Chapitre 12 : Les liaisons dangereuses.
Molière avait fini par relever la tête et en février 1665, il donna une nouvelle pièce : Dom Juan. Le sujet, venu d'Espagne, était alors à la mode et d'autres pièces sur le même thème se jouaient dans Paris. Molière avait peut-être pensé se mettre à l'abri d'une nouvelle cabale en présentant un sujet presque banal mais c'était méconnaître son propre talent et la ténacité de ses détracteurs. Son Dom Juan était trop flamboyant, trop bien avantagé dans son rôle pour que l'on croit qu'il s'agissait là d'une dénonciation du libertinage. Même la fin tragique ne suffit pas à calmer les dévots qui, comme d'habitude, se mirent à crier au loup et à accuser la pièce d'impiété. Ce qui devait mener Dom Juan au rang de mythe dans les siècles à venir, fit malheureusement le malheur de Molière à son époque. Sa pièce ne fut pas plus comprise que Tartuffe car les désordres commencèrent dés la deuxième représentation.
Il fallait quand même reconnaître que Molière, encore ulcéré par les attaques qu'il avait subi, avait mis dans la bouche de son personnage des discours qui ressemblaient à cinglants règlement de compte :
Il n'y a plus de honte maintenant à cela : l'hypocrisie est un vice à la mode, et tous les vices à la mode passent pour vertus. (…) la profession d'hypocrite a de merveilleux avantages. C'est un art de qui l'imposture est toujours respectée, et, quoiqu'on la découvre, on n'ose rien dire contre elle.
La polémique, qui s'était calmée après l'interdiction de Tartuffe, reprit donc avec violence avec, évidemment, la compagnie du Saint-Sacrement en tête, et toutes les grenouilles de bénitiers qui se mirent à vouer Molière au bûcher. Ils firent tant et si bien que le roi alla jusqu'à conseiller à Molière de supprimer la scène 2 de l'acte III où Dom Juan fait la charité à un pauvre à condition qu'il blasphème.
hide ne jouait pas dans cette pièce (tous les acteurs de la troupe ne participaient pas forcément à tout ce qui se faisait) mais il fut là à chaque représentation qui, malheureusement, s'arrêtèrent assez vite. Pour Molière, déjà moralement fragilisé, ce nouveau déchaînement contre lui fut un coup terrible. Il semblait ne plus avoir de forces pour répondre et ne croyait plus en lui. La crise recommença, son humeur s'assombrit encore. Il traînait à présent un visage vieilli et triste et hide, qui ne pouvait que regarder cette catastrophe, en bouillait de rage impuissante. Comme il aurait voulu tous les voir pendus !
Et puis…un miracle. Une merveilleuse surprise surgit soudain au mois d'Août. Le roi nomma la troupe de Molière, Troupe du Roi et le gratifia d'une pension de six mille livres.
C'était le plus grand honneur qu'on pouvait donner à une troupe de comédiens. Un honneur qu'avait déjà reçu celle de l'Hôtel de Bourgogne...Paris se retrouva donc avec deux troupes royales qui ne se supportaient pas déjà avant.
Un tel revirement du roi s'expliquait peut-être par le fait qu'il avait estimé ne pas avoir assez soutenu Molière contre les attaques et cette réponse, tombée de si haut, musela presque totalement les mauvaises langues. La polémique s'éteignit tout d'un coup, du moins en apparence, apportant un peu de paix à Molière.
Quand il apprit la nouvelle, hide partit dans un immense fou rire :
- Bon sang, je voudrais voir la tête des tragédiens en ce moment, surtout celle de cet idiot de Sugizo ! Ils doivent en crever de dépit !
Il ne croyait pas si bien dire car, par en-dessous, la rivalité entre les deux troupes tourna à la guerre.
Le roi avait-il un côté sadique ? C'est que l'on pensa lorsqu'il invita les deux troupes à venir jouer dans une semaine de fêtes au château de Saint-Germain !1 Molière avait renoncé à jouer Dom Juan mais le roi la lui demanda expressément pour ce soir-là. Quant aux tragédiens, ils allaient jouer Alexandre le Grand de…Racine !
Une brouille avait eu lieu entre Molière et lui au sujet de cette pièce. Au départ, il l'avait faite jouer par Molière mais, insatisfait de la prestation de sa troupe qui n'était vraiment pas faite pour la tragédie, il était allé la porter à l'Hôtel de Bourgogne sans rien dire à Molière ! Évidemment, ce dernier l'avait vécu comme un coup bas et s'était bien promis de ne plus jamais adresser un mot à « ce petit ingrat. »
L'atmosphère promettait donc d'être doublement explosive, surtout que les deux troupes allaient devoir jouer successivement sur la même scène.
Même s'il ne jouait pas dans la pièce, hide tint absolument à venir, un peu par goût de la zizanie, un peu pour veiller sur son mentor pour lequel il s'inquiétait toujours. Il allait être entouré d'ennemis et, même s'il était sous le nez du roi, hide n'aurait pas pu rester tranquillement chez lui.
Les problèmes commencèrent dés le premier jour de l'arrivée de la troupe à Saint-Germain. Les deux troupes s'évitaient comme la peste et, quand il arrivait à deux comédiens de se croiser, ils se regardaient en chiens de faïence. Il n'y avait pas de bagarre- la présence du roi rendant la chose impensable- mais une lourde ambiance et les coups bas se faisaient discrètement.
Il fit un temps exécrable. La troupe des tragédiens, par une mauvaise intention évidente, monopolisa la salle de théâtre pour leurs répétitions, rendant celle de Molière impossible. Ils ne purent même pas aller répéter dans le jardin à cause de la pluie ! Le château étant plein puisque la Cour entière y résidait, le seul endroit calme où ils purent se réfugier fut…les écuries !
Assis sur une botte de foin, hide assistait aux répétitions, l'œil noir de voir la troupe réduite à cette situation. Par fierté, Molière n'avait pas voulu se plaindre au roi. De plus, il semblait que sa maladie ne voulait pas guérir totalement. Il était souvent fatigué et sujet à des crises de toux. Les courants d'air qu'il y avait dans les écuries ne seraient sûrement pas bons pour lui.
Au bout d'un moment, il s'en alla avec dans l'optique d'aller jeter un œil à la salle de théâtre pour voir si les tragédiens n'avaient pas enfin dégagé le plancher. Comme par hasard, il arriva devant au moment où la troupe faisait une pause. Dans le couloir, il se retrouva donc en terrain hostile, sous les yeux des comédiens qui le toisèrent avec un mépris mêlé de moquerie. Parmi eux se trouvait Sugizo, le regard mauvais et triomphant. Il plissa le nez d'un air dégoûté :
- Mais quelle est cette odeur infecte ? Je crois bien que cela sent l'écurie ici ! Ou pire encore : le gueux qui en revient !
Ils se mirent tous à rire et il n'en fallut pas plus pour que la moutarde monte au nez de hide.
- Riez, riez c'est la seule chose que vous pouvez faire à présent que le roi nous a reconnu égaux à vous ! répliqua-t-il. Peu importe que nous répétions dans les écuries, nous aurons quand même du succès ce soir et il n'y a rien que vous puissiez y faire !
Sugizo ne répondit qu'en riant. Il s'approcha de hide qui, craignant qu'il essaie encore de le poignarder, se mit tout de suite sur ses gardes. Mais Sugizo ne fit que tirer un brin de paille qui était resté accroché à ses cheveux en disant :
- Tu as une grande gueule comme tous les Italiens. Mais la faveur du roi ne durera peut-être pas, il a déjà montré qu'il ne suivait pas ton cher Molière sur tous les terrains. De plus…, il n'a pas l'air en forme. Tu devrais lui porter quelque chose de chaud, il fait froid dans les écuries ! Et une mauvaise grippe est si vite arrivée…et que deviendrez-vous sans lui ?
- Ne l'enterrez pas si vite, pour l'instant il est bien vivant et au sommet de sa faveur. Comme cela doit être effrayant pour vous…l'hégémonie de l'Hôtel de Bourgogne est enfin remis en question. La tragédie et la comédie vont pouvoir se battre à armes égales !
- A armes égales, non mais tu rêves ! La comédie ne sera toujours qu'un divertissement de pouilleux ! Si le roi a la faiblesse de la tolérer à la cour, ce n'est pas parce qu'il la trouve aussi haute que la tragédie. C'est parce qu'il a besoin d'un bouffon ! Molière n'est rien d'autre qu'un pantin grotesque dont il se sert quand il a envie de se changer les idées ! Les bouffons sont là pour qu'on rit d'eux et quand ils meurent personne ne les regrettent ! Ton Molière finira dans quelque fosse commune et le roi se dépêchera de prendre quelqu'un d'autre pour le distraire !
Le poing de hide partit tout seul dans la figure de Sugizo qui poussa un grognement de douleur. Mais hide regretta tout de suite son geste. Non pas parce qu'il avait fait du mal à Sugizo mais parce qu'il s'agissait d'une réaction de faiblesse. Il s'était senti faible et incapable de trouver quoi que ce soit pour le faire taire alors il avait usé des poings. Les autres se précipitèrent pour lui faire sa fête mais Sugizo les arrêta d'un geste.
Il se baissa vers hide, un rictus de colère sur son visage au nez saignant :
- Typiquement populeux…si nous n'étions pas à la cour, je finirais ce que j'aurais voulu faire la dernière fois au Petit-Bourbon. Prends garde…si Molière est difficile à atteindre pour le moment, toi tu ne l'es pas. Ta mort ne fera pas pleurer grand monde.
hide ne baissa pas le regard et tremblait de rage. Sugizo ordonna aux autres acteurs de le faire sortir et hide fut traîné brusquement hors du bâtiment non sans récolter des coups de poings et des coups de pieds à cause de sa résistance. Il fut jeté dehors, comme il avait voulu le faire un jour avec Sugizo. Une pure humiliation qui lui noua étroitement l'estomac. Sugizo avait gagné cette manche, il n'aurait pas dû s'énerver et montrer que ces paroles l'avaient atteint. Quel idiot… Et maintenant, la menace planait sur sa propre tête. Il le croyait capable de tout.
En le voyant revenir abîmé, Molière voulut savoir ce qui lui était arrivé. Il faillit se fâcher contre hide :
- Quel besoin avais-tu d'aller là-bas pour leur chercher noise ? Sugizo est un homme dangereux, tu le savais déjà ! Tu ne peux jamais t'empêcher de provoquer quand il ne faut pas !
hide ne put que baisser la tête sous les reproches. Molière soupira d'exaspération puis il reprit :
- Écoute... je veux que tu rentres à Paris. Retourne chez toi et tiens-toi tranquille jusqu'à nouvel ordre ! Je n'ai pas besoin que tu veilles sur moi, je ne risque rien ici et quand bien même, s'il devait m'arriver quelque chose, tu ne pourrais rien y faire ! Mais je ne veux plus te laisser en présence de Sugizo.
- Monsieur…je suis désolé…
C'était tout ce qu'il pouvait dire. Pour une fois, hide manqua de bagou et d'envie de se justifier parce que la colère de Molière lui faisait mal au cœur et qu'il sentait bien qu'il avait eu tort. Il faisait une mine si contrite que Molière posa la main sur son épaule, déjà radouci :
- Allez mon garçon. Fais attention à toi quand tu sors dans la rue. Reste chez toi et profite-en pour te reposer.
hide dut donc quitter Saint-Germain, le cœur lourd.
Mais il s'ennuya si vite, une fois arrivé chez lui qu'il n'hésita pas plus longtemps à profiter de la permission de Ninon de Lenclos. Il retourna donc passer ses soirées dans son salon.
L'homme aux yeux verts était toujours là. Il ne venait jamais vers hide et ce dernier n'osait pas s'approcher de lui. Mais leurs regards se croisaient souvent ce qui mettait hide dans grand trouble car il était d'une époustouflante beauté. Il avait des cheveux blonds et bouclés comme ceux des anges, des jambes élancées et un visage carré aux lèvres pleines. Ses yeux stupéfiaient hide qui n'en avait jamais vu d'une couleur aussi intense. Ces regards étaient très loin d'être innocents car il pouvait clairement y lire un désir grandissant. Si cet homme avait su qu'il était homosexuel, il lui aurait sûrement déjà sauté dessus.
Pour hide, la situation n'était pas facile du tout parce qu'il était vraiment très tenté. Toshi était loin, il ne le voyait pas souvent et cet homme était vraiment trop séduisant. Depuis un an et demi qu'il était avec Toshi, il avait toujours été d'une totale fidélité mais là, il se demandait vraiment si ce serait si grave que cela de s'autoriser une petite parenthèse. Après tout, ses sentiments restaient à Toshi non ? Ce serait juste une fois et ce ne serait que du physique !
A force d'entendre parler d'aventures diverses et d'amour inconstant dans ce milieu très libre, pour lui, il ne s'agissait pas d'une trahison. Il n'y aurait pas de relation suivie avec cet homme et Toshi n'en saurait rien.
Il se passa enfin du nouveau, une semaine après la première visite de hide dans cette maison. Tout le monde était réuni à la même table et cette fois, l'inconnu vint s'asseoir à côté de hide. Ce dernier respira discrètement pour masquer son trouble mais sous la table, il sentit une jambe se coller à la sienne. Cette fois, c'était du concret.
hide ne bougea pas pendant un moment, non pas par peur de se faire rejeter car il n'y avait plus le moindre doute sur les désirs de cet homme, mais parce qu'il se demandait encore s'il pouvait faire une entorse à son histoire avec Toshi. Comme elle était chaude cette cuisse pressée contre la sienne ! Il sentait sur son visage le regard vert qui lui mettait le feu aux joues.
Discrètement, sa main droite se posa sur la jambe de l'inconnu et aussitôt, ce dernier la saisit et la fit remonter le long de sa cuisse. hide eut soudain du mal à respirer et n'entendait plus un mot de ce qui se disait autour.
L'inconnu se pencha imperceptiblement à son oreille et sa voix fit courir un frisson dans le dos du comédien :
- Je vois que je ne m'étais pas trompé sur vous hide.
- Comment savez-vous mon nom ? demanda-t-il en tournant vers lui - bonté divine, vu d'aussi près, il était irrésistible !
Le jeune homme blond esquissa un sourire malicieux :
- Je vous ai déjà vu sur scène de nombreuses fois.
- Qui êtes-vous ?
- Je m'appelle Bélian. Je suis un simple soldat mais amateur de beauté et curieux de tout, c'est pour cela que je viens ici. Mme de Lenclos est toujours fort accueillante envers moi.
Accueillante oui…et sûrement pas que dans son salon, pensa hide. Ce qui n'avait rien d'étonnant car la beauté de cet homme aurait pu faire se damner une religieuse !
Bélian…un nom hors norme pour quelqu'un qui l'était tout autant. Il parlait d'une voix basse et grave en le regardant jusqu'au fond des yeux. hide ne put soutenir son regard durant les première secondes mais, bien décidé enfin à ne pas laisser passer une telle occasion, il garda le sien relevé et le soutint hardiment.
- Vous prenez beaucoup de risques. J'aurais très bien pu ne pas être ce que vous pensiez.
- Si vous ne l'aviez pas été, vous m'auriez sans doute reproché vertement de vous dévisager ainsi. Mais vous avez rougi et vous n'avez pas pu vous empêcher de m'observer vous aussi. Je ne suis pas si imprudent car j'ai agi en fonction de tous les signes que je recevais de vous.
hide en resta coi avec l'impression de s'être fait un peu manipuler. Néanmoins, il sourit et répondit :
- D'accord, vous êtes très fort !
Sous la table, les mains jouaient à des jeux dangereux et la soirée perdit totalement de son intérêt pour hide qui ne pensa plus qu'à entraîner Bélial dans un endroit beaucoup plus intime.
- Alors qu'attendons-nous pour partir d'ici ?
hide sursauta légèrement et regarda l'homme avec surprise tellement il avait eu l'air d'avoir lu dans ses pensées. Ce dernier expliqua avec amusement :
- Vous avez un visage vraiment très expressif qui reflète tout ce que vous pensez. Vous venez de jeter un coup d'œil si parfaitement ennuyé à la salle que j'ai compris que vous aviez envie de partir.
Cet homme était un redoutable observateur. C'en était même un peu inquiétant mais hide n'allait pas reculer pour si peu. Après tout, il n'avait rien à cacher et ce ne serait que l'histoire d'une nuit. Sans perdre davantage de temps, il se leva, suivi de Bélian et ils saluèrent leur hôtesse et l'assistance avant de s'en aller.
Ils ne se dirent presque rien tandis qu'ils marchaient l'un à côté de l'autre dans la pénombre. Ils savaient ce qu'ils allaient faire et ils en avaient aussi envie l'un que l'autre. Le cœur de hide battait d'excitation quand il coulait un regard vers la silhouette de son compagnon en pensant à ce qu'il devait y avoir sous ses habits.
Belian l'entraîna chez lui, dans un petit logis formé d'une antichambre et d'une chambre à coucher. C'est avec une bougie à la main que Bélian l'y introduisit. La bougie fut posée sur la table de chevet et un feu fut allumé dans la cheminée pour permettre d'y voir plus clair. Toute la pièce fut teintée d'une tremblotante lumière qui dessinait des ombres allongées sur les murs.
hide regardait le lit :
- Je préfère te prévenir : j'ai déjà quelqu'un et…
Mais soudain, Bélian l'attrapa par le devant de sa chemise. Il eut juste le temps de croiser ses iris d'absinthe avant qu'il ne lui administre un baiser qui ressemblait à une morsure et qui fit bouillir ses sens.
- J'aime les histoires brèves, répondit Bélian entre deux baisers.
Puis les vêtements commencèrent à tomber, prélude à une nuit de feu.
***************
- Parle-moi de celui que tu aimes.
hide n'aurait pas su dire quelle heure il était car les volets de la chambre étaient restés fermés et le feu dans la cheminée était éteint. Ce dont il était sûr, c'était qu'il venait de passer les heures les plus torrides de sa vie. Le corps de Bélian était un appel au vice, un ensorcellement perpétuel. Ils l'avaient fait dans toutes les positions possibles, aussi insatiables l'un que l'autre. Un ébat terminé, leur respiration reprise, ils se jetaient à nouveau l'un sur l'autre et les draps et le sol tâchés de sperme témoignaient de chaque orgasme.
Bélian venait de poser cette question d'une voix haletante tandis qu'ils étaient sur le lit, hide couché sur son dos et encore en lui. hide se retira et roula sur le côté en fermant les yeux. La fatigue commençait vraiment à se faire sentir mais quelle nuit ! Il n'était pas prêt de la regretter ! Il ferma les yeux et répondit :
- Il s'appelle Toshi. Il travaille comme jardinier à Versailles. On est ensemble depuis un an et demi.
- Tu l'aimes ?
- De tout mon cœur.
- Tu regrettes ?
- Non.
Bélian aussi était sur le côté mais il lui tournait le dos. hide se colla à lui et passa un bras autour de sa taille pour le caresser. Il l'entendit soupirer d'aise et le sentit réagir encore.
- Tu pourras te vanter d'avoir été mon meilleur amant. En général, ils n'arrivent jamais à me suivre aussi longtemps.
- Tu pourras te vanter de m'avoir fait découvrir que j'étais aussi endurant ! répliqua hide en riant.
Il ne voulait plus sortir de là. Il voulait rester dans ce lit chaud, contre ce corps sur lequel se promenaient inlassablement ses doigts.
hide n'aimait pas les peaux trop blanches comme celles des aristocrates mais celle de Bélian, bien qu'il soit blond, avait juste ce qu'il fallait de hâle. Il lui avait avoué qu'il allait souvent se baigner dans la Seine du côté du quai Saint-Bernard, un endroit où il était bien connu que les femmes allaient se promener pour se rincer l'œil à moindre frais. Comme soldat, il était agréablement musclé et sa croupe hide invitait à la débauche.
L'esprit cotonneux, il était en train de s'endormir mais Bélian était de nouveau excité par sa main qui continuait de le caresser. hide se retrouva retourné sur le côté opposé, une jambe relevée avec les mains de son amant sur ses fesses :
- Je suis fatigué…marmonna-t-il paresseusement.
- Moi aussi mais regarde dans quel état tu m'as mis, souffla Bélian contre sa nuque. Et puis je n'ai pas besoin que tu bouges.
hide le sentit entrer en lui une fois de plus et le laissa faire, dans un état de parfaite décontraction. Le plaisir diffus qu'il en ressentit le fit gémir doucement puis il glissa dans le sommeil après une délicieuse et dernière jouissance.
Il finit quand même par quitter l'appartement avec le sentiment de revenir d'une parenthèse hors du monde et du temps. La rue l'agressa presque lorsqu'il s'y retrouva ainsi que la lumière du soleil. Il était entré chez Bélian vers 22 h, on était le lendemain en fin d'après-midi.
1 Là j'invente, je précise ! XDD
