Je voudrais préciser que ce chapitre est très dur. C'est le plus horrible que j'aie écrit, donc je voulais seulement vous avisez que si vous avez du mal avec les scènes de violence familiale, agressions sexuelles ou autre, peut-être serais-ce mieux de ne pas lire.
Le chapitre 13 sera beaucoup plus heureux que celui-ci, ne vous inquiétez pas.
Chapitre 12
L'ambiance n'avait jamais été aussi froide qu'en ce moment. C'était comme si on avait jeté un souffle glacial dans la pièce, provenant d'une fenêtre ouverte ou d'une porte. L'air avait complètement pétrifié Quinn, et visiblement sa mère aussi. Russel quant à lui, la regardait de haut et avec un dédain profond. Son père semblait très à l'aise dans son ancienne cuisine, un peu trop au goût de Quinn. C'était comme s'il n'avait jamais vraiment quitté la maison, et cette pensée l'effraya encore plus qu'elle ne l'était déjà. Ses yeux restaient bloqués sur lui, surveillant le moindre de ses mouvements. Elle ne pouvait toujours pas se résoudre à penser qu'il était bel et bien devant elle, l'homme sans qui elle avait été sans nouvelles depuis qu'il l'avait mise à la porte, il y a plus de deux ans.
« Tu sembles surprise de me voir, Quinn. » parla soudainement Russel, son ton de voix était ferme et son visage, illisible. La blonde ouvrit la bouche pour parler, mais aucun son n'en sortit. Sa gorge était tellement sèche. Elle se contenta de hocher la tête.
« Eh bien, tu n'es pas très bavarde. Pourtant, je suis persuadé que tu as plein de chose à nous raconter, n'est-ce pas, Judy ? » demanda-t-il innocemment en se tournant vers celle qui était maintenant son ex-femme.
Judy ne répondit pas.
Une lueur sombre brilla dans les yeux foncés de son géniteur et Quinn frémit intérieurement.
Elle était morte de trouille.
Mais elle fit comme il lui avait montré. Elle posa sur son visage le masque de pierre des Fabrays, redressa ses épaules et répondit.
« Je n'ai rien à te dire à toi. » déclara-t-elle durement et Russel pencha la tête sur le côté pour l'étudier plus attentivement.
La blonde n'avait jamais eu autant de mal à conserver son allure stoïque depuis qu'elle l'avait créée.
Pas même lorsqu'elle lançait ses abominables slushies à Rachel.
Ses yeux vrillaient les siens avec une telle intensité qu'elle avait l'impression que Russel pouvait lire en elle comme dans un roman.
Russel ignora la réponse de sa fille.
« J'étais confortablement installé sur ma chaise ce matin, entrain de boire mon café quand j'ai entendu sonner à ma porte. Lorsque j'ai ouvert, il y avait cela sur mon parquet » expliqua Russel en prenant l'enveloppe délicatement posée sur le comptoir en granite, devant Judy. « Au début, je pensais que c'était une mauvaise plaisanterie, car tout mon nouveau voisinage est au courant de mon opinion à propos de ce sujet. Mais quand j'ai regardé de plus près, j'ai reconnu la fille blonde sur la photo », continua-t-il en crachant presque la dernière partie. La fureur était désormais lisible sur ses traits lorsqu'il lança l'enveloppe aux pieds de Quinn.
La blonde fronça des sourcils et se pencha pour prendre l'enveloppe. Elle était très grande, brune et légère. Elle sortit ce qui se trouvait être une photo pleine page.
Ces yeux s'agrandirent de stupeur lorsqu'elle vit de quoi il s'agissait.
C'était une photo qui avait été prise devant la maison de Rachel, où on pouvait la voir, elle et Rachel s'embrasser, dans les bras l'une de l'autre.
Si cela avait été dans un autre contexte, Quinn aurait dit que la photographie était très réussie. Mais là…
C'est avec des yeux remplis de frayeur qu'elle chercha entre sa mère et son père, comme un cerf prit dans les phares d'une voiture. Mais dans son cas, cela ressemblerait plus à un camion qu'à une voiture.
« Je peux tout vous expliquer… », commença-t-elle avec une voix qui avait perdu de son assurance. Mais Russel souffla brusquement son mépris, la faisant taire instantanément. Il avait toujours utilisé cette tactique aux fils des années pour contrôler ce qui se disait dans cette maison. L'entendre de nouveau avait ramené Quinn dans le passé.
« SOTISE ! Il n'y a rien à expliquer ! Comment as-tu pu laisser cette dépravée te corrompe de la sorte ?! » cria Russel férocement en saisissant une assiette sur la table et en la lançant au travers de la pièce. Quinn sursauta, terrifié par son brusque changement d'humeur. Judy recula un peu plus loin de son ancien mari, apeurée elle aussi. Il prit une profonde respiration avant de continuer.
« Je sais Quinnie que tu n'es pas comme ça… tu es sorti avec Finn Hudson, avec ce blondinet aussi… » dit-il doucement. « Tu es même tombée enceinte d'un homme », continua Russel en forçant les mots de sa bouche. Il n'avait pas encore digéré la honte que sa fille avait amenée sur sa famille en tombant enceinte. « C'est depuis que tu es entré dans ce club de chanteur, ils t'ont donné petit à petit des mœurs légères… mais où sont celles que ton père t'a données ? La force, l'intelligence, le discernement et les valeurs traditionnelles ? »
Quinn n'en revenait pas.
Comment osait-il revenir ici et espérer lui dicter comment vivre ?
Il l'avait abandonné !
« Comment oses-tu revenir dans cette maison après tout ce que tu nous as fait ?! » cria-t-elle à son tour, la rage vibrant dans tout son corps.
« Je suis revenu pour sauver ce qui te reste de fierté ! Je pensais ne plus te reconnaître quand tu étais tombée enceinte, mais maintenant… je n'arrive pas à croire que j'ai engendré une abomination ! Et toi, Judy… » déclara-t-il en se tournant vers elle. « Tu n'es pas mieux que ton monstre de fille ! Tu l'a laissé devenir une déviante ! »
Judy en avait assez entendu.
« Tais-toi Russel ! C'est de notre fille que l'on parle ! Tu es mieux de partir avant que j'appelle la police. » l'avertit-elle en prenant le téléphone comme mise en garde. Russel eut un petit rire.
« Vraiment, Judy ? Tu as sans doute oublié que j'avais des amis dans la police, ici à Lima. Ils ne viendront pas. »
Son air sombre emplit la pièce, et Quinn se demanda si elle devait craindre pour sa sécurité et pour celle de sa mère. Elle n'avait jamais vu son père comme ça. Elle ne reconnaissait pas l'homme qui se tenait maintenant debout devant elle.
« Donc » reprit-il « tu va cesser tout contacte avec cette dépravée et tu vas venir vivre avec moi à Columbus. Tout est déjà arrangé. Une fois là-bas, j'ai un gentil garçon à te présenter. Il va à la même église que moi. Vraiment tu vas l'adorer. J'ai même pris la liberté de t'inscrire à ce camp de Cheerleading, tu te souviens ? L'activité qui nous rendait tellement fières d'une belle fille comme toi. » dit-il rêveusement et Quinn eu un haut-le-cœur.
Ark.
« Ohhh papa ! Cela à l'air magnifique ! » s'exclama-t-elle en faisant semblant d'être heureuse et Judy cligna des yeux complètement stupéfaite. Elle était suprise de la réponse de sa fille. Russel, lui, retrouva le sourire et Quinn crut revoir pendant un instant son père d'autrefois. Jusqu'à ce qu'elle poursuive sa phrase. « Mais, ça ne risque pas d'arriver, puisque ta fille est mariée depuis un mois avec « cette dépravée » comme tu dis. Alors, je te demanderais de quitter cette maison. » dit Quinn d'une voix dénudée d'expression. Le visage de Russel tourna blanc, puis rouge, et pour finir, violet. S'il n'avait pas été aussi salaud avec elle, Quinn aurait été presque inquiète pour sa santé.
« Tu mens », grogna-t-il, mais la blonde sourit.
« Pourquoi, mentirais-je ? Ta fille n'a jamais été aussi heureuse de sa vie. » le défia Quinn en prenant un pas de plus vers lui. « Ta chère petite fille parfaite n'a jamais été aussi heureuse que de trouver l'amour dans le vestiaire des filles- »
Clack !
D'accord, Quinn l'avait cherché, mais la gifle que venait de lui donner Russel était quelque chose comparé à ceux de Santana. Ça faisait un mal de chien.
Judy haleta, et fonça sur Russel.
« Je ne te laisserais pas lever la main sur ma fille ! » cria-t-elle en poussant l'homme contre la table de la cuisine. Russel réussit à se maintenir après une partie du mur pour ne pas tomber et grogna de mécontentement. Elles voulaient jouer à cela ? Eh bien, il allait jouer lui aussi.
Il se releva rapidement et chargea Judy, la prenant par la gorge et la lança comme une poupée de chiffon au travers de la pièce, ou elle se fracassa le dos contre le mur du fond, assommé.
« Maman ! » cria Quinn de rage et de frayeur, mais avant qu'elle n'ait eu le temps de réagir, Russel la prit par les cheveux et la traîna vers le salon. Quinn se débâti contre sa prise, criant et donnant des coups de pied, alors qui la trainait à moitié sur ses jambes. Il la jeta contre la table du salon qui céda sous le poids de la blonde. Le souffle quitta ses poumons et elle gémit doucement en essayant de se tourner sur le côté, et lorsqu'elle réussit, elle cracha un peu de sang. Elle voyait un peu embrouiller, mais sa vision se stabilisa quand Russel recommença à parler.
« Je ne voulais pas en arriver là, mais vous ne m'en avez pas laissé le choix. Ma pauvre Quinnie, la seule chose que je voulais, s'était de t'aider » lui dit-il tranquillement en se penchant sur elle, quand tout à coup, la sonnette retentit. Russel se releva rapidement et regarda vers la porte. Quinn tourna les yeux vers la porte elle aussi, souhaitant secrètement que ce fût les flics. Russel marcha doucement vers la fenêtre pour regarder qui était là et il eut un petit rire sombre.
« Eh bien, ma chère, cela va devenir très intéressant. » lui lança-t-il en allant vers la porte et les yeux de Quinn s'agrandirent de frayeur. Non, ce n'était quand même pas…
Russel se cacha derrière la porte et l'ouvrit un peu. La blonde vit alors qui était de l'autre côté.
Rachel.
Lorsque la porte s'ouvrit de quelques centimètres, Rachel se doutait que quelque chose n'allait pas. Personne ne se trouvait à la porte et la maison avait l'air étrangement calme. La brune avait reconnu la voiture de Judy et celle de Quinn, mais la troisième restait un mystère. Lorsqu'elle était chez elle, elle avait eu un pressentiment très désagréable et elle s'était empressée de se rendre chez la blonde, pour voir si tout allait bien. Elle poussa la porte doucement et entra dans la maison. La première chose qu'elle vit était Quinn, allongé sur ce qui était autrefois une table, blessée et en sang. La blonde la regardait avec une expression que jamais Rachel n'oublierait.
La peur pure.
« Quinn ! Mais que s'était-il passé ?! » S'exclama Rachel en s'avançant, mais la voix de sa petite amie l'arrêta.
« NON ! Rach, va-t'en tout de suite ! Il va s'en prendre à toi ! » la voix puissante de Quinn ébranla Rachel et elle fronça des sourcils. Qui allait s'en prendre à elle ?
Russel sortit de l'ombre et agrippa les cheveux de Rachel en la tirant légèrement vers lui, ce qui provoqua un cri provenant de la brune.
« Tiens, tien… on dirait que la petite bande de monstres est enfin réunie » déclara-t-il d'une voix dangereuse pendant que Quinn essaya tant bien que mal de se relever.
« Si tu lui fais le moindre mal, Russel, je te jure que-» commença-t-elle avant qu'il ne la coupe.
« Que quoi ? Hein Quinnie ? Tu vas me tuer ? » il eut un rire et Quinn grimaça.
« Si je dois en arriver là, alors oui. »
Rachel regarda sa femme se relever sans un mot. Elle ne pouvait tout simplement pas croire que cela se produisait. Elle était attaquée par un homme, et elle n'avait aucune idée de qui c'était. Jusqu'à se qu'elle entendre l'homme dire ses prochains mots.
« Tu serais capable de tuer ton propre père ? »
Quinn eut un mouvement de recule. Était-elle vraiment capable d'une telle chose ? Probablement pas.
Son père eut un rire sombre.
« C'est ce que je pensais. »
Et puis, il tourna rapidement Rachel dans ses bras et la poussa, l'envoyant valsé contre la porte d'entrée. La vue de Rachel noircit durant quelque seconde et elle toussa.
« Ne la touche pas ! » hurla la blonde en fonçant sur Russel qui recula contre le mur derrière lui sous la force du poids de sa fille. Quinn lui donna un puissant crochet du droit en plein sur la mâchoire et elle se recula pour lui en donner un autre quand Russel la prit par surprise en lui enfonçant son genou directement dans le ventre. Elle tomba à genou devant lui, mais il la releva avant de la pousser plus loin, contre le coin du mur. Sa tête se cogna contre et elle tomba par terre.
Rachel avait vu toute la scène, et elle criait.
Une fois sa fille hors jeu, Russel se tourna vers Rachel. Il la souleva et la plaqua contre la porte d'entrée, son dos claqua dure. Elle poussa un gémissement de douleur.
« Eh bien, c'est toi alors ce monstre qui a converti ma fille. » Il la détailla de la tête au pied avec un sentiment évident d'appréciation. Il ne pouvait pas se le cacher, mais cette fille avait un corps plus que…joli. « Tu es juste confuse, comme Quinn... Peut-être que tous ce que tu as besoin, c'est d'un homme...» laissa-t-il sa voix dégouliné contre l'oreille de la jeune fille. Rachel frissonna de terreur.
Elle se débâtit violemment contre lui, mais sa prise était trop forte.
Un immense vide s'insinua dans son cœur quand elle sentit la main de Russel glissée le long de sa cuisse, cherchant à relever sa jupe. Elle ferma les yeux aussi forts qu'elle le pouvait.
Tu es juste confuse, comme Quinn... Peut-être que tous ce que tu as besoin, c'est d'un homme...»
Les yeux de Quinn s'ouvrirent brutalement et elle se tourna pour voir son père qui maintenait sa femme contre la porte d'entrée. Une profonde rage comme elle n'en avait jamais connu l'envahit et elle se releva à toute vitesse. Elle vit sur la table d'entrée un couteau à enveloppe et s'empara de celui-ci. Elle se jeta sur son père en passant son bras gauche autour de son cou alors que sa main droite qui tenait le couteau s'enfonça dans le côté de Russel.
« Je t'avais dit de ne pas la toucher ! » hurla la blonde en tournant la lame dans la plait, vers le haut. Russel lâcha la brune et ses yeux s'agrandirent quand il sentit la lame dans son corps. Il poussa un gémissement au même moment qu'il s'accrochait à Quinn, mais celle-ci se dégagea de lui et il tomba par terre, à l'agonie.
La respiration de Quinn allait à toute vitesse. Elle posa les yeux sur ses mains qui étaient couverte du sang de son père. Ses membres tremblaient et elle avait le vertige.
Un sanglot la sorti de sa torpeur et elle prit immédiatement Rachel dans ses bras. La brune pleurait tellement fort que cela brisa encore plus son cœur.
Elle venait de les sauver.
