Le crépuscule infini de l'humanité
le temps des loups

XXIII – Le tout pour le tout


"Il est plus facile de déplacer un fleuve que changer son caractère" Proverbe chinois


Personnages du chapitre

L'équipage de l'Ombre de la mort

Harlock : Capitaine de 'L'ombre de la mort', symbole de la résistance à Prométhium
Général Warius Zéro : Chef de la résistance galactique, à bord de 'L'ombre de la mort'
Capitaine de vaisseau Marina Oki : Ex-Commandant du vaisseau Karyu,
à bord de 'L'ombre de la mort'
Mimee : Jurassienne qui suit aveuglément Harlock

Autres personnages.

L'équipage du 'Karyu', au grand complet !
Maréchal Technétium : Commandant en chef des forces de Prométhium
Prométhium : Reine de l'Empire mécanique
'La Rose' : chef de la résistance sur Terre. Grièvement malade.
Marie Attia : Présidente de l'Union Terrestre.


Une réunion de famille

Journal d'informations officielles humanoïdes : Une incursion intolérable des forces rebelles s'est produite sur la planète magenta. Les glorieuses forces de notre reine Prométhium poursuivent en ce moment-même les traitres. Par ailleurs, sa majesté a annulé l'élection présidentielle sur Terre et désigné le gouverneur Zorbium comme vice-président…

Warius Zéro lut avec un soulagement visible le dernier message de 'La Rose'. L'un des derniers éléments manquant pour l'assaut final serait enfin là dans peu de temps. Harlock jeta machinalement le journal avec un air furieux.

- J'espère que tu mesures les sacrifices endurés par nos amis sur terre pour çà
- Nous allons avoir toutes les cartes en main pour déclencher cet affrontement final dont tu rêves tant, répliqua Zéro.

Marina Oki semblait la personne la plus inquiète dans la pièce de détente de l'ombre de la mort. Son état s'améliorait enfin après son séjour dans les sombres geôles de l'Empire mécanique, mais elle n'était plus aussi alerte qu'auparavant.

- L'équipage du 'Karyu' sera avec nous d'ici quelques jours tout au plus. Mon vaisseau pourra enfin… commença Marina.

Le général de la Résistance regarda sa moitié avec un peu air suspicieux.

- Enfin notre vaisseau sera bientôt opérationnel.
- Combien de temps, pour avoir ton fichu code Z ? demanda Harlock un brin énervé. Ce kloin particulièrement hargneux me tape sur le système. Sans compter qu'il a depuis longtemps troqué les tisanes contre quelque chose de plus fort.
- Il m'a promis des résultats dans deux jours. Trois au maximum, répondit Zéro.
- Il me semble qu'il t'a tenu exactement le même discours la semaine dernière, et encore celle d'avant, ajouta Marina avec détachement.
- Je dois vous laisser, j'ai un vaisseau cargo de Prométhium à aborder. J'ai besoin de faire le plein d'alcool, vu la consommation croissante de nos invités.

Harlock reprit son gravity-sabre et "salua" les deux officiers avant de partir.

- Que fera-t-on avec le 'Karyu' ? Le ton employé par Marina trahissait de l'inquiétude.
- Et bien… heu… il va nous rejoindre dans cette lutte contre l'oppression…le combat épique pour la liberté et… heu…
- Arrête Warius. Je te connais. Je pose les questions qui fâchent alors ? Qui va reprendre le commandement ? Toi ? Moi ? Et que fera-t-on … des robots de l'équipage ?

Comme j'aurais aimé qu'elle ne pose pas ces questions. Pourquoi Marina me fais-tu souffrir ainsi ?

- Je suis… partagé. Tu es le nouveau commandant aux yeux de l'équipage, et Harlock a encore besoin d'être surveillé.
- Arrête Warius. Que veux-tu, toi, au fond de ton cœur ?

Mimee jouait au loin, quelque part. Warius Zéro entendait encore sa voix en lui, sourde, diffuse, mais tellement rassurante.

- Je veux… finir cette guerre… arrêter ces massacres…
- Warius…sérieusement ? Marina fixa son amoureux avec ses grands yeux. Son regard d'acier ne valait pas celui d'Harlock, mais il avait d'autres pouvoirs sur lui.
- Je veux… je veux être avec toi. Je t'aime.

La réponse sembla enfin satisfaire son ancien second. Warius Zéro se rendit compte que sa situation devenait cocasse pour un militaire qui souhaitait donner un semblant d'air martial à son armada hétéroclite. Lui, le grand Warius Zéro, était amoureux de son second, n'hésitait pas à le montrer, au mépris de toutes les règles inscrites dans ses vieux manuels qu'il vénérait tant.

- Le général Zéro et le Commandant Oki sont demandés en passerelle !

Harlock avait un don pour interrompre les conversations ou les moments intimes passés avec Marina. Mais, le devoir avant tout.

Juché sur son antique barre en bois verni, le capitaine pirate avait fini de refaire le plein d'alcool et liqueurs diverses sur le dos de Prométhium. Un visage souriant sur l'écran principal, familier mais très affaibli accueilli Zéro et Oki.

- Commandant Zéro, commandant Oki, cela me fait vraiment plaisir de vous voir, en vie.
- Je suis ravi également, Nohara. Comment vont les autres ?
- Ils vont bien, même si la vie en prison n'était pas facile.

Le fidèle lieutenant Nohara, chef mécanicien du 'Karyu', tirait avec un plaisir infini sur un vieux cigare trouvé sur son transport. Ses yeux étaient fatigués, son regard un peu flou.

- Ils nous ont dit… fit-il doucement, ils nous ont dit que vous étiez morts, exécutés. Ils nous ont emprisonnés sans explications à notre escale sur Grogn 6. Warius, que s'est-il passé ? Que veut dire tout… çà ?
- Je t'expliquerai tout cela, mon ami. A vous tous, lorsque vous serez ici.
- Nous arriverons bientôt. Je vais me reposer alors, si tu permets. Les autres dorment, ils sont épuisés.
- A bientôt… alors…


Le réveil du dragon

Le retour des derniers membres de l'équipage du 'Karyu' fut l'occasion d'une grande fête, où l'alcool dérobé à Prométhium tomba à point nommé. Les membres robots participaient bon gré mal gré à la fête, mais ils éprouvaient de la gêne, et tentaient de le dissimuler. En fin de soirée, Zéro prit la parole devant son ancien équipage enfin rassemblé. Marina Oki était à ses côté, mais plus tout à fait en tant que commandant en second.

Zéro fit le récit de ses aventures, en essayant d'être le plus fidèle et impartial possible. Mais, le moment des questions décisives approchait. Il regarda enfin le lieutenant Phase, le navigateur et les autres robots du 'Karyu'.

- Ce que je demande aux humains… commença-t-il. Je… je ne peux pas vous forcer à venir avec moi. Vous êtes des robots, et je comprendrai que vous ne souhaitiez pas rejoindre à nouveau le 'Karyu'.

Un silence pesant s'empara de l'assemblée. Un rapide coup d'œil confirma au général de la résistance qu'Harlock n'était pas dans l'environnement immédiat. Au bout de quelques interminables minutes, Phase, regarda ses collègues, fit un léger hochement de tête et s'avança seul.

- Commandant, nous avons pu voir de nos yeux artificiels ce que la reine Prométhium pratiquait comme politique envers les autres peuples de l'univers. Bien que notre âme ne soit pas la même que la votre, nous avons également subi des brimades, la torture uniquement pour avoir fait preuve de compassion et de retenue dans nos actes. Nous sommes devenus des parias, et nous ne nous reconnaissons plus dans notre souveraine. Alors, au nom de mes camarades, nous souhaitons vous rejoindre, malgré tout, pour enfin imposer une paix juste et durable entre nos peuples. Je suis à vos ordres, comman.. enfin "Général".

Phase se mit au garde-à-vous et salua militairement son supérieur, aussitôt imité par ses frères robots.

Je n'ose imaginer ce que cette reine de métal vous a fait subir, à toi et aux autres, pour que vous veniez si spontanément vers moi se dit Zéro.

Zéro se tourna vers Marina et ouvrit la bouche. Il allait prononcer une phrase toute faite mais en changea un peu le contenu :

- Commandant Oki, pourriez-vous vous charger de la remise en état du 'Karyu' dans les plus brefs délais ?
- Est-ce un ordre, Warius ?
- Non, euh… c'est…une requête.
- Bien sur alors, mon ché… mon…euh... général.

Le lieutenant Nohara eut un petit sourire en coin, et fit un clin d'œil discret vers son estimé général. Tout le monde se souviendra avoir vu le grand, le glorieux Warius Zéro rougir comme une pivoine ce soir-là. Marina, à son habitude, ne voulut pas prendre de pause et embaucha les membres d'équipage encore vaillants et volontaires pour remettre le dragon flamboyant en état de fonctionner. Zéro lui fit promettre de se ménager et de ménager les restes de son équipage durement éprouvés.

Le général s'inquiétait plus des avancées de sa "fourmi", ce petit crack informatique au caractère particulièrement difficile. Une petite visite au laboratoire de Tochiro avant de prendre du repos s'imposait.

Il trouva les deux gnomes en train de se disputer sur des sujets très ésotériques. Le laboratoire était encore plus en désordre que d'habitude, ce qui rendait son accès assez aléatoire et dangereux.

- Je vous dis que la logique pré-dichotomique ne s'applique pas à la boucle Zéta-2. Il faut partir du postulat de Frety pour obtenir un algorithme fractal qui…
- Mais non, vous ne comprenez rien Tochiro! Un test logique basé sur un résultat semi-aléatoire permet dans ce cas précis de se passer du paradoxe de Squul et ainsi…
- Je ne vous dérange pas ? se hasarda Zéro.
- Ah… vous tombez bien vous, dit le kloin. Dites à cette chose qui se prétend ingénieur que le paradoxe de Squul n'est pas valide dans les cas de tests sous-classe G. Dites-lui !
- Je ne comprends rien à votre charabia. Je viens aux nouvelles, où en êtes-vous ?
- Ah… fit le kloin en se calmant. J'essaye de régler un détail sur le code évolutif sur certains algorithmes de résistance secondaires et…
- OU EN ETES-VOUS ? redemanda Zéro avec une pointe non dissimulée d'agacement.

Le kloin et Tochiro se regardèrent, et dirent quasiment en même temps :

- Ce code est opérationnel, voyons ! Mais il n'est pas encore parfait et je souhaite… commença Tochiro
- Le rendre absolument magnifique, finit le kloin avec des étoiles dans ses trois yeux. Ce sera un chef d'œuvre. Une merveille. Une apothéose….

Le général sentit ses muscles se crisper, et il dit doucement, avec une colère manifestement retenue :

- Ca marche ? OUI ou NON ?
- Mais oui, enfin, depuis des semaines ! Vous êtes bouché à la fin, sur ce vaisseau, s'exclama le kloin.
- Je vais vous… je… bon, Tochiro, sans vouloir vous commander, j'aurais besoin de vous pour remettre le 'Karyu' en état de marche.
- Harlock en pense quoi ? Je voudrais son avis avant. Et puis, 'l'ombre de la mort' a également besoin de réparations et…

Warius Zéro sentait qu'il ne gagnerait pas cette bataille. Déjà, comprendre le langage hermétique des informaticiens lui demandait un effort inouï, alors aller voir Harlock et insister pour qu'il prie Tochiro de remettre en état un autre vaisseau que le navire pirate….

Dans sa cabine, il trouva un petit mot de Marina. Elle ne tarderait pas à le rejoindre. Zéro s'endormit dans un sommeil sans rêves mais ô combien réparateur…


Coup d'état

Les pérégrinations de Warius Zéro intéressaient au plus point la Présidente Marie Attia. Malgré la perte récente de son plus fidèle conseiller, elle continuait la lutte à sa manière.

Assise derrière son bureau, elle regardait avec peine ses nouveaux licteurs robotisés, qui n'avaient plus rien d'humain. Petit à petit, Prométhium resserrait l'étau. Bientôt, ce serait la fin. Pas besoin d'être une fine politique pour le comprendre.

Les licteurs se mirent au garde-à-vous et annoncèrent d'une voix sinistrement métallique :

- Sa Majesté Prométhium, souveraine de l'Empire Mécanique !

La reine robot pénétra sans autre cérémonie avec un autre robot drapé dans un drap de velours rouge.

- Très chère Attia, tu n'as pas daigné répondre à mes appels. Tu me déçois…
- Mes secrétaires sont surmenées en ce moment.
- Ton arrogance n'est que le fruit de ta frustration et de ton désespoir. Mais, bon, j'ai décidé de nommer le gouverneur Zorbium ici présent comme nouveau vice-président.

Le robot salua légèrement la présidente, et la fixa avec son unique œil rouge vif. Il ne lui inspirait aucune confiance.

- Depuis quand les institutions de l'Union prévoient-elles un vice-président ? Je te signale que l'article 28 de…
- Silence. Ici c'est moi qui décide. Et j'ai décidé.
- Franchement, l'air de 'néo-Stalingrad' ne te réussit pas du tout ma chère.

La reine de métal se cabra et jeta avec fureur un bibelot qui trainait à sa portée. Elle frappa ensuite un mur avec une telle force que plusieurs tableaux accrochés tombèrent avec fracas. Elle passa ensuite ses nerfs sur divers objets qui lui tombaient sous la main.

- Tu prends vraiment les choses trop à cœur, ma chère.
- Silence ! fit Prométhium avec des yeux bioniques. Silence… Désormais, tu les actes politiques de l'Union devront être contresignés du gouverneur Zorbium. Il aura un droit de veto sur toutes tes décisions.

J'ai les mains liées alors se dit la vieille femme.

- De plus, tu te présenteras au bureau des affaires politiques de Neo-mécania demain, à la première heure.

Ce nom provoqua un sentiment de panique chez la Présidente. Le bureau des affaires politiques n'était autre que le quartier général des soldats de Thallium sur Terre, la police secrète de Prométhium. Si elle se rendait là-bas, seul un miracle pouvait la faire sortir de ce lieu indemne et en liberté.

- Ma chère Marie, je te laisse. Zorbium reviendra demain avec ses affaires. Profite bien de ta soirée.

Les robots partirent sans montrer le moindre signe de respect ou de politesse. Il ne restait probablement que quelques heures à la Présidente de liberté ou… de vie. Elle s'attendait à la venue de cet instant décisif, mais elle doutait au fond d'elle-même de la conduite à tenir. Comme elle aurait aimé être épaulée par son fidèle sénateur Antonov, ou son regretté Eustache dans de pareilles circonstances.

- Sortez, dit-elle à l'attention des licteurs robots. Sortez maintenant !

Les robots ne posèrent aucune question et daignèrent laisser la Présidente seule. Elle s'assura que personne n'écoutait aux portes puis se précipita vers une armoire fermée. Elle l'ouvrit puis accéda à un petit coffre, dernier espace intime à sa disposition dans ce bureau truffé de dispositifs espions.

Un petit communicateur, modèle Xlyl-35, une antiquité, fut activé promptement. Elle tapa un code secret abscond. Une voie faible, féminine, lui répondit au bout de quelques minutes d'attente.

- Je vous écoute, Madame. Parlez vite, ce canal n'est plus aussi sur qu'avant.
- Enfin, vous êtes là. Prométhium va certainement m'arrêter et me mettre hors course demain. Les évènements s'accélèrent. Pouvez-vous mettre à exécution le plan ?

Un silence pesant, qui sembla durer une éternité, suivit cette brève conversation.

- Je redoutais cet instant. Si c'est un ordre, je l'exécuterais.
- Je vous en donne l'ordre. Et je ne suis plus votre chef depuis longtemps.
- Vous restez avec le général Zéro les seules personnes que j'estime légitimes pour donner des ordres à la Résistance. 'La Rose', terminé.

La Présidente Attia reposa son petit appareil, soulagée.

Je vous en prie, général Zéro. Où que vous soyez, achevez cette guerre qui n'a que trop duré.

Un bruit sourd puis des pas de course tirèrent la Présidente de ses pensées. Par réflexe, elle détruisit précipitamment son communicateur. Zorbium entra avec plusieurs gardes et cria :

- Vous êtes en état d'arrestation ! Suivez-nous sans résistance !
- Cela tombe bien, j'ai fini. Je vous suis.

La dirigeante de l'Union Terrestre jura avoir vu Prométhium sur le chemin de sa captivité (ou de son exécution) hurler de colère contre quelques objets innocents à sa portée. Son éventuel successeur aurait des frais supplémentaires en réparation de mobilier et de décoration.


La flamme de la liberté

'La Rose' reposa son récepteur et se rallongea très affaiblie dans son lit. Le geste de la Présidente était craint et espéré à la fois. A son chevet, le médecin qui la surveillait ne prit pas de gants :

- Il est hors de question que vous quittiez ce lit. Vous n'êtes pas du tout en état.
- Je dois au moins parler aux hommes.
- Vous le ferez allongée ! Sans cette perfusion de cellules souches activées, vous auriez passé l'arme à gauche depuis longtemps.

'La Rose' dut admettre que le médecin n'avait pas tout à fait tort. Les radiations des armes de Prométhium l'avaient grandement affecté, et sa vie ne tenait plus qu'à un fil. Sans un effort médical constant, elle serait certainement morte depuis longtemps. Elle se résolu à parler en face à face avec les chefs de la Résistance présent sur son lit, derrière son traditionnel voile de gaze blanche.

- Messieurs, fit-elle après le rassemblement. Le moment que nous espérions tous arrive enfin. Le général Zéro, le capitaine Harlock vont engager la bataille décisive contre les armées de métal de la reine du mal. Nous avons notre rôle à jouer, et nous lançons maintenant l'opération prévue. Vous connaissez la procédure. Bonne chance, et que les dieux encore vivants vous gardent.

Les hommes et les extraterrestres présents partirent sans dire un mot, l'air sombre et déterminé.

La révolte générale des planètes et des peuples asservis.

Voilà ce qu'avaient décidé la Présidente et 'La Rose'. Le signal, une fois émis, se répandrait comme une trainée de poudre dans toute la galaxie. Des millions d'hommes, de Mortls, de Gorfs, de Govoroms et autres peuples se révolteraient en même temps, constituant des milliers d'unités combattantes. Toutes avaient déjà des ordres, des plans, des objectifs. Le but final restait le même : aider la flotte de la Résistance à affronter face à face Prométhium dans un duel décisif. Le combat final pouvait enfin s'engager.

'La Rose' prit à nouveau son récepteur et écrivit un long message codé. Elle pensait à Harlock, cet impétueux jeune homme qu'elle avait rencontré avant cette guerre, lors de son arrivée sur son ancien vaisseau. Tiendrait-il le coup ? sortirait-il vivant, lui, de ce cauchemar ?

Toutefois, 'La Rose' et la Présidente n'avaient pas conscience qu'Harlock et Zéro, qui n'allaient pas tarder à recevoir le message fatidique, étaient tout sauf prêts…


Le maréchal Technétium éteignit le projecteur et ralluma la lumière. Son exposé était éloquent, bien construit et convaincant. Prométhium, qui réfléchissait, se félicitait d'avoir nommé un robot si talentueux à ce poste important, malgré ses quelques échecs.

- Votre plan est parfait, maréchal, fit la Reine.
- Nous avions tout prévu, majesté. Y compris un baroud d'honneur de ces sous-hommes et de leur prétendue Présidente.
- Vous positionnerez le 'vaisseau' à l'endroit convenu. Je superviserai les opérations depuis mon navire amiral personnel. Mais je tiens à capturer ce Zéro et ce Harlock vivants et encore en bonne santé.
- Vos désirs sont des ordres altesse.
- Et, Technétium, n'échouez pas dans cette tâche.

La Reine se leva et consulta les différents rapports qui égrenaient son bureau. Tous les systèmes faisaient part, tour à tour, d'une révolte armée des peuples asservis ou des planètes occupées. Cela allait de la simple grève d'ouvriers dans les usines d'armement au sabotage des ports militaires en passant par des attaques de troupes disparates sur les quartiers généraux.

Malgré tout, l'opposition militaire était moindre que celle attendue par la souveraine de l'Empire Mécanique. Certains systèmes étaient peu touchés, voire parfaitement calmes. Aucun surcroit d'activité dans la bordure. Les flottes spatiales de la Résistance attaquaient bien quelques systèmes, mais les actions restaient limitées.

Prométhium eut un sourire machiavélique puis ria nerveusement.

- Contactez l'humain, dites-lui de se mettre en route. Je pars sur mon vaisseau.
- Bien majesté. Avez-vous d'autres instructions ?
- Hum… oui. Tuez-les tous. Sauf Zéro et Harlock. J'insiste… pour pouvoir les tuer moi-même…