Bonjour tout le monde, en ce mercredi pluvieux je vous poste le nouveau chapitre avant de replonger dans mes révisions.

De l'avis général la fin du dernier chapitre était sadique^^ Pourtant si peu...

Merci beaucoup à: Lea1985, Fanoudusud, Midsum (mon canard^^), Galswinthe, Virginiiiie, Aelita48, Karima (merci de m'en avoir appris un peu plus sur toi! Très bonne cuisinière, c'est intéressant ça! J'adore cuisiner aussi, mais seulement de la patisserie je ne sais rien faire d'autre! Trois enfants tes journées doivent être incroyablement bien remplies! J'espère que ta soirée orientale s'est bien passée, j'adore ce genre de soirée, rien de mieux pour se détendre! J'espère que ce nouveau chapitre te plaira, il a été un peu long à venir mais j'ai un partiel cette semaine donc pas mal de truc à réviser! Merci de me lire et je te souhaite une très bonne fin de semaine! Gros bisousss), Aliiiiice, Katner, Elayna Black,Odrey010, Triskelle Sparrow (serais-tu parente avec le plaisant Jack?^^), Jackye, Erika Shoval, LyraParleOr, Nana10(merci pour ta review! Je sais je suis sadique! Juste un peu... j'espère que ce chapitre te plaira! Merci de me lire), Larsand (merci pour ta review! Tu sembles avoir une idée très précise du responsable de l'arrivée de James... J'espère que tu aimeras ce chapitre!), Caropat07, Binna1996, Marie (merci beaucoup pour ta review, elle m'a beaucoup touchée, je suis contente que tu aimes cette histoire! J'adore aussi cette histoire alors je m'amuse beaucoup à écrire cette histoire! J'espère que tu aimeras autant la suite! Merci de me lire!), Sand91, Kinoum, Rougecarmin, Elphina, Bellardtwilight, LolaMisSweetlove, Bellaeva, Lagasy, Soraya (merci beaucoup pour ta review! J'espère que ce chapitre te plaira au moins autant que le dernier!), Rpatz, LuneBlanche, Space Bound Rocket, Robsten Pattiwart (merci pour toutes tes supers reviews!), Mlle Lizz, Lamue12, Cchope, Doudounord2, Sweet-tear, Mystiepat pour toutes vos reviews! Vous m'avez vraiment gatée!

Merci à LyraParleOr pour encore une fois avoir corrigé ce chapitre si rapidement et merci pour tes conseils!

Une petite suggestion musique avant de passer au chapitre: Andare de Ludovico Einaudi: Ludovico Einaudi – Andare si vous ne connaissez pas écoutez c'est magnifique!

Maintenant place au chapitre!

Pov E

Quatre jours... quatre longues journées et autant de nuits que je n'avais pas vu Isabella...

Le souvenir de notre baiser flottait sans cesse dans ma mémoire, je ne cessais de me remémorer la douceur de ses lèvres, la beauté de ses yeux, la saveur de sa langue... Je ne cessais de penser à elle alors que la culpabilité s'infiltrait dans mon esprit tel un poison indélébile.

Je n'avais pas le droit d'éprouver ces sentiments en sa présence, ils seraient sa perte!

En étant incapable de rester loin d'elle je lui causerais tout le mal que de toute mon âme je voulais lui éviter. Et pourtant à mesure que le temps passait le désir me tiraillait, plus le temps passé en sa présence s'allongeait, moins je pouvais me tenir éloigné d'elle. Peut-être même était-il déjà trop tard...

En éprouvant pour Isabella des sentiments aussi forts qu'interdits je précipiterais sa chute, et il n'y avait plus rien que j'étais en mesure de faire pour éviter ça!

Je maudissais ma nature, je maudissais le destin qui avait fait de moi un monstre. Comme j'aurais voulu rencontrer Isabella quatre siècles plus tôt, alors que j'étais encore humain et que j'aurais pu lui faire une cour assidue. Elle surpassait tout, sa beauté et la finesse de son esprit effaçait toutes les autres, même ma femme que je chérissais de tout mon être, même cette femme si belle et douce que j'avais pleurée pendant des siècles ne pouvait soutenir la comparaison avec Isabella.

J'avais la sensation de la trahir, je me sentais encore plus vil qu'un monstre à m'éprendre d'Isabella alors que j'avais promis de chérir ma femme jusqu'à la fin de mes jours qui ne viendrait jamais.

Son visage devenait flou dans ma mémoire, celui de la douce humaine au parfum envoûtant occupait toutes mes pensées et à mesure que les jours passaient je l'oubliais... la femme qui m'avait offert tant de bonheur il y avait si longtemps maintenant.

A toute ma culpabilité s'ajoutait celle de la trahison, je m'étais promis que jamais cela n'arriverait et pourtant une fois de plus je n'avais pu m'opposer au destin qui avait mis Isabella sur mon chemin!

Et pourtant, malgré toutes les souffrances de mon âme coupable je ne pouvais regretter cette nuit d'orage qui avait amené Isabella chez moi.

Depuis quatre siècles je ne m'étais pas senti si vivant, j'avais une sensation de chaleur au creux de mon cœur mort lorsque ma main effleurait sa peau, mon souffle renaissait lorsque je venais cueillir le sien sur ses lèvres. Et pourtant... je ne pouvais faire de cette femme la mienne, le monstre se réveillait à ses côtés et j'avais peine à contrôler mes instincts. Le monstre en moi voulait son sang alors que tout mon être ne chantait que du désir d'être près d'elle.

Une fois encore j'étais tiraillé, torturé à croire que la souffrance était le fil conducteur de ma vie.

Je l'avais laissé espérer, je lui avais fait une promesse que je n'étais pas sûr de pouvoir tenir et surtout que je ne devrais pas tenir et ce dans son propre intérêt.

Mais elle était si obstinée! Je savais que je la faisais souffrir en restant loin d'elle et Dieu que je souffrais aussi! La lame acérée et cruelle du manque meurtrissait mon cœur qui ne désirait que la retrouver.

Je maintenais une distance respectable avec Isabella en attendant de reprendre mes esprits, avant de céder à nos envies je devais être assuré de mon contrôle, mais près d'elle je ne répondais de rien! Et si je la blessais? Et pire si je buvais sa vie jusqu'à la dernière goutte, la laissant froide et morte dans mes bras? Je ne pourrais supporter sa perte et pourtant je ne pourrais rien tenter pour échapper à mes souffrances qui dureraient jusqu'à la fin de l'éternité. Et Dieu savait que l'éternité était longue!

Cela faisait quatre jours que je vivais l'enfer loin de celle qui avait su faire battre mon cœur de nouveau.

J'avais dû me nourrir de sang animal à outrance pour apaiser ma frustration, je n'avais pu me résoudre à faire venir une des compagnes habituelles, je n'avais pour seul désir qu'Isabella, l'idée de faire venir une autre femme me révulsait!

Je passais le moins de temps possible au manoir afin d'éviter la tentation de son parfum. Rester loin d'elle était plus simple lorsque je me trouvais au cœur de la forêt.

J'avais mis ce temps à profit pour surveiller les pensées de Jane, je ne lui faisais pas confiance, la colère poussait à des choses déraisonnables et je savais que la congédier déclencherait son courroux.

Je passais de longues heures dans la forêt entourant son cottage en bord de la mer à écouter son esprit, ce qui en soit était une véritable torture. On ne pouvait concevoir qu'il y ait tant de bassesses et de bêtise dans un si petit esprit!

La plupart de ses pensées étaient tournées vers le manoir et les heures que nous avions passées ensembles, distraction purement alimentaire pour ma part mais cela ne semblait pas être le cas pour elle. J'eus la désagréable surprise de voir qu'elle était tombée totalement amoureuse de moi. Je n'avais jamais vraiment prêté attention à ce qu'elle pensait avant de la percevoir comme une menace et j'étais soulagé de ne jamais l'avoir fait. L'esprit de cette femme était empli de délires narcissiques!

Elle pensait aussi beaucoup à Isabella, ce qui renforçait ma décision de la surveiller. Pourquoi je ne l'avais pas tuée à cet instant? Je n'en avais aucune idée! Peut-être un sursaut tardif d'humanité qui me faisait répugner de lui ôter la vie... Et puis soyons honnêtes je la croyais bien trop bête pour concevoir un plan solide.

Si elle pensait beaucoup à Isabella et semblait croire qu'en l'évinçant je lui reviendrais, pensée purement délirante qu'elle affectionnait tout particulièrement. Elle n'avait aucune idée de l'identité de ma belle visiteuse.

Voilà comment je décidais qu'elle n'était pas une menace suffisante pour la réduire au silence, grave erreur que je comprendrai bien plus tard!

Lassé d'écouter ce fatras de bêtises qui me mettait les nerfs à vif je rentrais au manoir. Au creux de mon ventre je sentais poindre une lame chaude d'excitation à la pensée que bientôt je retrouverais Isabella... mon Isabella! Ou du moins son parfum étant donné que je n'étais toujours pas prêt à la rejoindre.

Retiré dans mes appartements je tentais de faire le vide dans mon esprit. Je voulais trouver une solution à notre épineuse situation, mon besoin d'elle était chaque jour grandissant et je m'en voulais plus que de raison de l'avoir laissée seule après lui avoir promis des efforts.

Mais je n'étais pas prêt! Je ne pouvais me permettre de la mettre en danger et risquer de la perdre à cause de mes bas instincts!

Le son du piano me tira de mes moroses pensées, elle était là! Si proche! Intrépide et frêle créature...

Isabella n'abandonnait jamais! Sa détermination était sans faille et cela suffit à faire vaciller mes résolutions. Je ne pouvais me tenir éloigné alors qu'elle était si proche et que les volutes de son parfum envoûtant parvenaient jusqu'à moi.

Je devais la voir! Ce n'était pas quelque chose contre laquelle je pouvais lutter!

Je pénétrais dans le petit salon silencieusement. Il était impossible qu'elle m'ait entendu mais il fallait croire qu'elle ressentait ma présence tout comme je ressentais la sienne. Son épine dorsale dénudée se hérissa d'une multitude de petits frissons. Elle ne cessa pas de jouer cependant, il me semblait que c'était la plus belle musique que j'avais entendue de toute mon existence. Ses doigts avaient gagné en habilité, en fermeté.

Elle se tendit presque imperceptiblement lorsque je m'arrêtai derrière elle. Je pris une bouffée de son parfum, doucement, comme pour m'habituer à sa fragrance qui ne manquait jamais d'embraser ma gorge. Je déglutis le venin avec peine, souffrant mille morts en même temps que je me sentais déraisonnablement heureux, elle était là...

Sa peau miroitant dans la lueur douce des bougies m'attirait comme un papillon le serait par une flamme. Je posais avec légèreté mon doigt le long de ce dos offert à mon regard et à ma concupiscence et me délectais de sa caresse. Sa peau si chaude déclenchait en moi une vague enivrante d'excitation. Je me sentais si vivant alors que mon doigt caressait cet épiderme diaphane.

J'aurais voulu plus! Tellement plus d'elle!

J'entendis sa respiration s'accélérer et son sang s'affoler dans ses artères. Alors que je retirais mon doigt de son dos, désireux de la sentir plus encore, la mélodie se tut.

"Vous étiez parti... après avoir promis que vous ne vous éloignerez pas!" Sa voix était rauque et amère et pourtant elle déclencha en moi un tourbillon de volupté. Cette femme m'avait envoûté c'était la seule explication possible à mon trouble.

Je respirais profondément, mortifié d'avoir causé sa peine.

"Je suis désolé Isabella..."

J'aurais tellement aimé qu'elle comprenne... mes excuses n'avaient jamais été plus sincères qu'à cet instant. Pardonne-moi Isabella... Je souffre autant que toi mais je serai ta perte et ça je ne peux me le permettre! J'aurais aimé que mes explications résonnent en elle, qu'elle comprenne leur sens et se range à mon avis! Et pourtant son obstination m'offrait le prétexte idéal pour céder à mes envies, à mes sentiments...

A ses côtés je me sentais faillir, elle me désirait autant que je la désirais elle, il aurait été si facile de céder. Depuis quatre siècles je ne m'étais pas senti vivre, qui aurait-il eu de plus simple que de prendre cette femme qui m'offrait une seconde vie?

J'avais besoin d'elle à mes côtés, mon cœur mort se réchauffait près d'elle. Je chérissais chaque étincelle de vie qui m'était doucement rendue par sa présence.

Et pourtant je me faisais l'effet d'un monstre, c'était comme si j'aspirais sa vie pour faire renaître la mienne. Serais-je capable de nous combler tous les deux sans entraîner sa perte? Je n'étais pas certain de ça et cela m'effrayait au plus haut point!

Ma douce Isabella qu'as-tu donc fait de moi?

Lorsque mes lèvres fondirent sur les siennes avant même que je ne l'aie vraiment décidé, j'oubliais tout, plus rien n'avait d'importance que les lèvres chaudes et vibrantes d'Isabella dansant conte les miennes.

Je me délectais de son goût, je me sentais frissonner de toutes parts, mon cœur semblait sur le point d'exploser. Et si dans ma gorge la brûlure se faisait dévastatrice, ce n'était rien comparé à cette langue de feu qui s'enroulait autours de mes entrailles. Je me sentais vivant, exalté, une douce chaleur vibrait en moi, mon ventre se tordait de désir pour elle. Rien d'autre n'avait de sens que sa bouche embrassant la mienne, que ses mains perdues dans mes cheveux. Je la voulais, Dieu je la voulais tellement que c'était douloureux!

J'étais perdu, perdu dans un monde de volupté dont j'ignorais tout, je la sentais frissonner dans mes bras, de froid ou de plaisir je n'aurais su le dire. La réalité avait perdu tout son sens, mes oreilles bourdonnaient sous le plaisir, j'étais étourdi par elle, par son parfum, par sa douceur, par sa volupté.

Je me sentais frêle et misérable à lui confier mes doutes et mes peurs alors que nos lèvres s'étaient séparées pour la laisser respirer. Isabella était humaine après tout, elle avait besoin de l'air comme j'avais besoin d'elle pour exister.

"J'ai confiance en vous!" comment pouvait-elle offrir sa confiance à un être aussi vil que je l'étais!

"Mais moi je n'ai aucune confiance dans le monstre que je suis!"

"Vous n'êtes pas un monstre..." la confiance et la détermination que je lisais dans son regard étaient déconcertantes! Elle me donnait envie de croire dans ce nous qui semblait si illusoire. Dans ses yeux je ne me reflétais pas comme le monstre que j'étais.

"Oh que si j'en suis un! Vous ne me facilitez pas la tâche Isabella! J'ai déjà toutes les peines à rester loin de vous..."

"Alors effacer cette distance!"

"Je vous blesserai..."

"Vous ne l'avez jamais fait encore. J'ai confiance en vous..."

Las de lutter je cédai à mes envies et une nouvelle fois je laissai mes lèvres goûter sa bouche, ma langue s'enivrait de la caresse brûlante de la sienne.

Son corps frêle était pressé contre le mien, d'une seule poussée j'aurais pu l'écraser et pourtant elle était si précieuse et douce que chacun de mes gestes était mesuré.

Je caressais ses courbes voluptueuses avec une admiration proche de l'adoration. Isabella était une déesse qui exigeait d'être chérie comme la plus précieuse des roses.

Je voulais m'y employer, elle m'offrait ce que je n'aurais jamais cru pouvoir avoir de nouveau, une seconde vie, un souffle d'espoir...

La brûlure dans ma gorge était plus forte que jamais alors que le corps d'Isabella était alangui sous moi et que son sang s'affolait dans ses artères. Sous mes lèvres posées dans son cou je le sentais s'agiter au rythme des sursauts de son cœur.

Je tentais de dompter la brûlure du venin, me délectant de ses courbes douces et du goût enivrant de sa bouche. J'imaginais ce que ce serait de la goûter, de la goûter intimement et non seulement de me repaître de son sang.

Étrangement le contrôle était plus facile que je ne l'aurais d'abord pensé, elle était si précieuse pour moi que l'idée de sa perte réfrénait mes instincts monstrueux.

Elle me quitta après ce sensuel baiser, à regret je crois mais elle avait compris la nécessité de faire les choses de façon mesurée.

Je devais offrir un visage torturé tant la brûlure de ma gorge était incandescente mais je n'en avais cure, tout ce qui comptait c'était que j'avais pu être proche d'Isabella sans planter mes crocs dans la blancheur de son cou.

Je restais quelques minutes abasourdi dans ce salon encore embrumé de son parfum, je le respirais à pleins poumons comme pour m'imprégner d'elle.

Je passais la nuit dans une sorte de brume heureuse, chose dont j'étais bien peu coutumier.

Désirant me préparer à affronter son parfum le lendemain je sortis chasser en forêt. Quelques cerfs subirent mon allégresse, je me sentais plus léger et heureux que jamais. C'était comme si les eaux tumultueuses de mon être s'étaient apaisées pour m'offrir un peu de répit.

Avant de rentrer au manoir alors que les premières lueurs de l'aube commençaient à poindre à l'horizon, je passais près du cottage de Jane. Lorsque j'arrivai près de la petite maison en bord de mer je ne sentis rien d'autre que les embruns d'iode et de sel. Rien, pas une trace du parfum capiteux de Jane, ou peut-être seulement un léger soupçon qui flottait encore dans l'air.

Un mauvais pressentiment courut à la base de ma nuque. Il n'était pas si étonnant qu'elle soit de sortie mais je ne pouvais me défaire de ma mauvaise sensation.

Espérant avoir tort je me lançai sur ses traces et suivis le tenu filin de son parfum qui longeait le chemin de la côte.

Arrivé au village je perdis sa trace, son parfum s'évanouit tout à fait... depuis combien de temps était-elle passée par ici?

Alors que je m'apprêtais à abandonner la traque qui était sûrement bien imbécile je fis une mauvaise découverte.

Sur les murs des petites boutiques on pouvait voir de grandes affiches représentant le visage d'Isabella accompagné de la mention portée disparue.

A l'odeur de la colle fraîche je pouvais affirmer qu'elles n'étaient pas là depuis bien longtemps, ce qui expliquait pourquoi Molly qui venait souvent au village ne m'avait jamais averti de leur présence...

Soudain mon mauvais pressentiment prit tout son sens. Jane les avaient vues... elle avait enfin mis un nom sur ma belle inconnue, celle qui dans son imagination narcissique avait pris sa place dans mon lit...

A vitesse vampirique je courus jusqu'au comté de Durham, passant par la forêt qui longeait la route principale. J'espérais la retrouver avant qu'elle n'ait le temps de révéler à James où était Isabella! Cette fois-ci je n'hésiterai pas à rompre le cou de cette femme vile et stupide! Je ne voulais même pas me salir de son sang en la mordant.

Je courrais plus vite que je n'avais jamais dû le faire et pourtant ce fut peine perdue. Elle avait dû partir des heures plus tôt. J'arrivais à Durham avant d'avoir pu l'arrêter. Son odeur flottait partout, elle était là et elle devait exulter!

Silencieusement je pénétrai dans l'enceinte du château et ne mis pas de temps à trouver le détestable époux d'Isabella et cette sotte de Jane qui s'imaginait que je lui reviendrais, comme si j'avais éprouvé la moindre considération pour elle...

James était rayonnant de machiavélisme, il irradiait d'une joie malsaine et presque lubrique à la pensée qu'il allait bientôt mettre la main sur Isabella.

Dans son esprit se joua toutes les tortures qu'il comptait lui infliger pour avoir fui loin de lui. Cet être était des plus détestables, savoir ce qu'il avait fait subir à mon Isabella me révulsait et me donnait l'irrésistible envie de lui briser la nuque.

Et pourtant je ne pouvais me permettre de le tuer, tous les soupçons se porteraient sur Isabella et je voulais qu'elle reste plus blanche et plus pure que de la neige. Elle n'avait pas à répondre des crimes que j'aurais pu commettre, fussent-ils pour la protéger! Mais je jurai sur mon âme de la venger un jour! Personne n'avait le droit de lui faire du mal!

Je ne restai pas une seconde de plus à regarder le répugnant spectacle de James tentant de séduire la sotte blonde déjà toute acquise à sa cause. Il avait déjà envoyé une équipe de sa garde à la recherche d'Isabella, bien trop lâche pour s'y rendre lui-même!

Il s'exposait à de graves représailles en s'aventurant sur mes terres et il en était pleinement conscient, mais le désir de récupérer sa fugueuse d'épouse était trop fort pour le retenir.

Je rentrai au manoir en traversant la forêt. Je devais emmener Isabella loin de l'Angleterre, je devais la protéger du monstre auquel ses parents l'avaient mariée!

"-Isabella! Il faut vous réveiller!"

"-Edward, qu'y a-t-il?" Même au saut du lit les traits encore embrumés de sommeil elle était magnifique, d'une beauté frêle et douce, un brin candide.

"-James... Il sait que vous êtes ici! Vite il faut partir!" ...

La terreur emplit tout son visage, je voulais la prendre dans mes bras pour la rassurer, lui promettre que tout irait bien, que je la protégerai de James et de ses sbires.

"-Mais comment? Comment a-t-il su?"

"-Jane, la femme blonde... elle vous a reconnue."

"-Oh mon Dieu!" Elle était livide, effrayée, elle dut se soutenir au mur derrière elle pour éviter de tomber tant elle était bouleversée.

"-Il faut partir Isabella, ils sont en chemin, je vous dirai tout ce que vous voulez savoir mais plus tard!"

Elle sortit de son lit prestement, sa chemise de nuit révéla à mon regard gourmand ses jambes belles et menues mais je secouai la tête pour chasser ces pensées bien trop inappropriées en la circonstance!

"-Tout ira bien Isabella! Molly va vous aider à préparer votre malle, j'ai quelques petites choses à régler avant que nous partions."

"-Nous? Vous venez n'est-ce pas? Vous ne m'abandonnez pas?"

"-Bien sûr que non! Comment le pourrais-je! Tout ira bien, faites-moi confiance!"

"-j'ai peur..." Je la pris dans mes bras, la serrant dans une étreinte que j'espérais réconfortante. J'embrassai son front avec douceur, il n'y avait rien de charnel dans ce geste, je voulais juste lui montrer que j'étais là pour elle, la rassurer, lui dire que je prendrai soin d'elle et que plus jamais James de Durham ne poserait un doigt sur elle.

Elle se fondit dans mon étreinte, agrippant de ses petites mains les pans de ma veste, refusant de s'éloigner.

La laissant aux bons soins de Molly j'allais régler quelques détails avec Franck. La jument d'Isabella devait rester introuvable, il la conduirait dans une de nos fermes après notre départ.

Je ne l'informai pas de notre destination, ni du temps que nous passerions loin d'ici. Il avait l'habitude de mes voyages et saurait gérer le domaine à la perfection.

Je pris quelques affaires et certains de mes biens les plus précieux, ignorant combien de temps nous serions partis d'ici.

"-Vous êtes prête Isabella?"

"-Je crois oui..." Elle avait revêtu une longue robe de voyage bleu roi, suffisamment chaude pour la protéger du froid piquant de l'Angleterre.

Elle serra Molly dans ses bras, je n'avais pas conscience qu'elles étaient si proches. Molly agissait comme une mère protectrice désolée de voir son enfant partir.

Isabella s'essuya maladroitement les yeux, je ressentais une haine incommensurable pour James qui faisait rougir ses si jolis yeux bruns.

Je l'aidai à monter dans le fiacre conduit par Franck. Nos bagages furent chargés et Molly agita sa main pour répondre à Isabella qui lui faisait au revoir alors que nous nous éloignions sur le chemin de terre battue.

"-Cette maison va me manquer..." sa voix était étouffée par les sanglots. Je passai un bras dans son dos et la tirai contre moi. Elle blottit son visage dans mon cou. Je sentais sa chaleur m'irradier en même temps que ses larmes glisser le long de ma peau.

Son parfum m'entourait de toutes parts mais elle avait besoin de réconfort, elle était terrifiée, et bouleversée!

"-Et si James nous rattrape?"

"-Il ne le pourra pas et même s'il le faisait je vous promets que jamais j ne le laisserai poser ses mains sur vous!"

"-Si vous pensez qu'il sera si facile de l'arrêter, pourquoi fuyons-nous? Pourquoi quittez-vous votre maison pour moi?"

"-Des maisons je n'en ai pas qu'une... Il serait facile de l'arrêter en effet, et même si l'envie de le réduire en poussière me tenaille je ne pourrais le faire. Vous seriez la première suspecte!"

"-Comment?"

"-Le comte est puissant, et surtout il a des appuis à la cour, s'il venait à disparaître, on vous en tiendrait pour responsable. Si un jour vous voulez pouvoir revenir dans ce pays libre je dois le laisser vivre, autrement vous seriez traquée et je ne puis me le permettre."

"-Vous pensez à tout..."

"-Je veux vous garder en sécurité!" En disant cela je posai un baiser au sommet de ses cheveux parfumés.

"-Où allons-nous?"

"-En Amérique... Pour Franck et Molly nous nous rendons en France... Mais en vérité c'est en Amérique que nous allons. J'espère que la maison là-bas vous plaira."

"-Si vous êtes avec moi, bien sûr qu'elle va me plaire..." En disant cela elle enlaça ses doigts avec les miens et se blottit un peu plus contre moi. J'aurais peut-être dû l'en empêcher, mais je n'en avais pas la force! Je la gardais aux creux de mes bras, souhaitant la protéger du monde comme de moi-même. Je me délectais de son savoureux parfum en même temps que je posais des baisers épars sur le sommet de sa tête.

Ses sanglots s'étaient taris, elle regardait par la fenêtre le camaïeu de verts défiler devant nous.

Le fiacre filait à tout allure, les cahots du chemin la poussaient un peu plus contre moi, je ne pouvais même pas le regretter tant j'aimais la tenir ainsi, être proche d'elle m'emplissait d'un bonheur sans fin!

Franck déchargea nos bagages sur le quai de la gare, nous étions juste à l'heure pour le train de 11 heures qui traverserait le pays.

Nous devrions être à Liverpool dès le lendemain matin. Peut-être que nous aurions à y passer quelques jours avant de trouver un paquebot en partance pour l'Amérique, mais je ne me faisais pas de tracas pour ça, je disposais de suffisamment d'argent pour acheter les billets à prix d'or que l'on pourrait me vendre!

Le train entra en gare transportant avec lui une fumée acre et métallique qui s'infiltrait partout.

Les adieux avec Franck furent moins larmoyants qu'avec Molly.

Je conduisis Isabella au salon de première classe et la fis asseoir près de la fenêtre dans un endroit suffisamment intime pour que nous puissions voyager en paix.

Là encore elle retrouva sa place au creux de mes bras, se blottissant contre mon torse comme si cela était une habitude, et mes lèvres retrouvèrent le chemin désormais familier du sommet de sa tête où je posais une multitude de baisers.

Je commençais à bien apprivoiser son parfum maintenant, la brûlure ronronnait dans ma gorge sans toutefois être lancinante.

Le train se mit en branle et nous quittâmes la gare. Franck avait déjà quitté le quai. Quelques familles faisaient des au revoir par les fenêtres mais nous n'avions personne ici. Nous étions seuls lancés sur les chemins poussiéreux, comme deux âmes abandonnées dans le monde. J'étais avec Isabella et cela me suffisait.

Je songeais vaguement à mon clan que j'avais abandonné bien des années plus tôt, je n'étais revenu que peu de fois en Amérique depuis ces temps reculés. Comment prendraient-ils mon retour? Surtout comment prendraient-ils le fait que j'emmenais avec moi une petite humaine frêle et fragile qui exerçait sur moi une attraction en dehors du raisonnable?

"-Madame, Monsieur souhaitez-vous prendre quelque chose?" Je n'avais même pas remarqué l'homme en livrée arrêté près de nous.

"-Madame prendra un thé. N'est-ce pas Isabella? Vous êtes gelée, cela vous fera le plus grand bien!" Je serrais sa main frêle et froide dans le creux de la mienne.

L'homme s'éloigna en pensant que j'avais bien de la chance d'avoir une aussi jolie épouse.

Je ne pouvais le contredire, Isabella était bien plus que jolie. Je me pris à rêver, si le destin avait été différent, si elle avait croisé ma route quatre siècles plus tôt, que serait-il arrivé?

Je pensais avec ironie que le destin semblait avoir fait de moi un vampire pour que je puisse l'attendre, mon existence ne semblait avoir qu'un seul but, celui de la rencontrer un jour...

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que ça vous a plus! N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez!

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Merci de me lire et on se retrouve très vite!