Chapitre 12 :

Alexandra reprit lentement conscience, les oreilles bourdonnant lourdement. Sa tête lui faisait affreusement mal et elle avait la bouche pâteuse. Elle se força à ouvrir les yeux, fut aveuglée par la lumière forte. Cela lui prit quelques secondes avant d'être pleinement conscience et de réaliser où elle se trouvait.

Elle était dans une petite chambre défraichie totalement fermée qui empestait l'humidité. Il y avait seulement une porte qu'elle s'empêcha d'aller essayer d'ouvrir. Elle était fermée, bien évidemment. Elle n'avait pas pu s'empêcher d'aller tout de même vérifier.

Il y a avait un petit lit sur lequel elle était installée avant de se réveiller et c'était tout. Elle essaya de chercher une issue de secours, mais il n'y avait rien. Elle pourrait défoncer la porte, mais qui sait ce qui se trouve de l'autre côté. Serait-elle prête à affronter ça ? Elle avait des frissons juste à repenser au moment où elle s'était faite attaquer par la main et qu'elle avait vu disparaitre son père et Felix de son champ de vision.

D'ailleurs, comment cela était-il possible ?

Avant qu'elle n'ait pu se poser davantage de questions, la porte de la chambre s'ouvrit dans un grincement atroce. Elle se retourna rapidement pour apercevoir un jeune homme entrer dans la chambre. Il semblait avoir vingt ans, tout au plus. Il avait des cheveux bruns, des yeux rouge sang et était évidemment un vampire. Elle retint sa respiration, espérant que cela empêche son cœur de tambouriner avec force dans sa cage thoracique. Cela ne servit à rien, si ce n'est que de le faire battre avec encore plus de vigueur.

Ils passèrent quelques secondes à se dévisager du regard, sans dire un mot. Elle restait sur ses gardes, à la moindre chance de sortie, ou à la moindre menace, elle était prête à attaquer. Il fallait qu'elle reste réaliste, cependant. Il restait un vampire et elle n'en était qu'une demi. S'il ne représentait pas une menace, elle ne devait pas la créer.

Il leva les mains dans les airs en voyant son regard anxieux et déterminé.

- Juste pour que tu saches, commença-t-il d'une voix calme, je ne te veux aucun mal. Je ne veux que discuter.

Elle n'était pas certaine si elle devait vraiment le croire, mais ces mots la rassurèrent quand même. À moins que ce ne soit qu'un jeu morbide afin de la détendre et de l'attaquer par la suite, il ne devait pas y avoir de grand danger.

Elle se détendit un peu afin de lui montrer qu'elle était ouverte et prête à l'entendre parler. Elle ne répondit pas, cependant. Elle n'était pas là de son plein grès et elle voulait qu'il le sache. Elle coopérait, mais pas avec joie.

- Je ne voulais pas te faire peur, ni te kidnapper, mais c'était la seule façon que j'avais de te parler sans se faire déranger.

- Pourquoi veux-tu me parler ? demanda-t-elle en oubliant un instant la promesse qu'elle s'était faite de ne pas parler et de ne pas montrer beaucoup d'ouverture.

Elle était bavarde, curieuse et ne pouvait pas s'en empêcher.

- Tu connais surement autant que moi à quel point les Volturi sont corrompus, je le sais déjà depuis quelques années.

- Comment ça ?

- Ils ont tué ma mère.

Alexandra hocha doucement de la tête, n'osant pas rien dire. C'était un sujet sensible. Les Volturi pouvaient tuer pour plusieurs raisons, parce que le vampire avait enfreint des lois. Mais peut-être que son fils ne savait pas les vraies raisons de sa mort. Peut-être qu'il ne savait pas que sa mère avait enfreint une loi.

- Je sais ce que tu te dis, annonça-t-il soudainement. Sa mère avait commis un acte illégal, les Volturi sont les mainteneurs de la paix, et bla bla bla, continua-t-il d'un ton moqueur et ridicule, employant visiblement du sarcasme. Mais non, elle n'avait rien fait, elle était humaine.

Encore pire, alors. Sa mère avait servis de repas. Alexandra réfléchit rapidement à ce qu'elle puisse dire, qui ne fâcherait pas davantage le vampire. Elle ne voyait toujours pas le lien entre sa mère et la corruption dans le château de Volterra, ni le lien que cela avait avec elle. Alexandra opta donc pour la méthode de sympathie.

- Je suis désolée, dit-elle simplement.

- Non, tu ne l'es pas vraiment, mais c'est bien essayé tout de même.

- Sans vouloir te vexer, quel est le lien avec moi, ou la corruption ?

Le jeune vampire éclata de rire, un rire qui lui donna froid dans le dos. Il ne semblait pas bien méchant, mais présentement il était mécontent et fâché, ce qui ne valait jamais rien de bon pour la personne se tenant en sa compagnie.

- J'aime comment tu as tout de suite assumée que ma mère n'avait servi qu'au repas. Tu vas comprendre le lien de tout ça bientôt. Cependant, j'ai une question. Acceptes-tu de m'aider à amener les Volturi à leur destruction ?

Pardon ? Avait-elle bien entendu ? Tuer les Volturi ? Tous ? Était-ce même possible ?

Comment ce vampire osait-il lui poser cette question ? Elle voulait s'enfuir d'eux, s'enfuir d'Aro, mais tuer sa famille, son père, Jane, Demetri ? Non, elle ne voulait pas leur mort ! Elle était tout de même un membre de la garde ! Comment ce vampire osait-il prendre le risque qu'elle aille le dénoncer auprès de ses maitres ? Était-il fou ?

Sa tête devait tout dire car le vampire s'esclaffa de nouveau, ce qui l'offusqua.

- Tu sais que tu viens tout juste de signer ton arrêt de mort en prononçant ses paroles ?

- Oh, bien qui dit que tu vas pouvoir toi-même sortir pour aller le crier sur tous les toits de Volterra que j'ai menacé tes chers maitres.

Le ton avec lequel il avait prononcé ces derniers mots l'insulta. Non, ils n'étaient pas ses chers maitres. Alexandra n'osa pas répliquer. Elle ne fit que soupirer et retirer son regard de dans le sien, espérant lui faire comprendre qu'elle ne voulait plus rien savoir de ses enfantillages. Elle voulait qu'il aille le plus rapidement au point, et qu'il la laisse partir.

- Je sais que tu ne ressens pas beaucoup d'affinité avec eux, bien que certains de ces membres soient ta famille. Donc tu peux m'aider, ou refuser de m'accompagner. C'est à ta guise. Mais je pense savoir que tu vas pencher de mon côté.

- Comment oses-tu assumer une telle chose ?

- Parce que je suis ton frère.

Alexandra s'esclaffa longuement, s'attendant à ce que le visage du vampire se détendisse et qu'il avoue que ce n'était qu'une blague. Il semblait bien parti pour dire des choses qui n'étaient pas toujours vraies. Mais voyant que son visage ne se détendait pas, et qu'au contraire il semblait se durcir encore plus à l'entente de son rire, elle se mit à douter.

- Tu ne peux pas être sérieux. Je sais que ce n'est qu'une blague.

- Ce ne l'est pas, lui assura-t-il.

- Je ne peux pas avoir de frères, je suis à demi-vampire ! Une hybride !

- D'accord, je ne suis pas ton frère. Je suis ton demi-frère. L'un ou l'autre, toi et moi on est de la même famille, et c'est la raison pour laquelle tu vas m'aider.

La tête d'Alexandra se mit à tourbillonner, à analyser chaque possibilité. Ce vampire disait être son demi-frère. Soit c'était le fils de son père, mais cela voulait dire qu'il devait être né quand son père était humain et ensuite transformé en vampire. Ou l'autre option qui semblait plus plausible, qu'il était le fils de sa mère.

Un pincement au cœur lui prit à la pensée de sa mère. Elle pensait régulièrement à elle, bien qu'elle ne l'avait pas connue. Elle était tout de même décédée pour lui donner naissance, ce n'était pas rien. Selon Aro, aucune mère, sauf exception, ne survivait à la naissance d'un hybride.

Si ce vampire disait donc la vérité, il et elle avaient eu la même mère. Cela était uniquement si Alexandra acceptait de le croire, et ça, elle ne l'avait pas encore décidé.

- Je comprends que c'est beaucoup à encaisser d'un coup. Mais c'est la vérité. Ma mère t'a donnée naissance, juste avant de décéder. J'avais 13 ans. Je savais qu'elle était à Volterra juste avant sa mort, donc dès que j'ai eu 16 ans, j'ai échappé à mon père et je suis venue chercher des indices ici, en vain. J'ai abandonné par la suite. À mes 18 ans, j'ai été transformée en vampire quand je sortais d'un bar de Florence, complètement bourré. Quand on m'a dit que la puissante famille royale des vampires avait élu résidence il y a quelques milliers d'années à Volterra, j'ai compris que c'était eu qui avait été la cause du décès de ma mère, Alicia.

Alicia. C'était le prénom de sa mère, le prénom que personne n'avait été en mesure de lui dire lorsqu'elle s'était mise à poser des questions sur sa mère, plus jeune.

- J'ai passé ces deux dernières années à rester aux alentours de Volterra, à observer. Tu te demandes surement comment j'ai fait ça, comment je n'ai jamais été repéré. D'ailleurs, comment n'ai-je pas été repéré quand je suis venu te chercher ?

Alexandra garda le silence, attendit la réponse.

- C'est simple, j'ai un don. Je peux apparaitre invisible, autant physiquement que par les dons mentaux. Ton cher petit traqueur ne peut pas me trouver, ni moi, ni ceux que je prends en dessous de mon bouclier. Donc non, ils ne pourront pas te trouver tant que je n'ai pas fini mon histoire.

Un plus un se calcula rapidement dans la tête d'Alexandra.

- Donc c'est toi qui m'as attaqué quand je suis sortie de ma chambre, il y a de cela quelques jours ? Pourquoi as-tu fait ça ?

- Non, ce n'était pas moi. Mais je sais c'est qui. Car j'étais proche, je suis toujours restée proche de ce château depuis deux ans, sans que personne ne me remarque. Je pourrai bien te dire c'est qui, mais je ne suis pas certain que tu sois capable de l'encaisser.

Alexandra le foudroya du regard. Comment osait-il décider de ce qu'elle était capable de comprendre, ou d'encaisser comme il disait ? Il le savait, il lui devait de lui dire.

- Je m'excuse, mais je ne peux pas. Tu n'es pas prête pour ça.

- Pourrais-tu ne pas décider de ce que je suis prête, ou pas prête ? Tu ne me connais pas !

Le mystérieux vampire sourit.

- Au contraire, j'ai été présent depuis…

- Oui, 2 ans, j'ai compris, le coupa Alexandra. Mais ce n'est pas parce que tu épiais dans l'ombre comme un pervers que cela veut dire que tu me connais, moi, ou ma famille, ou quiconque.

- Je pense te connaitre, oui. J'ai été présent lorsqu'Aro a dit qu'il te tuerait si tu n'étais pas capable de te montrer à la hauteur, puisqu'il ne pouvait pas connaitre tes liens envers lui et les autres maitres. J'ai été là aussi lorsque tu as essayé de t'enfuir de Volterra. C'est d'ailleurs là que j'ai compris que tu étais ma sœur. Ou demi-sœur. Tu as dit avoir sept ans et être née exactement au même moment où notre mère a disparu. Dès que je l'ai appris, et que j'ai vu que tu voulais te sauver aussi, je me suis dit qu'il était temps d'appliquer ce plan.

- Un plan qui consiste à tuer les dernières personnes qui me sont chères ! Comment peux-tu croire que je vais accepter ça ? s'offusqua-t-elle à nouveau.

- On n'est pas obligé de tuer ton père, ou l'homme que tu côtoies, le traqueur. Aro sera suffisant.

Alexandra secoua la tête. Tout cela était de la folie. Ce garçon ne pouvait pas croire qu'Aro pouvait être tué ! Il ne pouvait pas, il avait une armée qui le secondait. Oui, elle ne l'appréciait pas vraiment, surtout depuis qu'il avait ouvertement dit qu'il désirait sa mort, mais son père, Jane, Demetri et personne d'autres la pardonneraient de tuer leur maitre. Ils le respectaient comme un père !

- Je sais que c'est une décision difficile. C'est pour ça que je vais te laisser le temps d'y réfléchir. J'espère seulement que tu ne me dénonceras pas. Sinon, je mourrai sachant que j'ai tout donné pour venger ma mère, notre mère.

Alexandra inspira profondément, essayant de se calmer. Ses nerfs semblaient aussi rigides qu'une corde d'acier. Comment pourrait-elle faire une telle décision ?

- Je vais t'enlever de mon bouclier, maintenant. On n'est pas loin, seulement dans le petit appartement que j'occupe dans le bas de la ville. Ils te cherchent depuis quelques heures, déjà.

- Que suis-je sensée leur dire ? murmura-t-elle plus pour elle-même.

- Tu es imaginative, tu sauras trouver quelque chose à leur dire. Quelque chose qui ne m'implique pas, j'espère. Tu n'as pas à t'inquiéter d'Aro, s'il touche ta main, il ne me verra pas dans tes pensées, mon don me protège contre ça.

Il ne savait pas qu'Alexandra ne voulait tout de même pas qu'Aro touche sa main, car même s'il ne pourrait rien savoir sur ce garçon, il pourra voir sa tentative de fuite d'il y a déjà quelques semaines et toutes les pensées qu'elle a eu à son égard.

- Je te laisse quelques jours pour réfléchir à tout ça, ne t'inquiète pas, je saurai venir te rechercher.

Il se dirigea vers la porte de la chambre, l'ouvrit afin de la laisser passer. À l'extérieur de cette porte, il y avait un simple petit salon avec quelques livres, et c'était tout. Le vampire attendait véritablement qu'elle sorte de la chambre et quitte son appartement, lorsqu'elle réalisa quelque chose de bien simple.

- Je viens de réaliser que je ne connais même pas ton prénom, murmura-t-elle à nouveau.

Le vampire pinça les lèvres, semblant hésiter.

- Lucas, finit-il par dire. Je m'appelle Lucas.


Bonjour à tous !
Je m'excuse pour ce retard :s
Comment trouvez-vous la tournure que prend l'histoire ? Que pensez-vous de Lucas ?
C.