Kirt avançait toujours vers Léa, la menaçant de son phaseur alors qu'elle demeurait affecté par les armes paralysantes des reptiliens.

- Capitaine, dit-il, n'avez-vous rien à dire? Pourquoi ne répondez-vous pas? Vous me méprisez, c'est ça? Pourtant, c'est la peur que je vois dans votre regard. Avez-vous peur de moi? Croyez-vous vraiment que je vais vous faire du mal? Je suis toujours un officier de Starfleet. Donnez-moi un ordre et vous verrez.

Elle ne pouvait rien dire.

- Je ne mérite même pas que vous me répondiez, c'est ça? Pourquoi? Pourquoi est-ce toujours moi l'étranger, celui qui n'est pas à sa place!

- Baissez votre arme, lieutenant, lui ordonna alors Myriam White, derrière lui.

Il se retourna. Elle avait revêtu l'uniforme des reptiliens. Elle portait le bracelet et un phaseur.

En observant le premier groupe qui avait attaqué Léa, Myriam avait vu qu'ils avaient des transpondeurs au bras qu'ils utilisaient pour la téléportation. Ils n'appelaient pas leur vaisseau pour se téléporter. C'est comme ça que les deux femmes avaient bâti leur plan. Léa se laissait capturer, mais Myriam s'emparait d'un reptilien et de son transpondeur et arrivait en renfort.

- Commandeur White, vous voyez comment notre capitaine est méprisante, elle qui a eu des parents parfaits et une enfance parfaite, elle ne daigne même pas me répondre.

- Elle ne peut pas vous répondre. Elle est paralysée. C'est l'effet des armes des reptiliens.

- Elle m'a volé ma vie!

- Vous en avez une vie, pourtant. Détestez-vous à ce point la personne que vous êtes maintenant? Vous êtes un officier de Starfleet, le chef de la sécurité du USS Hawking et vous êtes doués dans ce que vous faites.

- Oui, admit-il.

- Quel est votre mission présentement?

- Je suis venu pour protéger le capitaine Roberge.

- Et c'est comme ça que vous vous en acquittez!

- Non, admit-il alors que la rancœur semblait s'atténuer.

- Lieutenant, nous avons besoin de votre aide. Baissez votre arme!

Kirt leva soudain son arme vers Myriam, et avant qu'elle n'ait pu réagir, il tira. Elle réalisa avec stupeur qu'elle n'avait pas été touchée. Elle se retourna, un reptilien gisait sans vie juste derrière elle.

- Merci, dit-elle. Ça vous dérangerait de régler votre phaseur à anesthésie?

Il regarda son phaseur avec étonnement.

- Bon sang, s'écria-t-il! Qu'est que je fais ici! Qu'est-ce que j'ai failli faire?

- On dirait qu'on vous a fait un lavage de cerveau, murmura Myriam.

- Non. C'est ce machin, dit-il en exhibant l'arme de Braxton.

Il prit son phaseur, lança l'objet et tira dessus, le cylindre carbonisé retomba en crépitant. Il régla ensuite son phaseur à anesthésie.

- Maintenant, dit Myriam, en se tournant vers Léa, il faudrait trouver comment annuler les effets de ces armes paralysantes.

- Commandeur, regardez, elle fait des mouvements avec ses yeux.

- Essayez-vous de nous dire quelque chose, capitaine?

Elle répondit avec le même mouvement.

- On dirait qu'elle tente de nous indiquer cette direction.

Il se pencha et regarda par terre dans la direction indiquée. Il trouva un objet sphérique.

- J'ai vu un des reptiliens prendre cet objet avant que je les attaque.

- Ça pourrait servir à enlever l'effet paralysant.

- Je ne sais pas trop, dit-il, ils avaient peut-être l'intention de la tuer. Nous ne devrions pas prendre de risque. Ramenons-la avec nous, le docteur Sermak trouvera la solution.

- Nous n'avons pas ce luxe. Nous aurons besoin d'elle aujourd'hui et maintenant.

- Ha oui, maugréa-t-il, ce foutu mur temporel.

- Si les reptiliens avaient voulu la tuer, expliqua Myriam, ils l'auraient fait là-bas. S'ils voulaient la faire parler, ils devaient d'abord faire disparaître l'effet paralysant.

Elle prit la sphère et sans prévenir, elle l'appuya sur Léa. Elle recula tout à coup quand cette dernière s'effondra, prise de convulsions.

- Je vous l'avais dit, s'écria Jamar.

- Attendez, ordonna White.

Léa convulsait toujours, puis, tout s'arrêta. Elle resta étendue par terre sans bouger.

- Elle est encore paralysée, grommela le lieutenant.

- Laissez-moi un instant, dit lentement la principale intéressé toujours étendue par terre, que je me remette de mes émotions.

- Capitaine, demanda Myriam, tout va bien?

- Oui, pas grâce à cette arme paralysante.

Elle se releva avec lourdeur et ramassa l'Orb de ses deux mains.

- Il nous faut prendre le contrôle de ce vaisseau. Des suggestions?

- C'est inutile, répondit fièrement Jamar. J'ai déjà un vaisseau temporel à ma disposition.

Il leva la télécommande futuriste et appuya sur un bouton. Ils furent tous les trois téléportés sur le Relativity.

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Le premier réflexe de Léa dès qu'elle fut sur le Relativity, après avoir déposé l'Orb, fut de prendre le fauteuil du capitaine. Elle s'y installa avec une petite pointe de nostalgie. Ça lui semblait une éternité la dernière fois qu'elle avait été aux commandes du Hawking. En fait, ça faisait bien trois milles ans, pensa-t-elle.

- Où se trouve l'équipage, demanda-t-elle?

- En cellule.

- Il faudra les téléporter sur la planète.

- Je peux le faire d'ici, dit Jamar.

- Allez-y.

Il pianota sur la console.

- Téléportation terminée.

- Braxton doit être furieux, dit Myriam en souriant.

Léa regardait les consoles en réfléchissant.

- Ça ressemble aux contrôles des vaisseaux de notre époque. Commandeur, vous prenez la barre, lieutenant, vous prenez la console tactique. Où est la console qui contrôle les voyages temporels?

- Je crois que c'est celle-là, lui dit Myriam en pointant une console au côté de celle du pilote.

Léa alla s'y asseoir.

- Saurez-vous la faire fonctionner?

- J'ai travaillé à développer une machine à voyager dans le temps, commandeur. Pas comme ça, mais ceci en était l'étape suivante et c'était déjà en plan quand je suis partie. Voyez-vous ce bouton ici?

Elle lui indiqua un quadrant numérique.

- C'est un séquenceur temporel. Ce n'est pas nécessaire au voyage dans le temps, mais ça ajoute un niveau de sécurité et c'était mon idée.

- Donc, vous pourrez la faire fonctionner, comprit Myriam. Capitaine, vous ne cesserez jamais de me surprendre.

- Redites-moi ça quand nous aurons réussi. Comprendre la théorie, c'est une chose; la mettre en pratique, c'est tout autre chose.

- C'est noté, dit Myriam. J'ai le contrôle du poste de pilotage, le vaisseau est pleinement opérationnel.

- J'ai en main la console tactique, ajouta Kirt, je lève les boucliers à votre signal.

Elle se rappela qu'elle était entourée de vaisseaux ennemis qui, pour l'instant, ignoraient sa présence. Dès que le vaisseau se mettrait en mouvement, il serait poursuivi.

- Lieutenant, levez les boucliers. Commandeur, impulsion maximale maintenant!

- J'engage les moteurs à impulsion, répondit White.

Une console bipa.

- Capitaine, dit Jamar, les vaisseaux ennemis nous appellent.

- Ne répondez pas. C'est moi qu'ils cherchent, s'ils savent que je suis ici, ils vont tout mettre en œuvre pour nous arrêter.

- C'est ce qu'ils risquent de faire de toute façon.

- ETA avant le trou de ver?

- Cinq minutes, capitaine.

- Cinq vaisseaux se sont lancés à notre poursuite, reprit Kirt, concentré sur son travail. Ils arment leurs phaseurs.

Le vaisseau fut secoué.

- Répliquez, ordonna Léa, feu à volonté!

- Oui, capitaine.

- Trou de ver dans trois minutes.

Certains tirs du Relativity touchèrent les vaisseaux ennemis, mais ne les ralentirent pas. Les reptiliens tirèrent à nouveau sur le Relativity.

- État des dommages, s'écria Léa, regrettant de ne pas avoir aussi le commandeur Parksan avec elle.

- Les boucliers tiennent le coup, étonnamment bien d'ailleurs, j'ai l'impression que le Relativity a une puissance de feu supérieure.

- Trou de ver dans une minute.

- Mais ils ont l'avantage du nombre, maugréa Léa. Continuez la riposte avec tout armement disponible.

- Oui, capitaine, je crois que je viens de trouver la commande des torpilles. J'en tire une.

La torpille atteignit le vaisseau le plus prêt qui explosa la déflagration secoua le Relativity.

- Bouclier à 87%. Ces torpilles ont de la gueule.

- Ne les utilisez plus à moins que j'en donne l'ordre. Ils sont trop près de nous pour un armement de cette puissance.

- Oui, capitaine.

- Trou de ver dans 10 secondes.

- Préparez-vous, s'écria Léa!

Un immense vortex s'ouvrit devant eux et les avala. Ils se trouvèrent dans un tunnel lumineux, toujours poursuivis par les reptiliens.

- Je ne peux pas ouvrir la brèche tant qu'ils nous tirent dessus, ça risque de déstabiliser le trou de ver et détruire Bajor, s'écria Léa.

- Si on réessayait les torpilles.

- Dans un trou de ver, jamais! Trop risqué.

- On n'est si près du but, se choqua Jamar.

- Qu'en est-il de cette boîte, demanda alors Myriam? Si c'est un Orb, ça pourrait nous permettre de communiquer avec les prophètes. J'ai lu dans un rapport datant de la guerre, qu'à la demande du capitaine Sisco, les prophètes ont déjà fait disparaître une flotte entière.

- Bonne idée, commandeur. Je n'ai pas traîné cette boîte jusqu'ici pour rien.

Elle se leva et alla jusqu'au fauteuil du capitaine où elle avait déposée l'Orb. Elle hésita une seconde et ouvrit la boîte.