Chapitre 12
Le train écarlate entra en gare de King Cross. Un brouhaha infernal suivi son arrivé alors que les parents récupéraient leur progéniture dans le froid hivernal. Serena sorti du train emmitouflée dans un manteau de laine verte et une écharpe rouge recouvrant le bas de son visage, sa valise allégée d'un charme de poids plume à la main. Dumbledore l'avait autorisé à quitter le terrain scolaire malgré le retour de Voldemort pour échapper à Ombrage qui se faisait de plus en plus infernale. Tout le monde pensait qu'elle retournait passer Noël chez les Dursley, seuls quelques uns étaient au courant de la vérité.
Son visage s'illumina en voyant la silhouette longiligne de son ancien professeur de défense. Elle posa sa valise et le serra longuement dans ses bras alors qu'il lui rendait son étreinte avant de se reculer. Une masse noire se jeta sur elle et lui lécha abondamment le visage en remuant joyeusement la queue sous ses rires et protestations.
« Patmol est content de te voir » Déclara l'ex-professeur en tirant le chien par son collier.
« Je vois ça » Répondit l'adolescente en se relevant essuyant la bave de sa figure « Beurk ».
Le loup garou sourit avec amusement en lui tendant la laisse avant de prendre sa valise et de la tirer vers la zone de transplanage.
Square Grimmauld avait bien changé depuis la première fois qu'elle l'avait vu, songea la jeune sorcière en apparaissant dans l'entrée. Le couloir était éclairé, les lustres lançant des ombres sur le papier peint de velours émeraude et les boiseries sombres. La maison semblait moins austère bien que toujours sombre, elle dégageait une élégance ancienne qui imprégnait les murs. Il n'y avait pas un seul grain de poussière. Elle se rappelait la réaction de Kreatur quand il avait apprit qu'elle – Alpha de toutes les Créatures – allait vivre ici. Il avait commencé un nettoyage immédiat et avait cessé d'insulter ses amis… Il essayait même d'être civil avec Sirius pour lui faire plaisir ! Elle devrait le remercier de garder la maison en état, pensa-t-elle avant d'être sortie de ses songes par l'étreinte d'ours de son parrain redevenu humain. Elle lui rendit son étreinte, posant sa tête sur l'épaule de l'évadé, les yeux fermés dans le silence alors qu'elle profitait du moment. Au bout de plusieurs minutes Remus brisa les retrouvailles pour les amener dans le salon où ils seraient plus à l'aise que debout devant l'entrée. Sirius ne lâcha pas sa filleule d'une semelle, la gardant collé à sa hanche le bras passé sur ses épaules pour ne pas que lui vienne l'idée de partir. Il s'installa sur un canapé entraînant la brune avec lui avant de la tirer de nouveau contre lui. Il n'était toujours pas remis d'avoir manqué de la perde. Il appela son elfe de maison récalcitrant qui s'éclaira en voyant sa maîtresse et lui ordonna en un marmonnement quasi inintelligible de monter ses affaires dans la chambre de l'héritier.
Les heures suivantes se passèrent dans un silence relatif, Remus installé dans un fauteuil lisant calmement en lançant quelques coups d'œil amusés à l'image que formaient les deux bouiné l'un contre l'autre. Il savait que le calme ne durerait pas avec Sirius alors il profitait lui aussi du moment.
Après un repas digne de rois servi par un Kreatur excité, ils retournèrent s'installer dans le salon. Remus les abandonna pour lire dans sa chambre leur laissant leur moment sachant que son ami souhaitait parler à l'adolescente qui grandissait si vite.
Sirius se racla la gorge ne sachant pas vraiment par où commencer. Serena garda sa tête sur son épaule, attendant patiemment qu'il se décide en jouant distraitement avec les boutons de sa chemise.
« J'ai acheté une maison en Amérique, dans un petit village. Elle est très bien protégée, les gobelins ont installé leurs meilleures barrières de protection. Bon, le village est petit et on en est un peu éloigné mais on peut faire de la magie sans être vu par les moldus. Je suis sûr que tu t'y plairas, il y a plusieurs lacs et même une immense forêt où Moony pourra courir sans risques. » Commença t il sans vraiment de fil conducteur pour sa pensée.
Serena l'arrêta en relevant la tête, le fixant les sourcils légèrement froncés.
« Patmol arrêtes de tourner autour du pot. »
L'homme se tu et la fixa quelques instants avant de soupirer. Il ne savait pas vraiment comment lui annoncer, il savait qu'elle ne serait pas d'accord mais c'était pour son bien.
« Je veux qu'on aille vivre en Amérique » Il reprit avant qu'elle n'ait le temps de protester. « C'est dangereux ici avec le grand maniaque qui souhaite ta mort, le ministère n'est pas sûr, même à Poudlard tu n'es pas en sécurité ! Cette guerre ne te concerne pas, tu as à peine commencé à vivre, les autres n'ont pas le droit de t'y mêler. Je sais que Poudlard et tes amis vont te manquer… Tu pourras les contacter via des carnets à double sens et si tu veux on pourra même revenir quand ça se sera calmé. Mais je refuse te voir de nouveau étalée dans un lit d'hôpital à moitié morte… Je veux juste que tu sois en sécurité… » Finit-il, les larmes coulant de ses yeux en se remémorant son corps étalé sur les draps blanc, immobile et respirant à peine.
Sa filleule lui sourit tristement en passant sa main sur sa joue à la barbe naissante pour essuyer ses larmes. « Je suis désolé… Tellement désolé… Je sais que tu fais tout ça pour moi mais je ne peux pas partir, pas tant qu'ils auront besoin de moi. » Murmura-t-elle.
« Ce n'est qu'une prophétie, on peut ignorer les prophéties ! » S'exclama le plus âgé frénétique, voulant à tous prix mettre celle qu'il considérait comme sa fille en sécurité loin de ce monde corrompu. Il vit avec désespoir son sourire se teinter de regret alors qu'elle secouait la tête.
« J'ai toujours senti au fond de moi quelque chose me poussant à le faire. Je n'ai jamais pu m'y soustraire… encore moins maintenant… » Sous son air incompréhensif elle continua. « Tu te souviens comment Sophia et Sebastian m'ont sauvé la vie ? » Il hocha la tête, les yeux fermés sous la douleur, comment aurait-il pu oublier ? « Ils m'ont expliqué… En scellant mon âme à mon corps Sebastian à sceller un contrat incassable entre nous qui l'oblige à me servir pour l'Eternité si je vie aussi longtemps. Le contrat ne se brisera jamais, mon âme restera attaché à mon corps jusqu'à ce que celui-ci disparaisse. » Elle se stoppa un instant le laissant assimiler l'information. « Tu connais le processus de transformation en vampire ? » Demanda-t-elle rhétoriquement avant de continuer quant il acquiesça. « Pour devenir un vampire il faut être vidé de son sang par un vampire avant que celui-ci ne donne son propre sang à boire pour enclencher la transformation. En me faisant boire son sang et en me l'implantant directement dans le cœur elle a commencé une sorte de première étape de la transformation. Mais elle ne m'a pas vidée de mon sang… Je suis toujours humaine mais l'action combinée de Sophia et Sebastian m'a rendue immortelle d'après eux. » Son parrain la fixait bouche bée, mais elle l'empêcha de parler n'en ayant pas encore terminé. « Pour eux je cesserais bientôt de vieillir. Je vais guérir plus vite que la normale et avoir des sens légèrement accrus mais je reste humaine… Et comme une humaine une blessure mortelle me sera fatale… Je vais juste arrêter de vieillir. » Elle savait que ce ne serait pas aussi simple, arrêter de vieillir alors que ses proches continuaient leur chemin le long de la vie et les regarder mourir alors qu'elle resterait là ne serait pas "juste". « Tout ça pour dire que je suis plus proche d'une Créature que d'une humaine et que les lois que dicte le ministère me concerneront aussi quand ils l'apprendront. Je ne veux pas vivre dans la peur du lendemain, n'ayant plus le droit de vivre et être traité pire qu'une bête sauvage. Je veux juste que tout s'arrête et vivre une vie normale pour une fois ! Mais c'est impossible...Je dois faire quelque chose, je le sens au plus profond de moi. » Elle fixa ses yeux émeraudes qui s'étaient peu à peu remplis de larmes sur l'homme toujours choqué. « Je t'aime comme le père que je n'ai jamais eu Siri, mais je ne peux pas…Je ne peux pas quitter l'Angleterre. Pas maintenant, pas comme ça… » Une larme fini par dévaler sa joue vite rattrapée par la main calleuse de Sirius qui la fixait avec une sorte d'adoration dans les yeux. Ils se fixèrent en silence, les yeux dans les yeux.
« Je comprends… C'est dur mais je comprends. » Déclara le nouveau Lord Black en gardant son regard rivé au sien pour lui montrer sa sincérité. « Si jamais tu veux partir, sache qu'on pourra toujours aller là-bas peu importe l'heure du jour ou de la nuit. » Elle hocha la tête les yeux fermés pour contenir ses larmes qui menaçaient de déborder.
Elle rouvrit rapidement les yeux en sentant les bras de Sirius la ramener presque violemment contre son torse pour la serrer de toutes ses force en l'installent sur ses genoux. Il l'observait, les yeux brillants et la gorge serrée. « Tu… Tu penses vraiment à moi comme un père ? » Demanda-t-il, hésitant d'avoir mal entendu, la voix rauque.
La fille entre ses bras hocha timidement la tête après des secondes qui lui parurent interminables. Il la ramena contre son torse, pleurant à chaude larmes « Je t'ai considéré comme ma fille dès le moment où je t'ai vue si petite dans ton berceau. » murmura-t-il avec émotion à son oreille, refusant une nouvelle fois de la laisser quitter l'étreinte de ses bras.
Bien plus tard Kreatur retrouva ses maîtres enlacés, endormis les joues rouges d'avoir tant pleurés. D'un claquement de doigts il fit apparaître une couverture épaisse pour les couvrir et ranima le feu dans la cheminée. Peut-être que le Maître n'était pas si terrible que ça s'il protégeait ainsi la Petite Maîtresse, songea-t-il en éteignant les lumières et retournant dans le placard de la cuisine qu'il s'était aménagé pour chambre.
Le lendemain de leur crise de nerfs Sirius était de retour à l'homme s'amusant de tout et d'où échappait une joie de vivre à toutes épreuves. Ça ne l'empêchait pas de la surveiller du coin de l'œil pour s'assurer qu'elle était toujours là et de la serrer dans ses bras et l'embrasser chaque fois qu'il le pouvait encore ému d'être considéré comme son père.
C'est leur discussion de la veille qui lui fit prendre cette décision. Jamais elle ne l'aurait fait avant, elle n'y aurait même jamais pensé ! Mais en voyant la détermination de Sirius à la protéger elle se dit que ça ne coûterait rien d'essayer. Elle quitta la bibliothèque en disant bonne nuit aux deux adultes et rejoignit sa chambre. Elle s'installa au bureau sortant une pile de parchemin et une plume d'un tiroir.
« Cher Voldemort,
Je ne suis pas vraiment heureuse de le faire mais je crois qu'il est nécessaire de vous envoyer cette lettre.
Etes-vous idiot ?! Non mais c'est vrai quoi poursuivre un enfant avec l'intention de le tuer sur une prophétie incomplète ! Vous n'avez jamais fait divination ? Parce que je suis sûre d'avoir lu qu'une prophétie n'était qu'une idée vague de l'avenir, une marche à suivre, si on y croit la prophétie va se mettre en marche… Si vous l'aviez ignoré vous ne seriez pas resté comme un esprit pendant treize ans… C'est bête hein ? Déchu par un bambin cause de votre paranoïa.
Je vous plaints franchement, à votre place je prendrais ma retraite. Ça va faire quoi soixante, soixante-dix ans que vous vous battez ? Ça doit être ennuyeux à force.
Bon ce n'était pas vraiment le but de ma lettre à l'origine, je crois que j'ai légèrement dévié de l'idée principale… Pouvez-vous arrêter d'essayer de me tuer à chaque fois que vous me voyez ? J'ai des choses plus importantes à faire que de combattre un mage noir mégalomaniaque moi.
PS : Vous devriez penser à vous faire pousser un nez parce que la face de serpent est vraiment repoussante et choquante. Avouez que vous voulez faire peur à vos disciples…
Bien à vous (ou pas)
Serena Lylian Potter. »
Elle glissa la lettre dans une enveloppe qu'elle cacheta à la cire rouge. Elle caressa Edwige qui la fixait de ses yeux perçants de son perchoir.
« Désolé ma belle, je ne peux pas t'envoyer là-bas. Tu es trop reconnaissable et il te tuerait sûrement à vue. » Un hululement de compréhension lui répondit avant que la chouette ne mordille tendrement ses doigts. Elle laissa ensuite son amie à plume tranquille pour trouver un hibou dans la volière que Kreatur avait réaménagé dans le cas où elle en aurait eu besoin pour ses projets. Elle donna l'enveloppe à un vieil hibou en lui conseillant de faire très attention. Sa mission accomplie elle partie se coucher.
Elle dormait à moitié quand elle entendit la porte s'ouvrir doucement, des pas quasi inaudibles sur la moquette s'approchèrent de son lit. Le matelas s'affaissa à côté d'elle et une main passa tendrement dans ses cheveux. Elle se renfonça dans les brumes du sommeil, apaisé par la présence rassurante de son parrain et de Remus qui les observait dans l'entrebâillement de la porte. Il eut un sourire en utilisant un sort que Lily leur avait apprit pour prendre en photo sa fille chérie et qu'elle ait plein de souvenirs en grandissant. Malheureusement ils n'avaient de souvenirs que la première année de son enfance, alors Remus s'était juré d'immortaliser toutes les scènes qu'il voyait comme celle-ci. Ça ferait un bel album souvenir avec toutes celle qu'il avait prit l'année précédente et quand il enseignait.
Sirius chantonna la berceuse de Lily, souhaitant de tout son cœur que le destin arrête d'accabler son enfant. Son enfant ! Merlin, il ne s'était jamais attendu à ce qu'elle lui retourne ses sentiments. Une idée fleurie dans son esprit légèrement dérangé alors qu'il voyait la poitrine de la jeune fille se soulever et s'abaisser dans une respiration paisible. Il embrassa doucement son front pour ne pas la réveiller et sorti, lançant un regard au loup garou. Ils devaient parler.
Serena sentait que Sirius et Remus lui cachaient quelque chose en entrant dans la salle à manger le lendemain matin alors qu'ils se taisaient brusquement à son approche. Elle souleva un sourcil dubitatif à leur action mais haussa ensuite les épaules pour leur dire bonjour.
Ils s'installèrent à table pour manger un petit déjeuner copieux et elle était sûre que Kreatur la surveillait pour vérifier qu'elle mangeait assez. Elle était certaine d'avoir vu certains aliments qui n'étaient pas là avant apparaître dans son assiette… Si même l'elfe de maison s'y mettait….
Les barrières ayant été levée au maximum par les gobelins, Serena pouvait utiliser la magie à l'intérieur de la demeure. Alors les adultes en profitèrent pour l'entraîner au duel. Parce que c'était bien de s'entraîner contre les autres élèves et des mannequins de combat mais c'était encore mieux contre un ancien professeur de défense et un ancien auror expérimenté. En plus Sirius se plaignait d'être un peu rouillé, alors il allait être heureux.
A midi ils étaient tous épuisés étalés sur le sol de la salle de duel. Kreatur leur apporta un encas sans qu'ils aient besoin de le demander et les envoya se doucher.
L'après-midi était plus calme, passé à faire des recherches à la bibliothèque. Le calme fut néanmoins brisé quand un bruit se fit entendre à la fenêtre. Remus parti ouvrir la baguette en main au cas où. Un vieil hibou entra, une lettre attachée à la patte. Serena fut surprise, elle avait reçu une réponse ? Elle tendit le bras pour que le rapace se pose dessus et lui prit la lettre en le remerciant de son voyage. Rassurant les adultes elle se mit à lancer tous les sorts de détections qu'elle connaissait, sait-on jamais. Les deux hommes l'observèrent faire les yeux plissés d'incompréhension et de suspicion.
Rien, il n'y avait rien, aucun sort nocif, aucun sort de suivi, rien de dangereux pour elle… Seulement un sort de confidentialité au cas où le hibou serait intercepté. C'était surprenant de sa part. Elle décacheta l'enveloppe après avoir observé la cire émeraude où elle voyait le blason de serpentard… Très digne de lui, elle aurait dû s'y attendre. Elle ouvrit la lettre où étonnement elle découvrit une écriture fine, qui savait que ce monstre possédait une si belle calligraphie.
« Chère Survivante,
C'était une surprise de recevoir ta lettre. J'ai pensé à tuer le messager pour faire bonne mesure mais cela aurait été difficile d'envoyer une réponse ensuite.
Arrêter de te tuer ? Tu n'as fait que me mettre des bâtons dans les roues depuis ta naissance ! Si tu m'avais donné la pierre en première année je serais depuis longtemps de retour !
Cesse de te moquer de mon apparence ! Mes disciples sont plus à même d'obéir s'ils ont peur de moi. Le monde sorcier à besoin de changement, je serais ce changement. Et je ne suis pas si vieux ! Je te ferais dire que les sorciers vivent en moyenne cent cinquante ans.
PS : Incite moi à arrêter de te tuer, enfant.
Lord Voldemort »
Ah…c'était surprenant… Elle sourit en voyant qu'il avait prit la mouche au sujet des ses commentaires sur son apparence et son âge. Il réfléchissait vraiment à sa demande ? Elle n'avait plus qu'à espérer. Elle s'empressa d'écrire une réponse tandis que Sirius lisait à son tour la lettre. Il s'étouffa et Remus dû lui taper dans le dos pour l'aider à respirer.
« Tu…Tu corresponds avec Voldemort ? » S'exclama-t-il outré.
L'adolescent releva à peine les yeux de son parchemin. « Je lui ai envoyé une lettre en repensant à notre conversation. Tu me veux en sécurité ici et tu te fiche de ce qui arrivera aux sorciers… Alors je me suis dit autant tenter le coup, s'il accepte j'aurais un meurtrier en moins sur le dos et il ne restera que le ministère à anéantir.
_Mais… » Commença-t-il avant de se taire pour penser à ce qu'elle venait de dire.
« C'est vrai que je me fous de ce qui arrive à ces moutons sans cervelle, ils auront bien mérité ce qui leur arrivera, mais je ne supporte pas les meurtres d'innocents. Et qui te dit qu'il acceptera ? » Demanda-t-il en essayant de rester calme, il était adulte après tout, il n'allait pas piquer une crise alors qu'il n'avait pas toutes les informations en main.
« Depuis le début de l'année je n'ai vu aucune nouvelle d'attaque de masse sur des innocents. Les seuls qui ont été attaqués par les mangemorts sont des membres corrompus du ministère. » Elle fronça le nez en réfléchissant. « Et je ne sais pas s'il acceptera. » Elle haussa les épaules. « Au pire tout sera comme avant avec lui essayant de me tuer et moi déjouant ses plans. » Cela fit éclater Sirius d'un rire rauque tel un aboiement de chien. Il accepta sa réponse et vint lire derrière son épaule à côté du loup garou qui avait suivi la conversation mais n'était pas intervenu. De toutes façons peut importe quoi il suivrait l'Alpha, il ne pouvait pas l'abandonner, elle était son chiot après tout.
« Cher Voldemort,
Susceptible, hein ? Et je vous ferais dire qu'en première année vous m'avez foutu la frousse. Je n'allais quand même pas donner cette fichu pierre à un spectre derrière la tête de mon professeur ! En plus vous me menaciez, qui me dit que vous ne m'auriez pas tué dès que je vous la donnais ?
Vous inciter à arrêter de me tuer ? Je ne vais pas mendier non plus !
Serena Potter »
La correspondance continua ainsi durant plusieurs jours, allant de piques en remarques intéressantes sur le monde sorcier. A côté de cela elle avait commencé une correspondance avec le bel homme des Trois Balais après avoir reçu une lettre de sa part. Ses lettres lui donnaient toujours le sourire. Elle savait que Sirius les voyait d'un mauvais œil à l'amusement de Remus qui lui disait qu'il prenait son rôle au sérieux et qu'il voulait éloigner tous les prétendants pour la garder pour lui tout seul.
Sirius avait décidé d'aller au Chemin de Traverse incognito vu qu'il était toujours recherché et que Serena ne devait pas se trouver dans le monde magique. Il lança donc les glamours les plus puissants qu'il connaisse, issus directement de la bibliothèque Black. Ce fut donc un bel homme aux cheveux platine et aux yeux glacier qui accompagna sa fille et son frère dans l'allée. Première direction Gringott pour récupérer de l'argent et parler aux gobelins.
La banque était toujours aussi luxueuse se dit l'homme en y entrant pour la première fois en plus d'une décennie. Les gobelins levèrent la tête de leurs occupations à leur entrée sentant intérieurement l'arrivée de celle destinée à les mener. Ils furent immédiatement emmenés au bureau du directeur de Gringott qui salua presque chaleureusement l'Elue. Sirius demanda à voir son gestionnaire de compte et s'éloigna en tirant Remus avec lui suivant le jeune gobelin qui devait les guider, une étincelle brillant dans ses yeux.
Serena attendit son retour en parlant des mesures à prendre si le ministère empiétait de nouveau sur le territoire de la nation gobeline et partie visiter les voûtes qui lui étaient ouvertes depuis son émancipation devant la loi gobeline (la seule chose à remercier du Tournois de Trois Sorciers). Elle récupéra de anciens grimoires de famille et les vieux carnets de ses parents qu'elle plaça dans un petit sac caché à la vue des autres par un sort. Elle ne voulait pas risquer de se les faire voler.
Les adultes reparurent le sourire aux lèvres et ils repartirent après avoir salué les petites créatures guerrières.
L'évadé les tira dans tous les magasins qui le tentait. Ils passèrent des heures dans les magasins de vêtements car il voulait refaire leurs garde-robes complètes, menaçant Remus pour qu'il accepte les siens. Ils passèrent aussi un long moment à la librairie pour faire plaisir à Remus alors que Serena commençait à chercher les cadeaux qu'elle allait offrir pour Noël. Pour Remus c'était simple, elle voulait acheter des livres et une grosse boite de chocolats. Pour Sirius par contre c'était déjà plus compliqué. Elle voulait aussi faire un cadeau au professeur Snape et à Madame Pomfresh pour lui avoir sauvé la vie, mais bon elle pensait savoir ce qui ferait plaisir à l'homme et avait déjà récupéré un peu de mue, d'écailles et de venin de Basilic dans la Chambre, d'après ce qu'elle avait comprit ces ingrédients étaient très rares, et pour l'infirmière plusieurs livres de guérison assez rares. Il fallait aussi qu'elle trouve quoi offrir à ses amis… Bref la journée serait interminable.
Son regard actuellement azur se posa sur une montre à gousset dans la vitrine de l'apothicaire. Elle était belle quoiqu'un peu vieillie et dégageait une aura de calme. Entrant dans la boutique elle voulu en savoir plus sur l'objet. La montre était la dernière rescapée d'une série de cinq et avait la capacité d'arrêter le temps durant dix secondes. Une véritable œuvre d'art. Le prix que le vendeur lui donna était exorbitant mais la jeune femme l'acheta quand même. Elle savait déjà à qui l'offrir.
Serena fut brutalement réveillée de son sommeil paisible par une masse de poils aboyant joyeusement dans ses oreilles et léchouillant son visage en remuant a queue.
« Paaaatmooooooool dégaaaaaaage » Marmonna-t-elle et elle jura qu'elle n'avait pas geint.
Le chien se retransforma en un homme tout aussi bruyant. « Mais il neige ! »
Elle ouvrit un œil menaçant « Et tu m'a réveillé la veille de Noël pour ça ? » L'homme eut la décence de paraître gêné durant quelques instants avant de reprendre ses suppliques pour qu'elle se lève. Elle se cacha la tête sous l'oreiller pour ne plus l'entendre, le silence la soulagea quelques instants mais elle dû rapidement abdiquer quand son parrain décida que ça valait le coup de la faire mourir de rire en lui chatouillant les côtes. Très chatouilleuse elle éclata d'un rire cristallin en se tortillant pour se dégager. « Arr-arrête tu as…tu as gagné ! » Réussit-elle à dire avec difficulté. Il la laissa lui échapper, un grand sourire fier de lui aux lèvres. Elle lui balança son oreiller au passage avant de rejoindre la salle de bain où elle prit son temps en l'entendant lui dire de se dépêcher.
La neige recouvrait le sol de l'arrière cours d'un blanc nacré. Vêtu d'un manteau émeraude et d'une écharpe blanche que Sirius trouvait très serpentard mais qu'il admettait lui allait bien, elle s'avança et se baissa pour former une boule compacte entre ses doigts. Elle se retourna avec un sourire machiavélique et tira sur son parrain vêtu aux couleurs de griffondor. Il se prit la neige glaciale dans la figure et la fixa choqué, des morceaux de neige incrustés dans ses cheveux et sa barbe. Il se reprit et dans un cri de guerre se vengea commençant une bataille de neige endiablée.
Deux heures plus tard ils se laissèrent tomber dans un fauteuil frissonnant devant la cheminée. Remus sourit en les voyant les yeux brillant de joie et les joues rouges de froid. Il consentit à les sécher d'un coup de baguette en voyant les frissonnements s'accentuer. Lui était tout à fait sec, ayant rapidement fait demi-tour en voyant leur combat. Les boules de neige non merci. Kreatur fit apparaître des couvertures duveteuses après avoir banni leurs manteaux et rapporta des tasses de chocolat fumant.
Le repas avait été délicieux, maintenant ils étaient étalés dans des fauteuils pour digérer. Alors que l'horloge se rapprochait de minuit Sirius devenait de plus en plus anxieux bien qu'il essayait de le cacher à la jeune fille à moitié endormie sur ses genoux. L'horloge sonna enfin et il prit une profonde inspiration avant de plaquer un sourire légèrement bancal pour secouer Serena de sa somnolence. Elle ouvrit les paupières. « Qu'est-ce qui se passe ? » Demanda-t-elle anxieuse à son tour en le voyant si différent de lui-même.
Il se leva pour aller chercher une enveloppe qu'elle n'avait pas remarquée sur le manteau de la cheminée, s'accroupissant ensuite devant elle. Ses mains triturèrent un moment l'enveloppe parcheminée avant de la lui tendre, les mains tremblantes.
Elle baissa les yeux sur ses genoux où attendait l'enveloppe et l'ouvrit soigneusement, la fébrilité faisant trembler ses doigts fins. Elle parcourut des yeux le parchemin à l'allure officielle, les mots dansants devant ses pupilles sans qu'elle n'en comprenne vraiment le sens. Elle releva rapidement le regard à une phrase particulière voulant s'assurer que ce qu'elle voyait était la vérité. « Vraiment ? C'est vraiment vrai ? Ce n'est pas une blague ? » Sa voix était rendue rauque par l'émotion, un trémolo la faisant vibrer, l'espoir brillait dans ses yeux.
Sirius Black hocha la tête tout aussi incapable de parler. Il n'en aurait même pas eu le temps, la brune lui sauta dessus le faisant tomber à la renverse, murmurant des oui à tous bouts de champs. L'information arriva à son cerveau qu'elle acceptait et il la serra dans ses bras à l'en étouffer, des larmes de joies dévalant ses joues. La tension qui avait investi ses épaules à l'idée qu'elle refuse s'évaporant en même temps que son acceptation.
Remus sourit tendrement à la scène et plaça le parchemin abandonné sur la table pour plus tard. Sur la feuille la demande de Lord Sirius Black d'adoption de Lady Serena Potter reposait tranquillement insensible aux changements qu'elle signifiait, attendant patiemment la signature de la Survivante pour prendre effet. Le lendemain Serena aurait de nouveau un père.
Après l'émotion de la veille les autres présents avaient été laissés à l'abandon pour la séquence émotion et les explications de son nouveau père. Parce que c'est bien beau une adoption magique mais normalement le Ministère devait recevoir un double du contrat et avec Sirius considéré comme un meurtrier beaucoup essaieraient d'interférer. Heureusement pour eux les gobelins étaient rusés et avaient accepté d'empêcher l'envoie du double tout en validant l'adoption de leur côté. Sirius Black et Serena Potter étaient désormais père et fille pour le meilleur et pour le pire.
Revenons en aux cadeaux ouverts en ce vingt-cinq décembre. Le meilleur venant bien entendu de Sirius qui ne pouvait pas lui faire plus beau cadeau de Noël. Son deuxième cadeau préféré était les albums photos de Remus regroupant toute sa première année de vie et la grossesse de sa mère ainsi que toutes les photos qu'il avait prit depuis qu'il la connaissait. Et il y en avait beaucoup, certaines même de moments où elle ne se rappelait pas l'avoir vu. Elle avait reçu de nombreux présents de la part de ses amis mais celui qu'elle considérait comme le meilleur après ceux venant de sa famille appartenait à Marvolo à qui elle avait envoyé la montre. Il lui avait offert un superbe pendentif en or où elle pouvait voir s'entremêler loup garou, vampire et elfes incrustés de runes protectrices. Elle effleura du doigt le métal étrangement chaud à son toucher, une vague d'émotions indéfinissables la submergeant. Elle ne vit pas le regard mauvais que lançait son nouveau père au cadeau. S'il rencontrait le prétendant il était sûr de lui faire goûter aux crocs de Patmol. Personne ne toucherait sa fille tant qu'il serait vivant, personne !
Elle fut sortie de ses pensées par un hibou frappant au carreau et amenant une édition spéciale de la Gazette. Remus commença à lire distraitement avant de faire tomber le papier sous le choc, attirant l'attention des autres sur lui. Serena s'avança et commença à lire les yeux agrandis d'incrédulité. Sur la première page on pouvait lire noir sur blanc « Peter Pettigrew retrouvé au Ministère : Sirius Black innocent ? » L'article indiquait ensuite la découverte de l'abject rat dans l'Atrium au petit matin et l'enquête du journaliste pour apprendre au final que Sirius n'avait jamais eu de procès. Un procès où Queudver serait interrogé sous veritaserum devait se tenir le lendemain même. Une lettre tomba du journal, lui étant adressée.
« Je pense que régler cette injustice pourrait sceller notre "alliance" contre le ministère.
Joyeux Noël Potter. »
Et c'était signé Lord Voldemort. Elle en lâcha le mot encore sous le choc. Elle était sûr que Sirius, qui avait lu par-dessus son épaule, pas encore remit du choc du journal était tombé à la renverse, momentanément assommé.
Voldemort de son côté ne s'était jamais attendu à correspondre avec la Survivante sous ses deux alias. Lucius avait été chargé de donner du crédit à Marvolo Gaunt et à lui créer un passé pour qu'il puisse tranquillement séduire la jeune fille. Il serrait entre ses doigts fins le présent qu'elle lui avait fait, un léger sourire aux lèvres. Il espérait que son cadeau en tant que Voldemort la rapprocherait de lui, ainsi quand il serait temps il pourrait lui avouer que Marvolo et Voldemort n'étaient qu'une seule et même personne. Et puis ce n'était pas comme si Queudver lui servait encore à quelque chose.
Le lendemain de Noël Serena décida qu'il était temps de retourner au bar. Sirius insista pour l'accompagner tout comme Remus. Bon ils savaient qu'elle était en sécurité auprès des créatures mais ce n'était pas le cas pour les sorciers.
Le bar était bondé quand ils entrèrent et toutes les conversations se turent quand ils sentirent un humain entrer. L'animagus les fixa fier mais intérieurement mal à l'aise devant tant de regards hostiles sur sa personne et se retint de trépigner. Les épaules se détendirent néanmoins quand ils virent qui accompagnait l'humain. L'Alpha n'aurait jamais amené personne qui serait un danger pour eux. Tous la saluèrent avec respect et prirent de ses nouvelles ayant apprit pour l'empoisonnement. Bientôt le train train habituel recommença et Serena écouta attentivement les plaintes de ses alliés ainsi que leurs remarques, fomentant encore et toujours des plans de secours pour les mettre à l'abri.
Quand Sebastian arriva, ayant senti par on ne sait quel moyen son arrivée, le regard de Serena s'éclaira. Sirius voyant d'un mauvais œil leur flirt innocent ramena sa fille contre lui en regardant froidement le démon qui avait pourtant sauvé la vie de celle-ci. L'action amena un sourire amusé aux lèvres de l'immortel qui se plût à amener l'animagus au bord du gouffre prêt à l'attaquer à l'amusement des créatures présentes qui savaient qu'il n'avait aucune chance de gagner. La brune se tourna vers lui les yeux rieurs, sa main caressant sa joue tendrement. « Calme toi papa, il n'y a rien entre nous. » L'homme s'arrêta de grogner, c'était la première fois qu'elle l'appelait papa. Il embrassa son front et resta calme, lançant tout de même des coups d'œil menaçants au diable.
Les autres créatures riaient en silence, imaginant déjà le moment où l'Alpha prendrait un compagnon. L'homme avait déjà changé en canari un loup garou qui lorgnait de trop prêt à son goût son enfant, alors quand ce serait un vrai prétendant…Il déclarerait sûrement la guerre…
Note de l'auteur :
J'avoue que c'est mon chapitre préféré pour l'instant ^^ Je n'ai pas encore écrit la suite vu que je suis plongée dans une période où je suis incapable d'écrire la moindre phrase… J'espère que ça va rapidement passer je m'ennuie moi sans réussir à écrire ! Mais bon les chapitres suivant auront peut-être (sûrement) du retard comme pour mes autres fictions. La seule raison pour laquelle j'ai pu sortir celui-ci est parce que cela fait plus d'un mois que ce chapitre est écrit. Merci à toutes celles et ceux qui m'ont envoyé des commentaires, ils m'encouragent à continuer (même si comme dit précédemment je suis comme qui dirais en panne en ce moment).
