Bon, y a encore quelqu'un au bout du fil XD
Excusez-moi, mais de mauvaises notes m'ont fait comprendre que je risquais fort de rater cette année... Et pis, je l'avoue, un énorme passage à vide, donc... J'espère que la suite de la fic vous plaira quand même, et qu'il y a toujours un peu de monde qui la lit.
Voilà, Enjoy !
Transfert.
Chapitre 12
Le départ fut long et difficile, je peinais à dépasser les deux étages… Cependant, plus le temps passait, et plus je m'améliorais…
Papa faisait des châteaux de plus de quatorze étages (mais là, fallait plusieurs paquets de cartes…), Mario était plus spécialisé dans les allumettes… (je me souviens notamment d'une superbe Notre-Dame de Paris…) Maman et Djamila étaient incapable de faire tenir une simple tente, et je devais avouer que j'avais hérité d'une partie de la maladresse, au moins pour le début… Mais dès que le quatrième étage fut en route, tout alla beaucoup mieux. Je trouvais même un second paquet, que j'entamais lorsque je n'eus plus assez de cartes.
"Shishi, tu te tiens tranquille…", murmurais-je à intervalles réguliers en jetant un coup d'œil sur ma petite chatte… Qui se tenait sereinement assise sur un coussin, regardant de ses grands yeux verts la structure qui montait inexorablement.
Trois coups toquèrent à ma porte, et j'entendis une voix masculine :
"Aïssa-chan ?
-Hein ?"
Il dû comprendre : "Entre !" car la porte s'ouvrit, et je vis Pirate rentrer dans mon petit salon. Oh non, oh non…
"Courant d'air !", grognais-je désespérément en voyant les cartes s'égailler sur le sol, sous le regard surpris de mon voisin. "Mince, pour une fois que j'arrivais au dixième étage…
-Attends, attends… Rembobine… T'as dis combien ?", me demanda Pirate.
-Dixième, pourquoi ?", soupirais-je en m'agenouillant pour ramasser les bouts de carton.
-Parce que pour moi, le troisième, c'est déjà un exploit…", ricana mon visiteur en m'aidant à récupérer les cartes.
YES ! Un domaine où j'étais meilleure que quelqu'un…
"Merci.", acceptais-je en prenant le paquet de cartes. "Qu'est-ce que vous vouliez ?
-Ben… Primo, que tu arrêtes de me vouvoyer…", sourit-il, et je bloquais sur la réponse.
-Ah… Dé…solée, ça va pas être possible…", murmurais-je en rangeant les cartes. "C'est un vieux réflexe dont je ne me débarrasse quasiment jamais…
-Bon, bah j'espère que tu feras quand même un petit effort, on est pas beaucoup plus vieux que toi.", répondit-il d'un air faussement fâché. "Et deuxièmement..."
Dans le petit esprit félin, l'objet blanchâtre qui traînait sur la table principale était… Une proie, oui, c'était cela… Une petite proie, avec laquelle on jouait d'un discret coup de patte… Mais d'abord, il fallait l'assomer… Même si elle paraissait plutôt… immobile, mieux valait être prudent deux fois qu'une… Souplement, la petite chatte s'approcha du corps de l'objet, qui l'observait de ses stoïques lettres dorées.
Mais pourquoi ne s'enfuyait-il pas ? Bonne question. Levant le regard vers sa maîtresse, la chatte vit qu'elle était en discussion avec un nouveau venu… Ce qui lui laissait le temps de massacrer la chose à petit feu… Doucement, elle leva une patte duvetée et curieuse, et frappa délicatement les étranges cordages tendus sur le corps. Ils émirent un très léger, très discret : "Doong…", inaudible par d'autres oreilles que les siennes. Aha ! L'animal était encore vivant ! Elle allait pouvoir s'amuser… Profitant qu'on ne la regardait pas, elle recommença, plus fortement.
Doong, doong…
La bête criait, certainement… Sans aucun doute, le redoutable bourreau qu'elle était lui infligeait d'incroyables tortures, et elle criait grâce… Il était donc temps de passer à la vitesse supérieure… La patte quitta son velours pour se parer d'une griffe acérée, et frappa la corde.
Et, manque de chance, la griffe se prit dedans.
"Ah, mais c'est quoi, ça !", sursauta Pirate, surpris : il avait l'air de ne jamais avoir entendu une guitare électrique…
Ce qui m'inquiéta plus, ce fut le petit miaulement effrayé et colérique qui l'accompagnait :
"Shishi !", m'écriais-je en me jetant sur ma chatte, qui se débattait contre Monika, une griffe coincée entre les mailles d'une corde. Shishi bataillait violemment, tirant de ma guitare des sons… étranges, je devais dire, mais qui ressemblaient énormément à la maestria des grands joueurs. Aussi, alors que je la calmais et la libérais, je ne pus m'empêcher de plaisanter :
"Hey, dommage, Shishi, si t'avais été chez moi, t'aurais fait un malheur !"
Dès qu'elle fut libre, elle sauta sur mon épaule, et se mit à feuler en direction de Monika.
J'explosais de rire :
"Le duel de Titans… Une guitare contre un chaton… Guitare, 1-0…
-Et abandon de l'adversaire.", sourit Pirate en voyant que ma chatte se désintéressait de la "bête" pour se rouler en boule sur le fauteuil : que d'aventures, mes aïeux, que d'aventures ! Ca mérite au moins une sieste.
-Shishi, tu me fais honte.", souris-je ironiquement en voyant qu'elle s'était déjà endormie.
-Donc, ça m'amène au second point de l'affaire.", reprit Pirate. "Ce soir, c'est au tour d'Iwashi d'assurer le dîner… Je fais le tour des personnes…"
J'acquiesçais, accrochant ma guitare au mur : tous les mois, l'un des locataires de l'étage se chargeait du dîner, et invitait tout l'étage. Ce n'avait pas encore été mon tour, mais cela ne saurait tarder.
"Je suis désolée, ce soir, je serais pas là.", annonçais-je d'entrée de jeu.
-Mission ?", demanda curieusement Pirate.
-Non.", murmurais-je en caressant mon instrument. "Je… J'ai… Je crois que je vais… m'entraîner. Je l'ai un peu négligé ces temps-ci !", terminais-je en souriant faussement.
L'excuse bidon. Mais je me sentais vraiment mal, je ne supporterais pas de passer la soirée chez l'un de mes voisins. Pirate me regarda un peu suspicieusement, mais finit par acquiescer.
"Entendu. C'est noté. A demain !"
Je répondis sans grande conviction, avant de m'asseoir (enfin, m'écrouler aurait été plus exact…) sur le canapé. Arrachant un miaulement outré à son occupant.
"Oui, bon, excuse moi, Shishi.", grognais-je en offrant à la petite bête quelques caresses. Il valait mieux que je parte tout de suite. Il devait être quelque chose comme sept heures du soir, si je voulais profiter encore un peu du soleil…
Soupirant, je pris ma guitare en bandoulière, puis glissais quelques biscuits de riz dans mon fourre-tout. Je m'avançais vers la porte, et me préparais à sortir, lorsque je stoppais mon mouvement de main vers la poignée. Partir par là, ça signifiait croiser les autres, sans doute en train de discuter dans le couloir à cette heure-ci, comme à leur habitude. Et les questions. J'abaissais alors ma main vers la clef, et verrouillais la porte.
Je me sentais d'une tristesse… Sans aucune raison valable. Je soupirais en posant mon front sur la porte, alors que Shishi se frottait contre mes jambes.
"T'es incorrigible, toi…", souris-je en la prenant sur ma tête. "Allez, on va se balader."
Question : par où je sors ? Je n'avais qu'une seule issue… La fenêtre ? Pas bête, y avait peut-être une échelle de secours… Je l'ouvris, et me penchais : pas de bol, y en avait pas. Je soupirais longuement, en regardant au dehors. Dans mon champ de vision passa une ombre, qui filait d'un auvent à l'autre, ne prenant appui qu'une seconde à peine sur les tuiles rouges. Oui, après tout… J'avais fait beaucoup de progrès en ce qui concernait les déplacements, et Bagheera m'avait donné pas mal de tuyaux… Après tout, il ne s'agissait que de rejoindre le sol… Et je n'étais qu'au quatrième étage. J'aurais dit ça chez moi, je me serais traitée de folle suicidaire... J'enjambais la fenêtre, et visualisais ma trajectoire : l'auvent d'en face, une margelle de pierre juste en dessous, un tuyau d'évacuation des eaux de pluie…
"Shishi, tu vas pas tenir, alors viens ici, et reste tranquille."
Ma petite chatte se retrouva sous ma veste, regardant curieusement par l'ouverture.
"T'es prête ?"
Et je sautais dans le vide. L'ensemble marcha...
"Oulah, oulalah..", marmonnais-je sur la margelle, déséquilibrée, tendant les bras pour ne pas tomber...
Un petit penchage à droite, un petit penchage à gauche...
"Ooooh..."
Et j'suis pas tombée !
On peut dire que cela marcha plutôt bien, puisque je me trouvais sur le tuyau sans autres encombres. Je regardais autour de moi : il partait vers l'ouest, quittant la ville rapidement. Je pouvais le suivre, ça me ferait un point de repère pour le retour… Mais il n'avait pas l'air très solide, aussi, le suivre impliquait de se déplacer "à la ninja" sur toute la ville… Bon, au moins, je pourrais considérer que je m'étais entraînée, ce soir… Je jetais à nouveau un œil vers l'entrée de l'immeuble. Comme prévu, mes voisins quittèrent le bâtiment pour leur habituelle promenade avant le dîner, auquel je prenais d'habitude part. Ils riaient, plaisantaient, je les voyais d'ici… J'étais contente pour eux. Mais au fond de moi… Une lourde tristesse m'oppressait. Malgré leur gentillesse, l'amitié de toutes les personnes que j'avais croisé… Je me sentais désespérément seule.
"Aaa…Aaa… ATCHA !
-A tes souhaits, Ko.", sourit Izumo en voyant son camarade éternuer devant une pluie de vieux plâtre qui lui tombait sur le nez.
-Merci. Bon, je sais pas qui est perché là-haut, mais s'il avait la gentillesse de ne pas me balancer à la figure toute la poussière de Konoha, ça m'arrangerait.", rétorqua le concerné en levant le visage vers l'un des tuyaux d'évacuation. Il frottait contre le mur de la maison d'en face, dont le plâtre avait bien besoin d'être refait.
Pour toute réponse, une silhouette s'élança vers l'ouest, suivant la trajectoire du tuyau.
"Désolée.", entendirent-ils murmurer.
-C'était pas Aïssa-chan, ça ?", s'interrogea Iwashi en fixant la petite forme qui s'éloignait rapidement.
-On dirait, oui.", répondit Tonbo. "En tout cas, si c'est elle… Elle a fait énormément de progrès."
L'ensemble des camarades hocha la tête, et Iruka se sentit fier, mais en même temps un peu inquiet : depuis son arrivée, elle ne ratait jamais une occasion d'être avec eux… Alors… Pourquoi pas ce soir ?
Mince, quelle maladroite… Je m'excusais, et, comme une voleuse, je disparus vers l'ouest.
"Elle t'a donné quoi, comme raison, Izumo ?", demanda brusquement l'ancien instructeur.
-Entraînement.", répondit ce dernier.
-Ca m'étonnerait…", murmura Iruka. "Elle n'a pas l'air de se diriger vers les terrains.
-Je me doutais bien que c'était une excuse bidon.", reprit Izumo en haussant les épaules. "Lorsque je suis venu la voir, j'ai cru qu'on était revenus à son arrivée. Elle était d'une tristesse… J'ai pas insisté, j'ai fait l'imbécile qui gobe tout.
-Un rôle qui te va très bien.", sourit moqueusement Kotetsu en évitant le poing de son ami.
Ca faisait une vingtaine de minutes que je filais dans la forêt. Sortir de Konoha n'avait pas été bien long, et maintenant, tout ce que je voulais, c'était la tranquillité d'un petit coin sympa. Autrement dit, loin de la ville. Je croquais rapidement un biscuit, tentant de calmer mon estomac réclamateur.
"Miiiiuw…"
Allons bon, voilà qu'elle s'y mettait aussi…
"Désolée, Shishi, j'ai pas pensé à toi.", grognais-je en la déposant au sol. "Mais t'es une chasseresse, alors tu peux te débrouiller, non ?"
Elle m'avait déjà oubliée, et fixait de ses grandes prunelles un petit mulot qui dépassait des feuilles.
"Bon, je te laisse, tu rentres si ça te chante…", murmurais-je en reprenant ma course entre les arbres.
Le mode de déplacement ninja me plaisait de plus en plus (et surtout, je me cassais de moins en moins la figure...) , et je filais entre les branches, sans reprendre appui sur le sol. J'arrivais bientôt au pied d'une falaise, en sueur. Là-haut, on voyait encore le soleil.
"Bon… Ce sera un bon exutoire…"
Je resserrais les bandages qui entouraient mes mains et attrapais les premières prises : l'ascension semblait facile. J'arrivais rapidement en haut, et m'assis sur un rocher, regardant tout autour de moi : le paysage du soleil couchant sur Konoha était vraiment magique. Les ombres des sculptures de la falaise s'étendaient lentement. Ce panorama était désormais mon quotidien. Mais l'autre… Où était-il ? J'attrapais Monika, et, gagnée par la nostalgie, pinçais une corde. Les notes montèrent dans l'air du soir, alors que me revenaient les souvenirs de nos répèt' entre amis. Ninon tenait le synthé, Paquita la batterie, Arty et moi, les guitares, et nous accompagnions tous, lorsqu'il y avait besoin de chœurs, la superbe voix de Lolita. Mais là… J'étais complètement seule. L'effet était différent. Cette mélodie, c'était la première chanson que nous avions écris tous ensemble. Loin de me réconforter, comme je l'avais espéré, le chant me révéla ma pesante solitude : qu'étais-je sans les membres de mon groupe, soit dit en passant mes meilleurs amis ? Absolument rien de rien. La mélodie de la guitare toute seule n'avait aucun sens. Je serrais la mâchoire pour ne pas me laisser gagner par les larmes, et tentais un autre essai : un morceau que j'aimais beaucoup jouer, l'air de James Bond. Je pouvais le jouer presque seule sans trop de problèmes.
Longtemps, je restais là-haut, à enchaîner les morceaux, mais, loin de me sentir mieux, je m'enfonçais dans ma honte et mon désespoir : je n'avais toujours pas tenté un seul retour. Tsunade avait beau m'avoir dit que la seule chose à faire était d'attendre, je n'en pouvais plus. Ma famille et mes amis me manquaient énormément. Plus que tout.
Mon doigt dérapa, et mon morceau se termina sur un "Poïng" peu élégant. Mais déjà, tout ce que j'avais tenté d'éviter pendant la soirée se déroulait : un gémissement monta du fond de ma gorge, et, avant que je ne réussisse à me calmer, j'éclatais en sanglots. Monika glissa lentement entre mes doigts, et tomba par terre, rebondissant. Sa peinture blanche s'écailla, et le K de son nom s'envola pour disparaître je ne savais où.
"Oh non…", gémis-je en voyant ce que j'avais fait.
Ma guitare était mon seul lien, mon seul souvenir réel… Et voilà que je la maltraitais. Je me levais pour chercher frénétiquement la lettre dorée, mais peine perdue. A tous les coups, elle était tombée en bas de la falaise, ou bien s'était logée entre deux cailloux.
Comme d'habitude… Pas de bol.
Je m'asseyais à nouveau, posant cette fois-ci Monika beaucoup plus délicatement sur une grande fougère, avant de reposer mon visage sur mes genoux. Une fois que je fus certaine qu'on ne viendrait pas par ici, je me laissais aller, et pleurais toujours plus abondamment.
Les herbes étaient foulées par une paire de bottes. Je l'entendais, mais j'avais tant pleuré que j'étais comme déconnectée du monde autour de moi. Les pas s'arrêtèrent devant moi, et j'entendis un froissement de tissu :
"C'est ça ce que tu appelles t'entraîner, Aïssa ?"
La voix était à la fois moqueuse et inquiète de ne pas me voir réagir.
"Aïssa-chan ?"
Une main se posa sur mon épaule, et me remua doucement. Je relevais doucement la tête, et croisais le regard de Cacahuète.
"Hey mais…", murmura-t-il doucement, "Tu…"
Oui, je pleure… Quel mal y a-t-il ? Mon interlocuteur s'assit à côté de moi, semblant attendre une quelconque réponse. Je soupirais, avant de m'essuyer les joues.
"Dé…solée.", commençais-je. "Je… J'ai simplement raté… Je n'ai pas réussi ce que me demandait Iruka, c'est…trop… J'étais trop fatiguée…
-Arrête de mentir, Aïssa, ça ne te va pas trop.", sourit-il. "Ca fait depuis tout à l'heure qu'on entend la guitare, n'essaie pas de me dire que tu t'entraînais…"
Oups.
"Ca… porte si loin que ça ?", m'effrayais-je, tremblant encore après ma crise de pleurs.
-Pas jusqu'à Konoha !", rit-il. "Non… On a vu que tu n'allais pas bien. On a vite compris que ton excuse était bidon. Alors on a poussé la promenade vers l'ouest… Et on t'a cherchée.
-Pourquoi…", murmurais-je. "Vous avez…
-Tu aurais préféré qu'on fasse notre petit tour tranquillement et qu'on rentre manger sans s'occuper de ce qui pouvait t'arriver ?", demanda-t-il. "Tu plaisantes… C'est dans ce genre de moments qu'on t'a proposé notre aide, Aïssa-chan. Pourquoi tu ne veux pas ?"
Ca… c'était une très bonne question. Je dirais que la fierté de tout un chacun conduit à repousser les perches qu'on lui tend ? C'est bon, comme réponse ? J'ai combien ?
Zéro.
Je me contentais donc de ne pas répondre, et de détourner le visage. Bonne option, ça.
"Aïssaaaaa…
-Quoi ?", demandais-je, presque énervée en tournant mon visage dévasté par les larmes vers mon interlocuteur : c'est pas vrai, on dirait un gamin, à m'appeler comme çaaaaaa…
-Je te trouve plus mignonne quand tu souris.", pouffa Cacahuète devant le spectacle.
-J'ai… pas envie… qu'on me trouve… mignonne.", grognais-je en détournant la figure.
-Ah bon ?", sourit-il en s'appuyant contre un arbre, croisant les paumes derrière la nuque. "C'est pourtant ce que la plupart des filles souhaitent…
-C'était bien tenté,", dis-je, regardant tristement mon instrument abîmé.
-T'as envie de pleurer ?
-…Ouais…
-Certaine ?
-…Je suis obligée de répondre ?"
Il fit semblant de réfléchir, avant de hocher la tête d'un air malicieux.
"Alors oui.
-On ne dit pas oui sans raisons, Aïssa-chan.", sourit-il espièglement.
-J'aurais dit non, vous auriez proposé pareil ?
-Tu aurais dit non, j'aurais considéré que la soirée n'aurait pas été perdue.
-Pourquoi ?", m'étonnais-je.
-Si tu n'as pas envie de pleurer, pourquoi tu le ferais, alors ?"
Un point pour lui. Un gros point, même.
"Alors, tes raisons ?"
Ce qu'il pouvait être lourd, quand il le voulait…
"Je… ne me sens pas… bien, c'est tout.", grognais-je.
-C'est le « c'est tout » qui me gêne.", dit-il en rajustant sa position.
-Il n'a pas.
-Alors enlève-le.", dit-il mystérieusement.
-Bon, très bien…", soupirais-je ostensiblement. "Je ne me sens pas bien, voilà.
-Quel genre de « pas bien » ?
-Pardon ?"
La question m'avait tellement surprise, que j'en oubliais de laisser mes larmes couler.
"Ah, t'es pas mal comme ça aussi…", sourit-il. "Un peu de surprise, quelques larmes… Très mignonne !"
J'étais furieuse : non mais, qu'est-ce qui lui prenait ?
"Encore plus avec le rouge de la timidité… Là, tu es vraiment jolie.
-C'est pas de la timidité.", grognais-je.
-Ah bon ?", s'étonna-t-il. "C'est quoi, alors ?
-De la honte et de la colère.", sifflais-je en me cachant de nouveau.
-J'aurais dû m'en douter.", dit-il en souriant moqueusement, "la timidité, c'est plutôt le haut des joues qui rougit… Là, c'était tout le visage…"
Je vais le tuer.
"Tu n'as pas répondu.", continua-t-il.
-C'est un interrogatoire ?", crachais-je brusquement.
-En quelque sorte.", s'obstina-t-il, semblant ne pas se formaliser de mon ton coléreux.
Ce qu'il était buté. Et bien il allait voir que moi aussi. Le silence s'installa dans ma petite clairière, avant qu'il ne le brise.
"Aïssa-chan, je ne voulais pas te blesser. Simplement te faire comprendre qu'ici, tu as au moins cinq personnes sur qui tu peux compter."
Je levais le regard, et remarquais qu'il se levait.
"On comprend bien ce que tu ressens, plus que tu ne le crois.", sourit-il en croisant mon regard. "Mais il ne faut pas que tu restes seule dans ces moments… Car ça ne fera qu'empirer… N'oublie pas que si tu veux parler… On est là."
Mais quelle idiote… Mon front retomba sur mes genoux, et je tremblais à nouveau.
"Tu veux toujours pleurer ?
-Oui.", parvins-je à articuler.
-Pourquoi ?
-Parce que… parce que j'ai… honte.", murmurais-je en hoquetant.
-Ah ?", dit-il d'un air interrogatif, en s'agenouillant à nouveau devant moi. "Et pourquoi ?"
J'ouvris la bouche pour répondre, mais je n'y parvins pas.
"Je… crois que je sais… ce que j'aurais… dû répondre au début…", finis-je par murmurer.
-Uh ? Quel début ?"
Il prit un air si étonné que j'éclatais de rire.
"Et bien, et bien…", grogna-t-il. "Tu te moques ?
-Pardon…
-Pfff…", bouda-t-il. "Je m'échine à essayer de lui remonter le moral, et elle rigole…
-C'était pas le but ?", souris-je.
-Là, j'admets ma défaite. Alors… quelle question, quelle réponse ?
-Tu m'avais demandé pourquoi je ne voulais pas de votre aide… Un jour, on m'a dit que la fierté de tout un chacun conduit à repousser les perches qu'on lui tend. Je me rends compte combien c'est vrai aujourd'hui…
-Et que si t'avais répondu ça au tout début, on aurait évité toute cette discussion.", dit-il en levant les yeux au ciel. "Il t'en faut du temps, toi !"
Je levais la main, et m'apprêtais à le frapper : mais quel boulet !
"Ah, et violente, avec ça !", grogna-t-il en rentrant la tête entre les épaules, fermant les yeux en attendant un quelconque coup. Qui ne vint pas.
-Merci beaucoup, Kotetsu.", souris-je en me levant, le regardant moqueusement. J'attrapais Monika alors qu'il jetait un : "A votre service, Mademoiselle ! Alors, finalement, tu vas te joindre à nous ?
-Oh, je ne crois pas…", murmurais-je en détournant le regard vers les silhouettes qui apparaissaient au bout du chemin.
-Comment ça ?", s'étonna Cacahuète. "Il me semble que…
-Je vais bien, maintenant, Kotetsu, merci, mais… On va dire que je n'ai pas faim !", souris-je.
Son visage s'orna d'une expression surprise, puis d'un sourire goguenard. Il me murmura alors :
"En fait, c'est une façon détournée de dire qu'Iwashi est un mauvais cuisinier…
-Pardon, j'ai mal entendu !", dis-je à voix très haute (trop pour être innocente), en m'écartant, cherchant à déboucher mon pavillon auditif. "Qu'est-ce que tu dis, Kotetsu ? Iwhasi est…
-Tais-toi !", grogna-t-il entre ses dents en me bâillonnant.
-Je suis quoi ?", s'interrogea le concerné en arrivant près de nous.
-Elle disait…", commença Cacahuète en me retenant, "qu'elle se joindrait volontiers à nous, si tu as préparé assez, Iwashi… Et qu'elle serait ravie de nous parler de sa petite habitude.
-C'est pas vrai, menteeeuuuur !", criais-je en me dégageant, jetant un regard furieux sur mon tortionnaire. "Espèce de brute, barbare !
-Il sait, on lui a souvent dit…", ricana Tonbo. "Alors c'est quoi ce que tu voulais dire ?"
Le moment de vérité. Cacahuète me jette un regard implorant. Et moi, je réponds par un sourire mauvais.
"Oh, rien de bien particulier. Simplement… Je voulais m'excuser, et… vous remercier, tous les cinq."
Les visages de mes voisins prirent une teinte surprise.
"Je crois que… grâce à vous… Je commence à me sentir chez moi à Konoha."
J'ai passé l'une des plus belle soirée de ma vie.
Bon, c'est un chapitre un peu raté, comme le huitième, moins drôle... Mais je reprends juste après, avec un vol de rouleau, un village en panique...
Et bien sûr, la ptite Aïssa en plein milieu.
Voilà, laissez tout de même une ptite rev' !
Un grand merci à nanami74 pour sa fidélité, et je m'excuse de l'avoir déçue avec l'attente (de vous avoir tous déçus...)
Gômeeeen !
