Chapitre XII :

Trois jours s'étaient écoulés depuis que Reggie et Paul avaient su qu'Aurore était enceinte. C'était le week-end et Paul regardait un reportage à la télévision d'un air désintéressé alors qu'il écouta son grand frère d'une oreille discrète parler au téléphone avec leur mère.

« Mais bien sûr qu'on viendra maman. »

D'après les mots que Reggie employait, le cadet conclut qu'il confirmait leurs venues à l'anniversaire de mariage qui sera célébré dans dix jours.

« Et puis Paul va ramener sa copine, cela ne dérange pas ? »

Le cadet écarquilla ses yeux sous la surprise alors qu'il leva rapidement afin de rejoindre son grand frère, qui était toujours au téléphone. Il avait dit quoi, là ?

« Ne l'écoute pas maman, ce n'est pas ma copine ! » Cria-t-il auprès du combiné, en espérant qu'elle l'avait entendu malgré le petit rire railleur de son grand frère.

« Je crois que Paul a envie de te parler. Je te rappellerai plus tard maman. »

Reggie passa le combiné à son petit frère, toujours accroché à son bras depuis qu'il avait quitté le canapé. Le cadet lâcha le bras de son Reggie, soupira tout en imaginant les réactions de sa mère depuis qu'elle croit qu'il était en couple.

« Bonjour maman. »

Il comprenait au son de sa voix qu'elle avait l'air heureuse et qu'elle était contente qu'il puisse venir à sa fête. Elle lui demandait comment il allait puis dans un mensonge presque parfait lui répondit qu'il allait très bien alors que ses pensées tournèrent vers son récent licenciement. Il n'oserait pas lui dire...

« Alors, ta petite amie, comment est-elle ? »

« Maman, ce n'est pas ma petite amie... »

Paul visualisa bien sa mère en train de sourire derrière son téléphone, prête à poser mille et une questions.

« Tu l'emmènes avec toi à la réception. Je veux la voir. »

Tiens, cela sonnait comme un ordre. Sûrement en était-ce un, soupira le jeune homme en levant ses yeux en l'air. Elle ne changera jamais...

« Si bien sûr elle accepte. Je ne vais pas la forcer. »

«Est-ce que je dois comprendre qu'elle n'est pas encore au courant ? Tu ne lui as pas encore demandé ? Paul, ta timidité te jouera des tours. »

Le jeune homme rougit. Mais bien sûr que si, il lui avait déjà demandé. Bon d'accord, ce n'était qu'indirectement et par l'intermédiaire de Reggie, mais c'était tout comme...

« Si elle sait. » Répondit-il rapidement alors qu'il sentit son visage se colorer une nouvelle fois.

Il entendit un petit rire qui venait de la cuisine, le rendant encore plus mal-à-l'aise. Il se tourna vers l'encadrement de la cuisine où il vit les yeux rieurs de son grand frère, qui semblait profiter de le voir se soumettre à une interrogation digne de ce nom dans un gêne inouï. Ouais, il adorait se moquer de lui lorsqu'il s'agissait des filles. Et puis quoi, ce n'était pas de sa faute s'il avait dû mal avec les relations. Il soupira discrètement alors que la voix de sa mère résonna dans son oreille.

« Elle s'appelle comment ? »

Paul passa sa main dans ses cheveux détachés qui arrivaient au-dessous de ses épaules, alors qu'il sentit le regard insistant de son grand frère sur son dos. Il ne pouvait pas faire autre chose que de l'observer ? Il n'était pas une bête de foire et encore moins un cas scientifique bizarre à étudier...

« Aurore. »

Il entendit sa mère répéter le nom dans une joie non dissimilée, mais dans quoi il s'était encore fourré ? C'était sûr, sa chère maman pensait qu'il était en couple avec elle, où du moins qu'elle aimerait que cela se passe...Ah les mères !

Il tourna de nouveau vers son frère qui s'amusait bien de le voir se ridiculiser au téléphone. Le jeune homme le fit signe de bouger.

« Putain dégages Reggie, retourne à tes occupations ! » Chuchota-t-il en mettant sa main sur le combiné, espérant que sa mère ne l'ait pas entendu.

« Paul ? Tu es toujours là ? »

« Oui maman. »

Le combiné toujours à son oreille, il tenta de se retourner de nouveau vers la cuisine puis pesta intérieurement contre son grand frère et son regard moqueur qu'il faisait si bien.

« Alors, elle est comment ? »

La voix enjouée résonna de nouveau dans l'oreille de Paul, qui le fit lever une nouvelle fois ses yeux en l'air. Elle avait décidé de ne pas le lâcher avec cette foutue question pensa-t-il dans un petit soupir à la fois amusé et gêné.

« Maman ! S'il te plaît... »

« Bon d'accord j'arrête. Je réserve une place pour Aurore dans ce cas. Elle va accepter. »

Comment elle pouvait en être sûre qu'Aurore voudra venir ? Sa mère et son étonnant optimiste, à elle aussi cela va jouer des tours, songea-t-il ironiquement.

« Bien, j'ai hâte de la connaître. Paul je dois interrompre la conversation, j'ai encore plein de choses à faire. »

« D'accord. »

« Je te dis à bientôt, je t'aime fort fort fort. »

Paul se retint de soupirer, qu'est-ce qu'il détestait quand sa mère lui disait cela. Elle ne pouvait pas se contenter de dire « À bientôt » ? Non, les mères en générale ne se sont pas comme cela. Et la sienne pouvait en faire toujours trop quand il s'agissait d'amour.

« Ouais, moi aussi. » Souffla-t-il doucement avant de raccrocher.

Il se retourna vers le rire moqueur appartenant à Reggie, qui celui-ci était plié en deux, les larmes aux bords des yeux.

«Reggie, je te hais ! »

Le jeune homme s'avança vers lui, les bras bougeant dans tous les sens afin de manifester son exaspération envers les plans foireux de son frère qui le mettaient toujours dans l'embarras.

« Pourquoi il a fallu que tu lui en parles ? »

Reggie rigola encore, tout en se contenant un nouveau fou rire qui le prenait subitement, les bras entourant son ventre. Le cadet soupira, las, face au comportement de son grand frère. Heureusement qu'Aurore n'était pas présente et qu'elle se reposait dans la chambre.

« Mais j'adore te voir comme ça. Il fallait trop que je le fasse... » Déclara-t-il entre deux fous rires avant de se calmer peu à peu, « Je vais finir par croire que mon petit frère à le béguin pour la jolie petite Aurore. »

Le visage de Paul s'empourpra, décidant de se reposer sur le canapé, afin de cacher cette chaleur qui montait à ses joues à son frère pour éviter une nouvelle raillerie.

« N-non, c-ce n'est pas vrai. A-arrête de dire n'importe quoi.» Riposta-t-il tout en pivotant sa tête légèrement vers lui, extrêmement gêné.

Il ne fallait plus qu'il l'écoute. Il fallait juste se concentrer sur ce qui se passait à la télévision et oublier la présence de son frère. Cela va être difficile. Un petit rire résonna dans la cuisine faisant encore soupirer grassement le cadet. Très difficile...

OOOOO

Les yeux rivés sur le plafond, Aurore était réveillée de sa petite sieste depuis quelques minutes. Elle pensait à l'invitation que Paul lui avait proposée la veille, même si c'était un peu forcé par l'aîné. Elle sourit en pensant que si Reggie n'avait pas mentionné et insisté le nom de cadet pour sous-entendre que son petit frère aurait peut-être envie qu'elle vienne à l'anniversaire de mariage de leurs parents, Paul ne l'aurait sans doute pas demandé avant un bon moment voire jamais. Elle ne voulait pas forcer Paul à l'inviter à cette fête. Après tout, comme elle l'avait dit la veille aux deux frères, elle n'était pas censée être là-bas. Elle soupira, faisant le pour et le contre afin de pouvoir trouver la réponse. Si elle acceptait, il faudrait lui acheter une tenue et elle ne voulait pas que les deux frères puisse dépenser leurs sous pour elle. Elle maudissait son fiancé d'avoir réussi à bloquer ses comptes et d'être impuissante face à lui. Elle toucha délicatement son ventre en pensant que l'être qui était dedans était l'enfant de Ludovic. Malgré sa situation, elle envisageait de plus en plus de le garder. Certes elle n'avait pas de travail, elle vivait temporairement chez Paul et Reggie puis elle semblait faucher. Elle soupira grassement en comprenant que ce n'était pas la situation adéquate pour élever un enfant et subvenir à ses besoins. Elle espérait qu'elle trouvera un travail avant sa venue au monde et qu'elle puisse enfin savourer les joies d'être mère loin de Ludovic. Si par malheur il découvrirait que cet enfant serait le sien, il n'hésiterait sûrement pas à servir de ce dernier pour la ramener et la forcer à rester avec lui.

Elle décida de se lever, essayant de dissiper ses idées noires puis remit ses cheveux en place à la va-vite avant de sortir de la chambre. Elle percuta soudainement quelque chose de dur avant de voir du linge propre s'étaler par terre par la même occasion le regard surpris de Paul. Elle réussit à se retenir au mur avant de poser une nouvelle fois ses orbes bleus sur lui.

« Excuse-moi. » Dirent-ils en même temps.

Ils se regardèrent dans les yeux durant quelques secondes avant de détourner leurs regards, embarrassés. Le jeune homme se baissa pour ramasser les vêtements alors que l'invitée fit de même. Silencieusement ils se levèrent puis la jeune femme lui proposa de l'aider à ramener le linge propre. Paul acquiesça, encore trop prit à dépourvu pour refuser sa demande. Il rentra dans sa chambre, suivit de la jeune femme puis ils déposèrent sur la commode au fond de la pièce, auprès de la fenêtre. La jeune femme replia quelques vêtements défaits dû à la bousculade. Elle se stoppa soudainement voyant un rouge-gorge survolé un buisson par la fenêtre alors que le jeune homme l'observa discrètement.

« J'ai envie de sortir. » Déclara-t-elle soudainement tandis qu'elle observait toujours l'oiseau qui s'envolait dans le ciel bleu.

Paul pivota sa tête vers elle, tout en arrêtant de ranger ses affaires. Il suivit son regard où il aperçut plusieurs oiseaux sur une branche d'un arbre. Cela faisait plusieurs jours qu'elle était enfermée dans cette maisonnette, elle commençait en avoir marre, Paul la comprenait... Lui aussi il avait envie de sortir, mais il ne savait pas où aller. Depuis son licenciement, il ne pensait qu'à trouver un nouveau travail.

« Ouais moi aussi. » Avoua-t-il « Faut que je trouve une tenue pour l'anniversaire de mariage. » Soupira-t-il, las.

La jeune femme posa son regard sur le jeune homme qui regardait encore le paysage. Est-ce qu'il lui proposait implicitement d'aller avec lui pour trouver cette fameuse tenue ? Paul qui lui demande de faire du shopping, on aura tout vu pensa Aurore en souriant. Sûrement qu'elle devait imaginer des choses, il n'osera jamais lui demander quoi que ce soit songea de nouveau la jeune femme, perdue dans sa réflexion. Elle avait senti dans sa voix qu'il n'avait pas l'envie de faire des magasins pour trouver quelque chose qui mettra sans doute pas souvent.

« Regarde dans tes affaires, ça va t'éviter d'acheter d'autres vêtements. »

La jeune fille jeta un coup d'œil sur les quelques vêtements qui n'étaient pas encore ranger alors que Paul observa ce qu'elle faisait. Elle n'allait tout de même pas le relooker, si ? Il restait deux chemises, un jean et trois tee-shirts.

« Et si tu mettais ça ? Avec un pantalon noir classe ? » Proposa-t-elle en montrant la chemise mauve.

« Non. »

« Ou bien avec ce haut avec une chemise blanche ? » Montra-t-elle un haut noir simple au jeune homme.

« Trop basique. »

La chevelue bleue proposa encore quelques tenues où le jeune homme refusait toujours. Paul avait encore du mal à croire qu'il parlait fringues avec cette jeune femme. Vraiment avec elle, tout pouvait arriver. Bon d'accord, faut reconnaître qu'il ne faisait que refuser les tenues proposées par Aurore, mais c'était comme s'ils parlaient de vêtements, non ? Il entendit la jeune femme soupirer et vite un petit sourire se dessiner sur ses lèvres.

« Je ne te pensais pas si compliqué en fringues. »

Le jeune homme ouvrit la bouche pour répliquer mais aucun mot ne vint. Il la ferma tout en décidant de continuer à ranger ses vêtements dans la commode. Il n'était pas compliqué en fringues, c'était juste qu'il voulait être parfait pour ce jour spécial songea-t-il alors qu'il savait au fond de lui qu'Aurore n'avait pas totalement tort. Il était compliqué en fringues et il n'assumait pas. Jamais il ne le dirait tout haut devant elle.

« Bon bah finalement tu feras les magasins. » Déclara-t-elle dans un petit sourire moqueur.

À ces mots, Paul pensa soudainement à sa mère qui voulait à tout prix que son fils cadet ramène Aurore à la fête. Il mordilla sa lèvre, un peu gêné à ce qu'il s'apprêtait à faire. C'était le genre de chose qu'il fallait mettre dans un mémorial pensa-t-il sarcastiquement.

« Euh... je voulais savoir... » Commença-t-il, embarrassé.

La jeune femme posa ses yeux bleus sur lui, attentive à ce qu'il allait dire. Qu'est-ce qu'il se sentait gêné remarqua-t-elle. Le jeune homme détourna son regard durant quelques secondes avant de continuer alors que la voix de sa mère résonna dans sa tête lui reprochant d'être trop timide. Elle avait tellement raison dans le fond...

« Est-ce tu viens ? Enfin... »

Il s'interrompit, se pestant contre sa foutu timidité et son manque de mots, alors qu'il lisait une incompréhension sur le visage de la jeune femme.

« Pour l'anniversaire de mariage, tu veux venir ? »

Il avait enfin réussit à dire ces foutus mots. Paul sentit une chaleur l'envahir, alors qu'il n'osait pas rencontrer le regard de la jeune femme. Cette dernière resta silencieuse. Est-ce que cela signifiait qu'elle ne voulait pas ? Une envie de soupirer lui prit alors qu'il se retint. C'était trop stupide de lui demander pesta-t-il intérieurement.

« Euh... c'est que je veux pas que vous dépensez de l'argent pour m'acheter une tenue. » Avoua-t-elle, les joues rouges par cette inattendue demande.

Le jeune homme posa de nouveau son regard sur Aurore et remarqua qu'elle semblait embarrassée. Il soupira discrètement, soulagé par ce silence brisé. Ce n'était pas qu'il n'avait plus de travail qu'il ne pouvait pas encore lui acheter quelque chose. Puis il en était sûr que Reggie allait insister s'il la jeune femme refuserait de venir. En plus, leur mère avait déjà réservé une autre place, rien que pour elle. Il fallait qu'elle vienne, à point c'est tout.

« Une robe ne doit pas être si chère que ça... »

Le jeune homme ferma le tiroir après ses mots et tourna sa tête légèrement vers elle pour voir sa réaction. Il aperçut ses joues légèrement roses alors que son débit cardiaque s'accéléra soudainement.

Aurore se tourna vers lui dans un petit sourire timide. Est-ce qu'il l'imaginait dans une robe ? Rien qu'à cette pensée, elle sentit le rouge monter une nouvelle fois à ses joues. Cela faisait tellement longtemps qu'elle n'avait pas porté de robe...

« Mais toi, tu dois déjà acheter ta tenue. »

Paul leva ses yeux en l'air. Elle ne lâchait pas l'affaire, bon sang ! Pourquoi toutes les rares femmes qu'il connaissait étaient obstinées ?

« Ma mère a déjà réservé un couvert en plus. » Avoua-t-il en passant sa main sur sa nuque.

Cela lui fit bizarre de parler de parler de sa mère à Aurore. Mais c'était le dernier argument qu'il pouvait dire afin de la persuader de venir.

« Tu as parlé de moi à ta mère ? » S'étonna-t-elle

« C'est à cause de Reggie... » Marmonna-t-il alors qu'il se rappela du fou rire de l'aîné.

Il vit la jeune fille sourire, alors qu'elle acquiesça simplement face à la réponse du jeune homme.

« Bon bah, je n'ai plus trop le choix. J'accepte. »

Le cœur de Paul rata un battement. Elle accepte... Le jeune homme avait l'impression qu'elle se sentait obligée et cela le dérangeait.Comme si elle avait lu dans ses pensées, Aurore le rassura que rien ne la forçait et qu'elle avait pris le temps de réfléchir la veille ainsi que durant la matinée et que seule à elle appartenait la décision.

« Et puis cela me fera sortir un peu plus. » Argumenta-t-elle encore avant d'apercevoir que le jeune homme se sentait plus apaisé.

C'est fou à quel point le changement de situation était flagrant. Au début c'était Paul qui essayait de la rassurer pour qu'elle vienne, et maintenant c'était Aurore qui le rassurait sur sa décision.

Ils sortirent de la chambre, descendirent les escaliers plus rejoignirent Reggie, qui venait de raccrocher.

« J'ai eu Mélina, elle va venir dans une heure... » Déclara-t-il alors qu'il fit un soudain sourire forcé en regardant son petit frère.

Paul soupira en comprenant à ce sourire forcé, qu'il demandait silencieusement un service. Après tout ce qu'il lui avait subir tout à l'heure, le cadet n'avait pas envie de faire quoi que ce soit pour lui. Aurore observa l'échange visuel et se demanda intérieurement qui pouvait être cette fameuse Mélina.

« Toute façon, on pensait sortir. » Lâcha, vaincu alors que Reggie sourit franchement tout en lui disant que c'était une très bonne idée.

Ouais, une bonne idée pour lui, pensa Paul dans un soupir discret alors que l'aîné tourna vers la jeune femme qui essayait de comprendre leur conversation.

« Vous allez où ? »

« On va faire les magasins. » Répondit en souriant la jeune femme.

L'aîné posa son regard sur son petit frère d'un air moqueur alors que ce dernier lui jeta un regard qui en disait long. Il disait une seule critique et Paul était prêt à ne plus sortir afin de casser l'ambiance avec Mélina.

« Bien. Tu as tout ce qui faut Paul ? Je peux toujours passer mon chéquier ou de l'arg.. »

Reggie n'avait pas eu le temps de finir sa phrase que le cadet l'interrompit d'un « non » catégorique faisant comprendre à l'aîné qu'il ne voulait en aucun cas son argent et encore moins de sa petite pitié. Reggie pensait que Paul prendrait cela comme de la pitié, mais ce n'était pas vraiment le cas. Il était son grand frère et il voulait juste un peu l'aider. Et puis quoi, s'il voulait participer aux frais, il le ferait. Il soupira, prit le sac de son petit frère pas loin de là, alors qu'il le vit se préparer tout comme Aurore. Vérifiant que personne ne le remarquait, Reggie glissa quelques billets dans le portefeuille de son frère ainsi qu'un chèque signé et plié soigneusement dans la sacoche. Il conseilla à la jeune femme de profiter de cette viré shopping de prendre quelques affaires afin qu'elle puisque s'habiller convenablement durant son séjour dans leur maison, sachant qu'elle avait très peu de vêtements. Elle refusa subitement mais fut vite convaincu par le cadet avec l'appui de son grand frère. Celui-ci sourit, victorieux alors qu'il passa la fameuse sacoche à son frère avant de saluer ce dernier et Aurore.

« Sois bien sage Paul ! » S'exclama Reggie alors qu'il vit le concerné pivoter sa tête dans un regard noir accompagné d'un doigt d'honneur sous un petit rire de la jeune femme.

Le jeune homme ferma le portail, puis continua son chemin, Aurore sur les talons.

« J'ai remarqué que Reggie aime bien te dire ça. »

« Ouais et il ne risque pas de s'arrêter... »

Les deux jeunes gens tournèrent dans une autre rue alors que le soleil brillait, haut dans le ciel, de ses jolis rayons. Aurore sorti ses lunettes de soleil de son petit sac.

« Et pourquoi il te dit d'être bien sage ? C'est un de ses délires ? »

« Ouais entre autres... »

Il sentit ses joues se chauffer doucement alors qu'il fixa son regard en face de lui. Pour Reggie c'était plus qu'un délire. Depuis qu'ils étaient adolescents, il avait toujours dit cela malgré ses protestations. Le jeune homme soupira discrètement alors qu'il décida de répondre complètement à la question de son invitée.

« En fait, il dit toujours ça quand je suis en compagnie d'une fille. » Avoua-t-il, gêné.

Ils s'arrêtèrent à un passage piéton avant de le traverser quelques secondes plus tard puis le jeune homme s'immobilisa à quelques mètres plus loin sous un abribus. La jeune femme l'imita observant les véhicules rouler sur la route en face d'elle. À la réponse du jeune homme, Aurore ne peut s'empêcher de penser que Reggie pouvait être un vrai enquiquineur de première classe quand il s'agissait de son petit frère alors qu'elle rougit malgré elle, discrètement, sans trop savoir pourquoi. Quelques instants plus tard, un bus arriva au coin de la rue faisant soupirer de soulagement certains passagers qui attendaient patiemment depuis un certain temps ce fameux bus. Arrivé devant le conducteur, Paul demanda deux tickets avant de sortir quelques pièces qu'il avait mis dans sa poche de pantalon en improvise avant de quitter la maison. Après cela, il passa un des ticket à la jeune femme tout en prenant sa monnaie. Ils validèrent leurs tickets de transport, traversèrent le petit couloir du bus en sentant le véhicule redémarrer puis trouvèrent des places au fond, dans un coin.

« Pourquoi on n'est pas parti en voiture ? »

Le jeune homme posa regard sur la chevelue bleue, en pensant qu'elle pouvait être une bonne observatrice.

« C'est qu'au centre commercial, le parking est toujours complet le samedi après-midi. »

La jeune femme sourit en comprenant qu'il avait vécu ce genre de chose et qu'il avait décidé de ne plus prendre son véhicule pour aller au centre commercial le week-end. Depuis ce bref échange, ils restèrent silencieux, chacun dans leurs pensées alors que le bus accéléra peu à peu avant de s'arrêter dans un freinage trop brusque, faisant bousculer les passagers. Paul et Aurore, malgré qu'ils étaient assis, ont dû se retenir aux sièges de devant sous un râlement du jeune homme. La jeune femme soupira tout en mettant sa main sur son ventre inconsciemment tandis que Paul le vit, s'inquiétant malgré lui.

« Est-ce que ça va ? »

La jeune femme pivota sa tête vers lui où elle aperçut ses deux orbes noirs fixés son ventre à peine arrondi alors que sa main était toujours dessus.

« Oui. J'ai juste eu peur sur le coup. »

Paul acquiesça puis l'informa qu'ils descendront à la prochaine station tout en appuyant sur le bouton d'arrêt. Le bus se stoppa à un abribus où les deux jeunes gens mirent enfin le pied à terre dans une petite foule de passagers qui la plupart venaient pour la même raison qu'eux : aller au centre commercial. En voyant Paul s'éloigner un peu plus d'elle, la jeune femme réussit à prendre son bras tout en le sentant se raidir subitement à ce contact. Mais qu'est-ce qu'elle faisait ? Le jeune homme tourna sa tête vers elle, les joues rosies.

« Attends, je vais te perdre sinon. »

Paul ralentit le pas, sentant toujours la petite main accrochée à son bras, n'osant pas défaire ce contact inattendu alors que les deux jeunes gens réussirent à sortir de la foule. Elle boitait encore un peu et lui qu'est-ce qu'il faisait, il s'éloignait d'elle sans mégarde. Paul pesta silencieusement contre son individualiste permanent alors qu'il soupira mal-à-l'aise face à ce rapprochement. Ils arrivèrent devant les grandes portes du centre commercial faisant accélérer le pas de la jeune femme emmenant Paul dans sa marche folle, toujours bras dessus bras dessous. Elle était rapide pour une boiteuse pensa ironiquement Paul alors qu'il se disait au fond de lui que les boutiques rendaient les filles capable de tout.

« Ça fait tellement longtemps que je ne suis pas partie dans un centre commercial ! »

Paul aurait juré de voir des étoiles dans les yeux de la jeune femme tellement cela brillaient. Le jeune homme sentit qu'Aurore venait de le lâcher prise alors qu'elle observait les lieux dans un grand sourire. Elle observa de ses grands yeux les divers magasins ainsi que les escalators qui menèrent aux étages supérieurs puis dans une envie subite, elle prit la main de Paul dans la sienne l'embarquant dans le premier escalator dans une joie folle. Le jeune homme soupira de son comportement typique d'accroc au shopping avant de rougir en sentant la chaleur qu'émettait sa petite main au creux de sa paume. Dans un hasard total, Aurore s'arrêta devant une boutique de vêtements pour homme.

« T'aime bien cette boutique ? »

« Euh...ouais, parfois j'achète des fringues là. » Répondit-il toujours mal-à-l'aise en sentant encore sa main dans la sienne.

Elle tira son bras, emmenant le jeune homme malgré lui dans la boutique, puis une fois arrivé en plein rayon, elle lâcha enfin la main. Elle partit voir des chemises alors que Paul, se remettait à peine. S'il avait su, jamais il aurait emmené la jeune femme avec lui au centre commercial... Il soupira de soulagement en sentant la chaleur dans sa paume s'évaporer petit à petit tandis qu'il vit la jeune femme venir vers lui avec deux chemises. L'une en bleu marine, l'autre en verte pâle. Elle posa alternativement les deux vêtements sur le torse du jeune homme, qui commençait réellement à regretter d'être laissé emporter par cette fille, qui avait décidé de lui trouver sa tenue au lieu de la sienne.

« Tu ne vas pas recommencer... » Souffla-t-il, exaspéré.

Il la vit sourire alors qu'elle lui demandait si une des chemises lui plaisait. Il répondit d'une réponse vague qu'il n'aimait pas spécialement le vert pâle, sans avoir eu un coup cœur pour la chemise bleu marine. Elle fronça les sourcils en disant que le bleu marine lui allait bien, le faisant soupirer une nouvelle fois.

« Et si tu mettais une veste ? Ça ne ferait pas trop ? » Demanda-t-elle après avoir posé les chemises.

Il leva ses yeux en l'air, avant de lui dire qu'effectivement cela fera peut-être trop. Ils sortirent de la boutique tout en en se dirigeant vers une autre à quelques mètres de là. C'était une boutique mixte. Paul regardait quelques vêtements dans son rayon alors qu'il vit la jeune femme partir vers le rayon féminin. Il l'observa discrètement derrière un porte-cintre rempli de pantalons en tout genre. Toujours le regard fixé sur la jeune femme qui s'était arrêté devant un ensemble de robes, il vit son petit air concentré sur son visage, ainsi qu'un petit sourire se former sur sa peau pâle avant d'apercevoir un pincement de lèvres roses faisant froncés légèrement les sourcils du jeune homme. Il semblerait qu'elle avait vu quelque chose qui la gênait. S'il continuait à l'observer la moindre expression de son visage, Paul va finir par se demander s'il n'avait pas un problème. Il regarda autour de lui et soupira de soulagement qu'aucun client ne l'avait vu épier la jeune femme comme un psychopathe. Parce qu'à ce moment-là, il s'avoua qu'il s'était comparé à un psychopathe pervers en regardant intensément la jeune femme, en plus, caché afin qu'elle ne puisse pas l'apercevoir. Oui, un psychopathe, c'était le bon mot. Il décida d'aller voir si elle avait trouvé quelque chose quand il fut subitement stopper dans son élan en entendant une conversation de plus déplaisante de deux adolescents en fin de période qui semblait avoir une maturité de gamin.

« Mais arrête, même pas cap que tu la dragues. »

Paul observa les deux jeunes hommes avant de comprendre qu'ils parlaient bel et bien d'Aurore. Mais ce n'est pas vrai, encore des gens qui parlaient sur elle pensa-t-il amèrement alors qu'un souvenir lui vint en mémoire : celui du gars du magasin de l'air de repos. Il s'approcha furtivement vers eux, essayant d'écouter la suite de la conversation.

« Bien sûr que si ! Puis tu me diras c'est la plus bonne qu'il y a dans ce magasin... »

Bonne ? Il avait bien entendu là ? Ils prenaient Aurore pour un morceau de viande en fait. Paul serra sa mâchoire alors qu'il essaya de se calmer, mais impossible après avoir entendu ces mots-là. Il regarda aux alentours et compris qu'Aurore semblait être la plus jeune de la clientèle. Faut aussi dire qu'il n'y avait pas beaucoup clients, ce qui était rare pour un samedi.

« Ouais j'avoue. Mais bon, tu as vu ses seins, c'est à peine si on les voit... »

Paul passa sa main sur son visage, de plus en plus énervé par ces deux gars en manque de sexe. N'en pouvant plus d'entendre ses paroles qui devenaient de plus en plus obscènes, il s'approcha d'eux dans un grand raclement de gorge, ce qui fit tourner les têtes des deux inconnus vers lui.

« Un problème avec cette fille ? » Articula-il doucement alors que la colère se lisait dans son regard.

Il comprit aux regards effrayés et aux gestes maladroits des deux jeunes que son regard meurtrier et son aura avaient fait un grand effet.

« Euh... n-non. » Répondit l'un des deux en passant sa main dans ses cheveux blonds, très mal-à-l'aise.

Un autre froncement sourcils de Paul fit immobiliser le second jeune, qui dans une hésitation essaya de le calmer.

« On ne voulait pas faire de mal à ta copine, hein... c'était juste euh... »

Paul arqua son sourcil épais. Sa copine ? Il râla discrètement en se disant intérieurement que tout le monde croyait cela.

« C'était juste quoi ? » Haussa-t-il un peu la voix avant de vérifier que la jeune femme était toujours concentrée sur ce qu'elle faisait.

Il vit les deux jeunes s'enfermer dans un mutisme le faisant soupirer grassement. Il en avait marre de parler avec eux.

« Dégagez. Je ne veux plus vous voir. » Ordonna-t-il froidement après avoir serré une nouvelle fois sa mâchoire tandis qu'il les vit déguerpir rapidement du magasin.

Il lâcha un grand soupir gras décidant de rejoindre la jeune femme. En voyant les deux jeunes parler d'elle de la sorte, il s'était sentit obliger de fermer leurs clapets rapidement. Il ne pouvait plus supporter leur conversation indécent et s'était délecter de les voir se chercher des excuses, ainsi voir leur regards apeurés et troublés. Ils ne l'avait pas vu venir, et sur le moment Paul avait eu envie de leur envoyer son poing dans leurs figures vicieuses. Arrivé à sa hauteur, il remarqua qu'elle avait une robe portée sur son bras, alors qu'elle lui demanda s'il avait trouvé quelque chose. Il s'insulta mentalement en pensant qu'il avait à peine fouillé dans le rayon alors qu'il lui répondit qu'il n'avait pas encore tout regarder. Elle acquiesça puis elle lui demanda de la prévenir quand il aura terminé de chercher afin d'aller aux cabines d'essayages. Quelques instants plus tard, après avoir regardé les diverses chemises, les hauts ainsi que les pantalons, Paul revint vers la jeune femme les mains vides. Ils se dirigèrent vers les cabines d'essayages, où ils virent une cliente rendre un vêtement essayé à une vendeuse. Aurore s'approcha de cette dernière en souriant, alors que la salariée lui demanda combien d'article elle avait. Aurore lui répondit qu'elle avait que la robe et reçu une petite pancarte où le chiffre « 1 » était inscrit au milieu sur un fond rouge avant de rentrer dans une des cabines vides.

Pendant qu'Aurore se changeait dans la cabine, la vendeuse proposa au jeune homme de s'asseoir sur l'un des poufs. Il acquiesça tout en s'installant alors qu'il repensa à la conversation des deux adolescents, le faisant froncer de nouveau les sourcils. D'accord, ils avaient peut-être raison sur le fait qu'elle n'avait pas beaucoup de poitrine, et alors ? Était-ce la faute de la jeune femme ? Paul rougit brièvement en comprenant qu'il était en train de penser au tour de poitrine d'Aurore le faisant détourner le regard du rideau où cachait derrière la jeune femme. En plus elle se changeait à deux mètres de lui, cela ne l'aidait pas !

Il soupira en se rappelant des mots que les deux jeunes avaient employé pour qualifier Aurore. Ah les jeunes, ils ne pensaient qu'à cela... Puis elle n'était pas bonne, comme ils le disaient si bien, elle était, se l'avoua-t-il silencieusement, mignonne. Il sentit une chaleur l'envahir en réalisant ce qu'il venait de penser de la jeune femme. Ouais, il la trouvait...

« Voilà. J'espère que ce n'est pas trop court...» Réagit Aurore en n'ouvrant brusquement les rideaux, faisant pour la même occasion interrompre l'enchaînement de pensées du jeune homme.

Jolie. Elle était jolie dans cette ample robe beige qui lui arrivait aux genoux. Il sentit ses joues se chauffer alors qu'il essaya de dire quelque chose.

« N-non. C-ce n'est pas trop court. » Articula-t-il difficilement alors qu'il déglutit durement après ces mots.

« Ah tu trouves ? Je ne veux pas faire mauvaise impression, déjà que personne ne me connaît... »

Paul la vit tournoyer devant le miroir tout en baissant légèrement la tête vers ses jambes. Elle semblait vérifier quelque chose... Un petit sourire se dessina sur ses lèvres alors que le jeune homme essaya de comprendre l'origine de ce soudain sourire. Il baissa son regard au niveau des jambes nues de la jeune femme et comprit qu'elle était contente que ses bleus aient disparu. Il sourit doucement et discrètement sachant qu'elle se sentait plus légère. Le souvenir des coups de Ludovic étaient enfin évanouis.

« Je ne sais pas si je la prends. »

Paul la détailla de la tête aux pieds, pas très discret alors qu'il sentit les orbes bleus de la jeune femme sur lui. Il croisa son regard alors que soudainement ses joues se colorèrent. Elle devait se demander ce qu'il faisait à la reluquer comme cela...

« Elle te va bien. » Avoua-t-il timidement avant de poursuivre « Et puis, si ton ventre grossit encore un peu, tu peux toujours le dissimiler avec cette robe. »

Paul se sentit de plus en plus gêné. Pourquoi avait-il dit cela ? Elle va croire que si elle grossissait elle deviendrait moche. Il soupira tout en passant sa main dans sa nuque, alors qu'il vit un sourire s'afficher sur les lèvres rosées de la jeune femme.

« J'ai pensé comme toi quand je l'ai pris. Comme ça personne ne me demandera si je suis enceinte... »

Paul posa son regard sur la jeune femme, qui semblait triturer ses doigts, les yeux baissés alors qu'il l'entendit soupirer. Qu'est-ce qui n'allait pas ? Pourquoi son sourire s'était envolé ? Peut-être le fait de penser que le bébé qu'elle porte reliait à jamais à Ludovic... Il mordilla sa lèvre, espérant calmer sa soudaine colère face à homme sans scrupule.

« Qu'est-ce qui se passe ? »

Elle montra l'étiquette tout en lui disant qu'elle s'en voulait de ne pas pouvoir payer cette robe et de l'obliger à dépenser à sa place. Paul s'avança vers elle, lui rassurant qu'il pouvait très bien payer vingt-cinq euros avant de tirer le rideau en lui ordonnant de se changer rapidement afin qu'ils puissent passer à la caisse. Paul se rassit sur son pouf, tout en soupirant de soulagement, elle avait peut-être une petite poitrine, mais elle avait de très belles jambes...

Arrivé devant la caisse, Aurore passa l'article à la vendeuse afin de retirer l'antivol et de passer le code barre devant sa machine. Au moment où elle indiqua le prix, Paul écarquilla ses yeux en voyant les billets dans son portefeuille. Il ne se souvint pas d'avoir eu autant de billets... Il arqua un sourcil en se disant qu'il ne se rappelait simplement plus d'avoir tiré autant d'argent auprès d'un distributeur puis passa la somme exacte à la caissière. Lorsqu'il rangea son porte-monnaie dans sa sacoche laissant la jeune femme prendre le sac plastique où il y avait sa nouvelle robe, il marmonna un « je vais tuer Reggie » en apercevant le chèque.

« Est-ce que tout va bien ? »

Pour seule réponse, le jeune homme montra le chèque alors qu'il venait de sortir du magasin. Là, maintenant, il avait envie de rentrer et casser l'ambiance de son grand frère, puisqu'il était avec Mélina...

« Bah, qu'est-ce qu'il a ce chèque ? »

« C'est à mon frère. Et j'en suis sûr que c'est lui qui a rajouté des billets dans mon portefeuille. »

Aurore sourit. Reggie était très fort quand il s'agissait de payer à la place du cadet. Ce dernier devait se demander pourquoi il faisait autant pensa la jeune femme.

« Faut pas lui en vouloir. » Déclara-t-elle simplement.

Ne pas lui en vouloir, c'était plus facile à dire qu'à faire. Paul soupira grassement en lui avouant qu'il en avait marre que son frère fasse ce genre de chose alors qu'il la vit sourire une nouvelle fois.

« En fait... Je me demandais depuis tout à l'heure... » Commença-t-elle avant de suspendre sa phrase.

« Oui ? »

« C'est qui Mélina ? »

Dans un sourire presque narquois, Paul était fière de répondre à sa question.

« C'est la copine de Reggie. »

Il l'entendit dire un « ah d'accord ! » avant de la voir s'arrêter devant une vitrine d'un magasin de vêtements. Paul suivit son regard, remarquant silencieusement que c'était une boutique pour gars.

« Cette tenue t'irait bien ! » Montra-t-elle à l'aide de son index vers un mannequin.

Il craignait le pire... Elle ne va pas encore l'embarquer dans les rayons espéra le jeune homme alors qu'il sentit la petite main chaude d'Aurore dans la sienne avant d'être de nouveau tirer vers l'entrée du magasin dans un soupir las. Et c'est reparti !