Elheym : Ta review m'a fait super plaisir ! (Ahhh, tu es tombée sur Lumber ! Elle est génial hein). La plupart des questions à tes réponses sont dans ce chapitre ! Sauf pour Amon, bien sur ! Et là, crois moi qu'il n'a pas apprécié le coup d'Acacia et que comme tu dis, il a eut le temps de bien murir la question ! Et merciiiiii pour tes compliments qui me touchent droit au cœur et m'encouragent pour continuer ! :D

Magda : C'est drôle mais j'avais inventé un tribut qui s'appelait Magda (dans les hunger games où les tribus étaient seulement munies de gourdins à pointe), mais bref XD. Tu as eu bien du courage de tout lire, ça me fait plaisir (il y a pas mal de récit quand même :p) Et j'ai vraiment adoré ton compliment sur : revivre les hunger Games, ça me fait vraiment trop plaisir ! XD

Inin : Haha ! Effectivement, tu vas vite le découvrir !Merci :D

Ewilia : Tu sais que j'attends toujours tes reviews avec l'impatience d'un enfant pour recevoir son Kinder ? XD (Cela n'est évidement pas un commentaire pour te dire de poster vite tes reviews, c'est normal que tu les postes quand tu le peux, tes problèmes passent bien avant ! :D). Ahhh, Cleta ! Merci pour ton compliment sur les carrières ! Je voulais leur donner de la profondeur et les faire un peu exister. Aucune personne ne nait mauvais, elle le deviens selon la moral qu'on lui inculque. Et : haha pour le coup de pieds, je t'avoue que j'étais joyeuse en l'écrivant ! Pour Amon, il va falloir patienter ! X3 Pour les pov, il y en aura pour tous les survivants des huger games qu'il reste ! Ca me permet aussi de ne pas faire mourir mes personnages sans leur donner une vie, une âme :D Quand on parle du loup… (mais chut).

Monstermaster : Tu as raison ! Je l'avais fait à la base mais ça s'est retiré par la suite en postant, je ferais attention :D Je t'avoue que ça m'a fait vraiment mal de tuer les 4, c'était vraimmment pas prévu dans mon planning initial ! (enfin, qu'ils meurent, si, mais c'était pas prévu pour maintenant) C'est parti tout seul et chacun sait que les plus mauvais survivent le plus longtemps !=) t effectivement, tu imagines très bien qu'Amon doit se sentir tttrèèèès mal. Très mal, c'est peu de le dire. Ahhh la vengeance de Cleta. Un jour viendra… Pour Pretus, pas faux, haha ! Néanmoins, il va falloir attendre le chapitre prochain pour en savoir plus !

Rlud et lilyn : Merci tous les deux ! :D Va pour Lumber qui rencontre un franc succès !


J-5

Un bruit. Répétitif, insistant et aigu. Comme le son d'une cloche qui résonne dans la ville, ce bruit résonne dans ma tête. J'émerge peu à peu, l'esprit encore flou, et à travers mes paupières je vois et ressent la chaleur du soleil. J'entends un bruit, comme si on ouvrait quelque chose et la mélodie cesse. Je tente d'ouvrir les yeux mais n'y parviens pas, comme si mes cils étaient collés les uns aux autres. Je tente de me remémorer ce qu'il s'est passé. Je me souviens alors d'Amani et moi. D'Amon qui nous suit, Amani qui part, Cleta qui me saute dessus. Amani est morte. Cleta, je ne sais pas, elle était inerte quand je suis partie. Et puis il y a eu… la chute ! Oui, dans l'eau ! En y pensant, je remarque que des bruits de pas se font entendre et que je dois me retrouver près d'une source d'eau, à cause du bruit d'une main plongée dedans. Je suis tombée dans l'eau et me suis évanouie. Si je n'arrive pas à ouvrir les yeux, c'est probablement parce que Cleta m'a blessé au niveau de l'œil. Ca a dû sécher au soleil. Depuis combien de temps suis-je endormie ? Je sens soudainement une goutte d'eau toucher mon visage, puis, doucement, une espèce de tissus passer dessus.

Qui ? Je me laisse faire un moment, sur mes gardes. Ce n'est pas Amani. Hors, hormis elle, personne dans cette arène ne veut me voir vivante. Et puis elle est morte. N'importe qui de lucide m'aurait achevée dans mon sommeil plutôt que de me soigner. C'est ridicule. Quand les cils de mon œil gauche sont suffisamment mouillés pour que je puisse ouvrir l'œil, je remue. J'entends un cri étouffé -féminin- et je sais que la fille –car c'est le cas- vient de s'éloigner précipitamment, apeurée. Elle ne me fait pas confiance et elle a bien raison. J'ouvre en grand l'oeil, ne vois rien car le soleil m'éblouis et je tente de me relever. Mais c'est impossible. Je suis encore trop faible, mes muscles sont ankylosés. Je soupire, la bouche pâteuse, essais de dire quelque chose mais c'est un grondement qui sort de ma bouche. Je suis vraiment dans un sale état. Mais la fille a l'air de comprendre, et bien que je la sente bouger et m'apporter de l'eau, mon regard est trop trouble pour que je fasse quoique ce soit. Et puis la pommade a beau m'avoir soulagée, malheureusement, mon œil droit ne s'ouvre toujours pas et j'ai bien peur qu'il soit atteint. Voir crevé. Je bois ce qu'elle me donne, m'étouffant à moitié tellement je me dépêche de tout absorber, ma tête sur son genou –maintenant qu'elle sait qu'elle ne risque rien-.

C'est là que je vois du jaune, enfin non, des cheveux blonds plutôt. Longs car ils touchent presque mon visage. Je ne distingue pas le sien. Mais une seule fille encore en vie a les cheveux blonds. L'amoureuse du 8.

La fille du 8. N'est-elle pas alliée au garçon du 8 ? Est-il là lui aussi ? Pourquoi m'aide-t-elle ? Elle n'y gagne rien ! Elle aurait pu au moins me laisser comme ça, sans défenses. Mais elle est là. Je n'arrive même pas à lui en être reconnaissante parce que je ne sais pas si c'est une bonne chose. Que dois je faire ? La tuer ? J'ai la certitude que je n'y arriverais pas. Non, pas contre quelqu'un qui m'a aidé et est plus faible que moi. Impossible. Alors je soupire, lassée et elle m'aide à m'assoir. Si ma tête me tourne un peu je parviens néanmoins à bouger mes bras endoloris. La fille du 8 me regarde et prend dans ses mains une petite boite que j'observe. Elle y trempe son doigt. De la crème ! De la crème ? Elle s'approche de moi tout doucement, craintive et comme je ne bouge pas, elle finit par m'appliquer la pommade sur mon arcade et mes paupières. Je n'avais pas spécialement mal, j'avais probablement pris l'habitude, mais ça me soulagea tellement que je soupirais. Avais-je eu le droit à des sponsors ?

-Pourquoi ? Je lui demande en attrapant un bout de tissus dans mon sac – qui aurait pu servir à fabriquer une torche- et en l'enroulant autour de ma tête, histoire de cacher mon œil droit-. Je m'approche de la boite métallique qui avait contenu le médicament –plutôt une sorte de protection pour éviter toute infection. Mon père me l'a envoyé à travers mes sponsors. Ça a du couter cher. Je soupire et lève les yeux pour capter une des caméras, dans un arbre. Je lui souris et je me retourne vers la 8.

Elle me regarde avec ses grands yeux bleus et semble hésiter.

-Je t'ai vu tomber. J'étais toute seule et… tu n'as plus bougé. J'ai pensé que tu étais morte –tu aurais bien aimé- mais tu t'étais évanouie. Je suis venue te voir hier, et tu étais encore vivante alors… alors quand je t'ai vu bouger, je… enfin, tu vois.

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle, elle ne voyait pas bien le pourquoi du comment. Si ça se trouve, elle avait même fait ça naturellement sans penser aux conséquences ! J'étais une carrière –même si je suppose que je ne le suis plus- quand même ! A la base, ma seule motivation était de tuer, et elle, elle ne trouve pas mieux que de me garder en vie. Je ne vais pas m'en plaindre mais je trouve que la fille du 8 est un peu trop naive dans ces jeux. Et qu'elle risque de s'en mordre les doigts à un moment donné. Mais ce qui m'intéresse, c'est surtout combien de temps j'ai pu dormir, et qu'est-ce qu'il s'est passé entre temps.

-Mieux. Je vois mieux, je lui dis en lui montrant la pommade et mon bandage. Ca fait donc deux jours que je dors. Avant-hier et hier. On est le cinquième jour, je lui dit après avoir réfléchit. Je suis partie le troisième jour si je me rappel bien, le matin. Quelqu'un est… ?... mort ? Voilà ce que je voulais dire. Mais je n'aimais pas le terme, ça paraissait trop cru.

-Oui. Il… Keith. Hier. Il n'y a eu que lui depuis que la fille noire est apparue dans la projection.

Je murmure un vague « hum » et me mets à manger ce qu'elle m'a préparé. Je ne sais vraiment pas quoi penser. Elle a l'air dévasté par la mort de son compagnon. Non mais, jouer sur le numéro du sentimentaliste ! Mes fesses oui ! Les sentiments ne sont pas bons dans le jeu. Nuisibles. Et d'ailleurs, qu'est-ce qu'il s'était passé ? Un rodeur ?

-On devrait y aller. Partir d'ici, c'est pas un bon coin, elle me dis en regardant autour d'elle paniquée.

« On » ? Je fais mine de ne rien avoir entendu, regarde autour de moi avec mon œil gauche –et d'ailleurs, vous devez bien imaginer dans quel état ça me mettait de ne plus avoir qu'un œil valide- mais ne percevant rien j'hausse les épaules.

-Tu n'as croisé personne ? Je lui demande en la regardant de haut en bas. La 8 était petite, avec de longs cheveux blonds –mouillés-, de grands yeux bleues. Je ne dirais pas qu'elle est belle, elle est assez banale. Ce qui me surprends, c'est qu'elle n'a pas de blessures, mise à part sur son bras droit –nos justaucorps sont des manches courtes car il fait assez chaud la nuit près de la corne d'abondance-. Des marques séchées le jonchent. Rien de bien surprenant dans un jeu pareil, j'aurais plutôt été surprise qu'elle n'ait rien à vrai dire.

-La fille à la hache, si. C'est elle qui a tué Keith. Je crois qu'elle me traque. On devrait partir.

Hum. La fille à la hache. La fille à la… ? La fille du 7 ! Mais oui, celle qui m'avait poussé comme un bœuf quand j'étais en déséquilibre. La saleté ! J'avoue qu'elle est assez impressionnante, et je n'étais pas, immédiatement du moins, motivée pour la rencontrer dans un face à face. Je souris ironiquement. Cette petite blonde à l'air d'attirer les ennuis plus qu'autre chose, et bien que je lui soit, assez, reconnaissante pour s'être occupée de moi, je n'étais pas dupe. La seule raison pour laquelle elle s'était occupé de moi alors qu'elle voyait que j'allais survivre était de s'allier avec moi. Et c'était hors de question. Après tout, je ne lui avais rien demandé.

-Ok t'inquiètes blondie, on y va, on, enfin, je, je devrais dire. Faudrait surtout pas croiser la 7, c'est ça ?

-C'est qu'une hache, c'est pas rassurant.

Haha. La bonne blague. Etait-elle vraiment idiote ?! A défaut d'avoir une seule chance de survivre –en s'accrochant à quelqu'un de plus fort comme son amoureux du 8 et maintenant moi- elle était drôle. Et c'est un rire qui s'échappa de mes lèvres. Aussi soudain qu'inimaginable dans un jeu pareil. La fille du 7 avait une hache. Comme c'est caucasse pour un tribut d'un district de bucherons. Dans le 7, ce sont les hommes qui coupent le bois. Mais bon, après tout, peut-être qu'ils apprenaient tous quand ils étaient petits, j'en savais rien. Néanmoins, je notais ce que je pouvais sur elle. Elle avait réussi à chercher sa hache dans la corne et à y réchapper. En me fonçant dessus au passage. J'avais un compte à régler avec elle.

-Un sabre non plus, blondie, je finis par lacher, excédée par sa naïveté. Et je me rappel soudainement de mon arme ! Il est où ?!

-J'avais peur que tu… enfin, tu…

Je me lève, pose ma feuille qui me sert également d'assiettes et scrute les alentours. Sans mon sabre… sans mon sabre j'ai moins de chances ! Faites qu'il ne soit pas perdu dans l'eau ! Blondie se lève, va derrière un arbre et se retourne vers moi. Mon sabre à la main. Je soupire soulagée et cours vers mon arme. Quand je saisis la poignée, je savoure ce contact avec délice, passant mes doigts sur le tissu et le fer sans pouvoir m'en lasser. La 8 me regarde avec crainte et je hausse un sourcil, enfilant la bandoulière de mon sabre pour qu'il finisse sur mon dos.

-Que je te tue ? T'aurais pu le faire d'ailleurs, je souris.

Elle me regarde, se tortille les doigts, une expression anxieuse sur le visage et me murmure en sortant un couteau minuscule.

-Tu veux que je…

-Ben non, maintenant que je suis réveillée, je risque de me défendre pour ma vie tu sais, je souris de nouveau. Qu'elle est idiote, sérieusement ! Et je suis pas sure que tu tiennes bien longtemps contre moi de toute manière. Mais bon, tu m'as aidé, je t'épargne, on est quitte, je me baisse, ramasse mon sac et vérifie son contenu, récupère mes affaires et me dirige vers la forêt, salut.

-Non attends ! Elle crie. Je… J'aimerais qu'on reste ensemble.

Ben tiens. Et depuis quand je suis censée protéger les plus faibles ? Hum ? Je n'étais surement pas là pour faire des bons sentiments. Si elle voulait survivre, moi aussi, et entre nous, je préférais autant que ce soit moi qu'elle. Et puis si la 9 était sur ses pas, j'étais pour m'éloigner le plus d'elle.

-Pour que je te protège de la bucheronne ? Je ris. Non merci, si je peux éviter de la croiser déjà. Quelle était drôle et mignonne cette fille. C'était son problème tout ça. Et puis si elle te chasse, je préfère m'éloigner de toi.

Elle me regarde avec surprise puis désespoir. Quoi ? Elle pensait que j'aurais eu pitié d'elle, que je voudrais la remercier en la protégeant ? Je l'ai dit, je lui suis reconnaissante mais les carrières l'auraient déjà tuée s'ils avaient étés à ma place. Nous sommes dans les jeux de la faim ! Un jeu où seul le gagnant survie, va falloir qu'elle ouvre les yeux !

-Mais… Je t'ai sauvé quand même !

Voilà l'argument qui faisait mouche. Et elle l'avait fait pour quoi, exactement ? Pour que je sois son garde du corps. Elle a doucement rêvé la petite.

-Bon, arrête de geindre, je finis par lacher, parce que si elle commençait à ameuter le quartier comme ça, c'était sûr qu'on allait se faire griller. J't'accompagne pendant une heure. Après tu te débrouilles, ok ? Je l'avais quand même de travers qu'elle m'ait aidé. Et même si c'était pour m'utiliser après, je ne pouvais pas rester avec une dette pareille sur le dos. Je ne veux pas avoir sur la conscience d'avoir gagné parce qu'elle m'a « sauvé » et que je l'ai laissé pourrir. Allez magne, on y va.

Elle me sourit comme une poupée et comme tous ces stupides gens du Capitole, ramasse son sac rose vif –je soupire et lui dis de le recouvrir de feuilles, ou de quelque chose- et sautille presque sur place en me suivant. Comme un petit toutou. Bon, ce n'est l'affaire que de quelques minutes n'est-ce pas ? Inspirer, expirer. Inspirer, expirer. Je la laisse me suivre et donc fermer la marche –je lui précise de remplir sa gourde avant de partir (ce qu'elle n'avait pas fait, évidemment) comme je l'ai moi-même fait plus tôt-. Je ne risque rien, même si elle veut m'attaquer. J'ai un sabre, je suis rapide, j'ai été entrainée. Elle a un canif. Le temps qu'elle tende le bras je le lui aurais coupé. C'est simple. J'avais déjà vu des gens comme la 8 dans les jeux. Et d'ailleurs, les présentateurs ne riaient à gorge déployée ! Ils devaient se marrer devant leur écran, Caesar et Flickerman ! Se foutre de moi surtout et de la nunuche que je devais babysitter. Génial, j'amusais la galerie (et avec ma gamelle du début, je devais être la coqueluche).

La 8 et moi progressons dans la forêt de bois brûlés. Elle est parfaitement caractéristique, il faut bien le dire. Étant donné que je suis tombée dans la rivière, nous sommes vers le bas de la colline, à son versant. Nous ne pouvons pas partir vers la gauche pour la contourner, ça prendrait trop de temps, et je veux savoir ce qu'il y a derrière. La 8 m'a dit qu'il fallait remonter la colline, qu'elle y avait déjà été et qu'elle avait laissé de la nourriture dans son camps, bien que je m'en contrefiche, mais elle voulait que je l'accompagne là-bas. Du moment que je pouvais continuer ma route après, je m'en fichais bien, de son camps ou de sa cachette. Nous montons la pente assez ardu pour arriver à l'autre bout du pont où les cordes ont étés rompues. Celui ou celle qui a fait ça a été malin, certes, mais était probablement le dernier à passer dessus. Le temps de couper les cordes. Ça devait être horrible, pendant le bain de sang, n'empêche. Ils ont tous du se bousculer, se pousser pour passer sur le pont et rejoindre l'autre bout de la colline. Certains ont du tomber dans la rivière, comme moi –bien que j'ai plutôt sauté-.

Nous passons plus d'une heure à arriver à son « camps », à force de : « on est presque arrivé » et je souris devant la misère qu'il représente. C'est un tas de branches carbonisées. Ridicule. Je la regarde avec pitié et soupire, de nouveau excédée. Nos regards se croisent, nous avons bien progressé –elle a eu beau gémir encore et encore, je l'ai fait courir la petite, pas de temps à perdre-. La blonde est à moitié par terre, reprenant difficilement sa respiration. Elle vomit deux fois. Beurk. Elle se tient à un arbre, la voix entrecoupée de sanglot –j'admets que j'ai un peu poussé, je suis moi-même fatiguée par notre course mais on a du rattraper pas mal de retard sur les autres, et puis si les juges ne nous envoient pas de surprises c'est qu'on est sur la bonne voie-. Je la regarde, vérifie les alentours.

-J'ai fait ma part du marché, 8, j'y vais, je me retourne et prends la direction du soleil qui me fait face quand…

-Attends ! Je…, elle reprend sa respiration, toujours entrecoupée. Quoi encore ? Je voudrais juste… juste chercher un truc, reste s'il te plait, juste une minute.

Je crois vraiment qu'elle commence à abuser. Je soupire de nouveau, la voit se diriger à quatre patte vers sa cabane. D'ici, il n'y a pas de feuillages, juste… juste des tas d'arbres brûlés sur une ligne droite (on dirait presque une plaine, et pas une colline quand on est au sommet. Rien d'ici ne prouve qu'il y a autre chose que cette fôret. Et puis avec tous ces arbres, à 100 mètres, on ne voit plus rien sauf si on lève les yeux vers le ciel). Je scrute les alentours avec attention, une main derrière ma tête, sur la poignée de mon sabre accroché à mon dos. Je remarque une écorchure sur un arbre. Puis une autre sur un autre.

-C'est quoi ce délir…

Avec une vitesse fulgurante, je me retrouve embrochée. Grâce à mes entrainements, j'ai reculé en entendant le sifflement mais ma tresse est figée sur l'arbre qui était derrière moi. Embrochée. Je gronde, et tire, mais mes cheveux sont accrochés par… une flèche. Pas le temps de réfléchir, je sors mon sabre avec mon bras droit et coupe ma tresse. Fichu stylistes ! Je vais leur faire leur fête si je sors d'ici ! Mais pas le temps de penser à ça, je regarde dans la direction du tireur sans pouvoir l'identifier car il y a trop d'arbres. Je reste sur mes gardes. Si ça se trouve c'est cette pute de 8 qui… J'entends un hurlement venant de la cabane et c'est à ce moment précis que je sens un poids sur mes épaules puis sur mon dos. Quelqu'un vient de me sauter dessus par l'arrière, profitant du cri pour… Mais… ! Une embuscade ! Je n'hésite pas. S'il y a quelqu'un dans mon dos, il peut m'égorger, alors je saute en arrière pour l'écraser sur le sol. Ce n'était pas quelqu'un de lourd, plutôt de léger et dans le jeu pourtant il ne reste que des masses… un animal ?! Je serre les dents et mets un violent coup de coude dans les côtes de mon assaillant. Je l'entends hurler, je roule dans la terre et me retrouve debout, le sabre pointer sur son visage, avec dans l'autre main le couteau que je lui ai arraché des siennes. Le gamin du 12.

Je regarde autour de moi. Ce n'est pas lui qui a lancé la flèche, elle venait de la direction opposée. Ce n'est pas Hera non plus, son cri venait de la cabane et cette même cabane est sur ma droite alors que la flèche venait de droit devant moi. Qui pourrait avoir un arc ici ? Qui pourrait tirer entre les arbres en me bernant, sans que je l'aie repéré, sans le silence total ? Mon pieds gauche s'est instinctivement déposé sur le cou de Pretus et l'écrase alors qu'il est désarmé.

-Laisse-le.

Une silhouette sort de l'ombre. Imposante, présente, effrayante. Je reste scotchée. Je le vois. C'est lui. C'est… Ethan. Son visage est marqué de quelques traces de combat, mais rien de grave contrairement à mon œil. Son justaucorps est déchiré au niveau des épaules. Il me fige sur place avec son regard aussi froid que la glace. Il est stupéfiant et terrifiant. Mais je ne bouge pas. Nous sommes censés jouer le jeu de deux ennemis qui ont attendus ce moment depuis très longtemps. Sauf que je sus clairement en minorité et que… que je crois qu'il est sérieux. Vraiment.

-Juste toi et moi.

Il donne son arc à la 8, (quand je l'aurais sous la main elle pourra compter ses secondes celle là –même si elle me regarde avec des yeux de chien battu-) et je rabats mon sabre dans mon dos, libère mon pied de la gorge de Pretus qui se dépêche de se lever en s'étouffant. Case départ. Je prends une grande inspiration, encore sous le choc. Je sais que c'est le moment clé des jeux. Du moins pour moi. Je n'ai pas eu de chance depuis le début d'ailleurs, c'est le cas de le dire. Pretus et la 8 se reculent et Ethan se saisit d'un couteau long. Notre zone de combat est petite, comme l'espace que nous avions sur le terrain à vrai dire, à peu près 3 mètres sur 3. J'aurais une séquelle sur le côté droit à cause de mon bandage. Je ne vais pas gagner. Non, certainement pas. Et tout Panem doit être en train de le penser. Mon père est-il au courant ? Ma vie est entre les mains d'Ethan. Alors je tremble. Parce que son regard, sa carrure, la force qu'il dégage est supérieure à la mienne, et désormais, il peut faire ce qu'il veut.

Une pensée me vient à l'esprit. Et si… Et s'il comptait vraiment me tuer ? Nous avions parlé avant les jeux, mais, qu'est-ce qui pouvait m'assurer qu'il ne m'avait pas berné ? Je lui avais fait confiance parce que je n'avais pas eu le choix. Et à peine avais-je quitté les carrières que je le croisais. J'avais pensé rester avec Amon durant tous les jeux. Mais je ne pouvais pas prévoir qu'il exercerait un tel pouvoir, que Crishna voudrait ma peau bien trop rapidement… Je ne pouvais pas prévoir que les tributs du 4 qui m'avaient étés chers étaient… Non. Je ne pouvais pas. J'eus un pincement au cœur en pensant à la mort atroce de Ryve, ses cris, ses hurlements, à celle d'Amani, un sacrifice. Pour moi. Je ne pouvais pas mourir, là, c'est comme si je lui avais promis de survivre. Alors même si je commençais à douter de la parole d'Ethan, maintenant qu'il détenait tous les pouvoirs, je ne pouvais pas juste abandonner sans me battre.

Ethan s'approche, je me déplace vers ma droite. Nous nous tournons autour, tels des prédateurs. Et le temps est comme ralentis quand il arque le bras pour me fendre l'air de son couteau et que je déguainer mon sabre. Les armes s'affrontent dans un cliquetis infernal.


12h00, Capitole (point de vue externe)

-Peuple de Panem, habitants des District et du Capitole, vous nous suivez en direct depuis la grande arène de Taurmi ! Quelles Hunger Games ! Voyez-vous Caesar, j'avais la certitude que cette année serait mouvementée !

-Ce n'est rien de le dire ! Deux carrières éliminés des jeux et nous ne sommes que le cinquième jour ! Je précise que chaque sponsor a à sa disposition des écrans qui suivent 24h sur 24 l'état physique de leur protégé€ et son parcours. Vous avez désormais à l'écran la liste des tributs encore en liste et leur score. Crishna, du 1 est à la première place avec quatre victimes, suivie d'Amon, Cleta et Argus.

-Et je dirais que ça lui monte même à la tête ! Précise Claudius en explosant de rire. A l'écran on peut voir une rediffusion du deuxième jour durant lequel la 11 à écraser le visage de la 1 avec son pied. Des images diffusent un œil au beurre noir et un nez en sang, actuel de la tribut du 1.

Caesar rit de bon cœur et tape sur le dos de son ami présentateur.

-J'aimerais revoir les images de notre très cher Amon, tribut du 2, rentré dans son camps après avoir éliminé Amani, c'est un Amon furieux qui hurle et réveil les autres carrières, revenu au camps. Il se met à frapper les réserves avec son arme et perd tout contrôle. Il finit par s'isoler près de la forêt.

-Magnifique n'est-ce pas ? Quelle puissance ! Il m'a donné des frissons ! Ce tribut est véritablement le favori masculin de ces jeux ! Déclare Claudius.

-Notre chère sucre d'orge en a véritablement bavé, si je puis me permettre ! Ses sponsors lui ont envoyés une pommade pour son œil, quelle générosité ! Si je pouvais miser, ce serait la tête sur laquelle je miserais pour les tributs féminins, des images de la tribut du 11 défilent depuis sa sortie du train jusqu'au 5 ème jour des jeux, ralentit sur la nuit du troisième jour dans son affrontement avec Cleta. Son père devait être inquiet du coup porté par Cleta, qui, je le rappel a rejoint les carrières. Le tribut féminin du 11 est vraiment impressionnant.

-Quelle ingéniosité vous voulez dire ! Elle a échappé au bain de sang, s'est allié aux carrières, a survécu aux rodeurs, aux moustiques, aux tributs du 2 et à une chute de plus de dix mètres ! Le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle est la survivante de cette année ! Notre coqueluche ! Elle est véritablement amusante. Superbement amusante j'ajouterais, des images de la tribut du 11 se lavant le visage dans la rivière puis du tribut du 1 en train de l'embrasser.

Ce tribut est considéré comme le tribut féminin le plus apprécié physiquement et le couple qu'il formait avec le tribut du 1 a été extrêmement suivit dans tous les magazines hebdomadaires circulant dans le Capitole avec des gros titres : « LE couple ce ces HG, à ne pas rater ! », « Elle l'a enfin embrassé ! », « Les 64 eme HG, l'amour au rendez-vous », « Choc ! Les images exclusives de leur relation », « Est-elle enceinte ? »…

-Et ça n'en finit plus. Voici le débriefe du début de journée : ce que vous avez ratez ! La folle course se poursuit entre les tributs. Comme vous pouvez le voir sur le plan, la 7, Lumber est en liste, suivie par le 10, Carne! Les deux alliés, Demeter et Kley s'approchent d'un coin de forêt bouché par les mites carnivores, à voir dans l'après midi !... Oh, que se passe-t-il ?! Nous interrompons ce débriefe pour montrer à l'écran, en direct un moment clé des jeux. Caesar, je vous donne la parole !

Les présentateurs disparaissent de l'écran et s'affiche alors une scène en direct de l'arène. Une forêt emplis d'arbres brûlés. La 11, Acacia apparaît sur l'écran, une flèche dans les cheveux. Elle sort son sabre et coupe ses cheveux. Les présentateurs, Caesar et Claudius s'agitent oralement et commentent la situation. Pretus saute sur Acacia, elle tombe en arrière pour l'écraser pour ensuite se relever et le paralyser avec son pied. Quelqu'un lui demande de le lâcher, Ethan, tribut du 11 réputé pour être froid apparait.

-Magnifique, nous n'attendions plus ! Voilà qu'Acacia se retrouve face à … Ethan ! Son compagnon de district ! Ils avaient promis de nous offrir un beau spectacle, c'est phénoménal ! Je vous avoue que je ne tiens plus sur place ! C'est probablement le combat de ces jeux ! Que va-t-il se passer ? Oh ! Voilà le premier coup lancé par Ethan !

-Un combat d'arme ! s'écrit Claudius.

-Le couteau et le sabre s'entrechoquent ! Ils se déplacent dans l'air ! Quelle grâce !

-Je rappelle qu'Acacia est handicapé d'un œil. Quelle parade !

-Ouille, le premier coup est affligé à Acacia qui recule sous la puissance et en perd son sabre ! Beau jeu de jambe, Ethan perd la sienne également! Du corps à corps !

-Que… relève toi chérie ! Le combat continu à terre et nous n'arrivons plus à distinguer ce qu'il se passe, la cendre nous empêche de voir ! C'est… Ethan tiens Acacia par la gorge. Non de… Serait-ce la fin ? Je ne m'en réjouis pas, j'aimais beaucoup notre…

-Mais… Ils se parlent !

-Cher téléspectateurs, veuillez lire les traductions sous vos écrans.


Les mains d'Ethan m'écrasent le cou et je gigote sous son poids. Sous les coups, j'ai le bras gauche en compote, j'ai perdu mon arme et le nez en sang. Ethan n'est pas en meilleur état. Son torse est ensanglanté, le haut de son justaucorps complètement déchiré. Il est lourd, nous sommes essoufflés, je m'agite dans le désespoir. Je ne vois rien dans les yeux d'Ethan qui me mette sur la piste qu'il joue la comédie. Il desserre un peu son emprise quand je commence à lui griffer le visage et je me dépêche de dire :

-On… on peut s'allier ! Je crie en panique. Je suis forte, on arrivera à la fin ! Et puis se sera toi et moi. Un vrai combat ! Il recule son visage ensanglanté par mes griffures et appuis plus fort sur mon cou. Tu … tu as besoin de moi… pour battre les carrières ! J'hurle dans l'énergie du désespoir, devant ses yeux fous et cruels.

Et si je mourrais ? Et s'il me tuait, là, comme ça ? Et si c'était ce qu'il voulait depuis le début et si… Il lève son poing, me hait de ses yeux noisettes et m'assomme. Pour la deuxième fois, je sombre.


J-5, fin de journée

Quand j'ouvre les yeux, je suis saisie d'un mal de tête qui me paralyse pendant plusieurs minutes sur le sol. Il fait nuit, et seuls les crépitements du bois en contact d'un feu me parviens. Une discussion également. Ma première pensée est de me dire que je ne suis pas morte. La deuxième que je n'ai plus mon bandage. La troisième que nous ne sommes plus au même endroit, que nous nous sommes donc déplacés. La quatrième que j'arrive presque à ouvrir mon œil gauche, il n'est pas crevé. Bon. Je reste un moment, ainsi, à regarder devant moi les silhouettes un peu flous et le feu qui crépite. Il fait nuit. Ils font un feu. Ca ressemble à un feu de signalisation et c'est hyper risqué ! Mais je repense aux carrières et je me dis qu'on doit être suffisamment loin pour qu'on puisse nous repérer. Je vois quelqu'un arriver –une silhouette pareille, ça ne peut être qu'Ethan !- et referme les yeux.

-Je sais que t'es réveillé. Viens.

Je me lève péniblement en soupirant. Je suppose que nous sommes alliés, je suppose qu'il a pris en compte notre discussion avant les jeux et ça me soulage d'un poids énorme. Parce que j'avais vraiment craint qu'il ne m'achève. Je savais que face à lui, j'avais peu de chance de gagner, sauf si le sort m'était favorable. Haha. Je m'avance vers leur feu de camps, ne croise pas le regard de Pretus qui baisse la tête mais celui de la 8, que je voudrais écrouler par terre pour lui donner la leçon de sa vie. Elle regarde sur le côté et m'évite. Ethan me fait signe de m'assoir à côté de lui et me tend un bout de pain et de la viande. De la viande grillée et dorée au feu… Je regarde la carcasse de l'animal qu'il a achevé et cuit. Ce n'est vraiment pas attirant, mais j'ai tellement faim que je croque sans poser de questions. Et terriblement soif. Je vois qu'ils ont ouverts mes canettes- ce qui ne m'étonne pas plus que ça- et j'en attrape une à moitié pleine. L'eau coule dans ma gorge et je crois que jamais je n'ai ressenti autant de plaisir en buvant. C'est plus qu'exquis. Je ferme les yeux, avale les gorgée et mon mal de tête disparait comme par magie. Le silence est retombé à mon arrivée cependant. Ethan se lève tout à coup, je le regarde, il me regarde.

-Je dois te parler.

Vous savez que je commence à en avoir marre, entre Amon et lui de me retrouver toute seule dans un coin avec eux ? Ca n'a strictement rien de rassurant et généralement, ce que je veux répondre c'est : « Non merci, ça ira ». Je me lève cependant, parce qu'il doit jouer la comédie, ce qui est normal après tout, donc… Nous marchons cinq minutes dans les bois alors que le feu l'éclaire faiblement et il finit par se retourner.

-Ecoute, je te préviens, on fonctionne avec mes règles. Tu ne touches pas à Pretus, pas à Hera. Je m'allie avec toi, il fait une moue de dégout, seulement parce que tu m'es utile. Tu as quitté les carrières, c'est qu'ils te veulent. Je te veux aussi. Dans tous les cas, quoi que tu ais imaginé, tu meurs à la fin de l'histoire. Qu'importe, je n'oublie pas ce que tu as fait, 11, je n'oublierais jamais, mais on réglera ça plus tard.

-Tu vois Ethan, y a quand même une chose que je ne comprends pas. Pas mal de choses enfaite. Pourquoi tu t'allies avec eux ? Pourquoi tu m'en veux tellement ?

-Ma sœur… Ma sœur que tu as tuée alors qu…

Nous rejouons la même scène. C'est indispensable devant le public je crois. Je vois dans ses yeux une lueur encourageante et j'ai presque envie de sauter sur place. Il est avec moi ! Le vrai Ethan, derrière cette carapace est de mon côté ! Il va nous falloir un certain temps avant que nous puissions nous parler correctement pour que nous restions crédible. Mais Ethan sait que je ne peux pas parler des pacificateurs et de leur role dans notre histoire. Ce serait impliquer le Capitole et risquer la vie de nos familles. Hors de questions.

-C'était un accident ! Elle est tombée, j'ai essayé de la rattraper ! Elle ne savait même pas nager !

-Toi tu savais, tu aurais pu la sauver !

-Elle était trop lourde ! C'était mon amie. Mon amie. J'ai failli mourir avec elle. Crois bien que si j'avais pu faire quelque chose, je l'aurais fait.

Ethan me regarde un long moment, comme pour montrer qu'il est dans une intense réflexion. Me croire ou non ? Il se passa une main sur le visage et je remarquais les marques de griffures qui avaient formé des croutes sur sa joue droite et son oreille gauche. J'y avais été fort.

-On verra ça plus tard.

Nous retournons au camp. Pretus est debout, un couteau à la main, à l'affut. Hera est recroquevillée dans un coin. C'est une espèce de grotte qui leur permet d'aller dormir à l'abri. Ethan leur dit d'aller se coucher, leur donnant ma couverture chauffante et quand ils ont disparus dans la grotte, il s'approche du feu et s'assois en face de moi. Je frissonne. Je crois que les jeux me font réaliser encore plus la réalité. Ethan est torse nu, et d'ici je vois plus que bien ses muscles. C'est impressionnant. Je m'approche de mon sac, saisis ma pommade, en applique sur mon œil et finit par la lui tendre, pour le coup de sabre que je lui ai donné au torse. Même si ça l'a effleuré, je sais que c'est une sacrée coupure.

-Qui ? Je demande en montrant le ciel.

-Personne aujourd'hui. Ça risque de chauffer demain. Comment t'as eu ça ?

Je le regarde appliquer la crème.

-Les sponsors…

-Non, ça, il me montre mon œil.

-Ah… Cleta. Ce devenait trop dangereux de rester avec les carrières. Alors Amani et moi on a décidé de partir. Amon l'a su. Il nous a suivis, Amani s'est sacrifié pour moi en se battant avec Amon. Cleta m'a prise par surprise.

-Et ça ? Il me montre mon pantalon déchiré.

-Des sangsues. Je suis tombée dans le marécage.

Il me montre du doigt une griffures que j'ai reçu du rodeur dans la foret sans m'en rendre compte sur le bras droit. Même bras droit recouvert des tatouages dorés que m'ont posés mes stylistes.

-Un rodeur.

Il finit par me montrer mon cou, le regarde et avant qu'il dise quoi que ce soit je touche mon cou du bout des doigts. Il était un peu gonflé à un endroit mais c'est vraiment minime, comme un mauvais coup, même moins que ça. Néanmoins je suis incapable de dire de quoi il s'agit. Je n'ai aucun souvenir de ça.

-Amon, vrai ou faux ? Me murmure-t-il.

Amon, quel rapport… ? Je réfléchis et me rappel des moments passés avec Amon. Mais ! Quand nous étions seuls et qu'il m'a embrassé au cou ! Qu'a-t-il bien pu faire pour me laisser une marque ? Je regarde Ethan, étonnée par son rire.

-C'est un suçon. T'as eu le droit aux deux types de sangsues qui existe au monde. C'est un record, bravo.

Un quoi… ? Une marque, c'est tout ce que je retiens. Il m'a laissé une marque, visible apparemment. Je soupire tristement. Ça lui ressemble bien de marquer son territoire. Et je ne m'en étais même pas aperçu ! Dans l'expression d'Ethan, je vois la pitié qu'il ne peut pas retenir. Une pitié véritable. Parce qu'il sait ce que j'ai vécu, il le sait. Et que ce n'est pas drôle quelque part ce qu'il m'est arrivé même si j'étais consciente de tous ces risques.

-Et toi ? Je lui montre son visage.

-Ça s'est pas très bien passé pour récupérer mon arc, il me dit en me montrant la balafre qu'il a sur la joue. Pas jolie, mais quand même mieux que mon œil.

Nous nous regardons et peinons à ne pas nous sourire. J'ai bien du mal à faire croire que je le déteste désormais. C'est vrai ! Je suis même contente de le voir. Pour le public, ce serait surement vu comme un retournement de situation. Caucasse, mais un retournement inattendu. Genre on se hait à cause de notre passé, on s'allie par obligation et on trouve qu'on peut s'entendre, qu'on peut être amis. Génial non ? Après plusieurs minutes de silence, Ethan continue à me poser des questions. Il faut dire qu'on représente pas mal de choses pour l'autre maintenant. Et quand un sourire traverse nos lèvres, nous faisons mine de le corriger comme si nous nous haïssions mais nous aimions de la même manière. Mes paupières commencent à se fermer quand j'entends un bruit. Instinctivement je me lève en sursaut, le sabre déguéné. Ethan pose sa main sur mon bras et me montre la grotte. Pretus et Hera en sortent. Je reprends mon souffle, ils ont l'air effrayés par moi. Je range mon sabre.

-Acacia, va te coucher, Pretus va tenir la garde avec moi et…

-Non ! Je veux dire, il faut que tu te reposes Ethan, tu l'as porté pendant des heures, il faut que tu sois en forme pour demain. Je reste avec Pretus, donne-moi une arme.

-Tu es sure que…

-Bien sur. Je m'en occupe.

Je jette un coup d'œil à Pretus et me souviens que c'est lui que j'ai plaqué contre le sol. Il n'a rien cependant mais évite soigneusement mon regard. Je me demande bien comment il a pu terminer avec Ethan. Etaient-ils alliés dés le début ? Comment a-t-il fait pour survivre ? Il a du se faufiler partout, vu comme il est petit. Et puis on l'oublie facilement avec toutes les masses qu'il y a dans ces jeux. Il est minuscule, a les yeux gris des cheveux très noirs. Je suis méfiante envers lui, je ne lui fais pas confiance. Son numéro d'innocence ne marche pas avec moi. Il n'a pas la force de tuer mais il a l'air très débrouillard pour survivre.

Ethan finit par se lever et nous entrons dans la grotte. Le problème apparait directement. Quand nous nous retrouvons face à la couverture nous nous regardons. Pretus et Hera ont dû dormir ensemble – c'est vrai que dans les jeux, c'est vraiment la dernière préoccupation-. Et soudainement, il commence à faire froid. Très froid. Les juges. Je soupire et me frotte les bras. Mes poils sont hérissés et je commence à trembler tellement la température baisse. Ethan ne doit pas être dans un meilleur état vu qu'il est torse nu. Il finit par me regarder. La galanterie n'existait déjà pas dans le 11, je ne m'attends même pas à ce qu'il me laisse le duvet pour souffrir à côté de moi.

-Ils n'attendent que ça faisons leur au moins plaisir, il me dit, et je vois qu'il est épuisé. Je devrais probablement dire quelque chose du genre : merci de m'avoir porté, épargnée mais je dois afficher l'image d'une fille forte. Alors, mine de rien, je vais m'installer dans le duvet en première et je me mets sur le côté, lui laissant de l'espace pour s'allonger près de moi. Ne faites pas cette tête, c'est probablement ma dernière préoccupation que le Capitole nous vois dormir serré l'un contre l'autre à son grand plaisir. Ce sera le sujet de conversation demain pour tous les habitants du Capitole, attendrissant et tout, genre les deux ennemis sont devenus proches. Mais les juges doivent bien rire. C'est malsain parce qu'ils s'attendent à ce que deux ennemis se forcent à se montrer proches. Ils le savent. Mais ils ne savent pas que nous savons. C'est déjà ça.

Mais quand Ethan s'allume dans le duvet, le referme difficilement, il est bien obligé, baraqué comme il l'est de se presser contre moi. Son torse rencontre mon dos et nos jambes sont bien forcées de s'entre mêlées. Il semble ne pas savoir quoi faire de son bras droit et presque agacée par sa soudaine gène, je le lui attrape en gigotant et le dépose sur mon ventre. Du coup, c'est un peu comme si Ethan me tenait dans les bras, c'est étrange et je reste tendu un moment. Ca ne m'étais jamais arrivé, à part quand… Je reprends doucement ma respiration pour éviter la panique. Ne pas paniquer, ce n'est rien, il ne me fera rien, il ne me touchera pas. Je sens comme des papillons remuer dans mon estomac, et même si la chaleur de nos corps et du duvet nous réchauffe, j'ai des frissons. Je ne ferme pas l'œil avant de longues minutes dans le silence, dans ses bras. En pensant que j'avais toujours rêvé de cette scène, des milliers de fois. Mais dans les bras de Taleb.


J-6

Quand je me réveille, Ethan dort encore. Ce n'est pas étonnant, après tout, il a passé une sale journée hier. Je recule son bras qui s'est posé sur mon cou pendant la nuit et gesticule lentement pour sortir. C'est pas tout ça. Quand je découvre le camp, il est vide. Pretus et la 8 n'y sont pas. Pourquoi ? Ont-ils l'habitude de faire ça ? Dans ce cas, pourquoi un seul d'entre eux n'est pas parti, laissant l'autre monter la garde ? C'est stupide, Ethan et moi on aurait pu être attaqué ! C'est quand je découvre que les sacs ont disparu que je tilt. J'ai gardé le mien dans la grotte avec mon sabre, Ethan aussi je crois. Mais ça à l'air trop bien fait pour que ces deux-là soit partis faire une ronde. Il n'y a plus du tout de viande sur la carcasse. Je retourne dans la grotte, réveille Ethan.

-Ils sont partis.

Il cligne des yeux. Oh ! Je viens juste de me rendre compte que j'avais les deux yeux ouverts ! Je vois de nouveau !

-Qu… Quoi ?!

Il le lève directement et cours dehors. Je le suis et je devine que ce n'est pas normal. Ils devaient le prévenir avant que je ne vienne je pense. Et là, ils sont partis comme ça. Sans rien dire ! Je le regarde, il me regarde la mine bouffie, mal réveillé. Il fait un tour du camps et fait la même constations que moi. Il se passe une main sur le visage et soupire.

-Ils sont tous les deux, y a moins de risques qu'ils…

-Ils devaient me prévenir.

-Écoutes, la 8 a bien survécu à Lumber, et je me demande bien comment alors ça devrait…

-Qui ?

-La 7, Lumber, qui a tué Keith, tu sais, le gars du district 8, son amoure…

-Je sais, je sais, mais… elle m'a dit que Keith était mort empoisonné, pas tué.

Nous nous regardons un long moment. Hera a mentit à l'un d'entre nous, ou à nous deux. Si c'est le cas, c'est qu'elle a quelque chose à cacher. Et si… ? Non, impossible. Je me rappel des paroles de mon père, de ses conseils : Rien ne se passe comme prévu, ne fais confiance à personne. Les gens ne sont plus les mêmes. Hera, la petite blondinette en apparence innocente pourrait bien… Je vois dans les yeux d'Ethan qu'il pense à la même chose que moi.

-Et si c'était elle… je murmure. Et si elle l'avait tué ? Je réagis avec horreur en imaginant Hera tuer Keith, son amant. Après tout, si c'était déjà une meurtrière, on avait dormi à côté d'elle ! Et ni Ethan ni moi n'étions des meurtriers, pour le moment dumoins. Le seul problème, c'est que Pretus est parti avec elle. Et qu'il ne sait pas comme nous qu'elle a potentiellement déjà tué quelqu'un, et nul autre que son amant ! Si elle a pu le tuer lui, elle pourrait très bien…

-Pretus ! S'écrie Ethan en me regardant avec horreur.

Et c'est à ce moment précis que retentit un coup de canon. Nos regards se croisent. Inutile de parler, inutile de dire quoique ce soit. Il y a de fortes chances que dans le ciel, ce soir, s'illumine le portrait de Pretus. Et surement celui d'Hera car Ethan fait son sac, je me saisis du mien. Nous prenons nos armes. Nous partons à la chasse.


J'espère que vous avez aimé même si je suppose que ça ne vous enchante pas ! Je comprends ! X3 Néanmoins, dans le prochains chapitre, vous aurez le droit au pov de Pretus, donc vous découvrirez ce qu'il a fait depuis le bain de sang, comment il s'est allié à Ethan et Hera etc ! Ce fut un personnage extrêmement intéressant bien qu'on l'eut connus très peu ! Mai crainte, le pov arrive !

J'espère que la situation Ethan/ Acacia/Manigance du Capitole plait aussi !La fin: BATTLE POWWAA super Ethacia va défoncer du bourricot!

(Je m'excuse en passant si vous avez trouvé des fautes de frappes ou autres, j'ai beucoup tappé donc forcément XD)

N'hésitez pas à me donner vos impressions, si vous lisez seulement la fic, un petit commentaire fait toujours hyyypppeer plaisir ! Merci encore à ceux qui me commentent, qui follow ou favorite, je vous aime ! Les lecteurs de passage aussi =3

Merci pour vos votes : Lumber l'emporte. Vous verrez que votre sponsoring a changé quelque peu les choses par la suite !

A la semaine prochaine pour un 6ème jour haut en couleurs !