Coucou, c'est moi !

Tout d'abord, je tiens à vous faire remarquer une chose, que les esprits les plus vifs remarqueront peut-être par eux-même... Sachez que l'on peut remarquer une nouvelle profondeur dans mes chapitres depuis le chapitre sur Haku (le dernier donc). Les personnages ont plus de substances, je pense que cela vous plaira.

Pourquoi ? Simplement parce que lorsque je l'ai ai écrit, j'ai du faire une pause de quelques jours à ce moment là, et au retour, ça m'a semblé naturel...

J'ai laissé tel quel les chapitres précédents pour que vous constatiez l'évolution par vous-même !

Sur ce, bonne lecture !


Dans la salle d'examens, une personne se tenait recroquevillée dans un coin. Il s'agissait de Kitsune, l'enfant chargé de mener l'interrogatoire. Son masque de renard sur son visage, il tenait ses bras enlacé contre son corps, comme pour se protéger. Un nouvel homme fut amené dans la salle pour être interrogé. L'enfant, sous sa forme modifiée par henge, se mit à gigoter, puis à gémir.

- Non ! Supplia-t-il. Pitié ! Pas encore ! Je n'en peux plus.

L'homme se précipita vers lui, avant de regarder son état. L'enfant ne semblait pas blessé, mais il était visiblement terrifié et tremblait de tout son corps. Le prenant dans ses bras, il tenta de le réconforter de son mieux.

- Mon dieu ! Mais que-t-on ils fait ? Ce n'est pas humain de traiter un enfant de cette façon.

- Ça va être votre tour... murmura le garçon masqué. Ça va recommencer... Comme pour tous les autres.

- Tu as assisté à l'interrogatoire de tous ceux qui sont passés avant moi ? s'horrifia le nouveau-venu.

- Oui...

- Depuis combien de temps es-tu là ?

- soixante-quinze... Non... Quatre-vingt heures... J'ai peur de dormir...

- Tu n'as pas fermé l'œil depuis tout ce temps ?

- Non... J'ai sommeil... Mais je ne peux pas... Je ne dois pas... Il ne faut pas...

- Pourquoi ?

- Horrible... Il ne faut pas... Non... Il ne faut pas...

- Je te protègerais, affirma l'homme. Ils ne te feront plus aucun mal.

- Mer... Ci...

L'homme sourit faiblement. Quelle genre d'atrocité pouvait réduire un enfant à craindre ainsi le sommeil ?

Derrière le miroir, un homme dont le visage était barré par deux cicatrices observait l'évolution de la situation. Finalement, le choc avait eu lieu. Et le pouvoir de Kitsune était tel que le contre-coup avait été encore plus violent. La vérité était toujours cruelle à entendre. Mais à vivre, ce devait être encore pire ! A présent, il allait pouvoir observer l'évolution de la situation. Si son jeune collègue parvenait à supporter et à surmonter le choc, il en reviendrait plus fort...

Dans la cellule, Kitsune restait ainsi, blottit dans les bras de celui qu'il devait interroger. Il sanglotait, à présent. Ibiki Morino était un expert en torture, physique comme mentale. A travers les différentes personnes qu'il avait envoyé à l'enfant, il avait testé la résistance de son esprit, face à des horreurs chaque fois plus grandes. Cette fois-ci, cependant, la personne ne semblait pas un monstre, comme les précédents. Naruto le savait, il le sentait. Son odeur n'était en rien celle d'un tueur ou d'un psychopathe. Il y avait de la tendresse et de la compassion en lui. Bordel, mais que faisait-il ici ? Ce n'était pas sa place. Kitsune parvint à une illumination. Au contraire, il avait tout à faire ici. Foutu Morino, il était vraiment subtil. A cause de ce qu'il avait vu dans la centaine d'esprits qu'il avait ''visionné'', son pouvoir s'était affaiblit et il ne parvenait plus à contacter Kurama. Il ne s'était jamais sentit aussi seul, aussi vulnérable. Mais cet homme l'aidait à se reconnecter dans la réalité. Car c'était ce que voulait Ibiki. Voir jusqu'où il pouvait pousser ses limites et apprendre à faire abstraction de ce qu'il découvrait. A s'immuniser contre les atrocités de la vie. D'une façon ou d'une autre, il devait se créer un masque, un qui ne soit pas matériel. Lentement, il cessa de sangloter et de trembler. Il prit ensuite une grand inspiration. Puis, d'un geste assuré, il retira le visage de renard de sa figure, avant de le poser délicatement au sol. Dans ses yeux, on pouvait voir une lueur nouvelle briller. Un mélange de détermination et de sagesse. C'était le regard d'une personne qui avait vécu et qui savait ce que la vie pouvait réserver, le bon et le mauvais, le bien et le mal, la lumière et l'obscurité.

Délibérément, il recula de sa future proie, avant de se placer devant le miroir et de s'observer.

De l'autre coté, Ibiki hocha la tête. Le choc était passé. Kitsune avait réussi avec brio le baptême du feu, qui faisait de lui un interrogateur assermenté. A ce sujet, le Morino avait été surpris. Cela faisait quatre-vingt sept heures que son ''ami'' était entré dans cette salle et qu'il n'en était pas sortit. Il n'avait pas non plus mangé, et pratiquement pas bu. A cela s'ajoutait une fatigue physique et morale de ne pas avoir dormi pendant plus de trois jours. Et pourtant, le regard de Kitsune indiquait qu'il pouvait encore continuer, à croire qu'il venait juste de commencer. Rien que pour ça, Ibiki le respectait. Chez les nouveaux, en général, le choc avait lieu au bout d'une heure ou deux, et s'ils s'en remettaient, ils étaient épuisés. Mais pas lui. C'en était presque effrayant.

Dans la salle d'interrogatoire, Naruto, sous sa forme henge, se retourna face à l'homme. Celui-ci sentit alors que la situation avait changé. Ce n'était plus un petit garçon effrayé, qu'il avait face à lui désormais. A présent, il s'agissait d'une personne prête à tout pour apprendre ce qu'il voulait savoir. Tous deux se sourirent, l'un désolé, l'autre résigné. Et Kitsune appliqua ses mains sur le crâne de sa proie. Son esprit s'était éclaircit et il avait retrouvé l'usage de ses pouvoirs spirituels...

Quatre-vingt dixième heure: la porte s'ouvrit une nouvelle fois pour laisser passer Ibiki Morino. Naruto fit mine de ne pas l'avoir vu, tout en gardant un œil sur lui. On ne savait pas vraiment à quoi s'attendre venant de lui. Cette fois-ci cependant, il se contenta de se placer dans le champ de vision de Kitsune.

- Le travail est terminé pour aujourd'hui. Tu peux rentrer te reposer. Tu as fait du bon boulot.

- Merci...

La fatigue reprenait ses droits, cela se sentait à sa voix qui se faisait traînante Avec lenteur et lassitude, Naruto se força à sortir du complexe des interrogatoires, avant de mettre fin à son henge. Il était de nouveau dans le bâtiment principal: celui du Hokage. Au moment d'en sortir, toutefois, il tomba nez-à-nez avec Kakashi. Celui-ci fut tellement surpris qu'il manqua de tomba à la renverse.

- Naruto ! S'écria-t-il. Ou étais-tu ? Depuis trois jours, tu n'as pas donné signe de vie. On était vraiment inquiet pour toi. Le Sandaime a refusé de me dire ce que tu faisais, mais affirmait que tu ne courrais aucun risque. Et Inoichi affirmait ne pas savoir ou tu étais, mais j'ai senti qu'il mentait.

- Désolé, sensei. J'étais en chemin quand une vieille dame a soudain surgi devant moi. Elle portait de nombreux sacs, je ne pouvais tout simplement pas la laisser seule. J'ai commencé à l'aider et alors que je la ramenais chez elle, j'ai été attaqué par une troupe de loups. Il a alors fallut que je les sème, mais un magasin en flammes m'a obligé à faire un détour pour sauver le plus de marchandises possible. Le problème, c'est qu'ensuite...

- Je n'ai jamais entendu une aussi mauvaise excuse, fit remarquer le juunin en haussant son unique sourcil.

- Sans vouloir vous offenser, répliqua le blond, c'est exactement ce type d'excuse que vous nous servez à chaque retard.

- Ah... Euh... C'est une très bonne excuse, en fait.

- Je pense écrire un livre sur comment réciter de bonnes excuses. Je vous en donnerais un, si vous voulez.

- Mmh... Il se pourrait que j'y trouve de l'inspiration...

- Vous admettez donc que vos excuses étaient bidons ?

- ...

- C'est bien ce que je pensais !

- Et toi ?

- ...

- Dit le moi, Naruto, si tu as des ennuis. Je pourrais t'aider.

Le blond sourit, et regarda son maître droit dans les yeux. Kakashi retint un frisson. Son regard était si différent de celui qu'il affichait avant: plus profond, plus sage, plus agressif aussi. Trois jours ! Comment pouvait-on changer autant en trois jours ?

- Il y a bien... Quelque chose que j'aimerais demander. révéla le blond

- Quoi donc ?

- Je pense... Je sens que quelque chose se prépare.

''Si tu savais !'' songea Kakashi.

- Et donc, je voudrais, si possible, que vous entraîniez Sasuke.

- Pourquoi ?

- Depuis notre retour du pays des vagues... Sasuke a... changé ! Il a commencé à sortir avec Sakura. Attention, je ne m'en plains pas. Au contraire, je ne l'ai jamais vu aussi épanoui et ouvert à son entourage. Mais depuis ce moment là... Il a commencé à négliger ses entraînements Et j'ai peur que cela ne lui soit dommageable pour l'avenir.

- Que crains-tu ?

Naruto l'ignorait. En revanche, il connaissait un nom capable de faire réagir son maître. Il lui servit donc un mensonge.

- Itachi Uchiwa !

- ...

- C'est le frère de Sasuke, aussi longtemps que les deux serons en vie, une rencontre entre eux deux sera inévitable. Cela se produira, tôt ou tard, et je crains que ce soit au détriment de Sasuke. Il n'est pas assez fort.

- Qu'attends-tu de moi exactement ?

- Vous possédez le sharingan. Il est plus évolué que ceux de Sasuke. Aidez-le à les développer.

- Je dois t'avouer que j'ignore les lois qui régissent cette pupille. Son évolution m'est étrangère. Quand je l'ai acquise, elle était au niveau deux. J'ignore dans quelles circonstances elle a obtenu le troisième magatama. Je n'y ai pas fait attention. Désolé !

- Peu importe. Grâce à lui, il peut apprendre de nouvelles techniques et divers éléments beaucoup plus facilement. Apprenez-lui de nouveaux jutsus. Qui sait, son sharingan évoluera peut-être de lui-même à ce moment là.

Kakashi le fixa, songeur. Oui, Naruto avait mûri de façon radicale. C'en était troublant. Mais ce regard ! Il l'avait déjà vu quelque part, mais où ? Reportant son attention sur le blond, il remarqua que celui-ci le fixait intensément. Il semblait presque l'analyser, le détailler en profondeur. Le ninja-copieur hocha la tête.

- Je devrais pouvoir le faire. Autre chose ?

- Si vous pouviez trouver quelqu'un pour entraîner Sakura également, cela me donnerait meilleure conscience. Ainsi, chacun de nous sera sous tutelle.

Ibiki Morino ! Voilà à qui Naruto lui faisait penser à présent. Cette façon de dire les choses et de faire autre chose, de prévoir plusieurs coups à l'avance, d'obtenir des informations sans avoir l'air d'en chercher. Oui, c'était le même style. De plus, Inoichi Yamanaka était un agent efficace du service d'Ibiki. Service qui se trouvait dans le bâtiment du Hokage ! Kakashi tenta une autre approche.

- Je vais voir ce que je peux faire. Au fait, as-tu été baptisé ?

- Je ne suis pas croyant, répliqua Naruto qui savait parfaitement ce qu'essayait d'apprendre son maître.

- Tu devrais, pourtant. Nous autres shinobis n'avons pas une espérance de vie bien définie.

- Je ne crois pas aux puissances supérieures. Pour moi, il n'y a qu'espoir, joie, amitié, colère, regrets, amertume et ramens.

- Ramens ?

- Oui, ramens.

- J'ai du mal à trouver le lien entre les ramens et le reste.

- C'est mon quotidien, j'en suis toujours rempli.

- Je ne sais pas si c'est drôle ou triste.

- Un peu des deux.

Kakashi sourit, ce qui passa inaperçu.

- On a tous des secrets. Je ne peux pas t'obliger à en parler; seulement t'aider à le supporter.

- Merci, mais ça ira. Vraiment.

- Bon... Seras-tu des nôtres, demain ?

- Normalement oui...

Naruto venait de se relâcher, révélant son état de fatigue. Kakashi s'en rendit compte et n'insista pas. Lui souhaitant de passer une bonne journée, il le laissa sur place. Le blond releva la tête en souriant, c'était un peu trop facile. Était-il devenu si bon qu'il puisse tromper son propre sensei de cette façon ? Non, probablement pas, il l'avait juste eu par surprise. Mais c'était un bon début. Il voulait se reposer, à présent... Dormir ! Il en rêvait presque. Mais pas chez lui, pas maintenant. Pas alors qu'il avait encore toutes ses horreurs en tête. Il ne voulait pas souiller les deux seuls endroits ou il se sentait en paix, à savoir chez lui et sur la tête de pierre de son père sur le mont Hokage. Il lui restait encore un endroit ou il pouvait méditer en paix. Un endroit que les horreurs présentes dans sa tête ne corrompraient pas. Un sanctuaire qui avait vécu tant de monstruosités qu'un peu plus ou un peu moins n'y changerait rien...

Naruto était désormais étendu sur le sol, les yeux fermés dans son ''sanctuaire''. Il s'agissait du temple Nakano, à l'intérieur du quartier Uchiwa. Celui-ci avait été déserté, comme le reste des lieux, et seul Sasuke et, à l'occasion, Naruto, parcouraient encore les rues vides. Mais le blond était le seul à trouver cet endroit apaisant. Qui savait, peut-être son esprit était-il tordu ? Mais cet endroit, qui avait connu de si grandes souffrances, à la suite du massacre des Uchiwa, atténuait ses propres douleurs. Il y avait quelque chose, dans cet endroit, qui l'attirait inexorablement, et ce depuis des années. Depuis la nuit ou il avait rencontré Itachi, en fait. Pourquoi ? Il l'ignorait. Ce qu'il savait, en revanche, c'est que le déserteur lui avait confié une mission importante: protéger son frère. Il faisait de son mieux, mais cela ne suffisait pas, la mission au pays des vagues en avait été la preuve. Il aurait pu mourir, si Haku n'avait pas été leur adversaire. La proposition de Kakashi avait été une aubaine. Mais le temps était contre eux, désormais. Si Sasuke ne devenait pas plus fort rapidement, il risquait de se confronter à une personne qu'il ne pourrait vaincre. Naruto soupira de dépit.

- Je savais bien que tôt ou tard tu pointerais le bout de ton nez par ici.

Sasuke ! Sans se redresser, Naruto le regarda. De toute évidence, ils semblaient presque aussi fatigués l'un que l'autre. Mais le blond ne s'en souciait pas, préférant observer son ami. Depuis le tout début, ils avaient été presque comme des frères. C'était la tragédie qui les avait réuni, la mort de tout un clan. Itachi, encore une fois, était le lien entre son passé et son présent. Son passé... Au cours des trois derniers jours, Ibiki avait involontairement fait ressortir les souvenirs de son enfance.

- Je viens d'arriver, expliqua Naruto. Je voulais me détendre un peu, avant d'aller me coucher.

- Il est huit heures du matin.

- J'ai passé une trèèèèèès longue journée... répliqua le blond dans un bâillement.

- Mouais... Heureusement que nous n'avons pas de missions aujourd'hui. Kakashi a annoncé qu'il y aurait quelque chose de différent aujourd'hui. C'est la première fois qu'il se présente lui-même chez nous aussi tôt.

- Vraiment ? Bonne chance alors... Moi... J'irai me coucher...

- Dis, Naruto... Tu étais ou, tout ce temps ?

- Ah... Bonne question...

- Tu ne me répondras pas, n'est-ce pas ?

- Non...

Sasuke sourit, avant de s'asseoir à coté du blond. Il aurait répondu la même chose, si on lui avait posé la question. Tous deux restèrent ainsi, immobile, pendant plusieurs longues minutes. C'était un rituel auquel ils se livraient quand ils étaient réunis dans le temple. Lentement, Naruto se releva et se mit dos à dos avec son frère de cœur. Appuyé l'un contre l'autre, tous deux regardèrent le plafond. L'Uzumaki se mit alors à parler.

- Tu sais, au cours de ces trois jours, j'ai appris... Beaucoup de choses... J'ai retrouvé... Des souvenirs... D'avant... D'avant tout ça (il fit un large mouvement du bras pour englober tout ce qui l'entourait). Je me rappelle... De certaines choses...

Sasuke était attentif. C'était la première fois que son ami se confiait à qui que ce soit. Lui, d'ordinaire si souriant, ne parlait jamais de lui-même à quiconque. Il était secret et mystérieux. Le Hokage lui-même ignorait ce que le blond allait à présent lui révéler. Il espérait seulement que Naruto ne s'endorme pas durant son récit.

- Je ne me souviens toujours pas de grand chose... Qui date d'avant l'âge de mes deux ans... Je ne sais pas comment j'ai vécu avant cette période... Mais je sais que les renards ont été mon salut... Mon premier vrai souvenir a été... Une chasse. Je me rappelle avoir chassé, souvent... Chaque jour, je chassais... Plusieurs fois par jour... Pour me nourrir... Au début... C'était de petits rongeurs... Des mulots ou des taupes, la plupart du temps... Je les mangeais cru, tu sais... A l'époque... Je ne trouvais pas ça mauvais... Quand j'ai découvert qu'on pouvait manger la nourriture chaude et cuite... Je n'en revenais pas...

Sasuke sourit distraitement, pourtant son esprit hurlait. Était-il vraiment possible de survivre à une telle vie ? Naruto continuait son récit.

- Petit à petit... J'ai grandi... Mes proies devenaient de plus en plus grosses et de plus en plus nourrissantes... Des cerfs et des sangliers... Les hivers arrivaient... Rudes... et contrairement à mes parents renards, je n'avais pas de fourrure. Mais j'avais des cheveux épais... A l'âge de quatre ans, ils étaient tellement longs qu'ils pouvaient me recouvrir la totalité du corps... Lorsque le besoin et la température s'en faisaient sentir. J'ai appris à penser comme un animal... Comme un prédateur... Mais malgré tout, j'ai commencer à remarquer... Que j'étais différent...Que si je pensais comme un renard, je n'était pas l'un d'eux... Pourtant, j'aimais cette vie... Et puis... Je l'ai rencontré...

Rencontré ? De quoi parlait Naruto ? Cela devenait intéressant.

''A quoi tu joues Naruto ?'' grogna Kurama. ''Tu ne peux pas lui parler de moi aussi simplement. Contrôle ta langue !''

''Je ne comptais pas parler de toi... Pas en tant que toi, en tout cas...''

''...''

- Une femme... Humaine... C'était la première fois que je rencontrais un de mes semblables... Je ne savais pas comment réagir... Ni comment communiquer avec elle... Pourtant... Elle... Elle parvenait à communiquer avec moi... Je comprenais ce qu'elle disait... Et elle comprenait mes pensées, ou mon comportement peut-être... C'est elle qui a fait de moi ce que j'étais... Quand j'ai été ramassé... Dans la forêt... Naruko Benihime... C'était son nom... Elle m'a appris de nouvelles méthodes... De traque... Et à partir de ce moment là, j'ai commencé un nouveau type de chasse... La chasse à l'homme. Je trouvais... Grâce à mon flair... Les hommes qui sentaient le sang... Et je les tuais. Des dizaines... Des centaines... Toujours plus... Pour moi, ce n'était pas différent que de prendre la vie à un animal... A peine plus excitant...

Sasuke s'était raidit. A cette époque, il avait quel âge ? Six ans ? Sept ? Et cette Naruko Benihime... Qui que ce fut, elle ne pouvait être qu'une personne d'une immense cruauté, pour ainsi se servir d'un enfant et lui apprendre à tuer. Il la trouverait, foi d'Uchiwa, et lui ferait payer. Même si pour ça il devait la tuer. Naruto sentit sa colère, et continua:

- Ce n'est pas ce que tu crois... Elle était une personne gentille... Elle a vécue de la même manière que moi, dans son enfance... Mon prédécesseur, en quelques sortes... Elle est... Comme une grande sœur... Pour moi... Tu verras si tu la rencontres... Elle te plaira... Je crois...

Kurama observait le mensonge se tisser. Elle vérifiait tout, pour s'assurer qu'il n'y ait pas de contradictions. Tout était vrai, jusqu'à présent. Mais le personnage de Naruko la remplaçait dans ce récit. Quelle ironie ! Elle aurait presque été jalouse de cette personne, dont son aimé parlait avec tant de ferveur, s'il ne parlait pas d'elle à travers lui. Sasuke écoutait sans l'interrompre. Naruto approchait de la partie qu'il désirait le plus entendre: la nuit de leur rencontre ! Celle du massacre du clan Uchiwa qui n'a laissé que deux membres vivants, le coupable, et son unique frère.

- Elle m'a formée et m'a apprit... à reconnaître la présence de shinobis... A les éviter... Jusqu'au jour... Ou elle a décrété que ce serait bénéfique pour moi... De retourner à la civilisation... Une équipe de Konoha travaillait justement à me trouver... Je lui ais obéi... Et me suis fait capturer, comme voulue par ma tutrice... J'ai été conduit au village... Et là...

Le corps de Naruto se détendit. Il semblait s'être apaisé. Sasuke attendit la suite, qui ne vint pas. Le souffle, calme et régulier, qui s'entendait derrière lui, lui fit comprendre que son ami blond s'était endormi. Le brun soupira, de dépit et de soulagement. Le récit avait été éprouvant à entendre, mais la partie qu'il avait le plus attendu, celle qui était lié à sa raison d'être, n'avait pas été raconté. Ce n'était de toute évidence pas pour aujourd'hui. Tant pis ! Avec précautions, il se dégagea et allongea Naruto à plat sur le sol. Il semblait avoir eu de fortes émotions, ces derniers jours. Personne n'aurait pu lui reprocher d'avoir craqué. Sasuke se doutait qu'un événement particulièrement violent avait déclenché le brusque retour de ces souvenirs. Mais quoi donc ? Il n'en avait pas la réponse. Frottant distraitement les cheveux du blond, qui se mit à ronronner dans son sommeil, le brun se décida à partir au rendez-vous donné par Kakashi.

Inoichi Yamanaka faisait les cent pas dans le hall de sa demeure. Il attendait quelqu'un qui lui devait des explications. Il avait été impossible à contacter pendant plus de trois jours et ce, malgré les nombreuses tentatives du blond pour le voir. Oh, celui qu'il cherchait ne se cachait pas, au contraire. Il était seulement trop haut dans la hiérarchie pour prendre la peine de lui répondre avant qu'il n'ait terminé ce qu'il devait faire. Mais à présent que son travail était achevé, il avait des comptes à lui rendre et il avait intérêt à lui donner de bonnes raisons. Cela faisait déjà vingt minutes qu'il attendait, et son supérieur était en retard. Inoichi était d'ailleurs surpris que la réunion se passe chez lui. Il n'était pas sûr de savoir si c'était une bonne chose ou non. A défaut de quoi le chef Yamanaka attendait, faisant inlassablement des aller-retours de l'entrée au salon. Après encore cinq minutes d'attente, quelqu'un toqua à la porte, faisant sursauter le blond plongé dans ses réflexions. Il ouvrit, révélant Ibiki Morino derrière le battant. Celui-ci semblait à la fois amusé par la situation, et légèrement agacé. Sans demander de permission, il entra dans la demeure et se dirigea vers le salon, avant de s'installer dans le fauteuil le plus proche. Inoichi fit de même. Les deux hommes se fixèrent en silence pendant une longue minute.

- Puis-je connaître la raison de cet entretien ? Demanda Ibiki.

- Vous le savez très bien, Ibiki-sama. C'est au sujet de Kitsune-san.

- Ah oui, très bon élément. Je ne regrette vraiment pas que tu me l'ais présenté.

- Justement, j'avais précisé que je ne vous le laissais que pour deux ou trois heures, pas deux ou trois jours. J'ai du faire face à des questions indélicates pendant ce laps de temps.

- Ah, ça... Je suis sur que vous vous en êtes sortis à merveille.

- Là n'est pas le problème. Personne ne s'absente aussi longtemps sans raison.

- Certes, mais dans ma politique d'embauche, c'était une nécessité.

Inoichi fronça les sourcils.

- Avez-vous changé de méthode ? Je ne me rappelle pas que cela durait si longtemps de tester un nouveau.

- En tant normal, cela ne prend effectivement que deux ou trois heures. Ce qui était le temps que vous me l'avez laissé. Je suppose que vous vous êtes basé sur votre expérience personnelle.

- En effet.

- Mais le cas de Kitsune-san était différent. Sa résistance mentale, alliée à ses pouvoirs et à sa quantité de chakra phénoménale, ont fait que le pousser jusqu'à ses limites m'a prit ce laps de temps.

- Trois jours ?

- Impressionnant, n'est-ce pas ?

- Plutôt, oui...

Malgré les circonstances, Inoichi ne pouvait s'empêcher de ressentir du respect pour Naruto. Supporter les plans sadiques d'Ibiki les uns après les autres pendant presque quatre jours. De plus, sachant que chacun d'eux était pire que le précédent, la difficulté augmentait de manière exponentielle. Pour avoir supporté la pression aussi longtemps, l'Uzumaki devait être une force de la nature, plus encore que ce qu'Inoichi s'était imaginé. Mais demeurait encore une zone d'ombre.

- Et concernant le choc ?

- Ah oui, le choc émotionnel résultant de la prise de conscience sur ce dont est capable la nature humaine. Il s'en est remarquablement bien sortit. Quatre-vingt-six heures pour y succomber, à peine une heure pour s'en remettre et s'y remettre. Au total, il aura fallut quatre-vingt dix heures avant que sa fatigue physique et mentale ne soit trop forte pour continuer sur sa lancée.

- Dans mon cas, se souvint Inoichi, le choc s'était produit en une heure et il m'avait fallut au moins deux heures pour m'en remettre. Après quoi, il m'a fallut presque une semaine pour recommencer.

- C'est la moyenne, confirma Ibiki. Le meilleur résultat jusqu'ici avait été onze heures pour succomber au choc, une heure trente pour s'en remettre et trois jours pour avoir le courage de recommencer les interrogatoires. Naruto Uzumaki a littéralement explosé le record précédent.

Inoichi se raidit imperceptiblement sous l'œil amusé d'Ibiki.

- Tu ne croyais tout de même pas que son identité me serait dissimulé bien longtemps ?

- Comment avez-vous compris ?

- Les indices étaient évidents. Pour faire court, les fiançailles de ta fille ont été la base de tout. A partir de cette information, il était facile de remonter jusqu'à Kitsune, alias Naruto.

- J'aurais du prendre plus de précautions, marmonna Inoichi.

- Oh, mais je suis pratiquement persuadé que Naruto savait ce qu'il faisait. Je suis même certain qu'il voulait que je sache qui il était, sans pour autant que nous nous présentions officiellement.

- Pourquoi aurait-il fait une chose pareille ?

- Qui sait ? Peut-être pour que je n'ai pas à écrire de rapport officiel sur ses capacités. Malgré son jeune âge, il semble quelqu'un de très réfléchi.

- Je l'avais également remarqué.

Ibiki hocha la tête, songeur.

- C'est un genin, donc... Selon toutes probabilités... Il participera aux prochains examens chuunin dont, il se trouve, j'ai la charge d'organiser la première épreuve. Il semble que j'aurais à relever quelque peu le niveau de l'examen.

Inoichi frissonna. Si Ibiki décidait de s'y mettre sérieusement, les pauvres genins risquaient de ne jamais s'en relever...

Sur leur terrain d'entrainement habituel, Sasuke et Sakura attendaient le retardataire de Konoha, aussi connu sous le nom de Kakashi. Cela faisait une heure qu'ils attendaient. Sachant que la moyenne du retard était de quatre heures, le brun se demandait encore pourquoi il prenait la peine de venir à l'heure. Peut-être pour passer du temps avec sa petite-amie aux cheveux roses. Il prenait avec plaisir chaque moment qu'ils pouvaient avoir ensemble. Ce fut toutefois avec une certaine surprise qu'il vit Kakashi se présenter après seulement une heure et demi d'attente. Sasuke se demandait si c'était un bon ou un mauvais présage. Le ninja copieur s'approcha de ses deux élèves.

- Bien, à partir d'aujourd'hui, nous allons commencer à organiser des entraînements individuels.

- Quel genre d'entrainement individuel ? Demanda Sakura

- Du genre qui vous sera bénéfique si vous veniez à vous retrouver seul.

- Que faisons-nous ? Interrogea Sasuke.

- Toi, Sasuke, je t'entraînerais personnellement. Seul un Uchiwa peut en entrainer un autre, mais à défaut, je pourrais faire l'affaire. En ce qui te concerne, Sakura, j'ignore quel type de kunoichi et quel style de combat tu as l'intention de développer. Au mieux, je peux seulement t'aider à renforcer tes bases.

Malgré elle, Sakura se sentit inutile. Jusqu'à présent, tout ce qui comptait pour elle, c'était de passer du temps avec Sasuke. Elle n'avait jamais songé à son avenir, vivant presque au jour le jour. Mais désormais, elle se demandait si elle avait une véritable raison de continuer dans le monde shinobi. Mais malgré tout, par dessus tout, ce qu'elle voulait, c'était passer du temps avec Sasuke. Mais son désir était-il compatible avec son travail ? Elle espérait de tout cœur que oui.

- C'est pour cette raison, continua Kakashi, que je t'ai organisé un stage à l'hôpital. A partir de maintenant, je ferais en sorte que tu te trouves un style qui te sois propre.

- Hai, Kakashi-sensei, fit Sakura avec soulagement.

Peut-être que c'était compatible, finalement.

- Bien, dans ce cas va à l'hôpital, décida Kakashi. Tu as rendez-vous il y a cinq minutes.

- Kakashi-sensei, s'exaspéra la rose. Vous êtes vraiment le pire...

Et elle partit en courant. Le ninja-copieur releva son bandeau, révélant son sharingan. Sasuke activa les siens.

- Parfait, s'exclama le shinobi. Nous pouvons commencer...

Dans le bureau du Hokage, une femme aux cheveux violets et au visage d'enfant se tenait debout face au Sandaime. Vêtue d'un long manteau flottant beige, elle était venue pour faire son rapport à son supérieur. Hiruzen, pour sa part, lisait le compte rendu de sa juunin.

- Bien, fit-il. Excellent même. Bon travail, Anko.

Anko Mitarashi sourit. Elle était satisfaite d'elle-même. Le Sandaime était la seule personne qui l'avait accepté pour ce qu'elle était, en dépit de son passé. Elle lui devait beaucoup. Hiruzen continua:

- Toutefois, je suis au regret de t'annoncer que cela risque d'être insuffisant.

La juunin se raidit. Elle n'aimait pas décevoir son Hokage. Hiruzen sourit, cependant.

- Ce n'est pas ta faute, Anko. Un élément externe est intervenu durant la mise en place de ta mission, nécessitant une possible modification.

- Quel est cet élément ?

- La seconde épreuve des examens chuunin consiste à récupérer deux rouleaux de parchemins et à parcourir la forêt de la mort. Autant le second point ne me dérange pas, je suis persuadé de la sécurité des candidats, autant le premier point risque de ne pas suffire.

- Pourquoi ?

- Tu as écrit que les parchemins contiennent un sceau d'invocation signé par un examinateur et que celui-ci ne validera la participation d'une équipe que si celle-ci est arrivée à la tour centrale de la forêt de la mort. En elle-même, l'idée était bonne, mais il se trouve que parmi les genins de la nouvelle génération, il y a un maître des sceaux.

- Vraiment ? fit Anko, surprise par cette affirmation.

- Oui. Et pas n'importe lequel, cette maîtrise est un don héréditaire. Un simple contact avec un des parchemin de l'épreuve lui permettra de savoir ce qu'il contient, ainsi que l'effet du sceau. Il sera donc en mesure de fabriquer son propre parchemin à partir d'un simple toucher.

- Comme les Uzumaki ?

- Précisément. Après tout, il est de ce clan, lui aussi.

C'était une véritable surprise. L'histoire du clan Uzumaki n'était un secret pour aucune personne ayant des connaissances en sceaux. Ce clan avait été décimé il y avait un peu plus de vingt ans à cause de son incroyable potentiel héréditaire. La rumeur courait que des survivants avaient survécu au massacre, mais il n'y avait jamais eu quoi que ce soit de concret.

- Tu n'es pas obligé de modifier l'épreuve, poursuivit Hiruzen. Cela donnera un léger avantage à cette équipe, si elle devait s'inscrire à l'examen et réussissait à passer la première épreuve. Les possibilités sont minces, donc je te laisse le choix. Tu peux laisser l'épreuve intact, ou alors la modifier. A toi de choisir.

Anko eut un sourire sadique.

- Je vais la modifier. Il n'est pas question de laisser l'avantage à quiconque. Je vais être obligé de hausser légèrement le niveau de l'épreuve, mais ce sera pour la bonne cause.

- Bien, tu peux disposer.

La juunin hocha la tête en s'en alla. Hiruzen soupira. D'abord Ibiki Morino. Ensuite, Anko Mitarashi. Deux des plus grands juunin de Konoha. Tous deux organisaient une épreuve de l'examen chuunin. Et les deux avaient décidés d'augmenter le niveau. Naturellement, aucun des deux n'était au courant de ce que l'autre avait organisé. Mais le pire, dans cette histoire, c'était que tout cela avait été provoqué par une seule personne. Un simple genin. Naruto Uzumaki. Depuis qu'il était devenu Hokage, jamais une personne n'avait causé autant de remue-ménage en si peu de temps. Naruto, depuis qu'il avait été recueilli au sein du village, n'avait jamais cessé d'être la cause de changements radicaux sans même en avoir conscience. Et il continuait. En tant normal, Hiruzen n'aurait pas accepté de modifier les épreuves de l'examen chuunin, pour quelque raison que ce soit. Mais cette fois, il s'agissait de Naruto Uzumaki. Son existence, toute sa vie, était nimbé de mystère. Le Hokage lui-même ne possédait que quelques informations sur le blond. Et chacune d'entre elles apportaient plus de questions que de réponses. C'était une véritable frustration. D'autant que Hiruzen adorait le blond. C'était pourquoi il autorisait la modifications des épreuves. Il voulait avoir un aperçu des véritables capacités de son protégé. L'examen chuunin était le meilleur moyen de gagner quelques informations sur Naruto. D'une certaine façon, le Sandaime était excité. Mieux, il avait hâte. Et il ne doutait pas que Kakashi inscrirait son équipe...

Naruko se réveilla en sursaut. Cela commençait à devenir une habitude de changer de sexe pendant son sommeil. Mais elle ne s'en inquiétait pas. La rouge n'avait conscience que d'une chose: elle avait chaud ! Ce n'était pas une maladie, non, c'était autre chose. Son corps irradiait la chaleur. Son souffle, court, produisait un petit nuage de vapeur à chaque expiration. Le sang colorait son visage d'une délicate teinte rosée. Le frottement de ses vêtements sur son corps en sueur lui fit pousser un gémissement. De l'excitation ! Son corps entier frémissait d'excitation. Plus exactement, il irradiait de désir. Cette sensation lui était totalement étrangère, mais pourtant si familière. Naruko se traîna péniblement sur le plancher du temple, le corps tremblant. Elle s'adossa contre le mur.

"Kurama, que m'arrive-t-il ?"

"Désolé..."

"Oh non, ça recommence ! C'est quoi cette fois ?"

"Je t'en avais déjà parlé, Si tu restes trop longtemps en homme, il y a un contre-coup dans ton corps de femme. C'est une réaction hormonale."

"Il manquait plus que ça..."

"Il y a eu toutefois un effet secondaire que je n'avais pas envisagé."

"Ah ouais ? Lequel ?"

"Quand tu as parlé de ton passé, tu m'as... Rappelé les douze années d'abstinence sexuelle que j'ai passé dans ton corps. Du coup, mes hormones ont réagi avec violence, ce qui a entraîné la réaction des tiennes."

"Donc, si je comprend bien... Tu es en train de me dire que je suis en chaleur ?"

"En quelques sortes."

"Génial... Il ne manquait vraiment plus que ça. Bon maintenant, dit-moi comment je calme le jeu."

"..."

"Kurama..." menaça Naruko.

"Tu ne vas pas apprécier." murmura le Kitsune.

"Ce n'est pas ce que je t'ai demandé. Je veux savoir comment je dois régler la crise que traverse mon corps."

"C'est évident, tu dois juste lui donner ce qu'il demande."

La rouge le devint encore plus.

"Pas moyen !"

"Dans ce cas..."

"Quoi ?"

"Tu resteras dans cet état."

"Pas moyen !" répéta le Benihime, tremblante. "J'aurais préféré ne pas le savoir."

"Je t'avais prévenu."

"Garde tes réflexions personnelles pour toi et dit moi plutôt ce que... (Naruko déglutit) Je suis censé faire."

Kurama gloussa.

"Que de pudeur ! Bon, tu dois stimuler les parties sensibles de ton corps."

"Qui sont ?"

"Tu n'en as vraiment pas la moindre idée ?"

"Pas moyen !" persista la rouge avec véhémence, tandis que la sueur perlait de son corps et humidifiait ses vêtements.

"Fais comme tu veux. Tu sais quoi faire, si jamais tu changes d'avis..."

Le Kitsune se tut, laissant Naruko seule avec elle-même.

- Quelle journée de merde ! s'exclama-t-elle.

Elle ne pouvait pas rester ici. Elle ignorait l'heure qu'il était, mais Sasuke pouvait revenir à tout moment. Et pas moyen de se balader dans les rues de Konoha dans son état actuel. Même si personne ne la reconnaîtrait ce serait beaucoup trop embarrassant ! L'idée lui vint finalement, alors qu'elle se trémoussait sur place pour tenter de calmer ses pulsions. D'un unique signe de la main, Naruko activa le Hiraishin et se téléporta chez elle. Elle réapparut sur son lit, ou l'un des kunaïs était posé.

Lemon:

Refusant de voir ce qu'elle s'apprêtait à faire, la rouge plongea la tête dans son oreiller. Puis, avec une hésitation fortement teintée d'appréhension, elle commença à baisser son pantalon, lentement. A genoux, les fesses pointant le plafond, elle le fit glisser, ainsi que sa culotte, jusqu'à ses chevilles. Puis, d'une main tremblante, elle s'approcha de sa partie la plus intime qui, en la circonstance, lui était totalement inconnue. Du bout des doigts, elle toucha les grandes lèvres, déjà gonflées de désir. Aussitôt, son corps fut intégralement parcourut par un spasme de plaisir. Quelle sensation enivrante !

Enhardie par son succès premier, la rouge entreprit de caresser, et ainsi de découvrir, l'intérieur de son entrejambe. Sa main libre remonta le long de son ventre, jouant afin de découvrir des sensations nouvelles, avant d'atteindre ses seins, dépourvus de soutien-gorge, qui durcissaient déjà. Elle malaxa le premier, lui retirant un gémissement de plaisir. Son autre main venait de découvrir une légère protubérance, le clitoris, et le pinça légèrement. Ce fut pratiquement un hurlement qui sortit de la bouche qui sortit de la bouche de Naruko, à peine étouffé par l'oreiller, tant la sensation était exquise. Elle continua ainsi, se pinçant les tétons, rentrant délicatement un doigt dans sa féminité, jusqu'au moment ou son corps se cabra dans un orgasme qui la fit vibrer. Haletante, elle se mit sur le dos. Cela faisait environ vingt minutes qu'elle avait commencé. Malgré la longue séance de délicieuse torture qu'elle venait de faire, elle n'était toujours pas satisfaite. Aussi, Naruko le souffle toujours aussi court, recommença.

Lemon, fin...

Le schéma se répéta ainsi six fois. Prise dans le tourbillon des sensations nouvelles, deux heures passèrent, sans que Naruko ne parvienne à s'arrêter. La rouge, insatiable, n'arrivait pas à comprendre pourquoi son excitation n'était pas retombée. Et évidemment, Kurama ne répondait pas à ses demandes. Comme par hasard ! Dans un éclair de lucidité, la Benihime stoppa tout. Inspirant un bon coup, elle se rhabilla. Son corps était toujours aussi tremblant, n'attendant qu'une chose, qu'elle se remette à sa masturbation. Mais elle ne le ferait pas. Non, Naruko avait trouvé une alternative. Ça allait marcher. Il fallait que ça marche. La rouge s'avança d'une démarche trébuchante vers une commode et en sortit un rouleau de parchemin. D'un mouvement saccadé, elle l'ouvrit et le posa à plat sur le sol, révélant un sceau. Inspirant à fond, elle posa sa main en son centre et l'activa. Les symboles complexes s'illuminèrent d'une couleur dorée, avant de reprendre son apparence d'origine. Le parchemin resta inerte. S'adossant péniblement contre le mur, la Benihime garda les yeux fixés sur un point imaginaire, quelque part au centre de la pièce. Plusieurs secondes passèrent, sans que rien ne se produise. Alors que Naruko pensait qu'il n'y aurait finalement pas de réponse, il y eut une petite explosion de fumée blanche. Une silhouette était discernable en son cœur.

De long cheveux noirs, des yeux noisettes, un éternel kimono de femme... Haku Yuki venait d'apparaitre ! Il cligna des yeux, tentant de se situer. Il repéra rapidement l'élue de son cœur.

- Naruko-chan. Ça me fait plaisir de te...

Il s'interrompit en voyant l'état de sa bien-aimée. Elle avait le visage rouge, les yeux fiévreux et le corps trempé de sueur. Paniquée, il se précipita vers elle.

- Mon Dieu, qu'est-ce qu'il t'arrive ? Tu es malade ?

- Nnn-non...articula la rouge d'une voix haletante. C'est... Autre chose...

- Quoi ? Dis-le moi. Je peux peut-être de venir en aide.

- Je n'en doute... Pas une seule seconde. Mais la situation est plus complexe... Que tu ne le penses...

- Pourquoi ? De quoi souffres-tu ?

- De... De manque...

Haku la regarda avec scepticisme.

- Tu es accro à une substance ?

- On peut dire ça comme ça... Mais c'est plus compliqué que cela n'y paraît...

- Je t'en prie, explique moi ! Ne pas savoir quoi faire pour te venir en aide est une torture.

Naruko sourit faiblement.

- Tu te souviens de ce que je t'ai dit... À propos des spécificités de mon corps ?

- Oui. La présence de certaines hormones transforment ton corps soit en femme, soit en homme. Mais tu peux également modifier volontairement ta propre apparence.

- Oui... Mais il y a d'autres éléments intervenants. Ces mêmes hormones, si mon corps venait à les produire... Cela rendrait mon corps... Instable... Emplie d'un désir incontrôlable. Je suis face à l'inconnu, Haku... Et ça me fait peur...

Le Yuki s'était figé, en comprenant le problème de son amour. Il voulait l'aider, sincèrement. Mais pouvait-il prendre la responsabilité de faire ce que Naruko attendait de lui ? Comme elle, il avait peur. Peur des conséquences de cet acte, ou de ce non-acte selon son choix. Accepter ou refuser... Que choisir ? Le brun et la rouge étaient presque collés l'un à l'autre. Haku pouvait sentir le souffle chaud de la jeune femme dans sou cou. Il n'avait qu'une envie: la serrer dans ses bras et faire ce qu'elle demandait. Mais il craignait une chose, cependant: qu'elle ne lui pardonne pas une fois qu'elle aurait repris pleinement ses esprits.

''C'est décidé !'' conclut Haku. ''Je ne lui ferais rien. Il est hors de question que je cède et que j'embrasse ses lèvres pulpeuses... Non, je ne dois pas m'égarer. Il faut que je me concentre sur autre chose... Qu'est-ce que ses cheveux sont doux et soyeux ! Et son parfum... Non, non. Je ne dois surtout pas... L'embrasser !''

Naruko approcha sa tête plus près encore de celle de Haku et leurs lèvres se scellèrent dans un baiser. L'esprit du Yuki se vida de toutes pensées. Le brun attrapa sa partenaire par la taille. La rouge le propulsa sur le lit, avant de lui sauter dessus. Elle arracha les vêtements de son compagnon, comme elle aurait déchiré une feuille de papier. Sans plus de cérémonie, elle fit de même avec les siens.

Lemon:

Des lambeaux de tissus s'étaient éparpillés dans toute la chambre. Haku se dit subitement qu'aucun de ses pouvoirs de glace n'aurait été en mesure de calmer le feu qui la consumait. Depuis le début, il avait été vain de tenter de la raisonner. A présent, il était hypnotisé par les seins fermes qui se présentaient au dessus de lui. Il leva une main hésitante et Naruko poussa un soupir de frustration.

- Quel empoté ! se plaignit elle.

Elle prit sa main dans les siennes et la plaqua sur son sein. Dans le même temps, Naruko s'appliqua à masturber la virilité de Haku. Petit à petit, celui-ci prit confiance en lui et se leva légèrement pour embrasser passionnément la rouge, qui poussa un gémissement de plaisir. Délaissant son activité précédente, la Benihime souleva ses hanches avant de se laisser retomber sur la verge du Yuki, qui étouffa un grognement d'excitation. Naruko se permit aussi un frémissement de satisfaction, quand le membre palpitant pénétra profondément en elle. Lentement, elle fit des va et viens, se délectant de la sensation produite. Haku s'assit et la rouge en profita pour encercler son torse de ses jambes. Haku joignit ses coups de hanches à ceux de la jeune femme. Leurs gémissements se firent de plus en plus insistants à mesure que leurs ébats duraient. Leur corps, en parfaite harmonie, se cabrèrent simultanément, le visage du Yuki dans le cou de la Benihime. Le jeune homme ne vit donc pas les yeux de Naruko virer du rubis à l'écarlate et ses pupilles se fendre durant l'instant que dura la jouissance. La jeune femme, pour sa part, semblait enfin repue. Ses pulsions sexuelles s'étaient calmées. Epuisée, la rouge s'endormit dans les bras de Haku qui, sous son poids, s'écrasa sur le matelas moelleux et la suivit dans le monde des rêves...

Lemon, fin...

L'entrainement de Sasuke durait depuis quatre heures déjà. Kakashi avait compris que la première chose à faire, c'était d'augmenter l'endurance de son élève. En effet, ses sharingans avaient tendance à réduire rapidement ses réserves de chakra. Le ninja copieur estimait donc comme prioritaire de l'habituer à la fatigue physique et mentale entrainée par l'utilisation prolongée de cette pupille. De fait, il le faisait courir, sharingans activés, tout en évitant les divers pièges qui se dressait sur sa route. Le second point était facultatif, étant donné que le dojutsu anticipait la plupart d'entre eux, mais cela permettait à Sasuke de coordonner ses réflexes avec l'anticipation de mouvements que lui procurait le sharingan. Kakashi avait remarqué que le taijutsu de l'Uchiwa était relativement peu développé, comparé à son ninjutsu. Et l'éveil de son don héréditaire faisait de lui un maître du genjutsu naturel. Le combat au corps à corps était donc ce qu'il fallait améliorer en premier. Et le ninja copieur était décidé à lui apprendre une technique particulière dès que son endurance physique serait suffisante. D'ici encore deux ou trois semaines, probablement. Un aigle traversa le ciel, captant l'attention de Kakashi.

''Pfff... Maintenant ?''

Soupirant, Kakashi interrompit l'entrainement de son élève, à son plus grand énervement, qui se traduisit chez lui par un froncement de sourcils. Le Hatake se rendit au bureau du Hokage, tout en se demandant ce que pouvait lui vouloir le chef du village. Il n'était toutefois pas au courant que partout, à travers le village, la totalité des juunins en charge d'une équipe de genin étaient convoqués en même temps que lui.

Dans le bureau du Hokage, une quinzaine de juunins de Konoha étaient au garde à vous, devant le Sandaime et attendaient des instructions. Un seul d'entre eux était en retard. Hiruzen, comme le reste des personnes présentes, y étaient habitués. Après à peine une demi-heure d'attente, Kakashi se présenta enfin. Un record ! Soupirant, le Sarutobi se leva.

- Si je vous ai réuni aujourd'hui, c'est pour vous annoncer le commencement prochain de l'examen chuunin. Dans dix jours, pour être précis.

Aussitôt, un brouhaha monstre s'éleva parmi les juunins. Certains étaient surpris, d'autres non. Mais tous étaient excités. Hiruzen laissa les commérages continuer quelques minutes, avant de toussoter pour ramener le silence.

- Oui, je sais. Vous avez tous hâtes de voir les progrès de vos genins respectifs et de les comparer aux plus jeunes générations. Je tiens cependant à préciser que le niveau chuunin de cet année sera particulièrement élevé. Deux des trois examinateurs ont fait des leurs. Donc, s'il vous plait, je tiens à ce que vous réfléchissiez pleinement avant d'inscrire vos équipes. Les accidents seront nombreux, cette année, je peux vous le garantir. Je ne tiens pas à devoir écrire de lettres de condoléances à des familles en deuil. Alors, des inscriptions ?

Après quelques minutes de silence, pour la forme, les équipes, par ordre numérique, se firent inscrire par leur juunin respectif. Cinq des six premières équipes furent inscrites, puis vint le tour de Kakashi de s'exprimer.

- Moi, Kakashi Hatake, recommande Sakura Haruno, Sasuke Uchiwa et Naruto Uzumaki, en tant qu'équipe de genin n°7, à participer à l'examen chuunin.

Hiruzen sourit. C'était l'équipe qu'il voulait le plus voir à l'œuvre. Les inscriptions continuaient.

- Moi, Kurenaï Yuhi, recommande Shino Aburame, Hinata Hyuga et Kiba Inuzuka, en tant qu'équipe de genin n°8, à participer à l'examen chuunin.

- Moi, l'ombrageuse panthère de jade de Konoha Gaï Mato, recommande Neji Hyuga, Lee Rock et Tenten, en tant qu'équipe n° 9, à participer à l'examen chuunin.

- Moi, Asuma Sarutobi, recommande Choji Akimichi, Shikamaru Nara et Ino Yamanaka, en tant qu'équipe de genin n°10, à participer à l'examen chuunin.

La surprise fut générale. Il était très inhabituel de voir toute la nouvelle promotion d'une année participer à un examen chuunin. La dernière fois que c'était arrivé, c'était dix ans et dix-neuf examens plus tôt. En tout, treize des quinze équipes de genins allaient participer.

- Bien, déclara Hiruzen. Puisque tout à été dit, il ne vous reste qu'à donner les formulaires d'inscription à vos équipes...

Le lendemain matin, Naruko se réveilla dans les bras de Haku sans trop savoir ce qu'elle faisait là. Les souvenirs de la veille lui revinrent brusquement en mémoire, et elle se sentit devenir pivoine.. Le moins qu'elle put dire, c'était que ça avait été chaud. Reprenant son apparence masculine, Naruto partit prendre une douche. Il prit ensuite des vêtements propres et s'habilla. Lorsqu'il revint dans la chambre, le Yuki dormait toujours. Songeur, le blond lui jeta une couverture pour dissimuler son corps nu. En tant qu'homme, cela le gênait un peu d'avoir à observer un tel spectacle. Mais il fallait qu'il ait une conversation avec le brun efféminé le plus tôt possible. Soupirant, il regarda l'heure, onze heures. Techniquement, il était en retard de deux heures pour le rendez-vous matinal de son équipe. Mais comme Kakashi n'arrivant jamais avant midi, il avait encore de la marge. Comme Haku ne semblait pas décidé à se réveiller dans l'immédiat, Naruto se prépara donc à partir. S'équipant, il laissa un mot à son ami pour le prévenir de son retour prochain. Après quoi, il se rendit à Ichiraku Ramens pour prendre son petit déjeuner. Midi moins quinze, il était temps de se présenter au rendez-vous. Se frottant les yeux, il rejoignit Sasuke et Sakura qui étaient déjà sur place, s'enlaçant tendrement, oublieux du monde.

- Vous êtes en retard ! fit la rose d'une voix distraite.

- Tu me vouvoie depuis longtemps, Sakura ? répliqua l'Uzumaki.

- Naruto ! s'écria-t-elle avec surprise. Désolé, je croyais que c'était Kakashi-sensei. Mais ou étais-tu passé ? On avait plus de nouvelle de toi depuis plusieurs jours. Qu'est-ce que tu faisais ?

- Je n'ai pas le droit d'en parler. Et vous, vous avez fait quoi durant tout ce temps, vous deux ? A part fricoter, ensemble ?

- On ne fricotait pas ensemble ! Protesta Sasuke avec véhémence.

- D'accord, mais sinon ?

- Quelques missions, comme d'habitude. Oh et Kakashi nous a préparé un programme d'entrainement spécialisé et individuel...

Ce fut à ce moment que leur sensei se présenta. Malgré son éternel air blasé, Naruto sentit un parfum d'excitation émaner de lui. Avait-il quelque chose à leur annoncer ? Kakashi s'adossa contre le mur d'une maison et les observa, insondable. Il ne disait rien, si bien que les genins commençaient à se sentir mal à l'aise. Le silence se faisait lourd si bien que quand le juunin s'approcha d'eux brusquement, Sasuke et Sakura sursautèrent. L'Uzumaki, pour sa part, n'avait pas réagi, peu de choses parvenant à le prendre par surprise.

- Il n'y aura pas d'entrainement durant les prochains jours, déclara le ninja copieur. Vos missions vont également être suspendues pour une période indéterminée.

- Quoi ? s'écria Sakura. On a fait quelque chose de mal ?

- Non, au contraire. Vous allez participer à l'examen chuunin qui débutera dans neuf jours. La suspension de vos activités vous permettra de vous préparer à cet événement qui n'a lieu que deux fois par an. Les inscriptions sont individuelles. Il vous suffira de vous présenter le jour de l'examen avec ce formulaire rempli (il en tendit un à chacun). Après quoi, il ne restera qu'à participer. Si vous avez des questions, posez-les maintenant, car nous ne nous reverrons plus avant le jour J. Alors ?

Sasuke semblait excité à l'idée de participer à l'examen chuunin, cela se voyait à son visage stoïque et à son regard en apparence indifférente. Sakura, pour sa part, semblait en proie à une légère appréhension, mais était décidé à suivre son petit-ami, même si pour cela elle devait passer par l'enfer. Naruto observait son propre formulaire d'inscription, qu'il tenait dans ses mains. Il poussa un soupir.

- Désolé, Kakashi-sensei. Je ne participerai pas à l'examen chuunin...


Alors, vous en pensez quoi ?

Une petite rewiew ?