Merci à Aliena pour sa review. désolé pour De retour: j'aide mes parents à la ferme toute la journée et je n'ai donc pas eu le temps de finir mon chapitre et de le poster à temps. J'essaye de faire au plus vite, mais bon quand je rentre je suis crevée et je ne pense plus qu'à deux choses: me laver et me coucher. Super les vacances. Je ferai aussi vite que possible pour poster le chapitre cette semaine.

Chapitre X

Le soleil qui illumina la Montagne Solitaire le jour suivant rougeoyait dans le ciel d'hiver sans réchauffer les rescapés d'Escaroth ni dissiper le brouillard des esprits et la brume du paysage. La Montagne Solitaire n'avait jamais tant mérité son nom qu'à cet instant, de même que le nom désolation de Smaug dépeignait toute la poignante aridité du paysage. Sous les ordres de leur souverain, les nains avaient condamné la porte, s'emmurant dans ce qui n'était rien d'autre qu'un immense caveau hanté.

Pour tenter d'échapper quelques instants à cette atmosphère lourde de menaces mortifères et des rumeurs de la guerre, la compagnie s'était rassemblée sur les remparts bâtis face aux ruines de Dale. Sombres étaient les pensées qui s'agitaient dans leurs esprits et figées étaient leurs langues autrefois si promptes aux rires et aux chants. Et c'est dans le silence qu'ils virent arriver à eux deux cavaliers. Ils reconnurent sans difficulté l'homme vêtu d'un vieux manteau de peau élimé. Les nains étaient des êtres d'orgueil mais aussi d'honneur et le souvenir de la promesse faite par leur roi que ce dernier venait de trahir par ses décisions leur causa la plus grande honte. Le deuxième cavalier suscita chez eux par contre, un tout autre sentiment. A son armure et à sa monture qui n'était autre qu'un majestueux cerf orné de la plus royale des ramures, ils furent submergés par une vague de colère. Ils reconnurent sans peine le roi sylvestre Thandruil qui les avait abandonné avant de les humilier des années après en les traitant comme de simples braconniers.

"On doit prévenir Thorin."déclara Dwalin

Il se tourna pour descendre l'escalier de fortune mais son frère le retint un instant par le bras. Dwalin releva la tête.

"Non."

Il le regarda dans les yeux.

"Va chercher Dame Erebor."lui conseilla-t-il

Dwalin écarquilla les yeux: son frère avait toujours été un loyal sujet de Thorin et aujourd'hui, que ce dernier retrouvait enfin son héritage, son royaume...il le trahissait!

"Thorin n'est plus le-même. Il pourrait faire une folie qui nous condamnerait tous. Dame Erebor est celle qui peut parler en son nom et sauver la situation."

Dwalin dut reconnaître à contre-coeur que son frère avait raison. Thorin n'était plus le prince qu'il était fier de servir autrefois. Thorin n'était tout simplement plus là. L'Arkenstone l'avait envouté à son tour. Le féroce nain conçut une haine terrible envers cette pierre maudite qui ne leur avait apporté que des malheurs. Il descendit les marches des escaliers vertigineux qui l'amenaient à la salle du trésor. Car c'était là le lieu de prédilection des malheurs du royaume nain. C'était là qu'il était sûr de pouvoir trouver l'âme en peine qui remplissait ces lieux de ses lamentations lugubres.

Bilbo était assis dans un couloir reculé et oublié. Smaug n'était jamais venu ici. Nul flamme n'avait souillé ce qui semblait avoir été une aile destinée à la résidence. Ce n'était pas des demeures nobles. Les nains qui avaient résidé ici logeaient dans de petits appartements confortables. Ce devaient sûrement être les logements des domestiques. Tout semblait figé, en attente d'une vie qui depuis longtemps s'était évaporée. On se serait presque attendu à voir les nains sortir et entrer, s'activer pour préparer la journée de leurs maîtres. Tout avait été abandonné en cours. Une petite naine avait oublié sa poupée dans le couloir...mais le jouet ne retrouverait jamais les mains et les bras de sa propriétaire. Par automatisme, le hobbit avait ramassé le vieux jouet poussiéreux aux couleurs fanées. Et maintenant, les yeux remplis de désarroi, il le tenait délicatement à côté de l'Arkenstone. La pierre arcane éclairait le jouet, révélant toute sa crasse et sa misère.

Le hobbit ne sursauta même pas quand Erebor apparut soudainement et silencieusement à ses côtés avant de s'asseoir sans même perturber l'air autour d'eux. Son apparition était logique dans ce lieu marqué par la mort et l'abandon, figé dans le temps. Il était plus surprenant par contre de la voir assise à ses côtés, comme une mortelle. Sa robe se déployait en vagues et formant comme un lac argenté autour de ses pieds. Nul chaleur ne se dégageait de son corps et Bilbo en frissonna. Le silence perdura plus profond encore qu'auparavant.

"Etes-vous prêt à aider vos amis ?"demanda-t-elle sans préambule et sans le regarder.

"Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour leur éviter de mourir."affirma-t-il

Erebor ne montra aucun signe de contentement face à la détermination de ce petit être.

"A minuit, je vous ferai quitter mon sein. Prenez l'Arkenstone et faites en sorte d'éviter que cette bataille n'ait lieu. Un Istari approche. Ses pas sont lourds, ses épaules voutées par le poids des mauvaises nouvelles. Il sait comme moi ce qui se prépare."

"Gandalf revient ! Gandalf revient ! Nous sommes sauvés !" s'écria de joie Bilbo.

Mais le silence glacial de l'incarnation de la Montagne doucha l'enthousiasme du hobbit.

"Il n'a pas le pouvoir d'empêcher la guerre. Il est un messager de la tempête. Tout ce que nous pourrons faire sera de tenir vaillamment. Evitez-nous cette bataille et unifiez les peuples pour la guerre, Monsieur Sacquet." lui ordonna Erebor.

Un énorme poids se posa sur les épaules de Bilbo. Il voulut parler mais un cri de colère résonna dans toute la montagne.

"Erebor !"

Un rugissement venait de briser le silence et les pensées du hobbit s'éparpillèrent chassées par la voix du Roi sous la Montagne qui rugissait.

Les nains craignaient avec raison la réaction de la Montagne sommée de se présenter devant leur souverain comme une simple esclave. Dwalin n'avait pas trouvé Erebor alors qu'il l'avait cherchée. La Montagne ne se manifestait que si elle le désirait. Aussi Thorin n'avait pas moins et pas plus de chances que les autres d'obtenir ce qu'il demandait.

Et pourtant, ils retinrent leur souffle quand ils virent apparaître dans la lumière, le jupon métallique. Tant de métal aurait dû produire au minimum un froissement argentin. Mais le silence était complet. La statue animée se révéla entièrement dans la lumière dorée. Son visage neutre semblait ne jamais plus devoir s'animer. cependant ses lèvres minérales se mouvèrent:

"Mon Seigneur m'a appelée. Me voici. Que désirez-vous que je fasse ?" s'enquit sa froide voix minérale qui se répercuta en écho contre les murs et les plafonds de l'immense hall de pierre.

Thorin se redressa et la regarda froidement. Il n'aimait pas savoir qu'elle pouvait se déplacer à tout moment et sans entrave dans son royaume. Il ne se sentait plus le maître et rien n'empêchait Erebor de trouver un moyen de libérer Aurore. Il n'aimait pas son humilité qu'il jugeait déplacée et moqueuse envers sa personne.

"Venez près de moi, Madame que je vous montre quelque chose de hautement comique qui, à n'en pas douter, vous divertir."ordonna-t-il en lui désignant de la main son côté droit.

Silencieuse comme la mort, l'incarnation de la Montagne se fondit dans le sol de pierre avant de jaillir aux côtés du Roi sous la Montagne. Ce dernier, de nouveau couronné, lui désigna la vallée. Erebor se tourna donc pour observer ce qui se déroulait hors de ses remparts.

Deux cavaliers étaient là qui attendaient que Thorin leur accorde de nouveau son attention. Erebor les regarda àpeine.

"Voilà deux rois qui prétendent vouloir m'imposer leur loi dans mon royaume, comme si leur misérable armée pouvait m'imposer quoi que ce soit, à moi qui ait la puissance d'Erebor avec moi."

La voix du monarque d'Erebor s'était peu à peu élevée pour devenir un rugissement qui fit détourner la tête de honte aux membres de la compagnie de Thorin Ecu-de-Chêne. les deux visages de la délégation s'assombrir.

"Nous ne souhaitons que vous voir accomplir la promesse que vous avez faite, Seigneur Nain. Mon peuple vous a accueilli et vous a soutenu. En remerciement, Smaug est venu et nous avons tous perdu."plaida calmement le mortel brun.

"Quel autre choix avions-nous que de mendier de l'aide ? Nous avons été rabaissé plus bas que terre et humilié. Aujourd'hui, vous voudirez avoir des droits sur ce qui nous revient et pour lequel nous avons risqué nos vies sans aide."cracha le roi nain.

Thorin se détourna de la délégation pour regarder Erebor. Mais la voix de Bard retentit de nouveau:

"N'avez-vous donc aucun honneur ? Voulez-vous la paix ou la guerre ?"

Ainsi interpellé, Torin n'eut d'autre choix que de répondre à son interlocuteur:

"Je veux la guerre." répondit-il en se penchant tel un oiseau de mauvais augure vers Bard.

Ses camarades se figèrent; les nains de la compagnie connaissaient maintenant leur destin.

Il fit face à Erebor:

"Chassez-moi ces cloportes avant que je ne les écrase."ordonna-t-il.

Il tourna le dos au rempart.

"Thorin."appela Bard qui n'arrivait pas à croire que ce fou de nain allait leur imposer une guerre inutile après le désastre causé par Smaug.

"Il est inutile de s'époumoner de cette manière."décréta Thandruil froidement "Ils n'entendront pas raison. Je vais récupérer ce qui m'appartient et vous aurez tout le loisir de prendre ce que vous désirez ensuite."

Bard regarda le roi des elfes avec pitié et horreur.

"Est-ce dans les larmes et le sang que tout doit finir ?" demanda-t-il

"Voyez-vous une autre solution ?"s'agaça le roi des elfes.

Il ordonna à son renne de faire demi-tour quand sa monture et celle de Bard se cabrèrent. La montagne émit un grondement de pierre qui craque. Devant leurs yeux horrifiés, ils virent jaillir de la roche une géante de pierre qui marcha à grands pas vers eux, ses jambes disparaissant à mi-cuisses dans la terre comme si elle marchait dans l'eau. Mais leurs chevaux effrayés se trouvèrent bloquèrent par une muraille de pierre qui jaillit brusquement pour leur couper la route. Cependant, la géante s'arrêta une trentaine de mètres devant eux et n'esquissa aucun geste menaçant. Elle cessa tout simplement de bouger pour ne plus être qu'une immense et inquiétante statue.

Plus que Bard; ce fut Thandruil qui ressentit le plus d'effroi car ces traits de pierre figés, il les avait déjà vus autrefois. Les elfes avaient bonne mémoire et, même si les hommes disparaissaient trop vite pour leur laisser un souvenir impérissable, ce visage mortel avait une telle poésie de la mortalité et de la dignité qu'il n'avait jamais pu oublier Marianne de Dale. Il avait été attristé d'apprendre sa disparition et avait dépêché des soldats pour aider les recherches qui avaient eu lieu. Il l'avait fait non seulement pour la famille seigneuriale de Dale mais aussi parce que sa regrettée épouse avait beaucoup aimé cette enfant. Hélas, jamais on n'avait retrouvé sa trace.

Et voilà qu'aujourd'hui, une arme employée par les nains avaient ses traits. cela devait cacher quelque crime affreux qui n'avait pas été jugé.

Bard ne savait rien des pensées qui traversaient l'esprit de Thandruil. Il voyait que l'inquiétante créature n'amorçait pas un geste vers eux. Elle semblait attendre. Si elle était aux ordres de Thorin, ce dernier lui demanderait certainement de les tuer pour ne plus être importuné. Il devait faire demi-tour mais rien si ce n'est la mort par la faim et le froid ne les attendait. Il se devait d'essayer encore une fois.

"Tenez votre parole !"cria-t-il au Roi sous la Montagne.

Pour toute réponse, il entendit un sifflement avant qu'une flèche n'arrive droit sur lui. Durant le temps où elle s'était interposée entre Thorin et la délégation, Erebor avait entendu l'agitation qui régnait dans l'esprit d'Aurore. Mais elle n'avait pas le temps de s'y consacrer. Elle voulait effrayer suffisamment ces deux créatures qui semblaient avoir quelque pouvoir sur l'armée qui attendait plus loin. Ils devaient repartir et attendre qu'elle règle ses propres problèmes avant de venir l'importuner. L'elfe semblait avoir compris le message. Il n'en allait pas de même pour l'homme qui lança des imprécations à l'encontre de Thorin.

Aurore rugit brusquement à son esprit:

"C'est mon frère! C'est mon frère !"

Erebor tenta de la calmer:

"Ce n'est pas ton frère. Girion est mort en déendant sa cité. cet homme n'est que son descendant."

"Il est de mon sang ! Et Thorin va le tuer."

oooooooooooooooooo

Bard eut une pensée angoissée pour ses enfants qu'il adorait et qu'il abandonnait alors qu'il allait mourir.

Mais la douleur escomptée n'arriva jamais.

La géante avait tendu le bras et la flèche s'était brisée contre la pierre.

Étrangement, il n'y eut que le silence pour accompagner les mouvements de la créature qui se détourna d'eux pour retourner à la montagne. L'elfe et l'homme furent effrayés de la voir s'enfoncer dans les parois rocheuses sans aucune difficulté. Ils n'osèrent penser aux nains finalement pris au piège dans ce lieu maudit.

Pressés par le frisson de la peur, ils décidèrent de retourner à leur campement et d'attendre la suite des événements.

Et voilà finalement un nouveau chapitre publié en temps et en heure. désolé tout de même de vous avoir fait attendre toute la journée: il faut quand même que je sorte pendant les vacances.^^