En tout cas, merci à tous ceux qui m'ont ajouté en story/author alert :) et merci pour vos reviews!
Bonne lecture!
Ziva attendit un instant, les sens aux aguets, qu'une porte s'ouvre ou que quelqu'un vienne s'informer des coups de feu, mais le silence retomba.
Elle n'était pas surprise. En Israël, les fusillades étaient courantes, et il valait mieux rester chez soi à attendre que ce soit fini, plutôt que de chercher à savoir ce qui s'était passé et se mettre en danger.
Le silence acheva de la rassurer : l'homme n'avait pas de complices à l'intérieur de son appartement et personne dehors, à faire le guet, non plus.
Elle se pencha sur le corps sans vie et le retourna pour voir le visage. La peau mate, les cheveux noirs bouclés, une barbe de trois jours, aucun signe distinctif, il ressemblait à n'importe quel Israélien.
Elle enleva la mitraillette de son épaule, la déchargea et entreprit de le fouiller. Elle retira un pistolet de secours, trois couteaux attachés le long de sa jambe et même une grenade attachée à sa ceinture. Elle ne fut pas surprise de ne trouver aucune pièce d'identité.
Il s'agissait maintenant de faire disparaître le corps. Elle sortir son portable et fit défiler la liste des contacts. Son père ? Certainement pas. Gibbs ? Hors de question. Tony ? Elle ne pouvait mêler aucune des personnes à qui elle tenait dans cette affaire. C'était son problème.
Elle tomba alors sur le nom de Hedvi. Un vieil ami du Mossad qui lui devait plus d'une faveur. Elle envoya l'appel et colla le téléphone à son oreille ;
-Allô ? demanda la voix d'un homme, en hébreu.
- Hedvi ?
-Qui est-ce ? demanda-t'il, méfiant.
Ziva eut un bref sourire. Toujours aussi méfiant.
-Hedvi, c'est moi, Ziva.
-Ziva ? Heureusement que tu me donnes des nouvelles, je commençai à m'inquiéter, ironisa-t'il.
-J'ai été plutôt occupée, ces derniers temps…
-Alors, de retour de tes petites vacances en Amérique ? Prête à repartir au boulot, au Mossad ?
-En fait, j'ai une faveur à te demander.
-Eh bien ! Il y a une première fois à tout comme on dit… Et de quoi a donc besoin l'immense Ziva David ? Je ne suis plus célibataire, tu sais, plaisanta-t'il.
Ziva s'autorisa de nouveau un petit sourire. Il était bon, rassurant d'entendre la voix de son ancien coéquipier.
-Tu peux venir chez moi, dans dix minutes ?
-Toujours à la même adresse ?
-Toujours…
Ponctuel, comme à son habitude, Hedvi arriva à peine quelques minutes plus tard. Elle l'entendit monter rapidement les marches de son bâtiment et se releva, en le voyant tourner à son étage.
Les yeux d'Hedvi survolèrent rapidement les environs, remarquant la porte de l'appartement aussi trouée qu'une passoire, l'homme allongé par terre avec un trou dans la tempe, les armes rangés en ordre sur sa gauche et Ziva, son pistolet encore à la main. Il alla à sa rencontre, ouvrant les bras, mais elle le repoussa gentiment, et désigna le corps d'un coup de tête :
-On fêtera nos retrouvailles après, j'ai besoin que tu amènes ce corps quelque part.
Hedvi se tourna du côté de l'homme, et répondit, d'un air faussement surpris :
-Eh bien, dis donc, que s'est-il passé ici ? Qu'est-ce que tu lui as fait, pour qu'il tente de te tuer ?
Il savait qu'elle ne dirait rien, et elle savait qu'il le savait. Une conversation entre deux agents du Mossad n'était jamais sincère.
-Rien, indirectement, répondit-elle, énigmatiquement. Mais je pense savoir qui l'envoie…
Tony tendit le bout de papier où était griffonnée l'adresse au chauffeur de taxi. L'homme fit un signe de la tête et démarra en trombe. Tombant à moitié à la renverse, Tony s'accrocha à la portière, en jurant. Maintenant, il savait où Ziva avait appris à conduire…
Après quelques minutes de feux tricolores brûlés, de virages en épingle à cheveux et d'infractions aux limites de vitesse, la voiture pila devant le bâtiment de Ziva. Il paya l'homme en lui marmonnant un vague « Merci », et s'engouffra dans le bâtiment, montant les marches quatre à quatre, vérifiant à chaque palier le nom des habitants.
Il avait passé les dernières heures à ruminer ce qu'il avait entendu dans le bureau du Directeur du Mossad. A tête fourmillait de questions sans réponses. Pourquoi l'avait-elle tué ? Pourquoi avoir menti ? Pourquoi ne pas lui avoir dit, à lui ? Et il était décidé à obtenir ces réponses.
Au détour du quatrième étage, des voix se firent entendre. Un homme et une femme. Et il pouvait clairement identifier la femme comme étant Ziva. Il grimpa les trois dernières marches et arriva à son étage. Médusé, il écarquilla les yeux en remarquant la porte et les gouttes de sang par terre.
Prenant conscience de sa présence, Ziva et l'homme s'arrêtèrent de discuter. Ils échangèrent un regard éloquent et l'homme annonça quelque chose en hébreu, avant de frôler Tony pour redescendre les escaliers.
Tony reprit peu à peu ses esprits et se précipita vers la jeune femme :
-Ziva ! Qu'est-il passé ?
Il voyait clairement qu'elle ne semblait pas être blessée, mais ne put s'empêcher d'ajouter :
-Tu vas bien ?
-Qu'est-ce que tu fais là, Tony ? demanda-t'elle, en essayant de masquer son impatience.
-Je dois te parler à propos de quelque chose… Mais enfin, que t'est-il arrivé ?
-Ce n'est pas le moment, Tony, je suis occupée. On discutera demain, répliqua-t'elle, en faisant mine de descendre.
Mais Tony attrapa son bras et la tourna vers lui :
-Non, je veux des réponses, maintenant. J'en ai marre que tu me tiennes toujours éloigné de ce qu'il t'arrive…
-Ce qu'il m'arrive ne te regarde pas Tony !
Il ignora la cinglante réplique et continua, avec un signe de la tête vers les escaliers :
-C'est qui, celui-là ?
-Un ancien coéquipier, Hedvi ! lui répondit-elle, en colère, décidant que lui dire la vérité était peut-être le meilleur moyen pour couper court à la discussion. Maintenant, laisse-moi partir, Tony !
D'un geste brusque, elle se déroba de sa poigne, et dévala les escaliers.
« Je commence à en avoir marre, de tes anciens coéquipiers, Ziva » marmonna sombrement Tony, en écoutant ses pas disparaître.
Ziva s'engouffra dans la voiture et Hevni appuya sur la pédale d'accélérateur.
-Un collègue américain ? demanda, l'air de rien, Hevni, en lui jetant un coup d'œil en biais.
-Oui, répondit-elle sèchement.
-Il est au courant ?
-A ton avis ?
Si ce qu'elle soupçonnait s'avérait vrai, elle aurait une raison de plus pour éloigner Tony, Gibbs et tout le NCIS de cette histoire. Elle ne pouvait pas risquer qu'ils soient pris pour cible.
-Tu sais, tu devrais peut-être… reprit-il.
-Non, Hevni, contente-toi de m'amener chez Noah.
-Qu'est-ce que tu lui veux ? demanda Hevni, en fronçant les sourcils.
-Des informations.
Hevni enfonça la pédale de freins et se tourna vers la jeune femme, en la regardant droit dans les yeux :
-Ne me dis pas que…
-Conduis moi chez Noah, Hevni, martela-t'elle, menaçante, soutenant son regard.
En arrivant au bâtiment du Mossad, Tony sortit son portable et le porta à son oreille. Après quelques tonalités, la voix sèche répondit :
-Gibbs.
-Patron, je dois te parler !
-Ca ne peut pas attendre, DiNozzo ? Je suis occupé…
Le sang de Tony ne fit qu'un tour. C'était la deuxième fois aujourd'hui qu'il entendait cette phrase et, Gibbs ou pas, ça commençait vraiment à lui taper sur le système…
-Non ! répondit-il, un peu trop violemment. Non, ça ne peut pas attendre ! Je crois que Ziva a des problèmes…
-Ziva est capable de se…
-Pas avec le Hamas !
Il y eut un silence de l'autre côté, puis la voix de Gibbs trancha, avant de raccrocher :
-Je suis dans le bureau de Rivkin…
La voiture freina devant un immeuble situé dans une rue déserte. Les deux agents du Mossad en sortirent. Ziva indiqua le coffre à Hevni de la main, alors qu'elle allait toquer à la porte de l'appartement qui donnait sur la rue.
La porte s'ouvrit avec un grincement, et la tête d'un vieil homme apparut dans l'embrasure, méfiant. Lorsqu'il reconnut la jeune femme devant lui, son regard s'éclaira, et il ouvrit la porte en grand pour la laisser entrer :
-Zivalah !
Ziva s'autorisa un sourire et tomba un instant dans les bras de Noah.
-Tu viens me rendre visite, Zivalah ? continua-t'il de sa voix éraillée, en la menant dans son salon désordonné.
-Pas vraiment, Noah, j'ai besoin d'informations.
-Ah, voyons donc ce que je peux faire pour toi…
-Tout à l'heure, un homme m'attendait dans mon appartement pour me tuer, manifestement. Hevni ramène le corps. Je voudrais que tu essaies de l'identifier, et que tu me dises si… S'il appartient au Hamas.
Le visage de Noah s'assombrit. Il avait quitté son poste d'instructeur au Mossad il y avait bien longtemps, et il ne voulait pas se replonger dans ce monde. Mais Ziva semblait avoir besoin de lui et il ferait n'importe quoi pour l'aider. Il se rappelait encore quand elle était son élève. Elle s'était engagée au Mossad à tout juste dix-huit ans. En une petite année, elle avait gravi les échelons et était arrivée dans la division Metsada, la plus violente, celle spécialisée dans les opérations paramilitaires, de guerres psychologiques, de sabotage et d'assassinat. Il se rappelait encore la première fois qu'il avait fait connaissance avec sa promotion. Elle était la seule fille, et certainement la plus jeune. Il se souvenait aussi à cette époque qu'elle avait encore dans les yeux cette étincelle, ce sourire presque innocent, qui trahissait immédiatement sa jeunesse. Il l'avait vu s'entraîner peut-être plus dur que tous les autres et devenir incontestablement l'une des officières les plus douées de l'agence. Et au fur et à mesure qu'elle apprenait à résister aux conditions les plus épouvantables, à devenir plus silencieuse qu'une ombre, à torturer, son sourire s'était fait de plus en plus rare, cette lueur avait disparu et elle avait construit son masque impénétrable. Au fil des années, Noah s'était attaché à cette jeune fille et avait désapprouvé la décision du Directeur Adjoint-son propre père-, de lui confier sa première mission à risques, à seulement 22 ans. Lorsqu'il avait appris qu'elle avait échappé de peu à la mort, il était entré en conflit ouvert avec les chefs du Mossad et avait finalement donné sa démission.
Hevni interrompit ses pensées en entrant dans la maison, un sac sur l'épaule. Noah salua son autre ancien élève et ouvrit le sac. Au plus vite il aurait identifié le corps, plus vite l'affaire serait réglée.
Il examiné le visage. Commun, facile à oublier. Aucun tatouage, piercing. Un corps jeune, modelable, adaptable à toutes les situations. Noah demanda alors à voir les armes qu'il portait sur lui.
Avant de devenir instructeur, il avait coordonné les infiltrations au Hamas, avant de s'engager lui-même dans les rangs de l'organisation terroriste pour en apprendre plus. Il était donc plus que capable d'identifier un membre du Hamas.
Son regard se porta immédiatement sur les couteaux. Il les soupesa un à un, les leva à la lumière et put voir l'emblème du Hamas gravé sur la lame. Soucieux, il les reposa et se tourna vers Ziva :
-Il fait bien partie du Mossad…
A cette annonce, Ziva ne montra aucune émotion, ni surprise, ni peur. Le Hamas avait donc appris, elle ne savait comment, pour Ari et il tentait maintenant de l'éliminer. Elle devait retourner aux bureaux du Mossad et forcer Gibbs et Tony à repartir en Amérique le plus vite possible. Ils seraient eux aussi considérés comme complices et étaient menacés. Par sa faute. Encore une fois. Une fois en sécurité, elle pourrait prendre les choses en main et régler cette histoire qui durait depuis bien trop longtemps. Au fond, elle savait qu'ils allaient bien finir par apprendre qu'elle avait tué Ari, elle ne pouvait plus fuir indéfiniment.
-Zivalah, s'il te plaît…
-Merci, Noah, c'est tout ce que j'avais besoin de savoir. Hevni, tu peux te débarrasser du corps ? Je dois retourner au Mossad, l'interrompit-elle.
-Que vas-tu faire ? lui demanda Noah. Tu n'as aucune chance. Parles-en à ton père.
-Non, je ne mêle pas mon père à ça. Il a déjà du subir une fois les conséquences du Hamas.
-Bon sang, Ziva, arrête tes idioties ! On parle du Hamas, de terroristes, là ! s'énerva brusquement Hevni. Tu n'es pas de taille contre eux ! Ce gamin n'était qu'un novice, un débutant ! La prochaine fois, tu n'y survivras pas !
Sans un regard pour les deux hommes, elle se dirigea vers la porte, l'ouvrit, et se précipita dans la rue.
Lorsque Tony ouvrit la porte du bureau de Michael Rivkin en grand, il trouva Gibbs en train de fouiller tous les tiroirs, en les vidant sur le bureau recouvert de feuilles.
-Euh, patron, qu'est-ce qu'il se passe ?
-Je cherche des preuves, DiNozzo.
-Des preuves ?
-Je cherche son ordre de mission, continua Gibbs, en survolant les papiers du regard. Qu'est-ce qu'il se passe avec Ziva, alors ?
-Tout à l'heure je suis allée la voir et je l'ai trouvé en train de discuter avec un autre agent du Mossad…
-Voilà qui est inhabituel, rétorqua Gibbs sur un ton sarcastique.
-Elle venait de se faire attaquer !
A ces mots, Gibbs s'arrêta et se tourna vers son agent :
-Et qu'est-ce qui te fait penser que le Hamas est impliqué ? dit-il en faisant allusion à leur conversation téléphonique.
-Ce n'est plus un secret. Ziva a tué Ari, répondit Tony, sans pouvoir s'empêcher d'ajouter un peu de reproche à sa voix –Gibbs avait été au courant depuis le début et ne lui avait rien dévoilé, encore une fois.
Si Gibbs fut surpris que son agent soit au courant, il ne le montra pas.
-Qu'est-ce qu'il te fait penser que la personne qui l'a attaquée est du Ham…
Gibbs s'interrompit brusquement et ses yeux se concentrèrent sur un point derrière Tony.
-Euh patron ? demanda son agent, confus.
Gibbs se leva, passa derrière lui et s'approcha d'un des tableaux qui ornaient le mur. Impersonnel, comme le reste du bureau, il représentait un assemblage de carrés beiges, sur fond blanc, avec un petit rond noir au milieu.
Gibbs colla son visage sur le côté. Le petit rond noir ne faisait pas partie du tableau. En fait, il était en relief, même. D'un mouvement brusque, il l'écrasa du plat de la main. Examinant les débris dans sa main, il remarqua alors un minuscule circuit intégré et quelques fils électrique. Un micro. Le « petit point noir » était un micro.
Il sortit précipitamment du bureau de Rivkin et s'enfonça si rapidement vers le bureau d'Eli David, que Tony dut presque courir pour le suivre.
Comme à son habitude, Gibbs passa devant la secrétaire, ouvrit brusquement la porte et posa le micro en miettes sur la table.
-A qui appartient ce micro ? demanda-t'il avec force.
Le visage d'Eli David pâlit légèrement, avant qu'il ne reprenne contenance.
-A la suite de la mort de l'agent double Haswari, nous nous sommes rendus compte qu'il avait placé des micros et des caméras partout dans le bâtiment. Celui-ci a du nous échapper. Où l'avez-vous trouvé ?
-Dans le bureau de Rivkin ! cria presque Gibbs.
Cette fois-ci, Eli David pâlit réellement et ses yeux s'agrandirent légèrement.
-Est-ce que vous avez dit à Rivkin que Ziva avait tué Ari ? demanda alors brusquement Tony.
-Juste avant qu'il parte en Amérique, nous avons eu une conversation dans… Dans son bureau.
Un silence de mort accueillit les paroles du Directeur.
Le Hamas était donc bel et bien au courant que Ziva avait tué Ari. Il avait déjà envoyé un homme la tuer. Il n'était plus question de quelques heures avant qu'il ne se rende compte que son plan avait échoué, et qu'il n'envoie d'autres renforts pour l'éliminer.
Puis d'un coup, tout se remit en mouvement. Eli David se jeta sur son téléphone pour dépêcher une escouade d'agents attachés à la sécurité de sa fille alors que Tony et Gibbs s'étaient déjà précipités hors du bureau.
Il n'y avait pas de temps à perdre.
Allez, vous savez quoi faire: read&revew!
Merci de votre fidélité.
PS: Hey j'vas essayer de mettre à jour mon profil bêta reader, donc si vous voulez que je commente vos fictions, allez-y , y a pas de problèmes =)!
