La tribu

Note de l'auteur:

Y'a des fautes d'orthographe, je sais. Une de mes amies a kidnappé mon fichier originel et le corrige, je remplacerais les chapitres petit à petit, mais je me connais, si j'écris pas et poste au fur et à mesure, je vais perdre l'intérêt... Donc désolée, au pire, revenez dans quelques temps, tout devrais être corrigé.

-Je n'aime pas ça.
-Pour une fois, je suis d'accord avec l'elfe de sang, marmonna Andreas.
Les cinq chevaliers se retrouvaient à nouveau sans armes ni armures, même si, cette fois,la chaleur de Durotar rendait leur état presque agréable. Mok'ai avait demandé à rendre visite à sa tribu, profitant qu'ils étaient juste à deux jours de cheval du village de Sen'jin. Le voyage avait été éprouvant jusqu'à l'arrivée au petit village. Ils avaient crut cuire avec leurs armures de métal, jusqu'à ce que le sorcier vaudou, par l'intermédiaire de Mok'ai, leur demande de retirer leurs armures.
Il ne s'était probablement pas attendu à ce que Donovàn mette autant d'enthousiasme à obéir et soit en caleçon en à peine quelques dizaines de secondes.
Les armures avaient été entreposées dans une hutte à l'écart du village, et les filles emmenées d'office par les nombreuses tantes, sœurs et cousines de Mok'ai, pour être rhabillées décemment.
Décemment façon trolle bien sur, au grand dam de Nadezha, qui peinait à cacher sa poitrine sous le délicat losange de tissu qui servait de haut aux trollesses.
C'était un peu surprenant de se retrouver au milieu du village troll, entouré de peaux et chevelures colorées, d'être enveloppés dans des sarongs trois fois trop long pour eux, même sur les filles.
Étrange, car autant les trolls étaient affectueux entre eux, autant ils passaient leurs temps à s'interpeller, se taquiner, se câliner, autant dès qu'un des chevaliers approchait, les voix se taisaient, les enfants étaient enlevés du chemin à la vitesse d'une poigne de la mort, et tous les regards se dirigeaient sur l'intrus. Au cours de la journée, les chevaliers de la mort avaient finit par émigrer à la lisière du village, là ou la terre de Durotar laissait place au sable chaud de la plage. Seul Mok'ai s'entêtait à faire l'aller retour entre ses compagnons et sa famille, revenant avec de la nourriture et une robe plus traditionnelle quand il s'avéra que, non, Loki n'avait pas le réflexe de retenir un sarong dénoué.
Quand le soir était tombé, les trolls avaient allumés de nombreux feux sur la plage, et préparé une sorte de cérémonie. Deux frères de Mok'ai étaient venu le chercher et il avait fait promettre à ses camarades de ne pas intervenir, quoi qu'il arrive.
Ils avaient promis.
A contre cœur pour Donovàn.
-Qu'il nous fasse promettre ce genre de chose est mauvais signe, grommela l'elfe en jetant un morceau de nourriture à un crabe qui se jeta goulument dessus.
-C'est peut être une cérémonie religieuse, il ne veut pas que nous nous en mêlions, déclara Denaelle.
Mok'ai était accroupit au sol, et une trollesse plus âgée, sa mère probablement, était en train de tracer quelque chose sur son dos à l'aide d'un pinceau et d'encre de sèche. Devant eux, le sorcier et ses assistants dansaient et psalmodiaient, leurs mouvements de plus en plus frénétiques, suivant le rythme des tambours.
-J'aime pas ça, répéta Donovàn.
Un des feux de camp explosa soudain dans une grande flamme verte et les amis bondirent sur leurs pieds, sauf Loki, occupée à mâchonner une tranche d'ananas. Une grande silhouette sortit des flammes en hurlant en zandali. C'était un grand troll, plus grand encore que les guerriers qui protégeaient le village. De là ou ils étaient, les chevaliers ne purent bien le détailler, si ce n'est qu'il avait la peau noire, une couleur jamais vue chez un troll, exceptée sur son visage, peint ou tatoué d'un blanc éclatant.
-D'où il viens lui? S'étonna Andreas en cherchant son épée par réflexe.
Nadezha murmura quelque chose en draenish avant de secouer le bras de Denaelle, sans quitter l'apparition du regard.
-C'est un esprit! Oh Naaru, c'est un esprit et il est furieux!
-Qu'est ce qu'elle dit? S'enquit Donovàn, surprit de ne pas reconnaitre quelques mots de commun.
Avant que l'elfe de la nuit ait le temps de répondre, l'esprit tendit la main et empoigna Mok'ai par les cheveux, l'obligeant à se lever.
-Hé! Protesta Donovàn en faisant un pas en avant.
Un des guerriers troll leva sa lance vers lui, lui barrant le passage et Nadezha vint aussitôt chercher l'elfe, l'obligeant à reculer.
-Donovàn, on ne doit pas...
-Mais il...
L'esprit avait saisit Mok'ai par le menton et lui parlait, le son de sa voix couvert par le bruit des tambours et des clameurs trolles. Leur ami se contentait de hocher la tête, le regard bas, jusqu'à ce que l'esprit lui assène une gifle sur le crâne et le mette à genoux, lui renversant la tête en arrière.
-Là il va le tuer, murmura l'elfe de sang en s'élançant en avant.
Le guerrier troll tenta à nouveau de l'arrêter et se retrouva dans le sable, les quatre fers en l'air à se demander comment il était arrivé là.
-Donovàn reviens!
Avant que l'elfe ait le temps d'arriver au bord du cercle des danseurs, le feu explosa à nouveau, le bruit couvrant cette fois tout les autres sons. Donovàn leva les bras pour se protéger par réflexe et vit l'esprit se tourner pour le regarder.
Ses yeux étaient entièrement noir.

Ce n'était pas un maquillage s'aperçut Donovàn en reculant d'un pas.

C'était son crâne.
Et puis la colonne de feu disparut, l'esprit aussi et la plage resta silencieuse, éclairée par les autres petits feux de camps.
Il fallut quelques secondes à Donovàn pour s'éclaircir les oreilles qui résonnaient encore d'un bruit de tambours fantômes.
-Il nous avait dit de ne pas bouger! Déclara Denaelle en le rattrapant.
-Ce type allait le blesser!
-Nadezha dit que les esprits ne peuvent pas blesser volontairement un vivant.
-On est pas vi... Mok'ai!
Donovàn se tourna dans la direction de son camarade, cherchant sa silhouette du regard.
Le troll à la peau bleutée était affalé sur le sol, le dos ensanglanté.
-Merde! jura l'elfe en s'élançant, suivit par Denaelle et les autres.
Il fut rapidement près de lui, jouant des coudes parmi la foule qui se dispersait. La mère de Mok'ai était agenouillée près de lui, mais ne le touchait pas, l'observant d'un regard triste. Quand Donovàn s'arrêta, glissant à genoux dans le sable, le troll ne respirait pas.
-Nadezha! Ça a l'air profond!
-Il est mort? S'enquit l'humain en se penchant à son tour.
La draenei haussa les épaules, cherchant un signe de vie dans le corps du troll. Pas de rythme cardiaque, pas de respiration. Mais elle savait que ce n'était pas un signe de décès, surtout après deux mois à crapahuter avec ses nouveaux compagnons.
-Je ne sais pas, il saigne, mais il n'y a pas de rythme cardiaque, je ne comprends pas.
-On dirait un motif, nota Denaelle en essuyant le sang.
Elle sentit soudain une main à trois doigts sur sa joue et sursauta, s'écartant d'un bond. La mère de Mok'ai eut un petit sourire et ramena sa main sur ses genoux.
-Vou... Préné bin swen de mon gasson.
Elle se leva lentement et épousseta son sarong, prenant la main de son époux, debout près d'elle. La ressemblance entre Mok'ai et lui était extraordinaire, et ne serais ce ses longues défenses d'ivoire et son visage marqué par les ans, on ne pouvait dénier leur lien de parenté. Mok'ai était le portrait craché de son père.
-Mok'ai, y é mainan Mok'fon, déclara le troll mâle. Demin, avan ke le soley y swva debou, vou cé pati.
-C'est quoi... Mok'fon?
La mère de Mok'ai eut un long soupir et jeta un dernier regard à son fils avant de répondre.
-Fon, cé mové troll. Cé paria.


-On rassemble nos affaires, ordonna Andréas en ouvrant la hutte ou était entreposées leurs armures.
-Ils nous laissent jusqu'au levé du soleil pour partir, objecta Denaelle.
-Je ne fais pas confiance aux trolls pour ça, tu as vu ce qu'ils ont fait à un des leurs? s'exclama Andreas en désignant Mok'ai, que les filles avaient allongé sur une paillasse le temps de bander son dos.
Le sang avait rapidement cessé de couler, le corps du troll reprenant son rythme normal de récupération, ce qui, Denaelle l'espérait, signifiait qu'il était toujours relativement vivant. La plaie était étrange, formant un glyphe complexe qu'elle n'avait jamais vu, une croix, entourée de ce qui ressemblait à deux cercueils.
-Il a reprit conscience? Demanda Donovàn en remettant son armure.
-Pas encore.
-Comment on va le transporter? C'est lui qui a le seul cheval assez grand pour le porter et il l'a banni en arrivant.
-Attendons encore un peu qu'il se réveille.
Le troll eut un petit grognement a ce moment là et ses compagnons abandonnèrent les bagages et les armures pour se pencher sur lui, soulagés de le voir à nouveau bouger.
Enfin, Donovàn ne sembla soulagé que quelques secondes, avant de commencer à proprement engueuler le troll dans l'orc le plus grossier qu'il put proférer.
-Tu mériterais que je te fracasse la calebasse que tu as à la place du crâne! Lança-t-il sans la moindre pitié pour l'état du troll.
-Mok kwva ke sa va fé du byen pou li tèt, nan fé, marmonna le troll en passant une main dans ses cheveux en bataille.
-Comment tu te sens? Demanda Denaelle, alors que la draenei se penchait aussi.
-Mok y se sen. Ayayayaya, y se sen partou.
Aidé par les filles, le troll parvint à s'asseoir et vit ses compagnons en train d'enfiler leurs armures.
-Coucqu'spass?
-Ton père nous as dit d'être parti avant le levé du soleil, répondit Donovàn. On attendait ton réveil.
-Ah. Cé fini, alo.
-Qu'est-ce qui s'est passé? Demanda Nadezha, qu'est ce que l'esprit t'a...
-Ou a vé le loa? S'étonna Mok'ai.
-Le quoi?
-On l'a tous vu, quoi que soit un loa, répondit Andreas en amenant son armure à Mok'ai.
Le troll sembla stupéfait quelques secondes avant de se frotter le front d'un doigt.
-A, cé vré. Nou cé mort. Nou peux wvar lui.
-Mok'ai, qu'est ce qu'il s'est passé? Répéta Donovàn, d'un ton froid inhabituel chez l'elfe.
Le troll baissa la tête avec un long soupir. Puis il se redressa, faisant craquer sa nuque de gauche à droite avant de répondre.
-Mok é plu Mok'ai. Mok est Mok'fon mainan.
-Je n'ai RIEN comprit, rétorqua l'humain.
-Mok cé le nom de bébé, expliqua le troll en se désignant. Ai, cé kan Mok é gran, cé le nom domme. -Et maintenant c'est Mok'fon, murmura Denaelle en comprenant. Mok le paria.
Le troll hocha la tête d'un air las.
-Wii. Mok'fon.
-Ta tribu t'a banni, ajouta Denaelle.
-Wii. Mok'a... Mok'fon a pa plass ici. Yé mor. Lé mor y von pa avé lé vivann.
-Tu savais foutrement qu'ils allaient le faire, hein? grommela Donovàn.
Le troll hocha la tête avant de recevoir un coup de poing sur le crâne de la part de l'elfe.
-Donovàn! Protesta Nadezha en se levant d'un bond pour retenir l'elfe. Il est blessé!
-Alors POURQUOI tu as voulu revenir, murka?
Le troll leva la main et assena une petite tape sur le torse le l'elfe, le faisant vaciller. Denaelle eut un mouvement pour s'interposer au cas ou ils commenceraient à se battre, mais Mok la repoussa délicatement d'un revers de main.
-Pasque Mok y voulé wvar si la fanmi alé bien. Et Mok y voulé.. Dir ke Mok'ai é mor. Ke son juju y swa avé cui des zansets.
-Vous les trolls êtes tous des tarés, grommela l'elfe avant de se détourner. Dépêche-toi, faut qu'on soit partit avant que le soleil soit levé, j'ai pas envie que ta famille essaye de nous bouffer.
-Lé somblanss y mannge pu lezot. Ou é Loki? Demanda le troll en regardant autour de lui.
Il y eut un petit silence.
-Merde! On l'a laissée sur la plage!


Quand Donovàn revint avec la petite réprouvée sous le bras, elle mâchonnait encore une écorce d'ananas.

Fin

Dico franco troll
Vou... Préné bin swen de mon gasson.
Vous... prenez bien soin de mon fils.

Mok'ai, y é mainan Mok'fon. Demin, avan ke le soley y swva debou, vou cé pati.
Mok'ai s'appelle Mok'fon maintenant. Demain, avant le levé du soleil, vous devrez être partis.

Fon, cé mové troll. Cé paria.
Fon, c'est un mauvais troll. C'est un paria.

Mok kwva ke sa va fé du byen pou li tèt, nan fé.
Je crois que ça ferait du bien à ma tête, en fait.

Mok y se sen. Ayayayaya, y se sen partou.
Je me sens. Aieaieaie, je me sens partout.

Coucqu'spass?
Qu'est ce qui se passe?

Ah. Cé fini, alo.
Ah, c'est finit alors.

Ou a vé le loa?
Tu as vu le loa?

A, cé vré. Nou cé mort. Nou peux wvar lui.
Ah, c'est vrai. Nous sommes morts. Nous pouvons le voir.

Mok é plu Mok'ai. Mok est Mok'fon mainan.
Je ne suis plus Mok'ai. Je suis Mok'fon maintenant.

Mok cé le nom de bebe. Ai, cé kan Mok é gran, cé le nom domme.
Mok, c'est mon nom d'enfant. Ai, c'est quand j'ai grandi, c'est mon nom d'homme.

Wii. Mok'a... Mok'fon a pa plass ici. Yé mor. Lé mor y von pa avé lé vivann.
Oui. Je n'ai plus ma place ici. Je suis mort. Les morts ne vivent pas avec les vivants.

Pasque Mok y voulé wvar si la fanmi alé bien. Et Mok y voulé.. Dir ke Mok'ai é mor. Ke son juju y swa avé cui des zansets.
Parce que je voulais voir si ma famille allait bien! Et je voulais... Dire que Mok'ai est mort. Que son fétiche repose avec celui des ancêtres.

Lé somblanss y mannge pu lezot. Ou é Loki?
Les sombrelances ne mangent plus les autres... Ou est Loki?