans lequel il se trouvait. Un mouvement de flou attira pourtant son attention brièvement et, avant qu'il n'ait réellement compris ce qu'il faisait, il avait saisi la personne invisible par ce qui semblait être un de ses bras et l'avait plaqué contre le mur avec force.
Sa surprise fut encore grandissante quand il vit Hermione apparaître devant lui, la cape de son père glissant à leurs pieds, le visage rougit par la surprise et la douleur de l'impact.
"Hermione..." grogna-t-il comme avertissement. Il ne voulait pas que ses relations avec elle empirent encore, mais il ne comptait plus supporter leurs complots, d'autant plus si elle commençait à voler ses affaires pour ça.
"Harry attends." le supplia la sorcière en levant les mains au niveau de son visage en signe de défaite, sa baguette nulle part en vue. "On sait que quelque chose ne va pas, on t'as vu aller à l'infirmerie...mais madame Pomfresh n'a rien fait ?" finit-elle par murmurer avec sidération.
"Elle a fait ce qu'elle devait, c'est à dire résoudre le problème pour lequel j'étais allé là-bas." soupira le garçon, ne sachant pas quoi faire pour que ses anciens amis abandonnent leurs théories du complot à son égard. Qu'est-ce qui était si compliqué à comprendre dans son comportement pour eux ?
"Mais..mais pour..." commença la Gryffondor avant qu'une autre voix les coupe.
"Maintenant tu frappes Hermione ?" cracha Ron avec rage en sortant d'une salle juste derrière eux. "Je savais que ce serpent t'avais fait quelque chose..."
"Weasley, laisse Daphné en dehors de ça." l'averti le survivant en se tournant vers lui. "Elle n'a rien à voir avec ceci. Et concernant mon changement de comportement, ce qui semble vous obséder, laisse moi t'éclairer, une toute dernière fois." siffla-t-il en détachant avec soin les derniers mots, insufflant tout le venin dont il était capable.
"Tu es un sorcier pitoyable et bien plus fermé d'esprit que ces «mangemorts» que tu accuses les Serpentards d'être. Oh, je ne suis pas bien différent, tout du moins je l'étais jusqu'à peu. Mais je dois t'avouer qu'il s'agissait là plus du résultat du comportement de notre maison, et du tiens. Alors il te reste un choix à faire, et même si ça ne nous rapprochera pas, peut-être que cela sera suffisant pour changer mon point de vue sur toi." termina Harry, gardant un œil attentif sur la baguette du rouquin qui trépignait d'impatience et de colère, tout comme ledit sorcier qui la tenait. "Laissez moi vivre ma vie, lâchez moi, faites ce que vous vous voulez mais foutez moi la paix."
"Espèce de..." commença Ron en s'avançant vers lui, sa baguette commençant à décrire un arc de cercle.
Malheureusement pour lui, les réflexes de son adversaire -bien qu'encore endoloris par ses entraînements- étaient de loin supérieurs aux siens. C'est ainsi qu'il se retrouva fauché au niveau des chevilles, un coup sec dans le poignet lui faisant perdre sa baguette à l'instant où il chutait.
"Bien, tu as fait ton choix." grommela le survivant en se tournant vers Hermione. "Et toi ? Tu es capable d'accepter que j'ai changé ? Que ce n'est pas le résultat d'une potion ou d'un sortilège ? Je ne te parle pas de comprendre pourquoi ou comment c'est arrivé, juste de savoir si tu es capable d'accepter ce fait."
"Harry...le Harry que je connais ne ferait des choses comme ça." murmura la sorcière avec une peine visible en désignant Ron au sol, qui gémissait en se relevant difficilement.
"Alors tu ne peux pas non plus." soupira-t-il en voyant les derniers liens de leur amitié disparaître. Il ne voulait pas perdre son temps à leur expliquer des choses qu'ils ne semblaient pas en mesure de pouvoir comprendre.
"Tu préfères les serpents à tes vrais amis, tu nous attaques, nous des Gryffondor ! Comme toi ! Tu...espèce de traître ! Mage noir !" hurla Ron à son dos alors qu'il s'en allait en soupirant.
Voilà qui allait compliquer son année. Mais il ne pouvait plus supporter les manigances des deux rouges et or, il préférait de loin savoir qu'ils le prenaient pour le nouveau Voldemort plutôt que continuer de subir leurs idées actuelles. Pour autant, il n'était pas heureux de la manière dont tout ceci s'était déroulé. Il avait tenté, une ultime fois, d'apaiser les tensions entre eux.
Bientôt Godric serait à nouveau à ses côtés, et il n'aurait plus besoin de se soucier de tout cela.
oOoOoOo
Il lui avait fallu presque une heure pour réussir à se débarrasser de toutes les personnes qui semblaient prendre à cœur de ne surtout pas le laisser seul. Il avait commencé par croiser les autres membres de l'équipe de Quidditch qui avaient voulu l'emmener boire un verre avec eux, puis c'était sur Malefoy et sa bande qu'il était tombé en s'échappant, avec de revoir Ron au loin et de percuter Daphné en essayant de changer de route.
Ce n'était qu'après avoir prévenu toutes les divinités qu'il connaissait qu'il allait commencer un massacre à la prochaine interférence qu'il avait réussi à atteindre les abords de la cabane Hurlante. Jamais il n'aurait cru avoir autant de difficulté que son parrain pour qu'ils se voient, il se demandait même s'il n'avait pas eu plus d'efforts à fournir que l'ancien détenu.
Malheureusement pour lui, ses pensées furent interrompu par des éclats de voix. Et sachant qu'il devait se trouver seul en compagnie de Sirius, cela suffit pour le mettre sur ses gardes.
Sa main glissa le long de ses robes jusqu'à trouver le bout de sa baguette. Dans son état, cela ne serait pas d'une grande aide, mais il n'allait pas y aller sans sa fidèle compagne pour autant.
"C'est pas possible d'avoir une seule minute de tranquillité cette année..." murmura-t-il pour lui même dans un souffle, avançant avec prudence dans la vieille bâtisse en évitant les meubles brisés et éparpillés partout au sol.
"Je crains qu'il ne s'agisse d'un retour de chance, mon héritier."
Harry retint un cri de surprise en entendant la voix de son ancêtre résonner dans son crâne. Un sourire soulagé s'installa sur son visage à l'idée de retrouver enfin la compagnie du fondateur, en ces temps plus que troublés.
"Même si je déplore notre séparation, ainsi que les conditions qui y ont amené, ces quelques temps passés en compagnie de ton parrain auront été extrêmement enrichissants."
Le survivant haussa un sourcil face au vide, conscient que l'artefact qui contenait la conscience de l'ancien sorcier devait être à proximité. Comment Godric faisait pour savoir quelles réaction ils avaient lui échappait totalement, mais il savait qu'il était plus sage pour lui de restreindre au minimum sa communication. Si, dans le pire des cas, il y avait quelqu'un sensibles aux magies de l'esprit en compagnie de Sirius, il souhaitait passer sous le radar.
"Nous en parlerons plus tard, pour l'instant ton parrain est aux prises de deux autres sorciers. Il y en a un face à lui, grand et fortement battit, de bons réflexes, baguette pointée en direction de son torse, dos à la porte. Le deuxième semble guère concerné, couvert de cicatrices, un œil et une jambe en moins."
Il écarquilla les yeux quand l'image de Maugrey se colla sur la description. Il ne savait pas qui était la première personne, mais il n'avait aucun doute quant à son enseignant. Pourquoi il était là, alors qu'il était censé être au courant de l'innocence de son parrain ?
Il s'arrêta brusquement quand il comprit les implications de la présence des deux hommes ici. Il doutait que Sirius ait pu être suivi, après tout il était maintenant en fuite depuis plus d'un an et personne n'avait réussi à l'attraper quand il ne se mettait pas volontairement en danger avec un loup-garou. Ce qui ne laissait, aux yeux du survivant, qu'une seule solution possible. Dumbledore avait fait appel à eux.
Il n'avait aucun doute que le directeur savait à quel moment quiconque entrait ou sortait des protections du château, et si les maraudeurs avaient su faire une carte qui indiquait l'emplacement et l'identité de tout le monde, alors le vieux sorcier devait forcément avoir quelque chose équivalent. Qu'il s'agisse d'un autre artefact ou simplement d'une aptitude qui venait de pair avec son poste au sein de l'école.
"Tu n'as plus beaucoup de temps avant que la situation ne dégénère. Le second homme ne semble toujours pas décidé à participer activement à la capture de ton parrain, mais ce n'est pas le cas de celui qui vient de le ligoter."
Harry se retint de lâcher un grognement contrarié à l'idée d'avoir Sirius incapacité, il avait compté sur la participation de l'ancien détenu dans sa première ébauche de plan. Maintenant, soit il devait tout faire seul, soit il devait d'abord rendre sa liberté de mouvement au fugitif. Et il avait des doutes que cette seconde option soit possible si jamais Maugrey venait à défendre son collègue.
"Déjà que je ne sais pas comment je vais faire pour le premier..." marmonna-t-il pour lui même, baissant les yeux vers ses pieds.
Un objet attira son attention, et un sourire amusé se forma sur ses lèvres alors qu'un nouveau plan lui venait à l'esprit.
Il avait une marge de manœuvre extrêmement étroite, et allait devoir partir du principe que Maugrey n'était pas là avec la véritable intention de capturer Sirius. Il ne savait pas quelle était la mission de l'ancien auror, mais il savait qu'il avait une chance d'aller contre l'avis du directeur -si c'était bien lui qui l'envoyait et non le ministère-. La deuxième chose sur laquelle il allait devoir miser, c'était les réflexes de celui qui gardait son parrain au bout de sa baguette.
Si une seule de ces deux conditions n'allait pas, il allait devoir improviser. Et ce n'était certainement pas quelque chose qu'il souhaitait voir arriver.
Discrètement, il ramassa un débris de chaise par terre, un morceau de patte brisée par les griffes de Lupin, et s'approcha sans un bruit de la pièce où les trois hommes étaient réunis.
Ils étaient comme le lui avait décrit Godric, mais son observation fut coupée quand il vit une lumière rouge du coin de l'œil.
"C'est fini Black, tu ne peux plus t'échapper maintenant."
"Kinglsey, attends je..." supplia Sirius en vain.
"Tais-toi Black. Tu n'échappera pas aux détraqueurs cette fois." le coupa l'homme, avec un sourire dans la voix, son sortilège brillant plus encore au bout de sa baguette.
Harry écarquilla les yeux en entendant la menace, et décida de tout miser sur la chance. Il était trop tard pour tenter d'analyse quoi que se soit.
Il ouvrit la porte sans un bruit, s'attira un regard surpris et amusé de la part de son enseignant de Défense contre les forces du mal, qui ne bougea cependant pas d'un pouce.
Premier pari, gagné.
"Tu vas mourir ici, Black."
Ramenant son bras en arrière, il resserra sa prise sur le morceau de chaise, avant de le lancer de toutes ses forces en direction de l'autre sorcier.
"Non, je crois pas." commenta sombrement le survivant au moment où son arme de fortune avait parcouru la moitié de la distance qui la séparait de sa cible.
Il n'avait pas misé sur le fait qu'il allait réussir à mettre son adversaire hors d'état de nuire avec quelque chose comme ça. En revanche il avait parié sur le fait que ses réflexes allaient prendre le dessus et qu'il allait se protéger contre la menace qui arrivait vers son visage.
Avec un sourire satisfait, il le vit se retourner et lever les mains devant lui par instinct, son sortilège allant s'écraser dans le plafond, alors que le stupefix du Gryffondor touchait sa cible.
Deuxième pari, gagné.
Il soupira de soulagement en voyant son adversaire tomber au sol comme une buche, avant de se tourner vers Maugrey.
"Une explication ?" demanda-t-il simplement, maintenant convaincu qu'il ne représentait pas une menace.
"Il semblerait que les aurors aient été prévenus de l'arrivée de Black." répondit l'ancien auror sans bouger d'un pouce.
"Et c'est pour ça qu'ils envoient un seul homme en compagnie d'un retraité ?" souleva Harry, clairement sceptique.
"C'est Kinglsey qui est venu me demander de l'aide."
"Alors il n'est pas là grâce au ministère non plus." conclut sombrement le survivant, non sans noter le regard amusé de son enseignant. "Oh, vous pensiez vraiment que j'avais une chance de croire que le ministère enverrait un seul homme capturer Sirius ? Franchement ? Ils ont mit cette maudite école sous protection des détraqueurs pour lui."
"Aye gamin, bien pensé. Mais maintenant tu vas avoir un nouveau problème, comme tu vas expliquer que Black se soit enfuis parce que tu as attaqué un auror en service ?"
Harry grimaça, arrachant un rire tonitruant à Maugrey.
"Là, je vais avoir besoin de toi." murmura-t-il en détachant son parrain, tant pour lui que pour le livre qui était à leurs pieds hors d'un sac étalés au sol à moitié ouvert qui devait contenir le reste des affaires qu'il avait laissé au Square.
Sirius se contenta de lâcher un sourire au garçon, laissant remerciements et questions pour plus tard. Il ne savait pas quelle relation partageaient le Gryffondor et Fol Œil, mais il avait compris que sa seule menace présente venait de Kingsley, qui était maintenant hors d'état de nuire, mais qui compliquait singulièrement leur vie à lui et son filleul.
"Il existe un sortilège pour supprimer les souvenirs, mais ça laisse des traces malgré tout pour un legilimens avisé."
Harry posa un regard blasé sur le livre, quel intérêt avait cette solution si elle n'avait aucune chance de fonctionner ?
"On peut supprimer des souvenirs avec un sortilège d'amnésie, voire de faux souvenir au besoin." lui indiqua son parrain, qui reçu le même regard que l'ouvrage un peu plus tôt.
"Arrêtez d'être stupide une seconde." grommela-t-il. "Il faut qu'on trouve quelque chose que Dumbledore ne pourra pas voir."
Sirius allait proposer quelque chose d'autre quand un bruit à la porte attira l'attention des trois hommes, qui dégainèrent leur baguette d'un même mouvement prêt à se défendre -sauf Maugrey qui semblait avoir sa baguette tendue plus par principe qu'autre chose-.
Le Gryffondor écarquilla les yeux de surprise en voyant la seule personne à laquelle il ne s'attendait pas en cet instant.
"Neville ?"
Bon...je commence à me demander si, en plus du disclaimer, je ne devrais pas avoir un post-it sur mon bureau avec un message d'excuse type que je n'aurais qu'à copier coller sur mes chapitres quand ils ont plusieurs mois de retard...
Pour vous donner un bref semblant d'explication (ouais ça fait pas beaucoup), ma vie à prit plusieurs tournants assez peu sympathiques depuis mon dernier chapitre posté, et j'avais perdu la motivation pour presque tout. Bien sûr cette histoire n'était pas touchée, mais ma volonté d'écrire en revanche n'y a pas échappée. Je reviens donc d'une mauvaise passe assez longue mais bientôt finie ! Tout du moins je l'espère, sinon ça va commencer à devenir chiant.
Bref, tout ça pour dire que normalement je reviens, mais que tout aussi normalement je suis pas du touuuuut sûr de ça xD mais je vais vraiment essayer !
J'ai lu, et apprécié, tous vos commentaires. J'ai essayé de répondre à tous malgré tout, et si vous n'avez encore rien reçu alors ça ne devrait pas tarder. C'est peut-être rien, ou peu important pour vous, mais lorsque vous laissez un commentaire, que vous suivez cette histoire ou que vous l'ajoutez à vos favoris, c'est une notification que je reçois et qui peut complétement changer le cours de ma journée. Je prends un immense plaisir à voir et lire tout vos retours, qu'ils soient positifs ou non, qu'ils soulignent des erreurs dans certains points, etc. C'est toujours extrêmement plaisant. Et très franchement c'est une source de motivation pour continuer d'écrire.
Et, dernier point, il y aura (peut-être) bientôt un résumé du chapitre précédent en début (je sais que là ça aurait été super utile mais je dois vous avouer que j'ai jamais fait ça et que j'avais pas le cœur à tenter cette aventure ce soir xD).
Enfin voilà, je vais finir cette NdA maintenant, avant que le chapitre n'atteigne la barre fatidique des 15k mots.
(Ah ouais, je sais, j'ai mentis pour Sirius et Godric mdr franchement la partie sur Fleur devait durer très peu de temps, mais j'ai pris énormément de plaisir à écrire de son point de vue avec ses amies, donc j'ai du revoir une ou deux choses)
J'espère que la lecture fut bonne :D
