The Originals
Chapitre 11 : « News alliances »
Auteur : Lovy-San
Genre : Yaoi, OOC, UA, Lemon&Lime, Drame, Romance et Humour
Disclaimer : Je bataille actuellement avec mon avocat. Inventer des personnages inexistants en leur donnant le nom de personnages d'une histoire, c'est du plagiat ? Au cas où, on va dire qu'ils appartiennent à J.K.R :)
Mot de l'auteur : Bonyour à tous ! La rentrée étudiante m'a achevé, tellement que j'ai même pas écrit le chapitre 12 à ce jour... (alors que d'habitude j'ai au moins deux ou trois chapitres d'avance...). So, voici donc un nouveau chapitre, plus dans le style détente... ou pas, écrit en écoutant en boucle "Psycho" de MUSE (je suis tellement accro à cette chanson...) Ce bébé fait plus de 9812 mots, je n'en suis pas peu fière et je vous laisse le découvrir ! Bonne lecture, et à tout de suite pour les notes de fin !
Réponse au Guest : Lu (Chapitre 8) : Merci pour tes reviews, trois en une seule matinée, ça fait toujours plaisir ! Eh bien, eh bien que dire... je te conseilles vivement le coup du jus de citron chaud (avec un peu de miel aussi, pour le gout sinon ça pique trop et c'est pas bon ^^) Si Draco devait finir avec quelqu'un dans cette fic, ça ne serait pas Ron (bien que je sois d'accord qu'ils iraient bien ensemble avec leurs caractères. Peut-être pour une prochaine histoire, je sais pas on verra :D).
Lu (Chapitre 9) : After, tu peux garder la batte de Baseball pour une autre fois (ça risque d'être utile pour ce chapitre par exemple ^^). En tout cas, j'ai montré ta review du chapitre 9 à ma bêta en lui disant "J'ai trouvé ton double !" et elle m'a répondu "Mais elle est géniale cette fille ! :))" (Oui, ma bêta est anti-Pattison xD). Merci de me pardonner, promis je mettrai un bon et vrai lemon entre Oliver et Marcus, bien comme tu l'a dis ^^ (même si au moment où j'avais écris ça je pensais plutôt à celui entre Harry et Draco ^^).
Lu (Chapitre 10) : And so, je suis vraiment contente que le chapitre précédent t'ai plu (il était super galère à écrire :3). Je ne peux rien dire quand à tes suppositions, la réponse se retrouve un peu plus bas alors je te dis : rendez-vous à la fin du chapitre ! :)
Un calme étrange régnait sur le fort. Draco s'était muré dans le silence, songeur. Marcus n'avait pas fait de commentaires quand il était rentré plus tard que lui, trois jour plus tôt, en sentant l'odeur du sexe et ses vêtements imprégnés de l'odeur de l'Alpha. Il avait eut envie de le charrier, car il avait enfin deviné qui était la proie de Draco, mais l'envie lui en était vite passée. Il avait d'autres chats à fouetter. Pansy était rentrée blessée et Adrian l'avait aidé à se soigner. Et il y avait Oliver. Putain d'Oliver qui concurrençait avec Draco au "Roi du Silence" en restant enfermé dans la chambre. La maison était devenue vide et Marcus était toujours plus énervé. Il avait finit par tuer la vampire dans la cave et continuait ses visites à Blaise, l'aidant à manger car ce dernier n'avait même plus la force de bouger le bras. Déjà que Marcus trouvait le corps de Theodore vraiment fragile à la base, c'était de pire en pire.
Blaise était son seule échappatoire pour ne pas craquer. Quand il descendait avec un plateau pour le faire manger, le brun y allait de son commentaire sur sa faiblesse ridicule, et le faisait manger comme un gosse. Blaise lui manquait vraiment et Marcus n'hésitait pas à pousser le vice jusqu'à lui mettre la serviette autour du cou comme on mettait le bavoir aux petits enfants. Un sourire étirait ses lèvres quand il voyait le regard noir de l'autre. Nul doute que Blaise se vengerait après, mais étrangement, Marcus attendait ça avec impatience. Draco était son frère, mais il ne le supportait pas ces derniers temps. Enfin, il ne le supportait plus depuis que le blond lui avait fait la leçon en rentrant du cimetière avec Oliver traumatisé. Marcus n'avait jamais supporté qu'on lui fasse la leçon alors il l'évitait proprement, préférant la présence de son ami de toujours.
A part ses visites à la cave, il aidait Adrian à essayer de comprendre les agissements de Barty Croupton Junior. Adrian était un bon diplomate car sa façon de penser était différente de celle de Marcus, et il comprenait mieux les agissements du vampire timbré.
Là, Marcus était installé dans le petit salon, jambes écartées en faisant tourner le contenu de son verre de bourbon. Draco était sur son téléphone, ses sourcils pâles se fronçant de temps en temps.
- Accouches, lança finalement Marcus qui en avait marre du silence.
- Je n'ai rien à te dire, répondit Draco, ses yeux perlés parcourant l'écran de son téléphone.
- C'est ça...
Marcus allait lever les yeux au ciel quand il entendit des pas dans la cour en bas. Draco leva finalement les yeux et le regarda.
- Tu attends quelqu'un ? demanda-t-il.
- Non, grommela l'autre en se levant.
Il sortit d'un pas vif dans le couloir ouvert et étouffa un juron en voyant le nouvel arrivant. Cedric avait l'air perdu dans la cour, regardant les murs autour de lui comme s'il était dans une maison trop importante pour lui. Marcus sentit son sang s'échauffer. Celui-là, depuis le début, il ne pouvait pas le voir, alors il était hors de question qu'il exécute un pas de plus dans sa propriété. Marcus vida son verre cul sec et le posa sur la rambarde en bois avant de descendre les escaliers en faisant rouler ses épaules pour les détendre. Draco plissa les yeux et resta dans l'ombre, s'appuyant contre une des poutres du couloir, ses yeux curieux ne ratant rien de la scène qui allait se dérouler.
- Je peux savoir en quel honneur tu te permets de rentrer dans ma propriété ? lança Marcus en relevant les manches de sa chemise au niveau de ses coudes.
Il se planta face à Cedric, solide comme un roc et le dévisagea comme s'il n'était qu'une tâche.
- Je viens chercher Oliver, répondit le jeune homme en levant les yeux vers le couloir, espérant voir la silhouette du concerné.
- Il reste ici, répondit Marcus. La situation est de nouveau stable, tu peux rentrer chez toi, lança l'hybride en lui tournant le dos.
Cedric serra le poing et fit un pas vers lui, déterminé alors que ses joues se coloraient de colère.
- Tu pourrais me respecter, je ne suis pas un chien !
Marcus marqua une pause et Draco vit un sourire mauvais étirer ses lèvres. Marcus se tourna de trois-quart et laissa son regard couler sur lui en haussant les épaules. Draco porta un ongle à ses lèvres, et regarda son jeune frère avec amusement.
- Je ne vois pas pourquoi je te respecterais. Avoir couché avec Oliver n'est pas un critère de réussite.
- Comment tu... commença Cedric, mais Marcus se planta à nouveau face à lui, le toisant de sa taille.
- Tu crois que je te dois le respect, jeune loup ? (Marcus ricana avant de reprendre) Pour avoir mon respect, il faut le gagner, je ne le donne qu'à une personne qui le mérite. Alors rentres chez toi la queue entre les jambes et ne refous plus les pieds chez moi.
Il lui jeta un regard de travers et ignora la lueur meurtrière qui passa dans le regard de l'autre. Cedric fit un pas vers lui et lui attrapa le bras fermement. Marcus se dégagea comme si Cedric n'était pas digne de le toucher.
- Tu cherches quoi ? siffla-t-il dangereusement.
- Je ne partirai pas sans Oliver, imposa Cedric.
Marcus le regarda fixement avant de rire. C'était un rire faux et vide. Puis son expression se durcit d'un coup et il attrapa l'autre par le col de sa chemise et rapprocha son visage du sien. Ses yeux ayant viré au jaune se dardèrent dans les prunelles de Cedric.
- Casses-toi avant que je ne te pète un bras.
- Tu n'oserais pas, répondit Cedric en soutenant fièrement son regard, mais Draco pouvait entendre les battements de son coeur s'accélérer.
Nulle doute que Marcus devait l'entendre aussi car il eut un sourire mauvais qui dévoila ses dents blanches. Draco tira sa manche gauche pour la rajuster, ses yeux ne quittant pas Cedric.
- Tu veux parier ? susurra-t-il.
Draco se décolla de sa poutre et décida d'intervenir avant que tout ne dérape. En un coup de vent, il se retrouva entre les deux hommes qu'il sépara de quelques pas. Cedric le regardait bouche bée, se demandant d'où il venait alors que Draco faisait mine de chasser un grain de poussière sur sa chemise. Il leva le regard vers lui.
- Merci d'avoir prit soin d'Oliver pendant ce temps, prononça-t-il d'un ton calme mais ferme. Cependant, il s'est passé des choses dont tu n'as pas besoin d'être au courant. Potter le sait ; fais-lui confiance. C'est aimable d'être venu prendre soin d'Oliver, mais il a besoin de repos. Je lui dirai que tu es passé. Il serait temps pour toi de partir, Diggory, ajouta-t-il en désignant la grille d'un coup de tête.
Cedric s'apprêtait à dire quelque chose mais il ravala sa phrase, ferma un poing et lança un dernier regard noir à Marcus avant de faire demi-tour. Marcus cracha par terre sous le regard désapprobateur de son ainé qui lui donna un coup dans les côtes. Le blond détestait ce genre d'habitude ; il n'y avait que des gens dégoûtants pour avoir ce genre de comportement, et quand il les voyait faire, il résistait toujours à l'envie de leur casser la mâchoire.
- Tu ne l'aimes pas, lança Draco quand la grille se referma derrière Cedric et qu'ils furent seuls.
- Trop arrogant et stupide, banalisa le brun.
Draco fit mine de se curer un ongle, mais il fixait Marcus intensément, guettant ses réactions.
- Je dirais aussi amoureux, lança-t-il, guettant une réaction de l'autre.
Marcus fit un geste du bras signifiant que ce n'était pas important pour lui. Il planta ses mains dans ses poches et fixa la grille. Draco consulta sa montre et marcha jusqu'à la sortie.
- Embrasse Potter pour moi, ricana Marcus, ses lèvres s'étirant en un sourire sincère quand Draco lui adressa un doigt d'honneur sans se tourner vers lui.
Harry replaça une énième mèche de cheveux avant de baisser les bras une bonne fois pour toutes. Ses cheveux bruns étaient une catastrophe capillaire... Il tenta un dernier sourire à son miroir mais l'idiot face à lui lui faisait pitié alors il tourna le dos et quitta la salle de bain en passant une main sur son visage. Ron était allongé sur son lit, faisant léviter des petits cailloux autour de lui. Il levait de temps en temps un bras pour les faire tourner sur eux-même. Ron leva la tête en regardant Harry qui n'arrivait pas à rester en place. Le brun l'avait appelé la veille pour une "situation de crise". Ron n'avait pas trop compris tant il avait débité au téléphone, alors il avait préféré venir le voir immédiatement. Harry lui avait juste tendu son téléphone en expliquant juste :
- Je vais mourir.
Ron avait compris qu'il utilisait une application où il discutait depuis un moment avec un homme qui lui "plaisait". Le roux avait dévoré la conversation avec une curiosité à peine camouflée.
- C'est quoi ce pseudo ? PureBlood, sérieusement ? Ça va, le gars il se prend pas trop pour de la merde... avait commenté Ron alors que ses yeux bleus parcouraient le flot de messages. La vache, vous parlez énormément !
- On s'en fou, de ça, avait répondu Harry. Je sais pas si je vais accepter...
- Pourquoi tu refuserais ? Après deux mois de conversation, il serait peut-être temps... Et tu lui as déjà demandé plusieurs fois de le rencontrer. D'accord, il a pas voulu pendant un moment, mais maintenant que la demande vient de lui, pourquoi refuser ?
- J'ai rendez-vous avec Draco à peu près au même moment. Il voulait voir les termes de l'accord avec la meute et me donner des nouvelles d'Oliver.
Ron avait hoché la tête et s'était gratté le bras gauche. Certes, c'était aussi important, mais il y avait d'autres choses aussi... Il avait presque réussi à le convaincre. Il avait réussi à l'habiller à peu près correctement en lui faisant porter un jean ordinaire et une chemise bordeaux légère à cause des températures. Il était parfait : à un iota de réussir ! Et là, au dernier moment, Harry doutait. Ron l'aimait bien mais des fois, il avait juste envie d'attraper sa tignasse brune et de secouer sa tête pour vérifier si il y avait bien quelque chose dedans.
Harry se mordit la lèvre et s'assit à côté de lui, les coudes appuyés sur ses cuisses et le menton dans sa main droite. Autour de Ron, les cailloux s'arrêtèrent de léviter pour se déposer lentement au sol.
- Tu fais un cas de conscience ? Je crois que tu as bien fait de dire à Draco d'aller poliment se faire foutre. Ça va bien avec son image en plus, sourit Ron.
- Je fais pas un cas de conscience, rectifia Harry d'une voix perdue. Enfin si, mais pas à cause de ça.
- A cause de quoi alors ? Tu peux tout me dire, tu sais. M'enfin, presque tout, ajouta-t-il.
- J'ai couché... avec quelqu'un. Récemment, avoua Harry en changeant de position, mal à l'aise.
Il se mit en tailleur alors que les yeux bleu de son ami brillaient de curiosité. Harry sourit en découvrant le côté commère de Ron. Le roux essaya de lui soutirer un nom et Harry finit par céder de mauvaise grâce.
- Malfoy, lâcha-t-il avec un timide sourire en coin.
Puis il vit le voyageur passer par toutes les couleurs, certaines défiant même son imagination.
- T'as couché... AVEC MALFOY ? hurla Ron, ses yeux rond sortant presque de ses orbites.
- Je suis pas mort, ça va, râla Harry, ses joues se colorant de gêne.
- Mais tu te rends compte qu'il aurait pu te tuer ? Ce mec est un malade bipolaire doublé d'une schizophrénie mégalomaniaque ! Il aurait pu te bouffer, ce con d'hybride !
Harry marqua une pause avant d'écarquiller les yeux.
- Mais pas Marcus, andouille ! s'exclama Harry en lui donnant des coups de poings dans le bras. Draco ! On parle de Draco depuis tout à l'heure !
- Draco... LE Draco ? Nooooon... Tu te fous de moi ? Oh nooooon...
- Tu veux des détails, aussi ? grogna Harry en se grattant nerveusement le bras.
Ron grimaça en disant qu'il s'en passerait volontiers. Harry leva les yeux vers lui et vit qu'il était partagé entre la surprise et le choc. Il se mit à faire les cent pas, jetant des coups d'œil choqués à Harry en ponctuant des "Ooooh..." à chaque fois qu'il essayait de penser à autre chose. Draco, qui avait l'air si... snob, imbu de lui-même et faisait un complexe de supériorité avec tout le monde avait couché avec Harry ?
- Rhoooo... continua Ron, interrompu quand Harry lui jeta un coussin au visage pour le faire taire.
Le voyageur finit par se rasseoir, les mains posées sur ses cuisses.
- Mais... sinon, c'était... comment ?
- Je croyais que tu ne voulais pas de détails, s'exclama faussement Harry avant de rougir. C'était... agréable.
Ron lui jeta un regard moqueur et compris que le brun n'en dirait pas plus. Le roux soupira et se laissa tomber sur le dos, les jambes en l'air. Les cailloux se remirent à flotter en apesanteur autour de lui. Il avait vite compris qu'Harry était gay, surtout quand il avait refusé poliment un rendez-vous avec la sœur de Ron, mais avait suggéré qu'il rencontrerait bien un de ses frères ainé, sur le ton de la rigolade. Ça ne l'avait pas choqué plus que ça et il avait remarqué que l'homosexualité n'était pas un tabou chez les loups.
- Ce qu'il faut savoir, c'est ce que tu veux vraiment, lança Ron en faisant tourner les cailloux autour de lui en un mouvement lent et circulaire. Moi je dis : vas-y. Avec Malfoy, ça peut être que du cul. Une liaison serait dangereuses pour vos positions respectives, surtout avec le facteur "Hybride Originel" entre vous. Tu sais, cet espèce de cyclone imprévisible qui pourrait te péter à la gueule n'importe quand. Et ce gars, Pureblood, tu le connais depuis plus longtemps. Donc, reprit-il en se levant d'un bond. Tu vas lever ton cul de ce lit et aller là-bas. Et s'il est moche, tu as ma bénédiction pour baisser ton calebarre devant Malfoy, acheva-t-il en tirant sur le bras de l'Alpha pour le mettre debout.
Harry le regardait avec des yeux choqués, sa bouche ouverte en O silencieux. Il essaya de trouver quelque chose à dire mais les paroles de Ron l'avait énormément surpris. Le roux lui adressa un sourire sincère plein de fossettes avant de rajouter, en désignant sa bouche :
- Pour ça aussi tu as ma bénédiction. Mais je ne veux pas de détails !
Harry referma vivement la bouche et lui frappa le bras en laissant un rire lui échapper malgré lui.
- Ronald Weasley ! Je ne te connaissais pas comme ça !
Le roux haussa les épaules en souriant. Lui aussi ne se connaissait pas comme ça. Sa mère aurait sûrement cassé son balais en deux en le frappant si elle l'avait entendu parler ainsi. Il fallait dire que son séjour prolongé dans le bayou l'avait drôlement changé. Il était plus ouvert et plaisantait beaucoup plus avec les jeunes de la meute.
Ron lui serra l'épaule pour l'encourager et lui fit signe de sortir. Harry glapit un instant en comprenant que Ron le mettait à la porte de chez lui. La porte claqua derrière lui et le roux la verrouilla, en expliquant qu'il n'ouvrirait que lorsque Harry serait revenu de son rendez-vous avec un compte-rendu complet. Le brun voulu faire remarquer que la porte arrière était toujours ouverte mais il se ravisa, un sourire étirant ses lèvres. Dehors, le ciel était clair, parsemé de quelques nuages blancs qui voilaient un peu les rayons du soleil. Harry repassa nerveusement une mains dans ses cheveux, sortit son téléphone pour vérifier l'heure et se mit en route, une boule au ventre.
Oliver était roulé en boule dans le lit de sa chambre, la tête enfoncée dans son oreiller, les jambes emmêlées dans ses draps. C'était son estomac qui l'avait réveillé une heure plus tôt mais il n'osait pas quitter la pièce. S'il semblait amorphe, son esprit, lui était en plein débat intérieur. Il savait que suite aux évènements du bayou, il avait dormi deux jours de suite, son corps demandant beaucoup d'énergie pour se réguler à nouveau. Draco était venu le voir la veille et lui avait caressé le front alors qu'il avait l'air d'un comateux à l'agonie en se réveillant. Oliver voyait encore flou et gardait les yeux fermés tant ses paupières étaient lourdes.
- Tes cellules ont prit un sacré coup de chaud, avait expliqué Draco, c'est ce qui a affecté tout ton corps. Le métabolisme de Marcus est aussi touché, alors il fonctionne rapidement pour renouveler toutes vos cellules. Tu vas avoir très faim et il te faudra beaucoup boire, dormir et manger pour suivre le rythme de la cicatrisation, d'accord ?
- Et ça met combien de temps pour un organisme normal ?
- Pour s'en remettre totalement, sans séquelles ? Je dirais une semaine d'hospitalisation, car ce que vous avez eu s'apparente à une grave insolation. Il ne te faudra que deux-trois jours je penses, à cause du lien qui ralentit la cicatrisation.
Draco l'avait aidé à boire et à manger. Ils avaient parlé un moment et Oliver s'était rendormi. Et là, il restait dans le lit, caché sous le draps avec l'envie de se pendre avec les lacets de ses chaussures à une poutre apparente au plafond plutôt que d'oser sortir de la chambre. Il ne voulait pas croiser Marcus. Quand il repensait à ce qu'il s'était passé sous la douche, il ne pouvait pas s'empêcher de rougir et il avait envie de se taper la tête contre le mur jusqu'à finir amnésique et oublier ces moments de sa vie. Les yeux fermés, il pouvait encore ressentir les abdominaux de l'autre contre ses lombaires et ses putains de doigts dans sa bouche. Dans sa bouche, bordel ! Oliver pensait qu'il aurait préféré s'étouffer avec sa langue plutôt que devoir affronter Marcus plus tard. Pourquoi ? Parce que c'était le bordel dans sa tête. Marcus l'avait embrassé une fois et le contact avait suffit à lui griller un quart de ses neurones autant de surprise que de choc parce que non seulement il détestait l'hybride, mais en plus... c'était un connard. Oliver eut envie de soupirer face à ses raisonnements absurdes. Il fallait vraiment qu'il arrête ses introspectives et prenne rendez-vous chez un vrai psychologue...
Oliver ouvrit les yeux et se risqua à sortir sa tête de sous le drap. Il était nu comme un ver et roula sur le ventre, sa main droite cherchant à tâtons un éventuel boxer au sol. Sa main rencontra le tissus qu'il attrapa par l'élastique et enfila rapidement avant de bondir hors du lit. Il se rattrapa néanmoins à la commode, un vertige le saisissant. Oliver attendit un moment en papillonnant des cils et se décida à enfiler un bermuda et une chemise qu'il laissa à moitié ouverte. Les volets de sa chambre étaient entrecroisés mais les fenêtres avaient été laissé grandes ouvertes pour renouveler l'air, mais il faisait quand même très chaud. Son estomac commença à jouer la Cinquième Symphonie alors il quitta sa chambre à contre-coeur, pour gagner le frais du petit salon et de la cuisine.
Cette dernière était animée et Oliver ouvrit des yeux ronds comme des soucoupes en voyant le spectacle face à lui. Pansy était face à Adrian, chacun assit d'un côté de la petite table ronde. Leurs coudes gauches étaient savamment posés sur la table et Oliver ne savait pas s'il devait être préoccupé par les veines qui devenaient visibles sur leurs poignets, ou par le fait qu'il ne prêtait aucune attention à leur partie de bras de fer pour jouer aux échecs avec leur main droite. Le châtain les regarda comme s'ils étaient des aliens sortis tout droit de la trente-huitième dimension. Il pensait avoir vraiment tout vu dans cette maison, mais une partie de bras de fer mélangée aux échecs, ça par contre, ça dépassait sa raison...
- Bonjour, Oliver, lança Pansy en déplaçant son cavalier sous le regard attentif d'Adrian.
Elle l'avait sans doute entendu arriver, mais elle ne tourna pas son visage vers lui, trop concentrée. Elle était fraiche, maquillée d'un léger coup de liner noir autour de ses yeux perçants et portait une robe beige resserrée autour de la taille. Oliver ne prit pas la peine de baisser le regard pour savoir qu'elle portait des talons vertigineux. En face d'elle Adrian était tout aussi concentré. Ses cheveux châtain foncés arboraient une coupe plus moderne et il portait un pantalon noir et un débardeur bleu marine. Pansy lui adressa un sourire alors qu'Adrian jouait.
- Tu te sens bien ? continua-t-elle.
- Euh, salut. Ouais, ça va un peu mieux...
Oliver regarda le bras de Pansy faiblir un peu alors qu'Adrian sacrifiait un pion.
- Je crois que Draco t'a laissé un plat dans le frigo.
- Ouais... répondit bêtement Oliver en se dirigeant vers ledit frigidaire.
Il y découvrit une assiette de haricots plats et un morceau de rosbif recouvert de papier film à faire réchauffer au micro-onde. Il voulut s'en emparer quand un bras lui coupa la route pour prendre une bière. Oliver se sentit mal et faillit lâcher le plat en se redressant quand son dos rencontra le torse de Marcus qui se détourna vers la tablée en décapsulant sa bouteille, comme si de rien n'était. Même pas bonjour, ni merde. Oliver avala sa salive, décida de l'ignorer superbement en fermant le frigo et mit le plat à réchauffer. Marcus s'adossa au plan de travail et regarda Adrian. Oliver s'attendait à ce qu'il sorte une réplique bien sentie mais à la place, il désigna le plateau avec le bout de sa bouteille.
- Pansy chérie, tour en F8. Adrian, tu ne l'as toujours pas éclatée ? T'es vraiment une tapette.
Pansy ricana en secouant son carré noir et Adrian adressa un doigt d'honneur à Marcus de sa main libre. Pansy joua et prit un cavalier à Adrian qui se retrouvait dans une mauvaise posture. Il déplaça son roi pour éviter un échec. Marcus s'approcha de la table et regarda le plateau de jeu. Il tendit une main qu'il laissa flotter un instant au-dessus du plateau avant d'attraper la reine noire – couleur de Pansy –, qu'il déplaça aisément sur le plateau.
- Échec et mat, Adrian, susurra-t-il en quittant la pièce, bière à la main. Je t'attends dans la salle de jeu pour la suite du plan anti-Croupton.
Le châtain écarquilla les yeux en constatant qu'il était effectivement bloqué. Pansy sourit avant de laisser échapper un petit cri quand le dos de sa main heurta violemment la table, faisant trembler le plateau de jeu et sursauter Oliver. Il oubliait des fois la force des vampires...
Adrian se leva, satisfait et quitta la pièce d'un air théâtral après avoir fait un salut militaire à Oliver. Pansy leva les yeux au ciel en souriant, commentant que tous les garçons de la maison étaient de mauvais joueurs. Elle remit les pions en place et invita Oliver à jouer. Celui-ci refusa poliment. Il n'avait pas trop d'expérience aux échecs et il ne tenait pas non plus à avoir un bras cassé. Pansy lui fit les yeux doux pour essayer de le convaincre et le micro-onde sonna à ce moment. Sauvé par le gong, Oliver saisit le plat fumant et fouilla les tiroirs pour en sortir un couteau et une fourchette. Avec une moue boudeuse, Pansy rangea les pièces du jeu d'échec et croisa les bras sur la table, le regardant manger.
- Tu te sens mieux ? Tu as dormis deux jours et apparemment tu avais une mine horrible en rentrant.
- Je suis un peu fatigué mais ça va. Et toi ? Je sais que tu as été blessé aussi...
Pansy fouetta l'air comme si de rien n'était.
- J'aurais du me méfier, c'est tout. Ce n'était qu'un pieu en bois. Douloureux certes, mais pas mortel.
Elle attrapa un morceau de haricot plat du bout de ses ongles parfaitement manucurés et le porta à ses lèvres en souriant. Elle eut un sourire appréciateur.
- Quand il veut bien, Draco est pas mal comme cuisiner...
- Vous.. mangez, aussi ? demanda Oliver, faisant l'impasse sur la tête de débile qu'il devait avoir.
Pansy gloussa, posa ses coudes sur sa table et son menton délicat sur ses mains jointes. Oliver trouvait qu'elle avait le même menton que Draco. Ses traits dégageaient aussi la même harmonie alors qu'Adrian ressemblait plus à Marcus au niveau de son ossature. Par contre niveau caractère, elle était aussi douce que Draco et pouvait être encore plus mordante que l'hybride. Peut-être que c'était parce qu'elle était la seule fille de la fratrie et que ses frères étaient macho autrefois... Après tout, ils avaient bien vécu durant les années 1000.
- Évidemment que nous nous nourrissons. Nous buvons de l'eau aussi. Tu ne le sais juste pas parce que tu ne manges pas avec nous, c'est tout.
Oliver grimaça. Il devait encore avoir l'air d'un demeuré, mais il ne connaissait rien aux créatures surnaturelles. Il regardait juste Buffy et les Vampires, pas de quoi être un vrai pro. Sa fourchette triait distraitement les légumes dans son assiette.
- Mais c'est pas plutôt de sang dont vous avez besoin ?
- Si, en priorité. Je vais casser un peu le mythe mais nous ne sommes pas réellement mort, ni figés dans le temps. Si tu piques l'un d'entre nous, il saignera. Le but, quand nous avons été créé, c'était de nous empêcher de mourir. Mais qu'est-ce que la mort, Oliver ? D'un point de vue biologique ?
- L'arrêt du coeur parce que le sang ne vient plus, répondit le jeune homme en haussant les épaules. Un organe lésé qui ne peut plus exercer sa fonction...
Pansy leva le doigt vers lui, un sourire étirant ses lèvres rouges.
- Dans tous les cas, c'est un arrêt du coeur. Le sang nous nourris car il symbolise la vie, notre mère l'a choisit pour nous nourrir. Pourtant, si tu prives un vampire de sang, il ne va pas mourir. Il va juste se dessécher.
Oliver jeta un coup d'œil à son assiette avant de la repousser. Il n'avait plus trop faim, maintenant. Mais pourquoi avait-il engagé cette conversation ? Il reporta son attention sur ce que disait Pansy parce que ça l'intéressait.
- Le sang est ordinaire, donc c'est notre organisme qui a été modifié. Si toi tu bois du sang, tu vas trouver ça immonde. Le sang, c'est notre essence. On ne fonctionne pas sans. Mais nous ne sommes pas vraiment morts ; donc nous respirons, nous sentons la douleur, la faim et la soif. Notre corps fonctionne, il faut le nourrir. Des chercheurs d'une organisation douteuse pensent que le sang agit sur notre cerveau, qu'il serait responsable de la sécrétion d'hormones spécifiques aux vampires, mais rien n'a vraiment été prouvé. Tu comprends ?
- Vaguement, répondit Oliver. La bouffe pour le corps, et le sang pour la magie, c'est ça ?
- Si tu veux. Plus un vampire boit, plus il est fort, ses sens sont développés, et il cicatrise vite.
- Je m'en doutais un peu, pour la boisson ; vous picolez tout le temps.
Pansy gloussa.
- C'est un peu un substitut. Notre corps est différent du tiens, pour nous boire du sang, c'est juste l'extase, tu vois ? C'est une drogue, il nous en faut toujours, et toujours plus. C'est pour ça que les jeune vampires sont plus dangereux que n'importe quel toxico en manque. L'alcool se rapproche le plus du sang pour nous, et notre organisme l'élimine rapidement. Tu verras rarement Marcus bourré, même après quatre bouteilles de bourbons d'affilé.
Le châtain ouvrit des yeux ronds avant de reprendre son assiette, parce qu'il avait quand même faim. Il leva une main et ferma les yeux, tentant de récapituler.
- Donc ça donne juste que votre corps est hyperactif. Le sang fait fonctionner votre coeur en permanence. Quand Cedric a brisé la nuque de Draco, son corps a fait une sorte de redémarrage, c'est ça ? (Pansy rit en hochant la tête) Donc c'est le sang qui fait battre le coeur et fonctionner les organes ?
- Exact.
- C'est bizarre et horrible, conclut Oliver en mâchant son morceau de viande.
Pansy le regarda un instant et haussa les épaules.
- Je vais te laisser, j'ai une sorcière à trouver... Il faudrait qu'Hermione pointe le bout de son nez pour que je retrouve mon Blaise adoré, minauda-t-elle en papillonnant faussement des cils.
Oliver esquissa un sourire et la regarda s'en aller. Il termina le plat et fit la vaisselle en sifflotant pour meubler le silence. Il détestait le silence quand il se sentait mal. Pansy avait réchauffé la pièce par sa présence, mais maintenant il se sentait terriblement seul et sans qu'il ne puisse l'expliquer, il sentait la colère monter en lui. Bon sang, il n'avait pas de raison de s'énerver en plus ! Un torchon sur l'épaule, il laissa son front reposer contre le placard suspendu au dessus de l'évier et porta un ongle à ses lèvres et le mordilla un instant, les yeux fermés.
Ses lèvres s'entrouvrirent légèrement et il laissa son index et son pouce se glisser dans sa bouche et attraper sa langue, sa main gauche saisissant son flanc droit comme Marcus l'avait attrapé dans la douche. Le contact était étrange, mais il suffisait juste d'y repenser pour se laisser à nouveau envahir par les sensations. Il ouvrit les yeux en grand d'un coup et retira ses doigts en secouant la tête comme un fou. Après avoir passé une main dans ses cheveux, il décida de faire ce qu'il faisait toujours quand il ne voulait penser à rien ; il refit la vaisselle alors qu'elle était encore humide de son précédent nettoyage.
Dans son dos, Marcus se décolla du mur contre lequel il s'était adossé pour finir sa bière en regardant silencieusement Oliver faire son cinéma. Une remarque acerbe ne demandait qu'à sortir de sa bouche, mais il se rendit compte qu'il n'en avait pas vraiment envie. Son regard sombre accrocha une dernière fois la silhouette dos à lui avant qu'il ne quitte la pièce aussi discrètement qu'il était venu, laissant sa bouteille vide sur la table de la cuisine.
Oliver rangea tout l'espace autour de lui. L'heure suivante, il s'attaqua au salon.
Harry se mordit la lèvre en se repeignant une dernière fois dans le reflet de la vitrine du café dans lequel il avait rendez-vous. C'était peine perdue ; il ne ressemblait plus à rien. Il était en retard de dix-sept minutes et il avait du courir, terminant de tout saloper. Les vampires de Barty faisant la loi, il avait dû passer dans des ruelles sinueuses afin d'éviter de se faire repérer et exécuter publiquement. Il jeta un coup d'œil à sa tenue. Heureusement que son pantalon ne s'était pas salit, sinon Ron l'aurait démolit. Harry était sûr que le voyageur l'aurait crucifié puis ressuscité pour pouvoir le crucifier à nouveau s'il avait osé arborer une seule tâche de boue sur le bas son pantalon.
Enfin, il n'était pas là et Harry prit une grande inspiration avant de pénétrer dans le café. C'était un endroit qu'il ne connaissait pas mais que PureBlood lui avait conseillé. Il y avait un bar qui semblait fait de planches de bois assemblées entre elles et qui rappelait un peu la coque d'un bateau. De haut tabourets ronds longeaient la longueur du bar, faisant face à des banquettes qui semblait inviter les visiteurs à s'y asseoir rien qu'à l'aspect duveteux et confortable qu'elles avaient au premier coup d'œil. Peu à l'aise, Harry s'assit sur un tabouret et se retrouva face à un large miroir derrière les alcools exposés. Il en profita pour y regarder les gens derrière lui. Un couple d'adolescents partageait un soda, deux pailles plongées dans la même canette. Plus loin près de l'entrée, ce qui ressemblait à un cadre savourait une bière en faisant de la paperasse. Un serveur chauve lui faisant étrangement penser à Bruce Willis lui demanda ce qu'il voulait et Harry commanda un mojito pour patienter. Le cocktail glissa sur le bar et Harry paya tout de suite, jouant à essayer de couler les glaçons avec le petit parasol orange qui décorait son verre.
Ses yeux fixaient le miroir, se demandant comment il allait reconnaitre son contact. Ils n'avaient jamais donné de photos, préférant se consacrer à quelque chose de plus intellectuel. Harry fut prit d'un frisson désagréable. Et si Ron avait raison ? S'il était moche ? Le brun porta le cocktail à ses lèvres. Moche était un grand mot, et même s'il était assez amateur des beaux corps, il savait pertinemment qu'il n'y avait pas que ça dans la vie. Une fois, à l'université, il était sortit avec un gars de sa meute qui n'avait pas le profil pour son avantage, mais il s'était tellement amusé avec lui que c'était vite passé au second plan. Malgré sa maladresse légendaire, Neville était drôle et attentionné avec lui. Après, la vie leur avait destiné des chemins différents et Neville était parti avec Seamus. Harry avala une gorgée de son verre et faillit s'étouffer avec en rencontrant les orbes de Draco dans le miroir. L'eau gazeuse* alcoolisée remonta dans son nez d'un coup et il se mit à tousser en pinçant son nez. Le blond arqua un sourcil et lui tendit un mouchoir en tissus blanc. Harry le prit en marmonnant un remerciement et s'essuya la bouche avec avant de se moucher discrètement.
- Bonjour, jeune loup, lança Draco avant de lever un index vers le serveur. Un scotch, s'il-vous-plait.
Le serveur acquiesça et le servit avant de se retourner pour essuyer des verres. Draco s'accouda nonchalamment au bar, faisant tournoyer le contenu de son verre sous le regard médusé du brun. Il portait un costume gris sombre qui faisait ressortir son teint pâle. Harry regarda nerveusement autour de lui et lui tendit son mouchoir dans le but de lui rendre. Draco leva la main et recula imperceptiblement, une légère grimace tordant ses lèvres.
- Tu peux le garder, répondit-t-il.
- Je le laverai et te le rendrai plus tard, marmonna Harry en fourrant le mouchoir dans sa poche. (Il se tourna de trois-quart avant de le regarder à nouveau) Que... Tu fais quoi ici ?
Draco esquissa un sourire et trempa ses lèvres dans le liquide alcoolisé. Harry eut envie de détourner la tête face aux yeux métalliques brillants d'amusement.
- J'ai rendez-vous, éluda Draco en se décollant du bar.
Harry se redressa, la main droite tenant son verre. Il se sentait juste trop mal, parce qu'il avait mentit à Draco pour décaler le rendez-vous qu'ils s'étaient fixés au même moment de l'autre côté de la ville. En fait, il avait arrêté de lui parler depuis que Draco était parti après qu'ils aient couché ensemble. Le blond avait dormi avec lui, mais au matin, il était déjà partit. Les affaires qui jonchaient sa maison avaient été rangées et pliées sur une chaise dans sa chambre et un homme prenait les mesures de sa porte d'entrée. Il l'avait un peu mal prit. Son autre main rejoignit le bord de son verre et il baissa la tête vers son contenu soudainement devenu très intéressant.
- Allez, Potter, lèves-toi. On va discuter, lâcha finalement Draco en vidant son verre cul sec.
- Je ne suis pas là pour ça, et j'attends déjà quelqu'un.
- C'est ça, à d'autres. Lèves ton cul de ce tabouret, Scar07, avant que je ne t'attrape par la peau du scrotum, fit l'Originel en se dirigeant vers une banquette vide au fond de la salle.
Harry se redressa si vite qu'il faillit faire tomber son haut tabouret. Ses yeux verts fixèrent le dos du blond qui s'attabla tranquillement contre la baie vitrée. Trop choqué pour dire quoi que ce soit, le brun se leva et marcha comme un automate pour s'installer face à lui, sa main droite serrant le verre à s'en faire blanchir les jointures.
- Tu m'as appelé comment ? demanda Harry.
- J'ai une stricte horreur de me répéter. Tu as très bien compris.
Harry passa nerveusement une main dans ses cheveux, un sourire nerveux éclairant son visage.
- Oh mon Dieu, je suis en train d'halluciner...
- PureBlood, se présenta Draco en s'éventant avec la carte des boissons. Évitons les banalités, je te prie.
Mais Harry avait fait une fixette. Il lui prit la carte des mains et le regarda dans les yeux.
- Comment tu as su ?
- Dans nos messages tu disais être discret de nature, énuméra Draco avec banalité. Occupant un poste assez difficile et vivant dans la périphérie de la ville. (Il tendit son index vers le front de son vis-à-vis) Scar fait appel à la cicatrice sur ton front et tu es né le 31 juillet, d'où le 07. Je ne suis pas idiot, non plus. Enfin, ce n'étaient que des suppositions. J'ai eu la confirmation quand tu as annulé notre rendez-vous ; tu ne pouvais pas être présent à deux endroits différents en même temps.
- Attends, ça veut dire que tu t'en doutais...
- ... depuis notre rencontre dans le bayou. Oui, acheva Draco.
Harry repassa encore la main dans ses cheveux en soupirant. C'était juste trop énorme pour lui. Et Ron allait juste le tuer...
« Nous appelons famille le groupe dans lequel nous naissons. Mais la vérité est que la famille est le groupe qui nous aide à grandir et à nous épanouir, avec ou sans liens de sang. Les loups sont les mieux placés pour comprendre cette définition. Ils vivent en meute, où chacun se préoccupe du sort des autres. Notre famille a plusieurs fois tenté de se calquer sur ce modèle qui nous échappe, car nous avons été élevé trop différemment. Lucius ne se préoccupait que de ceux pouvant réussir, les forts (Terence et Draco). Nous avons été élevé égoïstement et un nouvel instinct s'est installé en nous, engendrant les êtres que nous sommes devenus après notre transformation. Nous sommes mus par cet horrible instinct de survie, qui supprime tout autour de nous, à défaut de notre propre existence.
Le meilleur exemple de changement est certainement Draco. C'était un sale gosse, un lèche-botte de première et un lâche. La mort d'Astoria a été le traumatisme qui l'a définitivement calmé. Après ce moment, il a toujours fallut qu'il soit propre, impeccable physiquement et dans toutes ses apparences (intellectuelles et sentimentales). Le voyou qu'il était est encore là, mais il le tient en bride. Je ne pense pas que ce soit une bonne solution ; le jour où il sortira, il n'en sera que plus dangereux. Mais il vrai que je ne peux pas comprendre, car je ne suis pas et ne serrais jamais comme ma fratrie. Depuis l'accident de ma transformation, le loup en moi me pousse à me battre pour rien. J'étais le premier hybride. Celui qui a deux consciences et une bête intérieure qui prend le contrôle quand je m'enflamme. Avoir une double-conscience rend si proche de la folie que ça en aurait été insupportable si j'avais été seul. J'aurais finis schizophrène, comme ils l'appellent aujourd'hui - ou peut-être le suis-je déjà ?
C'est après notre transformation que nous avons pris conscience de la véritable notion de famille. La famille regroupe des personnes qui donneraient leur vie pour les autres et se soutiennent dans toutes les situations. Nous nous sommes entraidés, Draco nous a appris à nous contrôler. Blaise et lui me sont rentrés dedans à chaque fois que j'ai débordé. La famille, c'est le soutient, la confiance et l'amour au-delà des liens du sang. Aujourd'hui, la famille Malfoy c'est moi, Draco, Blaise et Pansy. Peut-être aussi Adrian quand il n'est pas occupé à nous faire de sales coups dans le dos, comme le sale retourneur de veste qu'il est.
J'ai passé des nuits entières dans notre enfance à dormir avec Pansy quand elle avait peur de l'orage. Blaise a passé des heures à me soigner quand Lucius me battait. Il a aussi corrigé mes dents à l'aide de la magie et de Narcissa quand les enfants du village se moquaient de moi. Draco volait les gâteaux au miel de notre mère pour que nous les mangions en cachette_ 13 novembre 1986 »
Oliver suçota un instant le bâtonnet de sa glace, les yeux rivés sur l'écriture italique. Il était dix-neuf heures et Oliver avait trouvé de quoi s'occuper toute l'après-midi, après avoir rangé la cuisine et le salon de fond en comble. Il était monté au grenier et avait pris deux gros journaux qu'il avait dévoré.
Oliver mordit une dernière fois le bout de bois avant de le retirer de sa bouche, pensif. Les mots de Marcus le troublaient. "Double-conscience" ? Est-ce qu'il parlait de sa double-nature ? Vampire et loup, ou conscience d'origine et conscience lupine ? Laquelle était la plus probable ? Il joua distraitement avec le bâtonnet avant de le casser méthodiquement en plusieurs morceaux. D'un côté il y avait le Marcus totalement malade – et alcoolique, il en était sûr –, qui avait assassiné des policiers la première fois qu'il l'avait vu, celui qui l'avait embrassé dans un cimetière et manipulé en le réconfortant avant de le rejeter comme s'il n'avait pas plus d'utilité qu'un vieux mouchoir usagé. De l'autre, il y avait le Marcus calculateur, qui lui avait raconté sa transformation, qui l'avait pris contre lui dans la douche alors qu'il pensait une fois de plus qu'il allait mourir, celui qui plaisantait avec Blaise et qui souriait en voyant son frère et sa sœur jouer à leurs inventions bizarres. Lequel était le vrai ? Lequel était la bête ? Oliver découvrait toujours une autre personne au travers des lignes italiques.
- Ce type est juste schizophrène, grogna Oliver en fermant le gros journal d'un coup.
- Je crois que ce type t'emmerdes, répondit la voix grave de Marcus derrière lui.
Le brun lui jeta un regard de travers en contournant le canapé où était assit Oliver et s'assit face à lui, un verre de bourbon dans la main droite. Son regard noir le détailla de pied en cape. Marcus désigna le journal.
- Tu t'amuses bien ?
Oliver haussa les épaules en continuant de démolir le bâtonnet.
- Je me cultive, répondit-il simplement. Et toi ? J'ai cru comprendre que tu étais occupé.
Marcus laissa vagabonder son regard sur le mobilier avant de s'installer plus confortablement sur les coussins.
- La femme de ménage a fait un travail remarquable, déclara-t-il, les yeux moqueurs. Peut-être devrais-je songer à l'augmenter...
Oliver lui lança un regard venimeux qui ne fit qu'attiser la moquerie de l'autre. Ce connard trouvait toujours le moyen de se payer sa tête. Marcus balaya l'air de sa main, comme si rien n'était important. Ses yeux brillaient d'amusement.
- Aux dernières nouvelles, Pansy cherche Hermione. Adrian joue le parfait petit espion. Draco drague dans un bar, énuméra Marcus sur le ton de la conversation.
- Et toi, dans tout ça ?
- Je décompresse, répondit théâtralement Marcus en sirotant son verre.
- J'oubliais ton emploi du temps si chargé, ironisa Oliver en rassemblant les débris de bois en un petit tas sur la table basse.
Marcus arqua un sourcil en le regardant faire son petit manège. Ses yeux perçants remontèrent vers Oliver.
- Figures-toi que j'ai aussi d'autres choses à faire que de te sauver les fesses tous les trois jours, lança-t-il en croisant les jambes sur la table basse. J'ai passé un moment avec Barthemius. Dieu, que cet homme est chiant, se lamenta-t-il.
Oliver haussa un sourcil.
- Barthemius ?
- Tu en connais beaucoup des Barthemius toi ? Barty n'est qu'un diminutif. Ce vieil homme ne sera pas maire longtemps, il ne se rend pas compte qu'il se fait bouffer par les charognes qui le conseillent. Stupides humains...
- Attends, l'interrompit Oliver en levant une main. Tu étais... avec le maire ? Barthemius Croupton ?
- Bien sûr, pas avec l'autre fou, siffla Marcus dédaigneusement. Il n'ingurgite pas de verveine, alors il est facile de l'hypnotiser pour lui soutirer des informations.
- Qu'est-ce que tu faisais avec lui ?
Marcus fit tourner savamment le contenu de son verre avant de le désigner d'un doigt.
- D'après toi ? Il s'agit de ma ville, répondit-il sur le ton de l'évidence.
- Pourquoi tu ne la reprends pas ? Je veux dire, d'un coup, fit Oliver en claquant des doigts.
Marcus ricana et l'imita avec une grimace. Oliver sentit l'énervement pointer. Il serra la mâchoire et ravala une insulte bien sentie alors que Marcus finissait son verre.
- Tu ne connais rien à la politique, lança l'hybride. Les vampires savent que les Originels sont de retours. La guerre de territoire entre les loups et les vampires n'est qu'une infime partie de ce qui ne va pas dans cette ville. Un coup d'état ne résoudrait rien, parce que bien que nous soyons les plus puissants, ce sera le chaos. La dernière chose à faire est bien de révéler notre existence aux humains. Parce que crois-moi, personne ne laissera un Originel au pouvoir. La solution consiste à faire évoluer les choses d'abord implicitement. Le meilleur moyen de faire bouger les choses, c'est de changer ce Conseil de merde qu'ils ont installé. Pour cela, il faut changer de maire car c'est lui qui choisit son Conseil.
- Et comme chaque membre du Conseil représente une espèce, ils agissent chacun de leur côté pour ne former qu'un tout... comprit Oliver. Comme les ricochets...
- Exactement. C'est ce que nous faisons depuis notre arrivée.
- Je ne comprends pas là, par contre.
- Avec qui Draco est-il le plus proche, hors de cette maison ?
Oliver n'eut pas besoin de réfléchir, la réponse tombait sous le sens.
- Harry.
- Exact. Et Harry, de qui est-il proche ?
- Ron ?
- Exact. Je sais que ça t'être difficile, mais prends le temps de brancher les trois neurones qu'il te reste pour réfléchir, lança Marcus en se levant pour se resservir un verre.
Oliver lui envoya un doigt d'honneur et fronça les sourcils en triant ses débris de bois. Il les plaça en rond et récita mentalement les espèces qu'il connaissait. Les humains étaient forcément représentés par le maire, c'était logique. Après, il y avait les sorcières, les vampires, les loups... et les voyageurs. Oliver ouvrit ses yeux caramel en grand. Marcus se rassit sur la banquette face à lui. Il avait le visage fermé, mais Oliver voyait ses prunelles le scruter attentivement.
- J'ai compris.
Marcus fit un mouvement de la main, l'enjoignant à continuer tout en buvant.
- Draco a parlé d'une alliance avec les loups et a promis une protection à Harry. Tu veux recréer un Conseil et tu placeras Harry comme représentant des loups et Draco pour les vampires. Tu penses à Ron pour les voyageurs. Et pour les sorcières ?
- Nous avons un spécimen intéressant dans la cave, répondit vaguement Marcus.
Oliver compris qu'il faisait référence à Theodore. C'était totalement insensé, Oliver savait que jamais son ami n'accepterait. Theodore était effacé de nature et le pouvoir dans ce sens du terme ne l'intéressait pas. Il n'accepterait jamais d'être responsable d'une communauté entière.
- Vous commencez à mettre les pions en place, lança finalement Oliver. Mais pourquoi maintenant, alors que ce n'est pas la priorité ?
- Tu ne comprends pas, rétorqua Marcus. C'est une priorité parce que cette ville est sur une pente glissante. Rétablir l'ordre dans le Conseil permettra de rétablir l'ordre dans toute la ville. En apparence, la Nouvelle Orléans va bien. Mais les communauté se font la guerre parce que personne ne les représente. Barty Junior et la voyageuse profitent de ça, et ils ne sont pas les seuls. Les sorcières savent que nous sommes liés et voient en moi une arme dangereuse à abattre. Ce qui veut dire que tu ne peux plus poser un pied dehors sans nous mettre en danger. D'un côté, elles souhaitent ma mort car je suis le seul hybride ; celui qui peut en engendrer d'autre, et ça leur fait peur. En me tuant, elles éteignent aussi toute ma lignée – donc énormément de vampires. D'un autre côté, elles veulent ton sang pour gagner plus de pouvoir et anéantir les loups et les vampires. Tant qu'une communauté essaiera de supplanter l'autre, rien ne pourra aboutir. Rétablir le Conseil, c'est faire le ménage une bonne fois pour toute ; passer un grand coup de tondeuse pour enfin voir qui sont nos ennemis. Et tu as faux en disant que ce n'est pas une priorité par rapport aux problèmes que représentent Barty Junior et la voyageuse ; c'est une action qui se fait et doit se faire en parallèle.
Oliver resta silencieux un moment. Il n'avait jamais pensé à cette histoire, celle de l'autre Nouvelle-Orléans, la ville cosmopolite dont il ne savait rien. Pourtant, les explications de Marcus étaient claires pour lui. C'était comme une toile d'araignée que les Originels commençaient à tisser petit à petit. Marcus prônait une égalité mais Oliver en doutait fortement à cause de son caractère mégalomane.
- Et toi, dans tout ça, demanda-t-il. Tu serais qui dans le Conseil ?
- Je serais omniprésent, susurra Marcus.
Il eut un sourire narquois mais son ton était sérieux au possible.
- Des sacrifices seront nécessaires, et le maire tombera. Un humain prendra sa place, un leader charismatique. Mais il y aura toujours un Originel pour tirer les ficelles, un homme de l'ombre que personne ne peut abattre, c'est dans l'ordre des choses ; les forts gagnent toujours.
- Et tu seras cet homme, comprit Oliver. Je croyais que tu voulais contrôler ta ville ?
- Mais je la contrôlerai, Oliver. Quand le moment sera venu. Mais laissons le temps aux choses de s'installer. Barty Croupton Junior creuse sa tombe lui-même en voulant ta peau. Il s'est allié avec les sorcières pour tuer les loups et, ensemble, ils s'attaquent désormais aux voyageurs. Adrian se charge de connaitre ses motivations par rapport à nous. Draco gère le dossier "Loups et Voyageurs". Son travail avec Potter réside en une alliance avec les voyageurs aussi, afin d'être à forces égales contre Barty, mais les choses doivent se faire en finesse, pour bien se faire. Mon travail consiste à remettre Blaise dans son corps et torturer la voyageuse pour en savoir plus sur ses motivations. Dès que je trouve le moyen de nous délier, j'efface ta mémoire et je te renvoie à ton oncle par Chronopost.
Oliver le regarda fixement, comme s'il le découvrait à nouveau. Il savait qu'il était tombé dans une famille de manipulateur mais là, ça dépassait son entendement. Tout s'enchaînait trop vite, et il ne comprenait rien. Marcus lui adressa un sourire moqueur et tendit son verre comme s'il trinquait avec lui. Oliver détourna les yeux quand le brun avala une nouvelle gorgée de bourbon, ses yeux semblable à deux onyx plantés dans les siens.
Il avait l'impression d'être plongé en plein Game Of Thrones...
Cedric fulminait quand il rentra chez lui en claquant la porte. Toutes les affaires d'Oliver avait disparu, certainement reprises par Draco. Une enveloppe avait été laissé la veille sur la table de son salon. Elle contenait une énorme somme d'argent, soi-disant pour le dédommager de la facture d'eau et avoir entretenu Oliver. Il avait eut envie de la mettre au feu, mais la somme pouvait toujours lui être utile. Son regard se posa sur une chaise qu'il attrapa et brisa au sol, pour se passer les nerfs. Plus rien n'allait... Il avait envie de tout détruire autour de lui. La porte derrière lui claqua brusquement et il sursauta. Il s'avança vers la porte d'entrée ; il était seul. Il s'apprêtait à faire demi-tour quand il entendit un horriblement crissement qui le fit grimacer et plaquer ses mains sur ses oreilles sensibles. Il connaissait trop bien ce bruit, c'était le crissement des ongles sur le tableau noir où il marquait sa liste de courses dans la cuisine - c'était aussi la marque de son visiteur.
- Tu m'avais promis le garçon, siffla une voix glaciale venant de la cuisine. Tu m'avais assuré que je le retrouverais ici alors pourquoi n'y est-il pas ?!
La dernière phrase avait presque été hurlé et Cedric s'avança prudemment dans la cuisine, cherchant ses mots. Une parole de travers, et sa tête se trouverait à dix mètres de son corps. Barty Croupton était debout, les deux bras appuyés sur la table, la mine destructrice. Il se passait régulièrement la langue sur sa lèvre inférieure, et ses cheveux châtains étaient en désordre. Cedric le laissa parler, sa fureur transformée en crainte ; il n'avait aucun moyen de se défendre contre lui, étant bloqué sous forme humain comme toute la meute. Le jeune regrettait de l'avoir laissé entrer dans sa maison la première fois...
- Le deal était la mort de l'hybride contre Oliver, rappela Barty en plantant ses ongles dans la table. Jusqu'ici je t'ai même promis de laisser le garçon en vie ; il n'y a que son sang qui m'intéresse.
- Un accident s'est produit, se défendit Cedric tout en essayant de rester calme. L'hybride est revenu le prendre et il est chez eux.
- Je sais qu'il est chez eux, cria l'autre en balayant d'un revers le bras le vase en terre qui se trouvait sur la table.
Le vase s'écrasa au sol, propageant de l'eau et des débris de verre sur le carrelage de la cuisine. Barty le regardait dangereusement.
- Figures-toi que j'ai trouvé un meilleur informateur que toi ! J'ai même les moyens de pénétrer dans leur maison et d'emporter le gamin sans ton aide. Alors je te le demandes, sachant que tu m'a mentis déjà une fois ; à quoi me sers-tu maintenant ? susurra le vampire en penchant la tête sur le côté.
Cedric recula d'un pas devant la moue enfantine de Barty. Il avait vite compris que cet homme était fou, et il s'en voulait de s'être allié à lui. Lui, tout ce qu'il voulait, c'était avoir Oliver et être débarrassé des Originels une bonne fois pour toute.
- D'abord, je veux son sang et ensuite, je débarrasserai la ville des Originels. Ton but n'est pas de te les mettre à dos.
- Je n'ai aucun moyen de lutter contre eux !
- Alors tu ne me sers à rien, chantonna l'autre.
En un coup de vent, Cedric fut plaqué violemment contre le mur. A côté de lui, un cadre tomba et le verre se brisa sous l'impact. La peur commençait à l'envahir et il sentait le sang battre furieusement dans ses veines.
- ATTENDEZ ! Je... je suis le seul à pouvoir convaincre Oliver de me donner son sang... On... a couché plusieurs fois ensemble, et je sais qu'il m'aime beaucoup...
Barty resta silencieux un moment, un bras levé prêt à lui ôter la vie. Ses yeux enfoncés le dardèrent en cherchant à savoir s'il mentait. Cedric se retenait de trembler comme une feuille morte. Après une minute de silence, un large sourire mauvais fendit la bouche de Barty, sur laquelle il passa encore une fois sa langue.
- Je t'ai trouvé une nouvelle utilité...
Sans avertissement, il lui tordit le bras de sorte à que le jeune loup se contorsionne pour être bloqué face au mur. Barty le cala de son corps et releva sa manche, mordant profondément son propre poignet droit. De sa main gauche il lui bloqua la mâchoire et lui présenta sa blessure. Malgré sa mauvaise position, Cedric tenta de se débattre, maintenant sa bouche furieusement fermée, mais l'autre lui donna un coup de pied à l'arrière du genoux qui le fit crier. Ses lèvres s'ouvrirent et le sang du vampire se répandit dans sa bouche, l'envahissant de son infect goût ferrugineux. Barty l'empêcha de respirer en lui bouchant le nez pour le forcer à l'avaler, et quand ce fut fait, il lui attrapa la tête des deux mains et la tourna violemment sur le côté. Un craquement sinistre retentit et Cedric s'effondra sur le sol, à côté du cadre brisé.
- De toute façon, tu méritais de mourir pour ta trahison, stupide loup, cracha Barty.
*Ma bêta m'a fait douter quand elle m'a dit "c'est de l'eau gazeuse dans le mojito ?" alors j'ai demandé à un ami barman qui m'a confirmé sur sa composition (3 cuillères à café de sucre de canne en poudre ; 1/2 citron vert ; 1 branche de menthe bien fournie ; de l'eau gazeuse et du rhum).
Non, mon but n'est pas de vous transformer en alcoolique, pourquoi cette question ? :D
*se cache derrière des barricades et parle avec un mégaphone comme dans les films policiers*
Bon...
Je sais ; on s'en doutait pour Harry et Draco, quelques uns d'entre vous l'avaient déjà deviné :)
Et puis Cedric... ben il faut croire qu'on s'attache aux meubles Ikea, ils peuvent être utile, mine de rien... Je m'excuse d'avance pour les Cedric-addicts, mais je trouvais qu'il avait la tête du parfait petit traitre, enfin, surtout dans cette fiction (sourire d'ange).
Comme d'habitude, vos avis m'intéressent !
Bon maintenant, je vais écrire la chapitre 12 avant de ne plus avoir le temps :D
