Suilad!
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Alors commençons par les remerciements rituels pour nos chers reviewer : aliena wyvern, Julindy, Noooo Aime, Sabrinabella, ScottishBloodyMary, Elegentis !
Un grand merci également à tout ceux qui suivent aussi cette histoire !
Je sais bien qu'habituellement je publie le week-end, mais je tente au mieux de rapprocher les chapitre 12 et 13 car ils sont très liés, aussi, pour cette fois, il y aura une exception ^^
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Et maintenant, un brin de lecture !
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Chapitre 12. Les quartiers Est.
C'est une sensation douce et chaude sur son poignet qui le tira du royaume des songes. Une sensation qui partit de son poignet et remonta jusqu'à ses épaules pour se glisser entre lui et le mur froid.
Une délicate odeur de jasmin et d'herbe coupée vont chatouiller ses narines, et il ferma les yeux, craignant que ce doux songe ne s'envole. Un instant, il crut d'être dans la forêt avec son épouse, à l'époque de paix où il était jeune roi et qu'il passait des nuits à parler avec elle en observant les étoiles.
Mais elle était morte, et alors qu'il revoyait son agonie, il ressentit ce vide béant qu'elle avait laissé dans son cœur comme un brûlure atroce.
Or il réalisa que ce n'était pas un rêve quand il sentit une petite main passer sous ses genoux, et mue par un brusque sursaut de conscience, il se jeta sur son assaillant avant que ce dernier ne puisse lui faire quelconque mal, le poussa violemment contre le sol, l'immobilisant avec violence.
Les forces du Mordor étaient vicieuses, et tentaient d'empoisonner son esprit, mais il ne se laisserait pas faire !
Il la vengerait !
-Thranduil, du calme, ce n'est que moi, fit une voix douce et tremblante de frayeur, dissipant ses songes et cauchemars, le laissant réaliser qu'il se trouvait dans ses appartements, et que son assaillant n'était qu'une elfine a la longue chevelure cuivrée.
Surpris, Thranduil radoucit sa prise sur la jeune elfine, qui la fixait avec un air effrayé, sans pour autant se débattre contre lui. Inquiet d'avoir pu lui faire du mal, il la prit dans ses bras pour l'asseoir sur son lit en ruine, le regard soucieux.
-Vous êtes... Un grand malade... Murmura t-elle d'une voix étranglée encore tremblante d'émotion.
La peur, encore et toujours...
Il fit mine d'examiner ses épaules qui prenaient déjà une couleur violacée, cependant Niphredil ne l'entendait pas de cette oreille, et le repoussa avec un air courroucé empreint de peur et articula difficilement :
-N'y comptez même pas !
- je veux juste m'assurer que tout va bien, pinig... Je n'ai pas voulu te blesser.
- J'imagine que c'est donc un espèce de salut d'elfe que de se sauter à la gorge le matin ! Les nains se contentent de se faire la bise, vous devriez essayer !
Il ne la réprima pas pour ses propos, car sa colère était compréhensible et bien qu'il ne l'avouerait que sous la torture, il se sentait responsable de ce qui venait de se passer. Il avait abusé du vin, plus qu'à l'accoutumé, et il n'était pas rare que cela trouble son esprit jusqu'au matin.
Hors, la présence d'une tierce personne dans ses appartements l'était.
Présence que l'on lui avait conseillé d'éloigner, et qu'il avait royalement ignoré.
Il était sur de pouvoir assuré sa sécurité contre le monde... Mais qui la protégerait de lui ?
-Si tu parviens à sortir de telles sottises, c'est que cela doit aller, assura-t-il en renonçant à l'examiner à contre cœur. Allons... Dis-moi plutôt ce qui t'amène dans ma chambre.
-J'ai vu du sang dans le salon... Je venais juste m'assurer que vous alliez bien...
Les yeux bleus foncé de l'elleth parcoururent l'ellon assis sur le sol en face d'elle et malgré sa colère, elle du s'avouer que la scène avait quelque chose de comique qui lui arracha un sourire. Elle était assise à même le sol, face au roi de la foret noire qui ne portait qu'une tunique et un pantalon blanc d'intérieur, et contrairement à son habitude, le royal souverain était dépeigné, et ses cheveux retombés de manière éparses sur ses épaules.
Il ne ressemblait plus au Grand Roi des Elfes, mais à un simple ellon au réveil, et bien qu'il soit toujours le même, cela lui conféré un aspect plus accessible, plus sympathique.
Mais même ainsi, il restait d'une beauté impressionnante, et majestueux.
L'on ne peut nier qu'il est fait pour être roi.
Niphredil cessa sa contemplation quand ses yeux se posèrent sur le pied droit du roi qui comportait sur sa plante une plaie d'aspect peu ragoutante. Sans cri et gare, elle se saisit de son pied et l'examina avec attention, ignorant la surprise de son propriétaire.
-Il y a des bouts de verres dans votre pied, déclara-t-elle après un court instant en reposant le dit pied sur son genou, et vous avez commencé à cicatriser au-dessus, je vais devoir rouvrir la plaie pour les en sortir... Je vais devoir être vote infirmière, à nouveau.
-Laisse, dit-il en tentant faisant mine de vouloir se lever, j'irais voir Naur pour qu'il s'en charge.
Mais Niphredil ne l'entendit pas de cette oreille et rattrapa sa cheville fermement en déclarant :
-Hors de question que vous marchiez dans cet état ! Et à moins que vous souhaitez que je fasse venir Naur ici, vous allez devoir me faire confiance.
Son audace amusa le roi, et plutôt curieux de la voir à l'œuvre, il abdiqua et lui indiqua ou se trouver sa trousse de secours qu'il gardait pour ce genre d'incident, qui s'était déjà produit à maintes reprises par le passé. En vérité, Thranduil n'allait jamais voir de médecin quand il se blessait dans ses soirs d'ivresse déraisonnable, et se soignait seul, bien qu'il soit bien piètre guerisseur.
Un peu d'aide n'était pas de refus, et constaté qu'elle se souciait réellement de lui le toucha plus qu'il ne se l'admit.
Quelques instants plus tard, elle revint auprès de lui avec la dite trousse ainsi qu'une bassine d'eau chaude et l'invita a s'asseoir sur son lit pour qu'elle puisse procéder avec davantage d'aisance.
Ses gestes étaient précis et d'une grande douceur, mais une fois qu'elle eut fini de nettoyer la plaie et qu'elle fit une incision, le roi laissa échapper une exclamation douloureuse accompagnée d'un sursaut avant de tonner :
-Par Eru, je ne suis pas une pièce de viande ! Est-ce un boucher qui t'as appris à soigner ?
- Si vous étiez venu me voir plus tôt, cela n'aurait pas été nécessaire ! Restez tranquille, je vous prie.
-Si tu étais un peu plus délicate, je ne bougerais pas !
-Oh, je vous en prie, fit-elle le levant les yeux au ciel, un éclat d'amusement dans le regard.
Qui aurait cru que Thranduil Oropherion, un des plus grands guerrier de ce monde ayant mener la bataille de Dargolad, aurait pu se montrer douillet pour une blessure d'à peine un pouce ?
Comme s'il avait deviné ses pensées, il laissa lui-même échapper un sourire, et ne remua plus alors qu'avec douceur, elle extrayait minutieusement chaque morceau fiché dans sa chaire.
-Qui vous a appris l'art du soin ? Demanda-t-il, curieux.
-Dis, ma tante, et également à l'aide des livres que son mari me ramenait de voyage. Je voulais également me rendre utile auprès d'elle quand elle mettrait au monde son fils...
-Les soins, un art que chacun connaît dans ce royaume, assura Thranduil. Naur aurait sans doute des choses à t'apprendre si tu lui demandais, et il serait sans doute ravi d'avoir une nouvelle élève.
-J'irai lui soumettre l'idée, dit-elle en refermant un bandage sur son pied meurtri.
-Tu... Tu en auras tout le loisir, déclara Thranduil après une hésitation, Anneth, son épouse, t'offre de loger dans le quarter Est à partir de ce soir... Tarnnath viendra t'aider à déplacer tes effets.
Niphredil se figea, et pâlit légèrement à la nouvelle, puis elle reprit le rangement de la trousse de soin :
-J'irai la remercier pour cette offre, mais mes appartements me conviennent à merveille, déclina-t-elle poliment, en se faisant la réflexion que jamais Naur n'avait évoqué son épouse avec elle.
-Hélas, soupira Thranduil, légèrement étonné par sa réaction, Anneth n'est pas une personne à qui l'ont peu refuser quelque chose, déclara Thranduil, tu n'as pas le choix en vérité.
-Vous me chassez, dit-elle d'un ton peiné, de plus en plus pâle, pourquoi ?
-Trêve de bavardage, soupira Thranduil qui regrettait de plus en plus sa décision, va préparer tes effets à présent, c'est un ordre. Ta place n'est plus ici.
Elle lui jeta un regard effrayé, mais la peur se transforma en colère, à nouveau, et sans un mot de plus, elle quitta la pièce d'un pas rageur, laissant Thranduil perplexe, seul.
Tarnnath se présenta en début d'après-midi, et elle fut surprise de voir que la conseillère du roi n'avait rien préparé en vue de son départ.
« Je ne possède rien de ce qui se trouve ici, avait déclaré Niphredil d'un ton morose, tout appartient au roi ».
Mais Tarnnath ne se découragea pas et saisit deux robes au hasard dans l'armoire de sa cadette avant de la prier de bien vouloir la suivre. Niphredil quitta les appartements royaux sans même adresser un regard au roi, l'angoisse pesant sur ses pas. Elles firent une grande partie du chemin dans le silence, jusqu'à ce que pour la première fois, l'elleth blonde engagea la conversation en sindarin avec elle, et la complimenta même sur les progrès qu'elle avait fait, bien qu'elle lui reprochait toujours certaines fautes d'un air sévère.
Tarnnath était bien mystérieuse car bien plus discrète que les autres elfes, mais une lueure de bienveillance et d'inquiétude ne la quittait jamais, attisant la curiosité de sa cadette.
Quand elles arrivèrent à la demeure noble de Bar-rhùnen, Niphredil fut étonné de voir qu'elle avait été battit sur un modèle très proche de Bar-en-Aran, la maison du roi, hormis les ornements récurant qui ne représentait non pas une feuille verte, mais un soleil avec en son centre un oiseau qui porté une flèche dans son bec.
Vêtu de jaune, une elleth qui ressemblait beaucoup à Tarnnath les attendaient en bas d'un escalier et s'exclama d'une voix chaleureuse :
-Bonjour, demoiselle Niphredil, je suis heureuse de vous rencontrer enfin ! J'ai beaucoup entendu parler de vous dans la cité ! Je me présente, je suis Anneth !
-Je vous remercie de vous accueillir dans votre maison, ma dame...
-Oh c'est un plaisir mon enfant, s'exclama-t-elle, je crois que vous connaissez déjà toute la famille ! Puis voyant, l'air surprit de l'elleth rousse, elle ajouta : Tarnnath, est ma fille, et la sœur d'Heledir, notre seigneur bien-aimé.
-Thranduil n'avait pas trouvé cela utile que je le mentionne nos liens de sang, déclara timidement Tarnnath en guise d'excuse.
-Ah, celui-là et ses manigances ! Lâcha Anneth avec un hoquet de dédain, enfin, Niphredil, venez, nous allons vous montrer vos nouveaux appartement pour que vous puissiez vous installer.
Elles la menèrent dans un appartements assez vaste dans une aile de la battisse conçut en forme d'étoile, avec en son centre, une grande salle commune à l'ensemble de la maison noble orné de verdure. Par la fenêtre de sa chambre, elle apercevait le chemin par lequel elle était venu, ainsi que la petite masure ou vivait Amdir.
Par ailleurs, une fois qu'elle fut enfin seule, le médecin de campagne ne tarda pas à venir lui rendre visite. Il semblait troublé et méfiant, prenant le temps de bien s'assurer que chaque porte et fenêtre était close avant de parler à voix basse.
Il lui assura que le Grand Roi des Elfes avait été prit d'une soudaine envie d'aller à la chasse avec ses nobles, et qu'ils ne reviendraient que dans une semaine, voir deux. Sa visite fut dès plus brève, et sans donné davantage d'explication, il la pria de tout faire pour retourner vivre dans la maison du roi dès que ce dernier reviendrait, avant de disparaître rapidement en se glissant parmi les ombres.
Un comportement dès plus inhabituel chez cet ellon avec qui elle passait parfois des jours entiers, parlant à cœur ouvert et sans détour et sans se cacher aux yeux du monde.
Elle n'avait fait que quelques centaines de mètres dans la caverne, et pourtant, tout semblait différent dans ce quartier qu'elle avait toujours soigneusement évité, de peur de rencontrer Heledir.
Heledir...
Quand il rentrerait de la chasse, elle ne pourrait plus l'éviter...
Néanmoins, durant son absence pendant les jours qui suivirent Niphredil fut de voir que Tarnnath et Anneth furent plutôt gentilles avec elle, et la laissait librement parcourir la cité, comme elle le faisait auparavant.
Legolas et Wilwarin au loin, Thranduil l'ayant chassé de ses appartements avant de partir Niphredil se sentait comme abandonné dans cette cité qu'elle ne pouvait quitter, elle.
Elle aurait donné n'importe quoi pour aller dans la forêt avec eux... Au point de juré de ne pas s'enfuir, voulant juste savourer l'air libre qui lui manquait tant.
Aussi, tentant de ne pas se laisser aller à ce sentiment qui pesait sur sa bonne humeur, elle passait de longues heures en compagnie de Tauriel, guerrière joviale qui l'entraînée à l'arc dans le quartier Sud.
L'elleth l'accueillait toujours avec le sourire, l'encourageant apprendre le maniement des armes lui confiant qu'elle rêvait d'un jour être le capitaine de la garde. Elle avait pour cela le soutient de Gondren qui lui avait apprit le maniement de l'épée depuis son enfance, suite à la mort de ses parents, faisant d'elle une pupille de roi et une elleth d'origine on ne peux plus modeste.
Un soir, alors que Niphredil s'était entraîné avec Tauriel jusque tard dans la nuit et alors qu'elle rentrait à l'Est dans ses appartements, elle vit Amdir sortir par la fenêtre des appartements de Tannath, si discrète sœur fille de Naur.
Si la surprise prima, la scène amusa assez Niphredil, qui se promit d'en toucher un mot à ce petit cachottier qui jusque-là, ne lui avait jamais confié son inclinaison pour une quelconque demoiselle. Peut-être était-ce pour cela qu'il lui avait conseillé de quitter le quartier Est en vérité... Pour préserver au mieux son petit secret.
Qui n'a pas de secret dans cette ville ? Songea-t-elle avec une pointe de tristesse. Malgré elle, elle ne parvenait plus à avoir confiance en ses elfes, et ne rêvaient que du jour ou elle quitterait cette caverne pour retrouver les siens.
Pensive, elle entra dans ses appartements, sans se donner la peine d'allumer la moindre chandelle. Après tout, elle voyait très bien dans le noir, et dans la demeure noble, ne se trouvait actuellement que Tarnnath et Anneth.
Arrivée dans sa chambre, elle commença à se dévêtir, quand elle sentit une présence, s'immobilisant alors qu'une voix familière s'éleva :
-Pardonnez-moi... Murmura une voix familière non loin d'elle, avant qu'une main chaude vînt se poser sur son épaule.
Elle pivota légèrement sur le coté et vit avec une surprise mêlée de crainte Heledir, l'épée à la ceinture et vêtu d'une armure de cuir. Il l'examina de pied en cap, et elle n'eut d'autre choix que de le saluer poliment, priant pour qu'il soit de meilleure humeur qu'à leur dernière rencontre.
Ils étaient seuls dans ses appartements, et si ce n'était pas le cas, nul ne lui viendrait en aide.
-Je suis désolé pour ce qui s'est passé lors de notre dernière rencontre, dame Niphredil, dit-il avec la mine contrite, l'abus de vin ne me sied guère... Je sais que cela ne m'excuse en rien, mais je voulais que vous le sachiez. Je suis heureux que notre roi vous ait offert la chance de pouvoir rapprocher le peuple de votre père du notre, c'est une sage décision de sa part.
Il déposa dans ses mains une grande fleur blanche, et sans cri et gare, il lui vola un baiser avant de s'éclipser sans un mot de plus, laissant Niphredil complètement hébété.
Il se passe vraiment de drôle de chose dans le quartier Est... Difficile de savoir si elles sont bonnes, ou mauvaises.
Le lendemain matin, une servante aux longs cheveux noirs vint faire savoir à Nipherdil qu'Heledir souhaitait sa présence à sa table pour le petit-déjeuner. Elle sauta rapidement dans une robe et se rendit dans la salle commune de la maison noble, une immense pièce ouverte sur des jardins avec au centre, une table qui pouvait accueillir une trentaine de convives.
Était présent à table Anneth, Heledir et Tarnnath, mais nulle trace de Naur. En prenant place en face de la sœur du chef de maison, elle remarque que cette dernière arborait sur sa joue un hématome bleuté ainsi qu'une égratignure qui montait jusqu'à son oreille. Mais le plus étonnant, c'est que cela ne sembla étonner personne à table, où tous l'attendaient pour commencer le repas.
Une chose plutôt inhabituelle, car jusqu'à présent, jamais elle n'avait pris un repas avec la famille de l'Est dans un climat aussi solennel.
-Les repas sont servis à sept heures, quatorze et vingt et une heures dans ma maison, déclara Heledir avec une pointe de sévérité. Si Thranduil t'a confié à nous, je pense qu'il est important que tu sois présente à ma table, et à l'heure, comme chacun d'entre nous.
-Oui, seigneur Heledir, répondit-elle sobrement, ne sachant jamais à quoi s'en tenir avec cet ellon, je ne serais plus en retard, je vous le promet.
Le repas commença sur cette note, et Anneth, tenta d'engagé la conversation avec son fils :
-Je n'ai pas vu ton père rentrer, hier soir... Sais-tu où il est ?
-La chasse se poursuivit encore au moins une semaine, expliqua le fils, aussi Naur doit pour assurer son rôle de médecin en cas de blessure. Mon rôle en tant que chef de la maison et de lui faire bon accueil, mais également de m'assurer de la bonne marche du royaume en tant que neveu du roi.
À cette affirmation, Niphredil manqua de s'étouffer avec le pain aux olives qu'elle était en train de manger, et demanda ensuite d'une voix étranglée :
-Pardon ?
-La reine Meliana était la sœur cadette de Naur, expliqua Anneth. Sans doute une chose de plus que notre bon roi à omis de te dire.
Cette nouvelle fit l'effet d'une douche froide à Niphredil. Car cela ne signifiait pas seulement qu'Heledir était plus puissant encore qu'un seigneur de l'une des maisons nobles, mais aussi qu'il apparaissait sur la ligne de succession pour le trône de Vert-Bois, et qu'en l'absence de Thranduil, Legolas et Naur, c'est à lui qu'échouaient les pouvoirs royaux.
Comme c'est le cas présentement...
Une constatation qui fit pâlir d'angoisse, alors qu'en face qu'elle, le sourire d'Heledir grandissait, toujours indéchiffrable, bien qu'il laissait présager quelque malice de sa part.
Après le petit-déjeuner, elle se rendit à la demeure d'Amdir. Le médecin l'accueillit avec chaleur malgré ses traits tirés et lui servit une tasse de thé dans son salon. C'était un endroit simple, décoré de nombreuses plantes et et de cartes de la terre du milieu ou était indiqués ou poussait plusieurs plantes médicinales. La médecine était plus qu'un métier pour l'ellon presque millénaire, mais une véritable passion.
Après quelques minutes, Niphredil vint au cœur du sujet qui avait suscité sa visite :
-Je suis rentrée tard hier de l'entraînement avec Tauriel, et j'ai vu une chose étrange, prêt de la fenêtre de Tarnnath...
Il lui lança un regard effrayé et perdit toute couleur mais avant qu'il ait put dire quoi que ce soit, elle poursuivit dans un murmure :
-Pourquoi donc te cacher dans l'ombre, l'amour n'est-elle pas la plus belle chose qui soit ?
-Non, ce ne l'est pas ! S'exclama Amdir en commençant à faire les cent pas, nul ne doit le savoir, jamais ! Heledir m'interdit de faire la cours à sa sœur depuis plus d'un siècle ! Je ne pensais pas que les chasseurs rentreraient si tôt, sinon, jamais je n'aurais faire courir un tel risque à Tarnnath... Je prie les Vala qu'il ne se doute de rien sinon... Il... Tu n'as pas idée de qui il est, Niphredil... S'exclama Amdir en commençant à faire les cent pas, nul ne doit le savoir, jamais !
Il ne s'était tu jusqu'à présent, que pour protéger ceux qu'il aimait, et non pas par ruse, réalisa-t-elle, laissant s'envoler ces rêves d'amour secret.
A présent elle comprenait également mieux l'origine des traces de coups sur le visage de la discrète dame de l'Est, mais n'en dit rien au médecin.
Il semblait déjà bien assez peiné, et inquiet, cette information ne ferait que plus apporter plus de tourment, alors qu'en contrepartie, il ne pouvait rien faire.
Car Heledir était son seigneur, protégeant jalousement sa sœur, alors que lui n'était que d'origine modeste avec une simple solde de soldat.
Amdir se laissa tomber sur son sofa, et se prit sa tête entre ses mains, laissant chuter ses longs cheveux d'ébène autour de lui. Voyant le chagrin grandir dans le cœur de son ami, elle se leva et alla le gratifier d'une accolade réconfortante, un genou à terre devant le canapé où l'ellon était assis, et posa un genou à terre. C'est hélas le moment que choisit Heledir pour entrer en trombe, sans frapper, l'air on ne peut plus courroucé. Il jeta un regard noir sur la scène et s'exclama :
-Que faites-vous ici, dame Niphredil ?
-Je venais prendre le thé avec un ami cher à mon cœur, dit-elle simplement en se relevant.
-Seule, et dans ses appartements... Voilà qui n'est guère convenable, murmura-t-il, visiblement ennuyé, Thranduil vous a donné de bien mauvaises habitudes... Retournez donc à vos appartements, nous avions bien des choses à nous dire. Mais pour l'heure, c'est Amdir, et non vous, que je souhaitais voir.
-Merci pour tout Amdir, et ainsi que pour le cours sur l'art du soins que tu m'as généreusement donné hier soir. Nos enseignements sont différents, mais je me fais une joie de parfaire mes savoirs !
Elle avait lancé ceci spontanément avant de prendre congé, espérant pouvoir protéger ne serait-ce qu'un peu, son ami de la colère du seigneur de l'Est. À contre-coeur, elle exécuta l'ordre du seigneur de l'Est et resta dans la maison noble. Néanmoins, elle partit à la recherche de Tarnnath, espérant pouvoir parler avec la demoiselle, espérant qu'elle accepterait de sa présence, mais surtout son aide.
Cette dernière était toujours très réservée à son égard, et si au début de son séjour elle avait pris cela pour du dédain et du mépris, ces derniers jours lui avant donné tord, car en vérité, Tarnnath semblait avant tout d'une timidité maladive.
Elle la trouva prêt d'une fontaine, en train de coudre un vêtement, et la rejoint, faisant rougir cette dernière qui cacha son far derrière ses longs cheveux couleur soleil.
-Comment vas-tu ? Lui demanda-t-elle en s'asseyant en face d'elle, se permettant d'être familière en espérant que cela pousserait à réagir, d'une manière ou d'une autre
Mais Tannarth se contenta de lui jeter un regard vaguement étonné et lui répondit d'une voix douce qu'elle allait bien. L'elleth rousse allait la relancer quand elle reconnu le tissu bleu qu'elle tenait à la main. La demoiselle était en train de raccommoder la robe qu'Heledir avait ruinée sur son dos un mois plus tôt. Cette constatation la fit hoqueter de surprise et elle lui demanda :
-Comment... Comment avez-vous eut ceci ?
-Mon père l'avait confié à la mère d'Amdir... Mais la pauvre s'est cassée deux doigts ce matin dans un accident... Je l'aide, pour pas qu'elle ne se fasse punir pour son retard.
-C'est très généreux de ta part...Son visage était d'une grande beauté, et assez proche de celui de Naur, si bien qu'elle se surprît à ce dire quelle aurait pu remarquer leur parenté d'un seul regard. J'aimerais pouvoir t'aider, mais je crains d'être une bien piètre couturière, et ce tissu est d'une telle beauté.
-Je pourrais t'apprendre la couture, dit-elle, puis après une grande inspiration, elle prit tout son courage et ajouta : mais tu dois surtout apprendre à obéir à Heledir, pour ton propre bien... Si tu fais ce qu'il demande, il ne te brutalisera pas...
-Tu n'as rien fait qui mérite qu'il lève la main sur toi, assura Niphredil, je suis sûr que Naur...
-Je ne veux pas tourmenter père plus qu'il ne l'est déjà ! Se décharger de sa mission envers notre maison lui fait beaucoup de bien, et ce n'est pas le devoir de sa famille de lui causer du chagrin. Mère dit qu'il va mieux au fil des jours... Je suis prête à payer le prix fort pour cela.
Niphredil ne répondit rien, car elle comprenait malgré tout le raisonnement de Tarnnath, bien que l'idée qu'elle accepte de se faire violenter par son frère sans rien dire la révoltait au plus haut point. La demoiselle sindar voulait juste préserver son père du chagrin de cette révélation.
Car oui, Naur souffrait de voir son fils si cruel, Niphredil avait pu le constater par elle-même. Mais si seulement Tarnnath accepter d'en parler à Thranduil, il lui viendrait en aide, elle en été sur...
Ruminant ses idées, elle n'entendit pas le pas léger qui vint derrière elle.
Heledir apparu, et l'on pouvait aisément deviné à son visage que la discussion avec Amdir n'avait pas été à son goût.
Comment un elfe seul peut-il causé autant de tourment autour de lui ?
-Ma sœur, tu ne sortiras pas de la maison noble tant que père ne sera pas revenu de la chasse, dit-il d'un ton sans réplique. Dame Niphredil, puis-je vous parler un instant ?
Elle acquiesça, et il mena la rousse dans les jardins de la maison noble, un endroit légèrement différent des jardins du roi qu'elle fréquentait habituellement. La verdure était sculptée en formes géométriques strictes, si bien que nul ne s'asseyait sur l'herbe bien taillée, loin de l'ambiance chaleureuse des autres jardins qui accueillit les festivités nocturnes des elfes de Vert-Bois.
Il l'invita à s'asseoir sur un des bancs de pierre blanche et s'assit en face d'elle en se saisissant de ses mains pour les prendre dans les siennes, posant sur elle un regard étrange, et terrifiant.
-Je suis contente de pouvoir enfin vous parler tranquillement... Vous êtes une personne étrange assurément, mais avec de nombreuses qualités... Je vous ai détesté pour cela, et je le regrette... J'aimerais prendre un nouveau départ avec vous... Douce Niphredil, j'aimerais que vous me permettiez de vous faire la cour.
Niphredil se raidit, et rencontra le regard bleu acier du seigneur de l'Est. Un regard sur, implacable, mais dans lequel ne brillait aucune passion, aucun sentiment, seulement celui d'un homme qui convoité quelque chose.
Mais quoi ? Qu'est-ce qu'elle avait qui pouvait bien intéressé un elfe qui avait déjà tout ?
-Je ne crois pas être une elleth digne de votre intérêt, seigneur Heledir. Votre proposition me touche, mais dans votre intérêt, je me dois d'y refuser... Dit-elle en priant pour qu'il la laisse partir, loin, le plus loin possible de lui.
-Je vous laisse jusqu'à ce soir pour y réfléchir, Wen Niphredil, mais sachez qu'il serait très impoli de votre part de refuser. Impoli, dit-il en se levant, l'air visiblement contrarié, et très imprudent. D'ici là, je vous interdis de quitter notre demeure. Vous êtes l'hôte de la maison noble, et vous y resterez.
Niphredil resta un moment planté là, cherchant dans son esprit une solution pour se tirer de cette situation qui devenait de plus en plus inconfortable. La demeure de Naur ressemblait de plus en plus à une prison à présent, et alors qu'elle passa un œil par la fenêtre de sa chambre, en fin d'après-midi, elle constata qu'Heledir avait posté plusieurs gardes autour de la maison noble.
Heledir ne plaisantait pas, et il avait une idée en tête.
Thranduil savait-il ce qui se passait ?Le permettait-il ?Pourquoi lui faisait-il cela...
Elle doutait sérieusement que le roi elfe permettait cela, mais quoi qu'il l'en soit, il l'avait abandonné à son sort, dans le pire endroit qui soit.
Ruminant un plan qui lui permettrait de s'enfuir, l'heure du repas arrive, et elle déclina poliment à la servante qui vint la voir, malgré les insistances de celle-ci.
Qu'importe les conséquences, de toute manière, ce soir, la colère d'Heledir se déchaînerait sur elle, au moins, elle s'épargnait un de ces repas à l'ambiance mortifère. De plus, la proposition de l'ellon lui avait coupé l'appétit.
Les représailles ne tardèrent pas.
Moins d'une heure plus tard, Heledir entra en trombe dans sa chambre, et lui administra une claque magistrale :
-Pour qui te prends-tu, stupide petite elfe ? Crois-tu pouvoir te moquer de moi de la sorte, et me ridiculiser devant ma famille ?
-Toi, pour qui te prends-tu pour lever la main sur une invitée du roi ? Rétorqua-t-elle, peu encline à se laisser faire. Ce petit impertinent avait l'habitude qu'on se plie à sa volonté, et si il avait été élevé avec plus de violence, sans doute ne serait-il pas un sale con prétentieux à l'heure actuel.
-Ma maison, mes lois, dit-il en la saisissant par les épaules, et tu apprendras à t'y plier ! Maintenant, supplie à genou mon pardon, et peut-être que je ne serais pas trop sévère avec toi !
Mais Niphredil ne cilla pas, et le défia du regard. Jamais elle ne s'était mise à genou pour supplier, et ce n'est pas aujourd'hui que cela commencerait. Elle était la fille de Thorin Ecu-de-Chêne, et pour l'honneur de son père, elle ne se courberait pas devant cet elfe prétentieux. Il fit mine de lui porter un coup, fou de rage devant son refus de ce soumettre, mais elle para ce dernier, et lui un violent coup de tête en plein visage. Ce dernier vacilla sous l'impact, mais riposta avec violence, ignorant le sang qui s'échappa de son nez et sa lèvre fendu. Ils luttèrent ainsi plusieurs minutes, jusqu'à ce qu'Heledir la fasse basculer en arrière, et la plaque sur sa couche, une dague sous la gorge :
-Vous trichez, souffla-t-elle.
-Je gagne, corrigea-t-il, vous vous comportez comme un vulgaire chat sauvage. J'aurais cru que votre séjour auprès de mon oncle t'aurais appris la soumission, mais il semblerait qu'il est manqué de fermeté avec toi... Je ne commettrais pas cette erreur.
Il saisit de sa gorge d'une main et serra sa gorge, un grand sourire aux lèvres, jusqu'à ce qu'elle n'oppose plus la moindre résistance et que devant ses yeux se mirent à danser des tâches noires.
Elle ne parvint pas à se débattre quand la relâcha, alors qu'elle avala une grande bouffée d'air en emmenant des sifflements inquiétant.
Heledir glissa sa main le long de ses épaules pour la prendre dans ses bras et murmura : voilà, c'est ainsi que tu dois être entre mes mains, comprends-tu ce ?
-Va te faire foutre, souffla-t-elle d'une voix à sifflante et étranglée, toujours trop faible pour se débattre.
Heledir eut un rire froid, et alors qu'elle commencé à récupérer, il l'assis à même le sol pour l'attacher au montant de son lit à baldaquin, encore sonné, et qu'il prit son visage dans ses mains et dit :
-Mère insiste pour que je me lie à la fille de Thorin Oakenshield. J'ai tenté la manière douce, mais il semblerait que tu ne comprenne que la violence, alors c'est ce que tu auras. Est-ce vraiment cela que tu veux ?
-Stupide elfe... Je ne suis pas de la lignée de Durin, je n'ai aucune valeur...
-Tu crois cela, Dit-il en souriant de plus belle, alors c'est que tu ignore qu'il y a une dizaine de jours, Thranduil a reçu un document te reconnaissant comme sa fille... Il a du oublié de te le dire... Oublié, ou alors omis pour ne pas avoir à continué à jouer un peu plus avec toi... Comme je le comprends !
Sur ses mots, il planta là sans rien ajouter, et à peine entendit-elle ses pas disparaître dans les couleurs que Niphredil se laissa aller à ses larmes.
Thorin l'avait abandonné... Thranduil avait fait de même, la trahissant de surcroît... Elle était seule face à ce monstre, un sentiment qui lui rappela ce qu'elle avait vécu chez les orques.
Mais son désespoir se transforma en rage lorsqu'elle entendit du raffuts provenir de la chambre de Tarnnath, non loin de la sienne, suivit de pleure alors que s'élevait la voix d'Heledir, toujours aussi froide et autoritaire.
Ce monstre était allé passé sa rage sur l'elleth.
Et elle le laisse faire... Depuis combien d'années ?
Cette nuit, Niphredil ne dormit, pas même quand le calme revint, et rêvant du jour ou elle tuerait ce monstre au visage d'ange.
La nuit passa, et Niphredil resta attaché au montant de son propre lit, ressassant de sombres pensées, oscillant entre peine et colère. De sentiments qui devenaient bien trop familier à son goût.
Heledir ne revint la voir qu'au matin, et alors qu'elle était assoupie, il lui jeta un seau d'eau glacial en plein visage en guise de salut avant de tendre sous son nez un papier où elle reconnut immédiatement l'écriture de son père.
Elle cligna des yeux à maintes reprises, peinant à croire ce qui s'étendait devant ses yeux.
Heledir avait dit vrai, et Thranduil avait mentit...
L'elfine aurait donné tout l'or d'Erebor pour que l'inverse fut, mais hélas...
On lui avait menti, et jeté en pâture à un elfe cruel... Le neveu du roi qu'elle avait eu le malheur de prendre pour son ami...
Ce bel enfoiré a bien préparé son coup, songea-t-elle.
-Comment ça fait, demanda Heledir 'une voix doucereuse en pénétrant au matin dans la chambre, de se faire tromper de la sorte ? Thranduil s'est amusé à tes dépens, et t'a jetée ensuite... Sais-tu qu'il traite mieux les chiens du royaume ? Mais je me demande, poursuivit-il, ce qu'il avait bien pu murmurer à ton oreille pour parvenir à gagner ta confiance... Ou alors s'était-il joué de ton esprit ? Il est très doué pour cela, tu sais...
-Est-donc lui qui a rendu ton esprit malade au point que tu vas jusqu'à battre ta propre sœur ?
-Ma sœur est la plus parfaite de toute les elleth ! Tonna Heledir,alors que cette simple phrase semblait lui faire perdre tout contrôle si bien qu'il en tremblait de rage, nul n'est digne de sa douceur et de sa beauté ! Je ne lui veux aucun mal, mais elle doit se souvenir de son rang, et cesser de le déshonorer avec ce médecin sans noblesse !
-Il est bien plus noble que tu le seras jamais, siffla Niphredil d'un ton provocateur, car lui n'a pas besoin d'enchaîner les elleth au montant de leur lit pour se faire aimer d'elle.
Il fit mine de la frapper, mais se ravisa au dernier instant, et lui accorda un sourie entendu :
-Espères-tu pouvoir te soustraire à moi en arborant devant mon père quelques distinctions de ma part ? C'est plutôt malin, jeune elfine...
Il fixa sa gorge où des marques violacées de la veille s'étaient dessinées, traçant sans vergogne ses doigts sur son cou gracile. Il soupira de rage et se saisit de sa dague, et lança un regard railleur à la demoiselle avant de se saisir de l'un de ses pieds, et glissa la lame de son arme sous l'ongle du plus gros de ses oreilles, lui arracha un franc cri de douleur.
-Ne joue pas à cela avec moi, pauvre petite sotte ! Il y a tant et tant de moyens d'obtenir ce que l'on veut de quelqu'un sans que cela ne laisse de trace... Sais-tu qu'avant d'être seigneur de l'Est, j'étais aux renseignements du roi ? Pour lui, j'ai toujours réussi à obtenir ce que je voulais de l'ennemi, j'étais le meilleur...
Pour accompagner ses dires, il glissa lentement sa dague sous un autre de ses ongles, lui arrachant un cri de douleur qu'elle étouffa en se mordant la lèvre inférieure jusqu'au sang alors que des larmes de douleurs perlèrent au coin de ses yeux. Un spectacle dont Heledir se délecta, poussant le vice de sa perversion jusqu'à lécher les larmes salées de la jeune fille avant de quitter la pièce d'un air satisfait.
Heledir fit par la suite plusieurs allées et venu dans sa chambre durant la journée, se contenant de la narguer, de l'insulter et de lui raconter combien elle était seule dans cette cité ou nul ne lui viendrait en aide. La plupart du temps, elle ne disait rien, et ne le regardait que quand il l'y força, et cette indifférence semblait le prendre encore plus fou de rage que son insolence.
Néanmoins, il ne leva pas la main sur elle « mère dit que ce n'est guère digne d'un seigneur de lever la main sur sa promise... Mais si demain, tu ne viens pas à de meilleur sentiment... Nous verrons... Après tout, personne n'est indestructible. »
La nuit vint, et quand elle fut au plus noire, la porte s'ouvrit à nouveau. Niphredil ne se donna pas la peine de lever les yeux vers son hôte, et quand ce dernier posa une main douce sur sa joue, elle rencontra avec surprise le regard inquiet d'Amdir. Il défit ses liens et murmura :
-Tannath est venu me voir hier pour me dire ce qui se passer... Je vais te sortir de là.
Il l'aida à se relever, et ils filèrent ensemble à pas de loup par la fenêtre de la dépendance. Là, il déposa sur cape verte sur ses épaules et lui fit signe de le suivre en silence. Il la mena d'un pas rapide à travers des dédales sinueux, jusque dans un escalier dérobé qui était dans les parois même des murs de la cité refuge à l'extrême Est de la cité.
Là, ils furent à l'abri des regards, et Niphredil se laissa tomber sur son séant dans les escaliers à bout de souffle. Elle se jeta sur la gourde d'eau que le médecin lui tendit et après quelques minutes, il lui dit enfin :
-Je suis désolé de ne pas avoir pu venir plus tôt...
-Tu es venu... Je t'en suis infiniment reconnaissante mellon nin... Pour tout ce que tu as fait pour moi...
-Heledir a perdu la raison... Puis il posa les yeux sur sur pieds et ou le gauche était ensanglanté et jura. Il aurait tant voulu pouvoir éviter cela, mais hélas, il était arrivé trop tard, et c'est en boitant dans sa robe orangée que Niphredil devrait fuir. Il aurait pu se procurer des vêtements de patrouille, mais attendre plus de temps, signifiait la laisser plus de temps au main de cette brute dénuée de remords.
Ils montèrent ensemble tout en haut de l'escalier de colimaçon qui donnait sur l'extérieur par un simple trou derrière une pierre, sans la moindre fioriture, au cœur de la forêt.
La forêt, avec son parfum frais de mousse et liberté, cette seule odeur qui redonna des forces à Niphredil.
Amdir lui tendit un sac avec à l'intérieur deux lambas ainsi que de l'eau, et une paire de dagues :
-Suis la piste qui va vers le Sud-Est pendant un jour, et tu tomberas sur une auberge de passage. Là, tu pourras choisir de prendre le chemin qui te plaira... J'aurais voulu faire plus, mais hélas le temps presse...
-Merci mille fois Amdir, c'est plus que je n'osais rêver... Merci de ne pas m'avoir abandonné... Comme les autres.
-Personne ne t'a abandonné, douce Niphredil... Si tu fais le choix de revenir, tu découvriras ce qui s'est réellement passé... Je comprendrais que tu ne le veuilles pas, assurément, mais penses-y... Toi, tu pourrais arrêter, Heledir en racontant ce qui s'est passé à Thranduil ! Il t'apprécie, et écoutera ce que tu as à dire !
-Thranduil s'est joué de moi... Il m'a menti, et il a manigancé tout cela ! Il m'a jeté dans les pattes de son neveu sans remords !
-Jamais il ne ferait cela ! S'insurgea Amdir, jamais ! Notre roi est un homme compliqué, mais jamais il ne ferait du mal à l'un des siens, n'en doute pas !
-Je ne suis pas l'un des vôtres ! Je n'ai même pas de chez moi où être en sécurité et prendre du repos ! S'écria-t-elle, avant de se ressaisir, en voyant le visage peiné de son ami.
Préférant ne rien ajouté, elle l'étreignit et près lui avoir murmurer des adieux, elle disparut en courant d'un pas chaloupant dans la nuit.
Malgré sa fatigue et son pied blessé, elle courrait jusqu'à en perdre haleine, suivant le chemin qu'Amdir lui avait indiqué.
La nuit était calme et apaisa doucement sa panique. La fraîcheur de la forêt, son pas silencieux qui la laissait entendre le bruissement du vent, le fourmillement des petits animaux tapis sous les feuilles et les fourrés raisonnaient comme un douce musique à ses oreilles.
L'elfe sindar est lié à la forêt comme la montagne est lié au profondeur du monde, murmura le souvenir de la voix de Thranduil à ses oreilles, qu'elle chasse promptement.
Si son manque de repos lui pesait il y a encore une heure, la liberté l'avait revigorée, et elle ne ressentit pas le besoin de prendre de pose. Elle ralentit légèrement le pas pour ne pas s'épuiser, elle poursuivit sa route toute la nuit, espérant pouvoir ainsi atteindre plus rapidement l'auberge indiqué par son ami, puis les Monts de Fer.
Mais elle n'avait le physique des nains, aussi, elle ne pouvait prier pour que Dain accepte de lui ouvrir sa porte, car rien n'était moins sûr.
Nali, Dis et Thorin voyageaient depuis plus d'un mois et demi maintenant, empruntant les routes secrètes des nains sous les montagnes, rendant visite à leurs parents par la même occasion. Le chemin était bien plus sûr et agréable sous les montagnes que sur les grandes routes, mais malgré cela, voilà plusieurs jours qu'ils avaient dû quitter les Montagnes Grises dont les galeries avaient connus de nombreux éboulements ces temps-ci. Ils se dirigeraient vers Esgaroth, puis en continuant vers l'Est pendant trois jours, ils atteindraient enfin les Monts de Fer.
Tous étaient las du voyage, alors que Fili n'était encore qu'un tout petit enfant, aussi, ils s'arrêtèrent dans une auberge à l'extrémité Est de la forêt. Un endroit ou elfes, hommes et nains se côtoyaient depuis toujours dans un esprit pacifiste, bien que les aînés d'Illuvatar soient bien plus rares.
Néanmoins, cette fois, les choses étaient différentes : l'auberge grouillait littéralement d'elfe.
Il y en avait absolument partout, certains encore trempée par la pluie et en armes, alors que d'autre semblaient ici depuis plusieurs jours, flottant dans de riches tuniques aux couleurs de Vert-Bois.
Cette constatation fit pâlir les nains, mais hélas, ils n'avaient pas d'autre choix car il pleuvait à torrents ce soir-là et Kili risquait de tomber malade si il se risquait dehors jusqu'au prochain village.
Ils rabattirent leurs capuchons sur leurs visages et se frayèrent un chemin parmi les elfes pour atteindre le comptoir, où Nali demanda une chambre à un imposant aubergiste d'une soixantaine d'années.
-Nous n'avons hélas plus qu'une chambre de libre, au demi sous sol, maître artificier ! Les elfes sont arrivés il y a presque une semaine pour la chasse, et l'auberge ne désemplit pas. Des nobles, des nobles, une clientèle bien capricieuse, murmura l'homme sur le ton de la confidence.
-Nous n'avons hélas pas le choix, répondit Nali, chagrin, il pleut à torrents dehors, et mon épouse et moi-même avons un bébé...
-Oh, une petite merveille ! S'exclama l'aubergiste avec un sourire, hé bien cela tombe bien, nous avons un berceau que nous pourrons vous apprêter ! Si le bout d'chou est malade, allez voir Naur, c'est l'elfe aux cheveux blonds là-bas, c'est le médecin du roi... Un chouette bonhomme pour cette race, je vous assure, il vous aidera gracieusement.
Nali acquiesça, et avec son épouse et son beau-frère, ils allèrent s'installer dans la chambre à mi sous-sol, qui heureusement, était un peu à l'écart des autres, plus au calme. Thorin, bien qu'étant d'accord avec les autres pour s'accorder qu'ils avaient besoin de repos et d'un abri chaud, était, on ne peut plus incommodé par la présence des elfes. Des elfes de la forêt Noire, à n'en pas douter. Se savoir si proche de sa fille sans pouvoir la voir le rendait malade, si bien qu'il lui semblât que ces elfes le narguaient et riaient à ses dépents. Discrètement, il avait demandé à l'aubergiste si il avait vu une dame elfe ressemblant à son enfant, mais il reparti déçu.
Elle n'était pas ici, Thranduil n'avait pas prit ce risque... Si ça se trouve, lu était là, entre ses murs ! La simple idée de voir ce voleur d'enfant sans pouvoir agir et lui cracher son mépris le rendait fou de rage.
Il refusa catégoriquement de sortir de leur chambre, alors que Dis berçait soucieusement le petit Kili qui ne cessait de pleurer.
-Je devrais l'emmener au médecin, dit-elle, il a peut-être attrapé du mal, et nous n'arriverons pas au Mont de Fer avant des jours... Il n'y aura pas un seul guérisseur digne de ce nom jusque-là !
-Les elfes sont traîtres, déclara Thorin sans desserrer les dents, et sûrement tous ivres à l'heure qu'il est., sans doute plus dangereux qu'utile, comme à leurs habitudes.
-Mais ils sont aussi de merveilleux guérisseurs, renchérit Nali. Pour notre fils, Dis, nous pouvons oublier nos rancœurs quelques instants. Au cours de mes voyages, j'ai déjà entendu parler de ce Naur, on dit qu'il est de loin l'elfe le plus généreux qui est foulé cette terre, Mahal est avec nous, ma douce.
Encouragée par son marri, Dis se rendit donc auprès du grand ellon vêtu de blanc, qui buvait un thé en face d'un autre, à la chevelure de miel qui l'accompagnait avec un verre de vin.
Le rouge aux joues, elle lui désigna le bébé aux cheveux blonds qui pleurait dans ses bras et lui fit par de ses inquiétudes. À son grand étonnement, il lui accorda un sourire chaleureux alors que bien que plus méfiant, l'autre jeta néanmoins un regard attendrit et curieux à l'enfant dans ses bras.
-Venez avec moi, madame, dit le médecin en se levant, je vais examiner votre fils au calme dans mes appartements. Puis voyant son hésitation, il ajouta avec un sourire angélique : allons, n'ayez craint, je ne suis pas un ogre mangeur d'enfant.
Dis laissa échapper un rire amusé, et consentit à le suivre. Avant de s'éloigner de la table, le médecin jeta un regard et déclara en sindarin :
-Wilwarin, hirach Heledir, lassui.
Naur mena ensuite la naine au premier étage de l'auberge jusqu'à ses appartements, ou il lui indiqua une table avec une chaise pour qu'elle puisse s'installer avec son fils. L'endroit était plus douillé et chaud que leur chambre, mais aussi bien plus bruyant, car entouré d'elfe à l'esprit festif.
Elle déposa le bébé, toujours en pleurs sur la table de l'elfe, et ce dernier l'attira doucement vers lui pour commencer à l'examiner. Il murmura quelques paroles réconfortantes en elfique sous l'œil angoissé de sa mère, et l'enfant fixa son regard sur lui, et cessa rapidement de pleurer. L'ellon blond prit l'enfant dan ses bras tout en continuant à murmurer la langue qui fascinait le petit nain. Après plusieurs minutes, Naur fini par remettre l'enfant apaisé et endormi dans les bras de sa mère et déclara :
-Il a pris froid, rien de plus. Trois infusions de camomille bien chaude pendant trois jours, et tout ira bien. Je vais vous donner ce qu'il faut pour le petit... ?
-Fili, affirma Dis, la voix plaine de gratitude, merci, merci maître soigneur... Infiniment.
-Ce n'est rien assura le médecin, c'est un plaisir que de pouvoir aider son prochain.
Alors qu'il fouillait dans sa mallette d'herbe médicinale des bruits de pas lourd se firent entendre dans le couloir ou les bruits de fêtes avaient diminué, pour laisser place ceux d'une lutte accompagner d'une violente dispute. Le bruit se rapprocha et Dis put distinguer une voix féminine s'exclama dans une langue qu'elle identifia comme du Sindarin :
-Tevenel Thranduil ! Heniach nin ? Nai Valaraukar tye-mátar ! Gwarth ! *
Une voix qui lui paraissait étrangement familière, si empli de peine et de colère qu'elle en fut bouleversée. Puis une voix masculine, grave et sévère répondit :
-Daro i pinig ! Lorno ! Daro sen rach !
Un murmure semblable à un grondement provenant d'un autre elfe, un cri, puis le bruit d'un claquement, qu'elle identifia sans mal comme une gifle, qui mit apparemment fin à la lutte alors que des pleures remplacèrent les cris.
Un pas lourd s'éloigna alors que la porte de la chambre du médecin s'ouvrit à grand fracas. Un ellon apparu, vêtu d'une armure argenté et noire, ses traits déformé par la fureur contrasté avec l'aspect céleste de ses cheveux blond argenté qui dégoulinait abondamment d'eau de pluie.
Dis n'avait jamais vu cet ellon, mais elle sut immédiatement qui il était, tant sa présence était royale et majestueuse.
Il aboya des ordres en sindarin sur Naur qui devint livide alors qu'il tenait toujours dans ses mains un petit peau contenant de la camomille. Le son grave et terrifiant de sa voix, similaire à celle qu'elle venait d'entendre dans le couleur, avait fini par réveiller le petit Fili qui s'était remis à pleurer dans les bras de sa mère.
-Mon roi, murmura-t-il en langue commune, j'en ai pour une minute à apaiser cet enfant... Je suis à votre service dans un instant.
-Une minute, gronda le roi d'un ton menaçant, et si tu tardes, par Elbereth, j'ordonne à Gondren de partir sur-le-champ pour faire pendre ton fils ! Haut et court !
Thranduil disparut la seconde suivante, plantant là le médecin auprès de la naine avec son fils en pleur dans ses bras. Dis était presque choqué par cette violente intervention, et une seule idée trottait dans sa tête à présent : « C'est cet elfe, qui détient ma douce Niphredil... ».
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Fin de chapitre !
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* Ne me brûlez pas ! Je sais, je sais, il n'y a pas la traduction des dernières phrases écrites en sindarin, c'est normal ! Cela viendra dans le prochain chapitre ou cette scène sera raconter d'un autre point de vue ^^
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D'ici là, n'hésitez pas à me laisser un petit mot !
Vous pouvez me dire que vous voulez voir plus de Thorin ! Me proposer une corde pour pendre Heledir ! Je ne mords pas, ne jette pas de pierre, c'est promis !
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