CHAPITRE 12
Octavia pioche une robe dans les rayons et la montre à Clarke. Cette dernière plisse du nez en la déclinant. Ils ne sont qu'en début février et Octavia cherche déjà dans les robes d'été.
— Tu vas attraper froid si tu mets ce genre de robes, lui dit Clarke.
— Ce n'est pas pour maintenant mais pour cet été, répond-elle. C'est seulement moins cher lorsqu'on achète ça en hiver.
— Très bon plan…
Clarke file dans les cabines d'essayage et commence à enfiler les robes qu'Octavia lui donne. Octavia a toujours été folle de shopping et Clarke a toujours dû subir ses achats compulsifs. Clarke décide d'acheter seulement une robe fleurie pour l'été alors qu'Octavia grogne. Elle paye son achat à la caisse et demande à son amie où elle veut aller.
— Acheter un smoothie.
Clarke lève les yeux au ciel. Octavia se croit en été, apparemment. Elles filent vers un stand vendant des smoothies et en commandent un. Elles s'assoient toutes les deux à une table en discutant d'une soirée à venir.
— Je demanderai à Bellamy d'emmener l'alcool, lui dit Octavia.
— Est-ce que tu penses qu'il va venir avec Gina ? demande Clarke. Parce qu'il faudrait que je lui demande de me prêter l'une de ses robes.
— Attends… lui dit Octavia en fronçant les sourcils. Tu n'es pas au courant ?
— Au courant de quoi ? demande Clarke.
— Bellamy et Gina ont rompus.
Clarke avale de travers son smoothie et commence à tousser violemment. Octavia mord sa lèvre inférieure alors que Clarke se reprend et la regarde en écarquillant les yeux. Elle attend quelques secondes avant de savoir quoi dire.
— Mais je ne… Pourquoi est-ce qu'il ne m'a rien dit ?
— Je ne sais pas, je pensais que tu le savais. Il te dit tout, normalement.
— Je n'arrive pas à y croire, murmure-t-elle en frottant son front. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Qui a rompu ? Pour quelle raison ?
Octavia ne répond pas et baisse les yeux vers la table. Clarke sent son cœur s'accélérer dans sa poitrine. Elle ne sait pas comment réagir à cette nouvelle. Elle est triste de voir que Bellamy ne lui a rien dit mais il doit avoir une bonne raison.
— C'était il y a deux semaines. Il m'a dit qu'elle avait rompu avec lui parce qu'elle savait qu'il n'était pas amoureux d'elle.
— Je vois…
— Mais il y a autre chose, lui dit Octavia en soupirant.
— Qu'est-ce qu'il y a ?
— Je pense vraiment qu'il a des sentiments pour toi. Je sais que c'est dingue mais ils ont rompu juste après votre petite scène dans le bar. Je pense qu'elle l'a confronté sur les sentiments qu'il éprouve pour toi.
Octavia sait qu'elle n'aurait pas dû lui dire le fond de sa pensée mais elle n'a pas pu s'en empêcher. Clarke doit savoir que Bellamy la considère comme plus qu'une amie, même si elle ne ressent pas de sentiments pour lui.
— Octavia…
— Je ne te dis pas d'y réfléchir, lui dit-elle rapidement. Tu es en couple avec Lexa et, même si tu comptes rompre avec elle, je sais que tu n'aimes pas Bellamy. J'avais juste envie que tu sois au courant de ses sentiments.
— Tu n'en es pas sûre…
— Je le connais depuis toujours. Il n'a jamais été aussi tactile avec une fille qui n'était pas sa petite amie. Je sais interpréter les regards qu'il te lance.
Clarke la regarde et hoche finalement la tête. Elle ne sait pas si ce que dit Octavia est vrai mais là n'est pas la question. Elle veut simplement savoir pourquoi Bellamy ne lui a rien dit. Il est comme son meilleur ami, il aurait dû lui en parler.
Clarke se lève de la table au bout d'une dizaine de minutes en disant à Octavia qu'elle souhaitait rentrer chez elle. Octavia hoche la tête et se lève avec elle, descendant au sous-sol du centre commercial pour pouvoir reprendre sa voiture. Elle conduit prudemment et ne parle pas le long de la route. Clarke regarde sa montre. Il est un peu plus de 18h, Bellamy doit être rentré. Octavia se gare devant sa maison.
— Essaye de ne pas trop être dure avec lui, d'accord ? demande-t-elle.
— Je vais le tuer.
Clarke ne répond rien d'autre et sort rapidement de la voiture. Elle fonce jusqu'à chez elle et ouvre violemment la porte. Bellamy sursaute sur le canapé et se tourne vers elle, les sourcils froncés.
— Est-ce que ça va ? demande-t-il.
— Tu as rompu avec Gina ? dit-elle en plissant des yeux.
Il ne réagit pas au tout début. Il tourne finalement la tête en soupirant et se relève, lui faisant face. Clarke pose ses mains sur ses hanches. Il doit remarquer à quel point elle est énervée par lui.
— Ça s'est passé récemment, j'allais te le dire un jour ou l'autre.
— Il y a DEUX semaines, Bellamy ! Je suis ta colocataire et l'une de tes meilleures amies, tu aurais dû me le dire directement ! Je pensais que tu me faisais confiance et…
— Ça n'a aucun rapport ! rétorque-t-il. Je ne suis pas obligé de te raconter toute ma vie en détail !
Clarke le regarde en relaissant tomber ses bras le long du corps. Elle n'arrive pas à croire qu'il ait dit ça. Elle lui a toujours tout confié. Elle lui a parlé de sa relation avec sa mère ou encore la mort de son père. Elle lui a tout dit, même lorsqu'elle a perdu Charlotte. Elle lui avait parlé de sa maladie avant même qu'elle ne décède.
— Très bien, dit-elle en se dirigeant vers les escaliers. On n'est pas obligé de tout nous raconter. Arrêtons de nous parler.
— Clarke…
— Non, Bellamy ! s'exclame-t-elle en se tournant vers lui, en plein milieu des marches. Je t'ai toujours TOUT dit ! Merde, j'ai pleuré dans tes bras quand je croyais que Wells était mort !
— Écoute, je ne…
— Tu m'as traitée comme une merde à ton arrivée et je t'ai pardonné, mais là, ça va trop loin. Garde tes secrets, je m'en fous. J'en ai fini avec toi.
Bellamy reste les bras ballants dans le salon et la regarde remonter les escaliers. Il soupire en mettant son visage entre ses mains. Il ne voulait pas que la conversation se termine de cette manière mais c'est peut-être pour le mieux.
La semaine suivante, Clarke attend patiemment dans la salle de repos de l'hôpital. Lexa est censée la rejoindre à tout moment. Elle triture ses doigts. Cela fait plusieurs jours que Clarke souhaite rompre avec elle. Elles se sont éloignées récemment et Clarke s'est rendu compte du fait qu'elle ne tenait pas tant que ça à elle.
— Tu voulais me parler ? demande Lexa en entrant dans la pièce.
Clarke lève subitement la tête alors que Lexa s'appuie contre la porte, les bras croisés. Clarke se relève et se place devant elle en inspirant longuement.
— Notre histoire n'a plus aucun sens, dit-elle finalement. Je pense qu'on devrait rompre.
Lexa la regarde longuement. Clarke avale sa salive en sentant ses joues rougir. Elle pensait que Lexa allait se défendre mais ce n'est apparemment pas le cas.
— Je l'avais deviné, dit-elle finalement. Je pense que tu n'es pas prête à avoir une relation avec une femme.
— Qu'est-ce que je dois comprendre ? demande Clarke en haussant son sourcil.
— Tu es sortie avec moi simplement pour pouvoir te rebeller auprès de ta mère.
Clarke n'arrive pas à en croire ses oreilles. Elle pensait que Lexa allait s'énerver mais pas qu'elle allait remettre toute sa sexualité en question. Elle est allée beaucoup trop loin. Elle n'aurait jamais dû sortir avec elle.
— Tu es en train de remettre en question mon orientation sexuelle ? Va te faire foutre, Lexa !
— Clarke, je…
— Tu m'as dit que l'amour était une faiblesse mais tu t'es beaucoup trop attachée à moi, lui dit Clarke en plissant les yeux. Je suis ta faiblesse.
— Je n'aurais pas dû avoir autant de sentiments pour toi.
— Et bien bonne chance pour les oublier.
Clarke percute son épaule en sortant de la salle de repos. Elle fonce en dehors de l'hôpital pour sortir à l'air frais. C'est complètement inconcevable. Elle sait au fond d'elle que Lexa n'est pas méchante… Mais son orgueil a dû prendre un sacré coup lorsque Clarke a décidé de rompre avec elle. Elle ne peut pas réellement lui en vouloir mais elle ne va pas lui pardonner. C'était beaucoup trop.
Elle rentre chez elle et sursaute en voyant Bellamy toujours éveillé, dans la cuisine. Elle racle sa gorge et se sert un verre d'eau. Elle le boit lentement sous le regard attentif de Bellamy. Ils ne se parlent presque plus depuis une semaine à cause de toute l'histoire de Gina.
— Ta journée s'est bien passée ? lui demande-t-il.
— Je viens de rompre avec Lexa, répond-elle en posant son verre vide dans l'évier. Mais bon, je ne sais vraiment pas pourquoi je t'en parle. Tu ne t'étais pas pris cette peine avec Gina.
Elle lui lance un dernier regard et sort de la cuisine. Elle monte les escaliers et s'écroule dans son lit. Elle a été forte. Elle lui a dit qu'elle n'était plus avec Lexa mais rien de plus. Elle sursaute légèrement lorsque son portable vibre à côté d'elle. Elle le prend en main.
Wells B. : « Je crois que je commence à faire une overdose de mes parents. Mon père n'arrête pas de me parler de mon ancienne tortue qui est morte. Non mais sérieusement, je n'arrête pas de lui dire que ce n'est pas moi qui l'aie tuée ! »
Clarke G. : « Tu t'étais assis dessus, Wells… »
Wells B. : « C'est elle qui s'était glissée sous mes fesses. C'était un suicide, Clarke, un suicide ! »
Clarke G. : « Je te crois… »
Wells B. : « Parle-moi d'autre chose. Distrais-moi. »
Clarke G. : « Je ne parle plus à Bellamy. »
Clarke ronge son ongle de pouce en attendant la réponse de son meilleur ami. Finalement, son portable commence à sonner. Elle soupire en voyant son nom s'afficher. Bien-sûr qu'il l'appellerait. Il se soucie de sa relation avec Bellamy.
— Allo ?
— Dis-moi tout, lui dit immédiatement Wells. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Clarke raconte toute l'histoire alors que Wells écoute, sans interrompre une seule fois. Elle se retrouve les joues baignées de larmes à la toute fin. Elle sanglote au téléphone alors qu'il essaye de la rassurer. Elle se sent pathétique.
— Pleurer pour Bellamy Blake, qui l'aurait cru ? hoquète-t-elle. Je le détestais et maintenant… Maintenant… J'ai besoin de lui dans ma vie autant que toi, Wells.
— C'est un peu insultant pour moi puisque je te connais depuis beaucou^plus longtemps, mais passons.
— Désolée, rit-elle. Je ne sais pas pourquoi je me mets dans cet état. Ce n'est que Bellamy. Je le connais depuis moins d'un an.
— Tu le sais très bien, Clarke.
Elle soupire lourdement en mordant sa lèvre. Wells la connait par cœur, c'est quelque chose d'indéniable. Il sait exactement ce qu'elle ressent en ce moment même.
— Oui, je le sais.
[…]
Le lendemain matin, Clarke dort paisiblement lorsque son portable commence de nouveau à vibrer. Elle grogne et le regarde rapidement.
Emory M. : « On a eu un taux d'arrivés incroyable depuis ce matin, on aurait besoin de ton aide. »
Clarke pousse un long grognement en laissant sa tête retomber sur l'oreiller. Aujourd'hui était censé être un jour de repos. Elle pensait le passer toute la journée sur Netflix, avec un pot de Nutella dans les mains. Elle soupire et répond oui à Emory. Elle se lève et file dans la salle de bain, enfilant un jean et un t-shirt. Elle descend rapidement les escaliers et se sert une grande tasse de café, qu'elle boit à petites gorgées. Bellamy rentre à son tour dans la cuisine et reproduit les mêmes gestes qu'elle. Il la regarde.
— Au fait… dit-il alors. Je suis tombé hier soir sur ton ordinateur.
— Et ?
— J'ai vu que tu cherchais un appartement.
Clarke se fige et baisse la tête en entendant ses paroles. Elle racle finalement sa gorge en posant sa tasse de café sur la table.
— C'est le cas, lui dit-elle. Je compte déménager d'ici quelques jours. Je te rends ta liberté.
— Je ne te vire pas de chez moi, Clarke.
— Je le sais. J'en ai simplement envie. On ne va pas rester toute notre vie tous les deux.
Il la regarde et hoche la tête plusieurs secondes après. Elle mord sa lèvre et sort de la cuisine, puis de la maison. Elle se dirige vers son bus en soufflant un grand coup. C'est officiel, elle ne va plus habiter avec Bellamy. Elle entre dans le bus et met une chanson dans ses oreilles pour pouvoir penser à tout sauf au regard qu'il lui a lancé avant de partir. Un regard rempli de tristesse.
Elle arrive à l'hôpital et se met rapidement en tenue. Elle commence à aller voir plusieurs de ses patients. Effectivement, il y a beaucoup de monde. Il y a eu un carambolage sur l'autoroute et elle doit prendre en charge la moitié des automobilistes. À la pause déjeuner, elle décide de manger avec Emory et Finn. Ce dernier parle de sa nouvelle petite amie. Clarke n'écoute que d'une oreille. Après tout ce qu'il lui a fait, elle n'a pas réellement envie de l'entendre parler d'une autre femme. Elle se relève seulement après trente minutes et recommence à traiter des patients. Elle fait une pause vers 17h et s'appuie contre le comptoir d'accueil.
— Je suis déjà fatiguée, soupire-t-elle à Emory. C'était censé être mon jour de repos.
— Tu te rattraperas demain, lui répond celle-ci en soupirant.
Clarke sourit en secouant la tête. Elle sursaute violemment lorsque le chef de service arrive vers elle en lui fourrant un dossier dans les mains.
— Deux policiers en service viennent d'arriver, lui dit-il. L'un est touché à l'épaule, l'autre à l'abdomen. Tu t'occupes du premier.
— Bien, chef.
Clarke fait un rapide au revoir à Emory et déambule dans les couloirs. Elle entre dans la chambre de son patient sans même regarder son nom et se fige en voyant Miller sur le lit, assit. Il est en uniforme de police. Clarke sent son sang quitter son visage lorsqu'elle voit qu'il n'a qu'une blessure à l'épaule.
— Clarke… murmure-t-il.
Elle laisse tomber le dossier par terre et se précipite hors de la chambre. Elle commence à courir partout autour d'elle jusqu'à ce qu'elle aperçoive Lexa. Cette dernière semble comprendre la situation puisqu'elle accourt vers Clarke en mettant ses mains sur ses épaules. Elle la regarde dans les yeux.
— Est-ce que c'est… Est-ce que… dit Clarke sans pouvoir finir sa phrase.
— C'est Bellamy, confirme Lexa. Il vient d'entrer en salle d'opération, d'accord ? Tout va bien aller, Clarke.
Clarke n'entend pas la moitié des mots que Lexa lui dit. Elle pense juste à Bellamy qui est seul, au loin. Bellamy qui est en train de mourir, au loin. Elle sent des larmes couler sur sa joue alors que Lexa essaye de lui dire ses mots réconfortant, tout en la prenant dans ses bras.
— Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demande-t-elle en regardant Lexa.
— Il était en service avec Miller et quelqu'un a ouvert le feu sur eux. Nous n'en savons pas plus, seulement que son état est critique.
— Dans quelle chambre est-ce qu'il est ?
— Chambre 143. Mais pour l'instant il…
Clarke ne la laisse pas terminer sa phrase et commence à courir dans le couloir. Elle sait qu'il est déjà en salle d'opération mais elle a besoin d'aller devant sa chambre. Peut-être que des médecins sont déjà en train de parler de son cas à l'intérieur. Elle s'avance vers la chambre 143 et voit par la porte entrouverte qu'il n'y a personne. Elle entre et mord longuement sa lèvre en voyant la pièce vide. Elle sent une boule remonter le long de sa gorge et une vague de nausée commencer à s'emparer d'elle. Elle se précipite dans la mini salle de bain et se penche vers les toilettes, vomissant tout son repas. Elle s'écroule sur la lunette des toilettes en éclatant en sanglots. Elle pense au fait qu'elle doit prévenir Octavia et ça la rend malade.
Elle se relève au bout d'un petit moment en s'essuyant la bouche. Elle sait qu'il faut qu'elle soit forte pour le moment, il faut qu'elle se reprenne. Elle sort de la chambre et se précipite vers la salle de repos. Elle trouve son jean et récupère son téléphone portable. Elle fouille dans sa liste de contacts et appuie sur le nom d'Octavia, les mains tremblantes.
— Allo ? demande celle-ci. Tu n'es pas censée être au travail, Clarke ?
— C'est le cas…
— Alors pourquoi est-ce que tu m'appelles ? dit-elle en riant. Au lieu de me parler, va plutôt t'occuper de tes patients.
— Octavia… dit-elle avec une voix tremblante. C'est Bellamy.
Octavia ne répond pas à l'autre bout alors que Clarke renifle fortement. Elle sait que son amie s'attend au pire.
— Qu'est-ce qu'il y a ? demande-t-elle.
— Il a eu un accident au travail, explique Clarke en commençant de nouveau à pleurer. Il y a eu une fusillade. Apparemment il est dans un état critique, mais ils ne veulent rien me dire d'autre.
— Est-ce qu'il va bien ? Oh mon dieu, Clarke, dis-moi qu'il va bien !
— Je ne sais pas…
Lincoln prend soudainement le téléphone d'Octavia en disant à Clarke qu'ils arrivent immédiatement. Elle raccroche et sort de la salle de repos, allant vers l'accueil. Elle attend patiemment leur arrivée.
Au bout de dix minutes, Octavia se précipite dans l'hôpital et serre immédiatement Clarke dans ses bras. Elle éclate en sanglots lorsque Clarke lui dit ce qu'il s'est passé. Elle la conduit lentement à la salle d'attente pour les proches de victimes. Elle caresse son dos tranquillement en lui murmurant des paroles réconfortantes à l'oreille.
— Famille Blake ?
Clarke lève subitement la tête vers Jackson, l'un des médecins les plus compétents de l'hôpital. Octavia, Lincoln et elle se lèvent et vont à son encontre. Il a un dossier sous son bras.
— Comment va mon frère ? demande Octavia en tremblant.
— La chirurgie s'est bien passée, lui dit-il. Nous avons réussi à enlever la balle de son abdomen. Heureusement pour nous, elle n'a touchée aucun organe vital. Cependant, il a perdu beaucoup trop de sang pendant le processus. Il lui faut beaucoup de repos, mais il va s'en sortir.
— Est-ce que je peux aller le voir ?
— Nous allons le remonter dans sa chambre dans une dizaine de minutes. Vous allez pouvoir le voir, si vous le souhaitez. Il sera encore endormi.
Octavia et Lincoln hochent la tête en suivant le médecin. Clarke reste légèrement derrière en l'écoutant. Elle veut être sûre qu'il dise bien la vérité. Elle connait par cœur Jackson, normalement il dit tout ce qu'il se passe sans minimiser les choses.
Clarke entre dans la chambre vide avec eux et reste debout, dans le coin de la pièce. Ils entendent du bruit dans le couloir et quelqu'un entre, poussant le lit de Bellamy. Clarke sent son cœur tambouriner dans sa poitrine en le voyant allongé, en train de dormir. Il a une perfusion dans le bras, lui délivrant plusieurs calmants. Ils placent le lit dans sa position initiale et quittent la pièce. Octavia prend la chaise près de son lit et prend sa main dans la sienne. Lincoln reste à ses côtés alors que Clarke ne bouge pas d'un pouce. Son regard reste fixé sur le visage endormi de son ami. Son ami. Il ne l'était même plus ces derniers temps. Pourquoi est-ce qu'elle a été si stupide ? Et si leur toute dernière discussion avait été une dispute ? Et s'il était mort sans savoir à quel point elle regrettait tout ce qu'elle a pu dire ?
Elle commence tout à coup à sentir sa respiration s'accélérer, comme si elle faisait une crise de panique.
— Clarke ? demande doucement Octavia.
Clarke ne l'écoute pas et se retourne vers le mur. Elle pose ses deux mains sur celui-ci en essayant de compter dans sa tête. C'est une crise d'angoisse, ce n'est rien, ça va passer. La dernière fois qu'elle a eu cette chose c'est lorsqu'elle a appris la mort de son père. Bellamy va bien. Il va bien.
Octavia se lève et se précipite vers son amie en lui disant de respirer calmement. Clarke commence à se calmer mais, à la place, éclate en sanglots. Elle enfouie son visage dans le cou d'Octavia en sanglotant.
— Je lui ai dit que j'allais déménager, dit-elle, ses mots presque étouffés. On n'a pas arrêté de se disputer et… Et…
— Ça va aller, répond Octavia en caressant ses cheveux.
— Je regrette tellement, dit Clarke en se redressant et en la regardant. Je n'aurais jamais dû… Alors qu'il va peut-être…
— Il ne va rien se passer, il va bien. Il est fort, tu le sais ça, pas vrai ? Il va se réveiller d'ici quelques minutes.
Clarke hoche la tête alors qu'Octavia embrasse doucement son front. Elles s'assoient toutes les deux à côté de son lit. Lincoln et Octavia parlent ensemble de temps en temps mais Clarke n'y arrive pas. Elle fixe simplement la couverture du lit en laissant ses pensées vagabonder un peu partout.
— Lincoln et moi allons manger, lui dit doucement Octavia. Tu viens avec nous ?
— Non, j'ai… J'ai besoin de rester encore un peu.
Octavia acquiesce et se lève en compagnie de son petit ami. Ils sortent de la chambre, laissant Clarke seule. Elle se rapproche de Bellamy en changeant de place. Elle racle sa gorge, ne sachant quoi faire. Elle prend finalement sa grande main dans les siennes. Elle caresse du bout des doigts ses phalanges et trace les lignes de sa main. Elle sent de nouveau une larme sur sa joue. Elle aimerait tellement qu'il la taquine de nouveau avec ses mains, n'importe quoi. Elle renifle et appuie son front contre leurs mains entrelacés. Elle ferme les yeux et reste dans cette position plusieurs minutes.
— Je te déteste, murmure-t-elle contre ses doigts.
— Menteuse…
Clarke relève subitement la tête et sent de la chaleur se diffuser dans son corps lorsqu'elle croise les yeux de Bellamy. Elle pousse un soupir de soulagement et se penche vers son visage. Elle le prend entre ses mains et embrasse plusieurs fois sa joue alors qu'il essaye de se dégager en souriant légèrement.
— Tu es un abruti fini, lui dit-elle.
— Je sais, répond-il finalement. Est-ce que Miller va bien ?
— Toujours en train de penser aux autres, pas vrai ? dit-elle avec un léger sourire, malgré ses larmes. Il est en pleine forme. Tu as tout eu à sa place.
Il semble soulagé alors qu'elle lève les yeux au ciel. Bien-sûr que Bellamy s'inquiète plus de la vie des autres que la sienne. Cela n'étonne même pas Clarke, elle commence à le connaitre. Bellamy tourne son visage vers elle et bouge lentement sa main dans sa direction. Elle la prend dans la sienne en poussant un soupir.
— Je suis désolée pour ce qu'il s'est passé ces derniers jours, murmure-t-elle. Je regrette tout ce que je t'ai dit ou ce que je t'ai fait.
— Clarke…
— Je ne veux pas déménager pour l'instant, d'accord ? dit-elle rapidement. Peut-être que tu aimerais que je parte mais il ne faut pas que tu restes seul pour l'instant, puis…
— Je ne veux pas que tu partes, princesse. Je suis désolé pour tout ce qu'il s'est passé, moi aussi.
Elle sourit et se penche en nichant son visage contre sa joue. Elle sursaute cependant lorsque la porte s'ouvre et qu'Octavia pousse un cri. Clarke rit et s'écarte, la laissant enlacer son frère. Bellamy grimace devant tant d'attention mais laisse sa sœur avoir son moment de joie.
Une semaine après, Bellamy retourne enfin chez lui avec ordre de faire le moins d'efforts possible. Octavia est revenue habiter dans leur maison exprès durant quelques jours, pour être sûre qu'il aille bien.
— Je peux marcher dans le salon tout seul, Octavia ! s'exclame-t-il alors qu'elle se lève pour le soutenir.
Clarke l'aide le plus possible au niveau de la cuisine. Il continue à cuisiner sauf qu'elle a toujours peur qu'il y aille beaucoup trop fort. Elle est constamment en train de surveiller ses faits et gestes par-dessus son épaule. Bellamy déteste ça mais il sait qu'elle fait ça pour son bien.
Une nouvelle semaine après, Clarke s'installe à côté de Bellamy pour regarder un film. Puisqu'il a toujours mal à l'abdomen, il ne peut pas rester toute une heure sur le canapé. C'est pour cette raison qu'ils doivent regarder un film dans la chambre de Bellamy, sur sa télévision.
— Est-ce que tes coussins sont bien placés ? demande Clarke en mordant sa lèvre.
— Viens t'assoir, dit-il en soupirant.
— Mais je…
— Clarke.
Elle hoche finalement la tête et s'assoit à côté de lui, contre la tête de lit. Le film commence. Clarke sent le bras de Bellamy se poser sur son épaule, la rapprochant légèrement de lui. Elle sent des fourmillements dans le bas ventre et de la chair de poule remonter le long de ses bras. Elle se sent soudainement submergée par tous les sentiments qu'elle éprouve pour l'homme à côté d'elle.
C'est dans ces moments-là qu'elle se rend compte de la chance qu'elle a d'être à ses côtés. Elle a failli le perdre il y a deux semaines et ça a failli la tuer. Elle imagine désormais ce que serait sa vie sans lui. Il n'y aurait plus de rires dans la maison ou encore de cris et de disputes. Tout serait devenu vide.
Elle tourne légèrement la tête et pose ses yeux sur le visage concentré de Bellamy. Elle l'étudie. Elle regarde les constellations que forment les taches de rousseur sur son visage, ou encore la cicatrice qu'il possède au-dessus de sa lèvre. Elle ne sait pas ce qu'il s'est fait mais elle aimerait lui demander, un jour. Elle aimerait tout savoir de lui, tout connaitre. Elle repense à tous les moments où ils se sont disputés et ensuite réconciliés. Elle pense aux moments où ils se sont endormis l'un à côté de l'autre. Elle repense au baiser fougueux qu'ils ont partagé il y a quelques mois. Elle repense à ses lèvres chaudes contre les siennes et ses mains contre sa peau nue.
Elle l'aime. Elle est amoureuse de lui.
Elle sent de la chaleur se diffuser dans son corps entier alors qu'elle prend peu à peu conscience des sentiments très forts qu'elle éprouve pour lui. Ça a toujours été lui. Du début à la fin, Bellamy a toujours été dans ses pensées. Elle ne veut plus jamais être séparée de lui. Elle veut dormir toutes les nuits à ses côtés, entendre les battements de son cœur sous son oreille, se réveiller avec ses yeux sombres posés sur elle, l'enlacer et l'embrasser à chaque moment de sa vie.
— Clarke, est-ce que ça va ? demande Bellamy en la regardant, des yeux inquiets.
Elle cligne plusieurs fois des yeux. Elle ne s'était pas rendu compte qu'elle continuait à le fixer depuis tout ce temps. Elle racle sa gorge en plongeant ses yeux bleus dans ses yeux noirs. Elle réalise à quel point il est beau.
— Ça va, dit-elle avec un léger sourire. Je suis juste contente que tu ailles bien.
— Moi aussi, princesse.
Il plante un baiser contre sa tempe alors qu'elle se niche encore plus contre son torse. Ils s'endorment tous les deux quelques minutes plus tard dans cette position, Clarke restant un peu plus longtemps en éveil.
Elle espère que ce n'est pas trop tard.
Hello ! Vous allez bien ? Vous aussi vous êtes en vacances ? Ça fait tellement du bien de mon côté !
Merci beaucoup aux guest, comme toujours ! Je répondrais à vos questions dans le prochain chapitre, si vous en avez ! Je suis vraiment reconnaissante par toutes vos reviews. Je sais que c'est toujours chiant d'envoyer quelque chose à l'auteur mais vos quelques mots peuvent énormément nous rassurer lorsqu'on a des moments de doutes. Donc merci beaucoup. Je n'ai pas encore répondu à vos MP mais ça ne saurait tarder.
Dans le prochain chapitre : Clarke a beaucoup de mal à se contrôler vis-à-vis de ses sentiments pour Bellamy et décide d'inviter Wells à la maison…
- Amandine.
