Bonsoir! Voici un petit chapitre de transition, mais qui contient toute fois quelques informations.
En résumé, pas de réponses, mais de novelles questions.
Merci pour les reviews qui me font toujours super plaisir, j'aime avoir votre avis.
Bonne lecture et vive les reviews!
Chapitre 12 : Quand quelques mots suffisent.
Lorsque l'agent Dinozzo arriva à son bureau le lendemain matin, son patron était déjà assis derrière le sien depuis un court instant.
- Bonjour Boss.
- Dinozzo, répondit Gibbs de son ton ferme habituel.
Tony était à l'heure, comme toujours ces dernières années. Sa manie d'arriver en retard tous les matins lui était passée. Il était seul avec Gibbs dans leur carré de bureaux, Hélène dormait toujours quand il avait quitté son appartement. Il n'avait pas voulu la réveiller, et surtout éviter une confrontation désagréable. Il était sorti du lit le plus discrètement possible, puis s'était arrangé pour ne pas faire de bruit pendant qu'il se préparait. Quand elle arriverait au NCIS, il ferait comme si rien ne s'était passé la veille. Comme elle disait, il redeviendrait un collègue sérieux et réservé, cela lui semblait préférable. Il ne voulait pas que leur relation de travail se dégrade à cause de la veille. Le retard de sa collègue ne choquerait pas, puisqu'elle arrivait quotidiennement après l'heure réglementaire. Il lui avait laissé une clef sur la table de la cuisine, et un petit mot sur le frigo, indiquant ou se trouvait le café, ainsi que les dolipranes en cas de gueule de bois, et qu'il l'attendait au NCIS.
Tony interpella Gibbs.
- Du nouveau sur l'enquête?
- L'enterrement de Blaquana a lieu cet après-midi. Roskard s'y rendra sûrement. Hier soir j'ai donné à Abby les empreintes à analyser qu'on avait trouvé sur les barreaux de la tête de lit de Claire Blaquana. Si ce sont bien celle de Roskard, on ira le chercher après l'enterrement pour l'interroger.
- Bien. Je vais voir si Abby a terminé.
L'italien se leva et prit la direction du labo, déjà concentré sur l'enquête en cours. Il fut surpris de ne pas entendre de musique lorsqu'il sortit de l'ascenseur, et plus encore lorsqu'il se heurta à un labo vide de vie. Abby n'était pas encore là, bien qu'il soit déjà 09h30.
Pendant ce temps, Hélène sortit de la cage métallique quelques étages plus haut. Elle soupira de mécontentement lorsqu'elle vit que Gibbs était à son bureau, il lui fallait une excuse, et vite, afin de justifier son retard d'une bonne demi-heure. Après-tout, elle n'allait pas lui dire : "Désolée Gibbs, je me suis bourrée la gueule hier soir chez Tony, et bien qu'on ait partagé le même lit, cet imbécile ne m'a pas réveillée ce matin en se levant." Non, Gibbs n'apprécierait certainement pas.
- En retard agent Craps? Demanda le chef d'équipe alors qu'Hélène arrivait à hauteur de son bureau.
- Oui, désolée Gibbs, les piles de mon réveil ont cessé de fonctionner dans la nuit, tenta Hélène.
- Ne jamais être désolé Craps.
- C'est un signe de faiblesse, je sais. Je jure que je serai à l'heure demain Boss, dit-elle en posant ses affaires sur son bureau.
- Ne jurez pas trop fort, je n'ai pas envie que quelque un meurt pour ce que vous venez de jurer.
Tony revint à cet instant, un café à la main.
- Alors? Lui demanda Jethro.
- Elle n'est toujours pas arrivée Gibbs, lui indiqua Tony, légèrement soucieux.
Gibbs sortit son téléphone, et composa immédiatement le numéro de sa protégée, sous les regards de ses deux agents. Il s'inquiétait peut-être un peu rapidement, mais quand il s'agissait d'Abby, il réagissait toujours rapidement.
La jeune femme répondit au bout de quelques sonneries.
- Abby Sciuto.
Ces simples mots rassurèrent déjà Gibbs. Le pire n'était pas arrivé.
- Où es-tu Abs?
- Cesse de t'inquiéter Gibbs, je suis chez moi, répondit la jeune femme face à la voix inquiète de son père de coeur.
- Il est plus de 09 h 30 Abby, et tu n'étais pas en forme hier soir.
Abby soupira. Gibbs était parfois un brin trop protecteur.
- Le temps de faire le trajet et je suis là Gibbs, répondit Abby en priant silencieusement pour qu'il comprenne qu'elle ne désirait en aucun cas avoir cette conversation au téléphone.
- Bien. Mais tu ne m'échapperas pas Abby. J'attends des explications.
- Je sais, je sais, répondit-elle en soupirant.
Gibbs raccrocha, et reposa son cellulaire sur son bureau.
- Quelque chose ne va pas avec Abby? Demanda Tony aussitôt, après avoir tendu l'oreille pour entendre la conversation.
- Elle nous cache quelque chose, et je n'aime pas ça, répondit-il simplement, avant de s'éloigner.
Tony retourna s'asseoir derrière son bureau, se demandant lui aussi ce que pouvait cacher Abby. Il sentait le regard d'Hélène peser sur lui. Il leva la tête à contrecœur. La jeune blonde entama la conversation dès que ses yeux croisèrent les siens.
- Bien dormi agent Dinozzo? Lui demanda-t-elle innocemment maintenant qu'il n'y avait plus qu'eux dans l'openspace.
- Bien, et vous agent Craps? Répondit-il dans un sourire charmeur.
- Très bien. Peu, mais très bien.
Elle se leva et s'approcha de son collègue, lui parlant plus bas.
- Je te rends ta clef, et merci pour les dolipranes, dit-elle en la lui posant sur son bureau.
Il prit la clef et la rangea dans une des poches intérieures de sa veste. Hélène retourna s'asseoir en lui adressant :
- Je me doutais bien que tu ferais comme si de rien n'était.
Il sourit avant de lui répondre.
- J'ai passé une bonne soirée en ta compagnie Hélène.
Elle lui sourit en retour et ils se regardèrent un instant d'un regard entendu, puis chacun reprit son travail.
Abby arriva dans son labo vingt-cinq minutes après sa conversation téléphonique avec son renard argenté. Elle alluma une à une chacune de ses machines, tapota légèrement d'un geste affectif son spectromètre de masse, et enfin posa ses affaires. Elle finit par allumer sa musique, après avoir légèrement hésité. Elle portait le même genre d'habits qu'habituellement, et avait noué ses cheveux en deux couettes hautes, mais elle avait mauvaise mine. Elle savait que Jethro n'allait pas tarder à venir la voir. Elle décida tout de même de prendre le temps de téléphoner à Tim.
- Allo?
- Bonjour Tim, commença-t-elle.
- Salut Abs, je suis content de t'entendre, dit Timothy sincère.
On était le 20 mai, et ce jeudi de l'ascension était férié en France, il était donc resté enfermé dans sa chambre d'hôtel depuis son réveil. Il comptait bien aller se balader plus tard, sans toutefois trop s'éloigner, de peur de se perdre. Il n'avait pas osé appeler Sarah suite aux événements de la veille, il s'ennuyait donc.
- Moi aussi. Tu vas bien?
- Oui. Mais je te raconterai tout ce qu'il se passe ici plus en détails quand je rentrerai.
- J'ai hâte, répondit Abby, assise face à son ordinateur, la tête appuyée contre sa main, pas réellement enjouée.
- Moi aussi. Mais d'ici trois jours je suis là, lui rappela Tim.
- Je crois que je vis là la plus longue semaine de ma vie, souffla Abby.
- Toi aussi tu me manques, j'ai beaucoup pensé à toi hier soir.
- C'est étrange, moi aussi.
McGee sourit. C'est à ce moment de la conversation que Gibbs pénétra dans le labo, sans qu'Abby ne l'entende.
- Tu vas bien Abs, ça n'a pas l'air? Reprit Timothy.
- Je vais bien Tim, je te l'ai dit, répondit Abby, lasse.
- Tu me parais distante.
- Non, je ne suis pas distante, juste un peu fatiguée.
- Bien, alors repose-toi. Je t'embrasse, au revoir Abs.
- Moi aussi, à bientôt Tim.
Abby raccrocha et posa le téléphone sur la table, elle le fit tourner sur lui-même avec son index, dans un geste répété, attendant que son ordinateur s'allume. Gibbs s'approcha sans bruit, ses pas étant couverts par la musique.
Il posa sa main sur la sienne, l'arrêtant silencieusement dans son geste. Elle leva la tête et le regarda, il lui sourit doucement. Aucun mot ne fut échangé. Sa main droite toujours sur celle d'Abby, de l'autre il se saisit de la télécommande posée sur la tour de l'ordinateur et stoppa la musique. Il reposa la télécommande et plaça sa main sur la tête d'Abby, il lui caressa tendrement les cheveux, cherchant à l'apaiser. Il n'avait aucune idée de ce qui pouvait la tourmenter à ce point, tout se passait pourtant sans encombres ces jours-ci. Mais la jeune femme semblait réellement bouleversée.
Elle appréciait la compagnie de Gibbs, et la façon dont il tentait de la rassurer, tout en sachant pertinemment qu'il n'y parviendrait pas totalement puisqu'il n'était pas la source de ses ennuis. Elle appréciait qu'il ne lui pose pas mille et une questions futiles. Lentement elle vint caler sa tête contre son torse, et il l'entoura de ses bras, une main toujours sur sa tête, l'autre lui caressant le dos.
Quelques secondes plus tard, Jethro commença à sentir ses larmes couler et finir par se mélanger à sa chemise. Il lui semblait qu'un flot de larmes jaillissait des yeux de la jeune femme tant sa chemise s'humidifiait. Il la berça doucement, l'invitant à lui dire ce qui n'allait pas, lui répétant qu'il était là.
La jeune femme mit encore quelques minutes, durant lesquelles ils ne bougèrent pas, avant d'avouer à celui qu'elle considérait comme un père ce qui lui brûlait les lèvres depuis deux jours, mais qu'elle n'avait pu confier à personne. Entre deux sanglots, une courte phrase fut prononcée, un simple « je crois que je suis enceinte », qui avait suffi pour que Gibbs se sente soulagé, bien que pourtant son cœur se serre à l'entente de ces quelques mots.
Une fois l'objet de ses soucis avoué, ce fut comme si ce qui avait auparavant coupé la parole à la jeune scientifique avait disparu, et elle avait commencé à exprimer tous ses doutes et toutes ses questions contre l'épaule de Gibbs, alors que celui-ci y répondait du mieux qu'il le pouvait, ne cessant de faire remonter et redescendre l'une de ses mains dans le dos de la jeune femme.
