Alors, vous êtes prêts pour un nouveau chapitre ? Vous remarquerez sans doute qu'il est plus court que les autres, bien que restant quand même assez conséquent, mais croyez-moi, vous me pardonnerez en lisant la dernière phrase… ou peut-être pas en fait. Je sens que je titille votre curiosité, non ? Alors je vous laisse à votre lecture, remerciant avant, comme d'habitude mes lecteurs et reviewers.
Chapitre XII
So What ?
Résumons la situation : Severus Snape, que je n'avais pas vu depuis quatre jours, était actuellement planté sur le pas de la porte de mes appartements, me demandant de l'aide pour une chose apparemment hautement importante. Je croisais les bras et affichais un sourire carnassier. J'allais le faire mariner un peu, il n'était pas question que je cède si facilement.
- Cela vous dérange si je rentre ? me demanda-t-il.
- Non… ça vous dérange si je sors ? répliquais-je.
- Darlian…, soupira-t-il.
- Lady Darlian pour vous, le corrigeais-je.
- Bien, trancha rageusement Snape. LADY Darlian, puis-je vous demander un service ?
- Allez-y toujours…
- Voilà, les sorciers pratiquent un sport qui s'appelle le Quidditch. Il se trouve qu'il y a un match aujourd'hui : ma maison, Serpentard, contre celle de Gryffondor. La directrice de cette maison, Minerva McGonagall – la sorcière que vous avez aperçue quand vous êtes tombée de ma cheminée – a lancé un… un pari idiot, soutenue par Dumbledore, consistant à savoir qui d'elle ou de moi-même arriverait à vous recruter en tant que supporter.
Je le regardais éberluée. Il se fichait de moi là… Il se fichait FORCEMENT de moi… Il avait pourtant l'air on ne peut plus sérieux.
- Si je comprends bien, vous êtes uniquement venu me rendre visite pour me demander de jouer la pom-pom girl pour votre équipe ? Et c'est ça votre question de vie ou de mort ?
- Vous acceptez ou pas ? s'enquit-il comme si je venais de ne rien dire.
- A une seule condition. Une fois votre fichu match terminé, je veux que vous me fassiez visiter Poudlard et ses alentours, personnellement. Et hors de question d'essayer de vous défiler.
Si le chantage était le seul moyen d'obtenir un rendez-vous avec cet homme, alors allons-y gaiement. Il parut gêné par ma requête, soupesant mentalement le pour et le contre.
- Je crois que j'entends le professeur McGonagall arriver…, m'impatientais-je en laissant ma phrase en suspens.
- D'accord. Je vous amènerai où vous voulez. Satisfaite ?
- Très, souris-je.
- Bon alors, enfilez ça, m'ordonna-t-il en me tendant une cape noire de sorcier avec une attache en argent au col.
- Je me sens profondément ridicule là-dedans, commentais-je en enfilant le vêtement.
- C'est l'habit standard chez les sorciers.
- Parce que j'ai l'air standard moi ?
- Prenez ça aussi, insista Severus en passant par-dessus ma tête une écharpe noire, verte et argent, brodée d'un écusson avec un serpent et le nom de la maison, et en la déposant sur mes épaules. Vous feriez presque illusion, Lady Darlian. Nous y allons ?
- Qu'est-ce que je ne ferais pas pour ne pas rester enfermée… Et passer un peu de temps avec vous, ajoutais-je mentalement.
Je le suivis en ronchonnant un peu. Je ne savais pas ce qu'était le Quidditch, mais si c'était pour voir des imbéciles avec un quotient intellectuel avoisinant celui d'une huître sous morphine courir après un ballon que j'avais quitté ma chambre, Snape se mordrait les doigts de ne pas m'avoir laissée aux mains de McGonagall. En parlant d'elle, la voilà qui venait justement vers nous. Elle portait elle aussi dans ses bras une robe de sorcier et une écharpe où le rouge et l'or remplaçaient le vert et argent de la mienne. Quand elle constata que j'étais accompagnée de Severus, son sourire s'effaça, contrairement au rictus du professeur de potions qui s'agrandit.
- Trop tard, Minerva. Elle est de mon côté.
- Je vous emmerde ! le coupais-je dans sa fanfaronnade.
- Vous êtes sûr qu'elle est de votre côté ?
- Et si nous allions assister à la défaite des Gryffondors ? changea de sujet Severus après m'avoir jeté un regard enflammé – de colère, pas de désir, ce qui était bien dommage.
- Ne rêvez pas. J'entends bien garder encore la Coupe dans mes appartements.
En assistant à ce débat dont le niveau était hautement relevé, j'eus l'impression que Snape se fichait en fait pas mal de qui allait gagner ou perdre. Il me semblait surtout qu'il éprouvait un malin plaisir à faire enrager sa collègue. Nous sortîmes dans le parc et nous dirigeâmes vers ce qui ressemblait à un stade. Puis nous grimpâmes en haut d'une tribune pour nous y asseoir. Je me retrouvais à la droite de Severus, alors que le professeur McGonagall prenait place pile devant moi. Je jetais un œil au terrain et fus surprise d'y voir trois piliers se terminant en anneau à chaque bout.
- Quelles sont les règles de ce jeu au juste ? glissais-je à mon voisin pendant que tout le monde finissait de s'installer.
- C'est très simple. Et vous allez pouvoir vous réjouir en découvrant un autre moyen de transport sorcier : le balai.
Faisant fi de ma surprise, il entreprit de m'expliquer le règlement du Quidditch. Il me murmurait les explications au creux de l'oreille, prenant garde à ce que personne ne l'entende. Cela aurait paru louche qu'une soi-disant sorcière ne connaisse rien de ce sport. Sa voix, bien que n'étant pas plus qu'un chuchotement, était chaude et onctueuse. Je frissonnais à chaque fois que son souffle caressait ma joue. Je n'étais pas certaine d'avoir bien entendu toutes ses explications par contre, à la fin de son monologue, j'aurais pu dessiner ses lèvres les yeux fermés. Il avait quand même une voix sublime, il fallait bien le reconnaître, sachant parfaitement en maitriser toutes les tonalités. Passant en une fraction de seconde d'un timbre froid et distant qui vous fichait la trouille pour la journée, à une intonation plus profonde, plus suave, plus veloutée, qui vous procurait autant de frissons et de vagues de chaleur dans tout le corps que si vous veniez de vous choper la grippe du siècle. Même en me lisant le mode d'emploi d'une machine à laver, il m'aurait mise dans tous mes états. Alors qu'un élève désigné comme commentateur annonçait le début du match, une main se posa sur mon épaule. Je tournais la tête et adressais un sourire au Directeur de Poudlard qui me le rendit, puis je me concentrais de nouveau sur ce qui se passait dans le stade.
Je n'étais pas une fanatique des manifestations sportives, mais je dus bien reconnaître que ce jeu-là était plutôt intéressant. Je ne savais pas si c'était la découverte de ce nouveau sport, ou l'enthousiasme environnant qui était contagieux, mais je me laissais petit à petit gagner par l'euphorie ambiante. Si bien qu'au bout d'un moment, je me mis moi-même à encourager les joueurs… à ma manière.
- Mais fous-lui un coup de batte dans la tronche à cet abruti ! criais-je à un Serpentard qui venait de se faire feinter par un adversaire.
- Miss Darlian, je vous prierai de modérer votre langage, s'offusqua McGonagall.
- Laissez-la donc s'exprimer voyons, tempéra mesquinement Snape.
- Quelle équipe de branles ces Serpentards ! continuais-je sur ma lancée sans leur prêter attention.
- Non mais vous allez rester polie ! me cria Severus.
- Il faut bien qu'elle participe, lui rétorqua ironiquement sa collègue.
A un moment, exaspéré, et à la limite de m'étrangler, le professeur de potions me conseilla froidement de me calmer si je ne voulais pas attirer l'attention. Ben quoi… j'avais bien le droit de lui demander de faire une « ola » avec moi, non ?
Le match se termina sur la défaite des Serpentards. Il n'y avait pas beaucoup de points d'écart cependant, mais je préférais ne pas le faire remarquer à Snape qui avait l'air plus tendu que jamais. Peut-être le sourire suffisant de McGonagall y était-il pour quelque chose ? Vu qu'il était d'une humeur massacrante, je me doutais qu'il ne valait mieux pas que je lui rappelle qu'il m'avait promis de m'amener faire du tourisme dans Poudlard et ses environs. Je m'étais encore fait avoir mais bon,… J'avais au moins pris l'air. Alors que je prenais le chemin du château pour retourner à mes appartements, une voix m'arrêta.
- Vous allez où comme ça, Darlian ?
- Dans ma chambre.
- Après le foin que vous m'avez fait pour que je vous fasse visiter ? questionna-t-il incrédule.
- Je n'ai pas besoin de vous entendre râler sur tout le trajet. Je sais pertinemment que vous avez autant envie de m'accompagner je ne sais où, que de dire au professeur McGonagall que Gryffondor est la meilleure équipe du monde sorcier.
- Et qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
- Franchement… ça se voit comme les oreilles chez le prince Charles. Vous ne pouvez pas me supporter. La preuve, c'est que vous êtes passé plusieurs fois devant ma porte sans vous arrêter une seule fois. Et s'il n'y avait pas eu cette histoire de pari – je me demande d'ailleurs bien ce que McGonagall a pu vous promettre pour que vous acceptiez de me supporter toute l'après-midi –, vous m'auriez laissée seule.
- Il y a un village nommé Pré-au-Lard pas loin d'ici qui n'est habité que par des sorciers, reprit Snape après m'avoir considérée un moment en silence l'air plus amusé qu'énervé par mes remarques. Vous voulez y jeter un œil ?
- Oui, répondis-je d'une petite voix. Mais on y va ni en transplanant, ni par Magicobus, ni par Poudre de Cheminette, ni sur des balais. La marche à pieds, c'est encore ce qu'il y a de mieux.
Nous prîmes le chemin qui menait aux grilles de Poudlard. A un moment, je remarquais un léger sourire en coin chez Severus.
- Qu'est-ce qu'il y a de drôle ?
- J'étais en train de me dire que vous n'aviez pas encore essayé le Portoloin.
- Je ne veux même pas savoir ce que c'est !
D'un coup de baguette, il ôta les sorts qui protégeaient les grilles de Poudlard et les réinstalla à peine nous les eûmes franchies. Je restais silencieuse sur le chemin. Snape n'était pas un grand bavard, et de toute manière il ne me répondrait pas.
Pré-au-Lard était un petit village pittoresque et plutôt commercial d'après ce que je pouvais voir. Des auberges, des magasins, des confiseries,… En même temps, à proximité d'une école, les affaires devaient bien marcher.
- Alors, où Milady désire-t-elle aller ? me demanda le professeur d'un ton à la fois serviable et moqueur.
- Vous allez arrêter avec les « Milady » ? Bon, j'irai bien boire quelque chose.
- Thé ou Bièraubeurre ?
- Autant s'immerger complètement dans le monde sorcier !
Il m'emmena dans une taverne appelée les Trois Balais. La tenancière regarda Snape entrer d'un air éberlué, et j'eus l'impression qu'elle fut encore plus surprise de le voir accompagné. Il lui jeta un regard agacé et commanda une Bièraubeurre et un Whisky Pur-Feu. Je quittais ma cape et la posais sur la banquette avant de m'asseoir. Je me demandais vraiment comment les sorciers pouvaient faire pour supporter ce vêtement toute la journée, on n'était pas libre de ses mouvements. On vint nous apporter nos boissons dans la minute qui suivit.
- Je peux savoir ce qu'était ce fameux pari au fait ? Il fallait vraiment qu'il soit avantageux pour que cela vous force à le gagner.
- Si je perdais, je m'engageais à ne pas retirer de points, ni à mettre de retenues à la maison Gryffondor pendant un mois. Impensable… Si je gagnais, j'étais exempté d'assister à ce fichu bal de Noël.
- Il y a un bal à Noël ? Et vous ne m'avez même pas prévenue !
- Ne me dites pas que vous adhérez à ce genre de stupidité, nous sommes en guerre tout de même.
- Ben justement, ce n'est pas plus mal que les élèves puissent penser à autre chose. Et moi ça me fera oublier que je ne pourrai pas passer Noël en famille. Alors, c'est quand cette super fête ?
- Le 24 au soir. Vous croyez que Dumbledore vous autorisera à y aller ?
- Il ne va quand même pas me laisser dans ma chambre ! Vous êtes sûr que vous ne viendrez pas ?
- Oui, très peu pour moi. Je préfèrerais me faire couper les mains que d'assister à cette manifestation où une bande de gamins surexcités se laissera aller à des débordements hormonaux dans tous les recoins du château.
- Ah… Si ça peut vous rassurer, je contrôle très bien mes hormones… et de toute façon je ne connais pas assez bien Poudlard pour trouver les bonnes cachettes.
Curieusement, Snape n'apprécia pas l'idée de tomber sur une Darlian en train de se faire bécoter, ou plus, dans une alcôve sombre d'un couloir par un élève. Bien qu'il n'y ait que peu de risques pour que cela arrive, vu qu'elle ne connaissait personne et qu'elle n'avait pas l'air du genre à se jeter sur le premier venu. Il préféra changer de sujet. Mais lequel aborder ? Trouver quelque chose, vite…
- Qu'est-ce que vous avez ressenti en étant touchée par l'Avada ?
Là, il avait fait fort. Quelle bonne idée de lui rappeler d'aussi agréables souvenirs que des séances de tortures !
- Penser à tourner sept fois ma langue dans ma bouche la prochaine fois, se sermonna-t-il mentalement. Sept fois ma langue dans sa…
Il arrêta aussitôt le cours de ses pensées sous le choc du lapsus qu'il venait de faire. Hum… Il valait mieux qu'il ne finisse pas son verre de Whisky Pur-Feu, il n'était pas habitué à boire de l'alcool et cela ne lui réussissait pas… Oui, c'était forcément la boisson.
Je faillis m'étouffer avec ma Bièraubeurre en entendant la question. Je reposais ma choppe sur la table avant de le regarder avec surprise. Il en avait de bonnes, lui…
- Vous sautez du coq à l'âne comme une partouse à la ferme, vous. A votre avis, qu'est-ce que l'on peut éprouver quand quelqu'un vous prévient gentiment qu'il va vous lancer un sortilège qui pourrait vous tuer ? J'étais terrifiée bien sûr !
- Et une fois que vous l'avez reçu ?
- Cela ne m'a pas fait mal sur le coup, ou alors je ne m'en suis pas rendue compte. Il faut dire qu'au premier abord j'ai cru que j'étais morte. La douleur est venue après et m'a complètement paralysée. J'avais l'impression que mon corps ne me répondait plus, qu'on venait de m'enfoncer du métal chauffé à blanc dans le ventre et… Vous ne voulez vraiment pas qu'on parle d'autre chose ?
- Nous pouvons finir d'aller visiter le village si vous voulez.
J'acquiesçais en silence. Je pris la dernière gorgée de Bièraubeurre de mon verre et suivis Severus jusqu'au comptoir où il régla nos consommations.
- Au fait, je fais comment pour les cadeaux de Noël de mes parents ? Il faudrait que je les leur offre.
- N'essayez pas de trouver un moyen pour entrer en contact avec eux, n'oubliez pas que cela pourrait les mettre en danger. Dumbledore trouvera une façon de les leur faire parvenir. Franchement, Darlian, vous avez failli vous faire tuer et la seule chose à laquelle vous pensez, c'est vos cadeaux de Noël ?
- Je préfère m'y prendre à l'avance. J'ai même déjà le votre, ajoutais-je avec un petit sourire en franchissant la porte.
- Très drôle, Darlian. Vous pensez vraiment que je vais croire ça ?
Je le regardais d'un air innocent. Son sourire suffisant s'effaça aussitôt.
- Je ne vous crois pas ! s'exclama-t-il dans mon dos alors que j'avançais dans la rue.
- Pensez ce que vous voulez…
- Si c'est vrai – je dis ça de manière purement hypothétique et je sais parfaitement que ce n'est pas le cas –, qu'est-ce que c'est ?
- Voyons, vous ne connaissez pas le concept de surprise ? le taquinais-je.
- J'ai horreur de ça.
- Disons que quand vous le recevrez, soit vous vous mettez à me vouer un culte éternel, soit vous me tuez directement.
- Si j'étais vous, je prévoirais la deuxième solution.
- C'est bien ce que je pensais…
Il me rejoint et me suivit en silence, me fixant avec intensité, comme si la vérité allait apparaître sur mon front. Je le forçais à entrer dans une confiserie appelée Honeydukes d'une part pour me soustraire à son regard, et d'autre part parce que la vitrine me paraissait plus qu'alléchante. Il râla pour la forme mais finit par se laisser entrainer. Je m'extasiais un bon moment devant les friandises proposées, telles que des plumes en sucre, des grenouilles en chocolat qui faisaient de vrais bonds, du fil dentaire à la menthe, des bonbons qui nous faisaient décoller de quelques centimètres du sol ou sortir de la fumée par les oreilles, et bien d'autres encore… Il y avait aussi des viennoiseries magiques avec des chouquettes (je l'ai placé, j'espère que ça te va. Une certaine personne comprendra) dont le sucre changeait de couleur toutes les secondes, des scones qui jouaient à saute-mouton entre eux, des pains aux raisins qui utilisaient leur garniture comme projectiles pour se battre,… Ce monde était dingue, mais j'adorais ça.
Je ressortis quelques instants plus tard avec une poche de bonbons offerte par ce cher professeur qui n'avait rien trouvé de mieux pour me calmer afin que je n'attire pas l'attention du vendeur qui me regardait d'un drôle d'air. Sur le coup, j'avais eu l'impression d'être une de ces gamines capricieuses que les parents font taire en leur faisant un cadeau. Il était temps de rentrer à Poudlard maintenant, de retrouver mes superbes appartements où je serai de nouveau seule car, il ne fallait pas rêver, Snape ne m'emmènerait pas tous les jours faire du shopping. Je m'arrêtais soudain sur le bord de la route menant à l'école de sorcellerie.
- Et ça c'est quoi ? questionnais-je en désignant une maison délabrée et sinistre, que je n'avais pas remarquée à l'aller, de l'autre côté d'une barrière.
- La Cabane Hurlante, me répondit-il en crispant la mâchoire. Les élèves croient que cette demeure est hantée.
- Surtout par les buveurs de bières, constatais-je en voyant les cadavres de bouteilles de Bièraubeurre qui jonchaient le sol.
- Certes…, approuva Severus en continuant son chemin. Venez, il est temps que l'on rentre à Poudlard, le dîner ne va pas tarder à être servi.
Je le rattrapais en courant sur quelques mètres. Je grignotais une friandise nommée Patacitrouille en le suivant, ce n'était pas mauvais du tout ce truc... Nous fûmes de retour un peu trop rapidement au château à mon goût. Oui, beaucoup trop rapidement. Mais ça, c'était comme pour l'attaque de l'université, comme pour la découverte du Chemin de Traverse, de mes curieuses facultés,… Je ne m'attendais pas à ce qu'autre chose me tombe dessus. Je ne savais pas à quel point j'allais regretter de revenir si vite à Poudlard. Je devais être maudite. A chaque fois que je me sentais bien quelque part, il fallait que ça foire.
A peine nous avions traversé la moitié du parc pour rentrer Severus et moi, que les portes du collège s'ouvrirent sur Dumbledore, McGonagall, et un homme que, si je me souvenais bien, j'avais déjà rencontré à l'Ordre du Phénix. Ils vinrent rapidement à notre rencontre, l'air grave.
- Il y a eu une nouvelle attaque de Mangemorts, expliqua Albus. Encore un lieu public moldu. Les pertes sont nombreuses. On compte pour l'instant dix-sept morts, et de nombreux blessés graves.
Je grimaçais face à l'horreur du chiffre. En même temps, comme le Directeur l'avait dit, c'était une attaque de Mangemorts, pas les Bisounours qui envahissaient les Schtroumpfs. Je les avais déjà moi-même vus à l'œuvre et savais de quoi ils étaient capables.
- Ils ont fait fort, grommela l'homme dont je n'arrivais pas à me souvenir le nom. Ils s'en sont pris à King's Cross, au risque de révéler à la communauté moldue le passage qui s'y trouve permettant d'accéder à la voie 9¾. Dis-nous, Severus, tu n'aurais pas oublié de nous prévenir de quelque chose par hasard ?
Les deux hommes se toisèrent un instant, chacun fusillant l'autre d'un regard mauvais et empli de haine. Je crois bien que si je m'étais retrouvée prise dans cette tension, je me serais retrouvée foudroyée sur place.
- Le Seigneur des Ténèbres n'y a fait aucune allusion durant la dernière réunion, et la Marque ne m'a pas brûlé aujourd'hui.
- Alastor, tempéra Dumbledore, il est certain que Jedusor ne demande pas à chaque fois à Severus d'être présent dans toutes les rixes.
- C'est qui, Jedusor ? demandais-je. Je croyais qu'il s'appelait Voldemort l'autre malade…
- De plus, continua Albus sans faire attention à moi, Severus est censé être un espion dans nos rangs. Il est plus qu'évident que Voldemort ne peut pas lui demander à chaque fois de le rejoindre s'il veut que son travail avance et obtenir des renseignements.
- Mouais…, bougonna le dénommé Alastor. Mais dites, c'est bien prudent de le laisser seul avec la gamine ?
- Qui vous traitez de gamine ? m'offusquais-je. Et j'aimerais que l'on me réponde. Qui est ce Jedusor ?
- En tout cas, prit la parole Snape, s'il a lancé une attaque aujourd'hui, il est à parier qu'il me demandera ce soir. Je vais aller me préparer.
- Euh… je suis toujours là… Et vous ne m'avez pas répondu…
- Par Merlin, Darlian ! Vous ne voyez pas que nous avons des choses plus importantes à faire que de nous occuper de votre petite personne ! s'emporta le sombre professeur de potions.
Manifestement, cela le rendait légèrement tendu de devoir retrouver ce Voldemort cette nuit (ou était-ce Jedusor ? Je n'y comprenais plus rien.), mais ce n'était pas non plus une raison pour toujours rejeter la faute sur moi. Je n'étais pas une de ses élèves, et donc il n'avait aucune autorité sur moi.
- C'est bon, j'ai compris, pas la peine de me crier dessus espèce d'abruti fini ! Je vous rappelle quand même que je n'ai pas demandé à être là, moi ! Mais tant qu'à faire, j'aimerais comprendre certaines choses !
Je pris la direction du château d'un pas décidé, laissant un Snape quelque peu choqué et sûrement prêt à me tuer. Je me retournais vers eux au bout de plusieurs enjambées et leur dis simplement sur un ton d'excuse :
- Si je demandais ça, c'est juste parce que Jedusor c'était mon nom de famille avant que je ne sois adoptée.
Je vous laisse une pause le temps d'assimiler l'information…
Voilà, là je sens que je vais avoir droit à pas mal de menaces, mais aussi à des théories sur le pourquoi du comment… Bref, je suis prête à tout encaisser, alors lâchez-vous !
