Bonjour tout le monde !

Bon, pour bien commencer, commençons par des excuses. En effet, je suis vraiment désolée de l'attente pour ce nouveau chapitre. Comme je vous l'avais déjà dit plusieurs fois, je suis plutôt occupée ces temps ci. D'autre part, il faut dire ce qui est, la motivation me fait cruellement défaut !

Une fois n'est pas coutume je ne répondrai pas aux reviews, car je n'ai vraiment pas le temps, mais je vous remercie infiniment de vos petits mots, car c'est ça qui m'a le plus motivée pour me remettre au travail.

Enfin, je tiens à répondre à celles qui me l'ont demandé : Oui cette histoire a une suite et une fin ! Lorsque cette fic sera terminée, vous verrez clairement le mot « FIN » ;)

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Minute « Règlements de comptes » :

[Oui à la critique (bonne ou mauvaise) quand elle est constructive. Quand ce n'est pas le cas, j'estime que j'ai un « Droit de réponse »]

Uniquement aux jeunes filles qui ont cru utile de me dire que j'étais « trop lente » : Chaque fois que je reçois une review de ce type, je retarde un peu plus le moment d'écrire ! A part ma mère et mon patron, personne n'a à me dire ce que j'ai à faire ! D'une, ça m'énerve au plus haut point, de deux, ça me rend vulgaire. Et j'ai horreur de ça ! Donc soyons clairs : J'écris parce que ça me fait plaisir, et surtout quand j'ai le temps !!! Si vous ne voulez pas être déçues lisez des bouquins, pas des FF. Au moins vous êtes sures d'avoir la fin !

A Gaya : Tu sais ce qu'elle te dit celle qui n'a pas de courage ? Vaut mieux pas que tu le saches, ça risquerait de pas trop te plaire … Des commentaires comme le tien ne me donnent pas envie d'écrire. Et entre nous … Je ne te dois rien ! Maintenant tu peux dire que je ne suis « pas sympa » … Tu pourras même ajouter « Désagréable » et « Antipathique » à la liste !

A Fane de twilight : Désolée de te décevoir, toi la grande connaisseuse de Twilight, mais :

1 - Jusqu'à preuve du contraire, Eleazar et Carmen sont ensembles ET mariés.

2 - Eleazar n'a JAMAIS été avec Kate.

3 - Carmen est morte ? C'est nouveau ? Quel tome, quelle page ? Je veux absolument voir ça !

T'es certaine qu'on parle des mêmes bouquins ? Un conseil … relis ENCORE une fois la saga, t'as dû louper quelques chapitres ... Mais tu m'as bien faite rire !

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Pour ce qui est de la suite de cette fic, j'ai dû repenser et réécrire toute la trame de fin de l'histoire, ce qui a pris un peu de temps. Donc au lieu de 2 chapitres supplémentaires, vous en aurez 4 ! C'est pas bioutifoul ça ??!!!

Enfin, vu que cette histoire commence à trainer en longueur, vous aurez droit dès ce chapitre à la première vraie révélation !! Youhouuuu !! Une partie du mystère tombe … une partie seulement ! Ben ouais, j'ai un esprit tordu vous le savez bien ! :D

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Un grand merci à celles et ceux (Thibaud ton message m'a fait délirer) qui ont si gentiment laissé des reviews sur mon OS Carlisle/Esmé.

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Et parce qu'il ne faut pas perdre les bonne habitudes … The playlist :

- It's Hard to be a Saint in the City, par Bruce Springsteen

- Fantasia, par Thomas Tallis

- Still Doll & Suna no Oshiro, par Wakeshima Kanon (Ending VK & VK Guilty)

- Like a Prayer, par Madonna

- Halo, par Beyonce

- Elo Hi, par Ofra Haza & Goran Bregovic (BO – La Reine Margot – Ouais Elo jsuis à fond là !! ^^)

- Picture of You, par The Last Goodnight

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Le secret de Carmen

- C'est pas tout, repris Alice d'une voix qui n'était plus qu'un chuchotement. Les Volturi vont tuer Carlisle, Carmen, … et Edward.

Le nom d'Edward résonna dans ma tête comme un gong, et je sentis la vague d'angoisse qui progressait lentement dans mon ventre depuis mon arrivée exploser dans tout mon corps. Mes jambes tremblèrent, puis cédèrent. Je m'effondrai inconsciente.

Lorsque je repris connaissance, j'étais allongée sur le carrelage de terre cuite glacial. Je fus saisie par le froid et un frisson me secoua des pieds à la tête. Huit paires d'yeux teintés d'appréhension me scrutaient. Les visages penchés sur moi étaient flous. De ces ovales crayeux que formaient leurs figures vampiriques, je ne distinguais que les prunelles dorées qui scintillaient à la fois menaçantes et rassurantes. Ma tête était douloureuse et mes idées confuses. J'avais dû me cogner dans ma chute. Tout se mélangeait, et un poids inquiétant m'oppressait la poitrine.

- Bella … Murmura Alice, posant sa main sur mon poignet.

Le contact froid de sa peau m'électrifia. Immédiatement l'image d'Edward me revint en mémoire comme une gifle. Edward va … mourir !

Je me redressai vivement au souvenir de la vision d'Alice. Ce mouvement brusque me provoqua une vive douleur dans le crane, me donnant le vertige. Mon corps tangua, et je basculai mi-somnolente en arrière. D'un geste vif du bras, Eleazar me retint, évitant à ma tête de heurter lourdement le sol une seconde fois. Allongée sur le dallage froid, je vis le visage de Jasper apparaître au dessus du mien, et sa main se poser délicatement sur mon front. Mon corps se détendit instantanément. Oubliant tout, je m'endormis.

Je m'éveillai dans la chambre grise où j'avais passé la nuit précédente. La pièce, baignée d'obscurité n'était éclairée que par une faible lueur provenant d'une petite lampe à quelques mètres du lit. Assis sur le beau fauteuil en soie grise qu'il avait rapproché du lit, Jasper veillait.

- Bella, comment te sens-tu ? Demanda-t-il doucement dès qu'il me vit bouger la tête.

- Bien … Soufflai-je, me tenant le front d'une main. J'avais la bouche pâteuse, la nuque raide et le visage couvert d'une fine pellicule de sueur.

- Excuse-moi, j'ai dû … t'endormir, reprit-il d'une voix à peine plus ferme. C'est moi qui t'ai couchée et veillée cette nuit.

- Qu'elle heure est-il ?

- Un peu plus de trois heures du matin. Tu as hurlé durant tout ton sommeil ...

- Oui … j'ai mal dormi … j'ai fait un cauchemar … Bafouillai-je, ne trouvant rien d'autre à dire.

- Tu dois te rendormir, il faut que tu te reposes.

- Edward …

- Hum, j'espérais que tu attendes demain … Il eut un petit rire désabusé. Il tira son téléphone de sa poche et me le tendit.

- Alice a averti Edward dès qu'elle a eu sa vision, bien avant que vous ne rentriez, mais on n'a pas eu le temps de t'expliquer. Tu t'es évanouie tout de suite. Il faut que tu appelles Edward.

Je jetai un regard surpris vers Jasper. Son visage affichait une neutralité impénétrable. Je n'avais pas la force de pousser la réflexion plus avant. Je pris l'appareil qu'il me tendait, et composai le numéro que je connaissais par cœur. Encore une fois, Edward décrocha avant même que la première tonalité n'ait retenti. Sa voix rassurante résonna dans le combiné.

- Bella, ma chérie ! Tu vas bien ?

- Oui …

- Je n'ai pas beaucoup de temps, donc écoute-moi. Alice m'a appelé pour m'avertir de sa vision. Ne t'inquiète pas, j'arrive.

- Quoi ! M'exclamai-je, sentant mon cœur faire un bond dans ma poitrine.

- Quand Alice m'a prévenu, j'ai sauté dans la voiture. Je suis à l'aéroport de Seattle. Je prends le premier avion pour Anchorage, je serai à Denali en fin de matinée.

- Edward, je …

- Mon amour, rendors-toi. Je serai bientôt près de toi. Les épreuves qui nous attendent s'annoncent difficiles, et je veux que tu sois en forme.

- Non, je ne pourrai pas dormir !

- Bella, s'il-te-plait. Fais-ça pour moi.

Sa voix s'était faite suppliante et lasse.

- D'accord.

- Il faut que je te laisse à présent. Je ne serai pas long, je te le promets. Je t'aime.

- Moi aussi je t'aime Edward.

Je crus percevoir un soupir, et la communication s'interrompit. Je rendis le téléphone à Jasper, toujours aussi impassible, et me laissai retomber sur les oreillers. Mon angoisse avait temporairement laissé place à l'excitation de savoir qu'Edward serait bientôt à mes côtés. J'avais envie de sourire et de rire de plaisir.

- Jazz ? Demandai-je vivement.

- Oui ?

- Tu crois que tu pourrais m'endormir à nouveau ? Je ne pense pas y arriver toute seule.

- Si tu veux.

Il se leva d'un mouvement rapide, et posa à nouveau sa main sur mon front. Mes paupières se firent de plomb, ma tête s'engourdit, et je m'endormis, ne me laissant pas le temps de ruminer mes pensées et mon impatience.

Lorsque je rouvris les yeux, une lumière blafarde filtrait au travers des lourdes tentures grises de la chambre. Un feu brulait dans l'âtre de la cheminée de pierres, diffusant dans la pièce une douce chaleur. Jasper était toujours assis dans le fauteuil. Il avait ôté ses chaussures. Confortablement installé, les jambes tendues et les pieds posés sur le bord du lit, il était plongé dans la lecture d'un épais ouvrage. Il leva les yeux de son livre et me sourit tendrement.

- Bien dormi ?

- Comme un bébé, répondis-je en m'étirant. Qu'elle heure est-il ?

- Dix heures passées, et non il n'est pas encore arrivé, ajouta-t-il narquois.

- J'ai rien demandé !

- J'anticipe.

Je restai quelques instants sous la couette chaude, attendant que mon esprit s'éclaircisse. La porte s'ouvrit alors à la volée. Tout sourire, Emmett déboula dans la chambre.

- Debout la feignasse !!! Rugit-il.

- Oh non pas lui … gémis-je en m'enfonçant un peu plus sous les draps.

- Et si ! On attend plus que toi princesse, alors hop hop hop on se secoue un peu !

Il s'avança vers le lit pour arracher la lourde couette comme il l'avait fait la veille.

- Non c'est bon je me lève ! Le stoppai-je immédiatement.

- La douche c'est par là ! Reprit-il en désignant la porte.

- Il est toujours comme ça le matin ? Grommelai-je à l'attention de Jasper.

- Qu'est-ce que j'en sais ? La dernière fois que j'ai dormi, je le connaissais pas encore.

Je sortis du lit lentement, saisis mon sac en passant devant Emmett, et me dirigeai vers la petite salle de bain.

Une fois douchée, habillée et coiffée, je rejoignis les deux clans de vampires dans le vaste salon. Comme le matin précédent, ils étaient tous installés dans les larges canapés de velours. Les mines contrites détonnaient avec l'entrain qu'Emmett avait manifesté quelques instants plus tôt dans la chambre. J'eus un pincement au cœur en pensant à la conversation que j'avais eu la veille avec Emmett. Il m'avait avoué que sous ses airs enjoués, il était très inquiet pour sa famille. A cet instant, lui aussi devait être rongé d'angoisse. Et malgré cela, il continuait à faire comme si de rien était pour ne pas m'inquiéter. Ce vampire était décidément un sacré spécimen. Un sacré grand frère.

Les salutations se firent brèves. Je m'installai entre Alice et Rosalie, et la conversation reprit où je l'avais interrompue. Toutes les pensées étaient tournées vers la révélation d'Alice. Sa vision funeste avait très certainement été l'unique sujet de discussion de l'assemblée pendant que je dormais paisiblement. Mon estomac se tordit douloureusement en pensant à la menace qui pesait sur la vie d'Edward.

L'angoisse et le désespoir que provoquait en moi l'idée de perdre Edward m'étaient insupportables. Je sentis les larmes me bruler les yeux. Jasper, dont le bras était passé autour des épaules d'Alice, tendis la main pour toucher ma joue. Immédiatement, un sentiment d'apaisement et de légèreté m'envahit. Tournant la tête vers lui, je lui envoyai un merci muet.

Je concentrai avec difficulté mon attention sur la discussion de l'assemblée de vampires. Les suppositions sur les raisons de la vision d'Alice allaient bon train. Chacun y allait de sa théorie. Tantôt enflammées, tantôt posées, les voix raisonnaient contre les parois de pierres. Mais nulle explication plausible ne se dégageait de ce méli-mélo de mots. La conversation semblait stérile. Personne ne savait ce qu'il se passait.

Jasper, quant à lui, restait impassible et muet depuis son arrivée. Ses yeux de lynx observaient les protagonistes de la scène qui se déroulait. Il scrutait. Supercherie et faux-semblants, il traquait. Flairant la faille, il se redressa sur le canapé.

- TAISEZ-VOUS ! S'écria-t-il soudainement d'un ton autoritaire.

Les voix se turent immédiatement, laissant place à un silence pesant. Tous les regards étaient braqués sur le beau vampire. Les superbes visages figés par la surprise ressemblaient à des clowns de pantomime.

- Fini la mascarade Carmen ! Reprit-il d'une voix aussi ferme. Qu'est-ce que tu nous caches ?!

- COMMENT OSES-TU ?! Cracha Eleazar en se redressant.

- J'ai senti ses émotions ! Elle ment !

- Retire immédiatement ce que tu viens de dire ou tu vas le regretter amèrement !! Eructa l'hidalgo menaçant.

- Eleazar … Intervint Carmen d'une voix calme. Vous battre ne nous aidera pas. Jasper, je ne vous cache rien. Je n'ai pas plus d'explication que vous à apporter. Je t'assure.

- Balivernes ! Ton trouble et ton appréhension n'ont rien de commun avec ceux des autres ! Tu te sens piégée !

- Non, je ne …

- Ne nie pas ! Je l'ai senti ! Et si tu te sens piégée, c'est que tu caches quelque chose.

- Carmen, coupa Rosalie presque suppliante. Si tu es au courant de quoi que ce soit qui puisse nous aider à contrer les Volturi … Je t'en prie, dis-le nous ! Si tu sais quelque chose de compromettant pour Carlisle, tu ne peux pas garder le silence ! Tu tiens la vie de notre père et de notre frère entre tes mains … Je t'en supplie …

Les deux femmes se fixaient. Rosalie était méconnaissable. Je ne l'avais jamais vue abattue. A présent elle suppliait. Elle laissait tomber son masque de froideur, et marchait sur sa fierté pour la vie de sa famille.

Carmen sembla vaciller à la vue du désarroi de la belle blonde. Elle bafouilla quelque chose d'incompréhensible, laissant mourir sa voix.

- Tu as peur de nous à présent Carmen, affirma Jasper d'un ton narquois. Pourquoi donc ? Pourquoi as-tu peur de nous si tu n'as rien à te reprocher ?

Jasper s'était levé et surplombait la scène, dominateur. A la fois juge et bourreau, il attendait le moment opportun pour porter le coup de grâce à une Carmen assaillie de regards accusateurs.

Dans un silence de mort, de moins en moins supportable, le masque de la femme semblait se craqueler à vue d'œil. Tous étaient suspendus à ses lèvres. Les yeux affolés de Carmen virevoltaient frénétiquement d'un vampire à l'autre, à la recherche d'une bouée de sauvetage.

- Carmen, mon amie, ma sœur … parle, lui chuchota Tanya en posant sa main sur celle de la brune.

Sous les regards oppressants des deux clans, elle se figea. Piégée, Carmen se mura dans son mutisme.

- PARLE CARMEN BORDEL !! CARLISLE ET EDWARD VONT MOURIR !! Hurla Jasper perdant tout calme et toute contenance.

Dans un mouvement si rapide qu'il en fut presque invisible, Emmett se leva et bondit sur Jasper alors que celui-ci s'apprêtait à se jeter sur l'Andalouse. Au même instant, Eleazar et Tanya vinrent se placer, à une vitesse fulgurante, devant Carmen pour faire barrage de leurs corps.

Les quatre créatures se jaugèrent un long moment dans une tension palpable.

- Asseyez-vous ! Trancha Carmen, rompant le silence électrique.

Sa voix était ferme et déterminée, et elle avait repris l'allure fière qui la caractérisait.

- Vous voulez que je vous parle ? Continua-t-elle tandis que chacun regagnait sa place méfiant. Très bien, je vais vous parler ! Mais vous irez expliquer vous-même à ce cher Carlisle pourquoi et comment vous m'avez forcée à rompre le serment que je lui ai fait !

Tous étaient désormais prostrés, attendant avec appréhension ses révélations.

- Je vous ai raconté hier mon passé avec Carlisle. Suite à notre séparation et à mon installation ici, à Denali, nous avons conservé des liens amicaux forts. Il venait régulièrement passer du temps avec nous. A l'hiver 1891, bien avant qu'il ne rencontre Esmé, il a séjourné ici quelques semaines. Nous avions pour habitude d'aller chasser ou d'aller nous promener ensembles dans les montagnes. Nous profitions de ces sorties pour discuter de tout et de rien. Presque tous les jours. Un après-midi, lors d'une ballade dans la campagne, nous avons assisté à quelque chose … disons d'inhabituel aux abords du lac de Denali. Un petit garçon jouait dans la neige avec son chien. Il lançait un bâton que l'animal allait chercher. Nous avons été surpris de le trouver là, car il semblait très jeune, et nous étions très éloignés du village. Nous l'avons observé en silence un long moment, nous demandant si nous devions le raccompagner jusque chez lui. Il jouait tranquillement, ignorant que nous étions là. Puis il a jeté son bâton un peu trop fort, l'envoyant loin sur le lac gelé. Il s'est alors avancé sur la glace pour aller le chercher. Lorsque nous avons réalisé le danger de la situation, il était déjà très engagé sur le glace. Carlisle lui hurla de faire demi-tour. De surprise en entendant la voix, l'enfant s'arrêta cherchant la provenance du cri. Le poids de son petit corps à l'arrêt pesa suffisamment pour rompre la glace, et il plongea dans l'eau gelée. Nous nous précipitâmes pour le secourir, mais la glace se brisait sous notre propre poids nous rendant l'accès jusqu'à lui difficile. Lorsque Carlisle réussit à le sortir de l'eau, il était dans un état d'hypothermie avancée. Nous étions trop loin de la ville pour le ramener, nous ne pouvions pas le réchauffer de nos corps froids, et au milieu de la neige, allumer un feu aurait pris un temps fou. Le pauvre enfant était déjà quasi mort. Carlisle se sentant responsable de l'accident ne put accepter de le laisser mourir. Bien conscients que nous allions transgresser le pire des interdits, nous nous résolûmes donc à le transformer. Nous l'avons caché dans la remise à bateaux du lac, et veillé pendant toute sa transformation. Lorsque sa mutation fut achevée, nous décidâmes que Carlisle l'emmènerait avec lui. Il vivait seul à cette époque, il pourrait donc le cacher et s'occuper de lui plus facilement … Voilà, vous savez tout à présent.

Carmen termina son récit dans la consternation générale.

- Vous avez créé … un enfant immortel ? Murmura Alice dans l'abasourdissement ambiant.

- En effet ! Mais surtout, nous avons commis un acte interdit. Un sacrilège.

- Tout s'explique alors, enchaina Emmett la mine sombre. Si les Volturi l'apprennent …

- Ils les tueront sans autre forme de procès, l'interrompit Tanya.

- Erreur, ils nous tueront tous ! Contra Carmen. Maintenant vous êtes, vous aussi, au courant. Vous êtes donc complices. A votre avis, pourquoi avons-nous tenté de garder le silence le plus longtemps possible ? Cela ne te rappelle rien Tanya ?

A ces mots, Tanya se figea, et son regard se teinta d'un noir d'encre. Biensur qu'elle se souvenait. Comment pourrait-elle oublier que sa mère était morte pour la même raison ? Comment oublier que ses sœurs et elle n'avaient dû leur salut qu'à leur ignorance des faits ?

- Qu'est devenu l'enfant ? Demanda Rosalie.

- Il est mort depuis longtemps. Il a vécu quelques années avec Carlisle, et un jour il en a eu marre. Il a voulu partir découvrir le monde à son tour. Carlisle a bien tenté de l'en dissuader, mais en vain. Il a finalement rejoint un clan de vampires au Mexique, et il a été tué lors de l'élimination massive des clans par les Volturi à la fin du XIXème siècle … Pour ne pas attirer les soupçons sur nous, nous n'avons pas poussé les recherches plus loin.

- Comment s'appelait-il ? Interrogeai-je d'une voix moins assurée que je ne l'aurais voulu.

- Adam … Mais peu importe. C'était il y a longtemps, répondit Carmen en agitant la main nerveusement, comme pour balayer les souvenirs trop pénibles.

- Mais pourquoi Edward serait-il menacé ? Continuai-je en changeant volontairement de sujet face au malaise de Carmen. Les Volturi devraient savoir qu'il n'y est pour rien ! Ce n'est pas de sa faute s'il entend les pensées des autres !

- Certes ma douce, il n'y est pour rien. Mais il a accepté de garder le silence pendant près d'un siècle. Son refus de nous dénoncer fait de lui un complice. Il est donc aussi coupable que nous aux yeux des Volturi.

Un calme inquiétant retomba dans la pièce. Chacun évaluait la situation de son côté. Quant à chercher des solutions … cette affaire semblait sans issue. A part la fuite …

- Est-ce qu'Esmé sait ? Demanda Jasper.

- Je n'en ai aucune idée, répondit Carmen visiblement sincère. Carlisle m'a toujours affirmé qu'elle ne savait rien, mais vu la tournure que prennent les évènements, il n'est pas impossible qu'il lui en ait parlé. Cependant, Alice n'a pas mentionné Esmé dans sa vision. On peut donc croire qu'elle ignore tout …

- Hum, hum ! Interrompit Emmett. Je ne voudrais pas jouer les empêcheurs de tourner en rond, mais personne ne s'est demandé comment cette histoire pourrait arriver jusqu'aux Volturi, puis que tous ceux qui sont au courant sont, soit morts, soit dans cette pièce ? Si l'enfant avait mentionné vos noms avant de mourir, ils vous auraient tués depuis longtemps. Si personne d'autre que toi, Edward et Carlisle ne connaît ce secret, comment les Volturi … Enfin bref, vous avez saisi l'idée !

Nous nous regardâmes tour à tour, stupides, cherchant une réponse. Nous avions tous conscience qu'il soulevait là un point important que nous avions bêtement négligé. Personne n'avait de réponse acceptable à formuler.

- Il est manifeste qu'il nous manque une pièce de taille dans le puzzle, trancha Eleazar.

Mis sur la touche par le manque d'éléments, nous retournâmes vaquer à nos occupations, en attendant qu'Edward arrive. Je l'avais quitté à peine deux jours plus tôt, mais cela me paraissait des semaines. Son absence en ces instants d'angoisse était douloureuse. Mon impatience m'empêchait de me concentrer sur quoi que ce soit, et de tenir, ne serait-ce qu'une banale conversation avec les filles. Comme la veille, je me réfugiai dans la cuisine, aussi froide qu'antique. Emmett, Jasper, Alice, Rosalie et Kate ne tardèrent pas à me rejoindre. Nous patientâmes ensembles, mais l'humeur n'était plus à la légèreté.

Vers 13 heures, Edward arriva enfin. Je me précipitai pour l'accueillir, comme s'il rentrait après des années d'absence. Sa présence me soulagea immédiatement. Le danger demeurait bien réel, et la gravité de circonstance était toujours de mise, mais au moins, nous étions ensembles.

Après qu'il ait salué tout le monde, nous nous installâmes à nouveau autour de la grande cheminée. Le vaste salon avait pris, en deux jours, des allures de cellule de crise.

Alice, Tanya, Jasper et Rosalie entreprirent de faire un descriptif détaillé des évènements depuis notre arrivée. Tenant ma main dans la sienne, Edward écoutait attentivement les explications décousues des quatre vampires. Lorsque le récit fut terminé, personne ne parla. Edward, les yeux dans le vague aussi muet que les autres, semblait plongé dans ses pensées. Il analysait la situation, et mesurait l'ampleur de la menace qui pesait sur nous. Ou bien était-il déjà en train de réfléchir à une stratégie de défense ou de fuite, et ne disait rien pour ne pas nous affoler ? Jasper semblait toutefois serein, preuve que les sentiments d'Edward n'étaient pas si sombres. Mais alors, pourquoi est-ce que les jointures de sa main, posée sur son genou, blanchissaient comme si sa peau allait se déchirer ? S'il était si tendu, pourquoi ne disait-il rien ? Les questions sans réponse se bousculaient dans ma tête. Réflexions stériles. Et ce silence ! Toujours ce silence oppressant. Le silence était devenu un personnage à part entière au fil des heures.

Les vampires s'observaient les uns les autres. Comment arrivaient-ils à garder leur calme et leur sérénité, alors que tout en moi n'appelait qu'à hurler ?

Les minutes s'écoulèrent, interminables, sans que rien ne se passe.

C'est alors qu'Alice se redressa. Edward se crispa immédiatement. Le joli lutin se figea et son regard se voila. Une nouvelle vision. Je retins mon souffle, tandis que les battements de mon cœur s'emballaient. A présent, nous observions tous le visage d'Alice, guettant la moindre de ses réactions. Ses sourcils se froncèrent si fortement qu'ils se touchaient presque. Sa bouche se tordit en une grimace d'effroi que je ne lui avais encore jamais vu. Ses traits se muèrent alors en un masque de supplication et de terreur mêlés. Soudainement, elle se leva d'un bond et poussa un hurlement strident.

Edward se précipita sur elle pour la retenir alors qu'elle s'effondrait au sol.

Alice se cramponnait de toutes ses forces au cou d'Edward, gémissant des «non, non, non » dans une sorte de démence. Ils restèrent ainsi prostrés à terre, dans les bras l'un de l'autre, sous nos regards incrédules et horrifiés.

Edward se libéra de l'étreinte de sa sœur tandis que nous nous approchions, formant un cercle autour d'eux. Alice s'affala contre les genoux de Jasper, tentant de reprendre ses esprits.

- J'ai tout vu ! S'écria-t-elle d'une voix aigue.

- Comment ça « tout » ? Demanda Tanya.

- Tout ! Toute la scène ! Tout ce qu'il va se passer !

- Raconte-nous Alice, murmura Jasper rassurant à l'oreille de sa femme.

- J'ai vu les Volturi à la villa … Il y a Aro … Il sonde l'esprit de Carlisle et de Carmen … Nous … Je nous vois tous … Ils vont nous tuer, tous.

- Qui ça « nous » ?! S'exclama Eleazar.

- Nous tous ici ! Toi, moi, Carmen, Tanya … Tout le monde je te dis ! Et même … Bella !

Edward poussa un rugissement violent et m'attira contre lui vivement, avant même que j'ai pu comprendre ce qu'Alice venait d'annoncer.

- C'est … Irina, continua Alice en se tenant la tête des deux mains. C'est Irina qui les accompagne !

Plusieurs cris résonnèrent, mais je ne les distinguai que de loin. Mon esprit se débattait avec chacune des révélations d'Alice. Insidieusement, le brouillard m'enveloppait et endormait ma perception. Les larmes me brulaient les yeux, et me brouillaient la vue. L'étreinte d'Edward ne se relâchait pas, et je ne voulais surtout pas qu'il me libère. Je m'accrochai à lui telle une désespérée, comme si son corps me protégeait de la menace et du danger. De la vérité. Ses bras m'empêchaient de penser, et je savais que lorsqu'ils se desserreraient, la réalité viendrait me heurter pour m'anéantir.

- OU EST IRINA ?! Hurla Edward.

- Elle est sortie prendre l'air après la dispute entre Emmett et Rosalie hier soir, répondit la voix claire de Kate. On ne l'a pas revue depuis …

- Avec les évènements de cette nuit, personne n'a pas pris garde à son absence, poursuivit Eleazar.

Lourd comme une chape de plomb, le silence s'abattit à nouveau sur l'assemblée partagée entre incrédulité, terreur et rage.

- Alice ! Quand ? Demanda Edward froidement.

- Dix jours … Deux semaines peut-être …

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Compte tenu du sort que connaît Irina dans le dernier tome de Stephenie Meyer, il me paraissait plus simple et plus évident pour l'intrigue de la désigner comme coupable … quoiqu'à l'origine j'avais l'intention de faire morfler Kate.