Passé le bref instant de surprise que lui avait causé l'apparition de son nouveau coéquipier, Ladybug retrouva rapidement ses moyens.

« Enchantée », répondit-elle chaleureusement à Chat Noir, tout en cessant de faire tournoyer son yo-yo. « Je suis Ladybug. »

Alors que son partenaire se fendait d'une nouvelle révérence, la jeune fille jeta un coup d'œil incisif au vilain qui poursuivait son œuvre quelques mètres plus bas. Des myriades de questions dansaient encore dans sa tête. Des choses à demander à son nouveau partenaire, des interrogations qu'elle se posait encore sur leur duo à venir. Mais elle aurait tout le temps de réfléchir plus tard à son nouveau coéquipier. Pour l'heure, ce Chat Noir et elle avaient un ennemi à neutraliser.

Comme pour mieux illustrer les pensées de la jeune fille, le cuisinier que le Papillon avait pris pour cible choisit cet instant précis pour métamorphoser l'immeuble voisin en une gigantesque structure de sel.

« Je propose qu'on remette les présentations à plus tard », s'exclama Ladybug en tournant vivement la tête vers Chat Noir. « Dis-moi », ajouta-t-elle en de fronçant les sourcils d'un air soucieux, « est-ce que ton kwami a eu le temps de te parler de tes capacités et de ce qu'on doit faire ? »

Les agissements de la victime du Papillon étaient certes préoccupants, mais Ladybug s'inquiétait au moins tout autant de la sécurité de son partenaire. Contrairement à elle, ce nouveau venu n'avait pas la moindre expérience et ce combat serait pour lui un rude apprentissage. Elle se devait de veiller à ce que rien ne lui arrive.

Et avant tout, elle devait s'assurer qu'il en savait assez pour ne pas se mettre inutilement dans une position périlleuse.

« Mon pouvoir s'appelle Cataclysme, il me permet de désagréger la première chose que je touche avec ma main, et je n'ai que cinq minutes avant de me détransformer à partir du moment où je le déclenche », énuméra diligemment Chat Noir en levant successivement trois doigts devant lui. « Je te passe les détails sur l'appétit démesuré de mon kwami », conclut-il avec un petit rire, « mais j'ai eu pas mal d'explications. Je ne prétends pas tout savoir, mais je suppose que j'ai au moins les bases. »

Rassurée, Ladybug hocha la tête en souriant. Son coéquipier avait l'air de connaître le minimum syndical sur le fonctionnement de ses pouvoirs, ce qui était déjà une excellente chose.

Pour tout le reste, seule l'expérience leur en dirait plus.

« Il va falloir qu'on trouve l'objet dans lequel s'est dissimulé l'akuma et qu'on le détruise », poursuivit la jeune fille. « Est-ce que ça ira pour toi ? »

« Au poil », répliqua Chat Noir avec un clin d'œil espiègle. « Parce que je suis un chat, tu comprends ? », poursuivit-il alors que sa coéquipière lui jetait un regard effaré.

Dire que Ladybug était stupéfaite était un doux euphémisme.

Elle qui était habituée à un partenaire au sérieux inattaquable n'aurait jamais imaginé un jour se retrouver à écouter des plaisanteries sur les toits de Paris, et ce tandis qu'un vilain semait allègrement le chaos dans la capitale.

« Plus sérieusement, ne t'inquiète pas pour moi », reprit-il Chat Noir d'un ton soudain grave, ramenant brusquement la jeune fille à la réalité. « Je débute, mais je te promets que je ferai de mon mieux pour t'aider. »

Ladybug le jaugea un instant du regard, cherchant en lui la plus petite trace de malice.

Mais l'expression désinvolte de son coéquipier semblait s'être évaporée encore plus rapidement qu'une étincelle de gentillesse dans le cœur de Chloé Bourgeois. Que ce soit la lueur résolue qui brillait dans ses yeux verts, son menton fièrement relevé ou son corps tendu comme s'il se tenait déjà prêt au combat, tout dans son attitude reflétait une détermination des plus absolues.

Soulagée, l'héroïne se détourna de son partenaire pour reporter enfin son attention la victime du Papillon.

« Ok », s'écria-t-elle d'une voix claire. « On y va ! »


Sans perdre un instant de plus, Ladybug effectua une rapide course sur le toit de l'immeuble puis sauta en direction du trottoir, près d'une dizaine de mètres en contrebas.

Chat Noir ne mit qu'une fraction de seconde à réagir. Son corps pouvait supporter une pareille chute, il le savait. Alors, sans montrer la moindre hésitation, il s'élança à la suite de sa coéquipière et bondit à son tour dans le vide. A peine un instant plus tard, il atterrissait aux côtés de la jeune fille en faisant tournoyer théâtralement son bâton.

L'apparition spectaculaire des deux héros ne passa pas inaperçue pour leur ennemi. Les yeux brûlant de rage, il se tourna vers eux d'un geste bien plus vif que ne l'aurait laissé supposer sa corpulence massive.

« Donnez-moi vos miraculous ! », leur hurla-t-il d'une voix chargée de haine. « Et après ça, je serai libre de faire comprendre à tout Paris ce qu'il en coûte de se moquer de mes plats ! »

« Je pense que le message est déjà suffisamment passé », rétorqua Ladybug en braquant sur lui un regard résolu. « Et nous ne vous donnerons pas nos miraculous. »

« Alors, j'irai les chercher moi-même », répliqua son adversaire en tendant son bras droit devant lui.

Et presque immédiatement, un puissant jet de sel jaillit de l'extrémité du canon qui avait remplacé cette partie de son corps.

« Chat Noir, attention ! », hurla Ladybug en bondissant sur le côté.

Mais le jeune homme n'avait pas attendu le signal de sa coéquipière pour réagir. Dès l'instant où le super-vilain avait armé son tir, il s'était instinctivement mit en garde, jambes fléchies pour se tenir prêt à s'élancer à tout moment.

Comme propulsé par un ressort, il sauta dans la direction opposée à celle choisie par Ladybug, esquivant lui aussi le rayon sans le moindre problème. L'attaque de leur adversaire frappa de plein fouet l'immeuble devant lequel les deux héros se trouvaient encore un millième de seconde auparavant, ajoutant l'édifice à la longue liste de ceux déjà métamorphosés en gigantesques structures salines.

Voyant que ses adversaires lui avaient échappé, le vilain laissa échapper un cri de rage guttural. Il pivota rapidement sur lui-même, ses petits yeux noirs scrutant avidement les alentours à la recherche de leurs proies.

Il ne lui fallut qu'un instant pour repérer Chat Noir, perché sur une voiture voisine.

Yeux plissés de concentration, il tendit le bras, visa le jeune héros, tira.

Et rata, une fois de plus.

Les réflexes surhumains de Chat Noir lui permirent d'esquiver ce nouveau jet de sel sans la moindre difficulté, laissant l'attaque frapper et métamorphoser l'arbre qui se trouvait derrière lui un instant plus tôt. Ne perdant pas un instant, le super-vilain tenta d'atteindre de nouveau le jeune homme, encore, encore, et encore. Essayant et échouant à chaque fois, et changeant successivement une voiture, une poubelle et un malheureux cycliste en autant de statues de sel.

Mais il en fallait manifestement plus que ça pour décourager cette victime du Papillon particulièrement agressive. L'homme ne cessait de viser le nouveau héros, ne lui offrant pas le moindre instant de répit entre deux attaques.

De toute sa vie, jamais Chat Noir ne s'était trouvé dans une situation aussi périlleuse.

Mais peu importe.

Le danger n'était rien à côté du sentiment de puissance et de liberté qu'il ressentait à présent qu'il embrassait pleinement son rôle de protecteur de Paris. L'adrénaline qui déferlait dans ses veines sous l'impulsion de ses vigoureux battements de cœur lui donnait la sensation que rien ne pouvait lui résister.

Jamais il n'avait été aussi fort. Aussi rapide. Aussi précis. Aussi maître de son corps.

Et jamais il ne s'était sentit aussi vivant.

Cette impression d'être libéré de toutes les contraintes qui faisaient son quotidien couplée à ses capacités décuplées rendaient Chat Noir euphorique. C'était une sensation enivrante. Etourdissante. Addictive, presque.

Elle lui donnait la sensation que rien en pouvait lui résister, que rien ne pouvait le retenir.

Rapidement, cette confiance en soi se manifesta chez le jeune homme par une envie irrépressible de fanfaronner. De taquiner son adversaire. De laisser jaillir l'effronterie naturelle qu'il dissimulait d'ordinaire sous d'innombrables couches de bonne éducation.

Et après tout, pourquoi pas ? Il était Chat Noir, héros de Paris. Personne ne l'obligeait à rester parfaitement sérieux quand la situation lui permettait encore de faire preuve de légèreté. Au contraire, plus il agacerait son ennemi, plus ce dernier se focaliserait sur lui en oubliant les innocents parisiens et sa coéquipière.

A l'exception de son adversaire, tout le monde y gagnait.


Enchaînant pirouettes dignes d'un acrobate échappé d'un cirque et grimaces plus exaspérantes les unes que les autres à l'attention de son ennemi, Chat Noir se percha gracieusement au sommet d'un lampadaire.

« Sans vouloir mettre mon grain de sel, je trouve que tu vises affreusement mal », lança-t-il à son adversaire d'une voix moqueuse. « Regarde-moi ça, c'est un désastre », ajouta-t-il en désignant les alentours d'un large geste de la main.

« Alors arrête donc de gesticuler comme ça ! », hurla son ennemi en retour, tout en envoyant une nouvelle salve de sel en sa direction.

« Impossible », rétorqua Chat Noir en esquivant habilement l'attaque.

Le jeune homme se propulsa dans les airs à l'aide de son bâton extensible avant de se laisser retomber souplement sur le toit d'une voiture. Il rétracta son arme d'un geste sec et se tourna vers le vilain en relevant crânement le menton.

« Je sais qu'un visage comme le mien mériterait d'être immortalisé pour l'éternité », déclama-t-il d'une voix pompeuse, que contredisait ses yeux pétillant de malice. « Des traits d'une telle finesse, ça ne se croise pas à tous les coins de rue. Mais je me vois obligé de décliner ta proposition », s'excusa-t-il avec une petite courbette. « Je ne voudrais pas priver l'humanité du doux son de ma voix, tu comprends. »

Etouffant un grognement de rage, le super-vilain arma de nouveau son canon pour tenter de viser Chat Noir.

Mais sans succès, une fois de plus.

Le jeune héros évita aisément le tir, adressa un salut insolent à son ennemi et s'éloigna dans un éclat de rire.


Bien qu'elles ne cessent de manquer leur cible initiale, les attaques incessantes du super-vilain n'en causaient pas moins une myriade de dégâts collatéraux. Elles transformaient peu à peu les alentours, donnant au quartier à présent immaculé l'allure d'un paysage tout droit tiré de contes fantastiques.

Partout où Chat Noir pouvait poser le regard, il n'y avait presque plus que du blanc.

Du blanc, du blanc, et parfois quelques objets ou passants affolés qui avaient miraculeusement échappés à cette déferlante de rage et qui ressortaient comme autant d'oasis de couleur au milieu de ce panorama éclatant.

Du blanc, et une fine silhouette rouge aussi.

Ladybug, qui faisait tout son possible pour tenter d'approcher son ennemi mais qui hélas, se faisait pour l'instant repousser à chaque tentative.

La situation était pour le moins critique, Chat Noir en avait parfaitement conscience. Et ce d'autant plus que son ennemi semblait s'être lassé de ses pirouettes et le délaissait à présent pour mieux se concentrer sur Ladybug.

Et ça, le jeune homme refusait de l'accepter sans rien faire.

Ladybug était sa coéquipière. La fille qu'il admirait depuis l'instant où il l'avait aperçue depuis l'autre côté de la planète et aux côtés de laquelle il avait à présent l'honneur de combattre.

Il ne la laisserait pas tomber. Ni elle, ni leur mission.

Peu importe sa propre inexpérience, peu importe s'il lui restait encore tout à prouver en tant que héros.

Il ferait tout son possible pour l'aider.


Alors qu'elle bondissait dans les airs pour éviter une nouvelle attaque, Ladybug plia son bras derrière sa tête avant de le détendre de toutes ses forces, lançant son yo-yo vers son ennemi avec une habileté que lui auraient envié les plus grands joueurs de base-ball.

Ce vilain représentait une véritable menace pour elle, son nouveau partenaire et tout Paris.

Il fallait le neutraliser au plus vite.

L'arme de Ladybug fendit les airs en sifflant, droit vers les genoux du cuisinier. Hélas, à présent qu'il s'était lassé des pitreries de Chat Noir, l'attention du vilain était entièrement focalisée sur la jeune fille. Il n'eut aucune peine à voir le coup venir et recula à dernière seconde pour se mettre à l'abri derrière une camionnette, laissant le yo-yo s'écraser à terre sans que ce dernier ne lui cause le moindre dommage.

Mâchoire serrées, Ladybug laissa échapper un sifflement de dépit.

Le pouvoir de ce super-vilain était bien trop redoutable pour qu'elle puisse se permettre de l'attaquer de front et seule, elle aurait du mal à s'en sortir.

Mais comme s'il lisait dans ses pensées, Chat Noir choisit cet instant précis pour se ruer vers l'homme qui lui donnait tant de difficulté. Tentant de profiter de la diversion de sa partenaire, il abattit violement son bâton dans les jambes du vilain, dans une volonté manifeste de le déséquilibrer et de le faire chuter à terre.

Malheureusement pour lui, son ennemi faisait preuve lui aussi d'une agilité surnaturelle et d'un bref saut, il esquiva le coup.

« Dommage, on y était presque ! », s'exclama Chat Noir en bondissant vers les hauteurs pour se mettre hors de portée de son adversaire, tandis que ce dernier tentait de se venger de cet affront à l'aide de quelques tirs de sel rageurs.

Ladybug suivit un bref instant Chat Noir des yeux avant de reporter rapidement son attention sur le vilain.

Il fallait impérativement qu'elle reste concentrée sur le combat.

Mais force était de reconnaître qu'elle était plus qu'impressionnée par les capacités de son nouveau coéquipier. Pour avoir côtoyé l'ancien Chat Noir encore récemment, Ladybug savait pertinemment que ce nouveau venu ne pouvait pas avoir son miraculous entre les mains depuis plus de quelques jours au mieux. Il aurait dû se montrer maladroit. Peu sûr de lui. Aussi hésitant qu'elle avait elle-même pu l'être lors de son tout premier combat.

Et pourtant, c'était exactement l'inverse.

Ce nouveau Chat Noir évoluait sous ses yeux avec une aisance déconcertante, bondissant d'immeuble en immeuble comme s'il n'avait fait que ça de toute sa vie, se battant comme s'il était né pour être un héros.

L'habileté de ce garçon était tout simplement prodigieuse.

Cependant, la maîtrise inattendue dont faisait preuve son nouveau coéquipier n'était pas ce qui perturbait le plus Ladybug. Non. Ce qui la déstabilisait par-dessus tout, c'était son attitude. Ses sourires chaleureux, ses paroles insolentes, ses manières espiègles. Tout ce qu'elle n'avait jamais connu de la part de son ancien partenaire et tout ce qu'elle n'aurait jamais imaginé voir en combat.

Là où le précèdent Chat Noir était sévère et distant, le nouveau paraissait au contraire être un garçon des plus chaleureux doublé d'un jeune homme à la personnalité extravertie. Là où son ancien coéquipier était avare en paroles, l'actuel semblait incapable de tenir plus de trois minutes sans se taire. Sans raconter une blague, sans fanfaronner, sans se fendre d'un de ces jeux de mots dont il semblait étrangement friand.

Ladybug n'avait guère été habituée à un pareil étalage de gestes et de paroles.

Chat Noir emplissait tout l'espace avec son rire, ses remarques goguenardes, ses manières grandiloquentes. Il monopolisait l'attention du vilain comme un artiste sur une scène, dans une volonté évidente de fournir à sa coéquipière toutes les diversions dont elle aurait besoin pour agir.

Car sous ses manières effrontées, ce Chat Noir ne semblait heureusement manquer ni de sérieux ni de courage. Ladybug ne l'avait pas vu un instant hésiter avant de se jeter dans la bataille. Il semblait farouchement déterminé à mener sa mission à bien et faisait manifestement de son mieux pour remplir son rôle.

Mais malgré ce constat plus que rassurant, Ladybug n'arrivait pas encore à se défaire de l'étrange impression de décalage qu'elle ressentait à combattre aux côtés de ce nouveau Chat Noir.

Pendant des mois, elle avait fait équipe avec un autre garçon. Elle s'était habituée à sa personnalité, à sa manière de combattre, à la conception qu'il avait de leur rôle de héros. L'arrivée de son nouveau coéquipier la forçait à se défaire d'une large partie des automatismes qu'elle avait durement acquis jusque-là, à sortir de sa zone de confort, à trouver une dynamique qui serait propre au duo qu'ils allaient devoir former ensemble.

Ladybug ignorait combien de temps ce dernier – et crucial - point allait leur prendre.

Lors de leurs adieux, son ancien coéquipier lui avait affirmé que ce jeune homme dont elle venait de faire la connaissance était celui aux côtés duquel qui elle était destinée à se battre depuis le tout début. Celui qui aurait dû recevoir la bague du Chat Noir au moment même où elle avait hérité de ses boucles d'oreilles. Celui avec qui elle formerait un jour une équipe encore meilleure qu'avait été la leur.

Ladybug n'avait pas la moindre raison de douter de des paroles de son précédent partenaire. Cependant, si la jeune fille était tout à fait disposée à l'idée de devoir faire désormais équipe avec ce nouveau venu, elle ne doutait pas non plus qu'il lui faudrait sûrement du temps pour s'adapter à sa personnalité extravagante.

Du temps, et beaucoup de patience.


Alors que Ladybug se perdait malgré elle dans ses réflexions, le vilain se mit quant à lui à redoubler d'ardeur. Il tirait salve après salve, empêchant les deux héros de pouvoir tenter la moindre attaque au corps à corps et les forçant à se mettre à couvert chaque fois qu'ils avaient le malheur de rester un peu trop longtemps en vue.

Après avoir essayé de contourner son adversaire et s'être replié une fois de plus en catastrophe quand ce dernier avait cherché à la transformer en statue de sel, Ladybug sentit sa propre irritation atteindre des paliers alarmants. Elle était à présent coincée derrière une poubelle, Chat Noir avait dû trouver refuge sur un balcon, et leur ennemi paradait devant eux comme si la ville entière lui appartenait.

Ce vilain semait le chaos dans la capitale depuis déjà bien trop longtemps.

Le moment était venu de passer à la vitesse supérieure.

« Chat Noir, suit-moi », ordonna-t-elle à son coéquipier, tout en désignant le sommet d'un immeuble voisin.

Une fois en hauteur, les deux héros se concertèrent rapidement.

« Je pense que l'akuma est dans son tablier », lança précipitamment Ladybug, tout en désignant la pièce de tissu que leur adversaire portait nouée autour de sa taille. « Il faut qu'on trouve un moyen de le détruire. »

« Et pour ça on va devoir utiliser nos pouvoir ? », compléta Chat Noir en agitant sa main baguée.

« Exactement », approuva Ladybug en décrochant son yo-yo de sa hanche. « Lucky Charm ! », s'écria-t-elle en lançant son arme vers le ciel.

Une nuée de coccinelles étincelantes surgit aussitôt du néant pour se mettre à tournoyer au-dessus de la tête de la jeune fille. Et à peine une fraction de seconde plus tard, elles s'évanouissaient pour laisser place à une gigantesque clé à molette, qui retomba dans les mains tendues de Ladybug.

« Heuu… Qu'est-ce qu'on est censés faire de ça ? », demanda Chat Noir avec une moue perplexe, tandis que sa coéquipière soupesait l'outil rouge à poids noir dont elle devait désormais faire usage.

« Excellente question », répliqua Ladybug en fronçant légèrement les sourcils.

Tenant sa clef à molette dans une main, faisant tournoyer son yo-yo dans l'autre, la jeune fille se pencha en avant pour mieux scruter les alentours. A la recherche d'une idée. D'une inspiration fulgurante qui lui permettrait de neutraliser enfin leur adversaire.

Soudain, un cri l'arracha brusquement à sa concentration.

« Ladybug, attention ! »

La jeune fille releva vivement la tête et aussitôt, ses yeux bleus s'écarquillèrent d'horreur.

Un rayon d'une blancheur étincelante se dirigeait vers elle.

Vite. Trop vite pour être esquivé.

Par pur réflexe, Ladybug brandit devant elle le yo-yo qui lui servait de bouclier, exposant ce dernier à l'attaque de son adversaire.

Et une seconde plus tard, l'arme de la jeune fille tombait à terre, transformée en boule de sel.