Chapitre 12

C'était toujours la même rengaine. Tous les matins, la jeune fille se levait à six heures et quinze minutes. Les autres filles de son dortoir préféraient se doucher le soir et ainsi se lever plus tard, c'est-à-dire, 7 heures.

Un sort d'insonorisation évitait que la musique de son réveil* ne filtre à travers les rideaux de son lit. Ce « truc de moldus » amusait ses amies mais, le matin, il ne fallait pas les réveiller avant l'heure, même avec leurs chansons préférées … En revanche, pour la jeune fille, la radio la rendait de bonne humeur – ou en tout cas, elle améliorait son moral en lui faisait oublier ses soucis le temps d'une chanson. Le radio-réveil était posé sur une petite étagère qu'elle avait fait crée elle-même sur le poteau droit du lit. La main de la jeune fille tâtonnait toujours dans le vide pendant quelques secondes avant de trouver l'objet. Elle l'éteignait après avoir écouté une chanson. C'était son rituel. Ensuite, elle s'extirpait de ses draps et attrapait ses vêtements dans la valise au pied du lit sans bruit. Puis elle filait rapidement dans la salle-de-bain. Enfermée à double tour, l'adolescente préparait une mixture dont elle avait trouvé la recette dans un livre de la bibliothèque une semaine auparavant. Lorsqu'elle terminait la potion, la jeune fille l'avalait cul-sec en se pinçant le nez. Le liquide au goût déplorable lui donnait la nausée dès lors qu'elle l'ingurgitait mais celui-ci lui permettait d'en être exemptée toute la journée. Un mal pour un bien. L'adolescente avait aussi un complément alimentaire à prendre. Ces derniers temps, elle ne mangeait plus beaucoup. Soit l'odeur de la nourriture lui donnait envie de vomir soit son estomac se contractait et rejetait tout ce qu'il contenait dès que la jeune fille avalait quelque chose. Il fallait donc qu'elle réponde à ses besoins nutritifs d'une façon ou d'une autre. Des larmes venaient souvent tremper ses joues lorsqu'elle se rendait compte de ce dont elle en était rendu à faire pour cacher à ses amies ce qui lui arrivait. Après avoir prit sa mixture et son complément, elle se brossait les dents et filait sous la douche. Elle faisait couler l'eau chaude sur son corps pendant une bonne vingtaine de minutes. Cela l'aidait à se détendre. En effet, la jeune fille était sans arrêt sur ses gardes et de ce fait, très angoissée. En sortant de la douche, la jeune fille entendait souvent ses amies discuter gaiement tout en se levant et se préparant pour les cours.

Ensuite, l'adolescente enfilait son uniforme et se regardait dans le miroir afin d'évaluer la pâleur de son visage. Lorsqu'il était nécessaire, la jeune fille mettait un peu de fond de teint ce qui atténuait la blancheur de sa peau pour la rendre « normale ». Ensuite, elle se coiffait en essayant de réduire les épis.

De temps en temps, ses amies toquaient à la porte pour savoir si elle avait terminé. Elles attendaient leur tour pour entrer dans l'unique salle de bain de la chambre. Dans ces cas-là, les filles à presque terminer de se préparer. Il ne leur restait plus qu'à se coiffer, se brosser les dents et pour certaines, se maquiller. Cela signifiait que la jeune fille devait se dépêcher et qu'elle avait surement prit du retard. Ainsi, elle se dépêchait à ranger ses affaires, et surtout à cacher les ingrédients de la mixture et le complément alimentaire. Puis elle ouvrait la porte à ses amies qui s'engouffraient comme des furies dans la petite pièce. Pendant que celles-ci se chamaillaient pour prendre la place devant les deux lavabos, la jeune fille rangeait sa chemise de nuit sous son oreiller et tirait les rideaux pour les accrocher sur les poteaux du lit. Ensuite, elle faisait son lit en prenant son temps. Ses amies sortaient de la salle-de-bain au compte-goutte. Chacune terminait leur toilette et venait prendre leur cahier et leur plume pour les cours.

A sept heures et demie, les jeunes filles rejoignaient leurs camarades dans la grande salle afin de prendre leur petit déjeuner. A 8 heures, les cours commençaient.

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Ce jour-là, la jeune fille débuta la journée comme à son habitude. Elle se leva à six heures et quart. Elle prit sa mixture et son complément alimentaire enfermée dans la salle-de-bain puis l'adolescente se doucha et s'habilla rapidement. Ensuite, la jeune fille se maquilla sans toutefois remarquer que sa peau était encore plus pâle que d'habitude. Ainsi, elle continua le déroulement de ses « tâches matinales ». Elle se coiffa et rangea ses affaires. Enfin, la jeune fille sortit de la pièce laissant ses amies entrer à leur tour. Elles aussi ne firent pas attention à son teint étrangement blafard malgré le fond de teint. L'adolescente mit sa chemise de nuit à son emplacement habituel, accrocha les rideaux et fit son lit. La jeune fille se sentit fatiguée. Elle pensa que c'était surement du au fait qu'elle s'était couché tard la veille au soir afin de terminer un devoir important. Ainsi, elle s'assit sur son lit en attendant ses amies.

Lorsque celles-ci eurent fini, elles allèrent dans la grande-salle. L'odeur de la nourriture donna la nausée à la jeune fille. Elle en fut étonnée puisqu'elle avait prit sa potion quelques minutes auparavant. De plus, la nourriture que leur avaient cuisinée les elfes de maison, ne lui faisait pas envie. Cependant, elle se força à manger quelques morceaux de pain pour prendre des forces et faire bonne figure devant ses amies. L'une d'elles servit à toutes les filles du jus de citrouille, à la grande déception de l'adolescente. Cette dernière avala le contenu de son verre petit à petit pendant qu'elle conversait avec ses camarades. Lorsqu'elle en eut l'occasion, la jeune fille versa le reste de son verre dans le pichet de jus de citrouille.

Voyant que la plupart des élèves se levaient des bancs et sortaient de la salle, une de ses amies lança :

- « Il faut qu'on se dépêche si on ne veut être en retard en cours »

Les autres acquiescèrent et terminèrent rapidement leur petit déjeuner. Elles se levèrent du banc et s'apprêtaient à s'en aller lorsqu'une blonde assise à côté d'elle s'étonna de la voir encore assise.

- « Lucy ? Quelque chose ne va pas ?

- Si ! Tout va bien, je suis juste dans les nuages » répondit la dénommée Lucy, qui se leva et suivit ses amies.

Devant la porte de la grande-salle, une élève lui bouchait le passage. Lucy s'excusa et lui demanda de se pousser légèrement pour qu'elle puisse sortir.

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Chloé se trouvait devant la porte de la grande-salle. Elle attendait que Léna se dépêche de la rejoindre. Une fille lui demanda de se décaler afin quelle puisse passer et Chloé s'exécuta de bonne grâce. Son amie arriva enfin et elles prirent ensemble le chemin pour aller en cours de Potions.

La leçon du jour consistait à réussir une potion relativement difficile. Le professeur leur demanda donc de se mettre à deux. Léna et Chloé décidèrent donc de travailler ensemble. Elles étudièrent la recette et elles se répartirent les tâches. Léna alla chercher les ingrédients pendant que Chloé préparait le matériel. Lorsque cela fut fait, les deux jeunes filles se mirent au travail. Consciencieusement, elles ajoutèrent, écrasèrent, coupèrent, chauffèrent et ainsi de suite, les ingrédients en suivant les instructions.

A la fin du cours, le professeur les félicita et leur donna la note E pour Effort Exceptionnel. Fière d'elles, les filles sortirent de la salle avec un grand sourire aux lèvres.

En cours de Sortilèges, Léna et Chloé s'assirent derrière des garçons de Poufsouffle et devant Liz et Rose.

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Le cours de 8 heures à 10 heures se déroula sans encombre. Le suivant était celui de Sortilèges. Les élèves de Serdaigle et ceux de Poufsouffle s'étaient répartit dans la salle de classe. Lucy voulu s'asseoir derrière des garçons de sa maison. Cependant, elle ne fut pas assez rapide. En effet, deux filles s'étaient installées à sa place. Elle les reconnue toutes deux. L'une d'elles était la fille qui l'avait gêné pour sortir de la grande salle, le matin même. Et pour l'autre fille, Lucy l'avait rencontré quelques mois auparavant. Cette fille lui avait apporté son aide une fois lorsqu'elle l'avait vu vomir dans les toilettes.

Déçu, elle se contenta de la table à côté d'elles. Hannah, son amie et camarade de chambre, s'assit à sa table. Celle-ci remarqua que Lucy fixait un garçon non loin d'elle. La jeune fille soupira et lui donna une petite tape sur l'épaule pour qu'elle prête attention au cours qui venait de commencer. Lucy détourna son regard du garçon et jeta un œil à Hannah. Elle rougit et décida d'écouter le cours plutôt que son cœur. Ce dernier battait la chamade.

Le professeur leur distribua des parchemins sur lesquels étaient écris des énoncés d'exercice. Il leur donna une demi-heure pour les faire. Lucy se concentra alors sur son travail. Hannah lui demandait de temps en temps de l'aider puisqu'elle n'arrivait pas à comprendre certains exercices.

Un bout d'un moment, elle entendit des éclats de rire à sa droite. La jeune fille leva le nez de son parchemin. Son cœur se serra. La jalousie s'empara d'elle. Mais pour se donner contenance, elle tourna la tête vers sa copie. Nouvel éclat de rire. Lucy mordit sa lèvre inférieure. Ses mains tremblaient. Un rire qu'elle reconnu que trop bien retentit à côté d'elle. La jeune fille ne put s'empêcher de regarder les élèves qui s'amusaient. Deux élèves de Poufsouffle et deux élèves de Serdaigle. Elle connaissait les garçons, l'un d'eux était celui qu'elle observait au début du cours. Ils riaient avec les filles qui lui avait prit sa place. A force de les regarder, le garçon tourna la tête vers elle, ce qui eut pour effet de la déstabiliser et ainsi de l'obliger à continuer son devoir. Mais les rires continuaient. Lucy les observa discrètement pour vérifier si le garçon ne la fixait plus. Celui-ci était de nouveau absorbé par la conversation. La jeune fille se demanda ce qui pouvait autant les amuser. Elle fronça les sourcils. A ce moment-là, l'une des filles tourna la tête vers elle et s'aperçu qu'elle les observait. Devant la mine renfrognée de Lucy, elle chuchota quelque chose à ses camarades et ils retournèrent tous les quatre à leur travail.

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Léna et Chloé étaient concentrée à répondre aux questions sur le parchemin distribué par leur professeur. Soudain, la pince à cheveux que tenait Léna dans ses mains sauta jusqu'à l'épaule du garçon en face de Chloé. Elle mit ses mains sur sa bouche sous l'effet de surprise et retint son souffle en attendant sa réaction. Le garçon se retourna.

- « Tu voulais m'attaquer ? » lança-t-il avec un sourire en lui tendant sa petite pince.

Léna s'excusa en rougissant. Le jeune homme sourit et lança une blague pour détendre l'atmosphère. Chloé et son voisin de table qui se retourna aussi, rirent. Quant à Léna, elle esquissa un sourire. Chacun d'eux se présenta. Celui qui était en face de Léna s'appelait Colin Dawlish. Il était blond aux yeux bleus et avait un charme fou. Son ami était roux et avaient de jolies tâches de rousseur. Lui aussi était beau. Il se nommait Josh Higgins. Le courant passa rapidement entre eux. D'ailleurs, Léna surprit à plusieurs reprises son amie rougir devant Colin.

Au bout d'un moment, elle tourna la tête pour voir où se trouvait le professeur mais son regard croisa celui d'une fille qui les fixait. Son air renfrogné lui fit comprendre qu'elle l'ennuyait et qu'elle devait surement en avoir assez de les entendre rire. Ainsi, Léna se pencha alors en avant et chuchota aux autres qu'il était temps de se mettre au travail.

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Lorsque la cloche sonna enfin, les élèves se levèrent de leur chaise et se rendirent en file indienne au bureau du professeur pour lui donner leur copie. Lucy se leva mais ses jambes se dérobèrent sous elle. Son postérieur atterri sur la chaise avec un grand bruit. Les élèves autour d'elle la regardaient avec curiosité. Mais elle ne fit pas attention. La tête lui tournait. Ses amies s'inquiétèrent. La jeune fille leur dit que ce n'était que de simples vertiges du au fait qu'elle n'avait pas beaucoup mangé le matin même et qu'il était l'heure de déjeuner. Lucy du insister pour que ses amies acceptent qu'elle marche jusqu'à la grande salle plutôt que vers l'infirmerie.

Ainsi, ses amies et elle sortirent de la pièce et suivirent le flot d'élèves qui descendaient vers la grande-salle. Lorsqu'elles atteignirent le deuxième étage, Lucy s'aperçut que parmi le groupe de filles devant elle, se trouvait les deux élèves de Serdaigle qu'elle avait espionné tout au long du cours. La jeune fille ne put s'empêcher d'écouter leur conversation. En effet, elle avait entendu quelque chose qui avait attisé sa curiosité. Les Serdaigle discutaient d'un garçon qu'elle connaissait bien.

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- « … Colin Dawlish …

- Je lui ai lancé ma pince dans le dos sans faire exprès, se lamenta Léna.

- Oh là là, Léna ! Tu n'en rates pas une, s'exclama Liz.

- En tout cas, Chloé n'a pas arrêté de faire les yeux doux à Colin » lança Léna à son amie qui protesta vigoureusement.

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Lucy serra les dents. Cette Chloé ne payait rien pour attendre. La jeune fille écouta la suite de la conversation tout en descendant l'escalier.

Mais alors qu'elles descendaient l'escalier du premier étage, quelqu'un appela la dite Chloé. Celle-ci lui passa devant pour voir la personne qui lui faisait signe en-dessous. Cela l'énerva au plus haut point cependant elle se contenta de serrait les poings et de fulminer intérieurement.

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- « Chloé ! » appela une voix en dessous d'elles.

Les filles se tournèrent vers la jeune Serdaigle qui se contenta de hausser les épaules. Chloé se fraya un chemin jusqu'à la rambarde et se pencha pour voir à qui appartenait la voix. Son frère la regardait et lui adressait un signe de la main pour qu'elle puisse le repérer. Il lui dit quelque chose mais elle n'entendit pas à cause du brouhaha environnant. Alors elle se pencha encore plus.

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Lucy, toujours énervée, ne fit pas attention à la personne derrière elle qui la bouscula. La violence du coup la sonna. La pièce tourna autour d'elle à tel point qu'elle rata la marche suivante et tomba sur Chloé. Cette dernière bascula par-dessus la rambarde et chuta jusqu'à l'escalier d'en-dessous. Quant à Lucy, elle dévala les escaliers recroquevillée sur elle-même et termina sa course contre le mur à la fin des marches. Une tache de sang s'écoula sous sa tête. Un grand silence suivit. Personne n'avait compris ce qui venait de se passer. Tout cela s'était passé très vite. Ils étaient tous sous le choc.

Note de l'auteur :

* Je ne pense pas que les radio-réveil existaient à cette époque, mais tant pis, j'ai envie de les inclurent quand même.