Juin
Rêve bizarre à une heure du matin le 9 juin, la sainte Malcolm. Lieux : Monde des Rêves.
DGM-DGM-DGM
Aujourd'hui, c'est un Mercredi.
Une journée parmi tant d'autres. Rien d'inhabituel, une montagne de travail, des ordres par centaines, des coups de fil par milliers. Des postillons, des grincements de dents, des yeux plissés, des froncements de sourcils, des longs sermons, des menaces, des avertissements, des compliments, des soupçons, des recettes de cuisine, l'achat d'un nouveau service à thé...
Il faisait frisquet à l'extérieur, Rome a toujours été une Capitale ronchonne en Hiver, les manteaux sont sortis et les jambes se pressent vers leurs destinations, sans s'attarder. Sa seule consolation, il fait diaboliquement bon et chaud dans ce bureau. Bon nombre de fois, il remercie intérieurement cette âme bienveillante dont il ne se souvient jamais le nom compliqué. Malcolm revient d'une réunion pénible, sa halte pour manger un morceau à la cafétéria n'a dut durer que vingt minutes et le voici de retour dans son bureau, d'une humeur de chien. Pas de dessert, il n'y avait plus de gâteau disponible...
Cinq minutes plus tard, il est allongé là où il est allongé tous les 12-13h depuis vingt ans, de tout son long sur son canapé. Il décortique le journal pour la seconde fois de la journée mais ce n'est que pour mieux se détendre sur des lignes abrutissantes. Il lui arrive même parfois de prendre les rapports de Link pour disjoncter ses neurones et se laisser ainsi partir dans une petite sieste réparatrice.
Le silence est totale. La silhouette longiligne allongé sur le canapé s'assoupit pour de bon. Les rêves, il les dompte comme Cloud avec son singe. Mais aujourd'hui, pour la petite heure de sa sieste journalière, tout va déraper.
Il ne se souvient pas avoir ouvert les yeux, ni pourquoi il tient un fouet à battre les œufs entre les mains. À bien y regarder, son environnement n'est pas encore tout à fait définis, celui-ci continue de se construire. Il entend des voix, des gens autour de lui mais ils ne sont pas encore là. Qu'à cela ne tienne, il tient un ustensile de cuisine et son uniforme a été remplacé par un long tablier blanc, le couvre chef assorti. Il n'y a pas plus beau rêve que celui où l'on doit faire un peu de pâtisserie. Pour la peine, il est tout content. Depuis le temps qu'il n'en a pas fait... et que ses rêves n'étaient rien d'autres que des fosses à creuser, toutes portant le nom d'Howard Link.
La pénombre environnante s'estompe et le lieu jusqu'à présent vide prend des contours, des couleurs, des formes. Chaque clignements des yeux améliorent sa vision. Il est tout bonnement dans la grande salle d'un bâtiment festoyant une inauguration sur la gastronomie. La banderole rouge éclatante sur le mur du fond qui attire inexorablement son regard lui apprend l'heure prévue pour la première épreuve du tournoi international de pâtisserie.
Plein d'espoir, Malcolm regarde son fouet à battre les œufs...
