DISCLAIMER : Tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling.

Rating : M+ 18

Genre : romance / slash / Yaoi


Merci à tous pour vos review ! Je constate avec bonheur que le chapitre précédent vous a plu et vous a tenu en haleine ! Après l'action et le suspense, place à un peu d'introspection. Ces deux nouveaux chapitres sont beaucoup plus "calmes" et reviennent entre autre, sur le mariage de Harry et Draco qui n'est pas décrit dans Me and the Dragon. Un peu de douceur dans ce monde de brutes...

Bonne lecture !


Chapitre 10 – Introspection

23 janvier 2020

Draco avait raccompagné ses enfants dans le hall d'entrée de l'hôpital afin qu'ils puissent reprendre la cheminette vers Poudlard. Avant de les quitter, il les avait rassurés une nouvelle fois sur l'état de santé de leur père et leur avait promis de les avertir si le moindre changement survenait d'ici à leur prochaine visite, le samedi suivant.

Epuisé, Draco retourna dans la chambre où Harry avait été installé.

Une horloge murale indiquait 21 heures 30. Dix heures s'étaient écoulées depuis l'agression et le blond avait l'impression que c'était il y a cinq minutes à peine qu'il voyait Harry s'écrouler dans le hall du Ministère.

Malgré la fatigue qu'il ressentait, Draco refusait de fermer l'œil. Il approcha un fauteuil au plus près du lit, s'y assit et prit la main de son mari dans la sienne. Du pouce, il traçait de petits cercles apaisants sur la peau tiède de Harry.

Les constantes du brun étaient bonnes. Médicalement parlant, il allait bien. Enfin, aussi bien que le permettaient quatre blessures conséquentes et une faiblesse cardiaque. Le fait qu'il reste inconscient malgré la levée des sorts de stase et de sédation faisait craindre à Draco que son organisme s'était, de lui-même, placé dans un coma magique dont il ne sortirait que de sa propre volonté.

- Harry, murmura Draco. Tu peux te réveiller maintenant. Tu vas bien. Tes blessures étaient graves mais je les ai soignées. Alors, reviens-moi s'il te plaît. Tu me manques…

Le blond porta la main de Harry à sa bouche et embrassa doucement ses doigts. Avec précaution, il caressa sur l'annulaire le trait plus pâle, la marque de l'alliance qu'il portait jusqu'à ce matin.

- Je suis tellement désolé pour tout ce qui s'est passé… si tu savais… je donnerais tout ce que j'ai pour revenir en arrière… je m'en veux tellement. Comment ai-je pu un jour douter de l'amour que tu avais pour moi ?

Il essuya rapidement les larmes qui roulaient sur ses joues.

- Tu avais raison… j'aurais dû te faire confiance… Toi, tu m'as toujours fait confiance…

Il garda le silence un instant, perdu dans ses pensées. Puis il releva la tête, et sourit, de ce sourire qu'Harry aimait tant.

- Tu te souviens de notre escapade à Paris ? Après que tu aies accepté ma demande en mariage… Merlin, j'ai cru mourir de bonheur ce jour-là…

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15 février 2002

POV Draco

Je retombe lourdement sur ton corps couvert de sueur. Ça n'a jamais été si bon que cette nuit. Peut-être parce que je suis encore transporté de joie à l'idée que tu acceptes de m'épouser.

Je niche ma tête au creux de ton cou et je respire l'odeur de ta peau.

- Tu sais que j'adore l'odeur de ta peau après l'amour Harry… Je pourrais la respirer encore des millions d'années sans me lasser…

- Hm… ça veut dire que tu devras me faire l'amour encore des millions d'années…

- J'y compte bien…

Je t'embrasse tendrement, paresseusement, de ce genre de baiser qui pourrait bien durer toute une vie car on se nourrit du souffle de l'autre. Je m'interromps néanmoins car je veux te regarder, lire dans tes grands yeux que tu ne regrettes pas ta décision.

L'espace d'un instant, je me dis que ça ne peut être vrai. Que c'est trop beau pour durer. Tout est tellement parfait…

Mes yeux doivent refléter l'inquiétude car tu te redresses sur les coudes et tu fixes avec intensité.

- Qu'y a-t-il Draco ?

- Je… tu… tu veux vraiment m'épouser ?

Tes yeux s'agrandissent et tu me regardes avec incrédulité.

- Mais… évidemment ! Je t'ai dit oui ! Oui ! Je veux t'épouser ! Pourquoi me demandes-tu cela ?

- C'est que… c'est allé si vite entre nous. Je veux dire… on est ensemble depuis seulement 5 mois et…

- Tu regrettes de m'avoir demandé en mariage ?

Le ton de ta voix est coléreux mais surtout… déçu. Et tes yeux verts semblent catastrophés.

- Merlin, non ! Je t'aime Harry. Je veux passer le reste de ma vie avec toi. Sans plus perdre de temps…

- Et bien alors ?

- C'est juste que… je me disais que toi, tu aurais voulu plus de temps… qu'on se courtise… qu'on s'apprivoise…

Tu éclates de rire et tu entoures mon cou de tes bras en me faisant rouler sur le dos.

- Draco… on s'est apprivoisé pendant trois ans… Je suis déjà fou de toi, je n'ai pas besoin que tu me courtises. Je veux t'épouser et le plus tôt sera le mieux !

- Tu… tu as déjà pensé à une date ?

Tu t'allonges sur moi de tout ton long et tu poses la tête au creux de mon épaule.

- Au mois de mai… j'ai toujours aimé le mois de mai… jusqu'à… la bataille. Et… je voudrais que ce soit de nouveau un mois de bonheur…

- D'accord. Va pour le mois de mai. Nous pourrions organiser ça à Varena… juste avec Hermione et Blaise…

Tu te redresses alors et tu me regardes, les sourcils froncés.

- J'adore Varena et je ne doute pas que la région est magnifique au printemps mais…

- Mais quoi ? j'insiste car tu ne sembles pas vouloir me dire le fond de ta pensée.

- Pourquoi pas à Londres… avec tous nos amis ?

C'est à mon tour de garder le silence.

- Draco… ne me dis pas que tu crains la réaction des autres…

Je sens la chaleur se répandre sur mes joues. Evidemment, tu n'es pas dupe.

- Harry… tu te souviens de la réaction des gens quand tu m'as défendu à mon procès ? Tout le monde ou presque t'a tourné le dos !

- Ceux qui m'ont tourné le dos sont ceux qui n'en valaient pas la peine !

- Ils croient que je suis avec toi par intérêt ! Quand ils sauront qu'on est mariés, ils seront persuadés que je t'ai jeté un sort !

Tu te redresses d'un bon et l'espace d'un instant, tu me fais peur car je te vois en colère comme tu ne l'as plus été depuis longtemps.

- Il est hors de question que je me cache Draco. Notre mariage ne sera pas un mariage à la sauvette comme si j'en avais honte ! Et cette histoire de sort est tout bonnement ridicule ! Tu sais bien que le Ministère vérifie si les fiancés sont sous l'emprise d'un sortilège avant de publier les bans.

- Les bans… tu comptes… annoncer officiellement notre mariage ?

- Bon sang ! Mais tu le fais exprès ! Evidemment que je compte annoncer notre mariage ! Et dans tous les journaux sorciers qui plus est !

- Harry…

- Quoi ? tu cries. Merde Draco, c'est quoi encore ces objections à la con ! Je vais finir par croire que tu regrettes vraiment de m'avoir demandé en mariage !

C'est à mon tour de me redresser, complètement paniqué. J'ai parfois vraiment l'art de tout gâcher.

- NON ! NON ! T'épouser sera la meilleure chose que je ferai dans ma vie Harry ! Je suis juste… j'ai peur, c'est tout. Peur qu'un jour, l'avis de ces gens compte plus que le mien… peur que tu te souviennes que j'ai ça tatoué sur le bras, je dis en tendant mon bras gauche vers toi.

Tes yeux s'adoucissent et tu poses doucement ta main sur la Marque.

- T'ai-je un jour donné à penser que l'avis de ces gens, comme tu dis, comptais plus pour moi que toi ? Que ce que tu es ? Que le bonheur tu m'apportes ?

- Non, je souffle.

- Quant à ta Marque… as-tu jamais lu le dégoût dans mes yeux quand je la vois ? Ai-je jamais eu un mouvement de répulsion à l'idée de la toucher ?

- Non, redis-je.

- Alors, je te le répète, Draco : je vais t'épouser et le monde entier le saura. Il saura combien je suis enfin heureux.

Je hoche la tête en essayant de maîtriser le tremblement de mes mains et la bulle de bonheur qui menace de faire exploser ma poitrine. Mais quand je pense y être arrivé, tu t'approches pour me donner le plus renversant des baisers.

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21 février 2002

POV Draco

- Bonjour. Bienvenue au Ministère de la Magie. Veuillez décliner votre identité et la raison de votre visite.

- Draco Malefoy et Harry Potter. Nous nous rendons au département de l'état civil.

Nous sommes tous les deux engoncés dans la cabine téléphonique qui sert d'entrée « visiteur » au Ministère de la Magie. Après qu'Harry nous a annoncés, un cliquetis se fait entendre et deux badges tombent bruyamment dans le réceptacle à monnaie.

- Veuillez vous présenter au bureau d'accueil pour le dépôt de vos baguettes.

La cabine descend ensuite lentement jusqu'au milieu du hall d'entrée où elle s'ouvre en grinçant.

Une hôtesse nous dirige ensuite vers le bureau d'accueil où, comme demandé, nous déposons nos baguettes respectives.

Je n'aime pas me trouver ici. Ça me rappelle trop de mauvais souvenirs.

Avec réticence, j'entre à la suite de Harry dans la petite cabine d'ascenseur, bondée de visiteurs et d'employés. A peine la porte refermée, la cabine s'ébranle et file à toute allure dans les conduits pour s'arrêter tellement brusquement que nous sommes projetés contre les parois.

- Niveau 7. Département des jeux et sports magiques.

Un grand baraqué bouscule tout le monde pour pouvoir sortir, sans même s'excuser. Je suis à deux doigts de remettre ce sagouin à sa place quand la porte se referme sous mon nez.

On repart pour s'arrêter deux secondes plus tard dans le même fracas.

- Niveau 6. Département des transports magiques. Descendre ici pour la Régie autonome du transport par cheminée, l'Office des portoloins, le service de régulation des balais.

Personne ne descend.

- Ça valait bien la peine, grogne un sorcier et je suis bien d'accord avec lui.

L'ascenseur semble décidé à s'arrêter à tous les étages et se succèdent ainsi le niveau 5, département de la coopération magique internationale, le niveau 4, département de contrôle et de régulation des créatures magiques, le niveau 3, département des accidents et catastrophes magiques.

Enfin, la voix désincarnée annonce :

- Niveau 2 – Département de la Justice Magique. Descendre ici pour le Bureau des Aurors, la Cour de Justice Magique, le Bureau du Procureur Sorcier, les services de l'état civil sorcier.

Je laisse sortir un groupe de personnes et je me crispe inconsciemment en me remémorant la dernière fois où je me suis trouvé à cet étage. C'était le jour de mon procès et je n'y étais pas parvenu par l'ascenseur central mais par une sorte de monte-charge relié directement aux cachots. Je serre la main de Harry tellement fort que je pourrais la broyer. Lui ne dit rien, se contentant de caresser ma peau de son pouce en m'attirant doucement hors de la cabine.

Une fois dehors, je ne suis pas mécontent d'avoir quitté cette cage à lapins.

Nous longeons plusieurs couloirs un peu défraîchis jusqu'à arriver au bureau de l'état civil où nous sommes mis en présence d'un petit sorcier rondouillard.

- Bonjour Monsieur Potter ! s'exclame-t-il en reconnaissant Harry, évidemment. Que puis-je faire pour vous ? demande-t-il sans même me jeter un regard.

N'ayant pas l'habitude d'être ignoré, je réponds à la place de Harry.

- Nous venons pour la publication de bans de mariage.

- Ah. Bien, bien, réplique le petit employé. Voici les formulaires à remplir. Mais pour que je puisse les enregistrer, il faudra revenir avec l'heureuse élue Monsieur Potter !

- Heu… l'heureux élu est là, dit Harry en prenant ma main.

Le regard du sorcier va de moi à Harry en passant par nos mains jointes et la panoplie d'expressions qui passe à cet instant sur son visage me fait rouler des yeux. Je peux y voir l'étonnement, l'incrédulité, la colère et la peur.

- Vous… vous… vous allez l'épouser… lui ?

- Lui, il a un nom, je réplique aigrement. Draco Malefoy. A moins que ce ne soit trop difficile à retenir pour votre cerveau atrophié ?

Cette fois, le sorcier me regarde bien en face et je sens la haine qui percole littéralement de tout son être.

- Oui, je vais épouser Draco Malefoy, dit Harry d'un ton sec. Je vous prie donc d'enregistrer notre demande immédiatement.

Le ton est sans réplique et les yeux de mon beau brun lancent des éclairs. L'employé ne se laisse toutefois pas démonter.

- Vous comprenez que je dois vérifier que…

- Vous devez vérifier que nous ne sommes pas sous l'emprise d'un sort quelconque, je sais, le coupe Harry. Eh bien, faites !

Le bonhomme se lève et contourne son bureau. Il effectue un mouvement compliqué avec sa baguette et fronce les sourcils. Il refait le même geste à deux reprises avant de soupirer, les lèvres pincées.

- Il semblerait que vous ne soyez sous l'influence d'un aucun sort ni d'aucune potion Monsieur Potter, dit-il en retournant derrière son bureau.

- Et mon fiancé ?

Le sorcier lance un regard interrogateur à Harry tout en tiquant sur l'emploi du mot « fiancé ».

- Vous ne l'avez pas contrôlé. Qui vous dit que je ne lui ai pas jeté un sort ? demande Harry avec aigreur.

- Allons mon cœur, je ne peux m'empêcher de dire. C'est moi le vilain Mangemort ici. Comment pourrait-on imaginer que le Survivant me jette un sort ?

- Et bien, ils ont tort, réplique Harry avec un grand sourire. Ils n'ont pas idée de ce que je suis capable de faire pour t'avoir – et te garder – dans mon lit !

Sur ces mots, Harry agrippe les revers de ma veste et m'attire à lui pour me donner un baiser d'une redoutable intensité.

- Bon, alors ? Ce sort, ça vient ? demanda-t-il ensuite l'air de rien alors que l'employé est manifestement tout près de mourir d'une crise cardiaque.

Encore éberlué, et certainement dégoûté par ce qu'il vient de voir, le sorcier refait sur moi le même mouvement de baguette qu'il a fait sur Harry. A la différence qu'il ne le fait qu'une seule fois.

- Je serais vous, je vérifierais à nouveau. Deux fois.

Harry était clairement décidé à ne laisser aucun répit au petit fonctionnaire. N'ayant pas envie de s'attirer le courroux du Survivant, il s'exécuta de mauvaise grâce.

- Allez dans cette pièce et remplissez ce formulaire, dit-il ensuite en tendant un parchemin.

- S'il vous plait, répliqua Harry en lui arrachant presque le document des mains.

Le sorcier se contenta de hausser un sourcil mais ne dit rien.

Et ce n'est que le début, me dis-je à moi-même.

La pièce est petite et meublée d'une table et de quatre chaises. Nous nous asseyons côte à côte afin de remplir correctement le formulaire. Nom, prénoms, date de naissance, lieu de naissance, tout cela est évident.

Viennent ensuite les questions liées à l'organisation du mariage proprement dit. Nous avons arrêté la date : le 4 mai. Quant au lieu, après moultes discussions, nous avons opté pour un compromis : la cérémonie aura lieu ici, au Ministère tandis que la réception se déroulera à Varena, en Italie.

- Ils demandent l'adresse de notre futur lieu de résidence, dis-je. Grimmaurd ?

Je vois Harry qui se rembrunit légèrement.

- Tu veux vivre ailleurs ? je demande non sans un certain étonnement. Si c'est à cause de la présence de Blaise et Hermione, ils m'ont dit qu'ils cherchaient à acheter une maison alors…

- Non, non. C'est pas ça. C'est juste que… cette maison est trop chargée en souvenirs. Quand je suis là-bas, j'ai toujours l'impression de vivre dans le passé. Je voudrais que notre vie à deux soit… libérée de tout ça…

- Où veux-tu vivre alors ?

- Je pense que le Manoir est exclu pour les mêmes raisons.

- En effet !

Nous réfléchissons un instant avant que l'idée ne s'impose à moi.

- L'hôtel particulier de Belgrave Square ! Tu l'as visité avec moi et je me souviens que tu avais aimé. Surtout le jardin… Il n'y a pratiquement aucun aménagement à faire.

- Bonne idée ! Oui, excellente idée même ! Et comme ça nous restons à Londres, ce sera plus commode pour nos emplois respectifs. Je note donc Belgrave Square, Londres.

Nous passons à la question suivante.

- « Nom choisi par les époux. Il peut s'agir du nom de l'un d'entre eux ou des deux noms composés, dans n'importe quel ordre. Une fois déterminé, il ne pourra plus être modifié et il s'agira du nom transmis aux futurs enfants du couple », je lis. Potter-Malefoy ou Malefoy-Potter ? Que préfères-tu ? Moi, ça m'est égal.

- Malefoy.

- Quoi ?

- Je choisis de m'appeler Malefoy.

- Mais… Harry… tu veux vraiment qu'on te jette des sorts dans le dos ou quoi ?

- Ne sois pas idiot. Personne ne me jettera de sorts !

- Harry, ça me touche au plus haut point que tu veuilles porter mon nom ! Mais tu n'as pas idée de ce à quoi tu t'exposes ! Crois-moi ! Ça risque de nuire à ta carrière de magistrat !

- Ça ne nuira à rien du tout ! Tu racontes n'importe quoi ! Et de toute façon, dis-moi ce que ça change que je m'appelle Malefoy-Potter ou Malefoy tout court ?

Je décide de ne pas répondre. A la place, je rétorque :

- Et si moi je voulais m'appeler Potter ?

- Oh pitié Malefoy ! dit-il en levant les yeux au ciel.

Il soupire fortement et pose sa tête entre ses mains.

- Ecoute Draco… Toi non plus tu ne sais pas ce que c'est de s'appeler Potter… Je… j'en ai assez d'être le Survivant… que tout me soit acquis parce que je m'appelle Potter…

- Tu ne cesseras pas d'être Harry Potter parce que du jour au lendemain tu te feras appeler Harry Malefoy…

- Je sais, soupire-t-il… je sais… même si je le voudrais… Laisse-moi porter ton nom… s'il te plaît. Juste ton nom.

Comment pourrais-je lui refuser ?

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Gazette du Sorcier du 4 mars 2002

Annonces officielles

Monsieur Draco Lucius Alexander Malefoy et Monsieur Harry James Potter sont heureux d'annoncer leur mariage qui sera célébré le 4 mai 2002 en la Salle des Cérémonies du Ministère de la Magie.

Conformément à l'article 229 du Code civil sorcier, l'officier sorcier d'état civil atteste que l'union est consentie librement et volontairement.

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24 janvier 2020

- Tu te souviens du bazar que ça a fait ? Bon sang ! Je revois tous ces hiboux agglutinés devant les fenêtres de Grimmaurd et ceux qui tournoyaient au-dessus de la maison. Brrrr… On se serait cru dans cet horrible film moldu que tu m'avais obligé à regarder, pour parfaire ma culture tu disais… comme si un Malefoy devait parfaire quoi que ce soit, et surtout sa culture... Comment ça s'appelait déjà ? Ah oui, Les oiseaux. Bigre, tu sais qu'après ça, il m'a fallu des jours avant que je laisse un piaf s'approcher de moi ? Enfin bref, c'était flippant… Et moi qui refusais d'ouvrir les lettres de peur qu'elles soient piégées ou empoisonnées…

Draco sourit tendrement à ce souvenir.

- Evidemment, toi tu voulais les ouvrir. Stupide Gryffondor borné ! Elles auraient pu être piégées ! Bon, d'accord, elles ne l'étaient pas… Et ce n'était même pas des lettres de menaces… enfin, pas toutes. Avoue qu'il y a en avaient quelques unes qui étaient salées ! Tu te rappelles celle de ce vieux sorcier qui…

Le blond entreprit de passer en revue le meilleur et le pire des lettres qu'ils avaient reçues après l'annonce de leur mariage. Il tenait toujours la main de Harry serrée entre les siennes et il espérait que son babillage aide le brun à refaire surface, ne fût-ce que pour lui demander de se taire.

- Au final, la seule beuglante qu'on a reçue a été celle d'Hermione et Blaise. Je n'arrive toujours pas à réaliser qu'on avait oublié de les prévenir ! Merlin ! J'ai cru que Blaise allait me lancer un doloris ! Heureusement, quand tu leur as dit que ça ferait mauvais genre que les témoins assassinent les futurs mariés, ça les a calmés !

Draco soupira tandis qu'il pressait une nouvelle fois ses lèvres contre les doigts de Harry.

- Harry, je te promets que la première chose que je ferai quand tu te réveilleras sera d'appeler un officier d'état civil et de t'épouser à nouveau. A moins que tu ne veuilles qu'on fasse une grande fête ? Comme la première fois… C'est vrai que les enfants seraient contents… Tu crois que ce sera mieux que la première fois ? Merlin, ce jour-là tout était tellement parfait…

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4 mai 2002

POV Draco

- Bon sang ! Où reste-t-il ?

- Calme-toi Draco, me dit Blaise. Tu sais bien qu'Harry n'est pas un modèle de ponctualité.

- Oui mais c'est le jour de notre mariage… il pourrait faire un effort quand même !

Hermione a l'air soucieux.

- C'est vrai qu'il n'est jamais très ponctuel mais là, ça fait une heure quand même… peut-être lui est-il arrivé quelque chose ?

Il ne m'en faut pas plus pour décider de transplaner à Grimmaurd pour voir ce qui le retient.

Arrivé dans le couloir, j'entends des bruits à l'étage. Des soupirs et des gémissements.

Un nœud au ventre, je gravis lentement l'escalier. J'ai l'impression que chaque marche est un peu plus haute que la précédente et j'ai la désagréable sensation d'être à bout de souffle alors que j'arrive sur le palier.

Les soupirs et les gémissements sont encore plus audibles. Ils proviennent de la chambre au bout du couloir. Notre chambre. La porte est légèrement entrouverte et je distingue un rai de lumière provenant de l'intérieur.

J'avance et le bruit de mes pas me paraît assourdissant, tout le comme le grincement du battant que je pousse de la main.

Dans la chambre, Harry est allongé sur le lit, nu. Il halète, en proie à un plaisir sans nom. Un plaisir qui lui est prodigué par une rousse qui le chevauche avec ardeur. J'assiste, impuissant, à leur extase qui semble durer une éternité.

Quand enfin Harry se rend compte de ma présence, il me fait un sourire froid.

- Oh, Draco… pardonne-moi, je ne t'avais pas vu…

- Harry… comment peux-tu… le jour de notre… mariage…

- Ah merde, c'est vrai… écoute Draco, ne le prends pas mal mais j'ai changé d'avis. Dans le fond, c'est toi qui a raison… Toi et moi, ça ne peut pas fonctionner. J'en ai marre de toujours devoir expliquer à tout le monde pourquoi on est ensemble. Ils ne comprendront jamais… alors à quoi bon ? C'est dommage parce que tu baisais bien… mais bon, Ginny ne se débrouille pas trop mal… Allez sans rancune ?

Il se lève et me tend la main.

- Tu n'espères quand même pas qu'on reste… amis ? je m'entends dire sur un ton trop aigu parfaitement indigne de moi.

- Oh allez, Malefoy ! Ne prends pas tout au tragique ! On a passé du bon temps et sans doute qu'on en passera encore, me dit-il avec un œil brillant de désir. Mais tu comprends que pour la société sorcière, il vaut mieux que je sois marié à quelqu'un de plus… recommandable.

- Recommandable ?

Et là, il se met à rire, d'un rire de dément identique à celui de Voldemort quand il lançait des doloris à la cantonade ou pire, quand il s'est retiré de moi après m'avoir violé.

Je recule, voulant quitter cette pièce à tout prix et fuir le regard fou de Harry. Je m'encours dans le couloir mais quand je veux prendre l'escalier, celui-ci a disparu et je tombe.

- AAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHH !

Je me redresse dans mon lit comme un ressort, le corps trempé de sueur et le cœur battant. Convulsivement, ma main tâtonne la place à côté de moi. Elle est vide évidemment. Je me maudis. Au nom des traditions, j'ai insisté pour qu'Harry reste à Grimmaurd cette nuit tandis que moi je logerais déjà à Belgrave Square.

Autant dire que je ne suis pas parvenu à me rendormir.

Au matin, Blaise qui venait m'aider à me préparer, me jette un regard consterné.

- Merlin Draco ! Tu sais que le jour de ton mariage, tu n'es pas censé ressembler à un évadé d'Azkaban ?

- Ta gueule Blaise. J'ai pas dormi. Cauchemar.

- Hmhm… angoissé à l'idée de perdre ta liberté ? me dit-il avec un sourire moqueur.

Voyant le regard noir que je lui lance, il n'insiste pas. A la place, il prend sa baguette.

- Allez, viens par ici ! Que j'arrange tout ça. Heureusement que ma mère était une obsédée des sorts de soin du visage…

- Ta mère t'a enseigné des sorts de maquillage ? je demande, perplexe.

- Elle était persuadée que ça me servirait un jour… elle n'avait pas tort.

Une heure plus tard, Blaise a réalisé un vrai miracle. J'ai retrouvé ma peau laiteuse et les cernes sous mes yeux ont disparu.

J'enfile ma tenue sorcière de cérémonie : une redingote en soie ivoire, fermée au col par une broche en forme de dragon, sur un pantalon de la même couleur et des bottes hautes. Par dessus, je porte une robe ouverte en velours, ivoire également mais entièrement rebrodé de fils d'argent et dont les manches s'évasent presque jusqu'au sol.

Un coup d'œil dans le miroir me fait dire que je suis plus que présentable.

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4 mai 2002

POV Draco

- Bon sang ! Où reste-t-il ?

- Calme-toi Draco, me dit Blaise. Tu sais bien qu'Harry n'est pas un modèle de ponctualité.

- Oui mais c'est le jour de notre mariage… il pourrait faire un effort quand même !

Je retiens un cri de stupeur quand je m'entends prononcer ces mots. Les mêmes que dans mon cauchemar. Je regarde Hermione et je m'attends à la voir inquiète mais ce n'est pas le cas. Elle arbore un sourire doux et pose sa main sur mon épaule.

- Draco, je me doute que tu es stressé mais Harry a à peine dix minutes de retard. Et quand je l'ai quitté à Grimmaurd, il allait parfaitement bien, si ce n'est qu'il essayait, en vain me semble-t-il, de dompter sa tignasse. C'est sûrement pour cela qu'il en retard. Il veut être parfait.

Même déguisé en troll, il serait parfait, je murmure, bêtement rassuré que la conversation prenne cette tournure.

A ce moment, la double porte de la Salle des Cérémonie s'ouvre pour laisser apparaître mon futur mari. Il y a peu de choses que je porte au crédit de mon père mais en ce moment précis, je le remercie pour m'avoir appris à maîtriser mes émotions. Sans quoi, je serais certainement en train de baver lamentablement devant cette apparition.

Harry porte une double robe de cérémonie. La première est droite, à col mao, et entièrement boutonnée sur toute sa longueur. Elle a la couleur d'une nuit de pleine lune. Par dessus, il porte une robe ouverte à col montant en soie de couleur lapis-lazuli d'une telle fluidité qu'elle semble faite à base d'eau. Elle s'évase légèrement à hauteur des hanches pour tomber au sol en replis souples.

Sa tenue est certes magnifique et met admirablement en valeur son corps parfait mais ce qui retient mon attention en ce moment, ce n'est pas son allure. Ce sont ses yeux. Ils débordent littéralement de bonheur.

A cet instant, j'ai une certitude : Harry veut de moi. Vraiment.

Et ça me rend heureux au delà de toute mesure.

Comme il s'approche de moi, je remarque pour la première fois la broche qu'il porte pour fermer le col de sa robe : un fin entrelacs de fils d'argent qui forment le M du blason des Malefoy. Je caresse l'objet d'un doigt hésitant.

- Tu ne m'en veux pas ? me demande-t-il.

- T'en vouloir ? De quoi ?

- D'avoir utilisé le blason de ta famille. Je me disais que… comme j'allais dorénavant en faire partie, je…

- Tu as bien fait. Cet objet est magnifique.

Il me sourit, manifestement soulagé et je le vois extirper d'une poche une deuxième broche, identique.

- Je l'ai faite faire pour toi… enfin, si tu veux.

- Bien sûr ! dis-je en défaisant immédiatement le fermoir en forme de dragon.

Il attache la broche à mon col et me regarde avec tendresse.

- Tu es ma famille Draco.

Cette phrase, plus que tout ce qu'il pourra me dire plus tard, me va droit au cœur. Car je sais le manque que cela représente pour lui. Voldemort lui a enlevé ses parents. Ma tante lui a enlevé son parrain. Et indirectement, je lui ai enlevé les Weasley, sa famille d'adoption.

Alors, qu'il me considère moi comme sa famille, est la plus belle preuve d'amour qu'il puisse me donner.

- Tu es la mienne Harry.

Le sorcier officiant pour la cérémonie de mariage nous demande alors de nous placer devant lui. Il est debout à côté d'un pupitre sur lequel repose l'acte de mariage, encore vierge.

A nos côtés, comme je le souhaitais, seuls Hermione et Blaise, nos témoins, sont présents. La foule des invités, ce sera pour plus tard.

- Nous sommes réunis ce jour pour célébrer le mariage de Draco Lucius Alexander Malefoy et de Harry James Potter, commence le sorcier.

Le sorcier pose sa baguette sur mon cœur et demande :

- Monsieur Malefoy, acceptez-vous, volontairement et librement, de prendre Harry James Potter pour époux ?

- J'accepte, volontairement et librement, de prendre Harry James Potter pour époux.

- Monsieur Blaise Victor Zabini, en qualité de témoin de Monsieur Malefoy, confirmez-vous que cette union est libre et volontairement consentie ?

- Je le confirme, répondit Blaise solennellement.

A ce moment, un filament lumineux sort de la baguette du sorcier et va percuter le parchemin qui se trouve sur le pupitre.

- Monsieur Potter, reprend le sorcier en posant sa baguette sur le cœur de Harry, acceptez-vous, volontairement et librement, de prendre Draco Lucius Alexander Malefoy pour époux ?

- J'accepte, volontairement et librement, de prendre Draco Lucius Alexander Malefoy pour époux.

- Mademoiselle Hermione Jean Granger, en qualité de témoin de Monsieur Potter, confirmez-vous que cette union est libre et volontairement consentie ?

- Je le confirme, répondit Hermione à son tour.

A nouveau, un filament lumineux s'échappe de la baguette et se pose sur le parchemin.

- Messieurs, je vous prie d'échanger vos vœux.

Je prends les mains de Harry entre les miennes et je m'éclaircis la voix.

- Harry, même si, à une époque, j'ai eu une drôle de façon de te le montrer, tu as toujours été la personne la plus importante de ma vie. Tu as toujours fait partie de ma vie. Et aujourd'hui, ma vie, c'est toi. Tu m'as sauvé. Je ne parle pas de la salle sur demande. Je ne parle pas d'Azkaban. Je parle de mon âme que tu as sauvée quand j'avais onze ans. Parce que depuis ce jour où nous nous sommes vus pour la première fois, tu as toujours été là, quelque part, non loin de moi, à me montrer combien tu te souciais des autres, à me rappeler ce qu'était le Bien alors que moi je n'étais entouré que par le Mal, tu m'as aidé à garder, malgré moi, mon humanité. Tu as fait de moi quelqu'un de meilleur. Tu m'as d'abord donné l'espoir. L'espoir de lendemains heureux, l'espoir d'un futur avec toi. Puis tu m'as donné le bonheur. Le bonheur de m'éveiller dans tes bras chaque matin, le bonheur de te regarder manger un muffin aux myrtilles comme si c'était la nourriture des dieux, le bonheur de nous promener main dans la main comme si nous étions seuls au monde. Aujourd'hui, tu me donnes l'envie. L'envie de rester à tes côtés jusqu'à la fin des temps, de partager le quotidien, les petites et les grandes choses de la vie. Harry, tu es ma vie et je t'aime comme je n'aurais jamais cru possible d'aimer quelqu'un.

Un petit reniflement m'indique qu'Hermione a craqué la première et je vois aux yeux de Harry qu'il n'en est pas loin non plus. Mais il se reprend et après avoir pris une lente inspiration, il me dit :

- Draco. Nous nous connaissons depuis si longtemps que j'ai parfois l'impression de tout savoir de toi. Mais pourtant, chaque jour qui passe, je découvre quelque chose de nouveau. Quelque chose qui me fait t'aimer encore un peu plus que la veille. J'ai découvert un homme profondément honnête et bon. Un homme sensible, attentionné et doux. Un homme amoureux. Oui, Draco. Je sais que tu m'aimes. Et tu n'as pas besoin de me le dire. Je le vois dans tes yeux quand tu me regardes. Je le sens dans tes mains quand tu me touches, dans tes doigts quand tu joues au piano tous les mots que tu ne parviens parfois pas à dire. Je t'aime pour tout cela. Mais pour bien d'autres choses aussi. Je t'aime parce que tu es fier, de ce que tu es et de ce que tu fais. Je t'aime parce que tu es brillant et redoutablement intelligent. Je t'aime parce que pour toi, je suis Harry, juste Harry. J'aime ton humour acerbe. J'aime ton sens du devoir. Et je l'aime, elle.

A ces mots, il détache sa main de la mienne pour la poser sur mon avant-bras gauche. Il ne soulève pas la manche. Ce n'est pas nécessaire, tout le monde sait ce qu'il y a en-dessous. J'écarquille les yeux car je ne parviens pas à croire ce qu'il vient de dire.

- Oui, Draco. Ça peut te surprendre mais je l'aime. Car contrairement à ce que les autres pensent, elle n'est pas la marque de ta soumission. Elle est la marque de ta souffrance, de ton sacrifice pour la personne que tu aimais plus que tout au monde. Et elle te rend encore plus précieux à mes yeux. Je t'aime Draco Malefoy. Tu fais de moi le plus heureux des hommes.

L'émotion a gagné toutes les personnes présentes et même le sorcier officiant a les yeux un peu brillants. Il sursaute d'ailleurs légèrement se rendant compte que la cérémonie n'est pas finie.

- Hm… bien. Procédons maintenant à l'échange des alliances.

Blaise me tend un petit écrin dans lequel repose un anneau d'or blanc très simple. Je le passe à l'annulaire de Harry en disant, d'une voix un peu étranglée :

- Harry, je te donne cet anneau, gage de mon amour et de ma fidélité. Mon amour, ma vie, mon ami, j'ajoute en prononçant les mots qui sont gravés à l'intérieur.

A son tour, Harry se tourne vers Hermione pour prendre un anneau identique qu'il passe à mon doigt d'un geste un peu tremblant.

- Draco, je te donne cet anneau, gage de mon amour et de ma fidélité. Tu as pris mon cœur, je te confie ma vie.

Par Salazar, cette cérémonie se terminera-t-elle sans que je mette à pleurer comme un poufsouffle ? Probablement pas.

- En tant que représentant officiel du Ministère de la Magie, je vous déclare unis par les liens du mariage, dans le respect des lois sorcières, conclut le Sorcier officiant.

Il agita sa baguette et le parchemin se para d'une douce lueur bleutée avant de disparaître.

- Messieurs, je vous adresse mes sincères félicitations et je vous souhaite beaucoup de bonheur.

Et enfin, je suis autorisé à faire ce que je souhaite faire depuis le début de cette cérémonie, embrasser Harry. Harry James Malefoy, mon mari.

O°O°O°O°O°O°O

4 mai 2002

Sitôt après la cérémonie, nous avons pris tous les quatre un portoloin pour Varena. Tous nos invités sont déjà réunis dans le jardin de notre maison qui borde le Lac de Côme.

Le temps est magnifique, comme s'il était au diapason du bonheur qui est le nôtre. La douce lumière de printemps fait scintiller le Lac et la végétation embaume.

Avant de nous mêler à la foule, Harry et moi prenons quelques minutes de repos dans notre chambre. Je suis appuyé contre le chambranle de la fenêtre, Harry contre moi, mes bras autour de sa taille.

- C'était une cérémonie magnifique, je souffle.

- Oui, ça l'était, répondit-il en m'embrassant langoureusement. Et là, je n'ai qu'une envie, être seul avec toi et te faire toutes sortes de choses très très cochonnes…

- Hé ! Ça c'était mon programme… dont tu n'as pas voulu. Dois-je te rappeler qui a voulu inviter la moitié du monde sorcier ?

Mon beau brun se renfrogne mais je lui rends le sourire d'un baiser.

- Allez, ne râle pas. Quelques heures de patience tout au plus…

- Tu as raison… et puis il y a pas mal de personnes que j'ai envie de revoir.

Nous regardons à l'extérieur, vers le patio où nos invités discutent gaiement en mangeant des petits fours et en buvant du champagne.

Nous avons invité tous nos amis, essentiellement de la faculté de droit et de médecine. Mais il y a également les « anciens » : Dean Thomas, Seamus Finnigan, Neville Londubat, Luna Lovegood, les sœurs Patil, Pansy Parkinson, venue en voisine puisqu'elle étudie le stylisme à Milan, Théodore Nott et Astoria Greengrass, revenus d'Allemagne.

De loin, je vois également Kingsley Shackelbolt et son épouse mais également d'autres membres du Ministère qu'Harry a voulu inviter pour une raison qui m'échappe.

Par politesse, Harry a également envoyé une invitation aux Weasley, sauf Ginny. Seul George a répondu positivement et est présent avec sa femme, Angelina Johnson. Arthur et Molly ont décliné l'invitation mais nous ont écrit un courrier où ils s'excusent une nouvelle fois pour le comportement de Ginny et Ron et où ils nous souhaitent beaucoup de bonheur.

Je reconnais avec plaisir un petit groupe de personnes : Minerva McGonagall, Horace Slughorn, Filius Flitwick, Pomona Chourave, Madame Pomfresh. Même si je suis content qu'ils soient là, mon cœur se serre car pour moi, il manque une personne. Severus, mon parrain.

- Je sais qu'il te manque, me dit Harry. Mais il est là.

- Quoi ?

- Severus… Il est là.

- Je… comment ?

- Regarde, me dit-il en me montrant le coin opposé du patio.

Sur trois chevalets, reposent trois grandes peintures.

Le tableau de Severus qui est dans le bureau du Directeur de Poudlard…

- Oui. J'ai demandé à Minerva de l'amener avec elle.

- Et… et les deux autres ?

- Il y a le tableau de Dumbledore.

- Dumbledore ? Mais pourquoi ? je demande en fronçant les sourcils. Il… il t'a manipulé ! Il t'a volé ton appartenance à Serpentard ! Il…

- Justement. Je l'ai fait amener pour qu'il voie que j'ai fini par faire mes propres choix. Que je suis enfin avec qui je dois être. Que je suis ce que je dois être. Harry James Malefoy.

Je serre mon mari un peu plus fort contre moi.

- Et le troisième ? C'est qui ?

- C'est… ta mère. J'ai demandé aux elfes de maison du Manoir Malefoy de l'apporter ici.

Je regarde Harry avec des yeux ronds. Il ne cessera jamais de me surprendre.

- Merlin Harry, je t'aime tellement.

- Par contre, me coupe-t-il. Je n'ai pas pu me résoudre à faire venir le portrait de ton père. Je suis désolé.

- Ne le sois pas ! Encore l'aurais-tu fait qu'il aurait refusé de se montrer.

- C'est ce que je me suis dit.

Alors que nous sommes toujours enlacés l'un contre l'autre, une triste pensée me vient.

- Harry… tu… tu n'as pas de tableau de tes parents…

- Non. Juste une photo, dit-il d'une petite voix.

Je le serre encore plus fort contre moi.

- Eux aussi, ils sont là, je lui dis tout bas. D'une autre manière mais ils sont là.

Je le sens qui hoche la tête et je l'embrasse sur le front.

- Allons-y maintenant. Sinon, le Ministère va ouvrir une enquête contre moi pour enlèvement.

Ma tentative d'humour est récompensée par une bourrade un peu rude dans mes côtes et un sourire resplendissant.

Alors que nous arrivons dans le patio, la voix profonde de Blaise s'élève et il dit bien fort :

- Mesdames et Messieurs, applaudissez comme il se doit Draco et Harry Malefoy.

Si quelques hoquets de stupeur résonnent à l'annonce que Harry porte exclusivement mon nom, les applaudissements et les cris de joie retentissent rapidement. Des mains se tendent et les félicitations pleuvent.

Harry et moi sommes mariés. Et ceux qui comptent pour nous l'acceptent avec bonheur.

C'est finalement l'essentiel.

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24 janvier 2020

Vaincu par la fatigue, Draco a fini par s'endormir, le front posé contre le bras de Harry, sa main toujours dans la sienne.

S'il était resté éveillé cinq minutes de plus, il aurait remarqué la reprise de l'activité cérébrale et les mouvements des yeux du brun derrière ses paupières closes.

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POV Harry

Où suis-je ? J'ai l'impression d'être enveloppé de coton. C'est doux, c'est chaud mais c'est dérangeant.

Je voudrais bouger mais je n'y arrive pas. Je voudrais ouvrir les yeux mais je n'y arrive pas.

Tout est blanc autour de moi.

Merlin ! Se peut-il que je sois mort ? Encore ? Que je sois de nouveau dans cette espèce de gare où j'ai atterri après avoir été frappé par Voldemort dans la Forêt Interdite ?

Si c'est le cas, aurais-je encore le choix de revenir ? Ou bien est-ce vraiment fini cette fois ?

Cette pensée me brise le cœur. Je ne veux pas partir. Pas maintenant. Pas alors que je viens de retrouver Draco.

Draco.

Où est-il ? Il me manque. Je voudrais tant qu'il soit là.

Une douce chaleur se répand depuis ma main, jusque dans mon cœur. J'entends une voix. J'entends sa voix. Je ne comprends pas ce qu'il dit mais je sais qu'il est là.

Il est là. Tout ira bien.

Tu as pris mon cœur, je te confie ma vie.

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reviens-moi s'il te plaît. Tu me manques…

je m'en veux tellement. … l'amour que tu avais pour moi ?

Toi, tu m'as toujours fait confiance…

Merlin, j'ai cru mourir de bonheur ce jour-là…

comme si un Malefoy devait parfaire quoi que ce soit, et surtout sa culture...

ne l'étaient pas… Et ce n'était même pas des lettres de menaces… enfin, pas toutes. Avoue qu'il y a en avaient quelques unes qui étaient salées ! Tu te rappelles celle de ce vieux sorcier qui…

Au final, la seule beuglante qu'on a reçue a été celle d'Hermione et Blaise. Je n'arrive toujours pas à réaliser qu'on avait oublié de les prévenir ! Merlin ! J'ai cru que Blaise allait me lancer un doloris ! Heureusement, quand tu leur as dit que ça ferait mauvais genre que les témoins assassinent les futurs mariés, ça les a calmés !

Harry, je te promets que la première chose que je ferai quand tu te réveilleras sera d'appeler un officier d'état civil et de t'épouser à nouveau. A moins que tu ne veuilles qu'on fasse une grande fête ? Comme la première fois… C'est vrai que les enfants seraient contents… Tu crois que ce sera mieux que la première fois ? Merlin, ce jour-là tout était tellement parfait…

M'épouser à nouveau ?