Wesh wesh les potos ! J'espère que votre première semaine de cours s'est bien passée ! En tout cas contente d'être en week-end. JE PEUX ENFIN ECRIRE ! Ou pas... J'ai du laisser mes travaux en cours pour publier la suite de Derrière le masque... Et oui, tout ça pour vous bande de veinards XD (vous noterez la fille ultra modeste)...

Bref, que nenni gemini, voici le nouveau chapitre, l'avant dernier... De la partie 1 ! Je pense en effet diviser cette très longue fic en deux parties. C'est donc bientôt la fin ! Sinon ben sur ce chapitre, aucune nouveauté. Les choses s'accélèrent et la tension devient... palpable. Je vous laisse lire bande de gens ! Poutouuuus !

(... Comment vous dire ? JE DFVUOVN PARCE QUE GRACE A VOUS, J'AI ATTEINT A CET INSTANT PRECIS LES 1000 VUES ! ET COMMENT VOUS MANIFESTER MA GRATITUDE, COMMENT VOUS DIRE A QUEL POINT JE VOUS REMERCIE ! C'est ouf. Je ne me serais jamais attendue à ça... Je vous dois tellement. Merci. Merci merci merci. Vous m'aidez à atteindre un de mes rêves :') )

Disclaimer : Les deux seuls personnages qui m'appartiennent dans cette fic sont Carla et Kate (ainsi que quelques autres persos secondaires dans les flashbacks). Tous les autres sont la propriété du génialissime Mathieu Sommet. ET, Antoine Daniel, Sébastien Rassiat, Frédéric Molas, Alexis Breut, Alex Tromso et Kriss (désolée mais je n'arrive pas à trouver son nom complet) s'appartiennent à eux-mêmes. Et tant pis si ça ne veut rien dire.


Chapitre 12 : C'est la fête, c'est la fête !

Vendredi soir :

Patron : Il est quatre heures du matin, je suis épuisé et pourtant je n'arrive toujours pas à dormir. J'ai beau essayer de me concentrer sur ma respiration rien ne change. C'est frustrant putain ! Je ne peux pas cogner sur le sommeil pour qu'il m'obéisse. Et je déteste ne pas avoir le contrôle. Enfin sauf dans certains domaines, où j'aime être dominé...
Je me retourne dans mon lit pour la 14ème fois au moins. Je suis tendu. Toute cette soirée me dépasse et je n'ai toujours pas compris ce qui était arrivé. Et le pire c'est que je suis encore en train de réfléchir. Je ne sortirai jamais de cette spirale infernale. Même moi je sais qu'au lieu d'y mettre un point final je viens au contraire de m'enfoncer encore plus. Mais nom de dieu qu'est ce que c'est bon ! Je vais y rester. Et cette sorte d'autodestruction me plaît. C'est comme narguer le sort. Je sais que tout ça est malsain, mais j'en ai besoin, ça me fait du bien. Brûler entièrement pour se sentir un tant soit peu vivant. C'est mon mode de fonctionnement depuis longtemps maintenant. C'est comme ça que je survis. En flirtant avec l'inacceptable, en déambulant à la frontière de l'interdit.
C'est horrible à admettre mais c'était plus que de la baise. Un énorme saut dans le vide. Un gigantesque lâché prise. Une putain de perte de contrôle. En fait c'est sûrement pour cela que le sommeil ne vient pas. Quelque chose s'est réveillé en moi, et je n'ai aucune idée de ce que ça peut-être. Alors je cherche, tandis que je suis censé ne rien en avoir à foutre. C'est tout le problème. Je suis "censé". Je suis le Patron, je ne réfléchis pas, j'agis. Si ça se met à bouillonner dans mon cerveau, alors suis-je encore le Patron ? Si je ne suis plus le Patron, alors qui suis-je ?
Cette question résonne en moi. J'aimerais pouvoir faire comme avant et l'ignorer. Ou me construire une réponse comme je l'avais fait il y a un certain temps déjà. Mais je n'en ai plus la force. Je hais vraiment ce gamin et ce qu'il crée chez moi. Et je le hais encore plus d'être un si bon coup. Peut-être que pour me calmer je devrais aller le voir et... Voilà. Retour au point de départ. On en revient toujours à cette terrible conclusion : il m'attire, c'est plus fort que moi. En fait je comprends le camé maintenant. Quoiqu'il fasse il finit toujours défoncé. Et bien moi, quoique je fasse j'en retourne toujours au Geek. Je suis un putain de drogué. Je ne fais qu'attendre l'overdose dont j'ai tant besoin.
Ce qui m'échappe aussi, c'est que quand je baisais le Geek, je ne me posais pas toutes ces questions. Tout me paraissait évident, clair. C'était la lumière au bout du tunnel. Il n'y avait que l'instant qui comptait. Et décidément j'aimerais me tuer pour avoir ce langage de pucelle en pleine poussée hormonale.
Dernière chose troublante, POURQUOI EST CE QU'IL M'A EMBRASSÉ LUI AUSSI ET POURQUOI IL A ACCEPTE MON DEAL BORDEL ?
Je crois que finalement, ça m'a fait du bien de me poser toutes ces questions. Ça m'a permis de me rendre compte à quel point la situation était bloquée et à quel point j'étais con, non que je n'en ai jamais douté. Parce qu'après tout, qu'est ce que tout cela peut bien me foutre ? J'ai eu ce que je voulais, maintenant c'est fini. Cette histoire est terminée. Je ne suis pas dans un de ces romans à la con que la travelotte dévore, et où le méchant se dit "ohlala ce n'est pas bien d'être méchant", avant de devenir directeur d'un orphelinat. Ce n'est pas comme si je pouvais changer. Alors à quoi bon lutter, hein ? À quoi bon me battre alors que j'ai déjà tout gagné ? Demain tout sera redevenu comme avant.
Et sur cette prise de conscience, je finis par sombrer dans le sommeil, un léger sourire flottant sur mes lèvres.


Trois jours plus tard :

Mardi après-midi :

Maître Panda : « Allez Mathieu, fais pas ton radin !
- Ouais c'est vrai gamin, on pourrait t'y accompagner a cette fête !
- Toi si je t'emmène tu vas encore faire des conneries, je te connais Patron. De toute façon vous n'êtes pas invités point final. »
Depuis quand il ne nous invite pas aux fêtes ? En plus il y aura plein de gens sympas ! Ça va être super ! Ça me dégoute de louper ça. Je suis sûre que c'est juste parce que Mathieu veut rester seul avec Carla. C'est vraiment dégueulasse ! Et apparemment je ne suis pas le seul à penser ça. Il suffit de voir la tête que tire le Patron. Non, en fait il n'y a que nous deux qui sommes énervés. Les autres s'en foutent royalement. Et le Geek est même plutôt content. Il faut dire que ça lui évite les habituelles taquineries. Et les incessantes tentatives visant à lui faire boire de l'alcool. Ces soirées se terminent toujours mal pour lui. Carla, elle, ne dit trop rien, c'est bizarre. La fête de ce soir doit la préoccuper... La veinarde... Bref, où en étais -je ? Ah oui.
« Allez Mathieu ! S'il te plaît !
- N'insiste pas j'ai dit non ! »
Bon il me soule, tant pis pour ce soir... Je resterai bien tranquillement avec les autres. Tranquille, tu parles. Comme si on pouvais être peinard avec le Geek ou le Hippie. Quand Mathieu n'est pas là c'est moi qui doit m'occuper de la familia en plus... Comme si je n'avais que ça à faire en ce moment, avec mes chansons et mes ninjas... « Écoute Mathieu, je te propose un marché... » Je ne finis pas ma phrase quand je vois le coup d'œil qu'il me lance. Oh lala, monsieur a son petit caractère ! Pfff... C'est de la discrimination envers les pandas. Je m'en fous. Quand j'aurais instauré une véritable dictature il ne pourra plus rien dire. Ça sera moi le chef tout puissant ! Ha !


Geek : Mal au cul depuis trois jours. C'est agaçant, je ne peux pas m'asseoir sans grimacer. Forcément ça intrigue un peu les autres. Du coup à chaque fois que je lâche un cri de douleur, je suis obligé d'enchaîner sur un sourire pour faire comme si de rien n'était. Je vois bien que Mathieu me regarde bizarrement après. Si le Patron arrêtait de me provoquer aussi avec ses "dis donc gamin on se demande ce que tu as fait pour avoir mal comme ça..." Ça n'est pas étonnant que Mathieu ait la puce à l'oreille. Ce qui m'énerve aussi, c'est qu'à chaque fois je me mets à rougir. En plus j'étais censé ne plus penser à cette histoire. Mais comment suis-je censé tout oublier après tant de révélations ? Je ne vois plus le criminel de la même façon qu'avant. Et pour cela je me déteste. Ça ne change rien à tout ce qu'il a pu faire. Et à la façon dont j'ai trahi Carla alors qu'elle avait confiance en moi.
Voila. Retour donc au point de départ, faisant comme si de rien n'était pendant que Carla joue avec moi à Call of. « BIM ! T'AS VU LE CUT ! PUTAIN T'AS VU CE QUE JE T'AI MIS ! WAHOU ÇA FAIT TROIS PARTIES QUE JE T'EXPLOSE ! OH MAIS ? ATTENDS ? QU'ENTENDS-JE ? MAIS OUI ! C'EST LE BRUIT DE TA DEFAITE ! ALORS GEEK ? ÇA FAIT QUOI DE SE FAIRE DEFONCER COMME ÇA ? » Je vais essayer de passer outre son choix de vocabulaire et de faire comme si de rien n'était.
« Bien joué.
- WAHOU ! ÇA FAIT DU BIEN ! ON EN REFAIT UNE ?
- Non merci c'est bon.
- Quoi ? Tu ne veux plus jouer aux jeux vidéos ? Tu es malade ? Qu'est-ce-qu'il se passe ? Ça va ?
- Oui oui. T'inquiète pas. »
Carla me regarde, visiblement préoccupée et va éteindre la console. Puis elle retourne s'asseoir face à moi et me saisit les mains.
« Non ça ne va pas. Dis-moi ce qui t'arrive p'tit bout.
- Je... »
Je vais craquer. Encore une fois. Je crois que j'ai besoin de vacances, loin de tout ça. Je suis épuisé moralement. Si ça continue je vais vraiment avoir des problèmes. Coincé entre Carla et le Patron. Le blanc et le noir. « Ok, calme toi. Calme toi ça va aller. » Carla me prend dans ses bras et c'est plus fort que moi, je me mets à pleurer. Comment peut-elle être si gentille avec moi ? Je suis tellement loin de le mériter...
« Car-Carla j-je... Tu... J-je suis d-désolé. J-je suis t-trop f-faible. Tu...
- Chut.. Chut... Ça va aller... »
Elle me berce et me chuchote des mots rassurants à l'oreille. J'inspire profondément, son parfum de vanille et de cannelle chatouillant mes narines. C'est doux. Chaleureux. Protecteur. Quand elle s'éloigne de moi quelques minutes plus tard, elle aussi est en train de pleurer silencieusement. Des larmes roulent sur sa peau diaphane. Je ne comprends pas.

« Non ! S'il te plait ne pleure pas ! Je suis désolé je ne voulais pas que tu sois triste..
- C'est moi qui suis désolée Geek. Tellement désolée...
- Carla je...
- Tais-toi ! Écoute moi. S'il te plait... Je... Geek tu es fort. Je le sais. Tu-tu peux le faire. Je suis désolée. Je crois en toi Geek. Tu t'échapperas. Tu y arriveras. Tu le dois. Je suis désolée, pardonne moi...Je sais que tu es fort. Que tu t'en tireras. » Elle s'arrête, ses sanglots l'empêchant de continuer. Elle est à bout de souffle et ferme les yeux, la tête tournée vers le sol. Je n'ai absolument pas compris ce qu'elle m'a dit, mais pour le coup voir son désespoir me permet de penser à autre chose que mon chagrin.

« Carla, ne pleure pas. Sois pas triste. Je t'aime.

- Moi aussi p'tit bout. Moi aussi. »

Et elle se remet à pleurer.


Mathieu : Ok tout est prêt. JE suis prêt. Enfin je crois, ou plutôt je l'espère. Pourvu que Carla s'entende bien avec les autres ! S'il-vous-plaît, que tout se passe bien !

Assis sur le canapé du salon, c'est la troisième fois que je répète à voix basse mon incantation. J'attends que Carla ait fini de se préparer et ensuite en route pour la fiesta ! Ce qui me rassure c'est que je serai avec des potes. Antoine saura déjà me détendre. Et puis il n'y a aucune raison pour que ça se passe mal. Après tout Carla sait tellement bien s'intégrer. Justement, peut-être un peu trop même...

Les autres sont répartis autour de moi, sauf la Fille qui passe la soirée chez une amie (ne me demandez pas par quel miracle elle s'est trouvée des copines, je n'en sais rien) et le Hippie qui est occupé à essayer de lancer son « commerce » (plutôt un trafic) de rhubarbe. Personne ne parle, et je trouve ça étrangement apaisant. Enfin je trouverais ça apaisant si je n'étais pas aussi stressé.

Quand je lance un coup d'œil à la ronde pour voir si les autres sont dans le même état que moi je remarque que le Patron a l'air franchement sérieux. C'est étrange. Soit ça veut dire qu'il prépare un mauvais coup, soit que quelque chose le tracasse. Dans tous les cas c'est mauvais signe. J'ouvre la bouche pour l'interroger mais je suis interrompu par un « Wow. Si c'était un panda j'aurais presque une érection... » Je tourne la tête vers les escaliers, intrigué par la dernière phrase du Panda, et aperçoit Carla qui descend les marches comme si de rien n'était. Je reste la bouche ouverte et les yeux écarquillés pendant un long moment, jusqu'à ce que le Geek me chuchote « Mathieu, tu baves ! ». Je ferme immédiatement ma bouche mais ne peut m'empêcher de détailler Carla.

Elle porte une robe. Une robe toute simple. Noire, avec un décolleté qui dévoile sa poitrine parfaite. J'avoue que là je suis d'accord avec le Panda. Sauf que je suis un homme, pas un ursidé...

Elle est sublime. La couleur sombre contraste avec sa peau blanche, presque cristalline. Et ses yeux verts... Ses yeux rieurs, malicieux, sont mis en valeur par une touche de maquillage qui rappelle la couleur de sa robe. Pourtant ils n'ont pas leur éclat habituel... Enfin. Elle a relevé ses cheveux blonds en un chignon d'où s'échappent quelques mèches folles, ce qui lui donne un air... sexy. D'autant plus que sa bouche carmin est...

Je commence à sentir le Patron remuer à côté de moi et c'est là que je me dis que la soirée va être longue, avec tous ces mâles autour de Carla. Ce n'était peut-être pas une si bonne idée que ça cette fête.

« Alors, comment vous me trouvez ?

- Tu es très jolie Carla !

- Oh merci Geek, tu es adorable.

- Magnifique Carla, géniale !

- C'est vrai Panda ?

- Non tu n'es pas magnifique. Tu es juste parfaite.

- Oh vous êtes trop gentils les mecs... T'en penses quoi Mathieu ?

- …

- Mathieu ?

- …

- Youhou, la Terre appelle Mathieu Sommet !

- Hein ? Euh oui oui tu es euh... Je... Cool.

- Euh... Merci.

- Bon euh...On devrait peut-être y aller maintenant. Allez salut ! Bonne soirée. Et soyez sages, obéissez au Panda.

- Salut les gars. Je vous aime. Tous. »

Je m'efforce de contrôler la jalousie qui monte en moi, suite à ce que Carla vient de dire et ferme la porte. Et comme il fait un peu frais dehors je passe mon bras autour de ses épaules. Oui, c'est la seule et unique raison. Ce n'est absolument pas pour marquer mon territoire et encore moins... Carla me regarde avec un sourire triste mais laisse mon bras. Je n'ose pas lui demander ce qui ne va pas. Après tout ce n'est sûrement qu'un petit coup de blues passager. Et puis ça ira mieux quand elle aura rencontré mes amis.


Maître Panda : Une fois la porte fermée je me retourne vers le Geek.

« Bon qu'est-ce-que tu veux faire ce soir ?

- Rien. »

Oh. Il n'a pas l'air d'avoir le moral. Ce qui étrangement ne change pas trop de d'habitude. « J'aurais dû y aller avec le gamin. » Je tourne la tête vers le Patron qui regarde dans le vide.

« Tu sais bien qu'il ne voulait pas qu'on vienne.

- J'aurais dû l'accompagner. J'aurais pas dû le laisser seul.

- Oh arrête, si il est bourré, ce qui sera probablement le cas, il restera dormir chez Antoine.

- J'ai pas confiance en cette salope. »

Je pousse un soupir. Cette soirée promet d'être longue. Je savais bien que le Patron ne portait pas Carla dans son cœur, mais c'est franchement lourd ses attaques incessantes envers elle. Et c'est tellement débile ! Pour la simple et bonne raison que déjà, ses piques sont infondées. Je vois bien que ça énerve les autres aussi, la preuve : le Geek plisse les yeux et le Prof qui jusque là n'avait rien dit, émet un sifflement réprobateur.

« Patron, Carla n'est pas une « salope ». C'est une fille bien, et si tu ne l'aimes pas, sache que Mathieu...

- Je dois vous parler de quelque chose les mecs... »

Son air sérieux me stoppe net. Il a l'air a des kilomètres. Concentré sur ce qu'il dit, toujours les yeux dans le vague.

« Je l'ai entendue au téléphone...

- Ouais, et ?

- Et elle parlait d'un truc louche. Comme quoi Mathieu n'était pas malade et qu'elle voulait tout arrêter. Elle avait l'air énervée et elle a traité la personne à l'autre bout du fil de « monstre »...

- Super. Tous aux abris, Carla est une dangereuse psychopathe ! »

J'avoue que là il dépasse les bornes. Il est prêt à inventer n'importe quoi pour qu'on se rallie à sa cause. Je n'en attendais pas moins de lui, mais tout de même... Ce n'est pas que ça me déçoit. Non, c'est plus que ça me fait pitié. Le Patron me fait brusquement face et articule :

« Je l'ai entendue. C'est ce qu'elle a dit !

- Tu t'enfonces là mec. Putain tu t'imagines quand même pas qu'on va croire tes conneries ?

- MAIS BORDEL JE VOUS DIT QUE JE L'AI ENTENDUE !

- Ouais ouais. Et moi je te dis que t'es jaloux et que tu devrais t'arrêter si tu veux éviter d'avoir l'air encore plus con que maintenant.

- MAIS... VOUS ETES TELLEMENT AVEUGLES QUE VOUS ETES PRETS A CROIRE TOUT CE QU'ELLE VOUS RACONTE ? BON SANG OUVREZ LES YEUX ! VOUS LUI FAITES PLUS CONFIANCE QU'A MOI ?!

- Est-ce-que t'as bien réfléchi à ta question mec ?

- JE VOUS DIS QU'ELLE PREPARE UN MAUVAIS COUP ! ON AURAIT DU LA VIRER DEPUIS LONGTEMPS ! ELLE SE SERT DE MATHIEU ! »

Soudain le Geek se lève et va se placer juste en face du Patron. Ses yeux lancent des éclairs.

« BON CA SUFFIT ! CARLA EST UNE FILLE BIEN, ET SI T'AS UN PROBLEME AVEC CA, C'EST JUSTE PARCE QUE TU AS DU MAL A ACCEPTER QU'ELLE TE REMETTE A TA PLACE ! ON SAIT QUE C'EST DUR POUR TON EGO, MAIS ELLE N'EST PAS L'UNE DE TES PUTES ! ET C'EST PAS PARCE QUE TOI T'AS TRAHI TOUT LE MONDE DES QUE TU L'AS PU QU'ON EST TOUS FORCEMENT COMME TOI ! »

J'ouvre de grands yeux quand je me rends compte que c'est le petit gamer qui a prononcé cette dernière phrase. Ou plutôt hurlé. Il est debout, tout rouge, face au Patron. Les deux hommes se regardent dans les yeux (je suppose, difficile à dire avec les lunettes de soleil du criminel), combattant silencieusement. Le Patron finit par abandonner. Il soupire, et sort simplement de la maison, nous laissant là les bras ballants. Cinq secondes après le Geek se précipite à son tour hors de l'appartement. « GEEK NON ! REVIENS ! » Je cours après lui mais c'est trop tard. Je suis sûr qu'il est parti à la poursuite du Patron, horrifié par ce qu'il venait de dire. Pauvre petit. Trop pur pour cet homme si noir. Et moi, je fais quoi maintenant ? Bon, du calme, je suis sûr que le petit va retrouver le Patron et que tout ira bien. De toute façon je ne peux pas laisser le Prof tout seul ici, il risquerait de tout faire exploser en mon absence. « Bon. Moi je retourne à mes expériences. » Le scientifique sort du salon pour rejoindre son laboratoire, me laissant seul. Finalement je vais peut-être passer une soirée peinard.

Peinard. Mon œil.


Mathieu : Quand nous arrivons devant chez Antoine je m'arrête un instant devant la porte et écoute les éclats de rire et les cris qui parviennent jusqu'à l'extérieur. Carla m'interroge du regard et j'inspire profondément avant de sonner. Antoine vient ouvrir quelques secondes après et lâche un tonitruant "MON AMOUR !" quand il m'aperçoit. Putain il a pas vu que j'étais accompagné ? On avait pourtant dit qu'on évitait les conneries de ce genre là quand on était avec une fille...
" Salut Antoine.
- Antoine ? Quoi, pas de "Toinou" ou de "mon petit coeur" aujourd'hui ? Vous voyez mademoiselle la reconnaissance... Hier c'était l'amour fou et maintenant... C'est triste..."
Oh non c'est pas vrai. Pourquoi j'en étais sûr ? Carla se tourne vers moi, et avec un sourire sarcastique sur les lèvres, me demande "Mon coeur ? Mon amour ? Dis donc Mathieu tu m'avais caché des choses..." Elle ne peut pas s'empêcher de glousser et finit par s'accrocher à moi pour éviter de tomber par terre tellement elle rit. Bon, pour ça merci Antoine. Finalement tes conneries n'étaient peut-être pas si nulles. Elles m'auront au moins permis d'avoir Carla une nouvelle fois contre moi.
" Attendez... Vous êtes qui vous ? Enfin je veux dire, qui êtes-vous mademoiselle ?
- Carla, pas de la toile, mais pour vous servir quand même.
- WAHOU MATHIEU ! Depuis quand tu dragues tes fangirls ? Je croyais qu'il n'y avait que le Patron pour faire ça !
- C'est une amie...
- Hum hum bien sûr... En tout cas salut Carla, moi c'est Antoine. Ne fais pas attention à ce que je dis, les trois quarts du temps c'est des conneries. Bref, bienvenue au chalet !
- Ravie de te rencontrer ! J'adore tes cheveux.
- Putain Mathieu elle a de l'humour en plus ! Ne la lâche surtout pas !
- Antoine elle ne... Pfff... Bon tu comptes nous faire rentrer un jour ou on va rester là à se les geler toute la soirée ?"
Non seulement il fait vraiment froid mais en plus rentrer fera diversion. Et ça m'évitera ses petites piques. Je m'en fous je lui revaudrai ça, il ne perd rien pour attendre. "Hey les gars regardez qui est arrivé !" Antoine fait signe à tous les gens présents (c'est à dire Links, Fred et Seb) de s'avancer. Ils arrivent tous vers moi pour me saluer, Antoine dissimulant judicieusement Carla. Après que tous les humains m'aient dit bonjour, c'est au tour de Plectrum, Ouki et Samuel de s'approcher de moi. "Dis donc Toine, c'est qui la meuf hyper bonne que tu planques derrière toi ?" Du Richard tout craché... Il a de la chance de n'être qu'un chien en peluche celui-là. Antoine fait donc un pas sur le côté et tous le monde se met à dévisager Carla qui pour une fois reste silencieuse. La pauvre doit être toute intimidée.

"Richard... C'est Carla ! Une "amie" de Mathieu.
- Putain qu'est ce qu'elle est bonne !
- Oui Richard c'est bon on a compris.
- Tu l'as déjà fait avec un chien en peluche ?
- RICHARD COUCHÉ !
- Essaye de l'éviter dans la mesure du possible. Bienvenue parmi nous, moi c'est Alexis.
- Ben euh... Moi Carla. Mais je pense que vous le savez déjà."
Je la laisse faire plus ample connaissance avec mes potes youtubeurs et décide d'aller nous chercher à boire. Mais avant je vais quand même demander à Samuel si il sait où sont Kriss et Alex. "Alex est malade." dit-il de sa voix robotique. Merde. C'est dommage. Ça faisait un bout de temps que je ne l'avais pas vu... "Et Kriss... Tu le connais, avec toutes ses personnalités à gérer il arrive toujours en retard. D'ailleurs où sont Maître Panda, le Geek et les autres ?" Je ne réponds rien et me contente d'hausser les épaules car je culpabilise un peu. Ils se faisaient une telle joie de cette fête... Et quand je vois toutes les "mascottes" avec leur créateur, ça me fait un petit pincement au coeur. Surtout quand j'aperçois Links qui se dispute encore avec Plectrum.
Quand je retourne vers Carla cinq minutes plus tard, elle est en train d'écouter Seb qui imite Fred :
"JEU DE MERDE ! IL VEUT DETRUIRE VÔTRE ÂME !
- N'importe quoi, j'hurle pas tout le temps non plus.
- Sérieusement ?
- Oui ben si tu jouais à des jeux aussi pourris tu comprendrais pourquoi je hurle...
- En tout cas moi je trouve que c'était très bien imité Seb.
- Merci Carla. Enfin quelqu'un qui admet que je suis doué."
J'avoue que je suis d'accord avec elle, l'imitation était plutôt pas mal. Je tends le verre que j'ai pris à Carla, qui l'avale d'un trait. Ce qui me rappelle cette fois où j'ai forcé le Geek à boire des shots de rhum.
"HIHIHI JE SUIS UN GÂTEAU DE RIZ.
- Oh non, ne me dites pas qu'il l'a ramené...
- HIHIHI JE SUIS UN GÂTEAU DE RIZ. AVEC DE LA BIÈRE.
- Putain Kriss, pourquoi lui ?"
Antoine a l'air énervé que le présentateur de minute papillon ait emmené avec lui l'une de ses plus dangereuses personnalités.
"Je suis désolé mais tu sais bien que je ne peux pas le laisser tout seul chez moi.
- Je te préviens que si il pète quoique ce soit...
- HIHIHI JE SUIS UN GÂTEAU DE RIZ. AVEC DE LA BIÈRE. ET DES GÂTEAUX APÉROS."
Soulagement. Tout le monde respire quand le Gâteau de riz pose ses biscuits sur la table et que rien n'explose. Tout le monde rigole et Antoine donne une grande accolade à Kriss :
"Putain enculé tu sais que je te déteste.
- Moi aussi Antoine. Moi aussi.
- Oh oui ! Croc'homo est content de voir Richard !
- HÉLICOPTÈRE HÉLICOPTÈRE !
- Pour la centième fois je suis un ventilateur, pas un hélicoptère.
- Pourquoi y'a une fille dans le salon ? Pourquoiiiiii ?
- Ah oui ! C'est Carla ! C'est une "amie" de Mathieu. En fait..."
La conversation reprend tranquillement. Carla en profite pour se diriger vers moi lentement, sans faire de bruit, si bien qu'elle me fait sursauter. "Ça va Mathieu ?" Je regarde l'assemblée. Les rires, les potes, l'alcool...
"Ouais ça va super.
- Tant mieux. Profites-en ça ne dure jamais bien longtemps."
Elle a les yeux dans le vague et le même sourire triste que tout à l'heure quand elle prononce cette dernière phrase. J'ai envie de lui demander ce qui ne va pas mais elle m'interrompt : "Au fait tu ne m'avais pas dit que Richard et les autres existaient réellement." Tiens, c'est vrai. Mais ça me paraissait tellement logique. Dans le groupe tout le monde est au courant que nos personnages sont vrais. Du coup je pensais qu'elle aussi le savait. Ce qui est ridicule, comment aurait-elle pu connaitre notre secret ?
"Désolé.
- Non mais c'est magique, c'est super !"
Je vois bien que le coeur n'y est pas. Qu'est-ce-qu'elle me cache ?


Geek : Putain. Putain. Putain. Pourquoi. Suis. Je. Aussi. Débile. Voilà. Maintenant je cours dans la rue, il n'y a personne et j'ai peur. Je m'efforce de ne pas penser à tout ce que je risque, ni à combien Maître Panda doit être inquiet. Mais j'ai peur, vraiment. Je n'y vois rien du tout. Je hurle "PATRON PATRON !" Je culpabilise. Je ne pleure pas. Plus la force. Plus la force de rien. Pourtant je dois courir. Je dois le retrouver. Je ne suis plus concentré que sur une seule chose : Trouver le Patron et... Je ne sais même pas ce que je compte faire après. Je sais juste que je regrette ce que j'ai dit. Non, que je me hais pour ce que j'ai dit. Il m'avait confié ses secrets et je m'en suis servi contre lui. Moi qui suis toujours en train de lui faire la morale, je ne vaut pas mieux que lui. Mais après tout qui ici bas peut se prétendre mieux qu'un homme essayant juste de survivre ?
Ça peut paraître cliché, mais autour de moi il n'y a plus rien. Plus de bruit, sauf peut être les battements de mon cœur. Ce qui est assez ironique c'est qu'encore une fois je me retrouve dans le noir. Mais j'ai compris. Je crois que j'ai enfin compris. Et maintenant je cours. Je hurle. Et si j'ai mal, c'est entièrement ma faute. Ça vient de moi, pas de lui. J'espère qu'il n'est pas trop tard. Il m'en a fallu du temps pour comprendre ce qui se passait. Putain, si j'avais su. Si je n'avais pas été aussi aveugle. Si j'avais juste été moins bête. Si je n'avais pas été aussi fermé. Si, si, si... Ce n'est pas trop tard. Il n'est jamais trop tard non ? Tellement de gâchis. Je suis désolé. Pardonne moi. Je ne suis plus la même personne, j'ai changé. Ce n'est pas trop tard.

MAIS OU ES TU ? POURQUOI TU NE M'ENTENDS PAS ? POURQUOI JE NE TE TROUVE PAS ? Quand il est sorti je l'ai immédiatement suivi. Alors pourquoi ? Pourquoi je ne le trouve pas ? « PATRON S'IL TE PLAIT ! JE T'EN SUPPLIE ! » Je ne suis qu'une merde. Mais c'est bon. Il n'est plus l'heure de se lamenter. Il est temps d'agir. Je ne suis pas faible. Je l'ai été, uniquement parce que j'avais toujours pensé que le problème venait des autres. « On ne peut vous rabaisser sans votre consentement. »

Je vais me battre. Pour moi. Pour lui. Parce que quoique je fasse je reviens toujours vers cet homme. Parce que j'ai besoin de lui. Parce que je lui dois des excuses. Parce que je veux écrire ma propre histoire. Parce que je sais, que j'ai toujours su. Mais que je ne voulais pas me l'avouer. C'est fini. Ce temps est révolu. Envolé l'ancien Geek. JE NE SUIS PLUS LE MEME !

Merci le noir. Merci les étoiles. Merci le silence. Confusion totale. OU-ES-TU ? REPONDS !

Je te trouverai. Je le dois. Confusion. Confusion. Confusion. Une certitude. Oui, je sais.

Et il n'est pas trop tard.