Désolée pour le retard :S. J'espère que ce chapitre vous plaira... Miranda en voit de toutes les couleurs !

P.S : Je tiens à remercier tous les reviewers n'ayant pas de compte et auxquelles je ne peux maheureusement pas répondre... Merci énormément à tous et à toutes !


Chapitre 12 : L'orgueil est un défaut ? Pas pour moi

Miranda sitôt sortie de la bibliothèque se mit à la recherche de Natacha et Johannah… le problème c'est qu'elle n'avait aucune idée de l'endroit où elles pouvaient bien être. Elle fit la liste des lieux possibles : le parc… vu le temps, il faudrait être fou pour aller se risquer dehors. En effet, il pleuvait à torrent depuis à peu près une heure. Les cuisines, il était 11 h 30 ; plus vraiment l'heure du petit-déjeuner, pas encore celle du déjeuner. La salle sur demande, elle ne voyait pas vraiment de raison pour s'y rendre. La salle commune, surement. Le souci c'est qu'elle ne connaissait pas le mot de passe. Il restait plus qu'à se poster devant la porte de la salle et d'attendre qu'un petit blaireau vienne pour lui faire cracher le morceau.

Elle partit donc en direction de la salle commune mais elle croisa sur le chemin Kilian, Harry, Hermione et Ron. Evidemment, il ne fallut pas plus pour Miranda pour débuter une joute verbale :

-Tiens, tiens… mais ça faisait longtemps !
-Pas assez,
marmonna Ron en lui jetant un regard noir.
-Je t'en pris, Ronnie, ne me dis pas des choses pareilles. Ça me brise le cœur ! fit-elle mine de pleurnicher.
-N'empêche qu'on avait raison, t'es bien arrivée à Serpentard, dit Potter avec mépris.
-Moi aussi j'avais raison, t'es bien un abrutis ! contra Miranda avec un gigantesque sourire railleur.
-Un abrutis ? Il s'apprête à terrasser tu-sais-qui ! s'écria Ron, outré.

Miranda resta un instant silencieuse puis demanda :

-Qui ?
-Bah Tu-sais-qui,
répéta-t-il.
-Mais non, je ne sais pas de qui tu parles ! s'agaça-t-elle.
-Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom !
-Et pourquoi ça ?
ricana-t-elle.

Sa question plongea les quatre Gryffondor dans un mutisme étrange durant lequel ils ne cessèrent de se jeter des drôles de regards. Hermione reporta son attention sur Miranda et lui demanda presque dans un murmure :

-On ne t'a pas parlé de… elle jeta un bref regard à Harry puis avala sa salive avant de dire, Du Lord Voldemort ?
-Non, répondit la Serpentard hésitant entre être agacée par l'attitude des Gryffondor ou au contraire effrayée, Pourquoi ? Qu'est ce qu'il a de spécial ce Voldemort ?

Elle prononça ce nom avec tant de désinvolture que Ron sursauta.

-Il veut éradiquer les moldus ou ce que certains appellent sang-de-bourbe de la Terre, expliqua Hermione, le regard sombre.
-Et en quel honneur ? s'énerva Miranda.
-En ce qui te concerne, ce ne serait pas plus mal que quelqu'un t'élimine, lâcha Potter en reprenant son chemin.

Hermione n'apprécia que peu la réplique de son ami mais le suivit quand même. Ron fit de même mais Kilian parut hésiter, en fin de compte il dit tout de même à Miranda avant de partir rejoindre ses nouveaux amis :

-Ne prononce pas ce nom ou il t'arrivera des bricoles, surtout devant des Serpentard.
-C'est ridicule !
rétorqua-t-elle mais il était déjà parti.

Elle resta quelques minutes seule et immobile au beau milieu du couloir. Pourquoi voulait-on faire disparaître les moldus ? Ils n'avaient fait aucun mal, ils ne savaient même pas que la magie existait ! Et pourquoi les sorciers refusaient-ils de prononcer le nom de ce Lord aux projets démoniaques ? Avaient-ils peur que le dire à haute voix leur ferait pousser une deuxième tête ou ferait exploser leur cervelle de moineau ? Ces sorciers étaient vraiment tous des crétins, avoir peur d'un nom… c'était la meilleure, tiens !

A cette pensée, elle éclata de rire. Elle refusait de rentrer dans leur jeu, elle n'agirait pas en andouille ou en poule mouillée. Elle reprit sa marche et oublia tout ça.

xoOox

Miranda savait très bien où se trouvait la salle commune des Poufsouffle car, un jour, Natacha avait voulu soigner sa curiosité. La Poufsouffle lui avait demandé où était placée la salle commune des Serpentard, Miranda lui avait révélé l'emplacement, ajoutant également que si elle voulait y pénétrer elle devait soit insulter les sangs impurs ou moldus, soit flatter le chevalier qui gardait l'entrer. Le mot de passe n'était pas vraiment nécessaire, il suffisait d'être maître dans l'art de la manipulation. Miranda le savait car un jour, elle avait oublié le mot de passe et son billet d'entrée fut simplement de dire au portrait qu'il semblait bien plus terrifiant et jeune ce jour-là.

Natacha, toute heureuse, avait à son tour trahi sa maison en faisant de même. Elle lui avait expliqué que dans le hall se trouvait une armure, il fallait lui donner le mot de passe. Mais celui-ci changeait tout le temps et l'armure ne marchandait pas.

Miranda se trouvait en ce moment même dans le hall d'entrée et citait tous les noms qui lui venaient à l'esprit en espérant trouver le « sésame ouvre-toi ».

-Balais magique.

Et comme la trentaine de noms qu'elle avait précédemment cités, rien ne se passa. Elle soupira et dit :

-Blaireau.

Rien non plus.

« Ça aurait été trop évident ! » se réprimanda en son fort intérieur Miranda.

-Tapis volant.
-Boule de cristal.
-Sortilège.
-Saleté de moldus ?

Miranda re-soupira. Pourquoi les Poufsouffle ne pouvaient pas être aussi prévisibles que les Serpentard ?

Enervée, elle se mit à crier :

-Non, mais tu vas t'ouvrir, sale armure de merde !

Et pour moyen d'évacuation de rage, elle ne trouva que celui de donner un énorme coup de pied à l'armure.

-AIE !

Ce qu'elle avait oublié c'est que l'armure était en acier… pas son pied ! Elle se mit à sautiller à cloche pied, ses deux mains tenant son pied endolori en baragouinant insulte sur insulte.

Subitement, et alors qu'elle continuait son manège douloureux, l'armure disparut et une trappe au sol s'ouvrit. Il en sortit un blond aux épaules carrées, plutôt baraqué, et une blonde aux cheveux nattés. Ils arboraient tous deux le blason des préfets.

Ils s'immobilisèrent en voyant Miranda ne tenant encore que sur un pied et qui agrippait toujours l'autre de ses deux mains avec une moue de douleur. Elle avait cependant cessé de sautiller en les voyant sortir de la trappe. Il ne fallut pas plus de quelque seconde pour que Miranda reprenne précipitamment une posture plus convenable en essayant de contenir sa douleur avec plus de dignité.

-Je me suis foulée la cheville, mentit-elle.
-Aaaaah d'accord, firent les deux Poufsouffle d'une même voix.

Le garçon regardait avec compassion la cheville de Miranda tandis que sa camarade restait pensive en l'observant. Soudain, la blonde eut un sursaut et elle s'écria :

-Mais t'es la née-moldue de Serpentard !

Le préfet quitta la contemplation du pied de la brune pour scruter son visage.

-Ah mais oui !

Il se tourna vers la blonde aux cheveux nattés et lui dit avec un sourire :

-C'est la fille dont je te parlais tout à l'heure !

Miranda haussa un sourcil.

-Celle qui est venue en pyjama rose avec des fruits ridicules à la Grande Salle ? s'enquit la Poufsouffle auprès de son ami.
-Il était orange ! Corrigea Miranda avec irritation.

Les deux Poufsouffle se tournèrent brusquement vers elle et lui demandèrent sévèrement en chœur:

-Qu'est ce que tu fais là ?
-Et si on reparlait de mon pyjama ?
proposa Miranda avec un sourire forcé.
-Tu essayais de pénétrer dans notre salle commune alors que tu es une Serpentard ! accusa le blond.
-Prouve-le ! le mit Miranda au défi.

Les deux Poufsouffle restèrent silencieux en se lançant des regards étranges. Miranda soupira et dit :

-J'avoue, j'ai besoin d'y rentrer.
-Ahah, j'avais raison !
s'exclama-t-il en faisant une sorte de danse de la victoire.

La blonde parut gênée, elle tenta de calmer son ami.

-Ernie, pas en publique !

Le jeune homme s'arrêta instantanément, toussota avec dignité et dit à Miranda sérieusement :

-Qu'as-tu à dire pour ta défense ?

Miranda éclata de rire, ce qui ne parut pas beaucoup plaire aux deux préfets. Elle reprit vite son sérieux et dit :

-Parlons affaires, si vous voulez bien ?

Ernie fit une moue intéressée mais son amie lui donna un coup de coude.

-Nous ne sommes pas intéressés, déclara-t-elle en faisant mine de s'en aller.
-Vous ne voulez pas vous venger de certains Serpentard ? demanda sournoisement la Serpentard.

La blonde cessa tout de suite d'avancer et se retourna vers Miranda avant de demander avec méfiance :

-Tu trahirais tes camarades ?
-Sans hésitation !
répondit la concernée.
-Alors marché conclu ! s'exclama Ernie en tendant une main vers Miranda, les yeux pétillant d'envie de vengeance.

Miranda, satisfaite, serra la main tendue et déclara :

-Les termes du contrat sont simples : vous me faites entrer dans cette salle commune. Et moi, de mon côté, je vous venge en la personne que vous voulez.

Les deux Poufsouffle acquiescèrent. La blonde dit :

-C'est d'accord.
-Parfait ! Sur quel serpentard voulez-vous vous venger ?
interrogea Miranda.
-Malefoy ! s'écria Ernie.
-Kommerston ! affirma sa camarade.

Miranda lâcha la main d'Ernie et sortit un petit calepin d'une de ses poches pour y inscrire les deux noms.

-C'est comme si c'était fait ! Comment vous vous appelés ?
-Moi, c'est Hannah Abbott et lui, c'est Ernie Macmillan,
présenta Hannah.
-Moi, c'est Mi…
-...Miranda Vladev, on sait !
la coupa Ernie.

Miranda grogna. Elle n'aimait pas que tout le monde connaisse son nom. La discrétion était liée à l'anonymat. Et parfois, la discrétion pouvait bien être une échappatoire… elle en savait quelque chose.

-O.K, quel est le mot de passe ? demanda-t-elle.
-Bière-au-beurre.

Elle se rappelait de cette boisson, elle en avait pris le jour où elle avait acheté ses fournitures… c'était délicieux !

Les deux Poufsouffle la saluèrent et s'en allèrent. Miranda fit volte face et d'un ton de revanche s'adressa à l'armure qui avait réapparu :

-Désormais tu vas bien devoir m'obéir… bière-au-beurre !

Elle disparut et laissa voir la trappe. Miranda l'ouvrit et elle découvrit un escalier usé en colimaçon qui s'enfonçait dans le sol. Sans plus réfléchir, elle l'emprunta. Une centaine de marches plus tard, elle déboucha dans un couloir éclairé par de simples torches. La tapisserie jaune criarde et le sol de marbre noir, donnait une ambiance loufoque au corridor. Le couloir était long et large, plusieurs d'autres couloirs débouchaient à celui-ci. C'était comme si d'ici, on pouvait se rendre n'importe où dans le château. Miranda décida de rester sur le passage principal, celui qui allait tout droit et au bout du quel, une porte dorée et étrangement ovale était encastrée dans le mur. Sur la porte était inscrit en lettres élégantes et sombres « Poufsouffle vous ouvre ses portes ».

Plus d'hésitation à avoir, derrière cette porte se trouvait la salle commune. Mais avant d'entrer, elle se dit qu'il valait mieux passer inaperçue. C'est-à-dire trouver une façon pour ne pas être repérée. Le problème c'était que si elle pénétrait comme ça dans la salle, sachant qu'elle était assez connue dans Poudlard, elle serait vite mise dehors. Heureusement qu'elle était un minimum organisée.

Elle sortit son calepin et le feuilleta. Le soir elle lisait les livres qu'elle avait pris au manoir de Sirius Black. Quand elle trouvait un sort intéressant, elle le notait dans le carnet. Elle se rappelait d'un sort de banalité… ah voilà !

Ce n'était pas un sort d'invisibilité mais il faisait s'assombrir les esprits, de fait qu'elle n'éveillait pas la curiosité et paraissait inintéressante pour tout le monde. Les regards glisseront sur elle sans s'accrocher sauf si vraiment elle agit bizarrement.

Elle s'arma de sa baguette et tenta de se lancer le sort mais elle n'y parvenait pas. Pourtant elle prononçait la bonne formule…

-Fais un effort, bordel ! se réprimanda-t-elle à haute voix.

Elle devait bien avoir tenté de s'ensorceler une quinzaine de fois quand la porte s'ouvrit. Elle se retourna brusquement de façon à ne montrer que son dos au Poufsouffle qui venait de sortir de la salle. D'un geste pressant, elle mit sa capuche pour voiler son visage. La première année la regarda bizarrement mais elle fut plus effrayée qu'autre chose, et se mit à courir tout au long du couloir.

Miranda soupira de soulagement et se fit la réflexion que ça devait vraiment s'avérer utile de pouvoir se changer en chat quand le besoin s'en faisait sentir… cette McGonagall était rudement chanceuse !

Il fallait vraiment qu'elle réussisse ce sort ! Elle retenta de jeter le sort. La fois suivante fut la bonne puisqu'elle sentit des fourmillements dans tout son corps. Elle ouvrit la porte et comme prévu les regards ne firent que se poser sur elle une seconde avant de se détourner. D'un pas tranquille, elle avança dans la salle. Elle était de la même taille que celle de Serpentard. Elle était jaune et noire et elle n'était elle aussi éclairée que par des torches mais ça ne donnait pas la même ambiance. La salle paraissait chaleureuse et non, lugubre comme à Serpentard. Les nombreux fauteuils étaient en cuir noir et une cheminé était dans un coin de la pièce. Des petites tables rondes se trouvaient un peu partout dans la salle.

Cette salle commune faisait beaucoup plus lieu de rendez-vous pour se prélasser que celle de Serpentard.

Un tour d'horizon lui fit apercevoir ses deux amies. Johannah lisait une revue de mode sorcière tandis que Natacha jouait aux échecs… toute seule. Elle jouait un coup chez les noirs, un coup chez les blancs. Miranda refoula un fou rire, sachant que ça pourrait attirer l'attention. Elle se dirigea vers les deux jeunes filles et s'assit en face de Natacha. Elle ne remarqua sa présence que quand elle se levait pour jouer du côté des pions noirs.

Elle dut prendre quelques secondes avant de s'intéresser à elle, à cause du sort.

-Miranda ? chuchota-t-elle. Mais qu'est ce que tu fais là ?

Johannah leva les yeux de son magazine en entendant les murmures de son amie. Quand elle remarqua Miranda, elle retint une exclamation.

-Je voulais vous voir, répondit la jeune Serpentard avec un haussement d'épaules.

Johannah soupira et marmonna :

-Allons dans le dortoir.

Les trois jeunes filles se levèrent pour se rendre dans le dortoir. Arrivées au lieu-dit, Johannah s'exclama :

-Mais t'es cinglée, nom d'une gargouille ! Imagine qu'ils t'auraient reconnue… d'ailleurs c'est étrange que ça n'eut pas été le cas…

Elle arborait maintenant un regard méfiant et regardait Miranda qui soupira.

-J'ai utilisé un sort qui m'a permis de ne pas attirer l'attention.

Johannah leva les yeux au ciel avant de s'assoir sur son lit. Natacha, elle, s'était allongée en travers d'un autre lit et avait laissé sa tête pendre en dehors du lit, dans le vide. Miranda était adossée, debout, contre la porte et observait le dortoir ; il y avait cinq lits à baldaquin.

-Qui sont vos autres colocataires ?... L'intello, la pouffe à qui tu as envoyée ton encrier, Johannah, et …? interrogea Miranda.
-Bah ouais, y a bien Judith Jappent –la pouf comme tu dis- et Mary-Eloïse Burgien, l'intello insupportable. La dernière c'est Coralie Faonner, une fille affreusement timide, répondit Johannah.
-Elle est tout le temps seule… mais elle est gentille, ajouta Natacha.

Le silence envahit la pièce mais pour quelques minutes seulement…

-La prochaine fois, ce sera à nous de visiter ton dortoir, O.K ? décréta Natacha.

Miranda éclata de rire alors que Johannah souffla, exaspérée.

xoOox

-Nom d'une potion périmée, ta tête devient de plus en plus é-nor-me ! s'exclama Natacha.

Miranda grogna. En effet sa tête faisait maintenant un demi-mètre de diamètre et était ronde comme un ballon. Elle fit un geste menaçant en direction de Natacha mais Johannah l'arrêta par une simple phrase :

-Ne te défoule pas sur elle, Miranda ! Tu n'as que ce que tu mérites !

Et encore une fois, Miranda répondit par un grognement. Comment se faisait-il que la tête de Miranda enflait comme une montgolfière ? Simplement parce que les trois jeunes filles après avoir passé une demi-heure à discuter dans le dortoir décidèrent que c'était l'heure de manger, il était treize heures moins le quart. Alors elles descendirent mais Miranda avait oublié que le sort ne fonctionnait plus depuis pas mal de temps. Les Poufsouffle n'eurent aucun mal à la reconnaître et à la classer dans « personnes à exterminer ». En résumé, elle écopa d'un sortilège de gonflement de tête, d'un autre qui changea sa couleur de cheveux en jaune fluo et d'un dernier qui lui donna une langue de vipère, au premier sens du terme, qui lui avait mis un cheveu sur la langue.

Désormais, les trois amies se dirigeaient vers l'infirmerie.

-Bon, f'est encore loin ? gronda la rescapée.

Miranda ne s'était encore jamais rendue à l'infirmerie, malgré ses chutes, ses disputes assez violentes avec ses camarades –divers et variés- et ses catastrophes en potions. Pour l'instant, elle n'avait fait qu'envoyer des gens en séjour forcé là-bas, mais pas elle… pas encore.

-Un peu, répondit Natacha.
-Nom d'une brebis galeufe ! vociféra Miranda.
-T'en as de ces expressions, toi ! rigola Natacha.
-F'est l'hôpital qui fe fout de la farité ! railla la Serpentard.
-Hein ? s'étonna Natacha.

Miranda soupira. Johannah était à un mètre d'elles, elle marchait beaucoup plus vite que ses deux amies… en même temps Miranda avait son « é-nor-me » tête à porter.

-Bon vous vous dépêchez ? maugréa la blonde.
-Nan ! répondit avec humeur Miranda.

Et de longues minutes s'écoulèrent ainsi. Il était treize heures quand elles arrivèrent enfin. L'infirmière frisa l'arrêt cardiaque en apercevant la tête de Miranda qui n'avait cessé de grossir. Malheureusement pour Miranda, Mme Pomfrèche ne trouva aucun remède véritablement efficace à part pour la couleur de ses cheveux qui était l'un des sorts les plus basiques qui soit. Elle n'avait réussi qu'à faire en sorte que la tête de Miranda cesse de doubler de volume et au contraire diminue…

-... mais ça prendra du temps pour qu'elle revienne à sa taille habituelle… un temps indéterminé, expliqua l'infirmière avec compassion.
-Indéterminé vufqu'à quand ? interrogea Miranda, la voix cassée.

Elle n'allait quand même pas se trimballer avec cette… chose qui lui servait de tête ? Quoi qu'en disait Johannah, elle ne méritait pas une chose pareille ! Le coup du pyjama devant toute l'école au petit déjeuner n'était rien à côté de l'humiliation organisée qui allait suivre. Le pire dans tout ça c'était surement que Miranda n'avait aucune idée des quels des Poufsouffle lui avaient lancé ces sorts tellement les choses s'étaient passées rapidement. Ne pas pouvoir se venger, l'énervait plus que cette énorme citrouille qui habitait momentanément l'espace au dessus de ses épaules.

-Oh, ma petite… je suis désolée, gémit Pomfrèche.
-furement pas autant que moi ! cracha Miranda, furieuse.

Elle se leva et quitta les lieux, suivie de ses deux amies de Poufsouffle. Elle se dirigea d'un pas rageur dans un couloir au hasard, heureusement désert.

-Où tu vas ? soupira Johannah.
-En Enfer ! grinça Miranda en accélérant le pas.
-Miry, vois le bon côté des choses… tes cheveux sont de nouveaux noirs, tenta Natacha gaiement.
-Ferme-la, Nat' ! grogna-t-elle.
-Et si on allait manger aux cuisines ? proposa Natacha avec sa bonne humeur inébranlable.

xoOox

-Ta tête est déjà moins grosse.
-J'vois pas beaucoup de différence,
contesta avec aigreur Miranda en fixant son reflet.

Elle tenait un plateau en argent devant elle et se regardait désespérément. Sa cuisse de poulet refroidissait dans son assiette mais elle n'avait d'yeux que pour sa pauvre tête qui ne diminuait pas… enfin, pas à la vitesse à la quelle elle l'aurait voulu. Elle était en pleine dépression et son ventre avait beau lui rappeler qu'il fallait qu'elle le remplisse par des grondements assourdissants, elle l'ignorait… ce qu'elle n'avait pas coutume de faire. Heureusement ce zozotement quand elle parlait avait été moins combattif et avait rendu les armes. Elle pouvait s'exprimer sans avoir l'air ridicule.

Johannah avait cessé de la blâmer et au contraire tentait vainement de la rassurer. Elle avait compris que Miranda en était réellement à bout. Pas difficile à remarquer !

Et Natacha ? Oh, elle s'était bien vite habituée à la grosse tête de son amie et était passée à autre chose. Dans le moment présent, elle mangeait ses carottes crues en discutant beau temps et recette de cuisine avec un elfe-de-maison bien bavard.

Soudain, un grognement, plus bruyant que les précédents, résonna dans les cuisines… l'estomac de Miranda était tout aussi énervé qu'elle, apparemment. Miranda elle-même sursauta et sembla se rendre compte –enfin !- de sa faim. Elle jeta le plateau argentée au loin et se mit à dévorer littéralement son poulet froid, sous le regard réjoui de Johannah. La blonde était rassurée, la vraie Miranda n'était pas partie si loin…

En quelques courtes minutes, Miranda eut terminé son plat mais elle resta pensive. Qu'est-ce qui lui arrivait ? Depuis quand attachait-elle de l'importance à son apparence ? Et aux pensées des autres ? N'était-elle pas celle qui était tombée dans le lac puis de sa chaise le jour de la rentrée ? N'était-elle pas celle qui s'était vautrée dans les escaliers tant de fois ? N'était-elle pas celle qui avait débarquée dans la grande salle en pyjama et qui était monté sur la table pour gueuler une connerie ? Pourtant, elle avait toujours su garder la tête -qu'elle avait plus grosse qu'habituellement mais qu'importe ?- haute, non ? Elle était restée fière et orgueilleuse… insupportable et détestable ! Elle se connaissait et connaissait les autres… ces autres, cette belle bande d'abrutis ! Elle n'avait pas à avoir honte… elle n'avait pas honte !
Avec un élan indéfinissable, elle se leva si violemment que sa chaise en tomba à terre.

-Venez les filles, j'ai un combat à gagner ! déclara Miranda fermement.
-Le quel ? s'étonna Natacha en laissant sa discussion avec l'elfe en suspens.
-Celui de mon amour propre !