Bonjour à tous! Nous revoici pour le douzième OS !

Merci encore pour tous vos retour sur l'OS précédent. Mouton Noir, Mimi Kitsune, Amaeliss, Will McHope, Tristana379, Aliice-Klaine, Gargouilles, nathydemon. Vous lire me motive à continuer et à traduire davantage chaque jour, vous êtes en or !

Encore une fois, je ne fais que traduire les histoires de la merveilleuse Mssmithlove. Vous pouvez retrouver son travail original sur AO3: / series / 224537

Résumé: John va au même camp de vacances depuis des années. Mais sa dernière années avant d'aller à l'université, un nouveau garçon rejoint le camp et vient chambouler le monde de John.

Comme d'habitude, je vous laisse avec le petit mot de Mssmithlove:

Deux vilains petits anonymes m'ont envoyé ces délicieuses requêtes :

« J'espère que tu pourras écrire un teenjohnlonk où un Sherlock vierge se touche, découvre son corps en pensant à John et John, qui observait par le trou de la serrure, le rejoint et pleins de choses peu catholiques se produisent lol »

« Je me demandais si tu pouvais écrire un teenjohnlock qui se passerait dans un camp de vacance, John pourrait enfin apprendre à Sherlock ce qu'il ne sait pas. »

Voici le résultat. Faites-moi savoir ce que vous en aurez pensé !

Avertissement: Rien ne m'appartient, je ne fais que traduire l'histoire originale. L'univers de Sherlock et ses personnages appartiennent à Sir Arthur Conan Doyle et à la BBC.

Enjoy !


Seulement Pour Toi

« John ! Hey, Johnny ! »

Souriant déjà, main en visière pour lutter contre le soleil éclatant, Greg Lestrade s'avance vers lui, ses cheveux ondulent sous la brise, visage luisant d'excitation. Il n'a pratiquement pas changé depuis la dernière fois que John l'a vu, un an plus tôt, agitant la main par la fenêtre de la berline quatre portes de sa mère en criant 'À l'été prochain !'.

John sourit en retour, il s'était langui de l'été et de la familiarité de son ami pendant toute l'année. Il doit se réhabituer à la température, vivant le reste de l'année à Londres, mais revenir ici vaut bien d'endurer l'acclimatation encore une fois. Il rêve de cet endroit depuis des mois, il passe ses étés au camp depuis qu'il est gosse, dix semaines annuelles loin du bruit de la ville comme s'il était dans un autre monde. Il aime être ici. Il n'a rien à reprocher à Londres -il aime cette ville aussi. Mais John ne peut pas se lasser de la moiteur de l'air, des nuits étoilées et du ciel bleu dégagé. Ça le rend irrationnellement heureux.

Greg le frappe dans le dos en guise de salutation rituelle, souriant et riant et se racontant déjà les nouveautés des mois passés, même s'ils étaient restés en contact.

John remarque que les autres membres du camp les observent tous les deux, faisant timidement coucou ou murmurant des bonjours incertains. John est plutôt... populaire ici, à défaut d'autre terme. Il sait que c'est idiot d'en être fier. Il bénéficie de la même reconnaissance chez lui, les avantages d'être le capitaine de l'équipe de rugby et tout, mais c'est en quelque sorte différent ici.

Il s'est fait de bons amis et d'innombrables rencontres ici. Aussi bien filles que garçons, toujours partants pour un peu d'amusement sans conséquence. Il s'était même permis une paire de 'relations', si on pouvait les qualifier ainsi puisque la romance ne durait jamais plus de dix semaines. Mais dans tous les cas, John en avait profité. Il avait exploré, expérimenté, s'était sacrément dévergondé, et en avait aimé chaque minute. Ses conquêtes ne sont pas sans visage ou sans nom, mais il ne s'y est jamais réellement attaché. C'est du plaisir mutuel. C'est l'endroit idéal pour ce genre de choses. C'est ici que John s'est véritablement découvert.

Et c'est son dernier été avant d'en finir avec la Terminale et de commencer l'université. Il devait faire de ces dix semaines quelque chose de spécial.

Il s'était préparé pendant toute l'année pour profiter du meilleur été qu'il pourrait imaginer.

« Bon, j'ai déjà tâté le terrain, » jacasse joyeusement Greg après avoir déposé leurs bagages au cabanon qu'ils partagent depuis plusieurs années, se traînant au chalet principal pour assister à la fête de bienvenue. « Les habitués sont encore là. Sarah aussi. » Greg offre un regard entendu à John. « Toujours aussi canon. »

John glousse, haussant les épaules avec nonchalance. Il n'est pas du genre à se vanter de ses conquêtes, il en parle même difficilement en face à face -il n'est pas salaud et il tente de rester ainsi- mais ça ne fait qu'alimenter sa réputation. Et Greg, en qualité de meilleur ami, aime beaucoup le lui rappeler.

Greg lève un sourcil. « Ou tu es plutôt branché garçons, cet été ? »

« Va chier, » rit John, bousculant Greg.

Ricanant, Greg fourre ses mains dans ses poches. « Oh, et il y a un petit nouveau dans notre tranche d'âge. Je l'avais encore jamais vu, juste eu quelques infos dans un mail de Molly. »

John plisse le front, réalisant qu'il n'avait pas eu le temps de vérifier sa boîte mail avant de sauter dans le train. « Vraiment ? »

« Je crois que Molly va dans le même lycée que lui, » répond Greg. « Elle a dit qu'il était euh... intense, je suppose ? Trop intelligent pour son propre bien, apparemment. »

John acquiesce. Les nouveaux arrivants sont toujours intéressants.

Ils franchissent l'entrée avec le reste de la foule, des mains frottent amicalement les épaules de John et des sifflements atterrissent à ses oreilles. C'est bon d'être de retour.

« John ! Greg ! » La voix de Molly Hooper couvre le bruit ambiant avant même qu'ils ne puissent la voir mais John sourit déjà. Molly et Greg sont les seuls campeurs pour lesquels John n'a jamais eu d'attirance physique. Ils sont ses amis, rien de plus, et il ne veut pas qu'il en soit autrement. Ces trois-là étaient devenus très proches durant toutes ces années, restant en contact par mails et John aime croire qu'ils seront toujours amis.

Molly se jette à son cou. « C'est bon de te revoir ! » gazouille-t-elle, l'attirant dans une embrassade étouffante avant de le relâcher et de faire endurer la même chose à Greg. « Bon sang, vous avez déjà bronzé ? »

John rit. « heureux de te revoir aussi, Molls. »

Elle les fixe, des larmes se forment dans ses yeux. « C'est notre dernier été, les gars, » murmure-t-elle, tendant à nouveau les bras et attrapant leurs mains. « Comment suis-je supposée avancer sans savoir si je reverrai mes deux idiots préférés les étés qui suivront ? »

C'est assez douloureux de voir Molly dans son état, mais John continue de sourire d'un air rassurant. Particulièrement parce que Greg renifle à ses côtés. « On fera en sorte de se revoir, » lui souffle-t-il.

Greg fond sur eux pour un autre câlin et John ne peut s'empêcher de rire encore. Ses amis sont vraiment mignons.

C'est à ce moment-là qu'il le voit.

Le nouveau campeur.

Il ne peut qu'être nouveau.

Personne ne lui ressemble, ici.

Il se tient juste à la droite de Molly, mains derrière le dos, tirant sur son t-shirt vert foncé. John ne sait pas si c'est la couleur du tissu ou la noirceur des boucles encadrant son visage qui le fait sembler si pale et maigre. Mais Dieu tout-puissant, ça ensorcelle John. Jean fuselé sur des hanches étroites, épousant les angles du corps grand et dégingandé de l'inconnu. John se mord fort la lèvre, ses yeux épousent chaque courbe et chaque ligne de cette sublime créature, s'attardant sur les muscles discrets et les jonctions où les os se rencontrent. S'imaginant silencieusement courir sa langue sur ce long cou et cette mâchoire aiguë, le regard de John découvre des pommettes de plus en plus roses. John ne peut pas s'empêcher de s'humecter les lèvres face à ce spectacle avant de se rendre compte de la raison de ce rougissement. Il trouve les iris bleu ciel du bel étranger qui détaillent John également, paupières écarquillées, le garçon est bouche bée, comme comiquement choqué.

John ne saura jamais pourquoi il est si attiré, mais que Dieu ait pitié, il l'est. Que quelqu'un de si incroyablement magnifique soit surpris par l'effet qu'il a sur autrui, c'est foutrement sexy.

John sourit narquoisement et se vêtit de son charme habituel, décidant qu'il ne désire rien plus que poser ses mains sur ce joli garçon et voir les autres expressions dont il est capable. Sa proie détourne immédiatement le regard, rosissant davantage au niveau du cou, ses yeux détaillent le sol.

John rit, il amorce un pas en avant mais Molly le retient.

« Les gars, je voudrais vous présenter un de mes amis. Voici Sherlock Holmes, » déclare-t-elle en désignant la tomate derrière elle. « Viens par-là, toi, » le taquine-t-elle comme il semble hésiter.

John ressent une pointe de culpabilité, se demandant s'il l'a rendu mal à l'aise. Il tend la main. « Ravi de te rencontrer, Sherlock, » dit-il avec le sourire le plus brillant de sa collection. « Bienvenu au camp. »

Les commissures des lèvres de Sherlock se courbent en un petit sourire timide. « Merci, » bredouille-t-il, secouant fermement la main de John.

De petites impulsions électriques traversent John, la pulpe de ses doigts vrombit contre la peau souple. Sherlock est aussi doux qu'il en a l'air, mais il est chaud, des ondes de chaleur émanent de lui. C'est enivrant et John doit lâcher sa main avant de faire quelque chose d'embarrassant.

Sherlock laisse tomber sa main à son flan et regarde au loin.

John est fasciné par chacun de ses mouvements.

« Sherlock est mon meilleur ami au lycée et indéniablement le plus intelligent de la classe, » annonce fièrement Molly, examinant du coin de l'œil le garçon qui, à la surprise de John, lève les yeux au ciel.

Insolent. Quand il est dans sa zone de confort.

« Molly, » la réprimande tout bas Sherlock.

Molly renâcle. « Oh pitié, tu sais que c'est vrai. Tu es le premier à t'en vanter. »

John saisit l'occasion. « Le plus intelligent du lycée, hein ? »

Sherlock baisse la tête. « Enfin, quand les autres lycéens sont si stupide, ce n'est pas très compliqué. »

John s'immobilise un instant avant de jeter sa tête en arrière et d'éclater d'un rire retentissant. Insolent et sexy. John pourrait définitivement apprécier.

Sherlock semble déstabilisé et à court de mots, lançant des petits regards désarçonné à Molly.

John se mord la lèvre pour retenir son rictus.

Oh oui, ce sera définitivement un été délicieux.

John ne peut pas s'en empêcher.

« Tu as déjà repéré ton chalet ? » demande-t-il effrontément. « Je peux te le montrer si tu as ton numéro. »

Sherlock secoue la tête, reculant légèrement. « Non, je- je l'ai. Je pense que je dois assister à la visite du camp, vu que c'est ma première année. » Il désigne un point invisible derrière son épaule avec son pouce.

John opine. La visite est obligatoire pour les nouveaux, mais ça n'empêche pas son estomac de se tordre de déception. Il veut rester à proximité de ce ténébreux jeune homme. Il veut lui parler et le faire encore rougir. Il veut voir ce qu'il se passerait s'ils se retrouvaient seuls tous les deux.

Pour le moment, John agite sa main et suit Molly et Greg jusqu'à leur section, déjà plongé dans ses plans futurs.

Ils s'assoient tout juste que Molly se tourne vers John. « Ne foire pas avec lui, John, » le gronde-t-elle immédiatement. « J'ai vu comment tu l'as regardé. Je suis sérieuse. Il est très timide et n'as aucune expérience avec... ce genre de choses. »

John fronce les sourcils. « Quoi ? Molly, je ne ferais jamais- »

« Je sais, » dit-elle avec un geste de compréhension. « Je sais que tu ne le ferais pas exprès mais juste... ne fais juste pas ce que tu as l'habitude de faire avec les autres. Il n'est pas comme les autres. Il n'est pas... il n'aime pas... fricoter avec des gens. Et je suis absolument certaine qu'il est vierge. »

Il devrait avoir honte, il le sait, mais John salive malgré lui. Cette magnifique créature est... vierge ? N'a jamais été avec quelqu'un de cette manière ? N'a jamais été... n'a jamais été touché ?

Mon Dieu, c'est insensé, il le sait. C'est insensé à quel point il trouve ça excitant. D'être le premier à poser ses mains sur cette peau laiteuse, ces lèvres sensuelles, à courir ses doigts dans ces boucles rebondies... Merde.

« Hey ! » Molly claque des doigts devant ses yeux. « Je suis sérieuse, John. Garde-la au fond de ton caleçon. »

« Quelle poésie, » réplique John, légèrement irrité.

Greg siffle un rire à côté de lui.

Molly soupire lourdement. « Je te demande juste... d'être prudent. Il n'a commencé à être à l'aise avec moi que depuis quelques mois et il ne semble pas avoir ce genre... d'attirance. »

« Okay, » se rétracte John. Il est un peu offensé, pour être honnête. Il n'avait jamais blessé quiconque s'il pouvait l'éviter. « Tu agis comme si je me tapais tout ce qui bouge. »

Molly secoue la tête. « Désolé, ce n'est pas... ce n'est pas ce que voulais sous-entendre. » Elle examine ses mains posées sur ses genoux, semblant reconsidérer ses mots. « Ne le... ne le fais juste pas souffrir. D'accord ? »

La manière dont elle le dit serre le cœur le John. Le fait prendre du recul et réévaluer la situation.

« D'accord, » répond-il doucement. « Est-ce que... est-ce que tu vas bien, Molls ? »

Elle opine, les yeux toujours fixé sur son giron. « Il... a des périodes difficiles au lycée. Il est brillant, vraiment brillant, et les autres ados... ils ne l'aiment pas. Il s'en prend plein la face et il ne mérite pas ça. Absolument pas. Les gens ne... Ils ne le comprennent pas. » Elle lève les yeux et plisse les paupières. « Donc, je compte sur vous deux pour bien le traiter cet été, d'accord ? C'est comme si vous dirigiez cet endroit,et je veux qu'il... s'amuse, je suppose. Montrez-lui ce que ça fait quand... les autres vous aiment. Sans avoir à s'inquiéter de se faire cogner. Okay ? »

Greg hausse les épaules. « Bien sûr. »

John acquiesce également. « Pas de souci. » Il tapote le bras de Molly. « C'est si mauvais que ça ? »

Molly hoche la tête. « Ouais. C'est horrible. »

Quelque chose remue dans les entrailles de John, il n'aime vraiment pas cette sensation.

Il ne sait pas exactement pourquoi. Il n'a pas à éprouver une quelconque sorte de fidélité pour Sherlock Holmes.

John décide de refouler cet engouement qu'il a développé pour Sherlock, déterminé à laisser ce pauvre gamin harcelé profiter d'un été qu'il ne pourra jamais oublier.


Ça ne fonctionne pas.

Il a essayé.

Vraiment, il a essayé.

Il a essayé de ne pas remarquer le rose pâle sur les joues de Sherlock le matin, pendant le petit-déjeuner. Il a essayé de ne pas remarquer la manière dont les lèvres boudeuses de Sherlock s'attardent sur sa cuillère ou sa fourchette quand ils mangent. Il a essayé de ne pas penser au soyeux capharnaüm des boucles foncées dans la brise légère de la fin d'après-midi. Il a essayé de ne pas remarquer le rire doux de Sherlock quand John fait une blague, comme s'il ne savait qu'il avait l'autorisation de s'en amuser, baissant la tête pour cacher les secousses de ses épaules.

John a essayé.

Et essayé.

Et essayé.

Et ça commence à l'éreinter.

À le rendre fou.

Sherlock a un débit de parole hallucinant. Sherlock a des anecdotes, des connaissances et des histoires. Sherlock rougit et sourit et laisse parfois s'égarer son regard sur le torse de John ou ses mains ou ses cheveux. Il semble en être parfaitement inconscient et quand John le surprend, il détourne les yeux, visage brûlant et doigts crispés.

John l'a même déjà aperçu souffler une respiration tremblante pour se recomposer.

C'est foutrement adorable.

Et foutrement ensorcelant.

Avoir ces yeux pénétrants et troublants fixés sur lui, ce corps intact penché imperceptiblement vers lui, ces lèvres rosées illuminées d'un petit sourire... ça rend John complètement dingue.

Il a déjà été attiré par plein de personnes.

Séduit par les regards de quelqu'un ? Bien sûr.

Intrigué ? Absolument.

Excité par quelqu'un ? Certainement.

Désireux de quelqu'un au point qu'il pourrait se consumer ?

Non.

Ce n'est jamais arrivé à John Watson.

Il commence à psychoter.

Mais il tient sa promesse. Il a promis à Molly qu'il serait prévenant avec Sherlock et il compte bien rester fidèle à sa parole. Il tiendra sa promesse.

Ou, en tout cas, il continuera d'essayer.


Ça fait treize jours. Après deux petites semaines, des nuits passées à la belle étoile à manger des glaces, à glousser aux histoires d'expériences ratées et d'explosions de salles de classe de Sherlock, après des jours et des jours ensemble à rire, à parler, et sans flirter une seule fois, John n'en peut plus.

Tout le monde est présent au feu de joie. John a enfilé la veste de rugby bleue qu'il a ramené de chez lui, sirotant un verre de jus et observant la danse des flammes, c'est son moment préféré de la journée. Les quartiers libres après le dîner sont de loin les meilleurs moments du camp.

John fait de son mieux pour ne pas regarder Sherlock de l'autre côté du bûcher qui crépite. Il fait de son mieux pour ne pas voir la réverbération des flammes sur sa peau marmoréenne, y propageant différentes nuances d'orange et le rendant encore plus mystérieux et sacré.

John plonge une main dans sa poche, serrant le poing autour du tissu, essayant de détourner son attention des autres personnes qui semblent avoir jeté leur dévolu sur Sherlock. John a obéi à Molly et a présenté Sherlock aux autres campeurs, il voulait qu'il se sente bien accueilli. Quelques uns sont gentils avec lui. D'autres sont une peu trop gentils au goût de John.

Spécifiquement un que John rêve d'étrangler dans la seconde.

Sherlock est assis sur un tronc à côté de Jackson Evans, qui se rapproche de plus en plus, comme au rythme des respirations furieuses de John. Jackson chuchote quelque chose et Sherlock, au plus grand désarroi de John, rit. Il jette sa tête en arrière, ses boucles s'agitent dans le mouvement, et rit avec sincérité.

Et quelque chose en John s'ébranle.

Treize jours.

C'est tout ce qu'il a pu endurer.

Il se rend à peine compte qu'il enserre trop fort son verre à moitié vide. Il se rend à peine compte que Greg lui demande s'il va bien. Il se rend à peine compte que Molly le dévisage suspicieusement.

Tout ce dont il se rend pleinement compte est que Sherlock rit avec un autre garçon, assis près de lui comme s'il était à l'aise, comme s'il était en train de putain de s'amuser et c'est tout simplement non. Non, c'est simplement hors de question. Pas moyen.

John se lève, contournant le bûcher et avançant vers cette petite réunion Tupperware, et s'arrête directement en face de Sherlock. Qui semble surpris de le voir arriver.

« John ? » demande-t-il en haussant un sourcil.

« Je peux te parler une minute ? » grince John entre ses dents, ses mots sont plus secs qu'il ne l'avait voulu, lançant un regard assassin à un Jackson trop curieux.

Ouais, Jackson Evans avait clairement des plans pour ce soir.

Pas bon du tout.

« Euh- ou-ouais, » répond Sherlock, gigotant de cette façon qui le rendait si adorable aux yeux de John.

Le garçon aux cheveux bouclés hésite un moment, essayant de savoir ce qu'il est supposé faire du verre qu'il a en main, et John se retient physiquement d'attraper Sherlock par son sweartshirt, le tirer sur ses pieds et le traîner au loin.

C'est un sentiment dévastateur et John frissonne.

Il perd son sang-froid.

« C'est bon ? » aboie-t-il alors que Sherlock se lève.

Sherlock opine vaguement et c'est tout ce dont John a besoin pour tourner les talons et s'enfoncer dans les bois. C'est sombre et ça les tient à l'abri des yeux et oreilles indiscrets du reste des campeurs mais ce n'est pas suffisamment profond pour qu'ils s'y perdent. C'est l'endroit parfait pour-

« John, tu vas bien ? »

C'est avec cette question si innocente que John atteint sa limite alors qu'ils s'insinuent dans les ténèbres, mains se tendant déjà pour s'emparer de n'importe quoi. Un poignet, un pan de vêtement, même une mèche de cheveu ferait l'affaire car John pourrait exploser s'il ne touchait pas Sherlock Holmes dans la seconde.

« John- » halète Sherlock comme les doigts de John se referment sur le coton épais et qu'il le plaque -gentiment- contre l'arbre le plus proche, poussant sur sa poitrine jusqu'à ce que son dos percute l'écorce. « John, qu'est-ce que tu- »

« Je ne peux plus me retenir, » inspire John, sa tête tourne quand il s'aperçoit de la distance ridicule qui sépare leurs bouches alors qu'il se coulisse sur lui. Leurs corps s'imbriquent parfaitement. « Je ne peux pas... tu ne peux pas... ne parle à personne. Ne parle à personne d'autre, » babille-t-il insensément, et même lui sait que c'est insensé car il peut entendre l'absurdité, le désespoir, la possessivité de ses mots mais il ne peut pas... il ne peut pas-

« Je ne peux pas... parler aux autres ? » expire Sherlock en réponse, yeux grands ouverts, fixant les lèvres de John en parlant, y projetant son souffle chaud.

« Ni regarder, » gronde John. « Ne regarde personne non plus. Ne leur parle pas et ne les regarde pas. Ne... ne fais rien du tout. »

« P-pourquoi ? » bégaie Sherlock tout bas, s'humectant les lèvres. « Pourquoi ne p-puis-je pas... regarder ou parler à quelqu'un ? »

Un petit bruit de colère roule de lui-même dans la gorge de John, il ne peut pas l'arrêter. Sa vision devient floue. « Parce que... Merde, parce que tu devrais être à moi, » mord-il et il fond sur les lèvre moelleuses de Sherlock avant qu'il ne puisse comprendre ce qu'il se passe.

Mon Dieu, il est doux. Si doux, ses lèvres humides pressées sur celles de John, son corps se plie docilement alors que John l'assaille de sa propre carrure, ses mains trouvent les avants-bras de John alors que celles de John sont toujours verrouillées au tissu du vêtement de Sherlock. John le pousse encore davantage, scellant définitivement son dos à l'arbre, un genou se glissant entre les cuisses de Sherlock. Il capture la lèvre inférieur de Sherlock entre les siennes et l'aspire dans sa bouche, lui soutirant un petit gémissement qui résonne à travers tout le corps de John, coulant dans ses veines pour se diriger directement à son entre-jambe, sa verge tressaille d'intérêt.

John grogne, ses mains lâchent prise et viennent s'emmêler aux boucles indisciplinées de Sherlock, entortillant ses doigts dans ce qui ressemblait à de la soie et maintenant la tête de Sherlock en place pendant qu'il explore sa bouche. Sa langue titille la jonction des lèvres, les séparant et s'y faufilant. La respiration de Sherlock est ardente et lourde dans la bouche de John. Il fait de son mieux pour ne pas sourire quand la langue de Sherlock tente de s'accorder à la sienne, l'effleurant gentiment, timidement, comme s'il n'était pas sûr de ce qu'il faisait.

Oh.

Oh bordel.

John recule, luttant contre ses instincts primaires qui lui dictent de saisir, de prendre et de faire, il renonce aux bouclettes suppliciées par ses doigts. Il avale de grandes goulées d'air, essayant de se calmer et de comprendre ce quu vient de se passer. Ses paupières papillonnent pour s'ouvrir.

Et la respiration qu'il pensait avoir régulé quitte à nouveau ses poumons, frappé dans les côtes par ce qu'il voit.

Sherlock est pantelant contre l'arbre, yeux encore clos, visage rouge jusqu'au cou et sous le sweatshirt, mains toujours sur les hanches de John, le corps comme aimanté vers l'avant, attiré irrémédiablement par John.

Plaçant ses mains sur celles de Sherlock, il en défait la poigne et lace ses doigts à ceux de Sherlock. « Désolé, » chuchote-t-il, bien qu'il ne se sente absolument pas désolé de l'avoir embrassé. Il est, cependant, désolé d'avoir attaqué la bouche de Sherlock sans sa permission, d'autant plus qu'il sait que l'autre n'a aucune expérience dans ce domaine. Une pique de culpabilité se plante dans ses entrailles.

Sherlock secoue frénétiquement sa tête pleine de boucles. « N-non, ne le sois pas... ne sois pas désolé, » murmure-t-il, ses joues s'assombrissent alors qu'il ose enfin regarder John. « J'ai... j'ai apprécié. »

John ricane. Il ne devrait pas être aussi captivé par ce garçon innocent, mais que Dieu lui vienne en aide, il l'est. Il ne devrait pas vouloir faire toutes ces choses dont il fantasme depuis deux semaines. Il ne devrait pas vouloir- mais grand Dieu, il veut. Il veut.

« Je-je suppose que je devrais te le dire, » marmonne Sherlock, ses doigts se contractant autour de ceux de John comme s'il avait peur de gâcher quelque chose en parlant. « Je ne suis pas... je n'ai jamais... fait quoi que ce soit. »

John ne saura jamais comment une telle déclaration peut être à la fois adorable et sexy, mais ça ne le dérange pas le moins du monde. « Okay, » répond-il, se penchant pour déposer un baiser sur la pommette de Sherlock.

Sherlock fixe ses pieds, il semble tourner sept fois sa langue dans sa bouche. « Je veux dire que je... je ne... je n'ai jamais... je suis... »

« Vierge ? » propose délicatement John.

Sherlock garde la tête profondément baissée, une légère secousse du crâne comme seule réaction au mot.

« Hé bien, » amorce John, pressant ses lèvres à l'oreille de Sherlock et y exhalant un souffle moite, « je pourrais... t'apprendre. »

Il obtient immédiatement l'attention du garçon. Sherlock relève brusquement la tête, les yeux fouillant le visage de John dans la pénombre pour trouver les siens. « Quoi ? »

John sourit narquoisement. Il agit comme un enfoiré arrogant et il le sait. Mais la réaction de Sherlock ne fait que nourrir son ego. « Tu m'as très bien entendu, Bébé, » ronronne-t-il, haussant un sourcil présomptueux.

« Tu... tu veux faire ça ? » Sherlock sonne incrédule, choqué, mais en même temps ravi, bouche bée de surprise, pupilles dilatées.

John renifle. Parce que vraiment, c'est la seule réponse envisageable à donner à l'être humain le plus séduisant sur lequel il ait jamais posé les yeux quand celui-ci est surpris que quelqu'un soit intéressé par lui. « Oui, Sherlock, » répond John, baissant délibérément son regard aux lèvres de Sherlock et mordant les siennes. Sa voix a perdu des octaves. « J'adorerais t'apprendre. »

La manière dont les lèvres de Sherlock se courbent pour former un adorable 'o' donne à John l'envie de se jeter à nouveau sur lui, de dévorer cette bouche chaude et pure, de glisser sa langue entre ces lèvres et de tâter ce goût de fumée mélangé à la douceur du jus qu'il avait siroté.

C'est divin.

La précieuse langue de Sherlock se faufile à son tour dans la bouche de John, dans une tentative de participer, de toucher. Il laisse échapper un doux gémissement quand John vient à sa rencontre à mi-chemin, appuyant contre le muscle demandeur et prenant. Sherlock brise le baiser, haletant, cramponné à la veste de John, respirant lourdement à son oreille tandis que John descend le long de sa gorge.

« J-John- » bégaie Sherlock, tendant le cou pour accentuer le toucher de John. « Veux-tu... veux-tu commencer maintenant ? »

John glousse contre la peau de Sherlock car il ne peut pas croire que ça lui arrive vraiment. Ce jeune homme parfait est prêt à le laisser... Seigneur, il est prêt à le laisser prendre. Il s'était déjà envoyé en l'air une myriade de fois mais ça... il y a quelque chose de différent. Quelque chose de très bon et de très sale.

« Pas ce soir, » susurre John, plantant des baiser sur la mâchoire de Sherlock. « Trop de monde aux alentours. »

Sherlock commence à opiner, mais s'immobilise soudainement. « Je... je m'en fiche. »

C'est au tour de John de se statufier.

Pas si innocent qu'il en a l'air, finalement.

Toujours inexpérimenté.

Mais un peu plus perverti que ce qu'avait anticipé John.

« Mm, » fredonne John, traînant ses lèvres au lobe de Sherlock. « Tu es vilain, Sherlock ? »

Le garçon aux cheveux bouclés hésite, agrippe plus fermement le tissu dans ses poings, comme s'il n'était pas sûr de ce qu'il devait répondre. John frotte sa joue du bout du nez et lui offre une porte de sortie.

« Parce que j'adorerais faire de toi mon vilain garçon, » gronde John, léchant l'épiderme sensible sous l'oreille.

Il entend la déglutition difficile de Sherlock, il suit le mouvement de la pomme d'Adam avec sa langue.

« Oui, » croasse Sherlock. « Mon Dieu... oui, John. »

Bon sang. John ne peut pas réprimer le grognement qui glisse de ses lèvres, ces mots sont les plus obscènes qui puissent exister.

« Demain soir, alors ? » murmure John contre le pouls inégal de Sherlock.

Sherlock acquiesce, orientant sa tête pour pouvoir chuchoter à l'oreille de John. « Oui. »


Il se sent un peu comme un prédateur guettant sa proie. Il observe tel un rapace, yeux vifs, à la recherche de boucles sombres et de peau pâle.

Il ne le voit pas.

Même pas un jour après l'avoir peloté à en perdre haleine, John ne voit plus Sherlock.

Toute cette foutue journée, John l'a passée à peine assis sur le rebord de son siège, à attendre que ce grand et magnifique garçon fasse son apparition, pour pouvoir s'emparer de lui en bonnes et dues formes.

Il a beau attendre, ça n'arrive pas.

Il voit Molly le dévisager.

Il voit Greg le fixer curieusement.

Il ne voit pas Sherlock.

Et honnêtement, ça le rend anxieux.

Après le feu de joie de la nuit dernière, John trépigne comme un animal en cage, recroquevillant ses orteils d'anticipation.

Mais il ne voit toujours pas les yeux verts translucides ni les lèvres pleines.

Il voit tous les foutus membres du camp, mais pas Sherlock.

Et ce n'est pas bon.

Il se hisse sur ses pieds, ignorant Greg qui l'apostrophe, et prend le chemin du cabanon de Sherlock.


Les nuits sont vraiment calmes au camp. La plupart des campeurs passent leurs quartiers libres au feu de joie, certains profitent de la pénombre pour se faufiler sans être vus et faire des cochonneries. John est assez familier avec cette pratique. Assez peu de campeurs restent dans leur cabanon.

Mais apparemment, ça reste d'usage pour au moins un.

Une faible lumière filtre par la fenêtre du cabanon de Sherlock, indiscernable si on n'est pas à sa recherche bien précise. Il ne fait pas encore totalement noir dehors, mais c'est en bon chemin. John devrait pouvoir avoir un aperçu de l'intérieur en se mettant sur la pointe des pieds.

Il se statufie face au spectacle qui s'offre à lui.

Une longue et pâle silhouette est allongée sur la couchette inférieure du lit superposé à l'autre extrémité de la chambre. Torse parfaitement nu, boxer en soie marron pour seul contraste avec la peau marmoréenne, Sherlock Holmes est affalé sur son lit, comme un festin sur lequel John veut courir son regard et ses mains et sa langue. Les mains de Sherlock sont perdues dans ses cheveux, yeux clos, lèvres entrouvertes. Il commence par traîner ses doigts sur ses joues, puis le long de son cou. Sa bouche s'élargit quand la pulpe de ses doigts rencontre son pouls. Il abaisse davantage ses mains, parcourt sa poitrine, pinçant ses mamelons au passage. La bouche de John est remplie de salive en voyant Sherlock explorer seul son propre corps, haletant en passant sur les zones sensibles.

Le jean de John devient insupportablement serré mais il ne peut pas détourner les yeux. Il ne peut pas arrêter de regarder cette sublime créature se découvrir.

Ces longs doigts habiles atteignent le ventre, les muscles tressaillent au contact, sa cage thoracique se soulève et retombe de plus en plus vite au rythme des mains qui serpentent.

Il touche l'élastique du sous-vêtement et hésite l'espace d'un instant avant de se glisser sous la soie.

John s'étouffe presque en grognant alors que Sherlock arque le dos contre le matelas, ses bouclettes tombent sur son front, le bruit qu'il pousse est audible même à travers le verre de la vitre.

John est sûr qu'il bave. Il mord fort sa lèvre pour enfermer ses propres sons, il fourre ses mains dans ses poches pour se retenir de se toucher aussi. Il se contente d'observer. Simplement observer Sherlock expérimenter les sensations éprouvée quand on titille des tétons, la main se mouvant lentement dans son boxer, le corps ondulant à chaque pique de plaisir.

John n'en peut plus. Les doigts de John devraient pincer les mamelons de Sherlock. La main de John devrait monter et descendre sur le sexe de Sherlock. C'est sur le corps de John que devrait onduler celui de Sherlock.

Et avant même qu'il ne le réalise, ses pieds le guident à la porte d'entrée du cabanon. Il ouvre la porte à la volée sans même y penser. « On commence sans moi ? » lance-t-il pour seule annonce de sa présence, claquant la porte derrière lui.

Sherlock se redresse immédiatement sur sa couchette, se cognant presque aux lattes du lit supérieur, extrayant machinalement sa main de son sous-vêtement et saisissant la couette pour se couvrir. « Je-je... désolé, je- »

Oh non.

Non, certainement pas.

John fond sur lui avant qu'il ne parvienne à cacher son corps magnifique, lui arrache la couverture. « N'y pense même pas, » gronde John. « Laisse-moi te finir. »

Sherlock arrête immédiatement de lutter, son corps se plie à sa volonté alors que ses pupilles se dilatent. « John, » croasse-t-il.

John enlève déjà ses chaussures et dézippe sa veste, la faisant voler d'un seul geste. Il rampe sur Sherlock, poussant sur ses épaule pour qu'il se rallonge, yeux larges comme des soucoupes.

John se lèche les lèvres. « J'ai promis de t'apprendre. Je ne savais que tu commencerais ta leçon sans ton professeur. » Il se penche pour déposer un baiser sur le sternum de Sherlock.

Le souffle de Sherlock est haché. « Désolé, » murmure-t-il. « Je ne voulais pas... Je veux dire, je n'ai jamais... Je ne voulais pas... céder trop tôt la première fois que tu... me toucherais. »

John n'arrête pas ses baisers langoureux le long du torse de Sherlock tout en essayant de déchiffrer cette phrase sans queue ni tête. Il peut à peine réfléchir, son esprit a éliminé tout ce qui n'est pas peau douce, côtes saillantes et quelque chose de plus dur en bas-

Oh.

Oh, Sherlock.

« Tu ne voulais pas jouir trop vite ? » demande John pour être sûr, administrant une grande lampée jusqu'à un mamelon rose.

Une main hésitante se coulisse dans ses cheveux, sans tirer ni même s'y accrocher. Reposant simplement sur sa tête, passant les doigts entre les mèches courtes. John peut sentir que Sherlock hyper-ventile.

« Je m'en serais foutu, » chuchote John, se traînant au pectoral, sa main glisse sur le ventre de Sherlock. « J'aurais été honoré que tu viennes vite. C'est ce qu tu veux, pas vrai, Sherlock ? Tu veux que je te fasse jouir ? »

Le gémissement qui sort de sa bouche est la seule réponse dont John a besoin pour se saisir du sexe de Sherlock.

Les hanches de Sherlock se projettent d'elles-même vers l'avant, ses mains retombent sur le matelas et se crispent sur la couverture. Il manque d'air alors que John le masturbe.

« Bien, nous pouvons commencer, » murmure John, tenant sa promesse d'apprendre à Sherlock tout ce qu'il doit savoir du le sexe. « Je peux te finir tranquillement, avec juste ma main. Je peux te branler jusqu'à ce que tu souilles les draps, si c'est ce que tu veux. » Son pouce effleure le gland et un pleur guttural retentit. Sherlock tète sa lèvre inférieure, gardant les paupières bien closes pour se concentrer. Il essaie clairement de se retenir.

John ricane. « Ou, » crâne-t-il, appliquant une torsion du poignet insolente et se penchant pour plaquer sa bouche à l'oreille de Sherlock. « Je pourrais te sucer. Je pourrais te mettre dans ma bouche. Te sucer jusqu'à ce que tu jouisses dans ma gorge. Le choix est- »

Un liquide chaud se répand dans son poing. Le corps pris de convulsion, Sherlock se mord si fort la langue que John craint qu'il transperce la peau. Il reste silencieux, bien que les muscles de sa gorge soient tendus à l'extrême.

John doit l'avouer, c'est assez décevant. Jusque là, tous les sons qu'il provoquait chez Sherlock étaient exquis. Ils faisaient frémir John à chaque fois, ses murmures, ses geignements, ses soupirs haletants. Ils sont si beaux et sexy.

« Bon ? » chuchote John, planant au-dessus du corps de Sherlock. Il libère la lèvre inférieure suppliciée de l'autre à l'aide de son pouce. Le garçon cligne rapidement des cils, sa poitrine monte et descend fébrilement alors que son regard se fixe sur John. Sa bouche s'ouvre et se referme pour trouver des mots avortés, si bien qu'il abandonne et se contente de hocher le chef.

John rit. « Tu sais, » susurre-t-il sur sa bouche, « tu peux faire du bruit, si tu veux. C'est parfaitement autorisé. Et ça peut rendre l'autre très très dur. » Il presse son érection toujours emballée dans son jean contre une hanche osseuse.

Les paupières de Sherlock s'entr'ouvrent, ses iris gris chatoyant s'assombrissent. « John, » gronde-t-il lourdement « Je... J'aimerais... te toucher. »

C'est au tour de John de se mordre la lèvre et d'acquiescer, parce oui, mon Dieu oui, oui oui oui. Il roule et s'allonge à côté de Sherlock. Il décide qu'il serait plus prudent de garder les rênes, puisque Sherlock s'assoit et dévisage le renflement de son pantalon avec insistance, yeux larges comme des soucoupes, joues brûlantes.

John sourit et déboutonne son jean, descend la fermeture éclair. Il enlève d'un seul geste pantalon et boxer et se prend lui-même en main. Sherlock reste immobile comme une statue, observant la verge de John, dure et luisante sous sa poigne.

John ne peut pas s'empêcher de le taquiner. « Tu veux participer ou tu préfères regarder ? »

Les beaux yeux de Sherlock rencontrent ceux de John, il ne trouve toujours pas ses mots. Il parcourt de nouveau le corps de John du regard, il halète silencieusement, comme si voir John se toucher était déjà trop. Il déglutit difficilement, et doucement, si doucement que ç'aurait pu être au ralenti, il glisse une main tremblante sur la hanche nue de John. Ses doigts frotte l'os du bassin, dangereusement près de son sexe.

Les eux de Sherlock s'écarquillent encore plus. « Tu es tellement doux, » expire-t-il, frôlant la peau, s'émerveillant des tortillements de John sous son toucher fantôme. Sherlock recommence, semblant s'enorgueillir des réactions qu'il provoque en chatouillant chaque courbe et angle des hanches. Ses doigts viennent couvrir ceux de John autour de sa verge, alors que John se caresse en observant Sherlock le détailler sous toutes les coutures. « J-je peux ? » murmure-t-il.

Il a l'air si nerveux, si désireux et si incertain, John se laisse aller et attire Sherlock à lui. « Viens ici, » chuchote John, enveloppant une main autour de la nuque de Sherlock et l'entraînant dans un baiser. « On va le faire ensemble. »

Il prend la main de Sherlock et la place sur sa hampe, gémissant discrètement alors que les doigts arachnéens se moulent à la peau sensible. Il garde sa main sur celle de Sherlock et le guide de haut en bas, approfondissant le baiser auquel Sherlock semble à peine participer. Toute sa concentration est clairement focalisée sur les mouvements à initier. Sa prise s'affermit, masturbant John plus vite. Un petit bruit roule dans sa gorge alors que John tord leurs mains.

« Putain- ouais, » gronde John, alors que le pouce de Sherlock reproduit ce dont il avait été récepteur. Les lèvres de John s'arrondissent comme il siffle une respiration hachée. « Ouais, ouais, comme ça, » chuchote-t-il franchement, ses propres mains commencent à lâcher prise alors que Sherlock devient plus entreprenant et prend le relais. « Oh, p-putain, Sherlock. »

Sherlock semble se rappeler qu'il embrassait John. Il plonge sa langue profondément dans la bouche de John comme pour tâter du goût de ses mots obscènes. Il impose au baiser le même rythme que celui de sa main, livrant le corps de John au plaisir, entre vas et viens et coups de langue.

John est sur le bord du précipice. Un grognement sauvage atterrit dans la bouche de Sherlock alors qu'il jouit, se répandant sur son estomac, pris de convulsions. Sherlock ne s'arrête pas jusqu'à ce que le corps de John s'effondre, jusqu'à ce que l'hypersensibilité rende la friction inconfortable.

« Bon sang, Sherlock, » expire John, tirant le garçon pour qu'il s'allonge à ses côtés. « Bien joué. »

« C'est vrai ? » Sherlock le regarde avec espoir et timidité, étudiant attentivement John de sous ses cils.

John acquiesce, pressant sa main. « Oh oui. Viens par là, Amour. »

Sherlock se love contre le flan de John, sa joue chaude repose sur le sternum de John. John glousse et l'enlace, décidant qu'il brisera d'autres promesses si ça se termine toujours en orgasmes et câlins.


John ne peut pas se concentrer.

John ne peut pas penser.

Il essaie de focaliser ses efforts sur sa nage dans le lac, essaie de ne pas couler, essaie de prêter attention au match d'aqua volley que ses amis ont commencé, mais c'est difficile. En vérité, s'il se faisait assommer par le ballon, il le remarquerait à peine.

Car Sherlock est assis sur le ponton, torse nu, sa belle peau brille d'un mélange d'eau et de crème solaire. Il trempe ses pieds dans le lac en riant avec Molly. Son maillot de bain est trempé et ses boucles sèchent au soleil.

John le prendrait bien volontiers sur le quai s'il ne risquait pas de se faire expulser du camp. Mais ce devrait être illégal pour quelqu'un d'aussi beau de s'exposer publiquement avec si peu de vêtements.

Il observe Sherlock jeter sa tête en arrière et rire à quelque chose que Molly a dit, son corps tremble d'hilarité.

John étouffe le grondement primaire qui roule dans sa gorge.

Bon sang, il le veut. Il pensait que son désir fanerait une fois que la bête perverse en lui aurait obtenu un orgasme des mains de Sherlock Holmes.

Il n'aurait pas pu se tromper plus.

L'animal en lui vibre, s'écoule dans ses veines et son estomac, s'accaparant ses hanches et son sexe. Il doit se cacher dans l'eau, s'occuper de son problème sans se mordre les lèvres trop visiblement. Il ferme les yeux, essaie de se calmer en prenant de longues respirations.

Il est submergé par des images de Sherlock à genoux devant lui, ses lèvres douces et sensuelles enveloppées autour de sa queue, le regardant si innocemment tout en l'engloutissant profondément.

C'est une pensée dangereuse à avoir quand l'eau seule vous garde des yeux indiscrets. John ne va certainement pas jouir en public, mais enlever sa main lui semble insurmontable. Ses yeux s'ouvrent doucement, les paupières toujours un peu lourdes de ce film qui tourne dans son cerveau.

Des iris argentées le fixent au loin.

Sherlock est assis droit comme un piquet, concentré sur John, comme s'il pouvait sentir l'excitation de John depuis son perchoir au ponton.

Un seul regard suffit à John pour lui transmettre tout ce qu'il a envie de lui faire. Il baisse la tête, épie Sherlock de sous ses cils, puis oriente le chef vers la rive.

Même d'ici, John peut voir que Sherlock respire difficilement.

Sherlock plonge gracieusement dans l'eau et nage jusqu'à la berge. Il sort du lac sans même un regard en arrière, essayant de ne pas courir vers les vestiaires des garçons.

John guette chacun de ses pas, ses yeux filent cette créature irréelle qui s'éloigne.

Puis, il sort lui-même du lac avec beaucoup moins de grâce, ignorant l'œillade insistante de Molly. Entre la nuit dernière et ce qu'il s'était passé dans les bois, John est sûr que tout le monde sait, mais il s'en contrefout. Surtout quand un Sherlock très probablement nu l'attend sous la douche.

John ne répond pas à l'indignation de ses amis qui lui demandent où il va.

Il perd son sang-froid.

Il n'a officiellement plus aucun contrôle.

Il contourne le bâtiment en briques et en franchit l'entrée, son cœur tambourine dans sa cage thoracique en anticipant ce qu'il va voir.

La pièce est déjà saturée de buée, le rideau d'une seule des douches est tiré. Le maillot bleu de Sherlock pend sur le muret qui sépare les douches.

John déglutit, son rythme cardiaque accélère encore alors qu'il se débat avec propre maillot et le jette sans savoir où. Il tire juste assez le rideau pour révéler le rebondi parfait du fessier pâle, puis la courbe du dos interminable et enfin la masse infinie de boucles sombres.

John ne perd pas plus de temps.

Il entre dans la cabine, tire fermement le rideau derrière lui et enveloppe avec possessivité son bras autour de la taille de Sherlock.

« Tu sais, pour un vierge, » fredonne John à son oreille alors que l'autre halète, « tu es un sacré petit allumeur. »

Il se rapproche encore, emboîtant son sexe juste entre les fesses de Sherlock, ruant contre sa raie. Sherlock pose l'arrière de son crâne contre l'épaule de John et gémit.

« Merde- je n'arrête pas de penser à toi, » murmure-t-il dans l'air moite. Une de ses mains s'appuie contre le mur carrelé et l'autre se perd dans les cheveux trempés de John. « Je n'arrête pas... de penser à la nuit dernière. »

« Mm, » respire John, glissant une main jusqu'à la verge de Sherlock et le masturbant langoureusement. « À quoi penses-tu ? »

« Puh- mon Dieu – tes... tes... mains...s-sur moi, » bégaie Sherlock, ondulant au rythme de la main de John.

« Juste mes mains ? » insiste John, poussant avec plus d'insistance ses hanches contre les fesses de Sherlock. Il traîne un doigt le long de sa colonne vertébrale, l'arrêtant juste au niveau du coccyx.

« Ohh, » geint Sherlock, pressant son derrière contre le toucher de John. « Bon sang, oui, tes – tes mains et ta – ta... »

« Ma bite ? » propose John, ricanant en tordant son poignet et glissant son doigt plus bas, survolant à peine la peau sensible et plissée de l'entrée de Sherlock. « Tu penses à ma bite, pas vrai ? Tu penses à moi... en train de te baiser ? »

Sherlock jette sa tête en arrière. Ses yeux se ferment brusquement, sa bouche s'ouvre alors que l'eau de la douche se répand sur son visage. Son corps entier se moule à celui de John, accentuant tous les points de contact. « John- » halète-t-il. « Oui, mon Dieu, fais-le, pitié- »

Le bout du doigt de John a déjà trouvé l'orifice de Sherlock et doucement, gentiment, s'y insinue. Sherlock se tend instinctivement à l'intrusion.

« Tu aimes ça, Bébé ? » susurre John. Son majeur poursuit son chemin alors que de l'autre main, il masturbe toujours Sherlock pour le distraire de l'inconfort de la première fois. Jusqu'à ce que-

Sherlock inspire une grande goule d'air suffocante, et, soudainement, il jouit, se répandant dans la main de John, balançant erratiquement son bassin comme John taquine le point érogène à l'intérieur de son corps.

« Tu y es, Amour, » ronronne John, le frictionnant encore et encore, incapable de contenir ses mots parfaitement obscènes. « Tu y es. Mon Dieu, je ne peux pas attendre de te baiser, Sherlock. Tu en as envie, n'est-ce pas ? Ma bite en toi ? Pour te baiser bien fort ? Tu en as envie, pas vrai, Bébé ? »

Sherlock gronde. Il acquiesce hâtivement, ses hanches semblent convulser éternellement pendant son orgasme.

Il est parfait, comme ça. John est certain qu'il n'a jamais vu quelqu'un d'aussi beau dans la jouissance. Le corps de Sherlock est si réceptif et sexy alors que son propriétaire n'en a même pas conscience.

Mais John si.

Et désormais, il est sien.

Tout à lui.

Il peut faire ce qui lui plaît.

Toucher et caresser et jouer et baiser.

Seigneur, c'est un désir que John s'ignorait.

Jusque récemment.

Jusque Sherlock Holmes.

Le garçon dans ses bras redescend doucement sur Terre. Son corps tremble légèrement du vide qui suit la libération, sa prise sur les cheveux de John se relâche. Il tournoie sur le sol mouillé et se plaque à John. Il entremêle leurs jambes et enroule ses longs bras autour des épaules de John, l'embrassant profondément, comme pour le remercier de la puissance de son orgasme.

John sourit contre ses lèvres.

Il est parfait.

Et soudainement, sans prévenir, Sherlock tombe à genoux.

Sherlock s'installe relativement confortablement sur le sol tuilé, cale ses mains sur les hanches de John et appose sa bouche sur son sexe.

Et la vision de John devient blanche.

Excepté des yeux translucides qui se plantent dans les siens et des cheveux noirs qui s'égarent sur un front et des jolies lèvres roses qui engloutissent son membre, John ne voit rien.

Seulement Sherlock, à genoux, qui suce la bite de John.

Merde.

John pousse expérimentalement les hanches, attentif à ne pas brusquer son amant. Mais nom d'un chien, cette chaleur moite ne lui facilite pas les choses. Sherlock monte et descend sur sa longueur, y impliquant un muscle qui ne peut être que sa langue qui tourbillonne avec application. La mâchoire de John s'entr'ouvre alors que ses mains s'égarent dans les bouclettes aplaties par l'eau de Sherlock. Son corps se balance pour suivre les va-et-vient de la bouche de Sherlock.

« Putain... de merde... Ne t'arrête... pas... » grogne John, vaguement embarrassé par son manque d'éloquence mais il s'en contrefout car sa queue disparaît dans la délicieuse gorge de Sherlock.

Et toujours sans prévenir, il jouit.

Et jouit encore.

Et jouit encore.

Il pourrait avoir joui pendant des heures, il n'a aucune conscience du temps. Tout ce qu'il sait est que son sexe repose dans la bouche du garçon par qui il est obsédé depuis des semaines et qu'il s'est vidé dans sa gorge et, Seigneur, ses jambes en tremblent.

Mais il ne ferme pas les yeux.

Pas une seule seconde.

L'eau dégouline sur son visage et dans ses cheveux, mais son regard reste figé sur sa verge disparue dans la merveilleuse bouche de Sherlock.

Et finalement, alors que ses hanches n'ont plus la force de pousser, Sherlock libère le membre de John avec un 'pop'.

Une partie de sa semence s'écoule sur sa lèvre inférieure.

Les yeux de John s'assombrissent.

Il cueille le liquide avec la pulpe de son pouce et l'introduit entre les lèvres toujours entr'ouvertes de Sherlock.

John halète comme Sherlock suce volontiers le doigt dans sa bouche, les pupilles ancrées dans celles de John. L'eau qui les mitraille est une difficulté pour tous les deux. Sherlock bascule la tête de haut en bas. Ses paupières cèdent enfin quand il avale davantage le pouce de John.

Comme s'il s'imaginait encore sucer un pénis.

Comme s'il savourait le goût du sperme de John sur sa langue.

Comme s'il en voulait plus.

John le tire sur ses pieds et éteint la douche, car s'ils y restaient une seule minute de plus, John pourrait interdire à tout jamais à Sherlock de sortir de la cabine.

« Tu es sale, Sherlock Holmes, » murmure John, forçant sa langue dans la bouche de Sherlock sans préambule. « Absolument sale. »

« Seulement pour toi, John Watson, » soupire en retour Sherlock, s'accrochant aux épaules de John. « Seulement pour toi. »


« Alors, comment ça avance ? » La voix acérée de Molly retentit à la gauche de John alors qu'il s'installe à sa place habituelle pour le déjeuner. Il a appris tellement tellement de choses à Sherlock, il ne sait pas comment répondre à Molly sans tout révéler. Il traînait Sherlock dans des recoins sombres, derrière des bâtiments et dans les douches dès que personne ne les regardait, et occasionnellement dans son lit quand tout le monde se regroupait au feu de joie. Et pourtant, John n'en avait toujours pas assez.

« Des nouvelles que tu aimerais partager avec la classe ? »

John tourne le regard vers Greg qui sourit narquoisement comme l'enfoiré qu'il est. Il le dévisage pendant dix bonnes secondes avant de revenir à Molly. « J'ai fait une tasse en atelier poterie, hier, » répond-il avec légèreté.

Greg rit dans son verre.

Molly lève les yeux au ciel. « Mets-y du tiens, Watson, » exige-t-elle. « Je sais que tu baises Sherlock. »

John jette un regard outré à Molly. « Et depuis quand ma tendre et douce amie Molly Hooper emploie-t-elle des mots si grossiers ? »

Molly plisse le front. « Tu ferais mieux de ne pas- »

« Non, » l'interrompt John en secouant sa fourchette. « Je ne... Je ne me contente pas de me le taper, Molly. Je suis... ce n'est pas comme ça. »

Ce n'est vraiment pas comme ça.

C'est... plus.

C'est tellement plus.

Ce n'est pas juste copuler, expérimenter ou enseigner. C'est... Mon Dieu, c'est rire, chatouiller, taquiner, s'embrasser sans arrière pensée et juste être... Seigneur, juste être heureux.

Être avec Sherlock est magique. Ça coule de source. C'est inexplicable. Ce n'est pas inquiétant. C'est juste... comme ça. Ils sont juste en osmose.

« Comment est-ce, alors ? » demande furieusement Molly. « Parce que je te jure que si tu- »

« Non ! » s'emporte John. Il se reprend progressivement, surveillant aux alentours qu'il n'a pas alerté tout le monde. « Mon Dieu, jamais je ne... Je ne peux pas le blesser. Je ne veux pas le blesser. Jamais. »

Sa voix a perdu de son mordant, il sonne plus doux qu'autre chose.

Greg ne glousse plus et fixe John avec un sourcil haussé. « Oh mon Dieu, » bredouille-t-il, bouche grande ouverte.

John refuse de le regarder. Il sens les yeux brûlant de Molly dans son dos. « Quoi ? » aboie-t-il. « J'ai raté quelque chose ? »

« Tu es amoureux de lui, pas vrai mec ? » respire Greg. « Bon sang... c'est un jour à marquer d'une pierre blanche. Le grand John Watson est amoureux. »

« La ferme, Greg, merde, » crache rageusement John, s'assurant toujours que personne ne les écoute. « Je ne... je ne sais pas ce que c'est, d'accord. C'est juste que... c'est différent. »

« Différent comment ? » interroge précautionneusement Molly, ses épaules sont plus détendues qu'au moment où elle s'apprêtait à lui sauter à la gorge.

Les joues de John s'embrasent, il se sent idiot de se confier à ses amis. « Je ne sais pas, » marmonne-t-il. « C'est juste comme ça. Il est juste comme ça. Il est... il est incroyable. »

Le silence s'abat à leur table, les trois amis grignotent leurs assiettes avec gêne jusqu'à ce que Molly claque des mains. « Bien, » déclare-t-elle, se redressant sur sa chaise. Son humeur semble avoir complètement changé. « Maintenant, ne foire pas les choses. »

John s'étouffe de rire. « Merci pour votre aide inestimable, » grommelle-t-il.


John observe Sherlock courir sur la droite, feinter et se jeter en avant, le fanion flotte derrière lui. Il est étonnamment rapide et agile.

Même au jeu 'Capture le drapeau', même après des semaines à faire des cochonneries, John est toujours aussi attiré par le garçon avec qui il couche.

Et même transpirant et à bout de souffle, John ne peut pas s'empêcher de sourire.

Il décolle vers le garçon habillé en rouge, il n'a pas la moindre intention de laisser son amant le vaincre à ce foutu jeu. Il sprinte à ligne d'arrivée, Sherlock n'en est plus qu'à un mètre. Il bondit sur le garçon, attrape d'une main le fanion marron et, de l'autre, enlace le torse de Sherlock.

Il le plaque au sol. Sherlock atterrit avec un 'oomph' sourd et John tombe à côté de lui, le drapeau toujours froissé dans son poing. Il le lève en signe de victoire, essayant de retrouver une respiration régulière.

« Intercepté ! » hurle leur moniteur. « Les bleus gagnent ! »

Le bras de John retombe à terre alors que la foule de joueurs qui s'était rassemblée l'acclame.

Il roule vers Sherlock et pose une main sur son bras. « Ça va ? »

Sherlock cligne rapidement des paupières. « Je voulais gagner, » se lamente-t-il mais le sourire sur son visage le trahit.

John ricane. « Oh non, Bébé, » ronronne-t-il. « Tu sais que je gagne toujours. »

Sherlock glousse, ses joues s'assombrissent davantage. « Pas juste, » marmonne-t-il, roulant dans la direction de John.

« Tu croyais que je me la jouais fair-play ? » le taquine John en lui chatouillant les côtes.

Un Sherlock hilare saisit sa main et en embrasse la paume. « Pas du tout. Je me disais juste que, pour une fois, tu serais sympa et que tu me laisserais gagner. »

« Un jour, peut-être, » raille John. « Tu n'as plus qu'à attendre et voir, pas vrai ? »

Quelque chose passe dans les yeux gris nuage de Sherlock, son sourire faiblit avant de revenir. C'est instantané, à peine remarquable, mais John s'en rend compte et s'apprête à en demander la raison au moment où Sherlock saute sur ses pieds.

« Allez, capitaine, » crache dédaigneusement Sherlock, bien que le rictus sur son visage atténue significativement la pique. « Ton équipe ne peut pas fêter sa victoire sans toi. On y va ? »

« Oh, absolument, » rit John. « Je suis l'homme de la situation. » Pendant que les joueurs quittent le terrain pour la cafétéria, John pince le fessier de Sherlock. « Je m'attends à du sexe avec le perdant en récompense. »

Les lèvres de Sherlock se contractent. « Je vais demander à Greg si c'est envisageable pour lui. »

John le pince encore, récoltant un cri suraigu. « Petit insolent, » gronde-t-il.

« Seulement pour toi, John, » sourit Sherlock en retour. « Seulement pour toi. »

John renifle, et attrape sa main. « Je- »

Et c'est juste comme ça. Si simplement, cette petite discussion sans importance amène presque ces trois mots sur les lèvres de John. Ces trois mots qui les détruiraient s'ils étaient prononcés. Ces mots auxquels John pense depuis des jours et des jours, tandis que le temps restant au camp file comme le vent.

Ces mots à cause desquels John a scellé des promesses silencieuses à Sherlock. Des promesses de longues distances mais d'appels et de messages. Des promesses d'un jour et d'avenir. Des promesses de toujours.

Car John ne peut tout simplement plus imaginer son monde sans Sherlock Holmes.

Il se retient juste à temps, et se détourne, ravalant ses mots.

Il en est empêché par la poigne de Sherlock.

« Attends, » murmure Sherlock, tirant John à lui. « Tout le monde est... à la cafétéria. »

John lève un sourcil ironique. « Oui, merci, mais j'étais déjà au fait de cette information, » le taquine-t-il.

Sherlock ne rit pas.

Il jette un œil par-dessus l'épaule de John puis oriente son regard vers les cabanons. « Je... il n'y a personne dans ma chambre. »

John se rapproche de son amant, toujours amusé par l'innocence avec laquelle Sherlock demande du sexe. « Voudrais-tu t'envoyer en l'air avec moi, Sherlock Holmes ? »

Sherlock hoquette, puis secoue doucement la tête. « N-non... enfin, je veux dire, si. Mais j'espérais... que tu voudrais... que ça te tenterait de... passer à la prochaine étape. »

La bouche de John s'assèche.

Il avait déjà eu cette conversation avec Sherlock une fois.

Une seule fois.

Quand Sherlock avait demandé du sexe avec pénétration.

John avait expliqué qu'il ne pensait pas Sherlock prêt pour passer à l'étape suivante.

Mais maintenant... ces mots... c'est un euphémisme de dire qu'ils remuent quelque chose en John. Des choses qui refont sans cesse surface depuis que Sherlock est entré dans sa vie.

Sherlock ne tient pas en place, il balance son poids d'un pied à l'autre, semblant embarrassé, plein d'espoir, nerveux et si foutrement parfait.

John sourit, tend le cou pour déposer un baiser sur la joue de Sherlock. « C'est d'accord, » chuchote-t-il. « Allons-y. »


C'est rapide.

Les vêtements volent avec l'aisance de la pratique.

Les corps se pressent comme à leur habitude.

Le dos de Sherlock est épinglé au mur, ses jambes enserrent la taille de John, leurs sexes se touchent. Ils gémissent et halètent et griffent et ruent.

Puis, d'un seul coup, tout ralentit.

Lentement, Sherlock susurre des encouragements à l'oreille de John. John allonge Sherlock sur le lit. Ils s'accrochent l'un à l'autre, se frictionnent, roucoulent et soupirent.

C'est doux.

Et tranquille.

Et ça transpire d'amour.

Sherlock écarte les jambes, replie ses genoux sur sa poitrine alors que John glisse un doigt lubrifié en lui, le préparant avec révérence. Sherlock ne le quitte pas des yeux. Ses boucles sont répandues sur l'oreiller, yeux écarquillés et débordant de confiance comme John l'ouvre progressivement.

« Tu vas bien ? » l'interroge John. Son besoin de protéger cet être vulnérable sous lui surpasse soudainement tout. Il n'a plus envie de le pilonner jusqu'à l'oubli, il veut lui faire l'amour avec prévenance et tendresse.

Parce qu'il l'aime.

Mon Dieu, qu'est-ce qu'il l'aime.

Sherlock acquiesce. « S'il te plaît, » souffle-t-il. « S'il te plaît. »

John se prépare, se lubrifiant et se positionnant entre les cuisses de Sherlock. Il insère son gland, se tend pour surplomber son amant, s'assurer qu'il aille bien, qu'il ne le fait pas souffrir.

Sherlock, de son côté, semble parfaitement à l'aise. Ses pommettes sont rouges, mais son corps est souple et relâché. Il accepte l'intrusion comme John s'insinue entièrement en lui. Il enroule ses jambes autour de hanches de John et lève le bassin, sa mâchoire tombe alors que John plonge davantage.

John l'observe attentivement. « Bon ? »

« Je t'aime, » murmure Sherlock.

John se statufie, le dévisage bêtement.

Vient-il juste de-

« Je t'aime, John, » soupire encore Sherlock, se redressant pour l'embrasser. « Je m'en fiche si ce n'est pas réciproque, mais moi, je... je t'aime, et- »

« Je t'aime aussi. » John assaille la bouche de Sherlock. « Bon sang, je t'aime tellement. »

« Vraiment ? » inspire Sherlock sur ses lèvres. « Tu es sûr ? »

Et John ne peut pas s'empêcher de rire, car toute cette situation est ridicule. Il caresse les boucles perdues sur le front de Sherlock. « Sûr et certain. Je t'aime. »

Sherlock est au bord des larmes, mais il ne s'autorise pas à les laisser couler. « Merci de m'avoir offert le plus bel été de ma vie, » déclare-t-il d'une voix grave. « Merci. »

Et pour une raison épouvantable, ça sonne plus comme un adieu que comme un remerciement. Mais John retranche cette pensée dans un coin de sa tête et fait lentement l'amour à son petit-ami.

Le camp se termine bientôt. Et il ne sait pas quand ils pourront faire l'amour à nouveau. Il durera donc aussi longtemps qu'humainement possible.


« Aurais-tu l'obligeance d'aller parler à ton petit-ami ? » demande Molly en s'asseyant lourdement à leur table habituelle. « Il déprime dans la clairière. »

John fronce les sourcils. « Pourquoi ? »

Molly lui jette une regard incrédule. « Devine. »

John pense savoir. Demain est leur dernier jour au camp et il doit bien avouer qu'il se sent triste. Il se lève, car s'il y a bien une personne avec qui il veut se lamenter, c'est Sherlock.

En arrivant à la clairière, il trouve une silhouette sombre qui détonne dans les couleurs flamboyantes de la nature.

« Qu'est-ce que tu fais ici ? »

Sherlock ne se retourne pas. Il reste bien droit, assis en tailleur, au milieu des fleurs sauvages. Ses boucles noirs offrent un contraste saisissant avec son environnement, une parfaite métaphore pour Sherlock. Dominateur et sérieux à l'extérieur mais avec un cœur tendre et doux qui a des préoccupations, des envies et des besoins.

Il est parfait.

Ces pensées torturent John.

« J'observe les abeilles, » murmure Sherlock d'un air absent, ses longs doigts pales frôlent les pétales violets pour déranger les petits insectes qui s'y reposent. « J'adorais les abeilles quand j'étais enfant. Je me disais que j'aurais des ruches quand je serais adulte. »

John sourit pour lui-même en s'imaginant un petit Sherlock courir après des petites bêtes jaunes et noirs, un bocal en main, espérant en capturer une qu'il pourrait garder. « Ça a l'air cool, » répondit-il, osant amorcer un pas en avant.

Il obtient finalement une réaction. Sherlock lève brusquement la tête pour planter ses grands yeux écarquillés sur John. « Tu ne trouves pas que c'est bizarre ? »

John plisse le front. « Pourquoi trouverais-je que c'est bizarre ? »

Sherlock reste bouche bée, ses sourcils sont tellement froncés qu'ils pourraient se rejoindre. « Parce que... parce qu'il leur arrive de piquer les gens. »

John ricane. Une caractéristique qui n'arrêterait définitivement Sherlock. « Et alors ? Les chiens mordent parfois, et je connais plein de personnes qui en ont. »

Son front se détend mais sa bouche reste grande ouverte une seconde de plus avant que Sherlock ne se reprenne. « Peu importe. » Il se réintéresse aux fleurs.

« Sherlock, que se passe-t-il ? » le presse John en s'agenouillant à côté de son ami. « Tu es en colère contre moi ? J'ai fait quelque chose de mal ? »

Sherlock secoue ses boucles pour seule réponse, ses yeux suivent le parcours des abeilles de fleur en fleur.

« Alors quoi ? Allez, je sais que ton petit cerveau dans ta petite tête essaie de dire quelque chose. »

« Ne fais pas ça, » marmonna Sherlock. « S'il te plaît. C'est assez dur comme ça. »

John cligne des cils. « Quoi ? »

Sherlock soupire lourdement. « Ça. Nous. C'était un super été et je... Eh bien, tout le monde rentre chez soi demain. »

John s'ébranle. « Donc ? »

Sherlock le fusille du regard. « Donc ? Donc on ne se reverra plus jamais. »

Quelque chose de pointu poignarde le ventre de John. Sherlock... rompt avec lui ? Met un terme à leur relation ? Penser qu'il ne reverra plus Sherlock est... insupportable. « Pourquoi pas ? » chuchote-t-il, son attitude suffisante habituelle décroit progressivement.

Sherlock le dévisage et lâche un semblant de rire furieux. « Veux-tu bien arrêter d'être aussi obtus ? Qu'est-ce que c'était ? Un flirt de vacance ? Une idylle ? Une romance sans importance ? Je ne sais pas, mais ça s'est produit et maintenant, il est l'heure de revenir dans le monde réel. »

« Et... » s'aventure John, à peine capable de formuler des mots, « tu ne veux plus me revoir. »

« Bien sûr que si, » aboie rageusement Sherlock, se plantant sur ses pieds. Il essuie férocement son pantalon, la terre et l'herbe s'éparpillent dans l'air. « Là n'est pas la question, le truc c'est que- »

« On fera en sorte que ça marche, » le coupe John, attrapant les mains de l'autre et entrelaçant leurs doigts. « Je me fous de la distance. »

Le petit éclat d'espoir sur le visage de Sherlock ne dure qu'un instant avant que ses beaux yeux gris ne passent au vert sombre. « Ne sois pas puéril, John. Tu t'ennuieras de la distance, on le sait tous les deux- »

« Sherlock, » le réprimande John. « Il n'existe personne sur Terre avec qui je préférerais être. »

« Mais ça ne fonctionnera pas ! » crie l'autre garçon. « Nous ne pourrons pas être ensemble. Jamais. Nous serons toujours séparés, à attendre l'autre. Je serai toujours... sans toi. »

Le cœur de John se fissure.

Sherlock ne veut pas être seul.

Sherlock ne veut pas être sans John.

Mon Dieu, il aime ce garçon. Bien plus qu'une personne n'est autorisé à en aimer une autre, John Watson aime Sherlock Holmes.

« Je promets de faire en sorte que ça marche, Bébé, » susurre John. « Je te le promets. »

Sherlock se contente de secouer la tête. « Ça ne- »

« Bien sûr que si, » contre rageusement John, tirant sur leurs doigts lacés jusqu'à ce que Sherlock se rapproche suffisamment pour poser son front sur le sien. « Crois-moi quand je te dis que je veux rester avec toi pour toujours. On s'en sortira. Tu sais, tu n'as plus qu'un an à faire au lycée avant de me rejoindre à la fac. »

Sherlock ferme les yeux, ses lèvres tremblent discrètement. « C'est long, un an. »

« Je peux survivre à un an, » souffle John. « Si au bout du compte, je peux vous avoir, toi et tes abeilles, je peux parfaitement attendre un an. »

Sherlock accepte enfin d'ouvrir les yeux pour plonger dans les iris bleues de John. « Je... les abeilles risquent d'attendre un peu. »

John serre les lèvres pour cacher le sourire qui menace d'étirer ses traits et prétend réfléchir. « Eh bien, je suppose que je pourrai attendre encore pour les abeilles. Mais qu'en est-il du Grand Sherlock ? »

Sherlock lève les yeux au ciel et grommelle quelque chose d'inintelligible.

« Qu'est-ce que c'était que ça ? » l'embête John, se rapprochant davantage.

Sherlock s'ébroue en regardant ses pieds, son visage s'empourpre d'embarras. « J'ai dit... j'ai dit que le Grand Sherlock te rejoindra dans un an. »

John s'esclaffe en lâchant sa main pour passer ses doigts dans ses boucles et l'attirer dans un baiser enflammé. « Bon à savoir, » glousse-t-il.

« Ferme-la, » grogne Sherlock, feignant l'ennui, alors que son poing se referme sur le t-shirt de John.

« Tu seras capable de garder tes mains baladeuses dans tes poches pendant un an ? » le taquine John avant de chatouiller ses côtes.

« Évidemment, » siffle dédaigneusement Sherlock. « Mes mains ne sont que pour une seule personne. »

John ne s'en contente pas. « Et pour qui sont-elles ? » murmure-t-il contre les lèvres de Sherlock.

Sherlock rit. « Seulement pour toi, John Watson. Seulement pour toi. »


Le petit mot de fin de Mssmithlove:

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Prochain OS le dimanche 9 juillet.

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