Bonjour à tous, voici le nouveau chapitre.

J'ai vraiment adoré l'écrire, j'espère qu'il vous plaira !

Je remercie chaleureusement ceux qui m'ont laissé des reviews, vous êtes adorables !

Bonne lecture !

J'en profite pour répondre à la review anonyme :

Lunalove : Merci beaucoup, je suis désolée de te torturer avec tout ce suspense... Et malheureusement (ou heureusement, tout dépend du point de vue), ce n'est pas fini !


Chapitre 11 : The Grand Design, Stephen Hawking

Harry se jeta vers sa baguette dès que le gaz eut atteint ses narines. Mais une fois armé, il ne savait pas réellement comment agir. Il sentait que ses poumons réclamaient désespérément de l'air, mais ne parvenait pas à réfléchir. A côté de lui, Hermione cherchait quelque chose sur le sol de manière frénétique. Elle était à genoux, retenait visiblement sa respiration, mais semblait paniquée. Harry aurait voulu l'aider, mais son esprit était totalement vide. Incapable de prendre une décision, il se tourna vers Ginny. Cette dernière avait saisi sa baguette... Et lui jeta un sortilège de têtenbulle, avant de faire de même sur elle-même et Hermione. Ron n'était visible nulle part.

Harry prit le temps de prendre de longues goulées d'air, et attendit que sa respiration fût revenue à la normale. Pendant ce temps, Hermione avait retrouvé sa baguette.

Malheureusement, autour d'eux, les autres sorciers n'étaient pas si chanceux. Certains étaient déjà évanouis, d'autres jetaient frénétiquement des sorts de têtenbulle sur les personnes étendues autour d'eux, sans parvenir à réanimer les blessés.

Harry regarda autour de lui. Il n'y avait pas de possibilité de sortie. Certaines personnes s'étaient ruées vers la seule issue de la salle, mais la bousculade monstre qui s'était formée bloquait totalement le passage. Il n'y avait aucun moyen de faire s'échapper le gaz...

- Il faut créer une ouverture ! cria-t-il à Hermione et Ginny. Il faut faire sauter le plafond, il n'y a pas d'autre solution.

- Pas d'Incendio, je ne sais pas si le gaz est inflammable, fit remarquer Hermione. Expulso, tous ensemble, à trois ! Un, deux, trois...

- EXPULSO !

Malheureusement, leur force ne fut pas suffisante. La tente gigantesque, fixée par magie, se souleva seulement mollement, l'espace de quelques secondes.

Harry était paniqué. Il se mit à lancer des sorts de têtenbulle sur tous les sorciers qui l'entouraient, plutôt que d'être impuissant... Des personnes toujours plus nombreuses se ruaient vers la sortie, mais étaient arrêtées bien avant d'y parvenir. Soudain, il entendit la voix de Ginny, amplifiée à l'extrême.

- Que tous les sorciers et sorcières capable de jeter un sort m'écoutent. Nous devons créer une ouverture pour que le gaz puisse s'échapper. Levez vos baguettes vers le plafond, et jetez un expulso tous ensemble, à trois ! Un, deux...

Harry mit toutes ses forces dans le sortilège. Miraculeusement, la toile de la tente quitta le sol, et dévoila le ciel. L'appel d'air dissipa un peu le gaz, et apaisa la panique qui régnait. Méthodiquement, les personnes s'occupant de la sécurité se mirent à prendre en charge les blessés. Harry, Hermione et Ginny ne se firent pas prier. Ils tentèrent de réanimer les sorciers et sorcières évanouis, les dirigeaient vers l'infirmerie de fortune que Madame Pmfresh et des médicomages présents dans l'assistance mettaient déjà en place. Malheureusement, de nombreuses personnes parmi les plus fragiles – enfants, personnes âgées – ne respiraient déjà plus. Hilde et Ron les rejoignirent, une mimique d'horreur pure sur le visage. Ron portait dans ses bras le corps d'une fillette qui ne devaient pas avoir plus de six ans, et secouait la tête.

Harry sentit les larmes lui monter aux yeux. Hermione et Ginny pleuraient déjà. Une culpabilité insidieuse les tenaillait. Ils étaient à l'origine de ce concert, ils étaient à l'origine de ce massacre.

Ron porta la fillette vers ce qui servait déjà de morgue. Lorsqu'il revint vers eux, il ouvrit la bouche pour leur parler, mais fut interrompu par une voix assourdissante, qui semblait à la fois déformée par les techniques moldues, et amplifiée par magie.

- Ceci était un avertissement, prononça la voix inhumaine. Nous détenons des armes dont vous ne pouvez imaginer la puissance. Nous détenons le pouvoir. Cessez de nous narguer, avec votre prétendue amitié et votre mièvre tolérance. Nous n'en voulons pas. Si vous continuez, vous vivrez dans la peur. La mort sera partout. Prenez garde...

La voix se tut, et la foule resta silencieuse quelque instants, sonnée par ce qu'elle venait d'entendre.

Mais, aussi soudainement que la voix avait retentit, tous s'ébrouèrent et reprirent leur tâche funèbre.

Kingsley arriva rapidement, accompagné d'une équipe de médicomages, et aida de ses propres mains à soigner les blessés. Lorsque la situation fut enfin sous contrôle, il grimpa sur la scène, et amplifia sa voix.

- Mes chers amis, je suis horrifié par ce qui vient de se passer, dit-il d'une voix sobre, et légèrement tremblante. Il n'y a pas de mots pour décrire ce que je ressens, ce que nous ressentons tous. L'horreur nous accable, j'ai la gorge serrée face à tous ces blessés, à toutes ces victimes innocentes. Les criminels qui ont planifié cette attaque sont extrêmement organisés, et horriblement cruels. Ils ont passé la sécurité de cet événement sans la moindre difficulté, et ont une nouvelle fois fait régner la terreur sur un rassemblement pacifique. Mais nous ne cèderons pas. L'enquête commence dès maintenant, nous retrouverons les coupables. Nous ne cèderons pas à leur appel à la peur, à leur appel à la haine. Rappelez-vous que ces individus veulent semer le trouble dans notre société. Ne leur facilitons pas la tâche. Plus que jamais, il faut rester unis contre l'adversité. Je tiens également à féliciter tous les sorciers qui se sont comportés de manière héroïque ce soir. Nombre d'entre vous ont réagi avec une rapidité incroyable, ont neutralisé le gaz, ont secouru les blessés. C'est parce qu'il reste des héros comme vous dans notre société que nous pouvons garder espoir.

Lorsqu'il descendit de la scène, sous de timides applaudissements, il rejoignit Harry, Ron et Hermione, qui s'affairaient entre les blessés, munis d'une potion que leur avait confiée les médicomages, et qui permettait de soigner les brûlures des voies respiratoires. Il leur fit signe de le rejoindre, un peu à l'écart.

- Le Magenmagot a déjà lancé un vote pour me démettre de mes fonctions. Demain, je ne serai plus ministre de la magie.

Les trois jeunes sorciers furent profondément abattus de cette nouvelle.

- Hermione, reprit Kingsley. Je ne sais pas qui sera mon successeur, mais il refusera de protéger tes parents. Il faut les déplacer. Demande à Molly et Arthur de les héberger un moment, l'Ordre trouvera une solution. Il vaudrait mieux que tu te rendes chez eux immédiatement.

Elle hocha brièvement la tête et s'éloigna d'un pas décidé.

- Votre discours était très émouvant, remarqua Harry.

- Merci, répondit Kingsley d'une voix triste. Malheureusement, ça ne changera rien. Clearwater me remplacera, et je ne donne pas cher du quotidien des nés-moldus.

/

Drago était assis en tailleur à même le sol, à côté d'un lit de fortune. Il était bouleversé. Oh, il en aurait bien voulu à Elizabeth pour l'avoir entrainé là-dedans... Mais à cet instant précis, il était trop inquiet pour lui en vouloir. Inconsciente, étendue là, juste à côté de lui, elle respirait à peine. Drago avait bien tenté de donner un coup de main aux médicomages, pour ne plus y penser, mais il n'y parvenait pas. Il revenait sans cesse à côté du lit de son amie.

Son amie. Il n'en revenait pas. En quelques semaines, il s'était plus attaché à elle qu'à toutes les autres personnes qu'il avait rencontrées à Poudlard. Il n'aurait jamais été inquiet comme cela pour Pansy ou Blaise. Il se ramollissait, visiblement.

Sa gorge était serrée. La voir, toute frêle dans ce lit de fortune, lui faisait plus de mal qu'il ne voulait bien l'admettre. Il avait l'impression que c'était une sœur, qui se mourait à côté de lui. Il avait beau tenter de se raisonner, de se traiter mentalement de Poufsouffle, il ne parvenait pas à se défaire de son angoisse.

Nerveux, il jeta un coup d'œil à sa montre. Il était l'heure de donner une nouvelle dose de potion à Elizabeth. Il se leva brusquement, et prit la fiole qu'il avait conservée dans sa poche. Il la déboucha et, avec une infinie douceur, la porta aux lèvres de son amie.

Il se rassit ensuite, morose. Il ne cessait de ressasser ce qui venait de se passer. Elizabeth avait tenu à ce qu'ils s'installent au fond de la salle, au cas où... Quand ils avaient senti le gaz, les personnes installées près de la scène étaient déjà sous le coup de la panique. Nombre d'entre eux se précipitaient vers la sortie, sans prendre garde aux personnes qu'ils heurtaient sur leur passage. Passé l'étonnement, Drago avait saisi sa baguette, jeté un sortilège de têtenbulle... Mais quand il avait porté son attention sur Elizabeth, elle n'était visible nulle part. Il l'avait cherchée durant de longues minutes, incapable de maîtriser l'angoisse qui le saisissait. Quand il l'avait finalement trouvée, elle était déjà inconsciente. Il avait tenté de la protéger à l'aide d'un autre sortilège, tenté de l'éveiller quand le plafond avait sauté... Rien n'y avait fait.

Soudain, un mouvement fit sortir Drago de sa rêverie. Il avait perdu le fil du temps, sa conscience du monde extérieur était floue... Mais il était certain d'avoir senti Elizabeth tressaillir. A nouveau, il se redressa, lui saisit la main. Un médicomage qui examinait une patiente à quelques lits de là se tourna vers lui.

- Du nouveau ? lui demanda-t-il.

Drago hocha frénétiquement la tête.

- Elle vient de bouger.

Son interlocuteur s'approcha alors. Il souleva une des paupières de sa patiente, puis l'autre.

- Elle ne devrait pas tarder à s'éveiller, confirma-t-il. Restez auprès d'elle, et, surtout, dites-lui de ne pas parler. Sa gorge est en mauvais état et la potion n'a pas encore eu le temps de faire effet.

Le médicomage s'éloigna. Durant de longues minutes, il ne se passa rien. Puis, les yeux d'Elizabeth papillonnèrent, et s'ouvrirent enfin. Pendant quelques instants, elle eut l'air un peu perdue, puis elle l'aperçut, et sembla immédiatement retrouver ses repères. Elle ouvrit la bouche, mais Drago l'arrêta d'un geste.

- Tu ne dois pas parler, le médicomage a dit que ta gorge était trop endommagée.

Elle lui jeta un regard assassin. Drago se sentit coupable. Ses voies respiratoires le brûlaient toujours alors qu'il n'avait été exposé au gaz que quelques secondes. Elle devait avoir tellement mal que tous les avertissements du monde étaient inutiles.

- J'ai eu peur, tu sais, lui souffla-t-il.

Il regretta ses mots au moment où il les prononça. Mais Elizabeth ne le prit pas mal. Elle tenta de lui prendre la main, et lui jeta un regard désolé.

- Oh, ne t'en fais pas trop, reprit-il. J'ai bien aimé la musique baroque. La musique classique aussi, d'ailleurs. Le final était à couper le souffle.

Elizabeth dût se retenir d'éclater de rire, ce qui, visiblement, la faisait terriblement souffrir. Elle oscillait entre le rire et les larmes, et serrait si fort la main de Drago que ce dernier en avait mal.

/

- Quelle chance que nous nous en soyons tous sortis...

Après avoir aidé autant qu'il leur était possible, Harry et les Weasley étaient rentrés au Terrier. Ils y avaient trouvé Hermione et ses parents qui les attendaient, fébriles. Hilde était rentrée chez elle.

Depuis, ils s'étaient installés au salon, autour d'une tasse de thé, trop choqués pour songer à aller se coucher. Aucun des membres de la famille n'avait réellement été touché – Percy s'était évanoui, mais il avait été secouru par Higgins qui contrôlait les entrées avec lui – pourtant, le bilan provisoire était très lourd. On comptait les morts par dizaines, et le numéro spécial de la Gazette du Sorcier, publié exceptionnellement en pleine nuit, accusait déjà les organisateurs du concert...

L'avenir était incertain pour chacun d'eux... Kingsley allait être démis de ses fonctions, et ils craignaient de possibles poursuites contre les membres de l'Ordre à l'origine du projet de concert. Tous se sentaient responsables de ce qui venait de se passer. C'était leur idée, et tous ces gens étaient morts à cause d'eux.

Les parents d'Hermione n'avaient plus de cabinet, et, au vu de la situation, hésitaient à s'installer parmi les moldus. Molly et Arthur étaient hagards, bouleversés car, une fois de plus, ils avaient failli perdre tous leurs enfants, Charlie mis à part, en une seule soirée. Hermione, qui avait mis tous ses espoirs dans ce projet de communication, se sentait désormais aussi impuissante que coupable.

Mais le plus mal en point, cette nuit-là, était sûrement Ron. La découverte du cadavre de la petite fille l'avait touché plus profondément que toutes les horreurs auxquelles il avait assisté pendant la guerre. Il ressassait, encore et toujours, sourd aux paroles vides qui s'échangeaient autour de lui. De toute manière, les autres ne faisaient que combler le silence.

Soudain, n'en pouvant plus, il se leva :

- Je vais prendre l'air.

Dehors, le ciel se tentait du blanc caractéristique des minutes qui précèdent l'aube. Le jardin était recouvert d'une neige qui aurait été immaculée sans les traces de pas laissées çà et là par les gnomes. Il s'assit sur le pas de la porte. Il faisait froid, et Ron n'avait pas pris de manteau. Pourtant, il ne frissonna même pas. Il ne ressentait plus rien...

Il ne bougea pas d'un cil quand Harry s'installa à côté de lui. Après un silence qui sembla durer une éternité, il se prit finalement la parole :

- Elle ne se doutait de rien... Ce n'était pas la guerre, elle n'avait pas peur, elle passait une bonne soirée avec ses parents et puis...

La voix de Ron se brisa. Harry ne répondit rien. Il savait que rien ne réconforterait son ami, que tout lui paraitrait futile... Il avait juste besoin de parler, à son rythme.

- J'ai vu ses parents reconnaitre son cadavre, reprit-il quelques minutes plus tard, la voix pleine de larmes. J'ai vu le chagrin su le visage de ces gens... C'est tellement injuste... Je ne sais même pas comment elle s'appelait...

Ron se mit à pleurer pour de bon. Si la guerre lui avait laissé un semblant d'innocence, ce qui en restait était mort avec cette petite fille. Harry lui tapota maladroitement le dos, ne sachant que faire pour le réconforter.

- Est-ce que tu crois que c'est de notre faute ? demanda-t-il à son ami lorsqu'il se fut calmé.

Harry mit du temps à répondre.

- Non, je ne crois pas. Nous avons lancé cette idée de concert, nous avons organisé les circonstances de l'attaque... Mais si ça n'avait pas été ici, ça aurait été ailleurs. Crois-tu réellement que, sans ce concert, les terroristes se seraient arrêtés là ? Ça devait arriver... Ce qui m'inquiète, c'est que les contrôles de sécurité étaient aussi stricts que possible...

- Ils ont des complices, répondit Ron. Ils en ont partout. Au ministère, chez les Aurors, peut-être même dans l'Ordre.

- C'est évident. Mais comment mettre la main dessus, je n'en ai pas la moindre idée...

Harry prit son visage dans ses mains. Il ne s'était jamais senti aussi impuissant. Les deux amis restèrent là, insensibles au froid, à regarder le soleil se lever doucement.

- Les garçons, je crois que vous devriez rentrer, fit la voix d'Hermione derrière eux. La Gazette du matin est arrivée.