J'espère avoir corrigé toutes les fautes,d 'avance pardon si il en reste. Voici l'avant-dernier chapitre. Le prochain sera une sorte de conclusion le soir du 31 décembre, pour terminer l'année. L'épilogue racontera ce que les couples sont devenus dans les années suivantes. Bonne lecture.
Novembre 1979
Bella & Edward
Vendredi 2 Novembre
Son départ pour Las Vegas était prévu le lendemain matin et Edward avait proposé de passer la nuit dans leur chambre du Chelsea Hotel. Bella avait aussitôt acceptée, impatiente de s'isoler avec son fiancé et ainsi ne plus pouvoir être jointe au téléphone par ses futurs beaux-parents.
Entre ses cours à l'université et les préparatifs pour le mariage, la jeune femme se sentait stressée et savait que ça n'allait qu'empirer jusqu'au 24 mai prochain, date choisie pour la cérémonie du mariage.
Elle ne regrettait pas d'avoir accepté, Edward était sur un petit nuage depuis, elle n'avait jamais cru qu'elle pourrait le rendre aussi heureux. Étonnamment, elle était rassurée de savoir que sa vie ne serait pas solitaire, qu'un homme merveilleux l'acceptait et l'aimait véritablement.
L'étudiante se serra contre Edward en arrivant dans la chambre 218. Elle n'était pas ravie de le voir partir pour Las Vegas pour trois jours. La compagnie pour laquelle il travaillait avait investi de l'argent pour un tout nouveau salon de l'informatique, le COMDEX, et Edward y accompagnait le responsable financier. C'était une chance pour lui, il était déjà apprécié par ses supérieurs et n'avait pas voulu refuser.
Lui-même appréhendait de passer ces trois jours sans sa fiancée. Chaque jour depuis leurs fiançailles, il lui avait fait un cadeau. Souvent des fleurs, petits et gros bouquets, quelques bijoux sans grande valeur, des vêtements chauds, de nouvelles chaussures, des dîners au restaurant, des soirées au cinéma, il l'avait gâté et elle l'avait laissé faire.
« J'ai quelque chose pour toi. » annonça-t-il en l'emmenant vers le lit.
« Je n'en doute pas. » se moqua-t-elle gentiment.
« Je voudrais que tu passes tout le weekend à l'hôtel et que tu passes du temps avec Christina. Fais les boutiques, allez voir un spectacle ou un concert. Tout ce que tu veux. »
Elle leva les yeux au ciel mais ne se plaignit pas.
« A une condition. » décida-t-elle.
« Je t'écoute. »
« Que ce soit le dernier de tes cadeaux avant… Noël je suppose. »
« Mais j'adore ça ! » se défendit Edward en souriant tendrement à sa fiancée.
« Je sais mais je t'ai dit que je n'ai pas besoin que tu me couvres de cadeaux. »
« Tu regrettes tes nouvelles bottes ? » ironisa-t-il.
Il se souvenait comme elle avait soupiré de bien-être en les enfilant la première fois. Elle en avait même parlé dans son sommeil quatre nuits de suite.
« Tu sais ce que je veux dire. »
« D'accord. Mais ce weekend, tu restes ici, d'accord ? » insista-t-il.
« Je crois que je préfère dormir chez ma tante. Cette chambre sans toi, ce n'est pas pareil. »
« Je comprends, je ressentirais pareil à ta place. Téléphone à ta tante pendant que je vais nous chercher à manger. »
Une fois l'appel passé et ses plans pour le weekend arrangé, Bella se déshabilla entièrement dans la salle de bain et sortit de son petit sac de voyage une nuisette de dentelle et de soie, bleu nuit. La vendeuse l'avait aidée à choisir et même si elle ne s'était pas sentie à l'aise en l'essayant, elle avait surmonté sa gêne.
Un soir qu'Edward était rentré épuisé et trempé, elle s'était précipité pour s'occuper de lui et ils avaient fini, tous les deux en sous-vêtements dans la salle de bain. Elle s'était étonnée qu'il ait malgré tout envie de faire l'amour. Il avait rigolé, assurant que rien ne pourrait lui ôter cette envie, pas même le froid, la fatigue ou des sous-vêtements des années quarante.
D'abord vexée, elle avait réalisé ensuite qu'Edward avait sûrement fréquenté des filles plus apprêtées, plus coquettes qu'elle. Elle avait eu envie, pour lui mais pour elle aussi, de se comporter un peu plus en adéquation avec son âge et son environnement. Après tout, elle ne vivait plus chez les Mormons.
De plus, leur passion s'émoussait un peu, si Edward avait souvent envie d'elle, leurs étreintes étaient souvent plus courtes, moins intenses. Elle le savait fatigué et stressé par sa nouvelle vie d'employé. Elle-même étudiait parfois tard le soir et ne cherchait pas toujours à jouir, aimant tout autant leur connexion charnelle. Pour autant, elle pensait qu'il fallait entretenir cette flamme de passion, et c'était aussi ce qui l'avait encouragée à oser la lingerie sexy.
Son initiative porta ses fruits. Dès qu'Edward ouvrit la porte de la chambre, il ne put rien dire, ni même bouger. Encouragée, Bella se leva du lit, quitta la pose lascive qu'elle avait répétée depuis plusieurs jours.
« Je n'ai pas très envie de manger. » déclara-t-elle en lui prenant la main.
Comme elle l'espérait, il lui fit l'amour avec impatience et passion, se déchaînant quand la pression était trop forte. Ils jouèrent ensuite, se firent jouir à tour de rôle. Ils dînèrent rapidement avant de retourner dans le lit. Pour une ultime fois, leur corps repus entamèrent une danse sensuelle, lente, qui les guida à un autre orgasme et les laissèrent épuisés.
« Je devrais être flatté d'être emmené à ce salon mais je n'ai pas envie de passer trois jours sans te voir. » soupira-t-il tout en la serrant contre lui.
« On va y arriver. Et puis, ça ne sera qu'une journée. Demain matin, nous nous verrons, et lundi je t'attendrai à la maison, peu importe l'heure. Tu vas tellement me manquer pourtant. »
Il sentit son cœur se gonfler de joie d'être ainsi aimé par la plus merveilleuse des femmes. Mais la souffrance de devoir partir à l'autre bout du pays était insupportable.
« Tu ne peux pas imaginer comme j'ai hâte de t'épouser. »
Il l'embrassa longuement, sentant monter en lui cette émotion si particulière qu'il n'avait jamais ressenti avec personne avant Bella.
Ils discutèrent ensuite, revinrent sur les dernières semaines, partageant leurs sentiments partagés quant aux décisions qui étaient prises par les parents d'Edward. Elle fut surprise d'apprendre que son fiancé n'avait pas spécialement envie de se marier religieusement. Il n'avait fait qu'acquiescer à sa mère parce qu'au bout du compte, il ne voulait que se marier avec Bella.
La jeune femme se confia enfin sur son enfance, sans plus rien cacher. Son père avait pris une seconde épouse quand elle avait eu huit ans. Sa mère n'avait hélas pas réussi à mener une autre grossesse à terme. Malgré tout, la polygamie était la règle dans leur communauté et l'accueil de la sœur épouse, Sue, n'avait pas étonné la fillette. Elle avait eu une demi-sœur, Leah, et un demi-frère, Seth. A cause de la différence d'âge, Bella avait surtout été une nounou pour eux.
Quand Charles Swan avait épousé sa troisième femme, Rebecca, trois ans après le second mariage, Bella commença à se sentir de trop. La maison autrefois calme et toujours impeccable était devenu un champ de bataille qu'il fallait ranger chaque soir. Deux autres enfants étaient nés, ce qui avait signifié plus de travail pour l'adolescente qui pourtant n'avait qu'une envie : étudier.
A cause de son mal-être au sein de sa famille, Bella s'était interrogée sur les raisons qui avaient poussé sa grand-tante Christina à quitter sa famille et sa communauté. En secret, Bella avait lu sur le monde qui l'entourait mais qu'elle n'avait jamais pu observer de près.
Dans d'autres villes, dans d'autres milieux, les femmes travaillaient, elles avaient des enfants si elles le voulaient et ne se mariaient pas à seize ans. Dans cet autre monde, les hommes étaient monogames, ne décidaient pas pour leur fille qui elle devait épouser. Les garçons n'étaient pas tenus de se marier avec la fille qu'ils avaient embrassée, surtout si la fille s'était débattue pour ne pas être embrassée.
La frontière entre ces deux mondes était finalement mince, s'était-elle rendue compte. Les Mormons ne cherchaient pas à s'isoler, plutôt à rallier de nouveaux membres. Et assez facilement, elle avait quitté ce monde, s'éloignant de centaines de kilomètres. Mais puisque la frontière était perméable, ils l'avaient retrouvée, harcelée, ils avaient envoyé Jacob. L'enverraient-ils encore ?
« Si tu étais mariée, ils ne pourraient plus rien te faire ? » lui demanda alors Edward.
« En effet. »
« Je n'avais pas réalisé, dit-il. J'ai encore plus peur de te laisser seule maintenant. »
« Je me débattrai mieux cette fois. Christina m'a appris quelques trucs et les filles au dortoir organisaient souvent des cours d'auto-défense. »
« Malgré tout… Bella, il y a une chose à laquelle je pense depuis que j'ai appris que j'allais à Las Vegas. »
Le lendemain matin, la décision était prise. Bella annula ses plans avec sa grand-tante, Edward modifia sa réservation de vols. Le chauffeur de taxi, après avoir chargé leurs bagages leur demanda où il devait les déposer, puis leur destination finale.
« Las Vegas. » répondit Bella.
« Vous allez vous marier là-bas ? » les questionna le chauffeur, touché par les mines réjouis de ses clients.
« Oui ! »
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Alice & Jasper
Samedi 10 Novembre
Assis au pied du lit, Jasper regardait à la télévision les dernières images de la mare noire qui avait atteint les côtes du Texas, notamment sa ville natale, Galveston. Il était écœuré par cette catastrophe pétrolière survenue dix jours plus tôt. Il avait eu envie de partir chez lui et constater par lui-même l'ampleur des dégâts. Et puis peut-être avait-il voulu punir Alice, mais il n'était pas parti.
Le journal télévisé relata ensuite les dernières informations sur la crise en Iran mais il n'eut plus vraiment envie de le suivre. Sa petite-amie s'était mis en tête de le torturer.
« Tu comptes me faire la tête tout le weekend ? » s'enquit la jeune femme sur le seuil de la salle de bains, simplement habillée d'un string.
« Tu le mérites. » grogna-t-il, incapable pourtant de rester neutre.
« Comment je pouvais me douter qu'il y avait de la drogue ? » se défendit-elle.
« Réfléchis un peu, tu travailles dans ce milieu depuis plusieurs mois maintenant.
« C'était Halloween, j'étais toute seule et déprimée. J'ai voulu boire un peu pour m'amuser. » expliqua-t-elle.
« C'était stupide ! Tu aurais pu mourir. »
Elle monta sur le lit et s'accroupit derrière lui pour passer ses bras autour du cou de Jasper. Elle resta contre lui de longues minutes, sentant sous sa main les battements de cœur de son amant.
L'équipe du Snyder Show avait célébré Halloween avec le groupe Kiss que Tom Snyder avait interviewé l'après-midi même. Au CBGB, un club privé sur Bowery Street, la fête avait vite dégénéré, Alice avait assisté à plusieurs prises de drogues mais s'était sentie si déçue d'être seule qu'elle s'était entêtée et avait continué de boire et danser.
Pour avoir déjà été droguée à son insu, la jeune femme avait reconnu les premiers effets du LSD mais avait d'abord cru cela impossible. Elle en avait déjà vu sous forme de petits morceaux de papier imprégnés et n'en avait pas voulu quand Fred, un collègue, lui en avait proposé. Quand elle fut à peine capable de repousser un homme au visage flou, elle prit peur. Elle s'échappa et parvint à téléphoner à Jasper qui avait aussitôt sauté dans un taxi. Il avait débarqué vingt minutes plus tard dans le club, trouvant Alice évanouie dans les escaliers.
Elle s'était réveillée le lendemain matin dans une chambre d'hôpital, revivant les souvenirs douloureux du jour où elle avait perdu un bébé et son petit-ami. Jasper, après s'être assuré qu'elle allait bien, avait quitté les lieux et n'avait pas repris contact avec elle.
Il n'avait pas dit à Alice qu'il avait eu envie de tuer tous ceux qui n'avaient rien fait pour aider sa femme. Il n'avait pas décoléré pendant trois jours, ressassant ce qu'il avait découvert en arrivant dans ce club. Des gens drogués et ivres, des couples à moitié dénudés, la musique poussée à son maximum. Il en voulait à Alice de s'être ainsi mise en danger et si il n'avait depuis pas voulu la voir ni lui parler, c'était parce qu'il avait peur d'agir stupidement.
« Tu vas dire que je suis un macho. » commença-t-il.
« Moi aussi j'ai eu peur. Je n'ai pas cherché à me droguer. »
« Je te crois, mais tu es allée avec tous ces gens de ton plein gré. »
« Tu avais annulé nos plans ! Et c'était Kiss, bon sang, tu sais que j'adore leur dernier tube ! »
Elle se lança dans une imitation de Gene Simmons chantant I was made to lovin' you, mais son amant n'était pas amusé.
« J'aurais pu te perdre. Pourquoi es-tu allée dans ce club ? » l'accusa-t-il.
« Je te l'ai dit. » s'énerva-t-elle à son tour.
« Je ne veux plus que tu agisses aussi dangereusement, Alice. Tu m'as compris ? »
Il l'avait saisi par les épaules et n'avait pas refreiné sa colère.
« Tu ne peux pas décider pour moi, Jazz. »
« Si quelqu'un avait abusé de toi- »
« Je vais bien ! Arrête ! Soit tu te calmes et on peut passer à autre chose, ou bien je m'en vais. » le menaça-t-elle, les poings sur les hanches et le menton relevé.
« J'ai quelque chose à faire ce soir, de toute façon. Ne m'attends pas. »
Il attrapa sa veste, accrocha son arme à sa ceinture dans le dos et quitta la chambre sans un autre mot. Alice enfila un peignoir et ouvrit la fenêtre pour observer la rue, adoptant les réflexes de l'homme qu'elle aimait malgré tout.
Elle fut réveillée en pleine nuit, Jasper grognait dans la salle de bain. Elle se leva précipitamment et bruyamment, il n'aurait pas pu cacher sa blessure de toute façon.
« Comment est-ce arrivé ? » demanda-t-elle le plus calmement possible.
Elle lui prit la serviette des mains et essuya son flanc où courait une longue plaie peu profonde, heureusement.
« Tu dois consulter un médecin. »
« Je connais quelqu'un qui va me recoudre. Je dois le voir demain matin. Ne t'inquiète pas. »
« Et c'est toi qui m'a fait la leçon. » ironisa Alice.
« Je perds la tête à cause de toi, l'accusa-t-il en reprenant la serviette. J'ai failli tout rater parce que je n'arrêtais pas de penser à toi ! »
« Qu'est ce qu'il s'est passé ? »
« J'ai été repéré, le flic était chez lui, j'ai eu juste le temps de trouver l'arme mais il m'a fait tomber dans les escaliers et je suis passé à travers une fenêtre. » raconta-t-il sans se calmer.
« Pourquoi tu m'en veux tellement ? » s'impatienta-t-elle.
« Parce que je te veux tellement, justement ! » s'écria-t-il.
Les occupants de la chambre mitoyenne tambourinèrent au mur, réclamant le silence.
La jeune femme contempla son amant sans vraiment comprendre. Ne savait-il pas à quel point elle l'aimait ? Ne voyait-il pas la douleur dans ses yeux quand elle devait lui dire au revoir ?
« Je suis avec toi, Jasper. » murmura-t-elle.
« Je veux que tu sois ma femme. A moi, pour moi, entièrement. »
Il la porta jusqu'au lit, oubliant la douleur de sa peau lacérée. Alice se laissa faire quand il lui arracha son peignoir, ne se plaignit pas quand il s'enfonça en elle. Elle était partagée, déchirée même, entre son amour pour lui et son besoin de se protéger.
« Dis-moi que tu veux être à moi. » ordonna-t-il en continuant à la pénétrer furieusement, mais elle resta muette.
Jasper était macho, autoritaire, dangereux, violent, c'était un criminel. Comme James. Il l'aimait, il la respectait, il était sincère, contrairement à James. Elle avait ce fantasme du mariage parfait comme Paul Newman et Joanne Woodward, un couple qui résisterait à toutes les tempêtes et triompherait de chaque épreuve. Pourrait-elle compter sur Jasper alors qu'il menait une vie dangereuse et incertaine. S'il se faisait tuer ou arrêter, s'en remettrait-elle seulement ?
Il ralentit ses coups de rein et l'observa. Il avait laissé s'exprimer son besoin de la posséder pour la première fois. Lui d'habitude si secret, respectueux, elle découvrait une facette qu'elle n'était pas certaine d'apprécier. Il lui fit oublier ses questionnements en la faisant jouir, deux doigts contre son clitoris. Il se déversa durement en elle quand il sentit les parois du sexe de son amante se crisper autour du sien.
« Je t'aime, Alice, je ne veux pas te perdre. » lui susurra-t-il ensuite en la prenant dans ses bras.
« Je n'appartiens à personne. » répliqua-t-elle, sans chercher à échapper à son étreinte.
Il embrassa son cou gracile, passa ses mains possessives le long des courbes d'Alice. Il devait se retenir pour ne pas la forcer à lui faire face et la faire obéir.
« Je veux juste savoir que tu resteras auprès de moi pour le restant de nos jours. » articula-t-il difficilement.
« Tu as déjà fait cette promesse à une autre. Qui me dit que tu la tiendras avec moi ? »
Il n'y avait aucun reproche dans les mots d'Alice. Elle se protégeait, protégeait son cœur contre lui, il l'avait déjà compris. Il avait d'ailleurs tout fait pour qu'elle se méfie de lui et pour qu'elle ne tombe pas amoureuse. Désormais il regrettait ses manœuvres, il pourrait tout expliquer à Alice mais elle avait surement deviné.
« Je ne l'ai jamais aimé autant, déclara-t-il. Tu ressens aussi cela pour moi, n'est-ce pas ? »
« Oui, confessa-t-elle sans hésitation. Mais ça ne prouve rien. Je n'ai aucune garantie que tu m'aimeras- »
Il passa de l'autre côté du lit pour lui faire face, il ne voulait plus de non-dits, de tabous entre eux.
« C'est pareil pour tous les couples, s'impatienta-t-il. Je te promets de ne jamais te faire du mal, de ne jamais te mentir, et de ne jamais te tromper. »
Elle sourit malgré elle, mais son amant ne s'était pas tout à fait calmé.
« J'attends que tu me promettes la même chose, Alice. Je ne peux pas faire machine arrière, je t'aime trop et je ne veux pas continuer à te voir dans cet hôtel. »
« C'est toi qui a insisté pour ces rencontres. » lui rappela-t-elle, amère.
« Ca va changer, bientôt je serai libre de recommencer ma vie, repartir à zéro. »
« Mais je ne veux pas quitter New York, et tu détestes cette ville. » souleva-t-elle.
Jasper avait décidé de ne plus se taire, de ne plus retenir les mots d'amours et les serments. Alice avait éveillé en lui le besoin de ne plus être seul, et le désir de n'être qu'avec elle. Il employa leurs dernières heures ensemble pour la convaincre de leur laisser une vraie chance.
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Esmé & Carlisle
Samedi 17 Novembre
« Quel soulagement, déjà treize otages vont être libérés ! Après plus de deux semaines, il était temps ! s'exclama Esmé. Carter a été médiocre jusqu'à maintenant sur ce dossier. Reagan sera un bien meilleur président. »
Accompagnés de deux autres militants qu'elle venait de rencontrer, elle soupira de soulagement à la vue du ciel dégagé. Tous trois étaient arrivés au bureau de soutien à Ronald Reagan sous une pluie battante et leurs vêtements étaient encore humides.
« Il reste quarante-trois personnes retenues en otage, je crains que ça ne dure encore longtemps. » déclara Bella, prenant son mari par le bras.
Ils descendirent la 8 ème Avenue en discutant des évènements en Iran. L'instauration de la République islamique d'Iran, marquée par la destitution du Shah, Mohammed Reza Pahlavi et le retour du guide de la Révolution, l'Ayatollah Khomeini, le 1er février 1979, avait marqué un tournant dans les relations entre les Etats-Unis et l'Iran. Le 4 novembre, des assaillants investirent l'ambassade américaine de Téhéran et prirent en otages les cinquante-six membres du corps diplomatique, dénonçant l'exil politique accordé par les Etats-Unis au shah d'Iran le 23 octobre 1979. Ils exigeaient son extradition en Iran pour répondre des crimes commis durant ses 38 ans de pouvoir.
« Merci tous les deux, mais je ne suis plus très loin. » annonça Esmé.
Esmé pointa la 23ème Rue à gauche et s'étonna des regards ahuris de ses deux nouveaux amis.
« Tu vis dans cette rue ? Nous aurions pu nous rencontrer plus tôt ! » s'exclama, amusé Edward.
« Non, je n'y vis pas. Je… c'est-à-dire… Mon petit-ami m'a rejointe pour le weekend, nous sommes à l'hôtel. »
Bella demeura bouchée plusieurs secondes, son mari lui donna un coup de coude léger pour la faire réagir.
« Bon weekend en amoureux, Esmé ! » souhaita-t-elle, souriante désormais.
Il sembla à Esmé entendre son amie dire « quelle coïncidence » mais elle était bien trop pressée de rejoindre son amant pour se questionner. Carlisle était arrivé le matin même très tôt, elle était allée le rejoindre à la gare puis ils s'étaient rendus au Chelsea Hotel.
L'étudiant avait quelque peu rechigné à laisser partir Esmé assister à un meeting politique. Pourtant il était tellement épuisé qu'après avoir fait l'amour pour la troisième fois de la journée, il s'était endormi.
Esmé commanda à dîner puis rejoignit son compagnon.
« Je ne comprends pas pourquoi tu devais y aller. Tu as dit que tu t'en fichais des élections. »
« Mais pas mon client, il était très satisfait de m'y voir. J'ai sympathisé avec un couple d'ici, je pense que ça a joué en ma faveur car j'ai paru active alors que je ne faisais que papoter. »
« Une véritable actrice ! » la complimenta-t-il.
« Je saurais lundi ou mardi prochain si mes talents l'ont convaincu. Monsieur Volturi vient d'acheter une immense maison ancienne à Boston, si j'arrive à remporter le contrat et l'avoir parmi mes clients, il sera une superbe vitrine pour mon travail et toutes les portes me seront ouvertes. »
« Je suis si fier de toi. Tu as tellement de courage alors que tu déménages à des centaines de kilomètres pour tout recommencer dans une ville que tu ne connais pas. Comment as-tu connu ce Volturi ? »
« C'est le frère d'un… d'une connaissance. J'ai dit à quelques personnes que je cherchais de nouveaux clients à Boston. »
Carlisle, qui n'avait fait que bailler entre deux phrases, se redressa, alerte.
« Une connaissance ? » interrogea-t-il.
Esmé se sentit coincée et se tança tout bas, mais fut sauvé par la livraison de leur dîner. Elle n'aurait même pas du parler de son futur client. Carlisle n'apprécierait pas de la savoir toujours en contact avec un de ses anciens amants.
« Je suis allée à l'église de Little Falls la semaine dernière. » annonça-t-elle.
Elle sortit de son sac une grosse enveloppe.
« Ton père a voulu que tu récupères ces documents. Au cas où. »
Carlisle trouva parmi d'anciennes photographies de famille, des actes de naissance et d'autres courriers relatifs à l'assurance vie de son père, une courte lettre.
Si tu l'épouses, je te demande l'honneur de vous marier. Je ne pourrais hélas pas le faire dans le cadre d'une cérémonie religieuse mais laïque. Rien ne pourrait me faire plus plaisir. Ton père.
« Tout va bien ? » s'inquiéta Esmé, face à son amant qui semblait très ému.
« Oui, très bien. Tu sais, j'ai cru que je perdrais mon père à cause de mon projet de thèse. Au mieux, je m'attendais à ce que nos rapports soient tendus. Et ça a été le cas pendant plusieurs mois. Mais maintenant, je crois bien qu'il a accepté le fait que je suis un adulte. »
Ils rirent tous les deux, ils avaient parcouru un chemin périlleux ensemble et aucun n'aurait pu prédire qu'ils s'apprêtaient à emménager ensemble.
Le dimanche matin, ils prirent un brunch à quelques rues de l'hôtel. Carlisle lui montra les photos prises de plusieurs appartements qu'il avait visités.
« Le deuxième n'est pas très cher et libre dès le 1er janvier. Tu penses que tu pourras arriver à cette date ? »
« Je ne sais pas, de toute façon il n'est pas assez bien situé pour toi, et il a l'air en mauvais état. Ca me fait penser, je vais te faire un chèque pour que tu puisses avoir de quoi payer une caution. »
L'étudiant protesta même si le problème devait bien être résolu. Il n'avait aucun fond sur son compte en banque et Esmé insistait pour qu'ils aient assez d'espace pour ne pas se marcher dessus.
« Tu as assez donné avec ce studio que tu louais à Brooklyn, Carlisle. Et j'ai besoin d'un bureau chez nous. »
« Tu recevras des clients ? »
« Non, toujours au dehors, rassure-toi. Mais au début du moins je travaillerais chez nous. Je dois garder les plans et les factures de chaque transaction pendant 10 ans, crois-moi, j'ai besoin de place. Je me suis arrangée avec un collègue pour mes archives actuelles, heureusement. »
Carlisle se rembrunit en se souvenant de la veille quand elle avait hésité à révéler comment elle avait déjà pu avoir trouvé un client potentiel.
« Comment connais-tu le Chelsea Hotel ? » la questionna-t-il.
« Pardon ? »
« Le soir de la Saint-Sylvestre, tu m'as proposé d'y aller, lui rappela-t-il. Y étais-tu allée avec un autre homme ? »
« C'était il y a très longtemps, se justifia-t-elle aussitôt. Et ca n'était pas la même chambre, grâce à di- »
« Ne dis pas ça grâce à dieu. » la prévint-elle, en colère.
Quelques têtes se tournèrent vers eux, le jeune homme héla la serveuse et lui donna un billet de vingt dollars pour régler leur note. Esmé le suivit à l'extérieur et ils marchèrent en silence jusqu'à l'hôtel. Carrie annonça qu'un magnifique bouquet de fleurs avait été livré pour Esmé et avait été déposé dans leur chambre.
Carlisle monta à toute vitesse dans leur chambre, suivie par sa compagne en panique. Elle le vit détaché la petite enveloppe agrafée au bouquet.
« Rendez-vous mercredi à 19 heures. Marcus. » lut le jeune homme.
Il toisa son amante, la note déjà froissée dans son poing fermé.
« C'est un de tes amants ?! »
« C'est le client potentiel dont je t'ai parlé. S'il veut me rencontrer c'est uniquement pour planifier les travaux. Tu dois arrêter de te faire des idées. » supplia-t-elle.
Carlisle resta silencieux plusieurs minutes, il savait qu'il risquait de tout gâcher à cause de sa jalousie. Esmé avait un passé rempli d'amants et il en avait conscience mais comment être en paix avec ce fait ?
« C'est une bonne chose que tu quittes New-York. Tu ne les reverras plus, n'est-ce pas ? »
« Je n'en pas envie d'un voir un seul. Il n'y a que toi qui compte ! »
Il s'agita de plus en plus, murmurait tout bas, Esmé s'inquiétait, redoutant une autre crise de colère de son amant. Il l'avait déjà terrifiée, certes pas comme son ex-mari, mais assez pour la faire douter.
« Ca ne me suffit pas. Je ne suis prêt à te perdre, certainement pas pour un autre. » grogna-t-il.
« De quoi parles-tu ? Nous nous aimons, nous allons vivre ensemble. » tenta-t-elle, les bras tendus pour le conforter.
« Mais ça n'est pas assez ! s'exclama-t-il, s'éloignant d'elle. Peut-être pour d'autres, pour tes anciens amants, pour tes amis. Mais pas pour moi. Je suis tombé amoureux de toi alors que tu étais toujours mariée et hospitalisée à cause de ce que cette brute t'avait infligé. Mais tu n'étais pas celle que je croyais et malgré tout, je n'ai pas réussi à me détacher de toi, je suis tombée amoureux de celle que tu es réellement. »
Esmé ne put retenir ses larmes, triste et nauséeuse. Elle n'était pas parfaite, certainement pas celle dont il avait sans doute rêvé. Durant des années, elle avait cherché dans le sexe une échappatoire à un manque d'amour ne pouvait que se le reprocher désormais.
« Je ne veux pas te perdre non plus. » déclara-t-elle, les yeux baissés.
« J'ai besoin d'une preuve, d'une garantie que tu me choisis réellement. Que tu me veux autant que je te veux. »
« Tout ce que tu voudras. »
« Je ne veux pas attendre. Épouse-moi. »
_oOo_
Rosalie & Emmett
Samedi 24 Novembre
« J'y vais, Royce. » annonça-t-elle, la main déjà sur la poignée de la porte de l'appartement.
« Pas si vite, viens là un instant. »
Elle soupira mais le suivit dans le salon. Elle n'avait pas entendu ses quatre associés arriver, dont le plus récent qui lui faisait peur à cause de son regard fixé étrangement sur elle à chaque fois qu'ils se croisaient. La jeune femme comprit rapidement qu'ils avaient tous beaucoup bu déjà.
« Fais nous à manger avant de partir. » exigea Royce.
« Je ne suis pas la cuisinière et je n'ai pas le temps ! » s'agaça-t-elle.
Alors qu'elle enfilait son manteau, elle sentit deux bras l'encercler.
« A qui tu crois parler ?! » rugit Royce.
Elle se débattit mais d'autres bras la forcèrent à retourner au salon. Elle fut jetée sur un des canapés de cuir, sa tête heurta l'accoudoir de bois d'ébène et elle se sentit défaillir.
« Royce, tu ne dois pas t'ennuyer avec ce morceau dans ton lit. » entendit-elle sans pouvoir identifier la voix.
« Difficile à savoir avec tous ces vêtements. » dit un autre.
La jeune femme lutta ensuite contre des mains qui la voulaient nue, des mains cruelles et pressées. Ses vêtements furent déchirés, ses cheveux tirés, ses joues giflées. Son mari la bâillonna avec une cravate de soie qui appartenait à un de ses amis.
Elle ferma les yeux quand on lui pressa les seins, sentant la nausée venir. Un rire pervers retentit alors et elle vit l'homme qui lui faisait peur depuis qu'elle l'avait vu pour la première fois, John. Il s'amusa davantage de la voir furieuse et prisonnière, il se redressa et s'approcha d'elle. A son tour, il lui toucha les fesses et les seins avant de s'adresser à Royce.
« Tu partages, mon cher ? » lança-t-il à Royce.
« Servez-vous, mes amis, ricana-t-il, ça fait des mois qu'elle se refuse à moi. Ce soir, nous allons tous y avoir le droit ! Qui veut commencer ? »
Rosalie avait suivi la conversation sans y croire, pourtant ils allaient mettre à exécution leurs plans. John se pencha encore sur elle, agrippa ses cheveux, elle en profita pour lui mordre le bras et se libéra. L'instant d'après, elle était debout et courait jusqu'à sa chambre pour s'enfermer.
Hélas, les associés de son mari l'empêchèrent de tourner la clé, l'un d'entre eux la jeta sur lit sans ménagement. Rosalie se sentit une fois de plus trop étourdie pour réagir rapidement. Tous ses agresseurs l'avaient suivie, son mari grimpa sur le lit pour la surplomber.
« Tu vas arrêter ça tout de suite ou je te tue. » grogna-t-il.
Il avait dégagé son sexe de son pantalon maladroitement, les autres étaient hilares autour d'eux. La jeune femme se souvint de l'arme qu'elle avait cachée dans sa table de nuit. Elle tendit un bras lentement et ne se débattit pas quand Royce la pénétra brutalement. Il ne la prit pas longtemps, et Rosalie crut enfin le cauchemar terminé mais son mari invita un autre homme à abuser d'elle.
« Terrence, va chercher un peu d'alcool ! » ordonna également Royce.
Rosalie essayait de ne plus pleurer, ne plus avoir peur et de ne plus trembler. Sa main trouva l'arme alors qu'elle allait être à nouveau violée. Personne ne fit attention à elle et quand elle colla le pistolet sur la poitrine de l'homme, elle n'eut aucune hésitation.
Le coup parti, en partie étouffé, les autres comprirent aussitôt ce qu'il se passait. Celui qu'elle avait mordu dégainait à son tour. Elle tira une nouvelle fois, visant son torse, il s'effondra. Un autre s'était plaqué au sol tandis Royce observait la scène, médusé.
Rosalie sut qu'elle n'avait plus le choix, elle les tuerait tous. Non pas qu'elle en éprouvait la moindre peur ou le moindre remords, la rage l'aveuglait et elle était assoiffée de vengeance désormais. Elle se redressa complètement, se fichant d'être nue.
Celui qui était parti cherché de l'alcool revint alors dans la chambre, Royce le bouscula pour s'échapper de la chambre, son ami reçut une balle dans la poitrine et une autre dans le cou. Rosalie s'approcha du dernier des associés de Royce qui s'était caché sous le lit. Elle lui ordonna de sortir et de se relever.
« Je ne t'ai pas touchée ! » plaida-t-il quand il lui fit face.
Elle le tua également. Quelque part dans l'appartement, lui restait à débusquer celui qui venait de la trahir.
Royce s'était réfugié dans son bureau, il se maudit de ne pas avoir saisi l'arme de John. Il ne cessait de penser à sa femme qui venait de tuer ses quatre associés. Il fouilla son coffre et constata qu'il était quasiment vidé de tout l'argent qu'il y avait mis deux jours plus tôt.
Elle venait de ruiner ses plans, il aurait pu sauver l'empire familial et même s'enrichir grâce à John. Elle venait de tuer l'un des hommes les plus dangereux de cette ville, même si elle s'en sortait, elle venait de se mettre à dos la mafia irlandaise de la côte est.
« Garce ! » hurla-t-il.
« Tu parles de moi ? » cria-t-elle à travers la porte.
Elle frappa contre le battant et lui intima de sortir.
« Pour que tu me tires dessus ? Non merci. »
« Il n'y a plus de balles et jamais je ne pourrais te tuer, supplia-t-elle derrière la porte. Mais tu n'avais pas le droit de les laisser me violer. »
Royce se crut sauvé, il ouvrit la porte bien décidé à faire payer à sa femme ce qu'elle venait de faire. Elle s'était déjà éloignée et l'appelait depuis leur chambre.
« Il faut que tu m'aides à les bouger. » lui dit-elle.
Il constata qu'elle avait passé un peignoir, et quand elle lui tourna le dos, il en profita pour se précipiter vers le cadavre de John, mais l'arme n'était plus dans sa main. Royce releva la tête et sentit sur son front le canon encore chaud de sa propre arme.
« Tu mérites de mourir après tout ce que tu m'as fait. » décréta-t-elle, un sourire victorieux sur son visage.
Il voulut se saisir du pistolet, ralenti par la peur et l'alcool, il n'eut aucune chance. Déjà elle calait la deuxième arme qu'elle avait ramassé tout contre la bouche de son mari.
« Lève-toi et allonge-toi sur le lit. » ordonna-t-elle.
Royce pleurnicha en prenant place sur le lit, tout à côté du premier homme qu'elle avait tué. Les draps étaient inondés du sang chaud, il n'était plus si certain de s'en sortir vivant.
« Dis-moi ce que tu as fait. » le questionna-t-elle.
« Quand ? »
« Pour que tu les autorises à me violer, précisa-t-elle durement. Qu'est-ce que tu leur devais ? »
Il expliqua en hoquetant qu'il avait emprunté des millions à chacun, que John était censé l'aider contre du blanchiment d'argent.
« Tu ne vas pas t'en sortir sans moi, tenta-t-il. Si tu me tues, tu finiras ta vie en prison. »
« Ca en vaudra la peine. » répliqua-t-elle, des larmes roulant sur ses joues, malgré elle.
Elle pointa son arme vers ce visage qu'elle détestait tant et appuya sur la détente. Il lui sembla que le temps se suspendit tandis qu'elle observait les cinq cadavres. Elle aurait voulu être plus forte, être fière, se sentir libérée. Quand enfin elle s'éveilla de ce cauchemar, la seule personne à laquelle elle pensa fut son amant.
Emmett était déjà dans leur chambre au Chelsea Hotel, inquiet du retard de Rosalie. Quand la réception le prévint d'un appel, il n'aurait pas pu prédire ce qu'il allait entendre.
« J'ai tué mon mari. » annonça Rosalie, des sanglots dans la voix.
« Quoi ? »
« Il a laissé ses associés me toucher, ils m'auraient tous violée si je ne les avais pas tués. »
« Tu les as tous tués ?! » s'exclama-t-il, ahuri.
« Je n'avais pas le choix. L'un d'entre eux était armé et j'avais caché un pistolet dans ma table de nuit. Emmett, je ne sais pas quoi faire maintenant. »
« Tu appelles tout de suite la police ! » exigea-t-il.
« Mais je- »
« Il le faut, c'est de la légitime défense, personne ne doutera de toi ! »
« Viens, s'il te plait. » insista la jeune femme.
« Ecoute-moi bien, si ce qu'il t'a dit le mois dernier est vrai, il sera coupable quoiqu'il en soit. Mais malgré ça, si les flics apprennent que tu as un amant, ils ne te croiront pas. »
« J'ai besoin de toi. » pleura-t-elle de plus belle.
« Et j'ai besoin que tu sois en sécurité, contra Emmett plus doucement. Appelle la police, puis tu iras chez tes parents. »
« Non… J'ai besoin de te voir. »
« Tu seras condamnée à la prison si quelqu'un apprend que nous sommes amants, expliqua-t-il. Tiens-toi à ce qu'il s'est passé chez toi. »
« D'accord. » marmonna-t-elle.
« Appelle la police tout de suite, Rosie ! »
« Je t'aime, Em'. »
« Moi aussi. On va se revoir. Bientôt. Ne t'inquiète pas de ça. Appelle la police, sois forte et tout ira bien. »
« Oui. » répondit-elle sans trop y croire.
« Dans une semaine, laisse-moi un message à l'hôtel pour me dire comment tu vas. »
« Oui. »
« Rosie, n'aie plus peur, tu vas être libre. Je t'aime. »
Il raccrocha le premier, elle aurait entendu qu'il pleurait désormais, terrifié pour la femme qu'il aimait plus que tout. Il avait tout envisagé pour eux, qu'elle quitte son mari ou qu'elle reste, que ce fumier la menace, et lui l'aurait protégée. Mais sa tigresse s'était défendue seule, seule contre cinq hommes qui avaient voulu la violer, elle avait réussi à les neutraliser.
Les crimes passionnels s'étalaient régulièrement dans les journaux. Pour éviter à Rosalie la prison, il était prêt à s'éclipser et attendre. Il descendit à la réception et expliqua rapidement à Stanley puis Carrie la situation, tous deux acceptèrent de garder le secret. Ils ne purent par contre pas lui donner la moindre information sur le Texan qui occupait, un weekend par mois, la chambre 218.
Esmé a donc fait la connaissance de Bella et Edward, les demandes en mariage se multiplient. Reste le dernier couple, Rosalie a vécu un cauchemar (sacré karma). Il ne reste plus qu'un chapitre et un épilogue ! N'hésitez pas à me dire quel couple vous a le plus touché cette fois-ci.
