« Ses majestés Henri II Roi de France et Catherine de Médicis, reine consort de France »

La foule se tut, tous les yeux se tournant vers le couple royal qui entrait. La musique s'était arrêtée quelques secondes et la seule chose audible était donc les chuchotements et les réactions basses de la cour.

Catherine après s'être assise sur son trône leva les yeux vers ses enfants, devant la porte qui allaient entrer, alors que tout le monde était dos à eux, tournés vers le roi et la reine. Elle se leva alors sous le regard surpris d'Henri et tendant la main vers la porte elle déclara:

«Henri, Claude et Charles Valois, ainsi que le Dauphin de France: François Valois et sa fiancée Marie Stuart reine d'Ecosse! »

Tous sourirent doucement et la cour se retourna pour accueillir les enfants royaux. Henri, lui se tourna vers sa femme:

-Vous ne supportez donc pas de prendre toute l'attention?

-Nos enfants la méritent bien plus

-Évidemment que nos enfants sont brillants (il esquissa un sourire malicieux) ils sont le fruit de l'union de deux êtres brillants!

-J'ignorais que vous saviez de nos enfants, autre chose que leur prénoms!

Henri la dévisagea, les yeux équarqillés

-Pardon?

Pourquoi était elle obligée de toujours tout gâcher?

-je...je ne sais pas pourquoi j'ai dis ça. Je ne veux pas que l'on dispute ce soir...

Henri allait répondre mais il fut coupé par François qui demanda l'attention.

«Nous sommes tous réunis ce soir pour festoyer en l'honneur des 25 ans de mariage de mes parents, le roi et la reine. Une union, a l'époque, entre une jeune florentine et le deuxième fils de mon grand père François 1er qui n'était pas destiné à être celle du couple qui règnerait sur notre pays mais Dieu a voulu les réunir sur le trône. Et aujourd'hui, 25 ans plus tard, malgré les guerres, les hauts et les bas de la France et de notre famille, malgré l'Espagne, L'Angleterre et malgré Diane aussi, ils sont toujours là. (Des rires étouffés retentirent) A mes parents! »

Tous les nobles riaient, levant leur verres et Catherine se rapprocha de son fils pour l'embrasser. Henri lui l'attrapa par le coude et glissa:

-Qu'est ce qui t'as pris?!

-Père? J'ai peur de ne pas comprendre...

-Évoquer Diane devant toute la cour le jour de notre anniversaire de mariage!

-Oh je ne voulais pas...c'était un simple trait d'humour...

-Un trait d'humour? Qui vous a donc enseigné l'humour mon fils?! Parler de ça devant tout le monde, c'était humiliant pour votre mère!

Henri hurlait presque mais personne ne semblait le remarquer, ses cris étant couverts par la musique. Mais son fils, perdait son sang-froid devant cet excès de colère déplacé:

-Oh s'il vous plaît cesser de me réprimander comme un enfant! Ma mère a semblé plutôt amusée, et puis vous vous inquiétez qu'elle soit humiliée maintenant? Ou était cette inquiétude lorsque vous tripotiez Diane devant toute la cour?

Le regard d'Henri devint noir

-Surveillez bien vos paroles mon fils si vous ne voulez pas que ce soit les dernières qui sortent de votre..

-Henri! Francis! (Catherine les regardait d'un air horrifié) cessez cela!

Claude, à son tour, d'immisça dans leur petite discussion:

-Père, Mère, il semblerait que tout les invités attendent que vous ouvriez le bal...allez vous vraiment restez là à débattre toute la nuit?

Catherine posa son bras sur l'épaule d'Henri pour le calmer, l'attirant vers la piste. Elle chuchota:

-Henri, s'il te plaît, les nobles attendent, calme toi et fais moi juste danser!

Il la regarda dans un mot, quelques secondes, le temps de retrouver une respiration calme.

Toute la cour attendait. Quand Henri et Catherine se saluèrent avant de débuter sur un air de violons, tous les observaient attentivement oubliant même de les rejoindre sur la piste.

Catherine se laissait guider, comme toute reine sur la piste avec son roi, et toute femme avec son mari.

Henri était un très bon danseur, camouflant son léger manque de délicatesse par une prestance et un charisme hors-norme, quant à Catherine, même si elle était aujourd'hui reine de France, elle dansait toujours à l'italienne: des ondulations et roulements de hanches accentués prenant le pas sur la technique irréprochable de la manière de danser à la française.

Après plusieurs minutes, une multitude de couples s'étaient finalement mêles à leur souverains sur la piste. Mais Henri et Catherine ne s'étaient pas enfuis pour autant.

Catherine aimait tant danser, en vérité, les danses françaises comme la gaillarde ou la volte l'ennuyaient un peu par leur formalité et leur côté guindé. Ces danses ne laissaient en rien les deux danseurs s'exprimer. Elle ce qu'elle aimait par dessus tout, c'était les danses italiennes, plus difficiles à apprendre mais tellement plus belles et pleines de sentiments, de passion même. C'était à ses yeux un art à part entière.

Henri chuchota à son oreille:

-Vous semblez vous ennuyer, voulez vous que nous quittions la piste?

-Oh non, c'est simplement que...vous vous rappelez le jour de notre mariage, nous avions fini le bal sur une musique italienne je ne me souviens plus le nom mais...

-Sonata XIII, de Giovanni Gabrieli

-Vous vous souvenez?

-Vous voulez que l'on la joue? Ce soir?

Henri s'écarta quelques instants pour parler aux musiciens et revient.

-Prête?

Les premières notes retentirent et il posa sa première main dans le creux de la taille de sa femme, ainsi que la seconde sur la pente de ses reins.

Catherine balançait son corps au rythme de la musique comme si elle avait fait cela toute sa vie tandis que son mari la faisait virevolter sans répit. Mais lorsque la musique devint plus basse et qu'il cessa de la faire tourner pour une partie, en face à face, il approcha ses lèvres de son oreille et gronda :

-Arrêtez de faire cela!

Ne comprenant pas vraiment de quoi il parlait, elle le questionna du regard, il n'avait pas l'air en colère mais plutôt paniqué. Elle chuchota car toute la cour les regardait

-De quoi me parles tu Henri?

-Avec tes hanches, arrête cela!

Son regard était sombre et ses pupilles totalement dilatées:

-Je te jure que si tu continues à faire ça je vais être obligé de quitter la piste!

Il descendit doucement la main qui était sur sa taille vers le creux de sa hanche

-Henri! Nous sommes en public voyons arrête ce cirque!

-Toi arrête

Il fallait vraiment que cette danse se termine ou du moins que sa femme cesse de faire ce léger mouvement d'ondulation de ses hanches juste sous ses yeux, à quelque centimètres de lui.

Il était sur qu'elle faisait exprès, en ce moment, de le torturer. Depuis quelques temps elle semblait tout faire pour essayer de le rendre fou, de désir ou de rage? il ne savait pas trop...

Catherine regardait droit dans les yeux son mari et même si cela lui plaisait beaucoup de lire, les effets que cette danse avait sur lui, sur son visage, elle ne souhaitait pas être indécente devant la cour. Quand les dernières notes de la musique retentirent, elle poussa un soupir de soulagement et elle se détacha de son mari rapidement pour rejoindre la foule qui s'agglutinait autour du buffet.

Mais Henri qui n'en avait pas fini avec elle l'attira vers le couloir la poussant délicatement contre le mur et sans la prévenir, il approcha son visage du sien et vint frôler ses lèvres avec les siennes, sans même l'embrasser à pleine bouche mais en la titillant de son souffle, caressant ses lèvres avec sa langue.

Le sentiment de ce contact était terriblement frustrant pour elle qui retenait ses mains de se perdre sur le corps de son époux.

Mêlant toujours son souffle au sien, il chuchota, haletant:

-Je ne vous forcerai pas donc si vous êtes capable de partir faites le

-Je...

Il frôla doucement la petite ouverture entre ses lèvres avec le bout de sa langue attendant sa réaction.

Catherine n'avait aucune volonté, elle le savait. Elle ne voulait pas que son mari ait du pouvoir sur elle et c'est ce pourquoi elle gardait toujours une distance de sécurité entre eux-deux mais dans ce genre de situation: plus de sécurité, plus d'armure, plus de raison ne la retenait.

Soudainement, elle fit glisser sa main derrière sa nuque et scella sa bouche à la sienne.

Cathry...jamais rien de simple entre ces deux là... heureusement pour moi j'adore la complication! Je souhaite tellement que les instants de ce chapitre vous aient plus... je poste ce chapitre 12 (déjà!) presque en même temps que le précédent pour vous donner de la lecture en avance parce que je ne vais pas pouvoir poster durant deux semaines.

Bref comme toujours j'attend votre avis avec impatience!