Je sais, je sais, c'est tard.. Pour ma défense, je suis rentrée tôt du boulot et je me suis endormie comme une masse. Je me suis réveillée à 19h15 et il m'a fallut un certain temps pour percuter qu'on était vendredi. Donc voilà, juste à temps!

Merci à mes deux betas: morphée et mistycal, ainsi qu'à tous mes lecteurs...

J'espère que ceux de vous qui ont repris les cours/boulot ont passé une bonne rentrée et que ceux qui ne vont pas tarder à reprendre sont fins prêts.

A propos de ce chapitre, je préviens: je ne tolérerais aucune menace de mort! (contre moi, contre sirius vous pouvez) sinon, je vous file pas la suite! (je me méfie, hein, je vous connais); les jets de pierres ne seront pas appréciés non plus!

sur ce, je vous laisse à votre lecture!

Enjoy


Le matin du mercredi, Draco se réveilla bien avant la sonnerie du réveil. Il était partagé entre impatience et anxiété.

Impatience, car il avait son premier cours de soins aux créatures magiques dans moins de deux heures. Le premier cours qu'il pourrait réellement suivre, sans cacher son intérêt pour cette matière, sans devoir revêtir le masque méprisant du parfait apprenti-mangemort.
Anxiété, parce qu'après s'être mal comporté dans ce cours pendant trois ans, il craignait la réaction de Hagrid. D'autant plus maintenant que le demi-géant devait connaître les sentiments de Sirius à son égard. Alors que pendant ces trois années, Draco l'avait menacé de se plaindre à son père à tout propos, connaissant le mépris de l'homme pour le garde-chasse, aujourd'hui c'était Hagrid qui n'aurait qu'un mot à dire pour lui attirer les pires ennuis.
Aussi, dire qu'il était partagé au sujet de ce premier cours était un euphémisme.
Pour ne rien arranger, leur premier cours de DCFM avait lieu l'après-midi.

Malgré le peu de temps écoulé depuis la rentrée – seulement deux jours – il ressentait déjà le poids de la pression que faisait peser Sirius sur lui.
Le mardi matin, peu avant son cours de sortilège, le professeur de Défense l'avait arrêté dans le couloir et lui avait ordonné sèchement d'être ponctuel en cours à l'avenir. Ainsi, les professeurs rapportaient tous ses faits et gestes à son cousin. Il était donc sur le qui-vive dans chaque cours, surveillant chacune de ses réponses, le ton qu'il employait envers ses camarades ou ses enseignants. Il savait qu'il allait également passer tout son temps libre, et probablement une partie de ses nuits, à ses devoirs, afin de maintenir le niveau d'excellence exigé par l'animagus. Jusque là il avait toujours mis un minimum d'énergie dans ces derniers, les rendant corrects, sans plus, sachant que son père ne s'intéressait qu'aux résultats officiels des examens de fin d'année.

- Tu t'es levé à la gobeline, ce matin ?

La voix de Blaise le fit sursauter et il hocha la tête. Le métis lui sourit. Il était son meilleur ami et Draco n'avait pas besoin de lui expliquer pour qu'il comprenne.

- Tout va bien se passer, assura-t-il, tu verras. On va tous se tenir à carreaux. Seuls ceux qui aiment vraiment les bêtes ont gardé cette matière. Il n'y aura pas de chahut ou de mauvaises blagues, rien que puisse te reprocher Black. Et je suis sûr que Hagrid ne te causera pas de problèmes.

Draco hocha de nouveau la tête, l'air absent, et Blaise passa dans la salle de bain après lui avoir donné une claque amicale sur l'épaule.
Un peu plus d'une demi-heure plus tard, ils étaient attablés devant un solide petit déjeuner en compagnie du reste de leurs amis.
Juste avant la fin du repas, les hiboux commencèrent à arriver.
Un hibou aux ailes grises qu'il n'avait jamais vu se posa devant Draco qui, surprit, détacha la lettre attachée à la patte du volatile.

- Ché quoi ? demanda Goyle, la bouche pleine, s'attirant un regard noir de Pansy qui se décala prudemment vers Tracy Davies.

- Je sais pas, répondit prudemment Draco en tournant et retournant l'enveloppe entre ses mains.

L'écriture sur celle-ci ne lui disait rien. L'utilisation des lettres capitales rendant encore plus difficile toute identification.

- Le meilleur moyen de savoir, c'est encore de la lire, lui fit remarquer Blaise, qu'est-ce que tu risques ?

Accordant ce point à son ami, Draco décacheta la lettre et entama une lecture silencieuse sans voir le regard suspicieux de Sirius, braqué sur lui depuis la table des professeurs.

« Draco,

Ma mère m'a dit que tu te montrais très intéressé par le métier de Gardien de Dragons, elle tient ça de Tessa Black, comme tu t'en doutes.
J'avoue avoir été surpris, je ne m'attendais pas à ce qu'un métier aussi salissant et dangereux puisse retenir ton attention mais il est vrai que nous ne nous connaissons pas et que ma réaction était plus fondée sur l'image que j'ai de ton père que sur ton caractère. Ma mère me l'a bien fait réaliser, j'en ai les oreilles qui vibrent encore !

Au niveau scolaire je ne saurais que trop te conseiller de t'appliquer en défense contre les forces du mal et en soins aux créatures magiques qui sont les deux matières que nous utilisons le plus dans ce métier.
Pour le reste, c'est sur le tas qu'on apprend. Après avoir été accepté comme gardien, tu as une formation théorique de 4 mois, puis tu es gardien stagiaire pendant 2 ans. Tu seras sur le terrain, mais jamais seul. Et crois-moi, on en apprend tous les jours dans ce métier.

A un niveau plus personnel, je te conseille vivement de continuer à jouer dans l'équipe de quidditch car le vol fait parti intégrante de notre vie. Eviter les cognards sera un bon entraînement pour éviter les coups de queue ou les jets de flammes d'une femelle qui n'a aucune intention de nous laisser soigner l'un de ses petits.

J'ai l'intention de passer Noël dans ma famille, je serais donc au terrier pendant toute la durée des vacances scolaires. Je pourrais, si tu le souhaites, venir te chercher au square Grimmaud (j'ai cru comprendre qu'il valait mieux que je passe te prendre plutôt que de te donner rendez-vous quelque part) et nous pourrions nous installer au chaudron baveur ou transplaner à pré-au-lard, aux trois balais et discuter de tout ça. Je pourrais répondre à toutes les questions que tu te poses.
Si ce métier t'intéresse toujours autant, nous pourrions envisager que tu viennes passer une semaine ou deux en Roumanie l'été prochain pour que tu puisses voir par toi-même en quoi il consiste.

Bien sûr, si tu veux quelques renseignements avant les vacances, n'hésite pas à m'écrire, mais entre le temps qu'il faut à un hibou pour faire le trajet Ecosse-Roumanie puis Roumanie-Ecosse, je pense qu'il te faudra compter une bonne vingtaine de jours pour recevoir une réponse de ma part.
En attendant il y a trois livres très bien écrits que tu peux lire pour avoir une idée un peu plus précise de la « galère » dans laquelle tu t'embarques.
Le premier c'est "Les chroniques du dragon", c'est la reproduction du journal de Septimus Agorius, un grand Chasseur de Dragon de notre monde. Bien sûr on ne chasse plus les Dragons de nos jours, mais, au fil de ses récits de chasses, il donne de nombreuses indications précieuses sur ces magnifiques animaux. Du coup ce livre est à la fois utile et ludique et, s'il n'y en avait qu'un à lire ce serait celui là.
Le second se nomme "Le légendaire des Dragons", de Marie-Charlotte Delmas. Il s'agit d'un traité plus historique. Il n'est pas indispensable mais il est intéressant.
Enfin le troisième est "le monde fantastique des dragons", qui te répertorie un certain nombre de races. Il est d'Audrey Hette et, bien qu'une liste exhaustive des races de dragons te sera fournie en formation théorique, il est un bon point de départ pour partir avec quelques connaissances de bases.

J'espère que ces lectures te plairont (malheureusement, malgré mes supplications, je n'ai jamais réussi à convaincre Mme Pince de les commander pour la bibliothèque de Poudlard) et que tu n'hésiteras pas à me poser toutes les questions qui te viendront à l'esprit.

Je te souhaite en attendant une bonne rentrée (nous sommes le 26 aout à l'heure où je t'écris mais tu auras repris les cours quand arrivera ce hibou, voilà pourquoi je t'ai écris directement à Poudlard) et à bientôt.

Amicalement

Charlie Weasley »

Blaise, qui avait lu par dessus son épaule, lui adressa un sourire tandis que Draco repliait la lettre et la fourrait dans sa poche.

- C'est une affaire qui roule !

- Ce n'est rien d'autre qu'un projet, riposta le blond en se levant pour aller en cours, entrainant ses amis dans son sillage.

- Quelqu'un pour te parler du métier, le soutien de la femme de Black, c'est plus que ce que tu avais jusqu'à présent, fit remarquer Théo.

L'adolescent hocha la tête en sortant de la grande salle. Il remarqua que seuls Hermione et Neville leur emboitaient le pas chez les Gryffondors. En revanche, il ne vit pas le regard sévère de Sirius, braqué sur lui.

.

OoO

.

Draco regarda autour de lui. Ils étaient réunis devant la cabane de Hagrid et, outre Blaise, Théo, Pansy, Daphné, Hermione et Neville Longdubat, il y avait une majorité de Poufsouffle. Aucun Serdaigle n'avait choisi cette matière pour les ASPICs.

- Donc, dit-il, continuant sa conversation avec Blaise, je l'ai jamais rencontré, ce Charlie, voilà pourquoi cette lettre me surprend.

- Si ta… euh comment l'appeler ? Ta tutrice ?

- Tessa.

- Oui voilà, si Tessa est amie avec la mère Weasley comme tu le dis, c'est logique qu'elle lui en ait parlé sachant qu'un de ses fils exerce le métier de tes rêves.

- Ok, ça je comprends, mais pourquoi lui prend la peine de m'écrire ? Qu'est-ce que ça lui rapporte ?

- Draco, soupira Daphné, les gens normaux font souvent des choses sans rien attendre en retour !

L'adolescent grommela quelque chose dans sa barbe, arrachant un sourire à ses amis. Ceux-ci n'eurent toutefois pas le temps de se moquer de lui, Hagrid venant d'arriver.
Le demi-géant adressa un sourire chaleureux à Hermione avant de saluer amicalement plusieurs autres élèves.

- Bonjour, bonjour, je suis vraiment content de reprendre les cours avec vous. Vous êtes suffisamment avancés en magie pour qu'on puisse voir des créatures plus intéressantes.

Les élèves s'entre-regardèrent, un brin nerveux. Ils avaient déjà eu un aperçu de ce que Hagrid considérait comme « intéressant ».

- Pour ce premier cours, continua le garde-chasse, ignorant les regards inquiets de l'assemblée, nous allons revoir en profondeur les Abraxans, que nous avons brièvement vus l'année dernière. Qui peut me dire ce dont il se souvient à propos de ces braves bêtes ?

Plusieurs élèves, dont Hermione et Draco, levèrent la main. Hagrid balaya les adolescents du regard, ce dernier s'arrêtant quelques secondes sur Draco, avant de se tourner vers Hermione.

- Hermione on t'écoute.

- L'Abraxan fait parti de la famille des chevaux ailés. Il a été introduit par les sorciers en Angleterre il y a 113 ans car il est plus facilement domesticable que l'Ethonan, malgré sa puissance plus élevée.

- Bien, intervint Hagrid sans lui laisser le temps de poursuivre. 5 points pour Gryffondor. Qui peut m'en dire plus ? Malefoy ?

Pris par surprise, persuadé qu'il était de ne pas être interrogé, Draco marqua un instant de silence avant de se lancer.

- Les chevaux ailés sont marqués d'une classification très large en raison du nombre important de races que cette famille comporte. Elle va de XX pour les Abraxans à XXXX pour les Thestrals qui sont les plus rares et les plus imprévisibles.

Draco s'interrompit, ne sachant s'il devait pousser plus avant son exposé.

- C'est bien, l'encouragea Hagrid, connais-tu les principales races répertoriées ?

- L'Abraxan qui est originaire du nord-est et que l'on trouve à l'état sauvage dans les plaines de Sibérie, L'Ethonan qui vit surtout ici, en Grande-Bretagne, le Gronian que l'on trouve dans le sud de l'Europe et le Thestral qui est le plus rare mais peut se trouver n'importe où. Suivant leur morphologie, les Thestrals peuvent prendre différents noms tels que les Sombrals que l'on peut trouver dans la forêt interdite.

- C'est parfait, répondit Hagrid en souriant, 10 points pour Serpentard. Il est à noter que chaque propriétaire de cheval ailé doit lancer à ce dernier de réguliers sortilèges de désillusion pour les dissimuler aux yeux des moldus. Mais, comme nous avons la chance d'être des sorciers, nous n'allons pas nous priver de les admirer. Suivez-moi jusqu'à l'enclos.

Les adolescents emboitèrent le pas au demi-géant. Draco suivit le mouvement, retenant de justesse le sourire qui lui montait aux lèvres. Hagrid ne semblait pas lui tenir rigueur de son attitude passée. Tess avait peut-être eu raison de le pousser à choisir cette matière.

Deux heures plus tard, alors qu'ils se rendaient à un double cours de métamorphose, sa première impression était confirmée. Hagrid s'était montré tout à fait amical et le cours avait été des plus intéressants.
Les deux heures en compagnie de MacGonagall passèrent en un éclair tant le souvenir de sa rencontre avec un mâle Abraxan à l'air hautain était encore vif dans son esprit.
Le cours terminé, il suivit ses amis jusqu'au réfectoire où ils s'installèrent pour le repas. Alors que ce dernier s'achevait, quelques hiboux firent leur apparition. Draco repéra le hibou fauve de Tessa qui se posait devant Harry. Après que le Gryffondor eut détaché un des deux paquets dont était chargé l'animal, celui-ci vint se poser sur la table des Serpentards.
L'adolescent haussa un sourcil interrogateur avant de détacher le paquet et la lettre que portait encore le volatile. Il commença par décacheter la missive sans pouvoir s'empêcher de secouer la tête à la vue de la fine écriture irrégulière de Tessa. Sans doute avait-elle griffonné le mot en appuie instable sur l'accoudoir du canapé, comme à son habitude.

« Coucou toi,

J'espère que tu vas bien et que tout se passe bien entre toi et Sirius. Je t'envoie un petit rien pour que tu penses à te distraire un peu. Y'a pas que l'école dans la vie !

A très vite !

Je t'embrasse

Tess »

Les quelques lignes attirèrent immédiatement un sourire sur les lèvres du jeune homme. Il enfouit la lettre dans sa poche et déchira le papier brun qui emballait le paquet.
Il écarquilla les yeux de surprise devant l'épais livre relié de cuir brun aux reflets rouges sur lequel s'inscrivaient en lettres d'or les mots : « Les chroniques du dragon ».
Sans un mot, il montra le livre à Blaise qui eut un sifflement approbateur.

- Elle a pas perdu de temps, dis donc !

- Elle a dû demander à Charlie Weasley de lui donner des titres de bouquins. La connaissant elle a dû le soumettre à un interrogatoire digne d'un auror pour avoir la liste des livres utiles par ordre décroissant d'importance, supposa Draco.

Blaise eut un sourire amusé.

- J'imagine. Dis donc, elle a l'air de te faire plein de cadeaux.

- Assez oui. J'ai du mal à m'y faire, d'ailleurs. En général quand on m'offrait un truc c'est qu'on attendait quelque chose de moi.

- Ah ben merci, siffla Pansy.

- Non pas vous, se défendit Draco devant l'air outré de l'adolescente, je parle de mon père, de Rogue, de ma mère… Chaque présent était toujours soumis à conditions.

- Mais pas avec Tessa, devina Théo.

- Non, elle le fait juste comme ça, sans rien exiger en retour.

- C'est ce que font la plupart des parents, assura Blaise, ma mère m'offre sans arrêt des trucs, elle me demande pas d'être le meilleur en tout pour autant. Bon, elle dit régulièrement que je n'ai plus qu'à lui arracher le cœur pour mettre un terme à son supplice… Mais ça c'est parce que c'est une grande comédienne.

Le groupe d'amis éclatèrent de rire, les déclarations tragi-comiques de la mère de Blaise étant connues de tous. Daphné, toujours grande prêtresse du temps, comme l'appelait Theo, leur signala qu'il était temps de se rendre en cours de Défense, ce qui eu pour effet de refroidir instantanément l'ambiance, Draco s'étant rembrunit. Malgré l'assurance de ses amis que tout se passerait bien, il ne parvenait pas à faire disparaître l'angoisse qui venait de s'emparer de lui.
Il suivit pourtant le mouvement, se laissant entraîner par Pansy hors de la grande salle.
Alors qu'ils commençaient à monter l'escalier principal, ils furent arrêtés dans leur élan par une voix sévère.

- Draco !

- Je vous retrouve en cours, murmura ce dernier avant de déglutir et de faire demi-tour pour faire face à Sirius. Oui ? lui demanda-t-il du ton le plus neutre qu'il put adopter.

Sirius fronça les sourcils, semblant chercher un signe d'insolence dissimulé dans ce simple mot. Après quelques secondes de silence, il reprit d'un ton sec.

- C'était quoi ce hibou ?

L'adolescent déglutit de nouveau. Vu la phrase concernant Sirius qu'avait écrite Tessa, il n'avait aucune envie de voir son cousin lire la missive de la jeune femme. Espérant que Sirius ne la lui réclamerait pas, il tendit le livre devant lui.

- Tess m'a envoyé un bouquin sur les dragons.

- Tu crois que je ne reconnaitrais pas le hibou de ma femme, aboya l'animagus, faisant sursauter Draco.

- Mais tu m'as demandé…

- Je te parle du hibou de ce matin, n'essaies pas de noyer le strangulot !

Draco fouilla dans sa poche et lui tendit précipitamment la lettre de Charlie. Sirius la lut rapidement avant de la lui rendre.

- J'ai cru comprendre qu'il valait mieux que je passe te prendre plutôt que de te donner rendez-vous quelque part, ironisa-t-il. Je vois que tu sais parfaitement te faire passer pour une victime…

- Quoi ? Mais je n'ai jamais parlé à Char…

- Et pour la Roumanie, tu oublies ça ! Si tu t'imagines que je vais récompenser ton comportement, tu rêves éveillé !

- Il a dit ça comme ça, il le pensait certainement pas et…

- Tu penses que tout le monde a ton hypocrisie ? Ne t'avise pas de faire perdre son temps à Charlie.

- J'en avais pas l'intention !

- Surveille le ton que tu emploies ! Et ce que j'ai dit à la maison est valable ici ! Que je te surprenne à ouvrir une lettre, autre que celles de Tessa, sans me l'avoir remise auparavant et je te jure que tu vas comprendre le sens de « bonne correction » ! N'oublie pas que Tess n'est pas là pour te sauver la mise ! Maintenant file en cours ! J'arrive !

Sans oser rétorquer, Draco murmura un vague assentiment et monta rapidement les escaliers. Sirius le suivit d'un pas plus modéré.

Il entra dans la salle de défense contre les forces du mal quelques minutes après son cousin, claquant la porte derrière lui. Il ricana en voyant sursauter certains élèves.

- Y'en a qui n'ont pas la conscience tranquille, se moqua-t-il, déclenchant quelques rires.

Il traversa la salle et s'assit sur le bureau.

- Bon je ne vais pas vous faire un long discours sur les ASPICs, ils sont importants, votre avenir, bla bla bla… Le professeur MacGonagall faisait déjà ce discours lors de ma propre 6ème année !

Les élèves échangèrent des regards amusés.

- En ce qui me concerne, continua l'animagus, vous avez 16 ans et vous êtes assez grands pour penser par vous-même. Enfin, ça c'est valable pour tout le monde sauf pour ces deux là, ajouta-t-il d'un ton moqueur en désignant Harry et Draco du menton.

La classe entière, à l'exception des deux concernés qui grimacèrent de concert, éclata de rire. Sirius sauta du bureau en frappant dans ses mains.

- Allez go! On s'y met! Pour commencer l'année sur une note joyeuse, nous allons nous intéresser aux détraqueurs.

Une vague de murmures angoissés se répandit parmi les élèves.

- Quoi ? Vous préférez le discours sur les ASPICs ? J'espère que non, c'est barbant! Allons, pas de panique, nous allons d'abord voir la théorie, puis nous travaillerons le sort de défense… sans détraqueur.

Il sourit devant l'air infiniment soulagé des étudiants.

- Quand je vous jugerai prêts, on travaillera avec un épouvantard ensorcelé pour ne prendre qu'une seule forme, celle d'un détraqueur. Les effets immédiats seront similaires mais ce sera sans danger.

Il balaya la salle du regard avant de se tourner vers le tableau noir et d'y écrire « Expecto Patronum ».

- Nous allons nous pencher sur ces mots, mais avant, faisons un petit point sur les détraqueurs. Qui peut m'en parler ? Draco !

L'adolescent sursauta, ne s'attendant pas à être interrogé dès le premier cours. Il s'humidifia les lèvres et adopta le ton neutre qu'il avait toujours utilisé pour répondre aux questions des professeurs. L'essentiel était d'avoir l'air sûr de soi.

- Un détraqueur est une créature qui provoque le désespoir chez tous ceux qu'il approche. Les détraqueurs sont capables d'aspirer l'âme d'une personne dans un simulacre de baiser.

- C'est tout ce que tu as à dire ? Demanda Sirius d'un ton sec. C'est très incomplet ! Le détraqueur n'est pas une simple créature, c'est une créature des ténèbres, ce qui signifie qu'elle n'a pas de bons côtés. Elle ne se contente pas de provoquer le désespoir, elle se nourrit de la joie et de l'espérance humaine, le sentiment de désespoir n'étant qu'un effet secondaire.
Lorsqu'il aspire l'âme dans ce qu'on appelle le baiser du détraqueur, car il approche sa bouche de celle de sa victime, il laisse ladite victime dans un état végétatif. La mort intervient plus ou moins vite car la personne ne peut plus s'alimenter ou s'hydrater par elle-même.
Enfin les détraqueurs sont les gardiens d'Azkaban. Le nombre de personnes qu'ils côtoient ainsi et le nombre de d'âmes qu'ils peuvent aspirer par décision de justice suffit à les maintenir dans un état de loyauté envers le ministère.
Voilà. Alors Draco ? Penses-tu que ta réponse était satisfaisante ?

L'adolescent se força à croiser le regard de son cousin.

- Non, professeur.

- Nous sommes d'accord. Bien ajouta-t-il en désignant le tableau, Draco, éclaire-nous.

- C'est la formule pour les combattre ?

- C'est une question ou une réponse ?

- Une réponse.

- Bien. Qui connaît le sens de cette formule ?

Hermione leva la main. Sirius observa quelques instants le Serpentard d'un regard implacable avant de se tourner vers la jeune fille.

- Oui, Hermione ?

- Cela veut dire « J'attends le protecteur » ou « J'attends le défenseur »

- Parfait. 5 points pour Gryffondor.

Blaise jeta un regard vers son ami mais celui-ci garda les yeux obstinément baissés sur son parchemin. Seule sa main qui tremblait légèrement, crispée sur sa plume, prouvait son état d'esprit. Le métis soupira imperceptiblement, Draco n'allait pas sortir indemne de ce cours.

- Donc, poursuivi Sirius, Expecto Patronum est la formule permettant de combattre les détraqueurs. Draco, peux-tu nous dire comment ?

L'adolescent eu un soupir qu'heureusement Sirius ne décela pas et se lança, sachant d'avance que ce qu'il dirait, quoi que ce fut, ne conviendrait pas à son cousin.

- Il faut se focaliser sur un moment de bonheur. Une brume argentée va repousser le détraqueur. Il faut lui envoyer une sorte de concentré de joie. Dans le meilleur des cas, le patronus prend une forme animale.

- Réponse décousue et incomplète, encore une fois. En effet pour lancer un patronus il faut se concentrer sur un souvenir heureux. C'est le bonheur qui va permettre de repousser les détraqueurs. Cette force nécessaire pour lancer le patronus, il va falloir la trouver en vous.
Il existe deux formes de patronus. Les deux sont efficaces mais à des degrés différents.
Le patronus informe a un aspect de brume argentée. Il suffit pour repousser une seule créature mais pas davantage.
Le patronus corporel est plus agressif. Il va revêtir la forme immatérielle d'un animal propre à chaque sorcier et attaquer directement les détraqueurs. Cette forme animale va refléter les sentiments, la personnalité de celui ou celle qui lance le sort. A moins d'un fort bouleversement émotionnel, cette forme ne changera pas, ce qui est très utile pour identifier son auteur, le patronus pouvant également servir de messager.

Sirius s'interrompit le temps que les élèves finissent d'écrire et relèvent la tête vers lui.

- Nous allons pouvoir passer à la pratique. Pour lancer un patronus, pensez à un souvenir heureux, pointez la baguette là où vous désirez le lancer et « Expecto Patronum » !

Un gros chien argenté sortit de la baguette de Sirius, il regarda autour de lui, comme cherchant une cible à attaquer, se tourna vers son maître et, devant l'absence de message, s'évapora.

- Comme vous avez pu le voir, mon patronus prend la forme d'un chien qui est ma forme animagus. Ce n'est pas toujours le cas, la forme animagus ne garantie pas la forme d'un patronus corporel. Dans les deux cas, les formes animales reflètent la personnalité du sorcier, mais la personnalité évolue entre l'âge de 16 ans, où un sorcier apprend à lancer un patronus et l'âge de 20 ans qui est généralement celui où on devient animagus si cela est possible. Je suis devenu animagus au milieu de ma 6ème année, cela explique que les deux formes soient identiques.
La forme peut aussi être liée à une passion. Mon épouse qui est musicienne et à toujours évolué dans l'univers musical, a pour patronus un rossignol. La taille de votre patronus corporel n'influe pas sur sa puissance.
Rangez vos affaires, vous allez vous exercer. Si vous souhaitez partager le souvenir utilisé, vous pouvez, mais ce n'est pas une obligation. Des questions ? Non ? Sûrs ? Alors au boulot !

Les élèves rangèrent leurs sacs et, ne conservant que leurs baguettes, allèrent les déposer à côté du bureau de Sirius tandis que celui-ci faisait disparaître les pupitres et les bancs d'un coup de baguette.
Les adolescents s'éparpillèrent dans la salle pour s'exercer.

- Ne lancez pas votre sort trop rapidement, leur conseilla l'animagus. Prenez le temps de penser au souvenir que vous allez invoquer. Et quand vous vous sentirez prêts, allez-y !

Apres quelques minutes de concentration, Hermione fut la première à lancer la formule. Une brume argentée épaisse entoura quelques secondes la jeune fille avant de disparaître.

- C'est bien Hermione. Ton souvenir semble puissant. Avec un peu d'entrainement tu devrais pouvoir invoquer un patronus corporel. Continue !

Hermione lui sourit et Sirius se dirigea vers Harry, lui mettant une tape sur la tête.

- Tu te fiches de moi ? Je sais que tu sais le faire !

L'adolescent grimaça.

- Ouais mais j'aimerais éviter d'attirer l'attention !

- Dit celui qui a vaincu Voldemort, se moqua l'animagus. Allez vedette, tu tiens ton souvenir ?

- Ouais.

- Alors go !

Harry fit une petite grimace et, après avoir fermé les yeux, lança le sort. Un cerf se matérialisa et fit deux fois le tour de la pièce avant de disparaître. Sirius fit un clin d'œil à son filleul et, après avoir conseillé à Ron et à Seamus de chercher un souvenir plus intense, il se dirigea vers les Serpentards.

Pansy et Daphnée avaient, comme Hermione, produit une épaisse brume argentée qu'elles lançaient chacune à leur tour. La brume qui sortait de la baguette de Blaise évoquait vaguement la forme d'un gros félin. Sirius observa quelques instants le métis et hocha la tête d'un air appréciateur.

- Tu le tiens presque Blaise. Tu essaies peut être trop fort. Détends-toi, respire et recommence. On a le temps, laisse l'animal venir à toi.

Son regard se porta ensuite vers Draco qui ne produisait que quelques étincelles argentées. Il croisa les bras, et se rapprocha de l'adolescent sans mot dire.
Draco essaya d'ignorer sa présence. Il se concentra sur le souvenir de Tessa lui offrant son dragon miniature qui l'attendait sagement sur sa table de chevet, mais les disputes permanentes qui avaient entourées cet évènement en affaiblissaient le pouvoir. En fait, les quelques souvenirs agréables qu'il avait pu trouver étaient tous rattachés à d'autres plus sombres qui faisaient disparaître tout sentiment de plénitude.
Au bout de quelques minutes de tentatives infructueuses, Sirius soupira.

- Il va sérieusement falloir que tu te mettes au travail, Draco. Sinon, je te garantie que ça va mal aller !

- Mais j'essaie, protesta l'adolescent à voix basse, vérifiant d'un coup d'œil rapide que personne ne les écoutait, je te jure que j'essaie !

- Et bien essaie plus fort, et vite !

D'un mouvement sec de la tête, il ordonna à son pupille de refaire l'exercice. Draco ferma les yeux, pensa au moment où Tessa lui avait dit qu'il pourrait travailler avec des dragons s'il le désirait et que Sirius avait accepté son choix, et lança le sort. Mais le regard de son cousin posé sur lui le mettait mal à l'aise et, cette fois, il ne parvint même pas à produire des étincelles.
L'animagus poussa un soupir exaspéré.

- Draco, commença-t-il d'un ton menaçant en décroisant les bras et en avançant vers lui.

- Professeur, l'interrompit la voix d'Hermione, j'ai besoin d'aide !

- On parlera de ça plus tard, certifia-t-il avant de rejoindre la jeune fille.

Quelques minutes plus tard, minutes pendant lesquelles Hermione ne laissa aucun répit à Sirius, l'assaillant de questions diverses, l'empêchant ainsi de retourner vers Draco, la sonnerie retentit, libérant les élèves.
Ceux-ci récupérèrent leurs sacs et vidèrent prestement les lieux, chacun se rendant à son cours suivant. Tout en répondant à une dernière question d'Hermione, Sirius fit signe à Draco qu'il pouvait y aller. Le jeune homme ne se le fit pas dire deux fois. Saisissant son sac, il emboita le pas à ses amis. Harry, Ron et Hermione sortirent également, laissant la salle aux troisième-année qui attendaient dans le couloir.
A une dizaine de mètres de la salle de défense, ils rattrapèrent les Serpentards qui marchaient lentement en discutant à vois basse. Draco était plus pâle qu'à l'ordinaire. Harry et Hermione échangèrent un regard discret.

- Viens mon vieux, il faut que je passe aux toilettes, déclara Harry en entrainant Ron dans la direction opposée, on te retrouve en sortilèges, Mione !

Hermione les regarda s'éloigner puis hâta le pas pour rattraper les Serpentards. Elle hésita un instant avant d'interpeller l'adolescent.

- Draco ?

Le groupe entier se retourna d'un bloc et la jeune fille réprima de justesse un mouvement de recul.

- Est-ce que ça va aller ?

Draco hésita un instant tandis que Pansy montrait les dents.

- Qu'est-ce que ça peut te faire, sale…

- Oui, ça va aller, coupa-t-il en poussant son amie derrière lui. Merci pour la diversion Hermione.

- Pas de quoi. Il finira par se calmer, j'en suis sûre.

- J'en doute, soupira Draco, merci quand même.

Hermione lui fit un sourire hésitant avant de contourner le groupe et de s'éloigner rapidement. Harry avait peut-être éloigné Ron, mais son initiative ne servirait plus à rien s'ils revenaient pour la trouver en pleine conversation avec les Serpentards. Elle n'avait aucune envie qu'il fasse une scène ou déclenche une bagarre dont Draco, une fois encore, ferait certainement les frais.
Les Serpentards regardèrent la jeune fille tourner au coin du couloir et Pansy se tourna vers Draco.

- Et bien alors, monsieur Malefoy, on fraternise avec miss-je-sais-tout ? Se moqua-t-elle.

- Et c'est quoi cette histoire de diversion ? Renchérit Théo.

- Sirius en avait après moi, expliqua Draco, elle l'a distrait avec ses questions.

- Elle pose toujours des dizaines de questions, signala Daphné, comment sais-tu qu'elle l'a fais exprès ?

- Parce qu'elle a lu un bouquin sur les détraqueurs cet été, je l'ai vu le trimballer partout pendant deux jours, c'est à peine si elle le quittait à table.

- Donc elle connaissait la réponse à ses propres questions, acquiesça Blaise, mais pourquoi elle t'a aidé ?

- Je sais pas. A part Tessa, elle était la personne la plus amicale de la maison.

- Miss-je-sais-tout ?

- Elle est pas comme ça en dehors de l'école. Elle est même plutôt marrante.

Blaise hocha la tête, l'air de dire « pourquoi pas » avant de prendre la direction de la classe de Flitwick, entrainant Draco. Avec un haussement d'épaules, le reste du groupe leur emboita le pas.