Il fait sombre.

C'est la première pensée qui perce le silence oppressant installé dans l'esprit de Théo, comme une onde venue troubler la surface lisse d'un lac aux eaux noires et insondables.

Le paladin ne ressent rien. Plus exactement, il a l'impression d'être détaché de toute réalité physique : un esprit sans corps, une âme errant dans un entre-deux abyssal...

L'abysse..., se remémore-t-il soudain, malgré le coton qui semble envelopper sa conscience et ralentir sa pensée. Dans l'abysse... J'étais avec Bob... Et je suis... Mort ?

Il ne se sent certainement pas vivant, en tout cas. Et pourtant, il doute. Quelque chose s'insinue dans son esprit alangui, quelque chose qui ne devrait pas se trouver là, dans ce néant aseptisé et dénué d'émotions... Il a peur.

Peur que ce soit la fin.

Peur que cet endroit, ni enfer, ni paradis, soit devenu son lieu de repos éternel.

Peur que toutes ses croyances les plus ancrées en lui, les plus anciennes, les plus fondamentales, que toute sa foi s'avèrent finalement n'être qu'une immense supercherie, un conte de fée idiot et infondé auquel il aura aveuglément dédié toute son existence.

Peur d'avoir vécu en vain, d'avoir renié une part de lui-même au nom de ces croyances, de ne s'être jamais donné la chance de découvrir si cet aspect de sa personne – ces envies, ces désirs, ces rêves – pouvait le rendre heureux.

Peur que ce néant infernal soit sa punition pour avoir cru en de faux dieux, agi en leur nom – tué en leur nom – et pour avoir rejeté ce que l'univers a gracieusement mis à sa portée, en évidence mais resté invisible à son regard obtus et ingrat.

Peur, enfin, d'avoir peut-être arraché à un autre la chance de savoir, la chance d'essayer, la chance de vivre. Entier, sans regret, pleinement conscient que la main dans la sienne le resterait jusqu'à son dernier souffle, libéré du poids terrifiant de la mort par le simple fait d'avoir vécu.

La terreur envahit l'abîme, suffocante et invisible, telles des serres glacées surgissant de nulle part pour le saisir à la gorge et l'étouffer. Métaphoriquement parlant bien sûr, car il n'a plus de gorge, plus de corps, plus de fonction respiratoire. Il est mort. Mais ça ne l'empêche d'avoir l'impression de succomber à nouveau, dévoré par des ténèbres plus noires que toutes celles qu'il a pu combattre jusqu'alors.

Tandis qu'il se sent de nouveau glisser dans les bras osseux de la Mort, quelque chose se produit – un miracle pour le paladin, bien qu'il n'avouerait jamais avoir employé ce mot pour décrire ce qui suit. Le néant autour de lui semble s'agiter, se déformer... se réchauffer – il peut le sentir se réchauffer ! – d'abord de façon diffuse dans l'espace puis se focalisant soudain en une sensation particulière, qu'il reconnaît immédiatement : une main posée sur sa joue, une main brûlante en comparaison du vide glacial, une main légère et tendre qui semble percer le néant par sa simple présence.

Théo a soudain l'impression de voir une étincelle de lumière très loin au dessus de lui, comme s'il se tenait au fond d'un puits étroit et profond. Une étincelle qui semble grandir de plus en plus à mesure que le néant se réchauffe. Il a la sensation d'être en apesanteur, soulevé par une force invisible, remontant lentement à la surface.

Puis vient le choc. Une autre sensation vient totalement oblitérer celle de la main sur son visage : quelque chose de doux et chaud entre en contact avec sa bouche – celle qu'il n'a plus, ce qui est totalement incompréhensible – une pression d'abord aérienne et hésitante, comme un oiseau prêt à s'enfuir à tir d'ailes à tout instant, puis plus insistante, plus téméraire. Absolument... divine.

Théo en reste coi pendant un moment, incapable de réconcilier les stimuli sensoriels avec son absence manifeste d'ancrage physique. Et puis son esprit finit par le rattraper, recollant les bribes d'informations en un scénario cohérent.

On... m'embrasse ? Quelqu'un... est en train de m'embrasser ? Moi ? Mais je suis mort ! Qui est-ce qui pourrait bien... ? Oh.

La réalisation le frappe de plein fouet et tout s'accélère. Il est maintenant propulsé vers la lumière à une vitesse exponentielle.

Bob. C'est Bob qui... Y'a que lui pour avoir des idées pareils... Une seconde ! Bob... est... en train de... m'embrasser... Et c'est...

La petite voix du désir se fait un plaisir de lui fournir une ribambelle d'épithètes plus ou moins décents pour achever cette pensée, allant de 'charmant' à 'délicieux' en passant par 'diablement excitant'. Mais Théo finit la phrase de lui-même, avec ses propres mots.

C'est... la plus belle chose qu'il m'ait été donnée de ressentir, comme si j'en avais rêvé toute ma vie sans le savoir.

Comme s'il lui avait fallu la mort pour enfin s'autoriser à accueillir cette explosion de sensations à bras ouverts...

Le paladin lâche finalement prise, se perd dans cette harmonie de douceur et de feu. Il ferme les yeux tournés vers la lumière le guidant hors du néant, certain d'avoir été sauvé, une fois de plus, des griffes de la Mort. Il ferme ses yeux... et les ouvre simultanément sur un monde familier où tout vient d'être chamboulé.


La part rationnelle de Bob est sur le point de le rappeler violemment à l'ordre en lui faisant remarquer qu'il embrasse un macchabée depuis plusieurs secondes, sur un impulsion puérile et totalement vaine, et qu'il ferait mieux de cesser ces enfantillages pour trouver une issue à cette Tour maudite lorsque soudain... La magie opère.

Il peine à décrire ce qui se passe exactement. Il semble qu'une vague d'énergie déferle sur eux, émanant du corps de Théo et se répercutant sur les murs de la Tour, tourbillonnant dans la pièce, soufflant d'un seul élan tous les candélabres, faisant vaciller le lustre et onduler les tapisseries. Rien à voir avec le choc presque électrique délivré par la porte, non, plutôt le genre de tornade génératrice de frissons inexplicables qui survient lorsqu'un sort est rompu. Le phénomène va crescendo, s'amplifiant de seconde en seconde... Puis tout s'arrête.

Bob rouvre brutalement les yeux, prenant du recul par rapport au paladin, persuadé de voir un changement se produire sur le visage de Théo, mais l'expression de ce dernier reste désespérément vide, sa poitrine horriblement inerte.

Un hululement à peine humain, empreint d'une douleur atroce, s'échappe de la gorge de Bob tandis qu'il s'effondre sur lui-même, aveuglé par les larmes amères qui lui brûlent à présent les yeux. Des larmes intarissables, prenant source dans le supplice provoqué par son espoir déçu – son vœu le plus cher, réduit à néant.


Deux paupières se soulèvent abruptement pour révéler deux orbes électriques auxquels on a rendu leur étincelle de vie. Pourtant, il leur manque quelque chose : le masque est tombé. Point d'arrogance dissimulatrice ou de méfiance étudiée dans ces prunelles-ci, rien qu'un étonnement presque candide et un air perdu tandis qu'elles balaient les alentours, semblant chercher une chose attendue mais apparemment absente. Puis elles se posent sur Bob.

Théo est désorienté. Il vient de... se réveiller, si l'on peut appeler ainsi l'équivalent du retour d'un voyage dans l'au-delà. Il s'agit bien de son monde, c'est certain, il ne rêve pas. Pourtant, quelque chose ne colle pas. Il est convaincu – non, il sait – que Bob l'a ramené d'entre les morts, et ce, d'une manière très physique. Et avec succès. Alors pourquoi diable ce sauveur se trouve-t-il maintenant hors de portée, avec une expression à fendre l'âme, comme si son univers venait de s'écrouler ?

Cet état de confusion mental est cependant bien vite supplanté par une sensation croissante d'inconfort et de malaise. La pièce semble instable, des points noirs dansent devant lui, et ses poumons sont en feu.

Respire, espèce d'idiot ! Tu dois respirer !

Théo prend alors une brusque inspiration sifflante, comme un homme ayant manqué de se noyer et remontant enfin à la surface. Les pleurs s'arrêtent. Le temps se fige.


Une tempête d'émotions toutes plus infâmes les unes que les autres se déchaîne dans la tête de Bob, menaçant de réduire en pièces les derniers lambeaux de sa raison. Même le démon se retrouve impuissant face à cette puissance dévastatrice, lui qui est pourtant un réputé maître es destruction. Il se contente de se retirer dans son antre, se protégeant du mieux qu'il peut en attendant l'accalmie qui lui donnera la possibilité de prendre la main – de façon définitive ou provisoire, tout dépendra de ce qu'il reste de Bob une fois l'orage passé.

Dans ce tumulte infernal, un bruit réussit cependant à percer – le son de l'espoir, le son de la rédemption. Une inspiration. Bob n'est plus seul dans la Tour.

La vision du mage lui fait toujours défaut, brouillée par les larmes. Il ne peut avoir la confirmation visuelle de ce qu'il vient entendre. Si cela s'avère être un autre faux espoir, il peut définitivement dire adieu à sa santé mentale...

« Bob... »

Un seul mot. Un filet de voix, à peine un croassement en réalité... Et pourtant, c'est pour lui comme si le monde s'était remis à tourner, comme si on l'avait poussé d'une falaise et qu'on venait tout juste de le rattraper avant qu'il ne s'empale sur les rochers en contrebas.

Ses yeux se ferment sous le choc, de nouvelles larmes s'en échappent. Des larmes de soulagement, cette fois.

Lorsqu'ils se rouvrent, il découvre un Théo bien vivant, les yeux hagards, tournés vers lui, avec une expression qu'il ne lui a jamais vue. Il semble presque... reconnaissant. Admiratif. Bob aurait pu abattre à mains nues son père, Enoch, dieu parmi les diables, que Théo n'aurait pas eu l'air plus impressionné. Mais il a aussi les sourcils légèrement froncés, comme si quelque chose lui échappait.

De longues minutes s'écoulent tandis qu'ils s'observent en silence, immobiles, l'un encore engourdi par son récent décès suivi d'une résurrection, l'autre partagé entre le sillage de dévastation laissé par ledit décès, la crainte d'être en train de fantasmer ladite résurrection et le désir enivrant de se jeter sur le paladin – pour l'embrasser ou le frapper, il n'en est pas tout à fait certain.

Finalement, Bob n'y tient plus et rompt le silence dans un murmure rauque, brisé.

« Je t'en supplie, dis-moi... (Il déglutit difficilement, refoulant de nouveaux sanglots qui menacent de lui ôter la parole.) Dis-moi que c'est réel – que tu es réel. Que tu es bien vivant, devant moi, et que je suis pas en train d'halluciner... Parce que si c'est encore une illusion, je crois pas que je pourrai... »

Sa vois se brise en même temps que la fin de cette pensée insoutenable. Une nouvelle larme, cristalline, roule sur sa joue. Théo le regarde maintenant avec une affection et une tristesse évidentes, si inhabituelles chez ce paladin rompu aux stratagèmes permettant de dissimuler ce genre d'émotions. Il lui répond d'une voix enrouée, mais infiniment douce. Tout pour ne plus avoir à contempler cet éclat de terreur pure débordant sur la folie dans le regard de Bob.

« Bien sûr que je suis réel, idiot... Combien de fois t'ai-je dit qu'il ne suffit pas qu'on me croie mort pour que je le sois effectivement ? Je reviens toujours, non ?, ajoute-t-il avec un vague sourire ironique – pas de réaction de la part du mage. Bob, regarde-moi, tu vois bien que je suis là. (Toujours rien. Bob semble figé, le regard perdant peu à peu sa focalisation. Théo, inquiet, revient à ses bonnes vieilles méthodes.) Bob !, s'exclame-t-il, d'une voix cinglante, exigeant l'attention, proche de sa voix habituelle malgré la baisse de puissance. »

Cette fois, il obtient la réaction souhaitée. Bob sursaute violemment et il le voit. Il voit Théo pour ce qu'il est – vivant. Théo est vivant. Théo est vivant !

« Théo..., lance-t-il, l'air ahuri, semblant agité d'un tremblement incontrôlable, comme s'il se préparait à un mouvement soudain mais s'en empêchait en même temps.

- Oui... De Silverberg, Théo. C'est mon nom, si je me rappelle bien, plaisante celui-ci, soulagé, son sourire atteignant cette fois ses yeux.

- Théo..., répète Bob, secouant maintenant la tête d'un air incrédule, les yeux toujours embués mais un sourire venant à présent illuminer ses traits encore si sombres il y a quelques instants.

- Oui... Bon, on va peut-être pas passer la journée sur mon prénom, hein ?, raille le paladin. T'as perdu tout le reste de ton vocabulaire si riche dont tu te vantes en permanence pendant que j'étais trépassé ou quoi ?

- Théo ! »

Cette fois, c'est un cri de joie pure qui passe les lèvres du mage, le seul avertissement pour Théo avant que le mage ne se jette sur lui, l'étreignant de toute ses forces – pas au point de l'étouffer, cependant, Bob n'étant vraiment pas assez solidement charpenté pour ça. Théo lui rend maladroitement son étreinte, perdu dans l'instant, pour une fois sans qu'aucune arrière-pensée ou considération externe ne viennent entraver ses impulsions.

Au bout d'un moment, il remarque que Bob semble à nouveau pris de secousses erratiques. Il craint d'abord qu'il ne se soit remis à pleurer. Et puis il entend son rire, étouffé contre son épaule... Et sans le savoir, il se met à sourire largement, les yeux tournés vers la masse de boucles brunes tressautant près de sa joue, puis, imperceptiblement, un déclic se fait dans son esprit. Il se sent en parfaite harmonie avec Bob, il sait que ce rire ne peut être expliqué par un pourquoi,que c'est un de ces rires libérateurs qui relâchent la tension accumulée et préservent la raison dans les situations comme celle-ci. Et il est plus que ravi de se joindre à Bob pour celui-là.

Leurs éclats de rires hystériques se renforcent mutuellement pendant une bonne dizaine de minutes, avant de décroître progressivement pour retomber dans un silence apaisé, animé du seul bruit de leurs respirations respectives et ô combien réconfortantes.

Ce n'est que bien plus tard, une fois qu'il a pleinement repris ses esprits, que Théo remarque que le rythme des inspirations de Bob s'est significativement réduit. Le mage s'est immobilisé, blotti contre lui, la tête posée sur la bonne épaule de Théo, son souffle venant caresser le cou du paladin par petites bouffées sereines, sa main droite reposant contre la poitrine réanimée, juste au dessus du cœur, s'assurant que les battements ne s'arrêtent jamais, même par-delà les songes.

Théo envisage pendant un bref instant de le réveiller pour essayer de trouver un lieu de repos plus confortable que le sol brut mais s'en trouve découragé à la simple idée de devoir troubler la quiétude dont Bob semble avoir tant besoin après cette épreuve.

Il se résout donc à serrer le mage plus fermement contre lui, avant de se laisser happer à son tour dans le royaume des songes.


L'écureuil est abasourdi par ce qu'il vient de voir. La tache jaune était bel et bien morte, il y a de cela quelques instants – il le sait : il a senti la marque de la mort sur elle, senti son parfum insidieux et funeste – et pourtant, elle se trouve à présent devant ses yeux, paisiblement assoupie après que la tache rouge l'ait enlacée.

Quelles drôles de créatures, ces taches colorées, tout de même ! Lorsqu'elles sont vivantes et en pleine forme, malgré une attirance mutuelle évidente à en crever les yeux de tous les observateurs présents, elles se dérobent l'une à l'autre et refusent de se livrer à la parade nuptiale dont elles ont pourtant l'air d'avoir besoin, vu leurs niveaux de frustration respectifs... Mais lorsque l'une d'elles succombe, l'autre finit par lâcher prise et s'accorder le moindre des plaisirs charnels tant recherchés, – mais aussi le plus important chez cette espèce, en ce qu'il constitue visiblement la première étape de la création d'un lien durable – a priori sans possibilité de réponse ! Et pour finir, la tache trépassée revient à la vie, comme si de rien n'était, comme si elle avait fait tout exprès cette supercherie pour pousser l'autre à se dévoiler en premier ! L'espèce de ces deux taches serait-elle donc apparentée à l'infâme engeance des opossums, capables eux aussi de contrefaire la mort à merveille ?

L'écureuil ne peut y croire. Il a sans doute manqué quelque chose, il doit le vérifier par lui-même. Aussi descend-il précautionneusement de son perchoir avant de filer en silence se placer au côté des deux spécimens. De là où il se trouve, il voit le flanc de la tache jaune, le bras de la tache rouge posé sur son torse et des boucles brunes dépassant de l'autre côté de son cou. Avec toute la légèreté que lui accordent ses onze onces de masse, il grimpe à nouveau sur la poitrine de la tache jaune, juste à côté de la main de l'autre tache. Il sent le cœur battre puissamment sous ses pattes, confirmation plus que convaincante de ce retour inespéré, s'apprête à retourner dans ses nouveaux quartiers... et se fige.

L'écureuil se retrouve nez à nez avec deux immenses yeux marrons, presque noirs dans la pénombre de la Tour, rougis pas les pleurs, et surtout focalisés sur lui. La tache rouge l'observe avec intensité pendant de longues secondes, l'écureuil est bien trop sous le choc pour penser à bouger et il sait aussi qu'à cette distance, si la tache décide de le chasser manu militari, il n'aura pas le temps de se sauver. Alors, il attend. Et le mouvement ne tarde pas à venir.

La tache rouge soulève doucement les doigts de sa main proche de l'écureuil, avec une lenteur infinie comme pour lui donner le temps d'anticiper son action, sans doute aussi pour ne pas réveiller la tache jaune. Toujours avec douceur, elle l'approche du rongeur, la laisse au dessus de lui encore quelques instants, puis ne voyant toujours aucune tentative de fuite, achève son dessein.

L'écureuil est à nouveau surpris. Loin de lui faire du mal, la tache rouge pose une main aérienne sur son échine et entame une série de petits mouvements apaisants, caressant tendrement sa fourrure. Le petit animal se détend presque instantanément et se laisse porter par la sensation, tout en gardant ses yeux noirs plongés dans les immenses orbes bruns, maintenant adoucis par des paupières devenues à nouveau lourdes de sommeil.

Un son unique finit par quitter les lèvres de la tache rouge, un son incompréhensible pour l'écureuil et pourtant, en cet instant de parfaite communion entre leurs deux espèces par le regard et par le geste, il est capable de saisir l'intention derrière le mot.

« Merci... »

La tache rouge lui exprime toute sa gratitude. Pourquoi exactement, l'écureuil n'en est pas certain mais cela importe peu. D'une façon où d'une autre, il a contribué à établir cette issue heureuse pour les deux taches, et cette seule connaissance lui suffit.
Pour signifier sa compréhension à la tache rouge, il frotte affectueusement sa tête contre la main qui continue à le caresser, par intermittence, les mouvements ralentissant à mesure que la tache retombe dans un sommeil plus que mérité, adressant un dernier sourire reconnaissant à l'écureuil avant de fermer tout à fait les paupières.

L'observateur invétéré contemple les deux spécimens devant lui encore quelques instants, puis, confiant du fait que ces deux-là ne lui feraient pas de mal, il se blottit contre la main au repos du pyromancien et s'endort au rythme des battements de cœur inespérés d'un homme que la Mort semble ne jamais pouvoir retenir dans son étreinte glacée.


Bon, bon, bon ! Je sais que vous avez attendu un sacré bout de temps pour avoir ce chapitre mais dîtes-vous qu'il a tout bonnement failli ne pas voir le jour... Pour diverses raisons. Disons juste que j'ai repris les cours, et que je suis dans le genre d'études où on passe les trois quarts de sa journée à bosser jusqu'à épuisement, et le quart restant à essayer de combler cette fatigue pour pouvoir recommencer le lendemain. Donc pas franchement de temps à accorder à l'écriture sur mes deux taches favorites et leur protecteur-maître spirituel-écureuil. :(

Mais je me suis aussi dit que je vous devais, sinon la fin de l'histoire (qui ne s'arrête pas là, je vous assure, la Tour a encore plein de surprises en réserve pour eux ^^), du moins une fin provisoire qui supprime la tension sur la 'mort' de Théo et vous permet de mettre sereinement cette fic de côté pendant que je suis incapable de la poursuivre. ;)

Parce que moi aussi ça m'est arrivé de suivre des histoires qui s'arrêtent brutalement, en plein vol, sans aucune explication de la part de l'auteur, et j'ai toujours trouvé que c'était une forme d'ingratitude envers les gens qui ont la gentillesse de suivre une œuvre pendant sa création et de soutenir l'auteur dans son projet même quand le moral n'est pas au beau fixe... Donc voilà, je vous donne un dénouement partiel, avec volontairement très très peu de suspense, en espérant que vous ne m'en voudrez pas trop pour ce hiatus forcé (qui ne me réjouit pas le moins du monde, je vous l'assure...) et je vous remercie d'avoir suivi cette histoire jusqu'ici, silencieusement ou pas d'ailleurs ! Un très très grand merci pour vos reviews, vous n'imaginez pas à quel point ça me fait chaud au cœur à chaque fois que j'en lis une, c'est une source de motivation intarissable ! :D

Encore une fois, c'est un au revoir, pas un adieu. Vous retrouverez l'écureuil et ses deux acolytes d'ici un à deux mois si tout se passe comme prévu, et j'essaierai d'être d'une productivité record pendant les périodes de vacances, c'est une promesse !;D