Hello nos p'tites tartiflettes aux cèpes ! :D
(Non je suis pas du tout à la montagne, qu'est-ce qui peut bien vous faire croire ça ?)
Voilà le chapitre 10 : En famille ! Merci à tous les habitués qui nous laissent des reviews à chaque fois, on vous kiffe (KeanaB, Littlesis8, Link et mimi70 pour pas les citer) ! Vous mettez du soleil dans notre vie (et moi j'en ai besoin parce que la moitié Nord de la France est une catastrophe météorologique en ce moment ! N'est-ce pas Andouille ? Désolé je suis pas au courant, chez moi il fait beau ! :p).
Vous pouvez toujours retrouver l''encyclopédie de LVO à l'adresse suivante : goo . gl / photos / fnSBipNHeYQ6i6Vx7 (en enlevant les 6 espaces)
Récapitulatif des personnages :
Serdaigle : Eric Upwood (Cracmol), Nash Lester (fait partie de la bande), Dempster Frayne (ennemi d'Eric)
Gryffondor : Erin Shields (Cracmolle), Lily Potter et Hugo Weasley (ses amis), Wynter Pucey, Ainsley MacAdam et Tracy Goldsmith (les 3 pestes)
Serpentard : Daralis Kestrel (Cracmolle), Chlœ Zabini (1ère année), Phyllis Rosier (sœur d'Ispahan, 5ème année), Warley Kestrel (frère de Daralis, 4ème année)
Poufsouffle : Ispahan Rosier (Cracmol), Scott Shields (frère d'Erin, 3ème année)
Autres : Seabert Kestrel (petit frère de Daralis, 9 ans)
Bonne lecture :D N'hésitez pas à faire un tour sur notre profil pour aller lire la fiction parallèle sur Phyllis.
Réponses aux reviews anonymes :
Merci beaucoup Link pour ta review, elle nous a fait méga plaisir ! Par contre nous fais pas trop d'aussi beaux compliments parce que sinon je vais finir par m'étouffer de joie sur mon paquet de Chocogrenouilles ! Ouais, Erin est un danger ambulant. On le sait, ses amis ne font que commencer à le découvrir… Et ça s'arrangera pas au cours du temps ! ^^ Quant à Lily et Daralis… Mouhahaharararara (*l'auteure s'enfuit en courant d'un rire dément*) ! Cette fille est folle je vous dis… Sinon, il leur reste tant d'années à Poudlard. Il peut se passer tellement de choses pour eux tous. Mais ça, tu le découvriras bien un jour ;) Merci encore de nous suivre, c'est trop cool !
Merci beaucoup Littlesis8 ! En tout cas, on remarque que tu as un flair particulier pour nous laisser une review la veille ou quelques heures avant la publication du nouveau chapitre. Alors une question : tu nous espionnes ? :P Oui, les Fléreurs sont trop mignons, j'ai mis les notes prises par Ispahan dans l'encyclopédie donc il y a une illustration de Fléreur mais pas en couleurs (trop de choses à faire en ce moment). J'aime beaucoup ton interprétation pour la sangria, c'est parfait ! Et oui, à l'occasion de l'anniversaire d'Eric, on s'est dits qu'on pouvait être sympas et faire un truc joyeux après un chapitre de déprime en mode "On m'a oubliééééé" ;) Bon, je crois que Sushi a à peu près tout résumé ^^ Pour la semaine prochaine que dirais-tu de "Pfiou" comme dans "Pfiou, que votre travail est admirable !" ou encore "Pfiou, je suis raide dingue de vous !" ?
Chapitre 10 : En famille
Mercredi 27 novembre 2019
- Allez Erin dépêche toi ! On est déjà à la bourre !
- Roh ça va hein… C'est pas vraiment de ma faute si j'ai dû nettoyer toutes nos paillasses avant de pouvoir sortir.
Eric retint un soupir. Pas de sa faute… Non, si on omettait le fait qu'elle avait trébuché sur un Botruc, qu'en tentant de se rattraper à une table elle avait entraîné avec elle Wynter Pucey, sa magnifique chevelure et ses ongles parfaitement manucurés, le terreau spécial pour plantes magiques et le reste des pousses de dictame qui avaient servi de présentation pour le début du cours, déclenchant ainsi un tintamarre de hurlements et de jets de terre, Erin n'avait effectivement rien fait.
- N'empêche, Ispahan avait l'air d'y tenir à cette réunion non ? continua Erin, légèrement curieuse en passant le hall d'entrée du château, une épaisse écharpe autour du cou.
Le froid s'était confortablement installé depuis quelques jours et les premières neiges n'allaient plus tarder à tomber. Sortir sans sa paire de gants chauffante, son bonnet et son écharpe aux couleurs de sa maison était devenu impossible. Déjà petite et maintenant engoncée dans sa grosse cape, Erin ne ressemblait plus à grand-chose mais s'en fichait éperdument, au grand dam de Daralis qui tentait toujours de lui inculquer un peu de bienséance. Sans grand succès bien entendu.
Eric acquiesça, trop occupé à taper dans ses mains pour les réchauffer pour répondre directement à son amie.
- Je me demande bien ce qu'il veut nous dire et qui est si important qu'on ne doive même pas en parler à Lily et Hugo…
Cette fois Eric grogna. Et Nash ? Parfois Erin avait un peu trop tendance à penser que le monde tournait autour d'elle et oubliait que les autres Cracmols aussi pouvaient avoir des amis !
- Je ne sais pas Erin, on verra bien. C'est peut-être en rapport avec Flores, répondit-il, un peu plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu.
Erin ne sembla pas y prêter attention et se dirigea vers le couloir où se situait le bureau du Concierge. Ispahan avait paru penser que moins de personnes seraient susceptibles d'y passer, de peur de se faire coincer par Wiertz et avait donc jeté son dévolu sur une petite salle à quelques pas dudit bureau.
- Je ne comprends toujours pas pourquoi on n'utilise pas la SAB ! Ça sert à quoi d'avoir découvert une salle super géniale et inconnue de tout le monde si on l'utilise pas pour les missions d'espionnage ?
Eric soupira et se pinça l'arête du nez. Erin allait le rendre fou. C'était certain.
- De un, parce que Hugo, Lily ET Nash connaissent la SAB justement, et de deux, on sait même pas ce qu'Ispahan nous veut ! expliqua-t-il pour la millième fois en ressortant un petit morceau de papier écorné où il était seulement écrit "Rendez-vous 17h dans la salle à côté du Concierge, juste après le tableau de la petite fille rousse, il faut qu'on parle."
- Mmmpphhmm… répondit Erin, toujours pas convaincue.
Ils marchèrent silencieusement quelques secondes avant de passer la porte de Wiertz, jetant machinalement un coup d'oeil à la porte mal fermée. Du bruit se faisait entendre, le Concierge faisant sans doute des remontrances à un quelconque élève. Les deux enfants se regardèrent, complices. Au moins, leurs retenues avec Wiertz étaient toujours sympathiques et ils savaient qu'ils avaient un sacré allié en sa personne. Tant qu'ils ne feraient pas quelque chose de réellement dangereux il serait toujours derrière eux pour les protéger.
Dépassant le portrait représentant une petite fille à la chevelure flamboyante sur fond noir qui leur faisait un signe de la main en souriant tristement, la larme à l'œil, ils se retrouvèrent face à une lourde porte en bois qu'Eric poussa sans frapper.
- Ah ! Vous voilà enfin ! J'ai cru que quelqu'un avait fini par vous enfermer dans un cachot sombre et humide ! s'exclama Daralis en guise de bienvenue.
- T'es pas si loin que ça de la vérité, soupira Eric, désabusé, en posant son sac sur une des paillasses inoccupées. Jetant un regard circulaire à la pièce qu'il découvrait, il remarqua juste en face de lui un grand tableau avec des craies de toutes les couleurs, sans doute inutilisé depuis quelques décennies. Il pourrait peut-être être utile dans la SAB lorsqu'ils voudraient élaborer de vrais plans compliqués se dit-il, le notant mentalement dans un coin de sa tête pour en parler aux autres après.
- J'ai juste été retenue par Londubat pour nettoyer la serre après notre cours, vous allez pas en faire tout un plat non ? répliqua Erin.
Daralis ouvrit la bouche pour lui demander ce qui s'était passé mais Ispahan l'interrompit.
- Je ne veux pas savoir ce qu'il s'est passé ! s'écria-t-il en plaquant ses mains sur ses oreilles.
Voyant que les trois autres le regardaient bizarrement, il finit par baisser les bras et se mit à rougir. Il n'avait pas l'habitude de se donner en spectacle. C'était même la première fois qu'il haussait la voix devant eux. En fait c'était la première fois qu'il élevait la voix tout court.
- Quoi ?
- Rien… Rien… C'est juste que ça fait bizarre de t'entendre monter le ton… Je savais pas que tu pouvais le faire ! lui dit Erin avec son franc-parler habituel.
- Bah… Euh… C'est que… marmonna Ispahan, trop gêné pour réussir à associer deux idées cohérentes.
- Maintenant qu'on est tous là, tu pourrais nous dire pourquoi on devait tous se réunir ici d'urgence non ? le sauva Daralis.
- Ah euh… Oui ! Bien sûr ! Euh… Donc… bégaya le Poufsouffle.
- Respire, lui conseilla gentiment Daralis.
Ispahan prit donc le temps d'inspirer et d'expirer plusieurs fois avant de parler.
- Merci. Bon, d'abord on s'assoit. J'ai écrit des trucs sur un parchemin pour rien oublier, vous allez me dire si vous êtes d'accord.
- C'est parfait, lui répondit Eric, content de voir l'organisation de son ami.
- En gros, je voulais qu'on fasse le point. On est tous d'accord que le professeur Flores est quand même un peu bizarre non ?
Trois têtes acquiescèrent dans un bel ensemble.
- Du coup, voilà ce que j'ai pour le moment, dit-il en étalant tout un tas de petits papiers autour de lui, qu'Erin s'empressa de lire.
- "Réapparition d'Arthur"… C'est quoi cette histoire ? demanda-t-elle. Finalement ils allaient bien jouer aux espions ! Erin était aux anges.
- Hé bien… Tu te souviens Eric quand on a fait une course d'orientation avec des énigmes pendant le cours de Vol et qu'on devait chercher un pommier ?
Eric hocha la tête.
- Quand on s'est séparés pour être plus efficace, je me suis retrouvé en face d'un mur de Poudlard. Et juste devant, il y avait Flores, penché sur le sol. Au début, j'ai simplement cru qu'il avait perdu quelque chose, mais en m'avançant, j'ai vu qu'en fait il rebouchait un trou…
- Mais attends… C'est quoi le rapport avec Arthur ? demanda Erin, un peu perdue.
- Le matin-même, Lancelot, tu sais le garçon de mon dortoir, m'a demandé si je n'avais pas vu son chat parce que cela faisait plusieurs jours qu'il n'était pas rentré… Du coup en voyant Flores reboucher ce trou, je me suis dit que c'était peut-être Arthur qu'il enterrait…
- Mais… Pourquoi tu ne me l'as pas dit sur le coup ? s'exclama Eric, éberlué.
- Parce que je ne voulais pas te faire encore plus peur. Déjà que tu ne l'aimes pas et que tu le trouves flippant, je voulais pas rajouter quelque chose en plus. Surtout que ce n'était qu'une supposition et que je ne suis pas allé vérifier après…
- Mais pourquoi ?
Erin ne comprenait pas. Si Ispahan connaissait l'emplacement du trou, pourquoi n'y était-il pas retourné ?
Ispahan la regarda en frissonnant. Il aurait voulu dire que c'était parce qu'il ne voulait pas revivre l'expérience de l'épouvantard qu'il n'était pas retourné creuser le trou. Qu'il ne voulait pas revivre la peur profonde qui l'avait saisie à ce moment-là. Une peur qui lui avait dévoré les entrailles. L'assurance de mourir sans que personne ne vienne vous sauver. Mais il ne dit rien. C'était son secret. Il fit donc comme s'il n'avait rien entendu et continua.
- Je me suis convaincu que Flores avait sacrifié Arthur pour un rite de magie noire, ou quelque chose comme ça, jusqu'à ce que le chat réapparaisse au cours d'Hagrid avec une flopée de chatons. Clairement, il était bien vivant. Au début, ça m'a soulagé. Finalement le prof d'Histoire était peut-être normal… Puis je me suis demandé ce qu'il avait réellement fait près de ce mur… Et je n'ai trouvé aucune réponse satisfaisante…
- DONC ON VA VRAIMENT JOUER LES ESPIONS ? hurla Erin en sautant de sa chaise, surexcitée. Si on lui avait dit qu'ils auraient une enquête à mener dès sa première année à Poudlard, la Gryffondor aurait signé sur le champs pour venir, malgré tous les malheurs qui lui seraient arrivés par la suite.
- Euuh… Oui ? répondit Ispahan, légèrement surpris par la voix surpuissante qu'Erin venait d'utiliser.
- Yahouuuuu ! s'exclama-t-elle avant de se mettre à courir autour du bureau où ils s'étaient entassés en faisant des bruits de Sioux passant à l'attaque. Daralis laissa tomber sa tête contre la table. Mais qu'avait-elle fait pour mériter un pareil phénomène ? Cette fille allait la rendre folle avant la fin de l'année, c'était certain !
Aussi vite qu'elle avait commencé, Erin s'arrêta, les sourcils froncés.
- Mais… Si on est une équipe d'espions… Il nous faut un nom de code non ?
De nouveau Daralis, qui avait relevé la tête pour l'écouter, la laissa retomber sur la paillasse. Nom d'un Veracrasse mal léché, mais qu'est-ce qui pouvait se passer dans le cerveau d'Erin ? Daralis aurait bien offert un millier de Gallions pour le savoir. A sa grande surprise, Eric et Ispahan hochèrent la tête en souriant. Ils avaient l'air de trouver l'idée amusante. La Serpentarde soupira. Bien, s'il fallait faire quelques sacrifices pour rendre les autres heureux…
- Et tu as une suggestion ? demanda-t-elle, sachant déjà que c'était une mauvaise idée.
- On pourrait s'appeler les quatre mousquetaires ? suggéra la Gryffondor.
Eric secoua la tête.
- Non, je suis pas d'accord… D'abord parce qu'ils ont existé et ensuite parce que Daralis et Ispahan ne comprendrait même pas la référence…
La petite blonde jeta un regard noir à son ami. Evidemment que s'ils prenaient des références Moldues elle ne comprendrait rien ! Ce n'était pas la peine de le faire remarquer !
- Alors…
- Pourquoi pas les quatre fantastiques ? suggéra Ispahan d'une petite voix.
Erin allait refuser quand Daralis l'interrompit.
- Voilà, ce nom de groupe est parfait ! On peut continuer la réunion maintenant ?
- Mais… voulut continuer Erin.
- Pas de mais. Le vote est unanime par moi-même !
- Pfff, 'spèce de despote, marmonna Erin, récoltant un regard triomphal de la part de Daralis pour la peine. Enfin quelqu'un qui la considérait à sa juste valeur, songea la Serpentarde.
- En gros, résuma Eric, ce qu'il nous reste à faire c'est de creuser un sol gelé recouvert d'une dizaine de centimètres de neige sans se faire remarquer, sans magie et sans pelles ?
- Moui ?
- Dans les livres de Scott, les héros trouvent toujours un moyen pour y arriver…
- Mais là on n'est pas dans un de ses bouquins, cingla Daralis, et je crois qu'on est effectivement coincés au moins jusqu'au retour des vacances, lorsque la neige aura un peu fondue et que l'un d'entre nous aura trouver un outil pour creuser le sol et un moyen de sortir de nos dortoirs après le couvre-feu sans se faire prendre. D'ailleurs, en parlant de bouquins, ça me rappelle l'autre partie de l'histoire Eric. Tu sais quand tu as dit que Flores avait un livre sur lequel il n'utilisait pas de magie ?
Eric hocha la tête, se remémorant parfaitement son heure de colle avec le Professeur d'Histoire de la Magie et la tentative de Flores de cacher le vieux livre pour ne pas qu'il le voit.
- Je vais envoyer une lettre à Seabert pour penser à regarder ça pendant les vacances. Je vous enverrai un hibou si je trouve quelque chose d'intéressant.
Tout le monde acquiesça.
- Et moi je trouverai un moyen de creuser le sol, s'entêta Erin alors que plus personne ne s'occupait d'elle.
- Bon, la séance est levée, clama Daralis sans daigner répondre à son amie.
Ils reprirent tous leurs sacs et besaces qu'ils avaient étalés aux quatre coins de la pièce et voulurent sortir de la salle l'un après l'autre. Eric, le premier de la file, s'arrêta brusquement après avoir ouvert la porte, créant un embouteillage derrière lui et des grognements retentirent alors que quelques pieds se faisaient écraser.
- Mons… Monsieur Wiertz ? bredouilla-t-il, surpris.
- Je t'ai déjà dit de m'appeler Antoine voyons, sourit le Concierge. Mais que faites-vous là ? Vous ne devriez pas être en étude avec les autres ? Allez oust, du vent !
- Oui Monsieur… Antoine ! A bientôt ! s'exclama Eric, soulagé de ne pas se faire punir pour vagabondage dans les couloirs.
Les quatre Cracmols sortirent l'un après l'autre sous le regard bienveillant du Concierge.
Jeudi 5 décembre 2019
Coucou Seabert !
J'espère que papa et maman vont bien et que tu es guéri de ta grippe de la semaine dernière. Cela dit, on sait tous les deux qu'avec les traitements de choc de maman, les grippes ne font pas long feu. J'espère aussi que Perks ne t'aura pas sauté dessus dès que tu as pu sortir de ton lit, je suis sûre qu'à ce moment-là tu avais plus besoin d'un chocolat chaud - ceux de Wimly me manquent tellement ! Bon, ceux de Poudlard ne sont pas mal non plus, tu verras dans deux ans - que d'un cours de calcul ou d'initiation aux runes.
Pour répondre à ta question, ici, tout roule. Comme je te disais, Warley pourrait être plus sympa… Mais je fais avec. Je ne connais toujours pas tellement les filles de mon dortoir, cela dit j'y reste le moins possible, à part pour écrire mon courrier tranquillement comme maintenant et pour dormir. Sinon, je passe le plus clair de mon temps avec les trois autres Cracmols et leurs amis. Ils sont vraiment super, chacun à leur façon. Sauf la petite Potter. Elle m'agace toujours autant celle-là, je compte sur toi pour m'aider à lui préparer un petit quelque chose pour le jour où elle deviendra vraiment insupportable. Rien de méchant, il ne faudra surtout pas qu'on sache que c'est moi sinon Erin m'en voudra à vie et Eric risque de prendre son parti pour ne pas se disputer à nouveau avec elle. Enfin, jusque là, j'arrive à lui rabattre le caquet quasiment à tous les coups. D'ailleurs, les garçons ont avoué qu'ils comptaient les points entre Potter et moi… Ils sont mignons mais elle n'a aucune chance. Voilà pour ma vie à l'école, comme tu le vois, on essaie de se faire un peu plus discrets après notre petit coup d'éclat à Halloween.
Ce n'est pas pour autant que nos cerveaux ne turbinent pas. Je t'avais un peu parlé de notre second prof d'Histoire de la Magie, qui est étrange voire carrément flippant, mais j'avais oublié de te parler du grimoire qu'Eric a vu dans son bureau lors d'une retenue avec lui il y a un moment. On en a tous reparlé il y a quelques jours et je viens de me rappeler qu'il fallait que je te pose une ou deux questions à ce sujet. En gros, il a remarqué un livre tout abîmé avec des pages qui sortaient de partout et le prof avait l'air de ne pas pouvoir manipuler le livre magiquement, du genre en le faisant léviter, seulement manuellement. On a trouvé ça bizarre et il me semblait avoir lu quelque chose à propos d'un grimoire de ce genre dans l'un de tes livres sur Vercingétorix ou je ne sais plus qui. Si ça te parle, je veux bien que tu me le retrouves, sinon, on le cherchera tous les deux pendant les vacances de Noël.
Oh, en parlant de Noël, tu sais si tous les grands-parents seront là ? Et parmi nos oncles et tantes ? J'ai hâte de revoir tout le monde, et surtout toi ! Tu verras, Grouf a encore plus de poils qu'avant si c'est possible. Il est toujours aussi vert. J'ai décidément de la chance niveau coloris, mon boursouflet et mes uniformes sont parfaitement assortis à mes yeux ! En parlant de Grouf, le voilà qui s'agite. Tu comprends, ça doit bien faire un quart d'heure que je ne lui ai pas accordé d'attention. Je vais te laisser.
A très bientôt, embrasse papa et maman pour moi,
Gros bisous !
Daralis
La jeune fille reposa sa plume à côté d'elle et tenta d'empêcher Grouf de sautiller partout sur l'encre fraîche tout en riant, ce qui ne lui facilitait pas la tâche. Elle était arrivée à cours d'encre auto-séchante et ces derniers temps, la moitié de ses devoirs se retrouvaient constellés de petites traces laissées par la boule de poils, dont les passions dans la vie étaient au nombre de quatre : dormir, manger, les câlins et se prendre pour une balle rebondissante. Elle attrapa Grouf dans sa main et le déposa sur son épaule droite. Il ne tarda pas à lui chatouiller le cou et l'oreille avec sa fourrure duveteuse, tirant un gloussement à Daralis. Elle le gratouilla doucement et aurait juré l'entendre ronronner sous sa caresse.
Heureusement que Grouf était là. C'était la seule chose positive à Poudlard qui lui rappelait la maison. Elle avait beau croiser Warley tous les jours, il ne lui inspirait que de la tristesse teintée de dégoût. L'ambiance dans les cachots de Serpentard lui pesait sérieusement. Tout le monde l'ignorait ou presque. Elle retrouvait régulièrement ses affaires déplacées ou ensorcelées sans qu'elle puisse rien y faire. Lorsqu'elle était à son bureau ou sur son lit, il lui arrivait de sentir un regard sur elle, de lever la tête et de voir Chloe Zabini se hâter de retourner à ses occupations. Pourquoi passait-elle son temps à l'observer ? Daralis ne voyait pas en quoi elle pouvait intéresser cette fille Sang-Pur dont la famille s'était sortie avec panache de l'après-guerre, contrairement à beaucoup d'autres, en gardant leur fortune intacte. Les parents de Daralis étaient importants mais elle était persuadée qu'il valait mieux tenter de se rapprocher de son grand frère qui promettait de devenir un sorcier émérite, riche et ambitieux.
Les seuls à lui témoigner un peu de sympathie dans sa Maison étaient Albus Potter et Scorpius Malefoy. Ils échangeaient toujours un sourire lorsqu'ils se croisaient et Scorpius l'avait même aidée à prendre soin de Grouf un jour où il était un peu malade. Malgré tout, Daralis n'avait pas la moindre envie de s'acoquiner avec un autre Potter, Lily lui suffisait. Largement. Heureusement que les autres membres de leur petit groupe étaient géniaux. C'était la deuxième famille de Daralis. Grouf sautilla vers la photo de l'anniversaire d'Eric, que Nash avait réussi à dupliquer avec l'aide de Serdaigle plus âgés qui faisaient partie du Club d'Art, afin que chacun ait un exemplaire du cliché. Le petit boursouflet s'arrêta sur le visage d'Ispahan et émit un petit sifflement, synonyme de joie chez la boule de poil. Il faut dire que le jeune garçon avait des raisons de lui plaire ! Il maîtrisait l'art de la gratouille avec dextérité et il n'oubliait jamais de lui faire goûter un peu de tout ce qui passait dans son assiette. Ispahan était passionné par les animaux. Il était très empathique et faisait toujours passer les autres avant lui. Daralis le trouvait impressionnant. Elle ne savait pas exactement ce qu'il avait vécu avant d'arriver à Poudlard, personne ne le savait en dehors de sa sœur. Cependant, elle était persuadée que ça ne devait pas être tout rose. Sinon, pourquoi rester à l'école pour les fêtes de Noël ? La jeune fille se mit mentalement un coup de pied au derrière. Elle n'avait pas le droit de se lamenter. Elle avait des amis sincères et une famille aimante, elle. Elle ne flancherait pas. Elle était une Kestrel !
Elle se décida à monter à la volière pour envoyer la lettre à Seabert. Elle tendit sa main vers Grouf, qui sauta dedans avec enthousiasme avant de se blottir dans la poche intérieure de la cape de la jeune fille, dans laquelle elle venait de le déposer. Elle enfila ses chaussures et se dirigea avec entrain vers la volière. Et mieux valait faire preuve d'entrain quand on s'y rendait depuis les cachots parce qu'il fallait traverser plus de la moitié de l'école. Daralis se promit de faire en sorte de prendre un hibou dans les prochaines années ou encore de convaincre Seabert que c'était vraiment l'animal idéal à Poudlard, comme ça elle pourrait lui emprunter lorsqu'il intègrerait l'école à son tour, après lui avoir appris à venir jusqu'à elle sur demande bien sûr. Elle n'aurait qu'à se rendre au rez-de-chaussée au lieu de partir en expédition à chaque fois. Cependant, la jeune fille aimait ces moments de solitude, propices à la réflexion et à l'exploration des couloirs.
Elle adorait discuter avec certains tableaux qui avaient visiblement passé trop de temps dans leur cadre. Une partie d'entre eux prenaient un peu la poussière et devenaient un peu fous au fil des années. Daralis avait même trouvé sur le chemin de la volière un portrait de Willy Knittyponk, le sorcier qui avait, selon ses dires, trouvé un traitement contre la grippe du gnome, consistant à s'enduire de crottin d'Abraxan agrémenté de jus de Bubobulb. Entre deux énormités, il lui racontait ce qu'il voyait lorsqu'il se baladait dans son deuxième portrait à Sainte Mangouste. Daralis avait déduit de ses descriptions qu'il apercevait régulièrement sa mère et ses récits étaient toujours plutôt rocambolesques. Lorsque la jeune fille passa devant lui ce jour-là, il était absent de son tableau. Probablement en train d'essayer de convaincre les guérisseurs de l'efficacité de la bave de Doxy dans le traitement de l'acné ou quelque chose dans ce goût-là, se dit-elle.
Elle arriva bientôt à quelques pas de la volière, presque déçue de ne pas avoir croisé Peeves. Il lui rappelait son petit frère et elle en un seul esprit. En plus tordu quand même. Et puis, Peeves était loin d'être tolérant envers les Cracmols. Daralis avait entendu dire qu'il avait plus d'une fois mené en bateau le Concierge et ses prédécesseurs. Heureusement que le Baron Sanglant l'effrayait, autrement, il serait devenu incontrôlable avec le temps. Daralis, qui arrivait devant la porte de la volière, se demandait bien pourquoi le fantôme de Serpentard avait autant d'autorité sur l'esprit frappeur.
- Oups, pardon, dit une voix masculine devant la jeune fille.
Daralis leva la tête. Elle venait de se retrouver nez à nez avec Warley, son frère aîné. Quelle coïncidence !
- Oh, c'est toi, siffla-t-elle entre ses dents en plantant ses yeux dans ceux du garçon.
Warley se figea en reconnaissant sa sœur et se mit à se dandiner sur un pied puis sur l'autre, Daralis lui bloquant le passage.
- Je… J'aimerais passer. S'il te plaît, osa-t-il après de longues secondes de réflexion.
Daralis ne bougea pas d'un iota. Elle sentait la colère monter en elle et bientôt, elle aurait pu jurer que de la fumée lui sortait par les oreilles et que ses cheveux s'étaient dressés sur sa tête. Warley était chanceux, si elle avait été une sorcière, il aurait tâté de sa baguette sans plus attendre. Cela faisait des semaines qu'ils ne s'étaient pas retrouvés seuls tous les deux.
- Warley Kestrel, tu as intérêt à t'expliquer sur ton comportement, lui intima-t-elle en le repoussant à l'intérieur de la volière d'un doigt sur la poitrine. Je suis ta sœur, tu passes ton temps à m'éviter et là, tu ne me dis même pas bonjour et TU CHERCHES A ME FUIR !
Elle avait monté le ton au fur et à mesure de sa phrase, qui se termina dans un cri qui fit s'envoler la plupart des hiboux et chouettes perchés dans la partie basse de la volière.
- Daralis, c'est pas ce que tu crois…
- Comment ça, c'est pas ce que je crois ? On en a déjà discuté vers le début de l'année mais visiblement, ça n'a pas suffi à éclairer ce qui te sert de neurone. D'où tu ne comprends pas que tu es mon frère et que tu es censé être là pour moi ? M'aimer même si je n'ai pas de pouvoirs magiques ? Tant qu'on y est, on peut faire renaître l'idéologie puriste, allons-y !
- Je t'ai déjà dit, il ne s'agit pas de ça…
- Eh bien, de quoi alors ? Ah oui, j'oubliais ! Ton image, ta réputation. C'est vrai que le racisme envers sa propre sœur est tellement mieux vu dans la société que soutenir sa famille. Tu as été élevé où ? Papa et maman nous ont toujours appris la tolérance. On s'est toujours super bien entendus. Et toi, tu gâches tout !
La voix de Daralis s'était brisée à la fin de sa tirade. Elle savait qu'elle n'arriverait pas à retenir ses larmes bien longtemps encore. Mais elle ne devait pas pleurer. Pas devant lui.
- Ecoute, Dara… Tu es ma petite sœur et je t'adore, tu le sais. Mais à Poudlard, j'ai ma vie, mes amis et certains sont un peu, comment dire… Conservateurs. Alors c'est pas facile pour moi non plus. Ils n'ont rien contre les Cracmols mais ils ont du mal à accepter que des non sorciers étudient ici. Et puis, tu ne fais pas trop d'efforts non plus de ton côté. Tu es tellement partie du principe que personne n'allait t'accepter. Tu gardes toujours ton air froid et dur. Tu fais peur aux filles de ta classe, elles doivent avoir l'impression que tu vas les bouffer si elles disent un mot de travers. Alors fais un effort toi aussi. Tu terrorises même les élèves de deuxième année alors ne me fais pas le numéro de la pauvre petite enfant malheureuse. Tu es forte, Dara. Maintenant, essaye de te mettre un peu à la place des autres et de te remettre en question.
La petite fille resta muette. Elle ne s'attendait pas à ça. Et s'il disait vrai. Si elle paraissait aussi distante et peu encline à se faire des amis ? Elle ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois, ne sachant que répondre. Sans qu'elle ne s'y attende, son frère se pencha vers elle et la serra très fort dans ses bras, sans prévenir. Après quelques secondes, elle lui rendit son étreinte. Cette tendresse lui avait manqué. Elle se laissa aller et sentit toute la tension en elle disparaître. Depuis quand n'avait-elle pas ressenti cet amour fraternel, si omniprésent lorsqu'ils étaient chez leurs parents ? La jeune fille ne put retenir ses larmes plus longtemps. Elle se mit à sangloter, évacuant tant d'émotions négatives qui s'accumulaient depuis la rentrée. Le dortoir. Lily Potter. Les devoirs. Ne pas décevoir ses parents et obtenir les meilleures notes possibles. Ne jamais montrer ses faiblesses et sa sensibilité. Warley, tout en frottant doucement son dos, lui dit à l'oreille, radouci :
- Tu seras toujours ma petite sœur préférée, d'accord. Mais il faut que tu te prépares à ce qui t'attend dans le monde. Et il n'est pas tendre. Que ce soit avec toi ou avec les autres. Alors sois forte, Dara, comme tu l'es déjà. Mais n'oublie pas d'ouvrir ton cœur quand même, d'accord ?
Il relâcha Daralis et lui ébouriffa tendrement les cheveux, lui tirant un petit rire alors qu'elle reniflait.
- Il faut que j'y aille, ma p'tite Chocogrenouille. J'ai un devoir en groupe à faire et je vais être en retard, lui dit-il avec un clin d'œil.
- Je suis pas ta p'tite Chocogrenouille, répliqua Daralis en tirant la langue, faussement vexée.
- Si tu l'es. Allez, j'y vais. Va donc poster ta lettre. Seabert n'attend que ça.
- Comment tu sais que… ?
- Je te connais par cœur. A plus tard.
- A plus tard, Warlouney !
Le garçon explosa de rire et après un dernier signe de la main, il sortit de la volière. Daralis se retrouva seule, un sourire sur le visage. Grouf s'agita dans sa poche intérieure. Elle l'attrapa dans sa main et l'approcha de son visage.
- Je crois qu'il a raison, mon petit. Je crois qu'il a raison.
Elle le laissa se frotter à son menton, avant de le déposer sur son épaule. Maintenant, elle devait envoyer cette lettre à son petit frère.
Dimanche 8 décembre 2019
Toc toc toc.
Ispahan souffla doucement sur ses mains, tentant de les réchauffer avant qu'elles ne deviennent deux glaçons gelés. Il était partit tellement précipitamment de son dortoir qu'il en avait oublié ses gants et son bonnet, ses mains et ses pauvres oreilles rougies par le vent froid de décembre étant les seuls témoins de ce moment d'égarement. Et rien qu'en frappant à la porte de la cabane d'Hagrid, il avait eu l'impression de perdre trois doigts. Pourquoi donc le Garde Chasse avait-il semblé si pressé de le faire venir ? Un léger nuage se forma au rythme de son souffle, brouillant une partie de sa vision.
Enfin la porte s'ouvrit et Ispahan s'engouffra dans l'ouverture, manquant de se prendre le lévrier en pleine tête.
- Oups ! Pardon ! s'excusa-t-il avant de se précipiter vers le petit feu qui réchauffait la maisonnette sans plus se préoccuper de rien. Il avait vraiment eu froid dehors. Ses paumes reprirent peu à peu quelques couleurs plus vivantes et le Poufsouffle se tourna vers l'entrée de la cabane.
- Bonjour Professeur, le salua-t-il se rendant compte qu'il avait pu paraître malpoli.
Un sourire le rassura.
- B'jour Ispahan. Tu as bien reçu mon message à c'que j'vois.
Ispahan le regarda en grimaçant. Il aurait difficilement pu passer à côté… Comme si Hagrid avait lu dans ses pensées, il renchérit.
- C'est qu'j'avais plus d'chouettes de libres. Du coup j'ai dû d'mander à Crick de faire l'messager. J'étais pas sûr qu'il ait bien compris… tenta d'expliquer le Garde Chasse.
Ah ça, pour avoir compris, Crick avait compris… C'était un hurlement qui avait réveillé Ispahan ce matin-là, aux alentours de huit heures. Lancelot, un des garçons qui partageaient son dortoir, venait de tomber nez à bec avec Crick en voulant ouvrir la fenêtre pour voir s'il neigeait toujours. Ispahan avait sauté du lit pour rassurer son compagnon de chambrée en reconnaissant l'animal. Hagrid lui avait envoyé un hippogriffe.
Mais quel genre de personne envoie une lettre en utilisant un hippogriffe ? Il n'y avait vraiment qu'Hagrid pour penser que cela pouvait être sans danger…
Revenant à l'instant présent, et après avoir bien vérifié que tous ses doigts fonctionnaient à nouveau, Ispahan s'approcha de Morglas et commença à le gratouiller derrière les oreilles, un endroit que le chien appréciait tout particulièrement.
- Pas de souci, mentit Ispahan. Crick m'a bien fait passer le message.
Le plus dur avait été de détacher la lettre sans se prendre un coup de griffe accidentel.
- Mais j'avoue ne pas l'avoir très bien compris, continua-t-il. Il était un peu succint.
- Oh oui pardon ! C'est vrai qu'j'ai fait un peu dans l'urgence, mais j'me suis dit qu'tu m'en voudrais pas quand tu verrais.
Voir quoi ? Ispahan aurait bien aimé le savoir, mais Hagrid s'était déjà détourné de lui et farfouillait dans l'un de ses coffres, situé dans un recoin un peu plus sombre de la cabane.
- Ah voilà, j'savais bien qu'il m'en restait, marmonna Hagrid en remuant la malle.
Il se redressa de toute sa hauteur avant de balancer quelque chose en direction d'Ispahan, qui réussit à l'éviter par pur réflexe en s'élançant sur le côté. Ce fut le rire d'Hagrid qui lui fit comprendre que son geste était peut-être un peu démesuré et il se releva précipitamment en époussetant sa robe. Il regarda où l'objet était tombé et se rendit compte qu'ils étaient en fait trois. Un bonnet rouge délavé et deux gants qui auraient pu être marron dans une autre vie.
- Faut pas sortir aussi peu couvert par c'temps-là, le sermonna Hagrid de sa voix bourrue, sinon tu vas finir par tomber malade !
Ispahan se retint de lui faire remarquer que voir un hippogriffe devant sa fenêtre l'avait quelque peu déstabilisé et se contenta de ramasser les gants et le bonnet et de les enfiler avant de suivre le Garde Chasse qui semblait particulièrement content ce matin-là.
En sortant de la cabane, Ispahan ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil vers Poudlard en songeant que ses amis, Eric, Erin et Daralis, devaient encore être tranquillement en train de dormir sous leurs couvertures bien chaudes. Il haussa finalement les épaules. Quand cela concernait un animal, Ispahan était prêt à tout. Même à se lever aux aurores un dimanche matin au début de l'hiver, sans savoir exactement vers qui ou quoi le menait son Professeur. Malgré certains côtés qui le faisaient carrément flipper, Ispahan avait une confiance quasi aveugle en Hagrid. Et c'était bien l'un des seuls professeurs qui pouvaient s'en targuer. C'était aussi pour cette raison que le petit Poufsouffle le suivait sans discuter après avoir reçu un parchemin on ne peut moins explicite, porté par un hippogriffe légèrement énervé de servir de messager.
Ce fut le son d'un grincement de porte qui le sortit de ses pensées. Ils étaient arrivés devant l'écurie. Est-ce qu'un autre Sombral s'était blessé ?
Il savait qu'il était un des seuls élèves à voir ces animaux qu'il trouvait majestueux. C'était pour cette raison qu'Hagrid l'avait pris sous son aile. Ce n'était pas tous les jours qu'un enfant de l'après-guerre et en première année de surcroît, pouvait les voir. Le Garde Chasse n'avait pas cherché à savoir comment c'était possible. Il avait bien compris que le garçon était timide, voire même un peu renfermé et que le brusquer ne ferait que le blesser. Hagrid était patient et il savait qu'un jour ou l'autre, la discussion s'imposerait. Mais pas tout de suite.
Ispahan s'arrêta devant l'unique box occupé. Il se tourna en souriant vers Hagrid.
- J'me disais bien qu'tu s'rais content d'la voir. J'me rappelle qu'vous aviez passé un bon moment tous les deux dans la forêt.
Le Poufsouffle acquiesça, détaillant la Sombral qui lui faisait face. C'était la jument pleine qu'il avait rencontré par deux fois dans la Forêt Interdite. La deuxième rencontre ayant été un peu plus brusque que la première puisqu'il lui était rentré dedans. Par deux fois il avait eu l'impression que la Sombral tentait de lui dire quelque chose. Et aujourd'hui encore, en plongeant ses yeux dans le regard intelligent de la jument, il comprit qu'elle lui offrait à nouveau ce même pacte. Pacte qu'il accepta une fois de plus. Peu importe ce qu'elle attendait de lui, il lui promit qu'il ferait de son mieux pour y parvenir.
Il se tourna vers Hagrid pour lui demander ce qu'elle faisait là, mais il le devança, devinant sa question muette.
- J'l'ai trouvée ici ce matin. Elle a dû décider qu'il faisait trop froid dehors pour continuer sa gestation en toute sécurité. Quand j'l'ai vue, j'ai tout d'suite envoyé Crick te prév'nir.
- Merci Professeur, murmura le garçon.
Hagrid lui serra gentiment l'épaule avant de s'éloigner vers le fond de l'écurie pour leur laisser un peu d'intimité.
Ispahan ouvrit la porte du box et s'avança vers la Sombral qui renâcla doucement à son approche. Il s'arrêta un instant, admirant son ventre rond, son encolure musclée et ses jambes fines. Il tendit la main vers la jument pour qu'elle le renifle, attendant qu'elle lui donne l'autorisation de s'approcher. La Sombral lui donna un petit coup de tête signifiant son accord et se remit à mâchonner un reste de lapin qui traînait dans le coin du box. Ispahan esquissa une grimace à la vue peu ragoutante de la carcasse puis se reconcentra sur la jument.
- Je me demande bien comment tu t'appelles… Hagrid a oublié de me le dire, chuchota-t-il en caressant son ventre rebondi.
La mise-bas ne devrait plus tarder. Peut-être même qu'elle aurait lieu pendant les vacances. Ce serait sa seule consolation à rester à Poudlard. Au moins il pourrait venir la voir tous les jours… Peut-être qu'il en parlerait aux autres s'ils s'envoyaient des lettres à Noël. Pour le moment, il ne voulait pas partager le lien qui le liait à la Sombral avec quelqu'un d'autre. De toute façon, ses amis ne comprenaient pas son attachement aux animaux. Et ils ne voyaient même pas les Sombrals. Ispahan avait un peu peur que les autres se moquent de lui à cause de sa passion. Il préférait donc la taire, quitte à disparaître quelques heures sans que ses amis ne le remarquent. Bien sûr, Hagrid avait déjà dévoilé une de ses escapades lors du cours sur les Fléreurs. Mais Ispahan avait voulu garder les suivantes pour lui.
Il passa ses paumes sur la peau soyeuse de la jument, s'attardant sur le flanc pour essayer de sentir le poulain. Il sursauta lorsqu'il sentit un coup contre ses mains.
- Hé bah… Il a déjà de la force ce petit ! Je suis sûr que tout se passera bien, déclara-t-il à la Sombral qui le regardait de ses yeux noirs brillants d'intelligence.
Il sourit lorsqu'il comprit.
- Je te promets que je reviendrai, Héméra.
Il la caressa une dernière fois, sentant encore un petit coup du poulain et sortit du box.
La jument le regarda faire et, l'espace d'un instant, il crut apercevoir le reflet d'un sourire sur sa tête. Le temps de cligner des yeux et l'impression disparut. Il avait sans doute rêvé. Un Sombral ne sourit pas.
Héméra… Quel joli prénom pour un Sombral...
Vendredi 20 décembre 2019
Orphelinat - Ancienne Cabane Hurlante - Pré-au-Lard
- Encore merci pour votre aide, les enfants ! Grâce à vous, mes petits protégés vont pouvoir passer un Noël un peu plus chaleureux. Profitez bien du banquet de ce soir. De mémoire, il est excellent.
- Merci, Mrs McGonagall, répondirent plus ou moins en chœur les élèves venus lui prêter main forte pour l'après-midi.
- Et maintenant, suivez-moi, leur ordonna un peu sèchement Nancy Mosley, professeure de Potions et directrice de Serpentard qui les avait accompagnés à Pré-au-Lard ce jour-là et qui semblait en avoir un peu marre des cris et des rires tonitruants de la troupe qu'elle avait eu à maîtriser. Ses cachots étaient presque en train de lui manquer.
Connaissant la patience limitée du Professeur, les enfants obéirent rapidement et sortirent en rang de ce qui avait été la Cabane Hurlante, non sans adresser de grands sourires et de grands gestes de la main à Minerva McGonagall et aux orphelins desquelles elle s'occupait depuis des années. En effet, à la suite de l'année des Ténèbres, elle avait choisi de se consacrer aux enfants qui avaient tout perdu pendant la guerre et n'avait jamais cessé depuis. En parallèle, elle continuait ses recherches en Métamorphose dans un laboratoire qu'elle avait aménagé au dernier étage de la Cabane.
Nancy Mosley libéra avec un soulagement à peine dissimulé ses élèves dès qu'ils eurent passé le portail de l'école et les laissa vaquer à leurs occupations. Erin et Ispahan décidèrent d'aller s'asseoir sur un de leurs bancs préférés, non loin du Lac, protégé par un immense chêne, en attendant que leurs amis les rejoignent. Ce dernier vendredi avant les vacances de Noël, les clubs avaient été annulés et avaient laissé place à une demi-journée dédiée aux actions caritatives. Daralis, Eric et Hugo avaient préféré se consacrer à la distribution de cadeaux à Ste Mangouste. Quant à Lily et Nash, ils participaient à la confection de pulls et écharpes en laine destinés à être donnés à des familles pauvres, dont des familles moldues, sur l'initiative de Tomas Baker, leur professeur d'Etude des Moldus. Erin aurait bien voulu tricoter mais cette activité était réservée aux sorciers car la magie était nécessaire pour aller plus vite. Et puis, les autres n'avaient pas osé lui dire mais… Disons qu'imaginer la jeune fille fabriquer des vêtements avec patience et minutie était un peu difficile.
Erin suivait Ispahan tant bien que mal dans le Parc, tentant de se frayer un chemin derrière lui dans la neige. Elle essayait bien de marcher dans ses traces de pas pour moins s'enfoncer dans l'épaisse couche de poudreuse mais le garçon avait décidément des jambes bien plus longues que les siennes et elle devait sauter d'un trou à l'autre pour garder le rythme.
- Ispy… souffla-t-elle, haletante. Attends-moi...
- Ah mince, désolé ! J'étais dans mes pensées.
La petite fille le rejoignit en quelques enjambées titanesques et ils cheminèrent ensemble sur les cent derniers mètres les séparant de leur objectif, Ispahan veillant à calquer son allure sur celle de son amie.
- Pré-au-Lard, c'est vraiment magnifique. Je n'y étais jamais allé. J'ai hâte de pouvoir y aller librement en troisième année. Enfin, si je peux…
- Oh moi aussi, j'ai hâte ! Tu imagines ? On pourra aller acheter toutes les friandises que l'on voudra sans que personne n'ait rien à y redire ! Et aller admirer les balais. Et peut-être même boire de la Biéraubeurre. Miam !
- C'est vrai, ça risque d'être vraiment sympa, admit Ispahan avec un demi-sourire, les yeux dans le vague.
Ils venaient d'atteindre le banc, miraculeusement sec grâce à l'arbre le surplombant, et ils s'y assirent dans un soupir.
- J'ai toujours trouvé la neige sublime.
- C'est vrai que c'est pas mal. Mais l'inconvénient quand il fait ce temps-là c'est que je ressemble plus à un oignon qu'à un être humain avec toutes ces couches.
- Ahah ! fit Ispahan dans un éclat de rire, le regard brillant. C'est pas tout à fait faux. Mais tu es un oignon sympa alors ça va.
Erin le poussa du coude et fit mine de bouder, sans y parvenir. Elle ne pouvait s'empêcher d'être heureuse de cette journée. L'école était paisible dans son manteau blanc. Elle avait adoré décorer l'orphelinat et voir des sourires illuminer les visages des enfants, parfois à peine plus jeunes qu'elle, qui n'avaient plus la chance d'avoir un chez-eux avec des parents aimants, un chien pour leur faire la fête, des cadeaux sous le sapin et des câlins de leurs grands-parents. Et la perspective du repas qui les attendait le soir-même n'était pas pour lui déplaire non plus. A cette pensée, son estomac sembla avoir compris ce qu'il se préparait le concernant car il se mit à gronder bruyamment.
- Si j'en crois mes oreilles, tu es déjà prête pour le festin.
- Je suis sûre que tout va être si bon ! Dopkey nous avait parlé de quelques plats, tu te souviens ? J'ai hâte de goûter le pudding aussi. Et Scott m'a dit que la dinde était à tomber.
- Fais attention, on va finir comme à Halloween si on part comme ça.
- Avec une citrouille à la place de la tête ou transformés en squelette ?
- Non ! Quoique… Faudra quand même demander à Lily et Hugo s'ils n'ont pas des infos sur les agissements des Weasley et associés. Je parlais plutôt de l'indigestion qui avait suivi.
- Ah, ça ! M'en parle pas. J'ai mis une semaine à m'en remettre. Je ne pouvais plus voir un bonbon sans avoir la nausée.
- Pareil ! Les pommes de terre au beurre m'ont fait cet effet-là pendant quelques jours aussi.
Il se massa le ventre, le souvenir de ces instants douloureux toujours bien présent dans sa mémoire. Lui, Ispahan Rosier, goinfre de son état, n'était pas sorti indemne du repas d'Halloween, malgré un entraînement intensif de deux mois depuis la rentrée.
- Et puis demain, ajouta Erin, il va falloir se lever tôt pour aller prendre le train. Alors il vaudrait mieux que nos foies soient en bon état.
- Tu sais, je prendrai pas le train moi, demain matin, lui fit remarquer Ispahan avec une moue de déception, la tête basse et faisant balancer ses pieds sous le banc.
- Oh, pardon, j'avais complètement oublié. Je suis vraiment nulle. C'est que… C'est pas évident d'imaginer ce trajet sans tout le monde, tu comprends ? Enfin je veux dire… Tu vas nous manquer et…
- T'inquiète pas, Erin, je sais que tu n'as pas fait exprès. Et je t'assure que je serai mieux à Poudlard pour Noël. Je vous écrirai et j'en profiterai pour fouiller la bibliothèque de fond en comble !
- Nous aussi on t'écrira. Je t'enverrai une lettre presque tous les jours. J'espère vraiment que tu ne vas pas t'ennuyer tout seul. Ta sœur reste aussi à Poudlard pour les vacances ?
- Phyllis ? Non, elle rentre au Manoir. Mère veut s'assurer qu'elle se prépare convenablement à son mariage, je crois.
- Son mariage ? demanda Erin, la bouche ouverte et les yeux exorbités. Attends, on parle bien de la même Phyllis. Celle qui est en cinquième année à Serpentard. Qui a quelque chose comme quinze ans et demi.
- De celle-là même, répondit Ispahan.
- Je croyais qu'il fallait être majeur pour se marier. Mais personne ne l'a jamais vue avec un garçon. Elle a un amoureux ? Elle est enceinte ? Je comprends pas. Pourquoi est-ce qu'elle se marierait ?
- Je ne crois pas non plus qu'elle ait un amoureux. Enfin en tout cas, si elle en a un, ce n'est pas avec lui qu'elle va se marier dans un an et demi.
- Mais ça veut dire que… C'est un mariage arrangé…
- Ouais, soupira Ispahan, dégoûté lui aussi. Nos parents lui ont annoncé ça au mois d'août. Je pense qu'ils ont prévu le coup depuis sa naissance. Ils lui ont trouvé un bon parti. Athelstan Pucey.
- Pucey ? Comme Wynter Pucey ?
- Oui, c'est son frère aîné.
- Eh bah, s'il est comme sa sœur, je plains Phyllis. Enfin, non pas que j'adore ta sœur. Elle a pas l'air particulièrement sympa avec toi. Mais quand même. Et ça voudrait dire que tu deviendrais… réfléchit Erin en comptant sur ses doigts. Le beau-frère de Wynter ! L'horreur.
- Ah tiens, j'avais jamais pensé à ça…
- Brrr, rien que d'y penser, ça me fait froid dans le dos.
Erin croisa les bras et se frotta les épaules. Elle n'avait pas particulièrement froid avec ses douze couches de vêtements mais elle était en train de se retrouver projetée dans un monde qu'elle ne connaissait pas avec des problèmes d'adultes bien éloignés de ses considérations d'enfant qui consistaient principalement en trois actions : manger, s'amuser et avoir des bonnes notes. Elle repensa à la conversation qu'elle avait eu avec Ispahan le jour d'Halloween, juste avant que les têtes de tout le monde n'enflent et qu'elle se retrouve à moitié transparente.
- En parlant de Phyllis… Tu avais commencé à me raconter quelque chose l'autre jour, tu te rappelles ?
- Oui. En fait, je ne peux pas m'empêcher de m'inquiéter pour elle, avec cette histoire de mariage. Avant, ça me laissait un peu indifférent. Elle a toujours été infecte avec moi, à me faire les pires vacheries possibles. Elle a même failli me faire tuer une ou deux fois. C'est une fille intelligente et elle ne m'aurait pas mis en danger sans en être consciente. Du coup, j'étais parti du principe qu'elle me détestait et qu'elle ne cherchait qu'à me nuire.
Erin ne prononçait plus un mot et n'osait plus respirer. Les confidences d'Ispahan étaient rares et elle ne voulait pas l'interrompre.
- Un jour, alors que je cherchais une salle pour notre laboratoire, avant qu'Eric n'en trouve une, je me suis retrouvé dans une salle qui avait l'air pas mal. Quelque chose s'est mis à bouger dans une armoire. J'ai voulu voir de quoi il s'agissait, j'ai ouvert et… Quelque chose d'effrayant en est sorti. J'ai cru que… Enfin, j'ai eu extrêmement peur. D'un coup, Phyllis est arrivée et elle m'a sauvé. Ensuite elle est repartie comme elle était venue. Je ne sais même pas comment elle m'a trouvé ni pourquoi elle m'a aidé. Je sais plus quoi en penser… Et puis, dernièrement, elle a l'air d'un zombie. Avant, elle était un peu comme Daralis, tu vois ? L'air fier et espiègle.
Erin acquiesça. Elle voyait très bien ce qu'Ispahan voulait dire. Pour le reste, elle était un peu perdue. Elle ne comprenait pas non plus le comportement de Phyllis. Et de trop nombreuses zones d'ombre persistaient concernant son ami. Elle sentait qu'il omettait des éléments importants. Ce n'était pas pour autant le moment de lui demander des précisions, ou il risquait de se fermer comme une huître.
- On va mener l'enquête, t'en fais pas. On va finir par comprendre ce qui lui a pris, essaya-t-elle de le rassurer. Et puis, tant qu'elle ne tente plus de te causer des problèmes, tu n'as pas à t'inquiéter, d'accord ?
Ispahan hocha la tête et regarda Erin. Il lui était reconnaissant de l'avoir écouté sans l'interrompre. Il savait que cela lui avait demandé un effort colossal. Observant la neige autour d'eux, une idée lui vint à l'esprit, pour leur permettre de se changer les idées après une discussion aussi sérieuse.
- Oh, attention Erin, derrière toi ! s'exclama soudainement le garçon en pointant le doigt vers un monstre imaginaire derrière l'épaule de son amie.
- Quoi, quoi ? hurla Erin en se retournant en catastrophe.
Ispahan profita de cet instant pour se lever, s'éloigner en courant du banc, saisir une bonne poignée de neige et la jeter sur Erin, en plein dans le visage.
- Toi ! Tu vas voir ce que tu vas voir ! Aaaaaah !
Dans ce cri guerrier, elle se jeta dans la neige, prête à combattre pour défendre son honneur. Il n'était pas dit qu'une Shields perdrait une bataille de boules de neige !
Samedi 21 décembre 2019
Poudlard Express - Non loin de Londres
Daralis s'étira en baillant et regarda autour d'elle, la bouche un peu pâteuse. Erin était assise face à elle, la tête posée sur l'épaule de Nash. Lily et Hugo avaient rejoint leurs fratries pour la fin du trajet et la petite brune avait préféré rester avec ses amis Cracmols. Les Weasley et associés pouvaient être intimidants. Eric, quant à lui, s'était presque entièrement allongé à côté de Daralis. Tous dormaient, épuisés par les activités et le repas de la veille. La jeune fille jeta un œil par la fenêtre et reconnut l'entrée du tunnel qui les ferait déboucher sur la gare de King's Cross. Déjà ! Cela faisait quatre mois qu'ils étaient partis de chez leurs parents et tant de choses leur étaient arrivées depuis.
La petite blonde avait hâte de tout raconter à Seabert et à ses parents. Elle regarda l'heure sur la montre d'Eric et vit qu'ils allaient entrer en gare à peine quelques minutes plus tard.
- Eric, Erin, Nash, on va bientôt arriver, réveillez-vous, leur dit-elle doucement.
Ses amis émergèrent lentement de leur sommeil, les yeux bouffis et les cheveux ébouriffés.
- Déjà… remarqua Erin, qui avait du mal à garder la tête droite.
Le Poudlard Express commença à freiner alors que les enfants se levaient et s'étiraient, se promettant de s'écrire, sans bien sûr oublier Ispahan, qui resterait seul à l'école pendant deux semaines. Ils s'étreignirent dans un câlin collectif lorsque le train s'arrêta pour de bon, avant de descendre retrouver leurs familles respectives.
Daralis repéra son petit frère par la fenêtre de leur compartiment. Il essayait de se frayer un chemin à travers les familles qui attendaient pour se rapprocher du train.
- Seabert ! cria-t-elle par l'ouverture de la vitre.
Le garçon l'entendit miraculeusement et accourut vers son wagon alors qu'elle en descendait. Il lui sauta dans les bras. Daralis oublia son éternelle réserve un instant, le temps de profiter de cette étreinte. Oui, son petit frère lui avait manqué ! Elle ne tarda pas à le reposer par terre.
- Pfiou, tu es plus lourd que la dernière fois que je t'ai vu ! Va falloir dire à maman qu'elle arrête de te laisser manger des bonbons…
- Je mange pas de bonbons. Et en plus, j'ai beaucoup grandi !
- C'est vrai, j'ai failli pas te reconnaître, ricana Daralis.
Warley arriva derrière Seabert et l'attrapa à son tour, pendant que leurs parents les rejoignaient, heureux de retrouver leurs aînés après quatre mois de séparation. Leurs yeux brillaient. Ils se laissèrent aller à la joie des retrouvailles, embrassant leurs enfants qui, malgré la honte d'être ainsi la cible de l'amour parental devant tout le monde, étaient heureux de les revoir. En se dirigeant vers la sortie, Daralis aperçut Eric dans les bras de ses parents, ainsi qu'Erin tenant la main de sa mère, lui racontant probablement mille aventures, suivies par Scott, que son père serrait contre lui. Les vacances commençaient merveilleusement bien pour chacun d'eux, ou presque.
Et voilà pour cette fois :) C'est bientôt Noël ! Enfin pour eux. Oui parce que pour nous c'est encore les grandes vacances. Enfin encore un peu...
N'hésitez pas à aller lire la fiction parallèle sur Phyllis qu'on vient de mettre à jour et contient désormais deux chapitres. On attend vos petits mots doux avec impatience.
Cœur, cœur, love, love ! :D
XOXO
Andouille et Sushi
