NDA : Chers amis, bien le bonsoir. Vous avez sûrement remarqué que ce chapitre est posté en avance. Eh bien, oui, il l'est ! Pour la simple et bonne raison que je l'ai écrit quasiment d'une traite, tellement les idées me paraissaient bonnes. Il sera du coup peut-être un peu compliqué à comprendre, je peux parfois partir totalement en vrille sans faire attention. Si c'est le cas, n'hésitez pas à me le dire et je tenterai du mieux que je peux de vous expliquer voir même de modifier le chapitre pour éclairer vos lanternes !

J'annonce : Le chapitre d'après sera posté rapidement aussi, parce que je ne serai pas apte à poster du 15 au 25 vu que je m'envole pour Berlin.

Je me suis rendue compte que j'avais oublié de remercier les Reviewers anonyme. Alors Drayy, Adenoide et HoneyMil, merci. Vous êtes les trois reviewers anonymes de ce chapitre, et vos reviews m'ont fait énormément plaisir !

Sur ce, j'arrête de blablater et vous laisse profiter de ce LONG chapitre !

Love&câlins,

Kin.

PS : Ah oui, juste avant de partir. Pour celles et ceux qui aiment Rupert Grint autant que moi, je vous conseille de voir le clip de Legohouse, d'Ed Sheeran, et de voir le film Cherrybomb, de Lisa Barros D'Sa, il est juste absolument génial !

En attendant, ENJOY !


LES DEUX PRINCES

CHAPITRE 12. LA LÂCHETÉ DU PRINCE.

13 Mai 1999:

Draco était allongé sur son lit, les bras et les jambes tendues en forme d'étoile autour de lui. Son costume d'un blanc immaculé ressortait clairement dans la lumière rougeâtre de ce début de soirée. Sa veste était grande ouverte sur un veston sans manches aux boutons noirs, porté sur une chemise de soie blanche. Ses cheveux étaient ébouriffés, tandis que ses lèvres étaient entrouvertes et que ses yeux étaient, quant à eux, grands ouverts. Il porta ses mains à son visage et le frotta vigoureusement à plusieurs reprises pour tenter de sortir de ses pensées, sans succès. Les images de cette dernière semaine étaient bien trop précises et nettes pour être oubliées. Il poussa un long soupir en se demandant comment il avait pu en arriver là, comment il avait pu être aussi faible et se laisser embarquer dans cette histoire aussi facilement. Il ne put s'empêcher de se dire que son père serait bien peu fier de lui s'il le voyait, avant de se souvenir qu'il s'en foutait pas mal à vrai dire. Sur cette pensée douloureusement cynique, il décida de se remémorer vigoureusement les évènements passés pour trouver à quel moment son esprit étroit avait totalement lâché prise contre son corps.


Une semaine plus tôt (Le lendemain de la création du lien - 6 Mai 1999 ) :

Draco était installé sur un canapé, et observait les personnes présentes dans la pièce : Ron et Hermione étaient installés un peu plus loin avec Ginny et Théodore, les deux couples tendrement enlacés et en plein débat sur la S.A.L.E, tandis qu'Harry était en grande discussion sur la vie des goules en compagnie de Blaise.

Le matin-même, Rogue avait tenu à parler aux deux Némésis, pour leur signifier qu'ils devaient tenter d'utiliser le lien un maximum possible afin de pouvoir l'apprivoiser au maximum de leurs possibilités. Il avait ensuite prit Draco à part, et à voix basse, avait insinué qu'il pouvait utiliser celui-ci dans des moments incongrus, juste pour vérifier l'étendue de celui-ci. Le moment semble parfait, pensa Draco avec un sourire.

Alors qu'Harry discutait vivement avec Blaise, Draco s'installa plus confortablement dans le canapé et ferma les yeux. Il se mit alors à repenser à la nuit qu'il avait passée dans les bras du Survivant, aux caresses échangées, et lorsqu'une douce chaleur envahit le creux de ses reins, il entrouvrit un œil pour observer Harry, qui ne semblait pas réagir. Vexé, il referma un œil en gigotant et focalisa ses pensées sur des sensations précises : La douceur de la peau hâlée du brun, le goût un peu fruitée de celle-ci et la sensation délicate de ses lèvres voluptueuses qui s'entrouvraient pour laisser passer un délicieux gémissement aspiré par celles de Draco. Celui-ci ouvrit à nouveau un œil paresseux et sourit imperceptiblement en voyant entre ses cils clairs Harry se tendre. Il avait littéralement pu voir un frisson le secouer. Rasséréné, il continua sur sa lancée en se remémorant le bruit exact de leurs corps qui se mouvaient dans un rythme effréné, un bruit de claquement de reins et de peaux en sueurs qui se frôlaient.

A cet instant précis, plusieurs choses se passèrent en même temps. Draco put en voir une : Ginny sautait des bras réconfortants de Théo pour s'installer à côté de Draco pour débuter une conversation quelconque avec lui, l'empêchant de voir la réaction d'Harry et ce qu'elle entraînait.

En effet, de son côté, Harry avait subitement entrouvert les lèvres et avait laissé échapper un souffle rauque, avant de lancer un regard éloquent à Draco qui ne le regardait pas, faisant semblant d'être préoccupé par sa conversation avec Ginny. Blaise le regarda en haussant les deux sourcils, avant de demander, un sourire amusé étalé sur ses lèvres charnues :

« -C'est les goules qui te font cet effet-là, Potter ?

-Non, c'est Malefoy qui s'amuse… » Grommela Harry, gêné.

Blaise se fendit alors d'un sourire qui ne plut pas à Harry. Ce sourire disait qu'il voulait s'amuser. Il murmura, en se penchant sur Harry, d'un air de celui qui partage un lourd secret :

« -Tu as de la chance, tu es en compagnie d'un Serpentard encore plus vil que Draco. »

Voyant qu'Harry semblait intéressé, il continua sur sa lancée :

« -Je sais que l'attaque frontale, c'est ta came. Mais je connais Draco, et là, il instaure un jeu, où tu dois être plus malin que lui. L'air de rien, tu vas devoir faire mieux que lui.

-Mais, mais… Je ne peux pas ! » Balbutia Harry, le rouge aux joues.

« -Oh que si, tu peux. Et si tu n'as rien de mieux en mémoire, tu n'as qu'à inventer, Potter… Je suis sûr que tu as une imagination débordante » Il lui fit un clin d'œil, « Nous allons continuer à parler comme si de rien n'était, et pendant ce temps tu vas penser aux images les plus cochonnes que tu aies en magasin. Il en faut peu pour le chauffer. »

Harry ne prit pas la peine de demander à Blaise comment il détenait une information aussi intime sur Draco, se disant qu'il en savait bien peu sur la relation qui unissait les deux hommes. Il hocha la tête en bon élève qu'il était, et reprit sa conversation avec Blaise, répondant par des monosyllabes sous le regard amusé du basané tandis que ses pensées se tournaient sur tout autre chose. Draco était allé bien loin dans ses pensées, aussi, Harry devrait faire preuve d'imagination. Il se mit à repenser à toutes les choses qu'il avait voulues faire à Draco pendant la nuit qu'ils avaient passée ensemble. Il imagina ses lèvres purpurines glissé le long du torse finement musclé, tandis que ses mains taquinaient l'intimité du Serpentard. Il imagina l'anneau de chair du blond torturé par ses longs doigts tandis que sa bouche s'activait sur sa virilité tendue, et il finit par imaginer Draco, debout contre une porte, implorant et quémandant à Harry de le prendre. Sa voix changerait alors de ton, comme dans ses souvenirs, pour devenir plus grave et plus rauque. Ses cheveux blonds se colleraient contre son front pâle tandis que Draco tournerait un regard d'un gris profond vers lui, toujours de dos. Son dos se serait contracté, dévoilant chacun de ses muscle qu'Harry aurait embrassé un à un avec la plus grande douceur, avant de finir sur ses fesses rondes et finement musclées. La langue d'Harry se serait aventurée…

Il n'eut pas le temps de finir sa pensée qu'une main impérieuse lui empoigna le bras pour le tirer hors de son fauteuil douillet et de sa conversation. Harry glapit de surprise et se laissa entraîner dans le jardin par un Draco furieux et pressé, les joues rougies. A peine dehors, Draco relâcha Harry et siffla :

« -J'ai gémis. Potter, j'ai gémis devant la Belette femelle, bordel de Merlin !

-Fallais pas me chercher, Malefoy. » Répondit Harry en sortant son paquet de cigarette, cherchant désespérément à fuir le regard orageux du blond et à paraître nonchalant.

Draco grogna en attrapant une cigarette du paquet d'Harry et en la portant à ses lèvres. Avant même qu'il ait pu sortir son briquet, le bout du bâton de la mort s'embrasa de lui-même, à la surprise des deux garçons. Draco émit un son surpris avant de crier :

« -Tu vois ! Tu vois ce que tu me fais avec tes images perverses ! »

Harry ne put s'empêcher de sourire, avant de tiquer soudainement sur un mot :

« -Mes images ?

-Oui, tes…Oh. »

Draco s'arrêta de parler, regardant Harry dans les yeux cette fois. Ils venaient de découvrir une nouvelle facette du lien qui les unissait, grâce à Blaise. Harry soutint son regard, avant de demander :

« -Alors ça veut dire qu'au-delà des sensations, on peut partager des images ?

-On dirait…

-Attends, essayons. Envois-moi une image. »

Devant le sourire pervers de Draco, Harry ajouta précipitamment :

« -Rien de déplacé, Malefoy, sinon tu finis dans la piscine ! »

Draco maugréa doucement, tira une bouffée de sa cigarette avant de fermer les yeux. Dans l'esprit d'Harry s'imposa l'image du Serpentard, qui buvait tranquillement un verre de Whisky. L'image était floue, plutôt comme dans un songe, et focalisée sur le visage de celui-ci. Harry put distinguer que ses yeux étaient fermés, et que le geste qu'il faisait pour porter le verre à ses lèvres s'était arrêté. Soudain, le champ s'élargit et Harry vit une deuxième forme, installée entre les jambes de Draco, qui semblait lui prodiguer une caresse des plus agréables.

Dans un cri sonore, Draco Malefoy, dernier de la lignée de sang-purs et peut-être le plus grand aristocrate du siècle, finit dans la piscine, dans une chute qui allait totalement à l'encontre de sa position sociale. Il ressortit de l'eau, sa cigarette éteinte encore entre les lèvres, et recracha un filet d'eau avant de crier :

« -Tu vas me le payer, Potter ! »

Avant qu'il n'ait pu comprendre quoi que ce soit, Harry fut tiré en l'air par une force au-dessus de lui. Il flotta quelques instants au-dessus de la piscine, promettant les pires tortures à Draco, avant de retomber lourdement dans l'eau dans un PLOUF sonore. Il ressortit en toussant, recrachant de l'eau par le nez, et nagea jusqu'à Draco dans l'idée de le couler. Celui-ci, qui avait prévu la réaction du Gryffondor, lui envoyait à présent des images plus qu'érotiques dans l'esprit. Harry, qui était arrivé en face de Draco et levait les mains pour les appuyer sur sa tête, arrêta son geste et laissa ses bras retomber ses les épaules de Draco, qui lui envoya un sourire innocent.

Ils s'observèrent un petit moment, avant que Draco ne se rende compte qu'Harry l'avait fait reculer jusqu'à ce qu'il bute contre le rebord de la piscine. Il s'y accrocha de ses deux bras tendus et attrapa la taille du Gryffondor de ses jambes. Il les entoura autour de celle-ci et rapprocha le Survivant jusqu'à ce qu'il soit collé à lui. Sans en demander plus, Harry colla ses lèvres aux siennes et ils échangèrent un baiser humide et doux. Harry avait posé ses mains sur le rebord de la piscine à son tour, autour du visage du Serpentard. Ce baiser dura de longues minutes, jusqu'à ce qu'ils entendent une exclamation outrée au-dessus de leurs visages. Harry releva brusquement la tête pour découvrir un Ron anormalement pâle qui les regardait, tandis qu'Hermione se tordait de rire à ses côtés. Ginny riait à gorge déployée elle aussi, alors que Théo, de peur que sa dulcinée n'assiste à un coït en direct, tentait de lui cacher les yeux de la main. Blaise était installé sur un transat et les regardait d'un air ennuyé. Il les regarda l'un après l'autre avant de prononcer le mot de la fin, un sourire entendu aux lèvres :

« -Il y a des chambres pour ça. »

Et c'en fut fini des quatre amis, qui éclatèrent d'un rire sonore tandis qu'Harry se retournait pour ne pas affronter la pire humiliation de sa courte vie.


Le lendemain matin :

En se réveillant ce matin-là, Draco fut surpris du sourire qui ornait ses lèvres fines. Il toucha celle-ci du bout des doigts avant de sentir que quelque chose le collait étrangement. En tournant les yeux, il remarqua le Gryffondor étendu à ses côtés, qui étendait son bras en travers de son torse. Il fit une moue dégoutée, plus pour la forme, et s'extirpa lentement de son lit, avant de rire doucement en voyant Harry s'étirer et se rouler en boule au milieu du lit. Le Lion majestueux avait à présent une allure qui ressemblait beaucoup plus à celle d'un chaton perdu que celle d'un lion prêt à bondir.

Il tenta de se faire le plus discret possible en filant sous la douche et en s'habillant. Puis, sans même prendre la peine de se coiffer, il sortit de sa chambre tel un serpent prenant la fuite et se dirigea vers la cuisine, dans laquelle il grignota quelques toasts accompagnés d'une tasse de café brûlante et de la Gazette du Sorcier qu'il parcourut des yeux, avant de lever les yeux aux ciels sous les âneries que pouvait écrire Rita Skeeter. Il était étonné que cette mégère soit encore journaliste malgré sa syntaxe pauvre, renforcée par des rumeurs grossières dont tout le monde savait quelles étaient fausses. Sur cette pensée, Draco ferma le journal, avant d'enfiler une veste en jean légère qu'il avait dénichée dans un magasin Londonien, et de transplanner en direction de l'Impasse du Tisseur.

En arrivant dans la maison de son parrain, il fut surpris de découvrir celle-ci vide. Selon les toasts déposés sur le bar, Severus avait quitté la maison il y a peu. Draco, en réfléchissant quelques secondes, se souvint que l'ancien professeur avait rendez-vous ce matin-là chez les Weasley. Il y transplanna donc dans un CRAC ! Sonore.

Une fois arrivé à destination, Draco frappa à la porte avant d'entrer de lui-même, étant maintenant considéré par les Weasley comme un membre à part entière de la famille, même s'il ne cessait de les charrier sur la couleur de leurs cheveux. Il se dirigea vers la cuisine pour embrasser Molly, avant de faire demi-tour devant la scène qui s'offrait à ses yeux. Molly était appuyée contre la gazinière, serrée contre le torse de son mari et sanglotait silencieusement.

Après la mort de Fred et de tous les autres, la sorcière rondouillette s'était enfermée dans un mutisme profond pendant quelques jours, refusant de quitter son lit et de faire bonne figure alors qu'elle avait perdue l'une des lumières de sa vie. Mais un matin, alors que la maison s'éveillait doucement, les habitants avaient entendu Molly cuisiner en chantonnant, ses cheveux roux laissés à l'air libre et flottant autour d'elle. En arrivant au Terrier pour la première fois, la sorcière qu'il rencontra fut exactement celle dont il avait entendu parler les six années précédentes : Joliment ronde, joyeuse, et débordante d'amour. Pourtant, le Serpentard avait pu remarquer que parfois, la maman avait des petits moments d'absence, durant lesquels son regard se perdait dans le vide et s'embuait de larmes qui ne coulaient jamais. Durant ces moments, la seule personne qui pouvait faire sortir Molly de son monde était Arthur, qui était malgré toutes les épreuves resté l'homme fort et le stable père de famille qu'il avait toujours été. Dès que Molly détournait le regard au milieu d'une conversation ou s'en désintéressait, l'homme s'approchait d'elle et l'entourait de ses bras puissants en lui murmurant des mots rassurants au creux de l'oreille pour la faire revenir parmi les siens.

Mais cette fois-ci, Draco sentait que la cause de ses pleurs était différente. Quelque chose avait changé. Il resta derrière la porte, et entendit des bribes de conversations échangée entre les époux :

« -Oh Merlin, Arthur, j'aurais tellement aimé que Fred soit là…

-Je sais, Molly, et moi aussi… Mais il sera là, pendant la cérémonie, il nous regardera, et sera tellement heureux que ses parents renouvèlent leurs vœux ! »

Draco sourit en se rappelant que peu avant le retour de Potter, les deux sorciers avaient décidés de s'unir à nouveau. La cérémonie étant dans moins d'une semaine, Molly ne pouvait s'empêcher de repenser à son fils et à combien elle aurait aimé qu'il y participe. Le jeune homme n'avait pu s'empêcher de se sentir ému à l'annonce de leur second mariage. En effet, Molly et Arthur formaient à ses yeux ce qui se rapprochait le plus d'un couple absolument parfait, unis dans la joie comme la tristesse, dans la santé comme la maladie, pour leur famille et par-dessus tout parce qu'ils étaient des âmes sœurs, et que rien ne pouvait ternir leur amour, simplement le renforcer.

A pas de loup, l'ancien Serpentard recula pour leur laisser un semblant d'intimité, et rejoint le salon dans lequel il trouva Severus, confortablement installé dans un fauteuil à bascule. Il fit un sourire imperceptible et s'installa en face de son parrain. En un quart d'heure à peine, Draco lui raconta les avancées qu'il avait faites dans sa découverte du lien qui l'unissait à Harry, et il ne lésina pas sur les détails. Blaise, installé non loin en compagnie de George et Dean, envoyait sans cesse des sourires complices à Draco, au courant de la conversation qu'il entretenait avec son parrain.

Quand Harry entra chez les Weasley, il ne fut pas surpris d'y trouver autant de monde. Il fit le tour des salutations et fut arrêté par Molly qui s'écria, en faisant profiter toute la maisonnée de sa pensée :

« -Harry, mon chéri, tu es tout pâle ! Tu as mal dormi, ça se voit ! Tu as encore fait des cauchemars, n'est-ce pas ? »

Harry pensa à bafouiller une excuse valable, mais fut devancé par George, qui lança d'une voix dans laquelle pointait un rire :

« -Oh, maman, Harry a mal dormi, en effet, mais ce n'est pas à cause des cauchemars… »

Harry rougit furieusement et envoya un regard courroucé à Draco, qui leva les mains en signe d'innocence, et Blaise, en bon Serpentard qu'il était et n'oubliant pas les petites rixes qui rythmaient ses rencontres avec George, lui envoya d'un ton badin :

« -Tu m'as l'air très pâle, toi aussi, Georgie… Tu as mal dormi, la nuit dernière ? »

George s'étouffa brusquement, et grommela une insulte dans sa barbe inexistante tandis que Dean perdait nettement de ses couleurs.


FLASH BACK :

Après la guerre, George avait fait fermer la boutique qu'il avait ouverte quelques années auparavant en compagnie de son frère jumeau. En effet, il ne voyait plus l'utilité de laisser celle-ci ouverte maintenant que l'un des deux propriétaires avait disparu. Plus loin que ça, George était intimement persuadé que le nom de la boutique était faussé, maintenant qu'il n'était plus apte à créer le moindre produit à caractère facétieux. La mort de son frère avait en effet fait cesser en lui toute once de créativité, et toute once de facétie par la même occasion. Il n'arrivait plus à rire, alors à quoi bon vouloir tenter de faire rire les autres ?

Cependant, quelques temps après, alors que George traînait dans l'ancienne boutique afin de faire les cartons, il avait reçu la visite de Dean Thomas, Gryffondor de deux ans son cadet et héros de guerre à ses heures perdues. Ce dernier lui avait fait clairement comprendre qu'il voulait reprendre la boutique avec lui malgré la mort de Fred. Il était persuadé qu'après la guerre, les sorciers avaient besoin d'un endroit pour pouvoir panser leurs blessures en riant. Après une semaine d'hésitation, George avait accepté.

Depuis ce jour-là, les deux hommes ne se quittèrent plus. La réouverture de la boutique avait entraîné une vague de bonne humeur dans la communauté sorcière, et George se sentait heureux pour la première fois depuis la fin de la guerre, et quand il était dans sa boutique, plus rien ne comptait à part les rires qu'il récoltait à longueur de journée. Bizarrement, personne ne lui avait présenté des formules toutes prêtes pour son deuil, et il s'en sentait comblé, parce que dans sa boutique, personne ne devait parler ou même ressentir la mort de leurs proches. Il avait même invité Dean dans un grand restaurant afin de le remercier de l'avoir poussé à prendre une décision qui fut sûrement la meilleure de sa vie.

Au-delà du monde professionnel, le Dean qu'il avait découvert l'avait charmé plus que de raison : Heureux de vivre, pleins d'humour et de joie, le jeune garçon était le seul en dehors de sa famille à réussir l'exploit de le faire rire à gorge déployée, de faire rétrécir la boule qui s'était formée dans son ventre depuis qu'il avait perdu sa moitié, son frère jumeau. Après le dîner, George se souvenait que c'était le plus naturellement du monde qu'il avait accepté que les lèvres du Gryffondor se posent sur les siennes. Et c'était aussi le plus naturellement du monde qu'ils avaient décidés que Dean emménage dans son nouvel appartement situé non loin de la boutique, par soucis professionnel, disait-il à ses parents, alors qu'en réalité, c'était surtout parce que les deux hommes passaient le plus clair de leurs temps ensemble. Dean avait compris très rapidement que jamais il ne pourrait prendre la place de Fred dans le cœur de George, et que l'affection qu'il lui portait, si elle se muait un jour en amour, serait différente de celle qui unissait les jumeaux. Peut-être qu'aux yeux des autres elle serait moins forte, moins belle, mais à leurs yeux, elle était tout simplement différente. Pour les deux hommes, il s'était rapidement imposé qu'ils ne devraient pas rendre leur relation officielle, du moins pas pour le moment. Celle-ci n'était pas encore assez profonde pour se frotter aux regards extérieurs, et Dean, même s'il n'en disait rien à George, avait peur qu'aux yeux de la population sorcière, son association à George pour la boutique n'était qu'une manipulation pour ouvrir son cœur. Il savait, au fond de lui, que cette idée était saugrenue, mais savait aussi que les angoisses l'étaient toujours.

Quelques semaines après l'emménagement de Dean, George avait reçu la visite de Blaise Zabini, plus en forme que jamais. Celui-ci, en bon Serpentard, avait réussi à deviner la liaison des deux hommes après seulement quelques coups d'œil à l'appartement. Deux brosses à dent, un Bagel à peine entamé posé sur le bar alors que George en avait un entre les mains, et pleins d'autres détails qui poussèrent Blaise à comprendre rapidement que George ne vivait plus seul. Après quelques jours d'investigations, il s'était imposé à son esprit que la personne qui partageait la vie de George n'était nul autre que Dean. Il avait alors promis de garder le silence, même si les deux garçons savaient aussi bien que tôt ou tard, l'information serait rendue publique par la bouche du Serpentard.

FIN DU FLASH BACK


Après cette altercation, Rogue avait demandé aux deux anciens ennemis de le suivre dans un champ qui jouxtait le Terrier. Tous les trois, accompagnés bien évidement de leurs baguettes, s'y étaient donc rendus en silence.

Draco, en se souvenant de ce moment, se souvenait surtout des sensations qu'il avait ressenties. Bien entendu, à ce moment-là, Harry et lui étaient en pleine découverte l'un de l'autre. Découverte purement sexuelle aux yeux des deux hommes qui avaient passé les deux derniers jours à baiser comme des lapins n'importe où ils se croisaient. Le moment dans la piscine avait d'ailleurs fini par une séance de baise totalement extraordinaire, où ils s'envoyaient des images mentales très explicites tout en couchant ensemble, ce qui avait décuplé les sensations et avait fait venir leurs orgasmes mutuels plus vite et plus violement que prévu. Dès que l'un d'entre eux s'endormait, l'autre en profitait pour s'insinuer dans son esprit et y infiltrer des images cochonnes, pour que le réveil soit le plus chaud possible.

Mais ce jour-là, quelque chose de différent s'était produit. Dès qu'ils arrivèrent dans le champ, Rogue se tourna vers arriva et parla de sa voix grave :

« -Mr Potter. Aujourd'hui, je vais faire apparaître un épouventard devant Mr Malefoy. Votre rôle sera de tenter de canaliser les réactions qu'il pourrait avoir, en vue d'éviter une attaque de la part de sa magie, ou de la marque. Avez-vous compris ?

-Oui, Pr … Monsieur. Mais comment ?

-C'est à vous de voir. Utilisez votre lien, votre connexion pour essayer de canaliser ses émotions, de le calmer. J'ai cru comprendre que vous débordiez d'imagination… »

A cette remarque, Harry rougit furieusement. Il jeta un regard mauvais à Draco qui lui sourit à pleine dent, avant de se retourner vers Rogue qui faisait flotter une malle jusqu'à lui. Sans préavis, il ouvrit celle-ci d'un coup de baguette. Draco, qui s'était attendu à voir jaillir la marque des Ténèbres en sortir, eut un brusque mouvement de recul en voyant son père apparaître devant lui.

Au même moment, Harry sentit une vague de panique le submerger. Il tenta de se calmer en respirant profondément, mais la panique qu'il ressentait n'avait rien à voir avec celles qu'il avait déjà pu ressentir au court de sa vie. Celle-ci lui prenait la gorge, l'empêchait de respirer et lui donnait envie de s'allonger au sol pour tenter de disparaître dans celui-ci. Il eut pourtant la présence d'esprit de jeter un coup d'œil à Draco, pour comprendre que la panique qu'il ressentait ne venait pas de lui-même mais du Serpentard, qui était à présent tétanisé de terreur. Draco arborait un teint cadavérique, et pointait sa baguette droite sur son père, sans pouvoir prononcer le moindre mot. Sa respiration était sifflante, et sa main tremblait violemment. Aussi, quand le sol se déroba sur ses jambes, Harry se précipita sur lui et hurla à Rogue :

« -Faites quelque chose par Merlin !

-Non, c'est à vous de faire quelque chose, Mr Potter ! » Répondit Rogue, sa main tenant cependant sa baguette avec fermeté, comme s'il s'empêchait de faire le moindre mouvement.

Harry fulminait, et les vagues de panique qui montaient en lui n'arrangeait rien. Il réussit cependant à éclaircir son esprit un instant et sut directement ce qu'il fallait qu'il fasse. Draco était à genoux, le bras toujours pointé vers son père mais avait la tête basse, comme s'il était persuadé qu'il n'arriverait pas à prononcer le sortilège et qu'il s'était résigné à laisser la panique le submerger. Harry se mit à genoux devant lui, et posa ses deux mains fraîches sur ses joues brûlantes. Il l'observa un moment avant de parler, d'une voix étrangement douce :

« -Malefoy, regardes-moi. Mal…Draco, lèves les yeux et regardes moi ! »

Draco leva lentement les yeux, et Harry fut frappé par la couleur de ceux-ci. Ils s'étaient éclaircis, et l'orage qui grondait à l'intérieur semblait plus violent que jamais. Les larmes qui brouillaient la vue de Draco n'arrangeaient rien à la situation, rendant l'orage presque réel aux yeux d'Harry. Celui-ci continua à parler, avec la même voix :

« -Malefoy, ce n'est qu'une illusion. Tu dois être fort, tu dois te calmer… »

En voyant que cela ne marchait pas, et que le regard de Draco semblait perdu dans le sien, Harry se tourna vers Rogue qui hurla « DES IMAGES ! ». Le survivant hocha la tête et s'agenouilla derrière Draco, entourant ses fines épaules de ses bras. Il posa la tête contre son dos et tenta de calmer sa respiration saccadée au maximum, la rendant lente et calme. Il tenta de faire passer à Draco une image calme, et c'est ainsi qu'une scène tout droit sortie de son imagination se forma dans l'esprit du Serpentard.

Il était sur une plage. Le soleil brillait au-dessus de lui, tandis qu'au loin, des nuages épais s'étaient formés, grondant d'une manière menaçante, le ciel se zébrant dans des éclairs violent. A ses côtés, à une distance raisonnable se tenait Harry. Celui-ci affichait un sourire calme, posé, et regardait Draco de son regard profond :

« - Viens. » Proposa doucement celui-ci, en tendant la main vers lui.

Draco observa cette main d'un regard perdu, avant de détourner le regard vers l'orage. Pourquoi était-il là ? Celui-ci semblait l'appeler à le rejoindre, comme s'il avait un secret à lui dévoiler. Draco hésitait. Il regarda à nouveau Harry, qui riait à gorge déployée non loin de lui, découvrant sa gorge halée, sur laquelle la pomme d'Adam bougeait en rythme de ses rires. Harry avait la main toujours tendue vers lui, et lui lançait un regard qui transpirait la confiance et la tendresse. Ce regard tendre poussa Draco à le rejoindre. Il n'avait jamais vu ce regard, sauf dans les yeux de sa mère, et voulait savoir ce qu'il signifiait. Alors il s'avança vers Harry, et attrapa sa main. Celui-ci le tira doucement vers lui, et entoura Draco de ses bras, ceux-ci venant entourer lentement ses épaules. Tout chamboulé, le Serpentard leva des yeux dubitatifs vers Harry, qui lui sourit très doucement avant de prendre son visage en coupe et de l'embrasser, le plus tendrement du monde. A ce moment-là, l'orage à l'horizon se dissipa, laissant à nouveau la place à un soleil bleu et sans nuages.

Harry sentit la respiration de Draco se calmer. D'une main, celui-ci avait attrapé la main du Survivant tandis que l'autre s'était levée sans qu'Harry ne la sente, et avait fait tourner sa baguette en prononçant d'une voix ferme :

« -Riddiculus! »

Aussitôt, les beaux cheveux de Lucius disparurent, et celui-ci se mit à hurler en se tenant la tête, courant vers sa mallette pour y replonger. Draco respira profondément, reprenant ses esprits peu à peu, et se tourna directement vers Harry, lui lançant un regard profondément interrogateur au Survivant. Harry le lâcha lentement, avant d'esquisser un léger sourire et de se relever, tendant sa main à Draco pour l'aider à faire de même. Celui-ci regarda la main tendue d'Harry, et secoua la tête, avant de se relever par ses propres moyens. Il épousseta ses genoux dans de petits gestes avant de se tourner vers Harry, le regard à nouveau perdu :

« -C'était quoi, ça, Potter ? » Demanda-t-il à voix basse.

Harry haussa les épaules nonchalamment :

« -Je tentais simplement de te calmer. »

Il fourra ses mains dans ses poches et se tourna vers Rogue, qui les observait, une ride soucieuse creusée au milieu du front. Il sembla tenter de reprendre ses esprits, avant de regarder Draco :

« -Tu devrais rentrer, et demander à Molly de te servir un bon thé.

-Mais…

-Maintenant, Draco. » Ordonna Severus.

Le Serpentard grommela dans sa barbe et s'éloigna à grand pas, sous le regard effaré d'Harry qui avait rarement vu le jeune homme bouder ainsi. Il se tourna ensuite vers Rogue, les mains toujours fourrées dans les poches. L'ancien directeur s'avança vers lui :

« -Je tiens à vous féliciter, Mr Potter. Votre analyse de la situation vous as permis de comprendre rapidement de quoi Draco avait besoin pour se calmer. Maintenant… »

Il sembla chercher ses mots, avant de reprendre, la voix posée :

« - Draco n'est pas un homme comme les autres. Tout comme Blaise, Pansy, Théodore ou Adrian, il a grandi au sein d'une famille dans lesquelles les valeurs étaient bien différentes de celles que vous avez pu voir chez les Weasley. Durant toute son enfance, on lui a construit des idées préconçues, auxquelles il devait adhérer sous peine d'être considéré comme un traitre à son sang. Pourtant, il a réussi à se bâtir sa propre pensée, ce qui l'a poussé à changer de camp au dernier moment. Pour un enfant ayant été élevé dans une famille où l'esprit de soumission à une pensée commune prévaut sur tout le reste, ce changement de camp est considéré comme une trahison, même pour Draco.

-Mais…

-Ecoutez-moi, Mr Potter. Draco sait très bien que le choix qu'il a fait était le bon, mais au plus profond de lui, comme j'ai pu le constater durant cette séance, Draco est toujours en train de se balader sur un fil, qui oscille entre la fierté d'avoir choisi le bon camp, et la honte d'avoir trahi sa famille. Il est dans un état très paradoxal où il n'arrive absolument pas à se positionner face à ce qu'il ressent. Malheureusement, ce paradoxe est très dangereux pour lui. J'hésiterai même à penser que la rébellion de sa marque est une manière, pour son père, d'accentuer celle-ci. Dans la tête de Draco, la marque qui aspire ses pouvoirs représente la culpabilité qu'il ressent d'avoir abandonné les siens, et d'autant plus que sa mère est restée auprès de Lucius par amour. Lucius utilise cette idée pour tenter de faire revenir Draco « dans le droit chemin ».

-Ce n'est pas le droit chemin ! » S'offusqua Harry.

-Je le sais bien. Mais j'ai beaucoup plus d'expérience de vie que Draco. Et vous, vous avez été bien placé pour le comprendre. Mais lui a passé toute sa vie à se balancer entre le bon et le mauvais côté de la magie. Pour lui, la vie n'est pas Blanche ou Noire. Il vit dans un constant brouillard. »

Harry hocha la tête, avant de regarder son ancien professeur dans les yeux et de demander d'une petite voix :

« -Pourquoi me dites-vous cela ?

-Parce que je ne le dirai jamais à Draco. C'est à lui de faire ses choix, je ne les lui ai jamais imposés, et ne le les lui imposerai jamais. Pour autant, je sais bien que s'il retourne du côté de Lucius, il sera perdu. Votre lien n'est pas seulement un moyen de canaliser sa magie. C'est aussi un moyen de… De lui montrer qu'ici, s'il a un souci, il aura toujours quelqu'un sur qui compter.

-Vous voulez dire que vous avez en partie créé ce lien pour retenir Draco de rejoindre son père ?

-Non, je l'ai créé parce qu'il en avait besoin. Parce que son corps se bat contre toute chance qu'il a de recevoir de l'aide extérieure. Et parce que, bien que je sois aussi puissant que vous, son corps rejette mon aide tandis qu'il a accepté la vôtre. Vous savez, Mr Potter, si à son âge j'avais accepté l'aide que l'on m'offrait, peut-être que rien de tout cela ne serait arrivé. »

Sur ces mots, l'ancien Directeur se tourna dans un de ses mouvements de cape devenus mythique et retourna vers la maison, laissant Harry à ses pensées.


Deux jours. C'était le temps que Draco avait réussi à passer seul depuis ce fameux entraînement. Il n'avait pas daigné répondre aux appels de Severus pour les suivants, ni à l'invitation envoyée par Mme Weasley pour la cérémonie de remariage qui se déroulerait dans maintenant 3 jours. Il avait simplement passé son temps avec Sophia, à discuter, jouer et lui apprendre quelques petits tours de magie simples et amusants. La petite fille, qui avait bien compris le manège de l'adulte, était restée indulgente durant ce laps de temps et avait tenté du mieux qu'elle pouvait de se faire passer pour une petite fille en manque d'affection qui avait besoin de son tonton Draco pour lui tenir compagnie.

Pourtant, au milieu de la deuxième journée, alors que Draco était sorti fumer une énième cigarette, Sophia avait griffonné un mot à toute vitesse :

Pansy,

Ça fait deux jours qu'il n'est pas sorti. Il est temps d'avoir LA conversation.

Sophia.

Le soir-même, Pansy débarqua chez Blaise dans un CRAC ! Sonore qui fit sursauter Draco depuis sa chambre. Celui-ci descendit en courant, baguette en main, pour découvrir sa meilleure amie, tranquillement installée dans un canapé :

« -C'est comme ça que l'on accueille ses invités ?

-Oh, c'est toi… » Marmonna Draco en rangeant sa baguette.

En voyant l'air faussement vexé de la jeune femme, Draco s'approcha d'elle et la serra contre lui en souriant. Elle avait ce don de le faire culpabiliser dans n'importe qu'elle situation. Elle répondit à son étreinte avant de se détacher, l'air sérieux :

« -Tu sais, Draco, il m'arrive rarement d'être coupée en pleine sieste crapuleuse par un mot provenant d'une gamine de onze ans. »

Draco s'installa dans un canapé en soupirant. Il avait tout de suite compris que cette visite n'était pas de simple courtoisie… Sans lui laisser le temps de souffler, Pansy enchaina :

« -Sophia m'a dit que tu n'avais pas mis le nez hors de la maison depuis 2 jours. Ça m'a un peu étonné de toi, qui déteste être enfermé…

-J'avais besoin d'être seul.

-Seul, ou loin de Potter ?

-Seul.

-C'est ça, et moi je suis Grindelwald ! Ne me prends pas pour une idiote, Draco. Rogue m'a raconté… Enfin, Rogue a raconté à Blaise, qui l'a raconté à Théo, qui l'a raconté à Adrian qui me l'a raconté, pour être exacte, ce qu'il s'était passé à ton dernier entraînement. Ils n'avaient pas les détails de ce qu'il s'était passé entre Potter et toi, j'ai donc dû aller le cuisiner…

-Il t'a raconté ?! » S'offusqua Draco d'une voix blanche.

« -Pas de son plein gré. Tu sais très bien que ce que Pansy veut, Merlin fait. » Répondit-elle dans un petit sourire mesquin, avant d'ajouter, « Je sais bien que je ne suis pas la personne la mieux placée pour parler de ça avec toi. Aussi, j'étais juste passée pour vérifier que tu étais là et apte à discuter. »

Quand Adrian apparut au milieu du salon, Pansy se leva, alla lui embrasser doucement les lèvres et sourit devant son air interrogateur :

« -Voyons, chéri… Tu te doutais bien que s'il y avait bien un repas prévu chez Blaise ce soir, il t'aurait aussi envoyé une note ! »

Elle éclata d'un rire clair avant d'aller claquer une bise sur la joue de Draco, et de disparaître juste après avoir fait un signe de tête encourageant à Adrian. Celui-ci se tourna vers Draco en se frottant la nuque, l'air gêné :

« -Il semblerait qu'elle soit encore plus maligne que moi… »

Draco fit un sourire léger avant de se retourner pour rejoindre la terrasse. Là, il alla s'installer sur une chaise de jardin et invita Adrian à s'asseoir à ses côtés. Il fit venir deux verres de Whisky-pur-feu à eux et commença à déguster le liquide ambré en observant son ex-amant avec un sourire calme. Adrian s'installa à son tour, face à lui, et prit le verre sans pour autant boire dedans. Il regarda Draco et murmura :

« -T'as encore bien grandis, gamin.

-Je ne suis plus un gamin, Pucey… »

Cette remarque fit rire Adrian, qui répondit :

« -Tu seras toujours un gamin pour moi. Tu seras toujours ce petit homme qui boude parce que son père ne croit pas en lui, qui boude parce que quelqu'un réussi à percer sa carapace… Mais tu as raison, tu n'en es plus un. Je l'ai compris quand tu as retourné ta baguette contre ton père, et encore plus quand tes revenu de six putains de mois de captivité et que tu t'en es remis. C'est pour ça que je dis que tu as changé. Mais on a tous changé. Regarde-nous ! Blaise couche avec Rogue, moi qui pensais être homo suis tombé amoureux de Pansy, Théo sort avec une Gryffondor et on a tous l'air d'être une immense et heureuse famille… Une famille, tu te rends compte ? »

Il émit un petit rire en secouant la tête, avant de reprendre :

« -Et toi… Toi tu ne vois rien. Tu as tellement été habitué à être bafoué par les membres de ta famille qu'aujourd'hui tu portes une carapace de la taille d'une muraille. Ta marque en est la preuve. C'est comme si tu te battais tout le temps contre ce qui peut te faire du bien. Tu t'es battu contre nous, puis contre les soins, et maintenant tu te bats contre Potter. Tout ça pour quoi ? Tu savais très bien que le lien a été créé pour qu'il puisse t'aider, alors pourquoi tu le rejettes quand il tente de le faire ? Je t'ai toujours compris, Draco, toujours. Mais là, j'avoue que j'ai du mal… »

Après ce speech, Draco se sentit mal. Pour la seconde fois de sa vie, quelqu'un lui faisait la leçon, agissant avec lui comme s'il était un enfant, et il détestait ça. Pourtant, il savait au fond de lui qu'Adrian avait raison. Il savait qu'il avait rejeté ses amis en Sixième année, alors que ceux-ci s'inquiétaient pour lui. Il savait qu'il rejetait Harry maintenant qu'il tentait simplement de l'aider à son tour. Et il ne comprenait pas pourquoi. Ou si :

« -Je… Je suis quelqu'un de fort. Une sorte de forteresse, tu vois ? Quand on nous a demandé de torturer ce gamin, je l'ai fait, parce que je savais qu'aucun de vous n'y arriverait. Quand on m'a demandé de tuer Dumbledore, je vous ai éloigné de moi parce que je ne voulais pas vous mêler à ça. Et pendant la bataille finale, quand vous m'avez demandé mon avis, j'ai eu peur. Que l'un de vous se fasse tuer par ma faute. Quand je narguais Potter pour tous ses proches qui sont morts pour lui, je ne comprenais rien. J'ai compris à ce moment-là, ce que c'était, ce que ça faisait de prendre une décision qui pouvait affecter beaucoup de monde. Et pendant… Ces 6 mois que j'ai passés au manoir, j'ai eu le temps de réfléchir, et je me suis vraiment rendu compte d'à quel point je pouvais lui ressembler. Et ça me fait peur. Je sais que tout le monde pense que ce lien peut nous rendre plus fort, autant à l'un qu'à l'autre. Mais moi j'ai peur qu'il nous détruise. Alors je veux m'éloigner de lui. Pour ne pas… Craquer. Me rapprocher, et nous rendre plus vulnérable. Autant l'un que l'autre. »

Adrian, qui avait écouté attentivement son ami, parut vouloir répondre, puis se ravisa. Finalement, il avala son verre d'une traite et lâcha d'une voix douce :

« -Tu as seulement peur que… L'amour, parce que c'est de ça que l'on parle, te rende faible. Mais regardes autour de toi, Draco. L'amour nous as tous renforcés. Dumbledore l'avait compris : L'amour est la plus forte des magies. Et si Harry et toi unissez vos forces, et apprenez à vous aimer correctement, vous serez invincibles.

-Je ne veux pas être invincible. Je veux être normal.

-Et pour être normal, tu dois être invincible. Ton père veut te tuer. Désolé de le dire aussi crument, mais c'est la vérité. Il veut ta peau, et il l'aura si tu continues à refuser l'aide extérieure. Ça serait quand même con de mourir parce que tu refuses d'être heureux. »

Adrian sourit à Draco, d'un grand sourire, encourageant, pleins de joie, avant de se lever. Il épousseta son pantalon fin et serra brièvement Draco, qui s'était levé, dans ses bras. Avant de partir, il rit légèrement, comme s'il repensait à une blague et regarda Draco :

« -J'espère que Potter est un bon coup, ça serait du gâchis sinon !

-Eh bien, Pucey, Pansy ne te satisfait-elle pas ?

-Oh, si… Mais tu sais, il y a une grande différence. Avec elle, je fais l'amour. J'espère que tu auras l'occasion de savoir ce que ça fait. »

Sur ce, il transplanna, laissant Draco seul à ses réflexions, face au ciel étoilé d'un Londres sorcier sous un temps bien clément.


Le lendemain :

En se réveillant ce matin-là, Draco ressenti un tiraillement bien peu familier dans son estomac. Un tiraillement qu'il ne connaissait pas, et qui était loin d'être agréable. Il décida pourtant d'ignorer celui-ci, et tout au long de sa matinée, alors qu'il se douchait, s'habillait, il tenta de l'enfouir au plus profond de son ventre pour ne plus le sentir.

Pourtant, quand il arriva face à son petit-déjeuner, préparé par Blaise et Théo qui avaient décidés de passer la matinée en sa compagnie, celui-ci ressortit plus fort que jamais. Le jeune homme, après avoir écrasé son bacon à plusieurs reprises, finit par repousser son assiette en poussant un soupir à fendre l'âme. Blaise, qui était étalé sur le bar, la tête entre les bras, releva la tête :

« -Eh bien, on s'est levé du mauvais pied ? » Demanda-t-il en étouffant un bâillement.

Théo, qui lisait la Gazette du sorcier, leva les yeux vers Draco :

« -T'as mal dormi ?

-Non, non, Répondit celui-ci, j'ai mal au ventre. Enfin, pas mal… J'ai une sensation désagréable, comme une boule.

-Hmmm… » Répondit Blaise en gratouillant sa barbe inexistante. Il se leva et se mit à tourner autour de Draco en l'observant sous toutes les coutures. Il demanda, comme un spécialiste faisant la liste des symptômes :

« -As-tu eu des sueurs froides ?

-Euh, un peu.

-Des soudaines bouffées de chaleurs ?

-Aussi, oui.

-Tu dois faire quoi, aujourd'hui ?

-J'ai mon entraînement, avec Severus et Potter.

-Ah ! Tout s'explique. S'écria Blaise, Tu es anxieux !

-N'importe quoi, se défendit Draco, pourquoi le serais-je ?

-Parce que dans « Entraînement avec Severus et Harry », il y a Harry, et que tu ne l'a pas vu depuis 2 jours, soit le moment où il t'a envoyé cette vision bizarroïde. Et avec la visite d'Adrian, tu angoisses. Normal. »

Théodore, faussement impressionné, applaudit Blaise en inclinant la tête. Celui-ci salua comme un artiste avant de se tourner à nouveau vers Draco, qui secouait frénétiquement la tête pour montrer que ce n'était pas vrai, avant d'aller se réfugier dans sa chambre pour échapper aux rires de ses amis. Un moment plus tard, Blaise vint toquer à sa porte. En le voyant passer sa tête dans l'encadrement de la porte, Draco grogna et se renfrogna. Blaise eut un sourire :

« -Je dois y aller, je voulais juste te dire un truc avant. Quand j'ai commencé à coucher avec Sev', j'avais cette boule dans le ventre tout le temps. Et puis, un jour, je suis allé le voir, et je l'ai pris dans mes bras. Et pouf, elle a disparue. Parce que j'ai accepté que j'étais amoureux de lui. J'ai parlé à Théo, il lui est arrivé exactement la même chose avec Ginny. C'est ton tour. Bon courage ! » Termina-t-il en riant, avant de sortir de la chambre avec un petit cri en voyant que Draco lui envoyait rageusement un coussin à la figure.

Draco resta enfermé dans sa chambre tout au long de la matinée. Il ne mangea rien à midi, et arriva chez les Weasley de bonne heure. Il ne prit pas la peine d'entrer dans le Terrier et fit directement le tour, se rendant dans le champ d'un pas rageur. Il s'allongea au milieu de celui-ci, à l'endroit exact où s'était passé l'entraînement la dernière fois, et tendit ses bras autour de lui pour toucher l'herbe. Quand celle-ci frôla ses doigts, il eut la sensation de revivre l'épisode du dernier entraînement en détail, ce qui fit grossir à nouveau la boule dans son ventre. Il ferma les yeux pour analyser ses sentiments mais à ce moment-là, une ombre passa devant ceux-ci. Draco mit une main en visière pour apercevoir Harry, debout devant lui, les mains dans les poches. Celui-ci semblait passablement énervé. Aussi, Draco ne fut pas surpris quand le Survivant lâcha d'une voix morne :

« -Et c'est moi qu'on traite de lâche… »

Draco rabattit sa main au sol et referma les yeux, en marmonnant :

« -La ferme, Potter.

-Oh, loin de là ! Tu l'as fermée la dernière fois où j'ai fuis devant toi ? Et encore, ça n'a duré qu'une journée. Ça fait deux jours que tu n'es pas venu aux entraînements. Tu sais, je ne fais pas ça pour moi, après tout, je m'en fous. Tout ça c'est seulement pour toi, alors tu devrais t'en rendre compte et arrêter de faire ta diva. »

Draco émit un grognement désapprobateur, comme pour montrer à Potter qu'il fallait qu'il se taise. La boule qu'il avait dans le ventre était en train de se muer en autre chose : Comme une rage qu'il avait trop longtemps dissimulée. Sans le prendre en considération, Harry continua :

« -En fait, t'en es une. T'es une putain de diva qui ne supporte pas d'échouer. Et en ce moment, tu ne fais que ça. Tu réussis même pas à battre ton propre corps. Alors ça te dégoute que je doive t'aider. Si t'avais pas envie de mon aide, fallait me le dire plus tôt, au lieu de nous mettre dans cette situation ! »

Sans s'en rendre compte, Draco, qui s'énervait de plus en plus, faisait monter la rage en Harry en même temps qu'elle montait en lui. Pour une broutille, simplement parce qu'il lui faisait face et qu'il lui crachait des vérités au visage, Draco se leva. Les deux garçons se faisaient face et s'observaient en chien de faïence. Severus arriva à ce moment-là, et ce qu'il vit ne le rassura pas.

En effet, l'ancien professeur pouvait littéralement voir les magies respectives des deux jeunes hommes qui crépitaient autour d'eux. Il leva sa baguette, prêt à agir :

« -Messieurs, calmez-vous…

-LA FERME ! » Hurlèrent-ils en même temps.

« -Alors comme ça, je suis une diva… ? » Siffla Draco à l'attention d'Harry.

Quand celui-ci hocha furieusement la tête, Draco lâcha un cri de rage et se jeta littéralement sur lui en lui envoyant un coup de poing violent au visage. Severus fit des mouvements frénétiques de baguette mais ne put les séparer, malgré sa puissance. Il savait, en créant le lien, que ce genre de situation allait arriver. Et dans ce cas, la magie des deux garçons était hors de contrôle. Harry vacilla sous la force du coup et attrapa les épaules de Draco, l'envoyant valser d'un mouvement ample à l'autre bout du terrain. En se relevant, le Serpentard leva ses mains, et, sans qu'il ne s'en rende même compte, une force violente vint percuter Harry et l'expulsa, le faisant retomber quelques mètres plus loin, le souffle coupé. Draco s'avança alors vers le Gryffondor qui tentait de reprendre son souffle, et se jeta à nouveau sur lui, abattant un poing sur sa joue déjà endolorie, puis un autre, puis un autre. Il entendit le nez craquer sous ses doigts fins, il sentit la pommette éclater, la lèvre se fendre, et entendait comme un brouhaha derrière lui, qui devint de plus en plus clair. Une voix féminine, celle d'Hermione, hurlait :

« -DRACO ! ARRETES ! TU VAS LE TUER ! »

Un poing en l'air, Draco s'arrêta. Il releva la tête pour remarquer qu'Hermione était aux côtés de Severus, ainsi que Ron, Molly, Blaise, Théo et Ginny, le regardant tous d'un air effaré. Le jeune homme tourna à nouveau la tête, pour être frappé par la vue d'un Harry à moitié inconscient au-dessous de lui. Son visage était tuméfié, boursouflé et recouvert de sang. Un de ses yeux était déjà en train de gonfler tandis que la paupière de l'autre était fendue. Il se releva prestement, mortifié par son geste, et recula de quelques pas. Aussitôt, tous virent les deux auras magiques s'apaiser. Hermione voulut se précipiter vers Harry, mais Rogue l'arrêta de la main :

« -C'est à Draco de le soigner. »

Celui-ci, qui ne comprenait pas, tourna les yeux vers son parrain, qui tendit un doigt vers Harry et prononça d'une voix tellement dure que Draco faillit en pleurer :

« -Tu vas utiliser le lien pour nous le réparer, et vite. »

Draco, encore un peu dans les nuages, ne comprenait pas encore la portée de ce qu'il avait fait. Pourtant, quand il se tourna à nouveau vers Potter, il retint un haut le cœur. Il l'avait vraiment abimé. Il se pencha sur lui et se mit à genoux à ses côtés. Ne sachant comment procéder, il leva ses mains et les laissa à quelques centimètres du visage d'Harry, fermant les yeux fortement et pensant à tous les sortilèges de guérison qu'il connaissait. Petit à petit, il sentit une douleur arriver dans ses doigts, et remonter le long de ses mains, puis de ses avant-bras, avant de disparaître. Un peu déboussolé, il ouvrit les yeux, pour découvrir que le visage d'Harry était à nouveau humain, malgré les fines traces roses qui le parsemaient.

A ce moment-là, Draco se laissa tomber sur les fesses, les jambes repliées devant lui, et posa ses genoux sur ses coudes, se prenant la tête dans les mains. Quand les autres s'approchèrent, certains pour aller vérifier l'état d'Harry qui se réveillait lentement, d'autres pour venir entourer Draco, celui-ci se releva brusquement et, sans préavis aucun, transplanna.


Le soir-même :

En rentrant chez lui, Draco s'était déshabillé rapidement, jetant rageusement ses vêtements sur le chemin jusque sa chambre. Il était entré dans sa salle de bain en trombe sans prendre le temps de verrouiller sa porte et avait fait couler une eau glacée sur son corps tendu. En réchauffant l'eau, ses muscles se détendirent quelques peu, et il resta ainsi, debout, le front posé contre la paroi pendant un long moment. Il ne se décida à sortir qu'au moment où il se mit à trembler légèrement sous l'eau pourtant chaude.

Quand il revint dans sa chambre, Draco fut surpris de voir un Harry Potter totalement requinqué à moitié allongé dans son lit, le dos redressé contre le montant de celui-ci. Il observa les fines marques qui courraient le long de son visage, avant de simplement lâcher la serviette qu'il était en train de nouer autour de ses hanches et de s'avancer vers lui sans le lâcher du regard.

Cette nuit-là, les deux hommes ne firent pas l'amour. Ce fut violent, sans caresses, sans regards échangés. Ce fut laid. Ce fut ce dont ils avaient besoin, pour se rendre compte que c'était loin d'être ce qu'ils voulaient.

Harry, juste après leur séance de baise, se rhabilla en silence et transplanna chez lui, sans un mot pour Draco. Ce dernier s'endormit nu, sans avoir bougé d'un pouce, sans avoir pris la peine de se rhabiller, de se laver ou de se brosser les dents. Non, il s'endormit, tout simplement, couché sur la preuve de ses sentiments.


TO BE CONTINUED !

Le prochain chapitre sera posté très, très vite, parce que les idées fusent dans ma tête à une vitesse fulgurante. Vous saurez pourquoi Draco porte un costume, il sera pleins de rebondissements, et vous vivrez le retour d'un personnage qu'on a oublié, et que vous allez adorer détester !

J'espère réellement que ce chapitre vous a plu, parce que moi, j'ai vraiment aimé l'écrire.

Love&câlins,

Kin.