Le dixième chapitre, avec lui la fin du mini-arc sur les fêtes du Solstice d'hiver! Dans celui-ci, une rencontre que j'avais hâte de vous montrer, un moment tendre entre nos deux amoureux, et un avertissement à la fin du chapitre! J'ai beaucoup hésité à écrire ou non la scène de sexe entre Nachael et Ysolda, après tout je ne m'en prive jamais dans mes fictions Yaoi alors pourquoi pas dans ma fictions hétéro? Mais après coup... Je trouve que cette histoire ne s'y prête pas trop. Peut-être plus tard, j'en écrirai une, si vous me le demander, j'en ferai une... Mais pour le moment, il y a plus important que la scène de sexe entre nos deux tourtereaux!

Le prochain chapitre, comme dans le premier arc de la saga, sera le chapitre 10.5, un chapitre bonus! Et ce chapitre lèvera le voile sur quelques petits mystères que j'ai disséminé jusqu'à présent, mais pas tous! Je n'en dirai pas plus, vous verrez le moment venu.

Sinon, cher lecteurs, si vous lisez ceci j'aimerais qu'après la lecture du chapitre vous laissez une trace de votre passage, dans une review. Il n'est pas obligatoire qu'elle soit complexe, ou longue, juste un "j'aime" me suffit! Mais j'ai un peu l'impression d'écrire dans le vide et ça m'énerve un peu... J'écris surtout pour mes lecteurs, plus que pour mon propre plaisir (Bien que j'en prend énormément à écrire), j'espère avoir quelques avis à la fin de chaque chapitres... Enfin bon!

Bonne lecture à tous! Et laissez des reviews! Bisou!


Saga du Tigre-Dragon

Deuxième Arc : Compagnons

-Chapitre 10-

Lucia s'ennuyait. Sincèrement. Pourtant, la journée avait si bien commencé… En se réveillant, elle avait appelé Ysolda « maman », même si son papa lui avait interdit d'en parler et Ysolda ne s'était pas fâchée, au contraire. Elle lui avait même dit qu'elle était sa maman. Qu'elle allait le devenir. Lucia en avait très envie.

Puis elle, son papa et sa presque maman s'étaient promenés dans la ville, ils avaient vu un spectacle de théâtre super drôle, bon son papa c'était un peu fâché à la fin, mais ils étaient aller manger des trucs super bon après! Et puis son papa lui avait promis de lui apprendre le Shehai et de lui donner l'arme de sa grand-maman Elone, la femme la plus forte du monde. Ils avaient fait pleins de stands de jeux, son papa avait gagné une peluche, des jouets en bois (dont une épée en bois vernis qui ne quittait plus sa ceinture) et des bijoux pour elle ainsi qu'un beau collier pour Ysolda. Qui, pour le remercier, l'avait embrassé sur la bouche, comme les papas et les mamans faisaient.

Plein de gens dans la rue avaient sifflés et ris, et son papa avait raillé qu'ils étaient jaloux. Le grand Farkas avait félicité son papa et avait demandé quand serait le mariage. Ce qui était drôle, c'était que son papa avait rougit et n'avait pas répondu. Ysolda par contre avait juste dit : dans un avenir proche, si les dieux le veux. Tout le monde avait applaudi et ils avaient continué la visite des stands par la suite.

Ils avaient mangé des pommes chaudes avec du miel sur des bâtons et but un peu du thé de la vieille madame rougegarde, qui était contente d'en donner encore à son papa. Puis dans le courant de l'après midi, ils étaient sortis hors de la ville aller voir les concours de sculptures de glace sur les fermes à côté de la ville. Il ne neigeait pas beaucoup et Lucia avait sa nouvelle cape avec un gros collet à fourrure, elle n'avait donc pas froid.

Elle avait demandé à son papa, une fois devant les sculptures, d'aller les voir de plus près. Curieuse comme elle était, elle avait tenté d'en toucher une, mais Ysolda l'avait réprimandée. C'était impoli de toucher sans demander la permission. Son papa avait eu un ricanement bizarre à ces mots et avait regardé bizarrement Ysolda, qui avait rougie avant de frapper le bras de son papa. C'était sans doute des bêtises d'adultes, Mila disait que ce n'était pas important les idioties d'adultes. Que c'était aussi beurk que les bisous d'adultes.

Alors, Lucia avait fait semblant de ne rien voir et avait plutôt été voir une autre sculpture, sans rien toucher comme promis à Ysolda. Elle avait entendu des bruits de bisous dans son dos et avait rit silencieusement. Son papa et sa future maman étaient vraiment amoureux! Elle était si contente, ça voudrait dire qu'elle allait bientôt avoir une nouvelle vraie maman, un vrai papa et peut-être des petits frères ou des petites sœurs! Lars disait que c'était embêtant les petits frères et les petites sœurs, mais Lars était un pleurnichard, il avait peur de tout même du noir. Elle, ça faisait longtemps qu'elle n'avait plus peur du noir!

Donc, elle n'avait pas peur d'un petit frère ou d'une petite sœur. Elle avait même très hâte d'en avoir! Mais pour ça, il fallait que son papa et sa maman soient amoureux, c'était Tilda qui lui avait dit quand elle lui avait demander comment son papa pouvait lui donner des petits frères et des petites soeurs!

Après les sculptures, ils étaient allés à l'écurie. Là-bas, il y avait des tours de poneys pour les enfants, tant qu'un adulte était à côté du poney. Lucia avait pu faire deux tours, un avec Ysolda et un avec son papa. Pendant son tour avec son papa, elle lui avait demandé la permission d'appeler Ysolda, maman. Et son papa avait dit qu'il était d'accord, mais seulement si Ysolda acceptait. Quelques minutes après le tour, elle avait demandé à Ysolda et celle-ci avait dit oui. Depuis donc, Ysolda était maman, dans sa tête et dans ses mots quand elle parlait. Elle avait ensuite voulu faire un autre tour, mais cette fois sur un cheval et pas un poney.

Son papa avait accepté, mais pour un petit tour uniquement. Et elle s'était beaucoup amusée sur le cheval beige qu'on lui avait prêté pendant le tour. Lucia avait eu l'impression d'être devenue une vraie guerrière, forte et honorable comme son papa et sa grand-maman! Le monsieur des chevaux, il avait même dit qu'elle était une future cavalière prometteuse! Mais après ça, il avait commencé à faire noir à cause que la nuit tombait. Son papa avait donc décidé de retourner dans la ville et sa maman avait accepté.

Le reste de la soirée avait été amusante, son père avait tenté quelques jeux de nuit, mais bien vite ils avaient, lui et elle, bayés assez fort pour que sa maman annonce qu'ils allaient se coucher. Demain, c'était la journée des concours de combats et si son papa voulait participer, il faudrait qu'il se couche tôt pour se lever tôt.

Étant d'une logique imparable, c'est donc dans les alentours de 20h du soir que la petite famille Draconis était aller dormir chez Ysolda, celle-ci ayant allumée un feu le matin même et préparée une petite couche pour Lucia, dans la même chambre que ses parents. Elle avait ainsi pu dormir avec son papa et sa maman, malgré le fait qu'elle était dans un autre lit. Un peu avant de s'endormir elle avait entendu son papa rire un peu en embrassant sa maman, mais sa maman lui avait ensuite dit que Lucia était dans la même pièce et que c'était donc non. Non pour quoi, elle ne savait pas et elle ne voulait pas savoir.

Sans doute pour faire des bébés, aller savoir, ça dérangeait pas à Lucia d'avoir des petits frères et petites soeur tout de suite!

Le lendemain, son papa avait concouru pour les concours d'escrime et aussi de tir à l'arc. Il n'avait pas tout gagné, mais il s'était beaucoup amusé ainsi qu'elle et sa maman aussi, en le regardant faire. Elle l'avait d'ailleurs beaucoup encouragé!

D'ailleurs, celui qui avait gagné presque tous les concours avait été Vilkas. Plein de femmes avaient crié en le voyant combattre et gagner autant de combats et Ysolda avait secoué la tête avec amusement. Son papa par contre avait eu l'air énervé en les entendant. Sa maman avait dit que c'était son orgueil de mâle qui l'avait fait un peu mal, mais que ce n'était pas important.

Lucia avait juste rit.

Les tournois s'étaient poursuivis pendant deux jours, jusqu'à aujourd'hui, presque à la nuit tombée. Lorsque la noirceur s'était installée, le gagnant du concours s'était déclaré ; Vilkas était le grand gagnant. Son papa était à la quatorzième place, qu'il ne considérait pas trop mal vu son niveau et celui des Compagnons.

Dans la ville, le 24 Soirétoile au soir, des flambeaux avaient été allumés et sur la place du marché, au-dessus du puits, il y avait un énorme bûcher qui s'était rapidement embrasé, à la plus grande joie de la petite Lucia. La serveuse de l'auberge, avec la madame qui possédait l'auberge, distribuaient des chopes d'alcool et son papa en avait prise une, malgré le regard désapprobateur de sa maman, qui après lui avait demandé de ne pas se saouler. Après, des bardes étaient apparus et de la musique avait commencé à jouer. Tambours, flûtes, instruments à cordes avaient rapidement pris leur place et les adultes avaient commencé à danser ensemble, au milieu d'enfants qui se poursuivaient en jouant à chat.

D'autres enfants avaient tentés de faire comme les adultes, danser en couple, mais c'était plus compliqué qu'on aurait pu le croire. Lucia s'était assise sur un des murets qui étaient proche de l'escalier menant à Jorrvaskr et si au début elle s'était amusée à regarder son papa et sa maman danser ensemble en faisant la ronde avec les autres adultes…

Mais maintenant, elle s'ennuyait.

C'était un peu ennuyeux finalement les adultes! Ils tournaient en rond, faisaient des pas en se tenant les mains et parfois, sa maman et son papa se faisaient des bisous et se souriaient. Pour une petite fille comme elle, qui préférait nettement jouer à la guerrière avec d'autres enfants, c'était vraiment long et ennuyeux…

Même les autres enfants jouaient à danser comme les adultes dans leur propre ronde. Des messieurs buvaient des chopes plus loin en riant très fort et des femmes qui ne portaient plus leur cape gloussaient en regardant des garçons de leurs âges passer à côté d'elles. Elle aurait bien voulu elle aussi jouer à la danse, mais il y avait plus de filles que de garçons.

-T'es en colère? Fit alors soudainement une petite voix juste derrière elle.

Lucia sursauta et faillit glisser du muret, mais une main attrapa son bras et la maintenue en place de justesse. Elle tourna la tête derrière elle et croisa un regard sombre. C'était un garçon, portant un manteau comme celui de son papa, mais avec un plus beau tissu, une écharpe et des gants aux mains. Le garçon n'avait pas de bonnet sur la tête et ses vêtements en-dessous de son manteau étaient définitivement des vêtements d'un petit garçon riche, pas comme elle qui n'avait que des vêtements en laine et en coton.

-T'es qui? Demanda-t-elle en fronçant des sourcils.

Si c'était un méchant, elle allait devoir le combattre, comme son papa faisait avec les Compagnons! Mais le petit garçon lui dit en fronçant lui aussi des sourcils :

-T'as pas répondu à ma question.

-Toi non plus! Répliqua Lucia.

-J'ai demandé le premier, alors répond! Fit le garçon, visiblement pas content.

-Non, toi répond! Et lâche-moi! Méchant!

Lucia tira sur son bras, mais le garçon tira lui aussi. Sauf que ce qui devait arriver arriva… La petite blonde glissa sur la neige du muret et tomba. Et toujours accroché à sa manche, le garçon bascula par-dessus le petit muret lui aussi et tomba dans la neige la tête première dans un cri de surprise.

Une chance que le banc de neige était là, il y eut plus de peur que de mal ainsi. Mais maintenant les deux petits étaient trempés et gelés. Lucia frissonna en grimaçant et se redressa, sortant du tas de neige à quatre pattes. C'était froid! Et mouillé! Elle entendit un bruit étouffé et se retourna. En voyant que le garçon était coincé dans la neige, elle attrapa son manteau et tira dessus pour le dégager du monticule blanc.

Le garçon roula pour s'en dégager et toussa en ajustant la boucle de son manteau sur sa gorge. Lucia rougit en comprenant qu'elle avait presque étranglé le garçon.

-Pardon, je voulais t'aider… Fit-elle piteusement.

-Non, ce n'est pas grave… Fit le garçon en se redressant. Bon… Je m'excuse pour t'avoir fait tomber.

-Et je m'excuse de t'avoir presque étranglé. Et de t'avoir crié dessus. Et de t'avoir fait tomber avec moi. Et…

Le garçon secoua la tête, faisant tomber quelques flocons qui s'étaient accrochés à ses cheveux. Il passa ensuite une main sur son manteau pour essuyer la neige, décidément collante, et Lucia l'aida. Il fit ensuite de même avec la cape de la jeune fille et après un moment, ils croisèrent leur regard et éclatèrent de rires.

-On a l'air bizarre comme ça. Pouffa Lucia.

-Sans doute. J'ai l'habitude d'être bizarre de toute façon, ce n'est pas nouveau pour moi. Fit le garçon en haussant des épaules.

-Bon… On recommence, d'accord? Je m'appelle Lucia Draconis, fille de Nachael Draconis. Et toi?

-Et moi c'est… Nelkir. Juste Nelkir. Fit le garçon.

Il avait des cheveux bruns foncé presque noir ébouriffés qui lui barraient le front et voilaient un peu son regard. Il était un peu plus petit qu'elle, avait des yeux noirs et une peau un peu pâle, comme Freyja. Il était plus mince que Lars cependant et moins musclé que la plupart des garçons de son âge. Nelkir semblait avoir son âge, et Lucia en fut contente ; Elle aimait se faire de nouveaux amis!

-T'as quel âge, Nelkir? Demanda-t-elle, curieuse.

-J'ai sept ans, mais je vais en avoir huit dans douze jours. Répondit Nelkir. Et toi?

-Moi? J'ai six ans, je vais en avoir sept dans deux mois! Dit fièrement Lucia.

-Ça veut dire que t'es encore petite. Fit Nelkir avec une moue.

Lucia fronça aussitôt des sourcils. Elle répliqua avec verve :

-Non, je suis pas petite! Je suis la plus grande des filles de la ville et je vais bientôt commencer à apprendre le Shehai, comme mon papa et ma grand-mère! Je suis pas une gamine!

Nelkir était assez surpris de la réplique de celle qu'il prenait il y a encore quelques minutes comme une petite fille un peu solitaire et triste. Visiblement, elle était toute seule dans son coin parce qu'elle l'avait décidé, pas parce qu'on l'avait délibérément mise à l'écart…

Pas comme lui.

Il gratta sa tête, embarrassé d'avoir énervé la fille et s'excusa rapidement :

-Pardon, je ne voulais pas te vexer. C'est juste que ça m'intriguait que tu sois toute seule dans ton coin un soir de fête…

-Bof… Fit Lucia. J'aime pas trop regarder les adultes danser. Même si mon papa et ma maman sont super beaux ensembles!

-C'est qui ton papa et ta maman? Ils sont où? Demanda Nelkir, curieux.

Lucia les chercha du regard, et pointa un couple enlacé plus loin. Nelkir les détailla du regard et fronça des sourcils avant de regarder la petite fille à nouveau. L'homme était un rougegarde et la femme une nordique, mais rousse...

-Mais tu ne leurs ressembles pas…

-Mon papa m'a adoptée au début de l'hiver. Expliqua Lucia sans complexe. Et ma maman, elle va se marier avec lui dans un avenir proche qu'elle a dit. Donc, ce sont mes parents. Même si on n'a pas le même sang, papa dit que ça n'a pas d'importance et qu'il m'aime comme si j'étais sa vraie fille malgré tout.

Nelkir ouvrit grand les yeux quand Lucia lui dit cela. Puis, il sembla s'assombrir un peu en jetant un coup d'œil derrière lui, vers les quartiers des vents et Fort Dragon. Cela intrigua la petite, mais Nelkir ne dit rien, secoua la tête comme pour chasser de mauvaises pensées et sourit à Lucia.

Mais ça n'avait pas l'air d'un vrai sourire, Lucia le vit tout de suite. Nelkir dit alors :

-Tu es vraiment chanceuse d'avoir rencontré quelqu'un d'aussi gentil que ton papa.

-Tu viendras manger à la maison un jour! Comme ça, je te présenterai mes parents correctement! Sourit Lucia pour tenter de chasser la sombre expression qu'il avait.

Nelkir perdit son faux sourire et la regarda avec surprise, avant de hausser les épaules sans répondre. Puis, Lucia proposa à son nouvel ami d'aller jouer un peu plus loin et le garçon hocha encore la tête rapidement, mais il lui avoua ne pas connaître beaucoup de jeux. C'est avec beaucoup de fierté que Lucia lui expliqua donc les règles des jeux qu'elle connaissait, comme la bataille des boules de neige, chat, cache-cache et même certaines petites comptines que lui avaient enseigné Tilda.

Au contraire, Nelkir lui expliqua qu'il connaissait d'autres choses, comme les mathématiques, la géographie, la politique et même l'astrologie. Il lui présenta quelques constellations qu'il connaissait à Lucia et les deux aventuriers en herbes décidèrent de partir explorer un peu la ville de Blancherive de nuit.

Ce fut assez amusant, tous les stands étaient fermés même celui de la vieille rougegarde (Lucia en fut déçue, elle aurait voulu que son nouvel ami ait lui aussi une pochette surprise comme elle!) et ils pouvaient faire semblant de poursuivre des méchants dans les rues, Lucia armée de son épée en bois et Nelkir d'une branche trouvée par terre.

Cependant, lorsqu'ils s'approchèrent de la maison d'Ysolda, Lucia s'immobilisa. Devant les deux enfants, il y avait deux Compagnons, qui étaient très pâles. L'un deux respirait très fort, plié en deux comme s'il avait très mal et l'autre chancelait sur place en se tenant la tête, en marmonnant des phrases bizarres que Lucia ne comprenait pas. Qu'est-ce qu'ils avaient?

La jeune fillette s'avança vers les deux hommes, mais avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit, Nelkir bondit pour lui attraper le bras et la tirer en sens inverse. Lucia voulu protester, après tout peut-être que les frères d'armes de son papa avaient besoin d'aide! Mais en voyant le visage terrifié de Nelkir, la jeune fille ravala ses paroles.

-Il faut qu'on s'éloigne très vite d'ici! Chuchota-t-il avec une sincère panique dans la voix.

-Mais pourquoi? Demanda Lucia, sur le même ton que Nelkir par réflexe.

-On s'en va! Répéta Nelkir, avant de partir en courant en trainant Lucia avec lui.

La jeune fille n'eut donc pas d'autres choix que de suivre son nouvel ami à travers les ruelles de Blancherive. Elle ignorait pourquoi, mais Nelkir avait été terrifié en voyant les Compagnons. Peut-être était-il intimidé devant les guerriers de légende? Elle-même avait eu très peur de Jorrvaskr avant que son papa ne l'adopte...

Derrière eux cependant, un grand cri la fit sursauter. Un cri de douleur, de rage et d'agonie mélangé, ça faisait si peur...! Cependant la plupart des adultes étaient plus loin et avec la musique et les rires, personnes n'entendit le cri... Lucia trembla un peu mais la main de Nelkir se raffermie sur la sienne et le jeune garçon accéléra un peu, oubliant la prudence requise lorsqu'on courait dans le noir l'hiver.

Par chance, ils ne tombèrent pas et après une course de plusieurs minutes, Nelkir s'arrêta à côté du temple de Kynareth, essoufflé. Lucia était dans le même état, même si elle était habituée à courir partout avec les enfants des Compagnons. Elle regarda son nouvel ami et vit qu'il était encore un peu pâle et le regard terrorisé. La petite blonde se mordit la lèvre, cherchant du regard un moyen d'apaiser les craintes de son ami.

Puis, elle vit une immense ombre par terre. En levant la tête, elle réalisa qu'il s'agissait de Jorrvaskr, que la lune montante et très claire ce soir illuminait de derrière, créant cette gigantesque ombre par terre. Lucia se rappela alors de la cour du bâtiment. Plus précisément de la grande plaque de glace qu'avait fait geler les Compagnons il y a quelques jours, pour y faire patiner les enfants. Il fallait qu'un adulte soit présent pour jouer dessus, mais c'était tellement amusant de glisser sur la glace que Lucia était certaine que Nelkir allait retrouver le sourire!

Ce fut donc elle qui tira finalement son ami jusqu'à la cour de Jorrvaskr, sous les questionnements timides de Nelkir qui ne semblait pas à l'aise de s'approcher de la guilde. Une fois devant la plaque elle prit son élan et courut quelques mètres avant de se laisser tomber sur le ventre contre la glace, glissant jusque dans un banc de neige.

Elle sortit la tête du banc de neige et agita la tête pour en chasser la neige, gloussant en sentant les flocons fondus glisser dans son col et s'écria à Nelkir, qui n'avait pas bougé :

-À ton tour!

-Mais... On pourrait se faire mal! Protesta Nelkir, pas rassuré.

-Ne me dit pas que t'es une poule mouillée, Nelkir! Même les petits glissent là dessus et personne ne se fait jamais mal! Ria Lucia en sortant du banc de neige.

Nelkir se mordit la lèvre, regarda la plaque de glace, puis recula de quelques pas avant de se lancer à toute vitesse. Sauf qu'il calcula mal son saut, trébucha légèrement et glissa sur quelques mètres sur les fesses en roulant sur lui même avant de s'écraser dans le banc de neige avec fracas. Lucia éclata de rire et se précipita pour aider le garçon à sortir de la neige. Celui-ci, après avoir sautillé sur place pour retirer la neige qui s'était glissée sous ses vêtements, s'écria, assez mécontent :

-T'as menti Lucia! J'ai super mal partout!

-Mais c'est parce que t'as tout fait de travers! Gloussa Lucia. Attend, on va jouer avec les planches plutôt, sinon tu vas te casser des dents et nos parents seront pas contents demain en nous voyant.

Lucia ne vit pas le visage de Nelkir s'assombrir à la mention des parents et alla chercher deux larges planches qu'ils utilisèrent comme luge de fortune, glissant tour à tour sur la large plaque de glace, riant, se chahutant et se faisant des petites peurs à tour de rôle.

Ce ne fut que quelques heures plus tard, après un énième bâillement de Lucia, que Nelkir lui proposa de la ramener à ses parents. Il était tard, la danse des adultes devait être bientôt terminée et ils étaient tous les deux gelés. La jeune fille accepta, mais au moment où ils quittèrent la cours de Jorrvaskr pour se diriger vers le bûcher où dansaient encore quelques adultes, ce fut Carlotta qui les trouva, avec une Mila endormie dans les bras.

-Ah, Lucia tu es là! S'écria la dame. Ton papa et ta maman voulaient dormir seuls ensembles ce soir, tu veux venir dormir avec Mila?

L'idée d'aller dormir chez une amie fit sourire Lucia, mais qui attrapa ensuite le bras de Nelkir pour demander, un peu inquiète :

-Est-ce que Nelkir peut venir aussi?

Elle ne remarqua pas les sourcils froncés de Carlotta à la mention du prénom, ni de son regard méfiant qu'elle jeta alors à son ami.

-Il faudrait que ton ami demande à permission à ses parents d'abord et il est tard Lucia. Refusa doucement Carlotta. Ce sera pour une prochaine fois.

Lucia fut déçue mais Nelkir sourit et dit à sa nouvelle amie :

-Mon père ne voudra jamais que je dorme ailleurs que dans mon lit de toute façon. On se reverra... Une autre fois. D'accord Lucia?

La petite blonde hocha la tête et après un dernier salut, le garçon disparut dans l'ombre sans que Lucia ne comprenne par où il partait. C'était peut-être un Guerrier-né? Et parce que Lucia et son papa étaient amis avec les Grisetoison, Nelkir devait peut-être faire attention à ne pas être vu avec elle… Ce qui expliquait aussi son malaise devant les Compagnons et à l'approche de Jorrvaskr. C'était dommage, Lucia appréciait beaucoup le garçon.

-Je pourrais jouer demain avec mon ami? Fit Lucia en suivant Carlotta, qui baillait.

La jeune femme hocha la tête vaguement, le regard soucieux. Elle soupira en marmonnant quelque chose pour elle même, que Lucia ne comprit pas trop :

-Nachael ne sera pas content, il va hurler...

Pourquoi son papa hurlerait? Et pourquoi il serait en colère? Carlotta était bizarre… Elle aussi devait aller se coucher! Lucia rit légèrement en suivant la fermière jusqu'à leur maison, dans les fermes hors de la ville. Les adultes étaient vraiment bizarres.


C'était chaud. Si bon. Elle respirait rapidement lorsque je daignais de lâcher un instant ses lèvres pour nous permettre de reprendre notre souffle. Mais ma jolie rousse est toujours plus avide, à chaque baiser elle en réclame plus, s'agrippant à moi, grognant lorsque je la relâche trop, et venant reprendre mes lèvres d'elle-même lorsque j'avais le malheur de rire à ses réactions.

Adorable.

Je fermai la porte derrière elle et la plaqua contre le panneau de bois avant de l'embrasser de nouveau. Je n'ai jamais dit qu'Ysolda était la seule à être avide des lèvres de l'autre. Et alors qu'elle s'accrocha au tissu de mon manteau pour ensuite commencer à me guider vers sa chambre, un bref éclat de conscience me force à lâcher ses lèvres et murmurer :

-Lucia…

-Carlotta s'en occupe ce soir. Répondit Ysolda. Nous irons la chercher demain matin.

Nous? Demain matin? Je souris en haussant un sourcil et répliqua malicieusement :

-J'irai la chercher demain matin. Tu seras trop fatiguée pour bouger ma chère…

Ysolda fronça des sourcils et une lueur de défi s'alluma dans son regard. Elle me poussa ensuite assez fortement et je tombais dos au lit. Tiens, nous étions déjà arrivés? Ysolda retira sa cape d'un geste ample et je fis de même avec mon manteau et mes bottes, puis elle sauta à nouveau sur moi, littéralement. Je l'embrassais, caressant sa taille, ses hanches et son dos à travers le tissu épais de sa robe et frissonnai lorsque des mains un peu froides se glissèrent sous ma chemise et le veston sans manche que je portais.

-Ta peau est si chaude… Fit Ysolda, assez surprise.

-Homme du désert. Fis-je simplement.

Une légende locale de Lenclume raconte que tous les Rougegardes portent en eux la chaleur du désert. Bien que ce soit simplement notre morphologie qui est plus chaude que la moyenne, surtout dans un pays aussi froid que celui de Bordeciel… Mais je repoussai ces pensées scientifiques et me concentrai plutôt sur la magnifique femme au-dessus de moi. Elle avait commencé à détacher les liens de ma chemise et de mon veston puis écartait les tissus, l'œil fasciné. Je la laissai faire, les mains sur ses hanches.

Ce que madame veux, obtiendra.

Elle fini par ouvrir complètement ma chemise et je me redressai sur mes coudes pour l'aider à m'en débarrasser. Elle regarda longuement mon torse, le traçant du bout des doigts, avant de stopper sur une cicatrice encore bien sensible sur mon cou. Celle que m'a fait Vilkas il y a des mois...

-...

Elle ne dit pas un mot. Les lueurs de son regard ne laissèrent rien voir de ses pensées à l'instant. Elle finit par se pencher et m'embrasser avec force et je l'entourai de mes bras, avant de donner un coup de hanche pour que nous roulions et que je me retrouve au dessus d'elle. Ysolda resta accrochée à mon cou et toujours en silence, je détachai les lacets de son corsage. Elle frissonna lorsque je passai mes mains sur sa peau pour lentement lui retirer sa robe et une minute plus tard, ce fut une femme magnifique dans toute sa nudité que je pus contempler, allongée sous moi.

Je n'ai pas de mots justes pour la décrire. J'ai connu des femmes, des jeunes dames de la bourgeoisie et aussi des paysannes curieuses, mais toujours dans les même tranches d'âges que moi. Jamais de femmes plus vieilles, avec un corps d'adulte pleinement développé, fascinant à regarder. La seule "vieille" fille que j'ai connu dans mon lit fut celle qui à également été ma première fois, il y a un peu plus de cinq ans maintenant...

La peau d'Ysolda était pâle, ses seins ni trop large, ni trop petit reposaient sur sa poitrine, ses tétons rosés semblaient doux, elle avait quelques tâches de rousseurs s'étendant sur sa peau et ses épaules larges n'étaient finalement pas les seuls points musclés de son corps. Son ventre plat avait quelques marques d'abdominaux, ses biceps étaient également solides et ses cuisses encore plus. Sans être une montagne de muscles, je pouvais cependant sentir chaque dureté sous la peau d'Ysolda, signe de sa force. Je souris.

-Tu es magnifique. Soufflais-je en l'embrassant dans le cou.

Ysolda rougit et je souris en sentant sa chaleur corporelle augmenter doucement. Était-elle donc si gênée? Pourtant ce n'est pas la première fois que je la complimente sur son apparence... Elle est adorable.

Je passai le reste de notre nuit à lui prouver mes mots, en caresses et en doux baisers, en m'unissant à elle dans la plus primaire et sacrée des danses, sans que je ne cesse de la maintenir contre moi, et elle s'accrochant à mes bras, mes épaules, ma nuque... Nos lèvres se cherchant, nos peaux se frottant, nos membres s'accrochant, nos doigts s'enlaçant...

Sans que nous nous relâchions un instant.


Un coup me réveilla. Je grognai pour la forme, passais une main lourde sur mon visage et sentis un poids contre ma poitrine. Je baissais mon regard, les yeux entrouverts et vis Ysolda, allongée contre moi, un bras entourant mes hanches et un petit sourire aux lèvres.

Je souris en me souvenant de notre soirée et massai doucement sa nuque. Ses cheveux sont doux, son corps est encore réchauffé de nos dernières activités il y a quelques heures et je remarque quelques traces de morsures le long de ses épaules. D'ailleurs, mon dos me fait un peu mal. Sa peau rosée semblait presque m'appeler tant elle paraissait douce, mais je me répugnais à la réveiller, son visage paisible dans son sommeil m'apportait un certain réconfort.

Je passa tendrement ma main contre son épaule et fronça des sourcils. Sous ma paume je pouvais sentir le relief de cicatrices, longues et larges. Quand je les avait découvert la veille au soir, Ysolda m'avait dit que c'était des blessures causés dans son enfance, mais qu'elle ne se souvenait pas de ce moment.

Cependant, c'était bizarre... J'ai l'impression de connaitre ses cicatrices... Je les ai déjà vu... Sentit aussi... Mais c'est impossible, je n'ai jamais vu Ysolda se faire attaquer par une créature possédant des griffes aussi larges que le suggère ses cicatrices! Et puis, Ysolda c'est fait ces blessures quand elle était jeune, et je ne la connais que depuis quelques semaines... C'est peut-être que j'ai déjà vu ce genre de blessures chez d'autres personnes.

Ou c'est une coïncidence.

Je lui caressa la peau doucement et ma rousse frissonna avant de se blottir un peu plus contre moi, marmonnant des paroles parlant de soleil, ce qui me fit rire. Adorable... Elle était si adorable.

Puis, j'entendis d'autres coups à la porte. Je voulu ignorer l'imbécile qui voulait visiblement écourter notre nuit, mais ce fut la voix de Lorano qui s'éleva :

-Sale gamin, il est 8h du matin et si on veut être sur la route avant midi, il faudra bien que tu te lèves!

... Pourquoi j'ai informé Lorano à propos de l'adresse d'Ysolda, déjà? Ah ouais, parce qu'il me l'avait demandé avec une si grande politesse... Et après m'avoir écrasé lors d'un duel à main nue avant-hier.

Foutu orc. Je me levai, faisant attention à ce qu'Ysolda ne soit pas réveillée et enfilai mon pantalon vite fait. J'allai ensuite ouvrir à Lorano, qui était déjà dans son armure, mais sans casque. Il me jeta un regard circonspect quant à ma tenue et je lui sifflai :

-Pas de commentaires.

-Aucun. Marmonna-t-il. On doit partir ce matin, le plus tôt possible. Tu étais trop occupé hier soir pour le remarquer, mais l'aura maléfique de la pierre a commencé à agir depuis quelques heures.

Je fronçai des sourcils. Lorano me montra alors d'un mouvement de menton quelque chose à gauche, et je tournai la tête.

Et je blêmis en voyant l'énorme flaque de sang que les gardes étaient en train de retirer de la glace, à quelques mètres de la maison d'Ysolda. Lorano, faisant fit de mon malaise, expliqua :

-Deux de tes frères d'armes se sont violement disputés hier soir, durant la danse. Ça s'est fini en bain de sang. Ils sont tous deux encore en vie, mais gravement blessés. Et ils n'étaient que tes frères d'armes et des hommes avec qui tu n'as sans doute jamais parlé... La prochaine fois, ce sera peut-être des amis à toi, ta fille ou ta femme. Les Princes Daedra n'aiment pas attendre. Ce cristal pulse d'une énergie malsaine, dangereuse... L'avoir gardé aussi longtemps nous met tous en danger.

Ma gorge était trop serrée pour que je puisse dire un seul mot, alors je hochai simplement la tête. J'invitai Lorano à entrer, le temps que je mette mon armure et fasse mon paquetage, mais il secoua la tête :

-Je vais sceller nos montures aux écuries et régler quelques derniers détails. Mais il faut que nous soyons partis pour maximum 10h, à la réouverture officielle des routes.

-J'y serais. Dis-je.

Lorano hocha la tête et s'éloigna ensuite. Je fermais la porte et appuyai mon front contre celle-ci, les yeux fermés. Deux de mes frères se sont violemment battus hier soir, un soir de fête, à cause de moi. Alors que j'étais... Avec Ysolda. J'ai failli à mes responsabilités et ce sont mes frères d'armes qui ont payés à ma place. Une main un peu froide caressa alors mon dos et je me tournai doucement vers Ysolda, qui avait enfilé une chemise de nuit blanche et me regardait avec sérieux.

Elle avait dû tout entendre. Je la pris contre moi et la serrai fort, et elle me rendit mon étreinte, avant de me souffler calmement :

-Vas te laver et t'habiller. Je vais préparer ton repas. Ton armure est restée à Jorrvaskr, n'est-ce pas?

Je hochai la tête pour toute réponse et la relâchai. Son attitude calme et posée fit descendre un peu le stress qui était apparu en moi, refroidissant mon esprit et me permettant d'arrêter de culpabiliser.

D'abord, m'habiller. Je me dirigeai vers la chambre et enfilai à nouveau mes vêtements, éparpillés un peu partout. J'entendis Ysolda préparer un repas, l'odeur d'oeufs grillés ne réussi cependant pas à me faire sourire et lorsque je sortis de la pièce, je vis qu'elle avait noué un bandeau autour de sa tête pour retenir ses mèches de cheveux. Elle surveillait la cuisson des oeufs d'un oeil alerte et à peine une minute plus tard, j'étais attablé avec deux oeufs au plat, une pomme tranchée en quartier et un morceau de pain qui bien que froid restait délicieux.

-Je n'aurai pas le temps d'attendre que le boulanger nous sort ses pains du four, le vingt-cinq il commence toujours son travail à 9h. Dit Ysolda en s'assoyant à côté de moi pour manger sa propre assiette. Veux-tu de l'aide pour ton paquetage?

-... Il me faudra des vêtements pour la route et des vivres. Marmonnais-je.

-De l'eau également, ainsi que des baumes naturels pour tes blessures et des potions de soins préparées par Freyja. Énuméra ma rouquine. Nous irons en chercher chez Arcania en sortant. Tilda doit avoir les vivres qu'il te faut pour ton voyage. Tes armes sont aiguisées?

-Je prendrai la lame d'acier que j'ai acheté à Ulfberth et une dague de la Forgeciel. Je dois d'ailleurs laisser Nlaghn à Eorlund, il doit la réparer durant mon absence pour Lucia.

Ysolda hocha la tête, et encore une fois je me sentis reconnaissant envers les dieux et le destin d'avoir mis une telle femme sur mon chemin. Elle était plus calme, moins impulsive et avait davantage froid aux yeux que moi. Alors qu'une mauvaise nouvelle m'était encore une fois tombée dessus, elle réussissait à apaiser ma panique, me permettant de me concentrer sur mon voyage, et ses préparatifs. Une fois le repas terminé, je lui lavai ses couverts alors qu'elle alla s'habiller. Une fois tous deux prêts, nous allâmes rapidement à Jorrvaskr.

-Ton lit est lequel? Demanda Ysolda alors que nous entrâmes dans le bâtiment, pratiquement vide en ce matin du 25 Soirétoile.

-Le premier à gauche, dans la cinquième chambre, dans les dortoirs en face de l'escalier. Répondis-je.

Ysolda hocha la tête et descendit les escaliers alors que de mon côté, je m'approchai de Kodlak, que j'avais repéré à table avec Vilkas à ses côtés dès mon entrée en salle.

-Déjà debout le bleu? Fit Vilkas à mon approche.

-Avec une bonne raison. Répondis-je le plus calmement possible. (Ce n'était pas vraiment le moment que je le provoque en duel.) Héraut, je dois... Hum, je dois partir en mission dès ce matin.

-En mission dis-tu? Et vu ton regard, ce n'est pas une mission que les Compagnons ont accepté de s'occuper.

-Non... C'est une quête personnelle, dont j'ai fait l'erreur de repousser trop longtemps. Je pars d'ici deux heures, avec votre permission bien évidement.

-Combien de temps cette quête te prendra? Demanda Kodlak, qui ne semblait pas surpris de ma demande.

-C'est une quête qui me mènera au nord-ouest de Bordeciel, Héraut. Répondis-je avec sincérité. Selon les estimations de mon compagnon de route, nous en aurons pour deux semaines. Peut-être trois si le temps n'est pas de notre côté.

Kodlak hocha la tête et jeta un oeil vers Vilkas, qui semblait partagé. J'ignore d'ailleurs pourquoi. Puis il sourit, se leva et posa une main solide sur mon épaule.

-Alors va mettre ton armure, jeune Compagnon. Et même s'il ne s'agit pas d'une quête des Compagnons, garde toujours à l'esprit nos principes. Ils te guideront sur le chemin de l'honneur et tu pourras revenir auprès de ta famille, des histoires à nous raconter plein l'esprit.

Je souris et hochai la tête respectueusement. C'était étrange... Kodlak n'était pas le chef des Compagnons, tout le monde me l'avait bien fait comprendre, même le vieil homme. Et pourtant, obtenir son approbation pour partir accomplir cette foutue quête m'apaisa énormément, comme si on enlevait un poids de mes épaules, un poids que je n'avais pas eu conscience d'avoir jusqu'à présent.

Je saluai également Vilkas, qui ne me le rendit pas (enfoiré, pour une fois que j'étais poli...) et partis vers les dortoirs à mon tour.

Ysolda était accompagnée de Tilda dans ma chambre, en train de fermer l'un des deux sacs que comportait mon paquetage. Il y avait également une chaude couverture déjà enroulée qu'il faudra que j'attache à ma selle et mon armure était montée sur un mannequin, attendant que je l'enfile.

-Bien, tout a été préparé... Je vous laisse. Dit Tilda en sortant et en fermant légèrement la porte derrière elle.

Il y eut un silence léger, avant que ma douce rouquine n'inspire un bon coup et commence ensuite à me diriger vers l'armure. Pas besoin d'avoir l'intelligence de Daren ou de Freyja pour comprendre qu'elle voulait m'aider à la mettre. Et bien que je lui dis à mi-voix :

-Je peux le faire par moi-même...

Elle me répondit, avec le même ton :

-Cela me rassurait.

La rassurer. À ces mots, je me laissai docilement manipuler, Ysolda tournant régulièrement autour de moi, me faisant enfiler ma cotte de maille, attachant peu à peu mon plastron, ajustant mes épaulettes, puis mes gants. Elle ne rougit pas lorsqu'elle attacha ma ceinture et mes cuirasses, ni quand elle dut se pencher à mes pieds pour m'aider à mettre mes jambières et mes bottes de combats.

Et plus mon armure se referma sur moi, plus j'eus la sensation qu'en plus des plaques d'aciers et d'ébonites, en plus du sortilège résistant au froid, c'était comme si... Tous les sentiments qu'Ysolda éprouvait pour moi m'enveloppaient, comme une seconde armure. Sa chaleur, son calme, sa patience, tout sembla entrer en moi, apaisant mes propres craintes, ralentissant les battements de mon coeur pour un rythme plus normal.

Elle finit en nouant autour de mon crâne mon bandeau, repoussant mes mèches vers l'arrière et dégageant mon visage. Elle me faisait face et je dus me pencher pour la laisser faire, et une fois que je me redressai, nous nous regardâmes longuement dans les yeux.

La paix qui avait enveloppé Ysolda depuis notre réveil tout à l'heure semblait s'être transférer en moi. Alors que maintenant l'inquiétude se voyait largement sur le visage de ma douce dame, que ses yeux trahissaient sa peur et que ses mains refusaient de se détacher de mes épaules, je me sentais... Calme. Prêt à partir, l'âme en paix. Littéralement.

Même Fus semblait complètement calme, comme s'il n'était plus là... Si je ne serais pas habitué à ressentir son énergie, même aussi endormi, j'aurai effectivement cru qu'il était partit.

Je me penchai et embrassai longuement ses lèvres tremblantes, entourant sa fine taille de mes bras maintenant alourdis par mes gantelets et ma cotte de maille.

-Jure-moi que tu reviendras. Que tu me reviendras. Fit-elle, contre ma bouche.

Je cessai le baiser et posai mon front contre le sien, une main sur sa nuque. Je gardais mes yeux fermés, puis quand je les rouvris, elle en fit de même.

-Je le jure. Fis-je en plongeant mon regard dans le sien, noisette.

Ses yeux brillaient, mais aucune larme ne coulaient, et je passai un pouce prudent puisque recouvert de métal, sur le coin de son oeil pour y cueillir une larme invisible. Même maintenant, elle se refuse à pleurer... Elle était si forte. À ce moment précis, plus que tout, plus que mon désir de ne pas la quitter... J'aurai voulu que ce soit en tant que mari et femme que nous vivions ce moment. Pas en tant que simples amants.

-Quand je reviendrai... J'aurai quelque chose à te dire, de très important.

Que je l'aime. Qu'elle est plus qu'une simple amante à mes yeux. Que je veux l'épouser. Faire d'elle ma femme, la mère de Lucia et de mes autres enfants. Je veux le lui dire... Et je le lui dirai. Quand je serai libre de cette malédiction qu'est ce maudit cristal, je lui dirai tout.

-Pourquoi ne pas me le dire maintenant? Me demanda-t-elle, les yeux suppliants.

Je lui souris et l'embrassais sur le front avant de m'éloigner doucement.

-Cela me donnera une raison de plus de revenir.

Elle me jeta un regard, partagé entre la peur et la tristesse et je lui caressais délicatement la joue. Elle ferma les yeux sous la caresse et se pencha pour appuyer son front contre ma poitrine, dans un petit "tac". Je la laissais faire, de toute manière cela ne lui prit que quelques minutes avant qu'elle n'inspire profondément et se redresse, toute trace de tristesse ou de peur disparut de son regard.

Maintenant, il brûlait de détermination, une détermination cependant calme. Comme toujours, avec elle. Nous nous sourîmes et j'allais prendre mon épée pour me l'attacher à la ceinture. Ma bourse contenant le cristal de Méridia que j'avais déposé sur ma table de chevet le temps d'enfiler mon armure retourna à ma ceinture. Hors de question de le quitter des yeux de tout le voyage, à partir de maintenant! Ysolda prit mes sacs et je pris également Nlaghn, puis nous sortîmes tout deux de Jorrvaskr.

J'allai voir Eorlund, qui était déjà à son poste en train d'allumer sa forge (apprenant au passage qu'il était 9h passé) et lui laissais ma fidèle lame, en échange d'une dague solide en acier de la Forgeciel.

-Pour que tu puisses avoir une vraie lame sur toi. Dit avec arrogance le forgeron en jetant un oeil à l'épée qui pendait à ma taille.

-Je vais confiance à Ulfberth pour ses armes. Même si elles sont de moins bonne qualité que les vôtres, je n'ai pour le moment pas les moyens de m'en acquérir une. Souriais-je à Eorlund.

Celui-ci secoua la tête avant de me laisser filer avec la dague. Je me l'attachais également à la taille, mais à ma droite, contrairement à mon épée. Ysolda m'attendait au pied des escaliers menant à la forge, respectueuse des traditions elle avait refusé d'y monter. N'était ni Compagnon, ni femme de Compagnon, elle n'y avait techniquement rien à faire là haut.

Nous nous dirigeâmes ensuite vers la boutique de potions, appartenant à Arcadia. En me voyant débarqué en armure avec Ysolda qui portait mes paquetages, elle ne fit pas de scandales quand je lui demandais des potions de soins concoctées par Freyja. Mon amie était en train de dormir dans sa petite chambre au fond de la boutique, ni moi ni Arcadia ne la dérangea. De toute façon, Freyja avait créé une véritable réserve de potions à mon nom, bien évidement j'avais un prix à payer en conséquence, étant donné qu'elles avaient été créées spécialement pour moi.

Alors qu'une potion de soin ordinaire ne coûtait que 12 septims, je devais en payer pratiquement le double, 20 septims. J'en pris quatre, par prudence, ainsi que trois flacons de résistance au froid, une de régénération d'endurance et une pour enduire ma lame d'un poison de dégât de feu.

-Merci. Dis-je en sortant.

-Si vous voulez me remercier, devenez un client régulier! Me lança Arcadia alors que je fermais la lourde porte.

Je ris légèrement et Ysolda me lança un regard malicieux. Nous échangeâmes un sourire complice et alors que la ville se réveillait doucement autour de nous, nous nous dirigeâmes vers les grandes portes de la ville.

-Pour Lucia... Dis-je alors que les gardes ouvrèrent la porte à notre approche.

-Elle a dormi à la ferme avec Carlotta et Mila. Je vous accompagne jusque là-bas pour la prendre, puis on reviendra ici. Ne t'inquiète pas pour nous, tout ira bien. Répondit Ysolda, doucement.

-... Lucia fait beaucoup de cauchemars, la nuit quand elle s'inquiète. Et elle est très lunatique et impulsive.

Je ne pus m'empêcher de glisser quelques recommandations à Ysolda, qui ne fit rien pour m'interrompre. J'avais besoin de parler, surtout sur Lucia, pour me rassurer un peu plus. J'étais toujours calme, vis-à-vis la mission. Mais sur l'idée de laisser Lucia et Ysolda derrière moi...

À l'approche de l'écurie, je m'arrêtai et ma rouquine me dit :

-Je connais Lucia comme si elle était ma propre fille. Tu peux être confiant. Nous t'attendrons.

Je hochai la tête alors que Lorano nous attendait avec deux montures à ses côtés, ma jument et un étalon assez large et musclé, visiblement entraîné pour supporter le poids d'une telle armure que possédait le guerrier.

-Presque 10h, on y va. Dit l'Orc alors que j'attachai mes sacs, la lourde couverture et que je grimpai sur ma jument.

-Je dépose Ysolda à la ferme juste au coin et on y va. Approuvais-je.

Ysolda grimpa devant moi et Lorano ne dit rien à ce sujet. Il se jeta un sort, grimpa sur sa monture (aussi facilement, le sort devait avoir allégé son poids...) et partit le premier. Je le suivi, dans un trot tranquille et Ysolda se colla à moi, le visage caché en partit dans mon cou.

-Il y a une cape d'hiver dans une de tes sacoches. Fit-elle à mi-voix. Je t'ai également laissé un peu de savon et de quoi te faire du thé, durant vos arrêts. Tes vivres sont suffisantes pour que tu tiennes quelques semaines et il y a un pot, avec des perles remplies d'une poudre... C'est un médicament des prêtresses de Kynareth, le seul qui fonctionne vraiment, il a pour effet de réduire considérablement la douleur et stopper les hémorragies pendant une paire d'heure... Si jamais... Si jamais quelque chose tourne mal durant un combat. Ce n'est pas de la magie, donc cela devrais fonctionner sur toi, n'hésite pas à en prendre au besoin.

Tout comme moi il y a quelques minutes, elle m'abreuva de recommandations, me lista rapidement le contenu de mes sacs et me fit promettre, encore et encore, de revenir en entier d'ici au maximum trois semaines. Et je lui jurai, encore et toujours, que je reviendrais. Lorano stoppa son cheval à quelques mètres de la ferme où Carlotta vivait et après une dernière étreinte, Ysolda débarqua de mon cheval et s'éloigna de quelques pas.

Je pris sur moi pour lui faire le sourire le plus rassurant que je pouvais et elle en fit de même. Une porte claqua alors et je levai le regard. Dans un petit tourbillon de neige, Lucia se précipita vers nous avec les yeux grands ouverts, paniquée.

Ysolda l'attrapa et la souleva dans ses bras et s'approcha à nouveau de moi, qui suis resté sur ma monture. Lucia tendit ses mains vers moi et je la pris sans hésitation, la serrant fortement contre moi, ses minces bras entourant mon cou.

-Je t'aime papa. Fit-elle. Tu reviens vite, hein?

-Oui ma princesse. C'est promis, je reviens vite. Et je t'aime aussi, mon petit renard.

Nous restâmes comme cela quelques minutes, puis un raclement de gorge de Lorano me fit comprendre que c'était l'heure. Je détachais donc patiemment Lucia de moi, qui refusait de me laisser partir en pleurant et Ysolda la prit contre elle. Je caressais doucement la joue baignée de larmes de ma fille et lui dis :

-Il faut que tu sois courageuse, ma petite guerrière. Tu veux bien?

Lucia renifla, essuya ses yeux avec sa manche et appuya son visage contre ma main en hochant la tête. Je lui souris fièrement, puis la relâcha doucement.

Et après un dernier regard d'au revoir à Ysolda, je tournai la tête, et la hochai vers Lorano, qui nous observait du coin de l'oeil. Il fit claquer ses rênes et j'en fis de même. En quelques galops, je fus sur la route, en direction de ce maudit temple en compagnie d'un quasi inconnu qui prétend vouloir m'aider, en plein milieu d'un hiver bien glacial, en laissant derrière moi ma fille adoptive, la femme de ma vie et une famille que j'ai dû combattre pour la mériter.

Talos... Je ne t'ai jamais prié avec autant de ferveur que mes frères d'armes nordiques. Mes parents m'ont enseigné à ne croire qu'en ma force, et non en des entités supérieurs. Mais Talos... Aujourd'hui je te prie.

Je te prie, parce qu'alors que je m'éloigne de tout cela, je ne souhaite qu'une chose... C'est de faire demi-tour. Je te prie parce que je sais que je dois partir. Je te prie parce que... Je dois faire ce voyage.

Parce que je ne veux pas perdre à nouveau ma famille. Alors... Protège-les, Talos, je t'en supplie... Protège-les, durant le temps que je ne serai pas là.


Fin du chapitre! J'espère que ça vous à plut... Comme vous pouvez le constater, dans les prochains chapitres, ce sera enfin aventure et baston, comme on les aimes! Bon, pas totalement en fait... Huhu, vous aurez les détails après le chapitre bonus, j'espère que vous aimerez!

Donc, fini le mini-arc des fêtes du Solstice d'hiver, place au mini-arc de la quête de Méridia! J'espère que cet arc vous plaira, j'ai mit beaucoup de temps à l'écrire!

En partant, si vous pouviez laisser une review... Je sais que mon absence à fait que pas mal de mes lecteurs se sont désintéressé de mes écrits, mais les quelques personnes qui passent, même pas hasard... Ce serait sympa de vous manifester... S'il vous plait.

Les reviews, c'est la vie. Et mon salaire. Et je ne suis pas comme Shinpachi et Kagura, j'aimerais avoir mon salaire moi! Na mais oh! Vous n'avez pas la classe de Gin-san de toute façon!

Bisou à tous.
RedChi-san