Merci pour ces reviews. Ca fait du bien de savoir que vous êtes toujours là !

WJ : Et que dire de la review !

anna : En espérant que la longueur de celui-ci te conviendra.

PBG : On les a retrouvés !

Bones : Je ne sais pas, à toi de voir. Pour l'aide, dis-moi ce que je dois faire !

Cherisch : Il ne peut pas y avoir toujours de l'action ! Mais ça va revenir, hein !

Dil : Je trouve qu'on pourrait les voir plus dans la série. Ce serait bien.

lili : Disons surtout que celui-là a touché le jackpot ! Et ton voeu va être exaucé dans ce chapitre.

Retour sur Ziva et Ari dans ce chapitre. Vous allez enfin savoir pourquoi et qui veut la peau d'Abby.

Bonne lecture !


Chapitre 12 – Un frère, une mission

Sur la terre tout a une fonction, chaque maladie une herbe pour la guérir, chaque personne une mission.

Sagesse indienne

.

Il sentait la colère de sa demi-sœur à travers le téléphone. Sa voix sèche, très légèrement tremblante, son ton qui n'admettait aucun mensonge. Elle voulait des réponses.

Il allait lui donner celles qu'il pouvait. Les autres, il les survolerait.

« Je n'ai fait que mon travail, Ziva. »

Il y eut un silence à l'autre bout du fil. Il en profita pour boire une gorgée de son scotch, son regard posé sur l'océan qui lui faisait face, derrière les vitres de l'hôtel quatre étoiles où il avait pris une chambre.

« Ton travail ? Ton travail est de tuer mon amie ? Tu te fous de moi ?

- Aucunement.

- Je n'aurais jamais dû te laisser partir. »

Il sentait sa déception, le sentiment de culpabilité qui pesait sur ses épaules de l'avoir laissé partir quelques heures plus tôt. Elle l'avait rattrapé alors qu'il quittait la salle de conférence, plus tôt dans la matinée. Elle l'avait envoyé voler face contre le mur alors qu'il tentait d'escalader celui-ci, il s'était alors retourné vers elle en repoussant d'un coup d'épaules les mains qu'elle avait posé contre son dos. Et avait ébauché un sourire satisfait en lisant la stupeur dans le regard de l'israélienne, de sa petite sœur, quand elle avait découvert que c'était lui. Lui. Que l'homme qui avait voulu tuer Abby Sciuto était le garçon qui avait grandi avec elle pendant plus de quinze ans.

Il entendait encore son ton déstabilisé, pendant qu'elle reculait d'un pas, alors que lui même avait laissé retomber son arme, sachant pertinemment qu'il ne s'en servirait pas sur elle.

« Ari. »

Il avait esquissé un faux sourire, un semblant de normalité pendant que la stupeur déformait les traits de la brune.

« Ziva ! Shalom. Cinq ans qu'on ne s'est pas vu, et tu es de plus en plus jolie, petite sœur. »

Elle était devenue totalement livide, incapable de le quitter du regard, les yeux grand ouverts.

« Qu'est ce que tu… »

Il avait repoussé sa question d'un vague geste de la main.

« Ne m'oblige pas à te faire de mal. Reste interprète, laisse-moi faire mon boulot. Nous ne somme plus du même monde, Ziva. »

Encore hébétée, elle n'avait pas cherché à le rattraper. Il avait fui avant qu'elle ne puisse esquisser un geste. De toute façon, elle était nettement moins entraînée que lui. Il avait cinq ans d'expérience dans le Mossad, elle n'en avait eu que deux.

Cinq ans, le nombre d'années depuis laquelle il n'avait pas revu sa petite sœur, avant aujourd'hui. Une éternité. Certes, il l'avait au téléphone une fois par an, pour lui souhaiter son anniversaire, et inversement. Mais c'était les deux seules fois où ils se parlaient dans l'année. Même s'ils connaissaient les numéros de portable de l'un et de l'autre par cœur.

Leur relation fraternelle avait brutalement pris fin quelques années plus tôt, quand il avait quitté le Mossad, mettant ainsi un terme à toute relation avec son père, sa famille, son travail et sa patrie. Il avait volontairement coupé toute relation avec eux, avec elle, pour se libérer de son ancienne vie, à l'exception de deux jours par an. Geste qu'il n'expliquait pas, mais dont il ne pouvait se passer.

Il était désormais un électron libre, qui vaquait et voguait au fil des missions qu'il trouvait. Aujourd'hui, sa mission était de tuer Abigail Sciuto, ordre donné par un puissant et mondialement connu groupe pharmaceutique. La laborantine était sur le point de mettre en danger tout leur concept en dénonçant les substances illicites qu'ils mettaient dans leurs produits, ils voulaient s'en débarrasser. Et lui, agissait. Il avait d'abord envoyé des menaces, espérant qu'elle en tiendrait compte et stopperait ses recherches dans la foulée. Elle ne s'en était pas occupée, s'en était moquée. Il avait donc opté pour la solution suivante. Tuer.


« Tu n'avais pas le choix. » avança Ari en se laissant tomber dans un des fauteuils qui meublait sa chambre.

La dernière image qu'il avait eue de sa sœur, quelques heures plus tôt, flottait devant son regard, tel un film flou et tremblant de sa journée et de cet instant qui revenait à lui, le torturant malgré sa volonté.

Il se revoyait face à sa sœur. Ses doutes à cet instant. Qu'aurait-il fait si elle l'avait empêché de partir ? Il aurait eu beaucoup de peine à faire du mal à Ziva… Mais il l'aurait probablement fait pour rester libre. Sa liberté était sa vie. Tout simplement. Et sa vie, ce n'était pas sa famille. Ce ne l'était plus.

« Ne me sous-estime pas, Ari. »

Il sourit, tout en abaissant son regard vers son verre, lorgnant sur le liquide ambré qui tournoyait dans son verre, avant de le lever vers ses lèvres.

« Ziva…

- Alors, explique-moi, ordonna la brune dans le téléphone d'un ton bas et froid.

- Mademoiselle Sciuto ne s'est pas fait que des amis en faisant son travail. Je ne fais que résoudre ce conflit, Ziv.

- Tu veux assassiner une femme pour résoudre un conflit ! »

Il l'entendit jurer dans sa langue maternelle et laissa un microscopique sourire amusé naître sur ses lèvres.

« Tu es devenu complètement fou, Ari, souffla-t-elle.

- Je ne pense pas. Je n'ai juste pas la même vision du monde que toi, petite sœur. »

Il abaissa son regard vers son poignet, constata que l'heure avançait. De l'autre côté de la ligne, il sentait Ziva muette de stupeur, incapable de contrer son ton résolument calme, probablement submergée par la stupeur et la culpabilité.

« Je dois te laisser, Ziva. Évite de traîner avec cette jeune femme, trouve-toi une autre personne avec qui travailler. Je ne voudrais pas devoir me retrouver face à toi dans un combat, petite sœur.

- Ne fais pas ça. »

La voix de sa sœur, brisée, l'obligea à fermer les yeux un instant, pour laisser l'image d'une petite fille de dix ans prendre la place de celle qu'il avait vu plus tôt dans la journée. Une petite fille qui l'implorait de ne pas partir en mission, à peine à l'âge de quinze ans. Une petite fille qu'il avait serrée dans ses bras, avant de la quitter. Et de ne plus jamais revenir de la même façon.

« Prends soin de toi, Petite sœur. »

Il raccrocha. Et termina son verre d'un trait. Avant de se lever, décidé à poursuivre à bien sa mission.


La jeune femme baissa les yeux vers son portable, constatant difficilement que son frère avait raccroché. Elle n'avait pas reconnu l'homme au bout du fil, ce n'était pas le garçon avec qui elle avait grandi. C'était un homme distant, lointain, une machine à tuer qui n'avait visiblement plus aucun sentiment.

Son grand frère avait laissé place à un inconnu. Un inconnu qui voulait tuer sa nouvelle amie, une personne adorable et pétillante de vie. Il ne pouvait pas être devenu ça. C'était impossible.

Il fallait qu'elle le rende à la raison. Qu'elle retrouve le garçon souriant et amusant avec qui elle avait grandi.

Elle passa une main lasse sur son visage gelé, glacé par l'effroi malgré la douce température ambiante. Et tressaillit, coupé par un appel venant de derrière elle. Une voix qui l'interpellait, associée à des pas se rapprochant doucement d'elle.

« Tout va bien, Ziva ? »

Elle mordilla légèrement sa lèvre inférieure, prenant une seconde pour elle avant de se retourner. Une seconde où elle laissa couler toutes les émotions qui l'avaient envahie tandis qu'elle parlait à son frère, pour ne laisser place qu'à la traductrice, celle qui n'avait aucun frère, aucune famille, aucun antécédent. Celle qu'elle s'était créée en venant en France, après avoir fait ses adieux à son père. Celle qui n'avait pas à être émotive, mais qui devait juste redresser le menton et traduire.

« Tout va très bien, répondit- t- elle en se retournant vers l'italien, ses yeux foncés où ne se lisait plus aucune des émotions qui y transparaissaient la seconde d'avant plongeant dans le regard émeraude du policier.

- Jeanne prépare sa valise et nous rejoint dans une minute.

- J'ai hâte, ironisa l'israélienne en fronçant le nez, pendant que l'italien se laissait aller malgré lui à un sourire amusé.

- Tu vas voir, elle est très gentille.

- Je ne doute pas que tu l'ais trouvée… gentille. » railla la jeune femme en appuyant sur le dernier mot avec un regard éloquent pour le policier.

Il haussa un sourcil mais ne répondit pas, se contentant de croiser les bras devant lui et de s'adosser à l'immeuble qui faisait face à celui de Jeanne, laissant les minutes défiler silencieusement en attendant que la française descende.

Laissant à Ziva le choix de ruminer ses dernières informations. Elle savait qui était l'homme qui voulait s'en prendre à son amie. Elle savait aussi qu'elle voulait comprendre et essayer de le raisonner avant de le dénoncer. Il fallait donc qu'elle trouve le moyen de rencontrer son frère, discrètement, sans éveiller les soupçons de ses nouveaux amis.

Et qu'elle lui rende la raison.


Il est génial le chap' de PBG, hein !

Un avis peut-être ?