Chapitre 12 :
Le véritable sens de Loveless
DISCLAIMER : Aucun personnage ne m'appartient, sauf Alicia, Soluènn, William, Arkon, Baku, Jug, Ohana, Bill, Pips et Quick.
La maison de Lockwood…
Elle n'avait pas changé. Genesis, Angeal et Sephiroth ne pouvaient s'empêcher de la comparer aux maisons qu'on trouvait à Kalm. Soluènn disait que sur Terre, on appelait ce type d'architecture le « style anglais colonial ». Les murs de bois clair étaient à colombages, soutenus par des poutres de bois sombre. Les fenêtres étaient toutes garnies de vitres en verre légèrement bleuté, garni d'une petite grille sombre aux motifs artistiques.
Pourtant, malgré le charme dans la construction, un sentiment de lourdeur, de passé sombre et triste régnait sur cette maison.
Soluènn et tous ses compagnons le ressentaient, alors qu'ils se tenaient face à l'entrée de la maison. Quelque chose se trouvait à l'intérieur.
Ils avaient quitté l'auberge aux premières lueurs de l'aube, pour éviter de rencontrer l'aubergiste ou des clients plus nombreux, qui risquaient de leur poser davantage de questions embarrassantes.
« On y va ? » dit Soluènn.
Tous lui répondirent d'un regard. Il n'y eut pas besoin de plus. Inspirant profondément, la jeune fille tendit la main vers la poignée, quand la voix de Genesis l'arrêta.
« On est avec toi. »
Il avait dit cela de façon raide, rapide, comme s'il avait du mal à respirer. Soluènn le remercia d'un sourire. Puis, elle actionna la poignée.
Lentement, la porte s'ouvrit en grinçant. À mesure que le grincement s'intensifiait, la jeune fille sentit son cœur se contracter de plus en plus fort.
Puis, en déglutissant avec peine, elle fit le premier pas dans le hall d'entrée. Tous les meubles étaient recouverts de grandes housses blanches.
Une fois que le dernier de ses compagnons eut franchi l'entrée, la porte se referma. Tous jetèrent un regard en arrière, puis ils se tournèrent devant eux.
Soudain, une forme sombre bougea devant eux. Tous portèrent instinctivement la main à leurs armes. Mais ce qui apparut devant eux n'était qu'une vieille femme.
« Vous êtes celle qui a acheté la maison ! » s'exclama Soluènn.
La vieille sourit. Mais ce sourire n'avait rien à voir avec celui qu'elle avait eu lors de leur première rencontre à New York.
« Je suis heureuse de vous accueillir chez moi. »
Soluènn allait parler, quand Sephiroth la fit reculer en brandissant Masamune.
« Recule, ce n'est pas une humaine normale », dit-il.
La vieille éclata de rire. Genesis et Angeal dégainèrent leurs épées et s'avancèrent aussi, de chaque côté de leur ami Sephiroth.
« Elle est possédée par une erreur, je le sens », dit Angeal.
La vieille cligna des yeux. Ses pupilles s'étrécirent, comme celles d'un chat. Puis ses yeux devinrent rouge flamboyant. Oui, elle était bien possédée.
Elle sortit de sa robe en laine un livre. Le dernier exemplaire de Loveless.
« Vous êtes venus chercher ceci ? Je ne suis pas contrariante, allez-y ! PRENEZ-LE ! »
Elle le jeta dans les airs. Le livre s'ouvrit. Un essaim d'erreurs en jaillit. Les nuages noirs monstrueux envahirent la pièce, la plongeant dans l'obscurité.
XxXxXxXxXxXxX
Soluènn ne voyait plus rien. Il faisait si noir ! Elle porta la main à sa veste pour en sortir la matéria d'ambre. Mais elle n'avait plus de veste. Elle portait autre chose. Une veste rose, par-dessus une robe blanche. Et des souliers d'enfant.
Hein ? Mais que… pensa la jeune fille.
Elle portait les vêtements de son enfance. Elle se regarda. Ses mains étaient petites. Les mains d'une enfant de huit ans. Elle regarda autour d'elle.
L'espace avait changé. Au lieu du hall d'entrée plongé dans l'obscurité, elle se trouvait dans le bureau de son père. Et là, devant elle, la chaise face au bureau où il travaillait. Quelqu'un y était assis, devant un livre, Loveless, ouvert à une certaine page que Soluènn ne pouvait lire de là où elle était.
Elle ouvrit de grands yeux ronds. Non, impossible, était-ce… ?
Soudain, la personne se retourna. En le voyant, Soluènn sentit son cœur se mettre à battre plus vite dans sa poitrine.
« P… papa ? ! »
Elle tendit les bras vers lui pour le toucher, mais lorsque ses mains entrèrent en contact avec son bras, elle sentit le froid. Il tomba au sol.
« Que… »
« C'est ta faute, dit une voix dans le vide. Il est mort, tu l'as tué. »
Soluènn sentit toute l'horreur du passé revenir à la charge, comme si le barrage de son esprit avait cédé, laissant toute la rivière de l'horreur envahir son corps.
« NOOOOOOOOOOOOOON ! » hurla-t-elle en se prenant la tête.
XxXxXxXxXxXxX
Ohana n'y comprenait rien. Pourquoi faisait-il si noir, tout à coup ?
Elle porta la main à sa jambe droite, celle que recouvrait sa robe. C'était là qu'elle rangeait un poignard secret. Mais, lorsqu'elle y porta la main, elle ne sentit rien. Et la peau de ses jambes, d'habitude sans défaut, était douloureuse.
Que lui arrivait-il ? Soudain, la lumière revint. Elle se vit vêtue d'une robe de laine grise et sale, déchirée. En levant les yeux, la jeune femme vit qu'elle se tenait dans une chambre d'hôtel miteuse. Un lit était visible sur sa droite, avec un livre posé dessus. Loveless, ouvert à un acte que la jeune femme ne pouvait lire d'ici. Un miroir se tenait au bout de la salle devant elle.
Le reflet qui lui apparut était celui d'une adolescente de treize ans aux cheveux noirs plus courts. C'était elle, quand elle était adolescente ! Et cette horrible pièce…
« Eh ! Sale gosse ! »
Ohana se retourna, et sentit une douleur fulgurante à la joue. Elle s'effondra aux pieds d'un homme qui l'avait frappée.
Il la prit par le col de sa robe et l'obligea à se lever pour le regarder.
« Je t'ai achetée à tes parents, tu m'appartiens ! Maintenant, fais ton métier comme les autres filles de l'hôtel, et va satisfaire les clients ! ALLEZ ! Ou je te tue ! »
Ohana n'y comprenait rien. Pourquoi son cauchemar reprenait-il ? Ce n'était pas normal ! Tout ça appartenait au passé ! Que se passait-il ? Où étaient ses amis ?
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Sephiroth sentit Masamune devenir anormalement lourde dans ses mains. Puis plus rien. Il n'y avait plus que le noir et le vide.
Il sentit même la présence de ses amis disparaître. Il serra les dents. Ce n'était pas le moment de ciller, au contraire ! Cette situation critique exigeait plus de résistance.
Soudain, un flash lumineux transperça le noir. Le jeune homme cligna des yeux. Il sentit quelque chose de doux contre lui. Curieux, il baissa les yeux.
Avec surprise, il vit que c'était une peluche. Une peluche de chocobo. Il reconnut sans mal cette peluche. C'était celle que le professeur Gast lui avait offerte quand il était plus jeune.
Mais la surprise ne s'arrêta pas là. Sephiroth vit que ses bras, qui serraient la peluche, étaient petits et maigres, comme ceux d'un enfant. Même ses cheveux étaient plus courts, ils étaient mi-longs.
Et au lieu de son uniforme de Soldat, il portait un T-shirt, un pantalon et des petites baskets. Il avait rajeuni ! Mais comment ? Pourquoi ?
Il regarda autour de lui. Il se tenait dans sa chambre, à Midgar, dans l'appartement du professeur Gast. Il avait un exemplaire de Loveless ouvert, posé au bout du lit.
Depuis le départ du professeur, l'enfant avait pris l'habitude de lire pour tuer le temps. Il n'aimait pas sortir dehors jouer avec les autres enfants, ces derniers ne voulaient pas de lui et le traitaient de monstre.
Un sentiment de panique l'envahit tout à coup. Cet endroit, cette atmosphère, ces circonstances… Tout ça lui rappelait quelque chose de très désagréable. Comme le jour où…
Soudain, la porte s'ouvrit. Deux hommes en uniforme sombre entrèrent, suivis d'Hojo.
« Ah, voilà le spécimen ! Bonjour, Sephiroth, comment vas-tu ? » dit-il d'une voix mielleuse.
Sephiroth recula.
« Que… Qui êtes-vous ? Où on est ? »
Il fut surpris d'entendre sa voix. C'était la sienne quand il était enfant ! Bon Dieu, mais que se passait-il ? !
Hojo éclata de rire.
« Allons, tu m'as déjà vu, je suis Hojo ! Et je suis venu te chercher, tu quittes le professeur Gast aujourd'hui, il t'a abandonné, il est parti ! Regrettable, d'ailleurs. Il a emmené Ifalna, un précieux spécimen, elle aussi ! »
L'horreur atteignit alors son paroxysme dans le cœur de Sephiroth. C'était le jour où le professeur Gast l'avait abandonné, où il avait perdu le peu de bonheur qu'il avait eu dans son enfance.
Il hurla, hurla de toutes ses forces, comme si son âme pouvait évacuer tout son désespoir par ce cri.
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Baku marchait à tâtons dans le noir. Bon Dieu, où était-il ? Son pied buta sur quelque chose. Curieux, il baissa les yeux, et vit que c'était un rocher.
L'obscurité disparut. Avec stupeur, Baku vit qu'il se trouvait dans une rue de sa ville natale, Mideel. Incroyable ! Mais comment… ?
Non, ce doit être un piège ! se ressaisit le garçon.
Il aperçut soudain un endroit qui était cher à son cœur. L'hôpital où il avait été recueilli. Une douleur poignante le saisit.
Incapable d'y résister, il entra dans l'hôpital. Mais là, il vit avec horreur que c'était comme dans le passé.
Le désordre, les traces des erreurs… Un exemplaire de Loveless était posé sur le guichet, près du téléphone de l'infirmière. Le livre était ouvert.
Baku détourna les yeux. Non, pas ça…
« Arrêtez, murmura-t-il. ARRÊTEZ ÇAAAAAAAAAAAAAAAH ! » hurla jeune homme, les larmes aux yeux.
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Genesis ne comprenait pas. Pourquoi était-il seulement avec Jug, Pips, Quick et Angeal ? Où étaient les autres ? Il faisait noir autour d'eux, et pourtant… Ils arrivaient à voir à travers le noir. Le corps de chacun brillait d'une douce lumière, comme si leurs âmes demeuraient insensibles à cette obscurité malsaine.
« Où autres être ? » dit Jug.
« J'ai peur, frérot ! » gémit Pips.
Quick ne dit rien. Il avait peur lui aussi, mais il n'avait même pas idée de ce qu'il se passait, alors que dire ?
« Oh ? Vous n'êtes pas atteints par l'obscurité ? Je suis impressionné ! »
Arkon apparut devant eux. Furieux, Genesis brandit son épée.
« Ordure ! Qu'as-tu fait des autres ? Où sont-ils ? » demanda le Soldat.
Un sourire sadique apparut sur les lèvres de son ennemi.
« Dis-moi, Genesis, tu connais bien Loveless, n'est-ce pas ? C'est ton œuvre préférée ? »
« Hein ? Pourquoi tu me parles de ça maintenant ? Je t'ai posé une question, réponds ! »
Arkon se retourna, négligeant la pointe de l'épée à quelques millimètres de sa gorge.
« Loveless… Ce titre veut dire sans amour. Et c'est bien de cela que l'œuvre parle : la vie de ceux qui n'ont jamais eu droit à l'amour. En entrant dans cette maison, le pouvoir du Loveless originel s'est uni à celui de mon exemplaire. La maison entière est nimbée de ce pouvoir, maintenant. »
Genesis faillit abaisser son épée, réalisant la portée des paroles d'Arkon.
« Au départ, seuls quelques livres éparpillés dans le monde touchaient les lecteurs, les plongeant dans la tristesse, leur communiquant le désespoir et l'idée qu'ils n'avaient pas le droit à l'amour. Mais en amenant le livre renfermant presque toute la magie dans cette maison où se trouvait mon exemplaire… toute la magie s'est libérée, elle règne dans l'espace autour de nous, maintenant ! » dit Arkon en ouvrant grand les bras, le visage affichant une extase démente.
Genesis serra les dents.
« Et vos amis sont touchés par cette magie ! Ils revivent la pire expérience de leur vie, celle qui leur a fait comprendre qu'ils n'avaient pas le droit à l'amour ! Soluènn, qui a tué son père ; Ohana, qui a été vendue toute jeune par sa famille à un maquereau ; Baku, qui n'a pu sauver son cher père adoptif et son assistante ; Sephiroth, qui a perdu le professeur Gast, la seule personne qui l'ait jamais aimé comme son fils… »
Fou de rage, Genesis se rua sur Arkon. Il le plaqua au sol, lui attrapa les poignets d'une main et mit la pointe de l'épée sur sa gorge.
« Mais qu'es-tu, à la fin, Arkon ? » dit-il d'une voix étouffée par la rage.
Arkon sourit.
« Je suis l'auteur de Loveless. »
Genesis écarquilla les yeux.
« Je suis l'auteur de la pièce. J'ai survécu grâce à mon œuvre, qui absorbait l'énergie de mes lecteurs et me la transmettait, m'accordant ainsi la jeunesse éternelle et le pouvoir. »
Et sur ces mots, son corps s'illumina. Dans un puissant flash de lumière, il repoussa Genesis. L'onde de choc toucha ses amis. Ils heurtèrent un mur invisible et glissèrent au sol.
Se relevant, Arkon rit.
« Vous ne pourrez jamais me vaincre, n'insistez pas. Abaissez votre garde, et je vous ferai revivre un incident moins douloureux que les autres. »
La pièce… Ainsi, c'était cela, le véritable secret de Loveless… Genesis soupira de dépit. Dire qu'il adorait cette pièce depuis son enfance ! Mais pourquoi les choses en étaient-elles arrivées là ?
« Genesis, murmura Angeal. Ne l'écoute pas. Tu sais quels sont tes rêves, n'est-ce pas ? Crois en ton honneur ! »
Le Soldat roux haussa un sourcil. Pour une fois, il ne pouvait faire la sourde oreille aux propos de son meilleur ami. Mais tout de même…
Il revit en flash Soluènn dans la grotte, quand il était venu lui demander la vérité. Lorsqu'elle avait éclaté en pleurs, et lui avait dit :
« Je suis désolée de ce qui t'est arrivé. Je sais que tu adores Loveless, et c'est de ma faute si ce livre t'a blessé. Comme tous mes amis… comme Angeal… et tant d'autres. »
Genesis serra le poing.
« Non, Soluènn, ce n'est pas ta faute. Tu as combattu la magie qui hantait mon œuvre préférée, tu t'es battue pour protéger nos rêves… »
Il resserra le manche de son épée dans sa main. Le visage serein, il murmura :
« À moi de protéger les tiens. À moi de te rendre l'amour que les erreurs t'ont volé. »
Et sur ces mots, il se redressa et fonça sur Arkon. Ce dernier dégaina un sabre wutaïen de son manteau et se mit à se battre contre lui.
Genesis serra les dents. Il avait oublié combien Arkon se battait bien. Il n'était pas Soldat, mais sa formation de mercenaire était évidente.
Son ennemi parait tous ses coups avec grâce et facilité, comme s'il dansait. Genesis avait beau essayer de l'atteindre, Arkon l'arrêtait toujours avec aisance et le repoussait d'amples mouvements horizontaux.
Genesis frappait toujours à la verticale, et lorsqu'il tentait des plongeons en avant, l'épée d'Arkon effleurait son visage.
« Genesis ! Qu'est-ce qu'on peut faire ? » dit Pips.
« Sauvez les autres ! Retrouvez-les, vite, pendant que je m'occupe de lui ! »
Quick tiqua sur le mot « vite ».
« Très bien, alors c'est le moment où je passe à l'action ! » dit le gobelin.
Il prit son bonnet à eux mains et le vissa si fermement sur sa tête qu'il émit un bruit de mécanique. Puis, en se campant au sol sur ses poings, il fit claquer ses jambes, comme un joueur de football américain se préparant à foncer.
« PLEIN GAZ ! » hurla le gobelin.
Puis soudain, il fonça en avant, dans le noir. Arkon se tourna vers lui et voulut l'arrêter, mais le gobelin passa si vite qu'il ne put l'arrêter.
Profitant de sa diversion, Genesis tenta un piqué. Il blessa Arkon au bras droit.
Quick fonça à toute vitesse à travers l'obscurité. Il finit par apercevoir Soluènn, Ohana, Sephiroth et Baku allongés au sol devant lui.
Les pauvres semblaient endormis, mais leur sommeil n'avait rien d'heureux. Ils semblaient cauchemarder. Leurs visages étaient en sueur, leurs corps tremblaient. Ils gémissaient.
Quick courut près de Baku et le secoua.
« Eh ! Réveille-toi ! Baku ! Baku ! »
Mais le jeune homme refusait de se réveiller. Quick essaya avec les autres, en vain. Ils étaient prisonniers du pouvoir maléfique de Loveless.
De son côté, Genesis continuait de combattre Arkon. Ce dernier, tout en continuant de parer ses coups, riait.
« Tu espères me vaincre ? Pour ça, il faudrait d'abord me surpasser en tant qu'auteur, très cher ! »
« Quoi ? » dit Genesis.
Arkon bondit en arrière et lui expliqua :
« La pièce n'a que quatre actes, je n'ai jamais écrit de fin, le savais-tu ? Celui qui écrit une fin pour l'esprit sans amour reposant au cœur de mon œuvre recevra cette magie et devra prendre ma place. Te crois-tu capable de me surpasser, Genesis ? Ton amour pour mon œuvre suffira-t-il ? »
Le Soldat hésita. Disait-il la vérité ? En effet, la pièce n'avait jamais eu de cinquième acte. Mais…
Soudain, Arkon prit la parole. Sa voix était maintenant solennelle, théâtrale.
« Mon ami, les destins sont cruels
Il n'y a pas de rêves, aucun honneur ne reste
La flèche a quitté l'arc de la déesse
Mon âme corrompue par la vengeance
Elle endure les tourments
Pour trouver la fin du voyage dans mon propre salut
Et dans ton sommeil éternel
Maintenant, ce que je désire le plus
Est le "cadeau de la déesse". »
Genesis reconnut la fin de l'acte 4 de l'œuvre. Mais pourquoi récitait-il ces mots ? Soudain, il comprit. Il utilisait la même magie que Soluènn : les mots de l'œuvre renfermaient une force spirituelle qui pouvait contrôler la matière !
Le corps d'Arkon s'illumina. Une boule de lumière noirâtre se forma au creux de sa main gauche. Genesis frémit. Cette attaque, il doutait de pouvoir la repousser.
Il ferma les yeux, cherchant de l'énergie en lui. Arkon rit. Cette fois, il avait gagné ! Il allait jeter sa boule de lumière, quand soudain… elle s'éteignit.
« Quoi ? Mais que… »
Il leva les yeux et vit que les lèvres de Genesis remuaient. Il murmura quelque chose. Il tendit l'oreille.
« Lorsque la guerre des bêtes mènera le monde à sa perte,
la déesse descendra des cieux.
Les ailes de lumière et d'ombre se déploieront au loin et
Elle nous guidera vers la félicité de son don éternel », récita Genesis.
Le prologue de l'œuvre… Arkon haussa un sourcil. Que faisait-il ? Soudain, il vit quelque chose de petit et lumineux tomber devant lui. Il tendit la main et vit que c'était une plume. D'autres se mirent à tomber autour de lui.
Lorsqu'elles touchèrent le sol, l'obscurité s'en écarta. Petit à petit, le hall d'entrée de Lockwood réapparut. Arkon se tourna vers Genesis, ne pouvant y croire.
Le corps du Soldat émanait de la puissance, lui aussi. Impossible… Il pouvait imaginer des choses à travers les vers de son œuvre, lui aussi ?
Bientôt, l'obscurité disparut totalement. Genesis regarda autour de lui. Il vit Soluènn et les autres allongés sur le sol. Lentement, ils se redressèrent en clignant des yeux.
« Un… cauchemar ? » dit Ohana, la main sur sa poitrine.
« Quelle horreur… » murmura Baku.
« Plus jamais… » gémit Sephiroth.
Rassuré, Genesis se tourna vers Arkon.
« Fini de jouer, auteur de pacotille ! Maintenant, prépare-toi ! »
Et soudain, il fonça en avant et, sans hésiter, transperça Arkon au ventre de son épée.
Ce dernier resta immobile, le visage figé par l'incrédulité. Un mince filet de sang noir se forma au coin gauche de sa bouche.
Il ouvrit la bouche et toussa, crachant un peu de sang. Genesis retira son épée puis recula. Arkon tomba au sol et gémit.
« Non… pas possible… Je… Je dois… Je dois encore… »
« Tu ne feras plus jamais rien ! Tu es fini, disparais ! » dit Genesis.
Jug plissa les yeux.
« Regardez ! » dit-il.
Tous plissèrent les yeux. Le sang d'Arkon… était noir !
Noir comme de l'encre, comprit Genesis.
Le corps d'Arkon se durcit, comme s'il devenait de la pierre. Puis il s'effrita et se mit à tomber en miettes, en commençant par les jambes. Les fissures montèrent le long de son corps, grimpant vers son visage qui exprimait l'horreur.
« D… déesse ! Vous aviez promis… de me laisser… vivre ! Le don… »
Sa joue droite tomba en miettes, puis ses lèvres, son visage… Tout son corps disparut en un tas d'encre séchée. Le tout s'envola alors en poussière, et retourna dans le Loveless originel.
Genesis poussa un profond soupir de soulagement. Mais un cri de Baku le ramena à la réalité. Il était au chevet de Soluènn. De tous, elle était la seule à ne pas s'être réveillée.
« Elle n'a plus de pouls ! Je ne sens plus rien ! » dit le jeune médecin, la main contre le cou de la jeune fille.
Tous se réunirent autour d'elle. Genesis se détacha du cercle et s'approcha pour prendre Soluènn dans ses bras. Il caressa son visage glacial.
« Soluènn… Je sais quelle fin j'écrirais, si jamais tu devais mourir. Écoute. »
Se penchant vers l'oreille de l'adolescente, il ferma les yeux, puis récita :
« Loveless : Acte V
Même si les lendemains sont vides de promesses,
Rien ne pourra empêcher mon retour.
Afin de devenir la rosée qui baigne ces terres,
Et épargner les sables, les mers et les cieux,
Je vous offre ce sacrifice silencieux. »
Puis, penchant son visage, il posa ses lèvres sur celles glacées de l'adolescente.
XxXxXxXxXxXxX
Soluènn vit le décor changer. Elle se revit sous sa forme d'adolescente, mais toujours dans le bureau de son père.
Néanmoins, il faisait jour, maintenant. Les fenêtres étaient ouvertes, on pouvait voir la mer au loin, sous un beau soleil.
Un homme se tenait devant la fenêtre, lui tournant le dos.
« Papa ? » dit Soluènn.
William se retourna.
« C'est réel ? » dit Soluènn.
« Tu es au cœur de la magie de Loveless. Tu m'as rejoint dans le royaume des victimes d'Arkon. »
La jeune fille resta un moment silencieuse, ne pouvant y croire. Pendant huit ans, elle avait espéré revoir son père, entendre sa voix. Et aujourd'hui, enfin, son rêve était devenu réalité.
« Pourquoi tu ne m'as jamais rien dit sur Arkon et Loveless ? »
William parut embarrassé.
« Tu n'étais qu'une petite fille de huit ans. Et je voulais te protéger. Toi et ta mère avez tant souffert. Regarde, elle est ici. »
Alicia apparut près de son mari. Elle portait sa belle robe verte, et ses cheveux étaient redevenus aussi longs qu'autrefois.
« Chérie », dit-elle.
Soluènn sentit la peur l'envahir.
« Vous… allez me laisser ? ! »
« Non, rassure-toi. Ta mère va revenir, mais elle va retourner à New York. Et toi, tu vas retourner rassurer tes amis. Ton fiancé est en train d'écrire le dernier acte, écoute ! » dit William, avec un sourire malicieux.
Soluènn entendit soudain la voix de Genesis dans l'air. Il prononça d'étranges phrases, qui avaient une structure poétique.
« Hein ? Genesis ? Mais c'est pas mon… »
Les mains de ses parents sur ses épaules l'arrêtèrent.
« Tout est fini, Soluènn. Tu peux de nouveau espérer l'amour », dit son père.
« Alors, écoute ton cœur, lorsque tu te réveilleras. Ne te ferme plus aux autres comme je l'ai fait avec toi pendant huit ans », dit sa mère.
Soluènn sentit les larmes monter à ses yeux. Mais elle se força à sourire.
« Sois juste toi-même, d'accord ? » dit son père.
Ces derniers mots rendirent le sourire à la jeune fille.
« Oui ! Promis », dit-elle.
XxXxXxXxXxXxX
Lorsque Genesis acheva son baiser, il attendit. Tous firent silence, surpris. Ils ne comprenaient rien à ce qui se passait. Que faisait Genesis, au juste ?
Soudain, le corps de Soluènn s'enveloppa d'une douce lumière. La matéria d'ambre s'éleva dans les airs un moment, puis plongea dans le cœur de Soluènn.
Le corps de la jeune fille s'éleva dans les airs. La lâchant, Genesis se redressa. Enfin, le corps de Soluènn cessa de luire. Elle retomba dans les bras du Soldat.
Ouvrant péniblement les yeux, elle regarda Genesis, qui avait l'air ébahi.
« Gene… sis ? » dit-elle.
Rassuré, le Soldat sourit.
« Salut, jolie terrienne ! »
Soluènn fronça les sourcils, puis se tourna vers ses amis. Tous lui répondirent par un sourire. Jug fut le premier à céder à ses impulsions. Il se jeta sur l'adolescente et la serra contre elle avec Genesis. Pleurant de joie, Soluènn lui donna des coups contre la poitrine pour qu'il daigne enfin la lâcher. Ohana, Baku, Pips, Quick, Angeal et même Sephiroth s'approchèrent pour la serrer dans leurs bras et lui sourire.
Mais tous cessèrent leurs effusions en voyant le Loveless qui traînait encore au sol. L'air résolu, Soluènn ramassa le livre et sortit une plume de sa sacoche.
Elle la tendit à Genesis avec le livre.
« Honneur à l'auteur », dit-elle.
Le Soldat acquiesça, puis prit le livre et l'ouvrit à la dernière page, où il écrivit le cinquième acte.
Lorsqu'il eut fini, le livre s'éleva dans les airs. Cette fois, un nuage de fumée noire plus gros que tous ceux qu'ils avaient déjà vu se forma dans les airs, puis disparut dans le ciel avec un rugissement de rage. Il y eut un dernier grondement de tonnerre, puis… plus rien.
La paix était revenue sur Lockwood.
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Après cela, tous prirent la décision d'aller se reposer. Heureusement, il y avait beaucoup de chambres dans cette maison.
Pips et Quick en prirent une, Baku une autre, Angeal refusa de se séparer d'Ohana, ils prirent une chambre pour eux. Sephiroth et Genesis en prirent une autre.
Soluènn… Elle s'arrêta devant une porte qu'elle ne connaissait que trop bien. L'ouvrant, elle entra dans sa chambre d'enfance.
Elle regarda la pièce. Il y avait un petit lit en bois de pin, que son père avait fabriqué lui-même autrefois.
Et toutes les peluches que sa mère avait faites pour elle. Sur la table de nuit, un cadre de photo vide.
Souriante, Soluènn sortit la photo de famille de sa poche et la glissa dans le cadre.
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Genesis apparut dans le cadre de la porte. En voyant ce que faisait Soluènn, il hocha la tête, compréhensif. Il hésita, puis se retira. Sephiroth l'avait encouragé à aller la voir, mais… il hésitait encore, bizarrement. Il ne savait pas pourquoi. Peut-être parce qu'il sentait que la jeune fille n'était pas prête. Ou un doute, quelque chose comme ça… ?
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Soluènn quitta la chambre et se dirigea vers celle de ses parents. Quand elle était petite, elle adorait y entrer pour s'étaler sur le grand lit, parce que ça l'amusait et qu'elle n'avait pas le moral. Sa mère ou son père l'y rejoignait toujours au bout d'un moment et lui faisait des chatouillis, un excellent remède contre la déprime.
Mais aujourd'hui, Soluènn était une grande fille. Et ce qu'elle éprouvait s'apparentait plutôt à de la mélancolie.
Une fois seule dans la chambre, elle s'assit sur le lit et regarda le bout de la pièce, vers la fenêtre ouverte. Dehors, le soleil se levait, la mer étincelait.
Quelque chose tomba sur le lit, faisant remuer un peu les ressorts du matelas. Dans un sursaut, la jeune fille tourna la tête, et vit Genesis assis à côté d'elle. Il avait l'air légèrement soucieux.
La jeune fille le rassura d'un sourire. Il la regarda alors de nouveau avec cet air insistant qui la gênait. Percevant son trouble, le Soldat eut un sourire taquin.
Lentement, il passa un doigt sous le menton de la jeune fille, l'obligeant à relever les yeux vers lui.
Soluènn se décida enfin à regarder ses grands yeux bleus. Pourquoi ne pouvait-elle plus bouger ? Jamais elle ne s'était sentie ainsi. C'était étrange. Elle avait chaud, elle se sentait bien, mais en même temps son ventre semblait noué, elle tremblait…
Lorsque les lèvres de Genesis touchèrent les siennes, la jeune fille écarquilla les yeux. Puis elle répondit à son baiser.
Quelque chose parut alors se réchauffer en elle. Depuis plus de huit ans, une blessure rongeait son âme. Elle avait toujours cru qu'après la mort de son père, plus personne ne voudrait d'elle.
Mais en cet instant, elle comprit que s'attarder sur le passé ne pourrait que lui faire du mal. Tout son être criait de joie en cet instant, et son âme souhaitait simplement agir librement, fidèle à ses sentiments : l'amour, en cet instant.
Le baiser de Genesis devint insistant. Elle sentit les bras puissants du Soldat entourer sa taille. Elle posa les mains sur son torse. Il la fit basculer sur le lit.
Lorsque ses mains se glissèrent sous sa chemise, elle frissonna. Détachant ses lèvres de celles du Soldat, elle murmura :
« Genesis… »
Mais il se mit à l'embrasser dans le cou, ce qui ne fit que la troubler davantage. Surmontant son embarras, la jeune fille dit :
« Attends ! »
Genesis releva la tête, les yeux brûlants de désir.
« C'est ma première fois… » murmura la jeune fille.
Le Soldat acquiesça.
« Si tu veux, on arrête », dit-il, avec une très légère notre de regret dans la voix.
Soluènn soupira. Elle ne s'était pas attendue à ça. Elle hésita, puis sourit. Elle l'embrassa à son tour, avec passion. Genesis renforça son étreinte.
Derrière la porte, Ohana sourit, puis la referma en veillant à la verrouiller.
« Je crois qu'on leur parlera plus tard », dit-elle en se tournant vers Angeal.
Ce dernier hocha la tête, un sourire compréhensif aux lèvres. Main dans la main comme un vieux couple, tous deux s'éloignèrent vers une autre chambre.
FIN
Tadaaaa ! Ouais, aussi bizarre que ça puisse paraître en un sens, la fic s'arrête là. Parce que la suite se passe dans une toute autre unité de temps, des années après.
Vous saurez le moment venu, vous en faites pas. Sachez juste à l'avance que cette fic s'intitulera « Tears of light », et elle sera dans la section FF7.
Mais avant, je tiens à finir mon autre fic, « La descendante d'Hyne », dans la section FF8.
Donc, ben, ça prendre pas mal de temps avant que j'écrive et publie la suite de cette fic-là, mais ça viendra, ne vous inquiétez pas.
Je tiens à remercier tous ceux qui ont suivi l'évolution de cette histoire, à savoir :
Ayame-Nightbreed, MaryIshtar, Emma Kansakie, Tsukiyo2894, Ravenhill, Ysa666, Nmfrter, Finalsacre et Lunastrelle. Merci à tous, et à bientôt !
